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Interventions divers

Communiqué du Collectif Laïque National sur l’Afghanistan

L’imposition en Afghanistan de la charia à la place des lois civiles signe le retour d’une théocratie fondée sur la négation des libertés fondamentales au premier chef desquelles la liberté de conscience.
Au coeur de ce système, un véritable apartheid sexuel de relégation et de déshumanisation des femmes. Lire le communiqué

Nos instances

1 – LES MEMBRES DU BUREAU

 

Présidente : Françoise LABORDE, ancienne sénatrice de Haute Garonne

Prix national de la Laïcité 2012, décerné par le Comité Laïcité République pour son action en tant que parlementaire-pour la proposition de loi dont l’objet est d’apporter une réponse législative au problème complexe auquel était confronté l’équipe de la crèche Baby Loup, celui d’un vide juridique au niveau national concernant la définition des conditions de garde des enfants les plus jeunes. Comment transcrire dans le droit les solutions aux problématiques d’intérêt général qui se posent sur le terrain.

A reçu le Prix national de la Laïcité 2012 

 

 

Vice-Président : Stéphane ARTANO, Sénateur de Saint-Pierre-et-Miquelon

Membre de la commission des affaires sociales et Président de la délégation sénatoriale aux outre-mer

 

 

 

 

 

Vice-Président : Bernard FERRAND

Vice président de l’agglomération de Rodez chargé de l’enseignement supérieur, ancien membre du conseil économique et social, ancien conseiller régional de Midi-Pyrénées, universitaire.

«À l’heure où la laïcité est en France mise en danger par des faiseurs d’opinion sans scrupule ; à l’heure où la coexistence pacifique entre les composantes nationales, européennes et internationales se fragilisent, il est urgent d’avoir un lieu de dialogue et de propositions consacré aux enjeux de la laïcité.

Tant d’un point de vue professionnel – j’ai été chargé de mission Laïcité de l’Université d’Évry- que dans mes engagements associatifs, j’ai toujours agi pour faciliter le vivre ensemble et l’intégration dans une communauté nationale unifiée. ÉGALE donne à ceux qui y adhérent une occasion supplémentaire de renforcer son idéal laïque.»

 

Secrétaire Générale : Martine CERF     secretairegene@egale.eu

Co directrice du Dictionnaire de la laïcité (Armand Colin, 2011, réédition 2016). Co auteur de Ma liberté, c’est la laïcité, (Armand Colin, Nouvelle édition octobre 2015)
«Après des études de mathématiques, j’ai travaillé dans le monde du marketing et des médias où j’ai occupé des fonctions de direction d’équipe et de direction générale, en France et en Belgique.

Au cours d’une deuxième carrière entamée vers la quarantaine, j’ai créé une société de formation, après une formation complémentaire à la négociation aux États-Unis.

C’est assez tard que j’ai pris conscience que la laïcité que je croyais définitivement établie n’était pas encore consolidée en France. Lorsque vers les années 2000, j’ai réalisé ce que cela impliquait de menaces sur nos libertés, j’ai participé avec Gérard Delfau et les autres fondateurs à la création d’ÉGALE.

Ce combat pour la laïcité et l’égalité, je le mène pour que jamais personne ne puisse imposer à l’un de mes enfants et à ceux de leur génération ce qu’ils doivent croire et comment ils doivent penser.

 

Secrétaire Général Adjoint : Jean-Claude BOUAL

«Ingénieur des Travaux publics de l’État en retraite. Ancien secrétaire général de la Fédération CGT de l’Équipement et de l’Environnement CGT de 1975 à1991. Membre de la Commission exécutive de la CGT de 1978 à 1992.

Chargé de mission sur les services publics de l’Europe et l’Europe sociale au ministère de l’Équipement, puis de l’Écologie de 1991 à 2010.
Spécialiste des services publics en Europe et des institutions européennes.
Pourquoi la laïcité ?
C’est mon activité professionnelle, les négociations en 1999/2000 sur les directives de “non-discrimination”, ainsi que les débats et les travaux des deux Conventions qui ont élaboré l’une la Charte des droits fondamentaux de l’UE et l’autre le projet de Traité constitutionnel, qui ont attiré mon attention sur les questions de laïcité en Europe comme principe de non discrimination et de vivre ensemble.»

 

Trésorier : Gérard MEYDIOT      tresorier@egale.eu

Retraité de l’Aviation civile, ancien syndicaliste et très impliqué dans le monde associatif (culture, sport, loisirs), conseiller municipal d’une ville d’environ 5000 habitants pendant près de 30 ans, j’ai mesuré souvent les défauts d’application de la laïcité chez les élus des petites communes. Non par provocation ou volonté délibérée, mais très souvent par méconnaissance.

Soutenir le combat d’ÉGALE me parait une évidence, d’autant plus dans le contexte actuel.

 

 

Responsable de la gestion numérique : Anne SALZER

Avocate et engagée, j’ai milité 12 années au sein d’une association antiraciste dont j’ai été la secrétaire générale. L’affaire Baby-Loup a été déterminante pour comprendre tant sur un plan juridique que sur un plan sociétal l’avenir de notre laïcité en France et en Europe à l’aune de textes et jurisprudences diverses.

J’ai participé à différents travaux scientifiques avec des universitaires et des chercheurs sur ce thème ainsi qu’au sein d’organismes politiques et professionnels (notamment RH) pour plaider et former sur la laïcité française au sens de la loi de 1905 et ses normes consécutives.

 

 

2 – LES ADMINISTRATEURS

 

Délégué à l’Outre-Mer : Michel FOUILLET

Administrateur civil hors classe honoraire, j’ai exercé dans divers domaines : douaniers, financiers, ressources humaines, anciens combattants, simplification administrative en métropole et outre-mer. Militant syndical, je suis également engagé au Parti Socialiste au sein duquel je milite tout particulièrement pour la promotion de la laïcité. Très tôt, dans ma prime jeunesse, à Narbonne, j’ai pris conscience de la laïcité par le biais de la confrontation entre le patronage laïque et le patronage catholique. Bien plus tard, tout au début de ma carrière professionnelle, alors que je prêtais serment comme douanier au tribunal de grande instance de Metz, j’ai été véritablement choqué par la présence d’un crucifix derrière le magistrat auquel je m’adressais. C’est ainsi que j’ai pris connaissance du régime particulier des cultes d’Alsace et de Moselle.

Dans les années 70, à la Guadeloupe, je défendais mon administration au tribunal. La justice y était rendue « au nom du peuple français » alors qu’un crucifix trônait dans le prétoire de manière ostentatoire, pour ne pas dire attentatoire à la République pourtant constitutionnellement laïque. Certes, ce signe distinctif d’une religion a désormais disparu de ces lieux de justice, mais ces deux épisodes m’ont fait prendre conscience que la laïcité ne va pas de soi. Aux niveaux international, national et local, la laïcité est toujours en danger. Ce bien si précieux, nous devons le faire vivre, le défendre et le promouvoir.

L’association ÉGALE, en ce domaine, éveille les consciences et participe à cette promotion de ce trésor que constitue la laïcité.

 

Délégué aux collectivités territoriales : Michel SEELIG

«Ma formation d’historien m’a presque naturellement conduit à la politique, avec des mandats départements et nationaux et des fonctions électives locales. J’ai eu la chance par ailleurs de connaître plusieurs « vies professionnelles » intellectuellement enrichissantes : consultant, cadre supérieur, chef d’entreprise… Je viens de quitter ma dernière activité salariée (directeur des relations institutionnelles d’un grand groupe de services aux collectivités) …

J’ai également un lien privilégié avec l’enseignement et la recherche. Longtemps enseignant associé à l’Université, je suis actuellement Président de l’Institut Universitaire de Technologie de Metz. J’ai très tôt milité dans les grandes « Ligues républicaines » (Ligue de l’Enseignement et LDH) et présidé le Cercle Condorcet de Moselle (qui se nomme Cercle Jean Macé)

Né en Moselle, je réside toujours à Metz, j’ai été très tôt confronté au régime dérogatoire des cultes dans les départements Rhin et de la Moselle. Le retour au 1er plan de l’actualité de ce dossier du Concordat et du régime confessionnel de l’école publique m’a conduit à adhérer à ÉGALE et à y accepter une responsabilité.»

 

Conseiller de la Présidente pour les Affaires européennes : Alain VIVIEN

Député de Seine-et-Marne (1973-1991), Secrétaire d’État aux Affaires étrangères (1991-1992), conseiller d’État en service extraordinaire (1993-1997).

La laïcité est à mes yeux un des piliers de toute démocratie réelle. Elle a un caractère universel. Qu’elle soit reconnue constitutionnellement ne la rend pas moins nécessaire à l’ensemble des États adhérents à la Déclaration universelle des droits de l’homme, et plus particulièrement encore à ceux qui participent à l’Union Européenne et à ses institutions.

 

Déléguée aux Affaires européennes : Mireille RAUNET

Française de l’étranger pour avoir vécu plus de 30 ans en Afrique (Nord, Ouest, Centre, Est), Conseiller honoraire de l’Assemblée des Français de l’étranger et co-auteur avec Alain Vivien du QSJ « Les Français de l’étranger ». (2007). Membre du Conseil Économique et Social et environnemental (en 2001, 2007) et rapporteure d’une étude sur l’exode des compétences des africains francophones vers la France et le co-développement. Expert auprès de l’OCDE en matière de migrations internationales. Auditeur de l’IHEDN (Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale) (2003/2004), j’appartiens aujourd’hui au Comité Afrique de l’IHEDN

Je me suis engagée dans la Commission Europe pour participer avec une équipe à la défense et au respect de l’Article 17 du Traité de fonctionnement de l’UE. J’aime l’action d’ÉGALE dans la dénonciation neutre et sans apriori de toutes les formes de non-respect de la laïcité.

