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Je ne cesse de le dire : il ne faut pas confondre l’estrade d’un amphithéâtre avec la tribune d’un meeting. L’université n’est pas un local de campagne, c’est un service public national chargé de transmettre des savoirs, d’exercer l’esprit critique et de former des citoyens libres, pas des militants captifs.

Or, depuis des années, des forces politiques de tous bords cherchent à transformer les campus en terrains d’entrisme, de surenchère idéologique et de pression sur les enseignants comme sur les étudiants.
L’article L.141-6 du code de l’éducation est pourtant clair : « le service public de l’enseignement supérieur est laïque et indépendant de toute emprise politique, économique, religieuse ou idéologique ».
Quand des amphithéâtres deviennent le décor de meetings partisans ou de complaisances avec des groupes extrémistes, ce principe n’est plus seulement ignoré, il est piétiné.

Il est temps que l’État reprenne pleinement la main sur une université qui part à la dérive : en réaffirmant la neutralité institutionnelle, en assumant une tutelle claire au service du bon fonctionnement du service public, et en rappelant que l’autonomie ne sera jamais le prétexte d’un abandon de toute règle.
L’université doit redevenir ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : un lieu de savoir, de débat éclairé et de liberté académique, protégé de toutes les emprises et instrumentalisations politiques.

Samuel Mayol