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Federica Mogherini, chef de la diplomatie européenne encore pour quelques semaines, a annoncé le projet de favoriser les échanges entres acteurs de l’inclusion sociale qui se revendiquent de la foi. L’Union européenne devrait consacrer à ce projet la somme de un million et demi.

Considérant que la religion n’est pas qu’un problème mais peut être la solution à la violence dans la société, l’Union européenne a donc décidé de faire indirectement la promotion de la foi. ÉGALE a demandé des explications et Merete Bilde, Conseillère auprès de Federica Mogherini nous a affirmé que les associations laïques seraient les bienvenues sur cette plateforme. Mais quel intérêt pour elles de débattre de l’importance de la foi, alors que leur seul objet est l’inclusion sociale ?

Encore une fois, les athées, agnostiques et indifférents aux religions sont oubliés, comme s’ils n’existaient pas, comme si leur rôle social était évidemment inexistant, comme si la condition naturelle de chacun était de se reconnaitre dans une religion.

Nous ne sommes évidemment pas opposés à ce que les structures de toutes natures travaillant sur l’inclusion sociale communiquent entre elles et fassent des échanges de bons procédés, sous l’égide de l’UE. Mais pourquoi y mettre le préalable de la foi ? Pourquoi faire semblant d’ignorer qu’à l’appel de chefs religieux, dans de nombreux pays, les athées sont pourchassés, mis en prison, condamnés à mort. Pourquoi rester sans réaction face à ce grave problème ? L’envoyé spécial de l’UE pour la “liberté de religion” Jan Figal, a reconnu qu’il ne s’en était pas occupé, tout en admettant que le sort des non religieux était loin d’être enviable dans les pays qu’il a visités.

Alors que faut-il comprendre ? L’UE a-t-elle décidé de sortir de la neutralité qu’elle se doit d’affirmer pour faire la promotion de la foi ? Croit-elle ainsi garantir la sécurité des minorités religieuses chrétiennes en sacrifiant les athées et libres penseurs ?

Nous ne saurions accepter ces dérives et demandons à la Commission de revoir le nom et l’objectif de cette plateforme pour l’adapter à tous les acteurs de l’inclusion sociale. Lire notre courrier à Mme Bilde

Martine Cerf