 

Marc HORWITZ

Journaliste depuis une cinquantaine d’année, spécialiste de santé publique, j’ai eu l’occasion d’aborder la problématique « laïcité » à de nombreuses reprises au cours de vie professionnelle. Ce fut notamment le cas quand j’ai abordé les problèmes du traitement de la douleur et de la fin de vie dans la série de 4 émissions « Voyage au bout de vie » diffusée sur TF1 en octobre 1986. J’ai également été un défenseur de la laïcité au sein du PRG (parti radical de gauche), puis du mouvement « Les Radicaux de gauche ».

Membre fondateur d’ÉGALE, je suis avec Gérard Delfau et Martine Cerf à l’origine de l’idée du « Dictionnaire de la laïcité » dont les deux éditions ont été publiées chez Armand Colin.

 

Zaïda JUGLAR

 

Françoise LE MER, coordinatrice d’ÉGALE en Ille et Villaine

Professeure puis Proviseure adjointe de l’enseignement public en Bretagne, ma région a su longtemps préserver un certain équilibre entre religion et respect des valeurs républicaines. Aujourd’hui cet équilibre est mis à mal et la laïcité attaquée frontalement ou par le biais « d’accommodements dits raisonnables ».

Mon engagement à ÉGALE est pour moi une évidence .

ÉGALE fait partie du Comité Laïcité 35, collectif d’associations, qui explique, défend la laïcité dans les quartiers, l’espace public, l’école, l’université et en dénonce toutes les atteintes.

 

Yves LE BIHAN

«Les années de vie professionnelle en Europe et en Moyen-Orient m’ont donné la certitude que nous avions un trésor qu’il ne fallait pas perdre».

Mon mandat de conseiller municipal m’a fait voir que la laïcité pour un certain nombre n’était pas une évidence. Combien nous envient la Loi de 1905 et plus récemment la loi du 15 mars 2004 sur les signes religieux dans les écoles publiques.

Consacrer de l’énergie à ce qu’elles soient vivantes, universelles est une évidence. ÉGALE me donne la possibilité de mettre mes connaissances à la concrétisation, à l’élaboration et à la diffusion de nos principes.»

 

José LUDGER

Professeur de Lettres Modernes, Directeur du Greta du Moule puis de la Grande Terre, Directeur des Affaires culturelles de la Ville de Baie Mahault.
Activité syndicale : S/G adjoint de la FSU
Activité politique : Secrétaire Fédéral aux Valeurs de la République et à la laïcité du PS Guadeloupe, Secrétaire de la Section socialiste du Moule.
Fonction politique : Conseiller municipal  du Moule, Conseiller Communautaire de la communauté Nord Grande-Terre (CNGT), Président du Comité de Jumelage de la Ville du Moule.
Fonctionnaire Retraité du Ministère de l’Éducation Nationale, Président Fondateur de la Fédération régionale Léo Lagrange Guadeloupe.

 

3 –  Les Coordinateurs d’ÉGALE en Région.

Bretagne :

29- Pierre Bleuzen

35- Françoise Le Mer

56- Yves Le Bihan, Anne Gourvenec

 

Grand Est :

57- : Michel Seelig

 

Guadeloupe :

971- : José Ludger

Danièle Devillers

 

Île de France :

75- : Alain Azouvi – Jean-Claude Boual – Michel Fouillet

91- : Pascal Hocante – Gérard Meydiot

92- : Martine Cerf

 

Martinique :

972- : Arlette Montalin

 

Nouvelle Aquitaine :

17- : Jean-Pierre Catala

 

Occitanie :

11- : Laurent Adam

12- : Bernard Ferrand

31- : Françoise Laborde

 

Pays de La Loire :

18- : Ali Nemiche

 

Provence-Alpes-Côte d’Azur :

84- : Jean-Pierre Fraysse

 

Réunion

Aurore Lagardère

 

Saint Pierre et Miquelon

Stéphane Artano

 

Pour les contacter : infoegale@gmail.com

AGENDA ÉVÉNEMENTS PASSÉS

  samedi 11 septembre 2021 de 10h à 18h, EGALE est présente au forum des associations du XVe arrondissement de Paris, Stand 222, square Jean Chérioux, 260 rue de Vaugirard, 75015 Paris

   dimanche 5 septembre 2021, de 11h à 18h, au Parc des Ramiers à Blagnac, EGALE est présente au forum des associations de la ville.

Lundi 28 juin 2021 – 19h. CONFÉRENCE : l‘émancipation, pour quoi faire? par Martine Cerf

au Patronage laïque Jules Vallès, 72 Avenue Félix Faure, Paris 15e. Réservez dès maintenant votre place en cliquant ici

La laïcité vise à l’émancipation des citoyens. En quoi consiste-t-elle exactement ? Que peut-on faire de cette ouverture laissée à chacun ? Comment en retirer tous les fruits, individuellement et collectivement ? Quel rôle pour des citoyens émancipés dans la construction d’une république laïque ?

C’est au partage de ces réflexions que Martine Cerf nous invite.

 

  Samedi 26 juin 2021, fête de la laïcité, de 14 h à 17h

au square Nadar Paris 18ème, au pied de la statue du Chevalier de La Barre.

 

lundi 7 juin 2021, de 18h20 à 20h30 en visioconférence.

Les États généraux de la laïcité, pourquoi ?

Animation Marc Horwitz. S’inscrire: https://patronagelaique.fr/

  mercredi 26 mai 2021 de 18h30 à 20h, ENTRETIEN d’EGALE réservé aux membres de l’association, en visioconférence Zoom.

Sujet : la participation d’EGALE aux Etats généraux de la laïcité. Animation : Martine Cerf. Le lien zoom vous sera envoyé une semaine avant l’événement.

lundi 1er mars 2021, de 18h30 à 20h30, en visioconférence Zoom.

Animation Marc Horwitz. S’inscrire: https://patronagelaique.fr/

 

  mercredi 24 février 2021 de 18h30 à 20h, ENTRETIEN d’ÉGALE réservé aux membres de l’association,en visioconférence Zoom. Point sur le projet de loi confortant le respect des principes républicains.

Animation Martine Cerf. Le lien zoom vous sera envoyé une semaine avant l’événement.

 

lundi 15 février 2021, de 18h30 à 21h en visioconférence Zoom.

Point sur le projet de loi confortant le respect des principes républicains.

Animation Jean-Claude Boual.

 

lundi 18 janvier 2021,de 18h30 à 20h30 en visioconférence Zoom.

Le projet de loi confortant le respect des principes républicains.

Animation Jean-Claude Boual.

 

lundi 7 décembre 2020, de 19h à 21h en visioconférence Zoom.

« La République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte ». Qu’est-ce que cela signifie ?

Animation Marc Horwitz.

 

lundi 12 octobre 2020, Combattre le racisme dans la République laïque

Animation Martine Cerf.

 

Jeudi 5 mars 2020

Conférence : L’universalisme, un choix de société face au racialisme et au communautarisme par Guylain CHEVRIER, docteur en histoire, enseignant et formateur en travail social, vice-président du Comité Laïcité République.

L’universalisme républicain est un choix de société, celui de l’égalité et de la laïcité, de la raison, de la protection des droits et libertés de l’individu et qui s’affronte aujourd’hui à une montée des affirmations identitaires conduisant à assigner à une couleur de peau, une origine ou une religion, l’existence, au risque de communautés séparées, fermées, du communautarisme, fragmentant l’organisation sociale, interdisant le mélange.

Réservez dès maintenant votre place en cliquant ici

Samedi 7 mars 2020

  32e colloque de la laïcité à Bruxelles : “Intelligence artificielle : mon boss ou ma camarade de boulot ?”.  Renseignements et inscription

Mardi 9 mars 2020

Conférence : Les pièges identitaires Par Marc CRÉPON, philosophe, Patronage laïque Jules Vallès, Paris 15e à 19h
Dans ce dernier volet du cycle de conférences sur la démocratie, on  tâchera de comprendre comment depuis plusieurs décennies, la question de l’identité empoisonne la plupart des “scènes politiques” démocratiques.

 

Mardi 4 février 2020

  Présentation de la collection “Débats laïques” par Gérard Delfau, Patronage laïque Jules Vallès, Paris 15e à 19h. En savoir plus

Lundi 3 février 2020

Café laïque au Patronage laïque Jules Vallès, Paris 15e à 19h. Thème : “La laïcité dans la politique municipale”. présenté et animé par Martine Cerf, secrétaire générale de l’association ÉGALE. Merci de confirmer votre présence sur le site du Patronage laïque Jules Vallès.

 

Lundi 13 janvier 2020

Café laïque au Patronage laïque Jules Vallès, Paris 15e à 19h

Martine Cerf animera le premier café laïque 2020 sur le thème d’actualité : “ces églises qui font de la politique : 3 exemples d’actualité : la Pologne, le Monténégro, l’Algérie”. Voir l’annonce 

Mercredi 11 décembre 2019

Conférence de Michel Seelig au lycée Albert Thomas à Roanne, à 19h. Entrée libre : voir l’affiche

 

Lundi 9 décembre 2019

Conférence-débat avec Marc Horwitz : “Vers une société laïque”, organisée par la Comité laïcité 35 à Rennes, à 18h30. Voir l’affiche

 

Mardi 3 décembre 2019

Café laïque au Patronage laïque Jules Vallès, Paris 15e à 19h, sur le thème : “sport et laïcité”, animé par Martine Cerf en présence de Annie Sugier, présidente de la Ligue du Droit International des Femmes (LDIF).

