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Après la première expression de notre solidarité avec la famille de Pengo Bossio Wangi, et des autres victimes de la tuerie de Trappes, il est temps de dire autre chose à propos du racisme qui refait régulièrement des victimes, sans que des mesures sérieuses ne soient prises pour endiguer son développement.

N’en déplaise à notre bientôt ex-président, ce n’est pas le premier attentat raciste en France. Dans la plus grande indifférence générale, les pouvoirs publics et nous avons laissé la parole raciste se développer, parce qu’elle ne concernait que des minorités. Nous n’avons rien dit lorsque des juifs ont été assassinés, dans de multiples attentats, lorsque des élèves juifs ont dû quitter des établissements scolaires gangrénés par les actes antisémites violents de certains élèves. Nous n’avons rien fait quand des familles juives ont dû quitter des quartiers devenus trop dangereux pour elles. Nous n’avons rien dit quand les synagogues et les écoles juives ont dû prendre les apparences de forts assiégés pour que les juifs pratiquants puissent prier et étudier en paix. On a traité les effets en positionnant des policiers et des militaires devant les portes ou en engageant les familles à inscrire leurs enfants dans un établissement sans risque…Sans jamais s’en prendre aux causes. Et pourtant ce n’est pas faute d’avoir rappelé que l’antisémitisme est annonciateur du racisme et de l’obscurantisme en marche.

Des musulmans, des catholiques ont été assassinés en raison de leur religion, d’autres pour leur couleur de peau ou leurs origines réelles ou supposées…Et paroxysme dans l’horreur, à Trappes, la violence raciste nous explose au visage et nous restons cois alors qu’il faudrait agir. Pas pour la déplorer, pour la combattre. Chacun d’entre nous et tous ensemble. Sans distinction de couleur de peau, de religion, d’origine ethnique, de sexe et de genre ou d’autre différence. Tous ensemble, unis dans le même objectif : combattre tous les racismes et les obscurantismes d’où qu’ils viennent et restaurer ainsi l’égalité et la fraternité républicaines qui nous grandissent.

C’est cette parole que nous attendons des décideurs politiques, mais aussi des « influenceurs » et des media, bien au-delà des propos de solidarité de circonstance qui ne les engagent pas à grand-chose et ont prouvé leur inefficacité.

Martine Cerf