Chartes de la laïcité
La laïcité en 30 questions
AG 2026
Compte-rendu de l’AG
1. Colloques EGALE
2. Suppression de la cotisation « Sympathisants »
3. Formation à la fresque de la laïcité
4. Questions diverses
ÉLECTIONS MUNICIPALES 2026 POUR L’ÉCOLE PUBLIQUE LAÏQUE
Existe-t-il plusieurs modèles de laïcité ?
Lundi 9 février 2026, 19h à 21h, au Patronage laïque Jules Vallès, 72, Avenue Félix Faure, 75015 Paris.
La laïcité est un principe universel d’organisation de l’espace public dont la liberté de pensée et de conscience est le fondement, principe fondateur de la République.
En introduisant la notion de plusieurs laïcité (sept laïcités) : » laïcité antireligieuse, laïcité gallicane, laïcité séparatiste stricte, laïcité séparatiste inclusive;laïcité ouverte, laïcité identitaire et
laïcité concordataire, Jean Baubérot n’en fait-il pas un concept banal ouvert à tous les opportunismes et à toutes les interprétations possibles qui vident le principe de toute substance?
Ces dernières semaines, ce thème de « plusieurs laïcités » est revenu dans les médias. Nous proposons d’en débattre lors de ce café laïque.
Animation : Jean-Claude Boual Inscription obligatoire ici
Le CLN appelle à placer le respect de la laïcité au cœur des élections municipales
A l’occasion des prochaines élections municipales, le Collectif laïque national appelle les électeurs à faire du
respect des principes républicains et de la laïcité un critère déterminant de leur vote. Il les invite à refuser
d’apporter leur suffrage aux listes qui cèderaient à des logiques électoralistes communautaires ou religieuses,
quels que soient leur étiquette ou leur positionnement politique. (…)
Lire le communiqué complet
Communiqué du CLN: Soutien à la révolte contre le régime théocratique iranien
Le Collectif laïque national salue la nouvelle révolte de la population iranienne contre la dictature
théocratique sanglante des mollahs et des « gardiens de la révolution ».
Lire le communiqué complet du CLN
Nouveau projet d’un béguinage catholique à L’Île-Bouchard
A L’Île-Bouchard (Indre-et-Loire) un permis de construire a été accordé le 5 janvier 2026 à Maisons d’Alliance.
L’entretien d’EGALE: La transidentité – Sandra Forgues
Sandra Forgues, ancien sportif de haut niveau sous le nom de Wilfrid Forgues, champion olympique en canoë biplace en 1996 avec Thierry Adisson.
Pas de reconnaissance de l’aide à mourir au Sénat !
Le Sénat a rejeté l’aide à mourir alors que ce droit avait été voté à l’Assemblée et qu’il est réclamé depuis des années par plus de 80% des Français. Encore une fois les opposants qui arguent qu’il faut laisser faire la nature sous peine d’installer une « rupture anthropologique » ont eu gain de cause. Le plus désolant, c’est qu’une partie des sénateurs de gauche ont voté contre l’article 4 de ce texte parce qu’il était en deçà de ce qu’ils espéraient et ont involontairement donné leur voix aux opposants au droit de choisir sa fin de vie.
C’est maintenant à l’Assemblée nationale que va se poursuivre l’essentiel du combat pour la conquête de la liberté de choisir sa fin de vie. Une liberté qui devrait pourtant aller de soi puisque selon notre Constitution, nous naissons « libres et égaux en droits ». En attendant nos compatriotes qui en ont les moyens devront continuer à aller à l’étranger pour cesser de souffrir et les autres devront subir le diktat d’une morale dépassée.
Décidément, notre histoire bégaie : elle montre que chaque fois qu’il s’agit de conquérir une nouvelle liberté, le front uni des responsables religieux s’y oppose avec vigueur. Plus conservateurs que dans la plupart des pays européens, ils parviennent à institutionnaliser leur ingérence dans le politique par un lobbying très bien rodé. Les élus qui ont reçu des salves de mails qui les enjoignaient de ne pas accorder le droit à disposer d’une assistance à mourir en savent quelque chose. Trop d’élus cèdent à leur pression et leur laissent la primauté sur les conclusions d’une convention citoyenne. L’exemple est donné par le Président de la République lui-même qui consulte encore les cultes après ladite convention tout en affirmant qu’il ne leur donne pas satisfaction. Le résultat est là.
Tout cela justifie notre demande constante de voir respecter la laïcité, donc la séparation des religions et de l’État et de laisser aux seuls citoyens la direction de la politique.