Le sport a toujours eu pour vocation de rassembler des jeunes de tous horizons. La charte olympique affirme la neutralité du sport qui doit rester à l’écart de toute propagande politique et religieuse. Qu’en est-il exactement dans les clubs sportifs, dans les compétitions internationales, aux jeux olympiques ?

Mardi 12 novembre 2019

Café laïque au Patronage laïque Jules Vallès, Paris 15e à 19h . UN DÉBAT PASSIONNÉ DE L’ACTUALITÉ : LE PORT DU VOILE

La polémique fait rage autour du port de signes religieux par les accompagnants de sorties scolaires. Au-delà de ce qui est écrit, souvent dans l’immédiateté des réactions, il paraît indispensable d’échanger sereinement pour comprendre ce qui se joue et ce que sont les non-dits autour de la question. C’est à cela que vous êtes invités. Animation : Martine Cerf. S’inscrire

Mardi 5 novembre 2019

Cérémonie de remise des prix de la laïcité du CLR à l’Hôtel de Ville de Paris.

5 lauréates ont reçu les différents prix remis par le Comité Laïcité République : Ariane Mnouchkine, Fatiha Agag-Boudjahlat, Karima Bennoune, Nadia Geerts et Virginie Tournay. Voir leurs interventions. Voir les différentes interventions

Mardi 29 octobre 2019

Conférence à Marseille de 18h à 20h organisée par le CIL et ÉGALE : “ LA LAÏCITÉ ET L’ÉGALITÉ HOMMES/FEMMES” avec Martine Cerf. Renseignements et inscription

Jeudi 24 octobre 2019

Conférence de Martine Cerf à Saint-Amand-les-Eaux, à 19h30 : “LAÏCITÉ ET ÉGALITÉ” organisée par le CLR Valenciennes Hainaut.  Voir l’affiche

Lundi 14 octobre 2019

Café laïque au Patronage laïque Jules Vallès, Paris 15e à 19h. “LES “MOUVEMENTS IDENTITAIRES ET LIBERTÉS INDIVIDUELLES”, animé par Martine Cerf

 

Lundi 7 octobre 2019

Colloque d’ÉGALE “MOUVEMENTS IDENTITAIRES ET LIBERTÉS INDIVIDUELLES” organisé avec le Think Tank l’Aurore au Palais du Luxembourg, à Paris. Voir le programme

 

28 septembre 2019

Rassemblement à l’appel de la Brigade des mères .  Voir l’appel aux amis laïques

AGENDA DES événements LAÏQUES

Les cafés laïques reprendront au Patronage laïque Jules Vallès, 72 Avenue Félix Faure, Paris 15e à partir du 4 octobre 2021.

Le calendrier est déjà fixé, vous le trouverez ci dessous.

 

Attention, changement de date !

  lundi 20 septembre 2021 de 18h30 à 21h, ENTRETIEN d’EGALE réservé aux membres de l’association, en visioconférence Zoom.

Le point sur le régime dérogatoire des cultes d’Alsace et de Moselle animé par Michel Seelig

 

lundi 11 octobre 2021 à 19h, café laïque au Patronage laïque Jules Vallès : Réflexion sur la campagne sur la laïcité lancée par le ministère de l’Education nationale, ce qu’elle dit et ce qu’on en a dit.

Animation : Martine Cerf. Inscription obligatoire : https://patronagelaique.eu/

 

lundi 8 novembre 2021 à 19h, café laïque au Patronage laïque Jules Vallès

Animation : Jean-Claude Boual. Inscription obligatoire : https://patronagelaique.eu

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Lundi 15 novembre à Rennes, conférence de Jean Pierre Obin, salle Carrefour 18. Renseignements sur contact@egale.eu.

 

lundi 6 décembre 2021 à 19h, café laïque au Patronage laïque Jules Vallès

Animation : Marc Horwitz. Inscription obligatoire : https://patronagelaique.eu

 

 

lundi 10 janvier 2022 à 19h, café laïque au Patronage laïque Jules Vallès

Animation : Martine Cerf. Inscription obligatoire : https://patronagelaique.eu

 

lundi 7 février 2022 à 19h, café laïque au Patronage laïque Jules Vallès

Animation : Jean-Claude Boual. Inscription obligatoire : https://patronagelaique.eu

 

lundi 7 mars 2022 à 19h, café laïque au Patronage laïque Jules Vallès

Animation : Marc Horwitz. Inscription obligatoire : https://patronagelaique.eu

 

lundi 4 avril 2022 à 19h, café laïque au Patronage laïque Jules Vallès

Animation : Martine Cerf. Inscription obligatoire : https://patronagelaique.eu

 

lundi 9 mai 2022 à 19h, café laïque au Patronage laïque Jules Vallès

Animation : Jean-Claude Boual. Inscription obligatoire : https://patronagelaique.eu

 

lundi 13 juin 2022 à 19h, café laïque au Patronage laïque Jules Vallès

Animation : Marc Horwitz. Inscription obligatoire : https://patronagelaique.eu

 

EGALE était présente au forum des associations de Blagnac

Le dimanche 5 septembre 2020, EGALE participait au forum des associations de Blagnac, au parc des Ramiers, avec un stand animé par la présidente et ancienne sénatrice, Françoise Laborde. L’association allait ainsi au devant des citoyens afin de dialoguer avec eux.

Photo : Joseph Carles , maire de Blagnac et Françoise Laborde

Nous sommes solidaires des Afghans qui réclament liberté, égalité et démocratie !

Il faut sauver les militants et militantes afghans des droits humains sur lesquels, il n’en faut pas douter, les représailles des Talibans vont s’abattre tôt ou tard.

De nombreux témoignages nous parviennent sur les visites que les Talibans ont faites au domicile de certains d’entre eux. On les connaît, on les recherche et quand tous les occidentaux auront plié bagage, les nouveaux maîtres du pays sauront les pourchasser, les emprisonner ou les tuer en toute impunité. Ils sont nombreux à demander déjà l’asile politique dans nos États libres et il faut le leur accorder. C’est déjà tout à l’honneur de notre pays de mettre en sécurité ceux qui ont travaillé pour nous ou pour des ONG occidentales, mais il ne faut pas oublier ces hommes et ces femmes courageux qui réclament liberté, égalité et démocratie. Aux yeux des Talibans, ce sont des crimes qu’il faut punir et malgré leurs affirmations contraires, c’est de toute évidence ce qu’ils feront.

N’oublions pas que sous leur règne précédent, les femmes n’avaient pas le droit de s’instruire, de se soigner, de sortir de chez elle sans burqa et sans un chaperon homme. C’est ainsi que ces fanatiques lisent la charia qu’ils veulent imposer à tous et il n’y a aucune raison de penser qu’ils ont changé sur cela.

En notre qualité d’association laïque, nous manifestons notre solidarité avec tous ceux et celles qui vont tomber sous le joug du fanatisme. Tous ceux qui vont se voir imposer une façon unique de penser, de croire, de se comporter, de s’habiller, sous peine de prison ou pire.

Martine Cerf

A propos des 17 Décisions du Comité interministériel de la laïcité.

Dix-sept Décisions ont été publiées à la suite de la première réunion du Comité interministériel de la laïcité (CIL), le 15 juillet 2021. Ces décisions sont axées principalement sur le respect de la laïcité par les services publics, en insistant sur la mise en œuvre de la formation nécessaire des différents acteurs, comme du suivi des actions menées. Si ces actions recoupent des recommandations que nous avons souvent faites en matière de respect des textes juridiques et réglementaires et de formation, le document lui-même appelle quelques observations préalables.

Il s’agit d’un texte de nature gouvernementale, sans référence directe ou implicite aux propositions assurées par ceux qui ont accepté de dialoguer dans le cadre de des États généraux de la laïcité. On ignore combien de ces recommandations ont été prises en compte et lesquelles. Ces décisions en second lieu n’engagent que le gouvernement tel qu’il fonctionne en juillet 2021. Qu’en restera-t-il dans moins d’un an, avec les échéances électorales que nous connaissons ?

D’autre part quels seront réellement les moyens déployés pour la mise en œuvre des décisions annoncées ? Tant sur le plan des engagements humains (les futurs acteurs), qu’en termes d’engagements financiers ? S’ils ne sont pas clairement inscrits dans la prochaine loi de finances, budget ministériel par budget ministériel, le risque est grand de voir les meilleures intentions tourner en usines à gaz ou rester lettre morte. Ne perdons pas en mémoire que parmi les membres du gouvernement, et non les moindres, certains ne s’intéressent à la laïcité que dans la mesure où ils l’entendent comme un moyen de contenir l’islam. S’il s’agissait de résorber les privilèges des représentants de leurs propres convictions, on sait bien qu’ils détourneraient pudiquement les yeux.

