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La voix de Simone Veil disparue au matin du 30 juin 2017 va nous manquer terriblement. Elle nous manque déjà. Car même si elle n’était plus aussi présente les dernières années, nous savions qu’elle était là et pouvait intervenir de quelques mots en rétablissant la raison dans des débats parfois artificiellement enflammés. Comme lorsqu’elle a rappelé à Nicolas Sarkozy l’inutilité de faire vivre chaque élève dans le souvenir constant d’une victime de la Shoah. Le devoir de mémoire n’est pas l’obsession de la mémoire…

Le combat qu’elle a mené pour la dépénalisation de l’IVG a représenté la victoire de l’humanité et de la raison sur le dogme religieux souverain. Un dogme pour qui un embryon pas encore humain compte plus que la femme qui le porte. Un dogme qui veut que l’homme soit maître de la femme et la garde sous son contrôle, esprit et corps, éternellement.

Grande Européenne, elle a aussi été la première femme à présider le Parlement européen. Dans cette fonction, elle a fortement contribué au rayonnement de cette institution et au renforcement de son pouvoir démocratique. Elle résumait ainsi les valeurs de l’Union qu’elle voulait lui voir porter : « la paix, la défense des droits de l’homme davantage de solidarité entre les riches et pauvres. »

Lors de son discours d’investiture, elle déclarait notamment : « Puissions-nous ainsi, au terme de notre mandat, éprouver le sentiment d’avoir fait progresser l’Europe. Puissions-nous surtout avoir pleinement répondu à l’espérance que suscite cette assemblée, non seulement chez les Européens, mais parmi tous ceux qui, dans le monde, sont attachés à la paix et à la liberté. »

Figure emblématique du courage politique et de la ténacité, elle était aimée des Français de tous bords, sauf de quelques nostalgiques de Vichy.

C’est pourquoi il faut se féliciter de la décision du président de la République d’accueillir Simone Veil et son époux au Panthéon.

Martine Cerf