Martine Cerf
Laïcité : non aux caricatures et aux récupérations
TRIBUNE
Le Collectif laïque national dénonce les détournements du principe de laïcité, réduit à tort à un simple dispositif
de protection des libertés religieuses, oubliant sa dimension républicaine fondamentale.
• par Collectif laïque national
Publié le 07/01/2026 à 20h00 sur Le Point
« La laïcité, dès son origine, vise à la défense et consolidation de la République », rappellent les auteurs de cette tribune.
À l’occasion du 120e anniversaire de la loi du 9 décembre 1905 « concernant la séparation des Églises et de l’État », loi constituant le fondement et la définition du principe constitutionnel de laïcité, une trentaine d’organisations, regroupées dans le Collectif laïque national, tiennent à dénoncer les diverses opérations de caricature, réduction, déviation ou récupération dont la laïcité fait l’objet. C’est le cas en particulier d’une tribune, parue dans Le Monde du 7 décembre dernier, qui écarte la dimension républicaine de la laïcité, en la renvoyant à un « identitarisme » d’extrême droite.
Cette tribune du 7 décembre dernier, sans craindre de réécrire l’histoire, dénonce ainsi une prétendue « nouvelle laïcité », qui serait née, croit-on comprendre, avec la loi du 15 mars 2004 réglementant le port des signes religieux par les élèves de l’école publique (loi qu’ils n’osent pas citer, tant son utilité est reconnue). Le point culminant en aurait été atteint, selon eux, avec la loi du 24 août 2021 « confortant le respect des principes de la République».
Certes, cette loi n’est pas sans reproches, que le Collectif a formulés dans ses rapports annuels. Néanmoins, c’est à juste titre qu’elle a – ce dont M. Bianco et ses cosignataires s’indignent – étendu l’obligation de neutralité aux salariés du privé participant à une mission de service public (par exemple les transports scolaires). Or il en va du respect de l’égalité d’accès des usagers et de leur liberté de conscience : voir dans une mesure aussi justifiée « une conception identitaire, et parfois ethnique, de la nation » – bref, de droite extrême – relève d’une vision restrictive et erronée de la laïcité.
La laïcité comme consolidation de la République
Ainsi, tout au long du texte paru dans Le Monde, la laïcité est réduite à « un dispositif de protection de la liberté individuelle » : ce qu’elle est, bien sûr, mais à condition d’en reconnaître d’abord les conditions historiques, juridiques, et politiques. D’abord, il faut se rappeler que 1905 marque la fin de plus d’un siècle de Concordat, libérant ainsi la République du « catholicisme politique » (expression de Jules Ferry). Ensuite, comment ne pas voir que la mise en place du principe de séparation (art. 2 de la loi) entraînait par définition des interdictions, afin d’éviter toute confusion entre cultes particuliers et intérêt général.
De même, l’objectif d’égalité entre les individus-citoyens, quelles que soient leurs convictions, impliquait que la liberté d’expression religieuse fût, certes garantie, mais aussi encadrée par le respect de l’ordre public (art 1er de la loi) et des libertés d’autrui. Enfin, la liberté de conscience, principe fondateur de la loi de 1905, est posée comme liberté individuelle, incluant les convictions non religieuses ou anti-religieuses, et non plus simplement comme droit à l’exercice des cultes minoritaires, ce qu’elle fut sous l’Ancien Régime.
C’est à ces conditions seulement, que la liberté individuelle est devenue réalité, puisque la laïcité permet à chacun de se définir autrement que par ses appartenances collectives : « le droit de n’être comme personne » (Catherine Kintzler).
C’est ce qu’il faut, non pour s’endormir dans l’illusoire cocon d’un « vivre ensemble harmonieux » (comme le dit la tribune) entre communautés, mais pour « faire République », entre citoyens libres et égaux.
Car la laïcité, dès son origine, vise à la défense et consolidation de la République : dimension que les auteurs de la tribune du Monde évacuent, voire dénoncent, en la caricaturant. Il paraît ainsi que l’État « réglemente le port du vêtement» – ce qui est pourtant la norme dans les écoles publiques depuis 1882, norme qu’il a simplement fallu actualiser par la loi du 15 mars 2004 – ou, pire, qu’il aurait fait de la laïcité la « surveillance de l’opinion » : « Big Brother », pas moins !