Autre question, et ce n’est pas la moindre, car nous en avons déjà eu l’expérience dans la lutte contre les extrémismes : les personnels chargés dans les différents départements, sous l’autorité des préfets, ont souvent déjà lâché prise en matière de laïcité. Comment peut-on être certain aujourd’hui de disposer d’assez de personnel qualifié et assez volontariste pour promouvoir la laïcité au-delà de leurs convictions personnelles ? Nous ne sommes plus au début de la IIIe République, quand les gouvernements radicaux et socialistes pouvaient compter sur des hussards noirs aguerris dans la lutte contre les extrémismes convictionnels. Au plan des collectivités locales, la question se pose avec plus encore d’acuité. Le gouvernement dispose-t-il d’assez de préfets sérieusement motivés pour faire appliquer partout ces 17 décisions, quand on connait la volonté souvent peu dissimulée de certaines municipalités de subventionner l’enseignement privé commercial ou religieux au détriment de l’école publique ?

On peut conclure à ce stade que si les intentions paraissent intéressantes à la lecture du document, il faudra attendre quelques années avant de savoir si elles arrivent à passer dans les faits.

Alain Vivien

Interdire le voile au travail n’est pas discriminatoire, selon la Cour de justice de l’UE.

La Cour de Justice de l’Union européenne, dans un communiqué, précise que l’interdiction du port du voile islamique (et des autres signes religieux) dans l’entreprise n’est pas discriminatoire. La Cour, basée à Luxembourg avait été saisie par deux femmes musulmanes vivant en Allemagne, une employée d’une pharmacie, l’autre comme éducatrice spécialisée à qui leur employeur avait demandé de retirer leur voile pour respecter la neutralité de l’entreprise.

La Cour a donc statué que cette mesure n’ait pas discriminatoire, mais que l’employeur devait cependant prouver qu’il s’agit d’un “besoin réel” et que sans cette interdiction, la neutralité de l’entreprise serait remise en cause.

Communiqué de presse du CJUE

Je suis le prix de votre liberté

Mila nous livre un témoignage poignant (interview video début à 51mn 55s), on s’en doutait, et nous ne cesserons de répéter qu’il faut la soutenir par tous les moyens possibles. Elle nous donne à lire une analyse très pertinente des modes de fonctionnement des jeunes de sa génération dans leur utilisation quasi exclusive et même addictive des réseaux sociaux. Ce livre peut aider plus d’un pédagogue à réfléchir sur la façon de faire passer auprès d’élèves réfractaires des notions essentielles pour l’avenir de notre société comme la liberté de conscience, la liberté de pensée et d’expression, le refus de la manipulation, de l’ignorance, de la haine de l’autre et du harcèlement d’un autre désigné comme bouc émissaire, l’identification des théories fantaisistes ou des fake news… A lire de toute urgence. Merci à Mila de l’avoir écrit. Martine Cerf.

 

Non à l’abandon de Mila!

EGALE a signé le Communiqué du Collectif Contre le Terrorisme pour soutenir Mila. Il est inconcevable qu’elle puisse rester seule dans une épreuve qui nous concerne tous, car il s’agit de vouloir faire taire par la terreur, toute parole critique de l’islam. La liberté d’expression, dans le cadre de la loi, ne saurait être négociable et la justice doit poursuivre et punir ceux qui se permettent de proférer des menaces de mort chaque fois qu’une parole leur déplaît.

La refonte de la formation des enseignants à la laïcité est en vue

Jean-Pierre Obin a remis ce lundi 14 juin 2021, au ministre de l’Education nationale  son rapport sur la formation des enseignants et des personnels de l’Education nationale à la laïcité. Après avoir rappelé les nombreuses dérives qui ont conduit à une situation d’ignorance quasi générale de ce qu’est la laïcité, Jean-Pierre Obin formule des recommandations très précises sur les mesures à mettre en place.

Le ministre a annoncé dans un communiqué de presse que la plupart des mesures préconisées seraient mises en œuvre dès la rentrée 2021 et déployées sur 4 ans. Mille formateurs dûment formés seront chargés de diffuser des contenus homogènes qui écartent toutes les dérives idéologiques qui ont pollué l’enseignement de la laïcité ces dernières années. Voir l’interview de Jean-Pierre Obin sur RMC.

 

Nous participons aux grands débats.Le club des recalés en réaction… EGALE en action.

A propos de l’annonce de la création de la vigie de la laïcité par  Bernard Ferrand

Sans aller au-delà, le titre de l’organisme  porte à sourire : une vigie est une personne seule qui en dépit d’un pouvoir d’alerte puissant ne répond pas aux nécessités d’un collectif consubstantiel du principe de laïcité. Cette vigie de la laïcité portera simplement sur ses frêles épaules « la veille, la formation et l’information ». Diantre ! La veille et l’information, pourquoi pas la liberté d’opinion a des exigences  en République !

Mais en tant que centre de formation, on devine que l’organisme futur se lèche déjà les babines des opportunités législatives et règlementaires qui vont bientôt se faire jour (besoins de formations à la laïcité dans tous les étages de la République)…On est jamais trop prévoyant dans cette perspective, bien que la concurrence sur ce secteur sera féroce ! On peut espérer que le travail accompli au sein de l’Observatoire de la laïcité ne soit pas approprié de façon privilégiée par ceux qui ont eu l’honneur de diriger cette structure. A voir.

De surcroit la Vigie et notamment MM Bianco et Cadène  estiment que, à l’heure actuelle « diverses relectures, en rompant son équilibre savamment dosé […] menacent le consensus national nécessaire autour de la laïcité ». Lire la suite

La Commission européenne doit défendre la liberté de conscience et pas seulement “la liberté de religion et de croyance”

Le Collectif laïque national publie un communiqué à l’occasion de la nomination par la Commission européenne  de Christos Stylianides, envoyé spécial pour la défense de “la liberté de religion et de croyance”.

EGALE fait suivre ce communiqué pour information au destinataire, M. Schinas, vice président de la Commission européenne, ainsi qu’aux députés français au Parlement européen, ainsi qu’à un certains nombre de décideurs. Lire le communiqué.

Un comité interministériel de la laïcité remplace l’Observatoire de la laïcité.

Par un décret du 4 juin 2021 rentrant en vigueur le 5 juin, le gouvernement crée ce comité et confirme la dissolution de l’observatoire de la laïcité. Il “comprend le ministre des affaires étrangères, le ministre chargé de l’éducation nationale, le ministre chargé de la jeunesse, le ministre chargé des sports, le ministre des armées, le ministre de l’intérieur, le ministre chargé du travail, le ministre chargé des outre-mer, le ministre chargé des collectivités territoriales, le ministre chargé de la ville, le ministre de la justice, le ministre chargé des solidarités et de la santé, le ministre chargé de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, le ministre chargé de la fonction publique, le ministre chargé de l’égalité entre les femmes et les hommes, de la diversité et de l’égalité des chances et le ministre chargé de la citoyenneté. Le Premier ministre peut inviter d’autres membres du Gouvernement à participer aux travaux du comité. »

Ses missions sont définies à l’article 2 :

« Le comité coordonne et assure le suivi de la mise en œuvre de l’action du Gouvernement aux fins d’assurer la promotion et le respect du principe de laïcité au sein des administrations de l’Etat, des collectivités territoriales ainsi que des autres personnes de droit public ou de droit privé chargées d’une mission de service public.

A ce titre, il assure la diffusion auprès de ces dernières des règles relatives au principe de laïcité et veille à la cohérence de leur mise en œuvre.

Il concourt à la définition des exigences de formation auxquelles doit satisfaire tout agent public en la matière.

Il détermine le cadre de l’action des référents laïcité des administrations de l’Etat.

Il veille à la bonne information des usagers du service public sur les droits et devoirs découlant pour eux du principe de laïcité. »

La mise en œuvre de ce décret est confié au Ministre de l’Intérieur et à la ministre déléguée auprès du ministre de l’intérieur, chargée de la citoyenneté.

Et toujours ce FICHU VOILE !

Nouvel argumentaire laïque, féministe et antiraciste

par NADIA GEERTS

RÉSUMÉ

Lorsque j’ai publié Fichu voile en 2011, c’était parce qu’après le terrain scolaire, c’était sur celui de la fonction publique, mais aussi celui du parlement, que se jouait désormais la question du voile. Et la loi d’interdiction du voile intégral était alors en gestation. Dix ans plus tard, les mêmes questions restent en suspens, mais d’autres s’y sont ajoutées : le voilement des fillettes se répand, les tenues de sport à connotation religieuse se multiplient, et l’idée selon laquelle interdire le voile serait une discrimination se banalise, comme en témoigne l’autorisation récente du port du voile dans les Hautes Écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Parallèlement, tout critique du voile semble devenir de plus en plus difficile, voire dangereuse à formuler. La banalisation de celui-ci est à l’Å“uvre, alors même que se radicalisent les discours et les actes de ceux qui le défendent. Et cette banalisation se fait au prix des principes universalistes.

Rencontre avec…Nadia Geerts

Nadia Geerts n’est pas une militante comme les autres. Ses combats ont un large spectre. Celui pour la laïcité est plus que jamais d’actualité. Aussi ne peut-on pas s’étonner, tout au contraire, que son dernier ouvrage, préfacé par Caroline Fourest, se veuille un « nouvel argumentaire laïque féministe et antiraciste ». Il sort en librairie le 9 juin 2021.

Rencontre en trois questions autour de ce « Fichu voile » qui n’est somme toute que la partie émergée d’un débat qui, dans notre société, va largement au-delà. Lire la suite.

