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Le TGI de Paris a rendu son jugement favorable à Isabelle Kersimon dans l’affaire qui l’opposait au CCIF, ce 18 juin 2019.

La journaliste, interviewée par France Culture, avait dénoncé en 2015 les statistiques fausses sur le nombre d’actes islamophobes publiées par le CCIF et avait été attaquée par ce dernier pour diffamation. Elle était défendue par Me Richard Malka, également avocat de Charlie Hebdo. Intervenait aussi Me Basile Ader, pour France culture.

Selon Isabelle Kersimon, (voir son blog) « Le jugement, sur le fond, dit/suggère quatre choses :
1. Que la libre expression est sacrée dans la mesure où elle ne porte aucun préjudice.
2. Que les journalistes (je suis encartée depuis 2002) ont tout à fait le droit et de faire leur travail et de s’interroger sur le travail de leur pairs.
3. Que sur le fond, j’ai apporté quantité d’informations pour corroborer mes dires (après dix ans de travail, c’est tout de même la moindre des choses).
4. Que le terme d’islamophobie est piégeux (et qu’il faut, j’y insiste encore cinq ans après ma première publication, le circonscrire).

Sur quoi donc étais-je attaquée que j’avais révélé ?

. Le CCIF n’est pas une association antiraciste.
. Le CCIF ne défend pas les musulmans mais uniquement celles et ceux qui correspondent à sa vision de l’islam.
. Le CCIF et son utilisation de la notion d’islamophobie essentialisent les musulmans dans une geste confessionnelle et non pas universaliste.
. Le CCIF ne défend pas la laïcité.
. Le CCIF a des liens avec l’UOIF.
. Cette génération militante a été prise en main par les Frères musulmans.
. Le CCIF a défendu des personnes condamnées pour discours haineux et/ou accointances terroristes.
. Les leaders du CCIF à l’époque étaient les héritiers spirituels des frères Ramadan.
. Les statistiques du CCIF sont très loin d’être irréprochables.
. Ces motifs de militance sont potentiellement dangereux. »