C’est oublier que qui veut séparer doit forcément définir des limites. On retrouve enfin sous les plumes tribuniciennes la dénonciation convenue d’une « invisibilité sociale » qui serait imposée par l’État aux convictions religieuses : or on chercherait vainement une mesure législative ou réglementaire actuellement en vigueur relevant d’un tel objectif fantasmé. Enfin, très curieusement, la conclusion emprunte au financeur du catholicisme intégriste Pierre-Édouard Stérin, proche de l’extrême droite, le terme de « bien commun », qui vient affaiblir le principe républicain de « fraternité » : triste
topique !
Mépris de la liberté de conscience
Ainsi, la veille même de la parution de la tribune du Monde, un quotidien du matin faisait célébrer la laïcité… par ceux-là mêmes à qui elle a, en 1905, imposé la séparation. Sous le titre : « les chefs de culte unis autour de la laïcité », ce journal affichait en une la photo du Grand Rabbin de France, du recteur de la Grande Mosquée de Paris, et du président de la Conférence des évêques de France, tout sourire. Dans un pays où plus de la moitié des habitants ne se réclament d’aucune religion (30 % se disant même athées), faire commenter la loi applicable à tous par les seuls responsables de
trois minorités religieuses relève d’un total mépris de la liberté de conscience.
Les simples citoyens, croyants ou non croyants, se voient ainsi confisquer non seulement le droit à la parole, mais la reconnaissance même de leur existence, pourtant fondamentale dans une République ! Que disaient ces trois « ministres des cultes » de la laïcité ? Rien d’autre que les auteurs de la tribune du Monde : ils « s’inquiètent de velléités politiques d’en faire une “loi d’interdiction” ». Comme si la liberté de religion devait être illimitée et absolue ? Or c’est précisément par ses « bornes » (art. 4 de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen de 1789) que se définit toute liberté.
120 ans après le 9 décembre 1905, il est indispensable d’en revenir à ces fondamentaux, oubliés par trop des célébrants actuels d’une « laïcité revue et corrigée ». Il serait plus que nécessaire de constitutionnaliser enfin les principes des deux premiers articles de la loi de 1905, comme le demande le Collectif laïque national.
*Les signataires : Sémira TLILI, #Réseau 1905 ; Eric BINET, Agir pour la Laïcité et les valeurs républicaines ; Jean
JAVANNI, Association de défense des laïques (AD3L) ; Thierry MESNY, Association des Libres Penseurs de France ; Claude WACHTELAER, Association Européenne de la Pensée Libre (A.E.P.L.) ; Ramiro RIERA, Association Laïcité-Liberté Laure CAILLE, Association Libres MarianneS ; Claude PROD’HOMME, Cercle Ferdinand Buisson ; Gilbert ABERGEL, Comité – Laïcité – République ; Francis VANHEE, Comité de réflexion et d’action laïque – CREAL76 ; Françoise LABORDE, Égalité, Laïcité, Europe – EGALE ; Maurice LEDUC, Grand Maître national Fédération Française
du Droit Humain (FFDH) ; Eddy KHALDI, Fédération Nationale des Délégués Départementaux de l’Education Nationale (D.D.E.N.) ; Françoise KAYSER, Femmes Contre les Intégrismes – FCI ; Pierre BERTINOTTI, Grand Maître Grand Orient de France ; José VIERA, Grand Maître Grand Orient Latino Américain ; Yannick BRISSET, Laïcité 18 ; Régis VANACKÈRE, Laïcité 40 ; Pierre BARACCA, Laïcité et Féminisme ; Daniel BENICHOU, Le Chevalier de la Barre ; Mario STASI, Licra ; Annie SUGIER, Ligue du Droit International des Femmes (la) – (L.D.I.F.) ; Jean PETRILLI, Lumières Laïques Cercle Maurice Allard ; Christian ARNAUD, Observatoire de la Laïcité de Provence (OLPA) ; André GOMAR, Observatoire de la Laïcité de Saint-Denis (OLSD) ; Michèle VIANES, Regards de Femmes ; Nicolas GAVRILENKO, Union des Familles Laïques – (U.F.A.L.) ; Jean-Pierre SAKOUN, Unité Laïque ; Delphine GIRARD, Vigilance collèges Lycées ; Paul VOISIN, Vigilance Travail social ; Gilles DENIS, Vigilance Universités.
(photo © FRANCOIS GREUEZ/SIPA – Le Point)
Formations à la laïcité
La laïcité en 30 questions
Isabelle de Mecquenem ; Iannis Roder ; Benoît Drouot La Documentation française - 13 janvier 2026
AG 2026
Compte-rendu de l'AG 1. Colloques EGALE 2. Suppression de la cotisation « Sympathisants » 3. Formation à la fresque de la laïcité 4. Questions diverses