Cachez cet Islamisme

En juillet dernier, la Cour constitutionnelle rendait son arrêt concernant le droit, pour une Haute Ecole de l’enseignement supérieur, d’interdire les…

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ÉGALE s’est exprimée sur les notions d’intégration et d’inclusion

La Commission européenne organisait ce mercredi 5 mai 2021, une visioconférence sur le thème de l’immigration et de l’intégration et de l’inclusion. Mireille Raunet représentait notre association et a pris la parole pour défendre l’intégration qui rapproche les personnes au détriment de l’inclusion qui représente ce qu’on peut faire pour ne pas exclure lorsque l’intégration a échoué. Encore une fois, l’association a été amenée à montrer que les mots ont du sens et qu’on ne peut sans dégâts, modifier la dénomination des actions à entreprendre.  Lire l’intervention de Mireille Raunet.

Participez à la conférence citoyenne sur l’Europe !

La Commission européenne a lancé une Conférence citoyenne sur l’Avenir de l’Europe. Se voulant une démarche de démocratie participative, celle-ci se déroule au travers d’une plateforme en ligne : futureu.europa.eu. Lancée depuis le 19 avril, elle permet de s’informer, de débattre, de faire des propositions ou de soutenir des propositions faites par d’autres. ÉGALE vous engage à faire entendre votre voix en participant.

Vous pouvez aussi avoir plus d’informations sur l’utilisation de la plateforme citoyenne en allant voir la page d’explications du site de Toutel’Europe.

Oui aux États généraux de la laïcité

Dans l’air du temps, nombreux sont les candides en France, individus ou groupements, qui veulent accaparer la laïcité voire la détourner au profit d’un clan ou, pire encore, la détruire.

Cet ensemble de phénomènes est dangereux et doit être analysé selon deux perspectives :

Pour les uns la laïcité est référente considérée comme un trésor sur lequel on tente implicitement de faire main basse dans le but non avoué de s’en approprier l’usufruit, une conception bien infantile d’un détournement de principe !

Pour les autres, minoritaires actifs et visibles, elle est perçue comme un  repoussoir  illustrée par des évènements qui ont un retentissement médiatique national voire international. Pour  ces mouvements et personnes elle doit être abolie, détruite, piétinée pour déconstruire in fine l’esprit et la lettre de la République !

Pour mettre un peu de clarté dans des débats sociétaux de plus en plus confus sur le contenu de la laïcité dans notre pays la ministre déléguée chargée de la Citoyenneté Marlène Schiappa a lancé ce mardi 20 avril et pour trois mois les États généraux de la laïcité.

Sur le plan politique les premières réactions comme celle de l’écologiste David Belliard, adjoint EELV aux Transports de Paris sur Sud Radio sont vides de sens lorsqu’il dénonce une “une mascarade, une fumisterie, de l’enfumage”. Les États généraux de la la laïcité, poursuit-il subtilement, ressemblent “plutôt à une assemblée générale du Rassemblement national”, tout en reprochant au gouvernement d’avoir déjà tranché ce débat avec la loi séparatisme. Rappelons  pour clore ce type d’ineptie que « tout ce qui est excessif est insignifiant ».

Le plus grave n’est pas dans les propos de ce tribun d’opérette : quasi simultanément  un communiqué signé mercredi 21 avril  par de grands réseaux et des fédérations d’éducation populaire dont notamment la Ligue de l’enseignement et les PEP donnait leur position sous le titre « États généraux de la laïcité: pourquoi maintenant et pour quoi faire ? »

Formule d’attaque : un peu d’eau tiède qui engendre l’adhésion immédiate : « La laïcité doit nous rassembler. C’est l’esprit des grandes lois laïques qui garantissent à la fois l’égalité entre tous les  citoyens et nos libertés fondamentales » ; puis viennent les plats de résistances et embrouillaminis :

Prenons quelques exemples :

Le communiqué regrette que le débat public proposé par la ministre Schiappa n’ait pas eu lieu avant le dépôt du projet de loi devant le Parlement alors que ce texte confortant le respect des principes de la République est actuellement en navette parlementaire et doit être adopté définitivement par le Parlement avant l’été ?

Mais de qui se moque-t-on alors que tout le tissu associatif est sensibilisé aux enjeux laïques depuis que le projet sur le respect des principes de la République a été adopté le 9 décembre 2020 en Conseil des ministres ? … Réveille-toi o toi qui dors psalmodie un cantique !

L’accusation porte sur le manque de transparence et le manque de « volonté de rassembler ».

Pour apporter sa pierre à l’édifice il convient de l’avoir préalablement polie : si les fédérations d’associations sont en aptitude d’élaborer du jour au lendemain un communiqué après l’annonce des États généraux elles doivent être aussi diligentes, pour être positives et rassembleuses pendant les trois mois de débat ouverts avec des propositions concrètes qui s’inscriront dans les suites réglementaires du texte législatif attendu.

En effet une loi n’est qu’une étape dans l’élaboration des règles légales. Les décrets et arrêtés poursuivent la construction de la politique gouvernementale recherchée et à ce titre il est lunaire de constater qu’une partie du tissu associatif se met en retrait de la discussion ouverte solennellement par un membre du Gouvernement.

On peut imaginer que si les fédérations refusent de participer au débat public c’est par impréparation et dans ce cas ce retard serait franchement dommageable pour le bon fonctionnement de la société française. A ce sujet, il serait intéressant de connaitre dès à présent les propositions émanant de débats internes aux Fédérations d’associations qui ont certainement consulté leur base avant de signer leur communiqué national !

En tout état de cause il n’est jamais bon de s’extraire d’un débat surtout quand les activités dont on a la charge sont au cœur des préoccupations abordées.

Les grandes associations concernées n’auraient-elles pas perdu dans le refus de participer aux États généraux la vertu cardinale de l’olympisme qui se résume dans l’adage : l’essentiel est de participer ?

Pour notre part ÉGALE investie dans la réflexion et la pédagogie de la laïcité, le principe d’égalité et leurs implications en Europe, est prête à relever le défi de ces États généraux.

J’ai connu une époque pas si lointaine où la laïcité était considérée comme acquise, notamment dans la gauche associative, certitude qui a certainement contribué à la perte de repères des forces progressistes et aux conséquences douloureuses à gérer aujourd’hui.

En un mot, en ce moment, l’union autour du principe de laïcité est essentielle pour rehausser la République. Mesdames et Messieurs les institutionnels de l’associatif, ignorez les agendas politiciens pour reprendre votre place légitime autour de la table.

Bernard FERRAND, Vice-Président EGALE

 

ÉGALE engage à signer la lettre ouverte adressée au Président du Conseil européen

Il faut rappeler que lors de la rencontre à Ankara entre le président Erdogan, Charles Michels, président du Conseil européen et Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, le dirigeant turc avait prévu deux sièges au lieu des trois nécessaire pour que ses hôtes puissent s’asseoir auprès de lui. Non seulement, il manquait un siège, mais ignorant ce fait, Charles Michels a tranquillement occupé l’autre sans se préoccuper de l’humiliation infligée à Ursula von der Leyen qui restait debout et a fini par s’asseoir à l’écart dans un sofa.

Cette humiliation calculée par Erdogan, n’aurait jamais du rencontrer l’appui tacite de Charles Michels. Au travers de son silence, c’est l’UE qui a été humiliée, et toutes les femmes européennes avec elle. Cela se comprend encore mieux, quand on sait que Erdogan, farouche adversaire de l’égalité entre les hommes et les femmes vient de se désolidariser de la Convention d’Istanbul destinée à prévenir les violences faites aux femmes.

Il faut saluer la réaction de Clément Beaune, secrétaire d’État aux Affaires européennes, qui a déclaré que «l’affront» fait Ursula von der Leyen était un acte «délibéré», un «piège» et un «affront qu’on corrigera».

Nous avons invité à signer la lettre ouverte de protestation initiée par la fondation Millenia 2025. Celle-ci a obtenu 9 500 signatures en quelques jours.

Martine Cerf

Enseigner le fait religieux à l’école : une erreur politique?

Résumé

Depuis 2005, le “fait religieux” est enseigné à l’école publique. C’est une réalité pédagogique sur laquelle règne depuis lors un quasi-consensus, au sein de la société française comme dans la représentation politique. Comment s’est concrétisée l’idée d’un tel enseignement, dont l’instauration représente un événement idéologique majeur ? A-t-il atteint les objectifs politiques, sociaux et culturels qu’on lui avait assignés ? L’école, aujourd’hui tiraillée comme la société elle-même, ne doit-elle pas faire porter son effort sur la transmission des savoirs et la formation de futurs citoyens éclairés, tout en armant les enseignants pour affronter l’immixtion du religieux dans l’espace scolaire et lutter contre la confusion grandissante des esprits ? Autant de questions auxquelles le présent ouvrage veut répondre, en mettant en perspectives des faits et des textes rarement réunis, en donnant largement la parole aux différents acteurs et observateurs, en proposant une analyse contextuelle et une approche chronologique revisitées et en ouvrant de nouvelles pistes de réflexion citoyenne.

Le Bêtisier du laïco-sceptique

Vient de paraître Le Bêtisier du laïco-sceptique (éditions Minerve, 2021) textes de Renée Fregosi, Nathalie Heinich, Virginie Tournay, Jean-Pierre Sakoun, avec des dessins de Xavier Gorce. Un petit livre réjouissant, alerte, « manuel de survie en temps de polémique » qui armera intellectuellement et ré-armera moralement les militants laïques et plus largement tous ceux qui ont à cœur de perpétuer, soutenir et développer l’esprit républicain.

