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Le Baromètre 2026 de la laïcité en France apporte un enseignement politique majeur : la laïcité reste profondément ancrée dans le pays.
73 % des personnes interrogées se disent attachées au principe de laïcité dans sa définition juridique. 78 % considèrent qu’elle fait partie de l’identité de la France. 76 % estiment qu’elle n’est ni de droite ni de gauche. Pour autant, le même baromètre révèle une fragilité préoccupante : la laïcité est souvent mal comprise.
Beaucoup de Français savent qu’être laïque ne signifie pas être athée. En revanche, les confusions demeurent fortes sur des points essentiels : le port de signes religieux à l’université, l’obligation de neutralité dans l’entreprise privée ou encore le champ réel d’application de la loi de 1905.
Autre signal politique important : 72 % des personnes interrogées jugent les atteintes à la laïcité fréquentes. Il y a donc une attente claire d’autorité publique, de cohérence institutionnelle et d’application concrète des règles.

Ce baromètre invite à sortir des postures. La laïcité ne peut pas être seulement un mot brandi dans le débat public. Elle doit être enseignée, expliquée et appliquée avec rigueur. Elle suppose à la fois la liberté de conscience, la neutralité de l’État, l’impartialité des services publics et le refus du prosélytisme lorsqu’il remet en cause les règles communes.
Le véritable enjeu politique n’est donc pas de proclamer sans cesse la laïcité mais de la faire vivre par la formation, par la pédagogie, par le courage institutionnel, par le respect du droit, par une parole républicaine claire, ferme et non instrumentalisée.