Synopsis par Mezetulle

En finir avec le concordat et autres dérogations coloniales

La France a fait le choix de la séparation des Eglises et de l’Etat en 1905. Ce faisant, elle a tiré un trait sur des siècles de conflits de pouvoir entre le religieux et le politique et aux massacres dont la mémoire collective conserve encore le souvenir. Mais elle n’est pas allée au bout de sa logique. En Alsace et en Moselle, les élus locaux continuent de défendre leur régime dérogatoire calqué sur le concordat au motif que la population y serait favorable. Mais voilà que cet argument s’effondre, car ladite population serait au contraire majoritairement favorable à l’abrogation du concordat et à l’arrêt du financement public des cultes reconnus !

Il suffit pour cela de lire le rapport que l’IFOP vient d’effectuer à la demande du Grand Orient de France. Alors que la plupart des élus et défenseurs du droit local se prétendaient les porte paroles des Alsaciens et Mosellans, et plaidaient avec rage pour qu’on préserve ce régime en compensation des “souffrances historiques” subies par les Alsaciens et Mosellans, l’opinion publique des trois départements les contredit clairement.

il est vrai que les parents d’élèves s’étaient déjà prononcés sur la question puisque moins de 50 % d’enfants du primaire suivaient l’enseignement religieux, très peu au collège et quasiment aucun au lycée !

Et que dire des régimes encore en vigueur en Guyane et Saint-Pierre-et-Miquelon ? Le premier date de Charles X, lorsque le catholicisme était religion d’État et le second des décrets Mendel, quand la France avait des “colonies” et des “missions”. N’en déplaise aux conservateurs, ces territoires sont des départements français et nos concitoyens méritent de bénéficier, eux aussi, de l’égalité républicaine. Ni plus ni moins.

Il serait bon que les sénateurs qui débattent de la future loi sur le respect des principes de la République s’en souviennent.

Martine Cerf

La ministre Marlène Schiappa fait des annonces sur l’observatoire de la laïcité.

Au cours des débats au Sénat, sur la loi sur le respect des principes de la République, la ministre a confirmé que l’observatoire de la laïcité disparaîtrait dans sa forme actuelle en avril.

Selon le Monde : Mme Schiappa a répondu aux parlementaires socialistes qu’il était nécessaire de « faire évoluer » cette structure après huit ans d’activité, car « la situation et les préoccupations ont évolué ». Une mission en ce sens a été confiée à un préfet, qui doit faire des propositions dans les prochains jours. Le premier ministre rendra ensuite ses arbitrages « dans les semaines qui viennent ».

Ceci confirme nos informations selon lesquelles on s’acheminerait vers un service interministériel. Il serait donc ajouté à ce service un « Haut Conseil à la laïcité », afin de nourrir le débat public, la réflexion et le conseil, ce que feu l’observatoire de la laïcité n’avait jamais fait, se contentant d’encourager la pratique d’un dialogue interconvictionnel en lieu et place de la laïcité et de rappeler les règles du droit en vigueur sans jamais faire de recommandations sur les nécessaires adaptations aux situations présentes.

M.C

Mosquée de Strasbourg, la réalité juridique

Sur le financement de la mosquée Eyyub Sultan, érigée par l’association Millî Görüş, la presse et les réseaux sociaux ont dit tout et n’importe quoi.

Il paraît nécessaire de présenter de manière synthétique l’ensemble du dossier du financement des cultes en Alsace et Moselle…Lire la suite.

La municipalité de Strasbourg finance la construction d’une mosquée par Millî Görüs

Le conseil municipal de Strasbourg, sous la houlette de la maire EELV, Jeanne Barseghian, a voté ce lundi 22 mars 2021, une subvention de plus de 2,5 millions d’euros pour financer 10% des travaux prévus pour le construction de la plus grande mosquée d’Europe.

Ce qui questionne n’est pas le financement en soi d’une mosquée. A Strasbourg où la laïcité n’a pas cours, l’État finance quatre cultes reconnus en toute légalité et les collectivités territoriales les financent tous. Le problème est que ce projet est porté par Millî Görüs, une association turque qui s’est illustrée récemment par son refus de signer la charte des principes pour l’islam de France. Cette charge proclamait la compatibilité de l’islam avec les lois de la République.

Un long communiqué consultable sur le site de Millî Görüs explique les raisons de ce refus. Sans reprendre tous les arguments, on peut citer le refus de dénoncer le prosélytisme abusif, la misogynie ou l’homophobie générée par la vision religieuse de l’homosexualité. On peut lire l’acceptation d’ingérences étrangères dans la gestion des mosquées et des imams (en l’occurrence, la Turquie), ou encore le refus de dénoncer la pratique d’une “médecine prophétique” mettant en danger la vie des fidèles…

C’est donc cette association communautariste qui œuvre dans le cadre d’un islam politique que la municipalité EELV a décidé de financer. On connaît les désirs d’influence d’Erdogan sur les musulmans européens et maghrébins et ses velléités de restaurer un califat dont il assurerait la direction. C’est cette politique authentiquement séparatiste que la municipalité soutient, plutôt qu’une politique de rapprochement des citoyens, toutes croyances et convictions confondues.

Nous regrettons que les élus EELV persévèrent dans le déni de la réalité et que les élus PS se soient contentés de ne pas participer au vote, préférant l’évitement à l’expression d’une opinion affirmée de refus. Car c’est bien dans ces circonstances que l’islam politique doit voir se dresser contre lui un barrage républicain.

Martine Cerf

Voir les précisions juridiques de Michel Seelig.

« Vivre avec nos morts »

La rabbin Delphine Horvilleur raconte la vie autrement pour que la mort n’ait pas “le dernier mot”

La nature fondamentale du sujet oblige à l’ambition d’en écrire un essai tout aussi  fondamental ; notre attente est immense ; notre plainte est multiple et notre imploration capricieuse adressée à la rabbine qui doit nous dévoiler le secret biblique de la mort.

Présentation 

France Culture “LA GRANDE TABLE IDÉES” Interview

La loi de 1905 enfin appliquée en Guyane ?

En novembre 2020, les Sénateurs Pierre Ouzoulias, Éliane Assassi et plusieurs autres avaient déposé une proposition de loi demandant l’application de la loi de séparation du 9 décembre 1905 au département de la Guyane. Soulignant à juste titre que la statut actuel (qui impose au département la charge du seul culte catholique) résultait plus d’une négligence du législateur que d’une volonté réelle, les parlementaires ont procédé à une analyse minutieuse et documentée des raisons de la situation actuelle. Nous vous invitons à lire cette analyse dans les motifs de cette proposition de loi.

Nous espérons que des amendements seront déposés dans ce sens, au cours de la discussion sur la loi sur les séparatismes qui doit être mise en discussion vers la fin mars 2021 au Sénat. C’est en tout cas ce qu’ÉGALE a préconisé, au cours de son audition par la Commission des Lois du Sénat.

« Le harcèlement des enseignants en Belgique : Nadia Geerts dans la tourmente

« Attaquée pour avoir exprimé sa solidarité après le drame de l’assassinat de Samuel Paty, Nadia Geerts se sent “trahie et abandonnée” par son école. » […]
« Elle confie à L’echo.be, ne plus vouloir retourner enseigner. En tout cas pas dans son école, et encore moins à Bruxelles. »
Source: https://www.lecho.be/economie-politique/belgique/general/nadia-geerts-dire-je-suis-samuel-paty-n-est-pas-une-opinion-personnelle-c-est-une-valeur/10284393.html

En savoir plus

Nadia GEERTS Militante laïque, féministe et antiraciste, agrégée et maître-assistante en philosophie.
Lauréate en 2019 du Prix de la laïcité décerné par le Comité Laïcité République (Mention internationale).

Il existe encore des hussards noirs de la RÉpublique

En ce mois de février 2021 dans un contexte sociétal tendu symbolisé par le malaise des banlieues, comme à Trappes, un événement peu médiatique doit être relevé : le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer a confié à un inspecteur général honoraire de son ministère, Jean-Pierre Obin, une mission destinée à harmoniser et améliorer la formation des enseignants et chefs d’établissements en un temps très bref puisque les conclusions doivent être rendues en avril prochain. A première vue, une personne non avertie pourrait négliger la portée de cette décision. Que nenni ! Lire la suite

 

EGALE a été auditionnée par la commission des lois du Sénat

Dans le cadre des travaux préliminaires à la discussion au Sénat du projet de loi visant à conforter les principes de la République (dite loi sur les séparatismes), la commission des lois du Sénat procède aux auditions des experts et organisations compétentes afin de recueillir leurs recommandations.

Françoise Laborde, présidente et Martine Cerf, secrétaire générale, représentaient l’association. Les sénatrices Jacqueline Eustache-Brinio et Dominique Verien dirigeaient les débats et la sénatrice Valérie Boyer y assistait en visioconférence.

Dans le même temps, le texte d’origine a déjà modifié par la Commission ad hoc de l’Assemblée nationale et continue de l’être au fur et à mesure des discussions en cours dans l’hémicycle.

C’est donc sur l’état du texte au 11 février que nous nous sommes prononcées. ÉGALE a formulé plusieurs recommandations qui devraient pour la plupart faire l’objet d’amendements au projet de loi. Lire nos recommandations.

EGALE a participé à la réunion de concertation du 5 février 2021 organisée par la Commission européenne

A l’invitation du vice président de la Commission européenne, Margaritis Schinas, ÉGALE et d’autres associations non confessionnelles européennes ont été invitées à partager leurs réflexions sur la crise de la Covid 9, ce qui caractérise le mode de vie européen et le nouveau pacte sur les migrations. Martine Cerf a représenté l’association et a fait part d’une communication élaborée par le groupe Europe.

La réunion a eu lieu en visioconférence dans un climat de grande cordialité. Nous regrettons cependant qu’elle n’ait eu lieu qu’en anglais, sans traduction simultanée. Il est évident que dans ces conditions, les échanges et la perception de ce que chacun dit est plus limité.

M.C

« Le Prophète et la pandémie » : histoire du « jihadisme d’atmosphère » par Gilles Kepel

Dans son dernier livre, le politologue décrit la quatrième génération du djihad.

L’an 2020 marqué par la Covid-19 et l’effondrement du marché pétrolier, est celui de tous les bouleversements depuis le Moyen-Orient jusqu’aux banlieues de l’Europe. Le conflit israélo-palestinien se fragmente avec, d’un côté, “l’entente d’Abraham”, qui va de Washington à Abou Dhabi et Khartoum en passant par Jérusalem, agrège le Caire et Riyad, et lorgne sur Bagdad ; de l’autre “l’axe fréro-chiite” qui rassemble Hamas, Qatar, Turquie et Iran, avec le soutien ponctuel de Moscou.
Dans ces convulsions sismiques, Beyrouth explose, réfugiés et clandestins affluent en Europe, et le président turc Erdogan tente de refaire d’Istanbul le centre de l’islam mondial. Enfin, le terrorisme frappe à nouveau, en France et en Autriche, au nom d’un jihadisme sans organisation. Il s’appuie sur une atmosphère créée par des entrepreneurs de colère mobilisant foules et réseaux sociaux du monde musulman face à l’Occident -alors que Joe Biden doit restaurer la confiance des alliés de l’Amérique.
Poursuivant la réflexion engagée dans Sortir du Chaos, succès français et international, Gilles Kepel propose, cartes et chronologie à l’appui, la mise en perspective indispensable de l’actualité pour comprendre les grandes transformations de demain.

« La Fédération Française de Rugby récompense une joueuse qui bafoue les lois du sport ! »

Suite à son interview par Bein Sport, une ancienne internationale du XV de France Féminin en fin de carrière, avait « exprimé son ressenti, à savoir que son choix de porter le voile aurait provoqué l’arrêt de sa carrière »

Notre propos,  COLLECTIF LAÏQUE NATIONAL, est de revenir sur la façon dont la FFR a traité la question, […] “*Règle 50-2 de la Charte Olympique” : « aucune sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale n’est autorisée dans un lieu, site ou emplacement olympique ».

Lire le communiqué du Collectif Laïque National.

Lire la charte olympique ( Page 93 -94)

Un professeur de philosophie escorté pour enseigner. “Cessez de garder le silence!”

Face aux menaces, le professeur de philosophie Didier Lemaire sous protection policière à Trappes.

Fervent défenseur de la laïcité, ce professeur de philosophie avait publié le 1er novembre une lettre en soutien à son collègue Samuel Paty. Rapidement jugé islamophobe par certains élèves et parents, il vit désormais sous protection policière.

Didier Lemaire: ” Il est temps que le corps enseignant se lève et qu’il cesse de garder le silence.”
“1 enseignant sur 2 s’autocensure en classe.” “Beaucoup de silence, beaucoup de non dit”

 

 

 

Le Gouvernement remet en cause deux points essentiels du projet de loi “séparatismes” :..

Pour conforter le respect des principes de la République, la loi doit éviter d’accroître les avantages financiers des cultes, et lutter contre le séparatisme local.

“En autorisant (à l’alinéa 5 de l’art. 28 du projet de loi) les associations cultuelles à conserver et gérer les immeubles reçus par dons et legs, il leur permet de se livrer à des activités commerciales et immobilières, alors que la loi de 1905 limite strictement leur objet à l’exercice du culte. C’est la rupture de l’équilibre posé par l’art. 19 de ce texte fondateur de la laïcité…”

“Par un amendement à son propre art. 31, le Gouvernement a renoncé à placer les « associations inscrites » (cultuelles) d’Alsace et de Moselle sous le statut de la loi de 1905 modifiée – contrairement au texte initial du projet de loi…”

Le COLLECTIF LAÏQUE NATIONAL demande que l’on s’en tienne à l’objectif annoncé, conforter le respect des principes de la République.

LIRE le communiqué

Laïcité, Égalité entre les femmes et les hommes, un nécessaire contrat d’engagement républicain

Communiqué du Collectif laïque national sur le contrat d’engagement républicain
(Art. 6 du projet de loi confortant le respect des principes de la République)

Le Collectif laïque national estime que, contrairement à certaines affirmations hâtives, le principe d’un contrat d’engagement républicain prévu à l’art. 6 du projet de loi n’est pas contraire à la liberté associative. Il n’est pas anormal que les associations loi de 1901 qui sollicitent des financements publics s’engagent […] Le Collectif soutient la nécessité, exprimée par cet article 6, […] il demande en outre que la laïcité et l’égalité entre les femmes et les hommes figurent aussi parmi les principes définissant cet engagement…
Lire le communiqué

La laïcité, une exception menacée

de Jean-François Chalot

Pour mieux comprendre

La laïcité fait couler beaucoup d’encre… Encensée par les uns, vilipendée par les autres, elle ne laisse pas indifférent. Ce principe républicain ne doit pas être confondu avec le « sécularisme » de nombreux autres pays occidentaux qui, bien qu’ayant officiellement séparé les Églises de l’État, tolèrent les religions en privilégiant celles du plus grand nombre et en oubliant les agnostiques et les athées.
La laïcité française est une exception, en ce sens qu’elle est la seule à vraiment séparer la sphère publique de la sphère privée et à ne privilégier aucun culte. En France, on est libre de croire ou de ne pas croire, de pratiquer – ou pas – la religion de son choix. Mais les pouvoirs publics s’interdisent tout prosélytisme et chaque citoyen n’existe qu’en tant que tel, indépendamment de ses choix spirituels. La laïcité permet à chacun d’être l’égal de son voisin et à tous les Français de faire nation qu’ils soient chrétiens, juifs, musulmans… ou athées.
On trouvera dans le dernier livre initié par l’infatigable J.F. Chalot des regards croisés sur ce principe à vocation universelle mais qui ne régit que bien peu de pays dans le monde. Au-delà d’indispensables rappels historiques on trouvera également des témoignages et des réflexions sur sa mise en œuvre que tout le monde ne conçoit pas toujours exactement de la même manière.
Une lecture roborative.

CONTRE LES SÉPARATISMES, Une politique à géométrie variable ?

Le projet de loi confortant le respect des principes de la République, autrement dit loi contre les séparatismes, est actuellement en débat à l’Assemblée nationale.

L’actualité nous conduit à poser la question : quels séparatismes ?

En effet, les propositions d’amendements visant à étendre la législation nationale aux territoires disposant de régimes religieux dérogatoires ont été repoussées : ainsi, la fin de l’obligation d’un enseignement religieux à l’École en Moselle et en Alsace. L’argument pourtant très fort du fait, qu’à l’École publique, on SÉPARE les enfants selon les convictions des familles, n’a pas été entendu…

Ainsi, les dispositions du projet ne visent en fait qu’à mieux encadrer certains cultes, principalement musulmans ou évangéliques.

Le projet de loi lutte contre certaines formes de séparatisme… religieux, mais en oublie d’autres.

Au même moment, le Premier ministre Jean Castex, dans une posture girondine, en déplacement à Colmar, flatte les tendances séparatistes régionales ! Il affirme n’avoir « jamais été convaincu » par la création d’« immenses régions », qui ne répondent pas « aux besoins grandissants » de proximité, et ajoute « Le désir de retrouver une Alsace reconnue ne constitue ni une lubie folklorique ni une menace à l’unité républicaine. C’est une volonté légitime. » Il est vrai que le gouvernement a ensuite déclaré ne pas vouloir ouvrir un nouveau « meccano » des régions.

Il reste que le président de la toute récente Collectivité Européenne d’Alsace, Frédéric Bierry, en a profité pour immédiatement réclamer la sortie de l’Alsace du « Grand-Est ». Et d’insister sur l’identité particulière de la région, une identité qui s’affirmerait notamment par le Concordat et les autres aspects religieux du « Droit local ». On notera que les responsables alsaciens ne tiennent compte de la Moselle seulement quand des responsables de ce département peuvent soutenir leur position sur ce point ! À l’évidence, le concept « Alsace-Moselle » n’a aucune réalité, sauf dans les discours !

ÉGALE rappelle que la Constitution de notre République la qualifie d’indivisible, laïque, démocratique et sociale. Il conviendrait de lutter contre tous les séparatismes qui la menacent tout en renforçant son caractère laïque !

Michel Seelig

 

Charte de principes pour l’Islam de France

Le Conseil Français du culte musulman (CFCM), organisme chargé de représenter l’islam en France auprès des pouvoirs publics a adopté une charte de principes pour l’Islam de France, déclinaison d’engagements en faveur de la République .

[…] ” Elle a vocation à encadrer l’éthique et les règles déontologiques qui devront structurer le fonctionnement  du conseil national des imams”

EGALE salue la signature de cet engagement qui clarifie la position du culte musulman, vis-à-vis de la loi commune et vis-à-vis de l’islam politique.

Il faut cependant noter le refus de signer de trois fédérations dont deux sont proches de la Turquie : le  Comité de coordination des musulmans turcs de France (CCMTF) et de Milli Görüs.

Cette charte précède la création d’un Conseil national des imams (CNI), qui sera chargé de « labelliser » les imams exerçant en France. On voit mal comment les fédérations concernées maintiendraient leur refus de signer cette charte, dès lors que les imams qui les représentent ne pourraient obtenir le label obligatoire pour professer en France.

 

 

LIRE LA CHARTE

Janvier 2015 – Le procès

Auteur : François Boucq, Yannick Haenel / Collection :

Du 2 septembre au 10 novembre a lieu le procès de la tuerie insensée à Charlie Hebdo, du meurtre haineux de policiers boulevard Richard-Lenoir et à Montrouge et de l’attentat antisémite à l’Hyper Casher de Vincennes.

Pour suivre les débats, l’écrivain et chroniqueur à Charlie, Yannick Haenel et le dessinateur François Boucq sont les oreilles et les yeux de Charlie.
Nommer l’innommable, comprendre un cauchemar, c’est la mission quasi impossible qu’ont accepté de relever Yannick et François, transformés pour de longues semaines en chroniqueurs judiciaires d’un genre très spécial.
A l´issue du procès, un recueil spécial de 216 pages rassemble leurs chroniques en textes et en dessins.
Un hors-série exceptionnel de Charlie Hebdo paru le 21 janvier 2021.
Ne manquez pas cet ouvrage historique!

Cet ouvrage regroupe les chroniques de Yannick Haenel et François Boucq, publiées chaque jour sur le site et dans les pages de Charlie Hebdo, ainsi que des textes et de nombreux dessins inédits.

Ils ont pensé la laïcité.

Voltaire, le précurseur.
Victor Hugo, l’imprécateur.
Georges Clemenceau, le lutteur.
Aristide Briand, le conciliateur.
Jean Jaurès, le fondateur.
Mustafa Kemal Atatürk, le réformateur.

Ce podcast de « France Culture » dresse le portrait de six figures clés dans l’histoire de la pensée et dans l’exportation du concept de laïcité à la française.

Orléans : l’observatoire de la laïcité rappelle que les élus ne doivent pas communier dans l’exercice de leurs fonctions

L’observatoire de la laïcité avait été saisi par le PS orléanais à propos d’une autorisation votée au conseil municipal de 2020 permettant aux élus ceints de leurs écharpe de communier lors de la messe célébrant les fêtes de Jeanne d’Arc dans la cathédrale d’Orléans. Cette autorisation avait été contestée par les conseillers municipaux de gauche et d’en Marche.

L’observatoire rappelle que “si des élus de la République sont dans l’exécution d’une mission de service public et représentent l’administration publique, ils se doivent alors de respecter le principe de neutralité. Dès lors, s’ils participent précisément à ce titre à des cérémonies religieuses, ils ne peuvent témoigner, par leur comportement, d’une adhésion manifeste à un culte quel qu’il soit. Cette règle ne s’oppose pas à l’observation des marques de respect communément admises (par exemple, porter un couvre-chef dans une synagogue, ôter ses chaussures dans une mosquée, etc.) […] “soit les élus assistent à une cérémonie religieuse en dehors de leurs fonctions et sans aucunement exercer une mission de service public ni représenter l’administration publique, auquel cas ils ne sont pas soumis au principe de neutralité; soit les élus assistent à une cérémonie religieuse dans l’exercice de leur mission de service public et de représentation de l’administration publique, auquel cas ils sont soumis au principe de neutralité”.
Enfin, et très explicitement, l’Observatoire de la laïcité a rejeté l’argument de la municipalité arguant qu’il s’agissait d’une exception liée à un “caractère national, historique et exceptionnel”.

Espérons que le Préfet du Loiret saura désormais exercer son contrôle de légalité sur ce genre de délibération, ce qu’il aurait dû faire de son propre chef dès le mois de décembre 2020.

les complices de l’atteinte à la liberté académique et du lynchage médiatique d’une collègue.

“Le collectif Vigilance universités dénonce les complices de l’atteinte à la liberté académique et du lynchage médiatique d’une collègue.

[…] Une collègue à soutenir

“Cette nouvelle affaire montre l’emprise croissante de l’islamisme politique à l’Université comme dans l’enseignement secondaire, mais aussi le rôle délétère de certains médias qui n’hésitent pas à relayer les accusations infondées de racisme antimusulman en ruinant injustement la réputation des individus attaqués et en mettant leur vie en danger. Nous demandons au procureur de la République d’engager les poursuites qui s’imposent envers ceux qui mettent en danger la vie d’autrui en diffusant des discours et des informations qui transforment certaines personnes en cibles pour le terrorisme islamiste.”

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“Une professeure agrégée en droit privé à l’université d’Aix-Marseille rappelle pendant un cours que pour l’Islam, « si on naît d’un père musulman, on est musulman à vie. » Notons que ce simple constat de type juridique n’implique de sa part aucun jugement sur le comportement des musulmans. Ce que prouve d’ailleurs l’exemple qu’elle donne dans son cours portant sur les conflits de lois – cas traité par la Cour européenne des droits de l’homme – d’un musulman grec qui dans son testament refuse de suivre la loi islamique qui peut être appliquée dans son pays aux citoyens de sa religion. Elle poursuit en disant qu’il s’agit d’une « sorte de religion sexuellement transmissible […]. On dirait du judaïsme, c’est pareil, c’est par la mère. Une sorte de MST [maladie sexuellement transmissible] de RST, de religion sexuellement transmissible. » Il y a de grandes chances qu’une telle analogie, il y a une trentaine d’années, aurait suscité d’immenses fous rires se propageant parmi les étudiants, la percevant comme un bon mot à la manière de Charlie Hebdo. Elle leur aurait rappelé sans doute aussi une autre analogie médicale que Lénine avait utilisée en considérant le gauchisme comme une maladie infantile du communisme. Aujourd’hui une telle analogie expose l’enseignante-chercheuse à être assassinée comme l’a été Samuel Paty…..”

En savoir plus>> suite >> L’affaire de l’université d’Aix-Marseille ressemble en effet […] à celle du collège de Conflans-Sainte-Honorine.

 Le collectif Vigilance universités dénonce les complices de l’atteinte à la liberté académique et du lynchage médiatique d’une collègue de l’université d’Aix-Marseille (Marianne, 30 décembre 2020). Tribune citée par La Provence, édition d’Aix-en-Provence, du samedi 2 janvier 2021.

 

Le Collectif laïque national a sorti son rapport 2020

Le Collectif laïque national a sorti son rapport 2020. il sera disponible au prix de 8 euros.  Pour se le procurer, vous pouvez le commander à infoegale@gmail.com en précisant l’adresse à laquelle il doit être expédié . Les frais de port sont offerts.

Un deuxième arbre de la laïcité à Rodez

Vendredi 18 décembre 2020, les élèves de l’école de Ramadier ont planté un arbre de la laïcité dans leur cour de récréation, en présence de Sarah Vidal, 1er adjointe au maire.

Mila exfiltrée une seconde fois de son lycée !

Mila, qui avait déjà dû quitter le lycée Léonard-de-Vinci de Villefontaine, a reçu de nouvelles menaces par les réseaux sociaux et aussitôt on assiste au même scénario : c’est la victime de harcèlement qui est renvoyée tandis que les coupables continuent tranquillement et impunément de la menacer de mort ou d’autres sévices parce qu’elle s’est permis de tenir des propos critiquant leur croyance. Ceci résonne douloureusement après l’assassinat de Samuel Paty.

Le nouveau projet de loi confortant le respect des principes républicains présenté au conseil des ministres ce 9 décembre pourra-t-il modifier quelque chose à cet état de fait révoltant ? Que peut une loi aussi travaillée soit-elle, contre la volonté de ne pas l’appliquer, contre la peur de mécontenter les délinquants avérés ? Que vaut un État de droit où la justice ne sanctionne pas les coupables de délits et ne protège pas leurs victimes ? Que vaudrait une démocratie où l’action des parlementaires se résumerait à discuter à l’infini du contenu des articles d’une loi sans jamais vérifier ou exiger leur application réelle ?

Le père de Mila a écrit aux dirigeants du lycée de sa fille, une “lettre aux lâches” exemplaire qu’il faut lire, dans laquelle il fustige leur lâcheté.

Avec lui nous disons que nous avons besoin de courage politique, mais aussi de courage au quotidien de la part de tous, pour faire reculer l’hydre de l’obscurantisme qui menace les libertés. Céder à ceux qui profèrent des menaces et parfois les mettent à exécution ne les fera pas disparaître et ne les empêchera pas de continuer d’avancer dans leur projet d’imposer leurs règles au détriment des lois républicaines. Tout au contraire, plus nous attendons, plus nous les laissons avancer, et plus il sera difficile de les empêcher de nuire.

Il est temps que le procureur de la République lance des poursuites contre ceux qui adressent des menaces abjectes à Mila, et fasse appliquer les sanctions prévues par la loi, de façon qu’elle puisse si ce n’est reprendre une scolarité normale en toute sécurité, au moins vivre normalement. Au moment où le gouvernement dit vouloir lutter contre la déscolarisation d’un grand nombre d’élèves, n’acceptons pas en baissant la tête que Mila n’ait d’autre solution que de rester chez elle !

Martine Cerf

 

Collisions ce 9 décembre 2020

Ce jour-là ne passera pas inaperçu : trois événements se bousculeront dans notre pays, et j’affirme benoitement, qu’il s’agira d’un carambolage volontaire !

En effet, la France tout entière, espérons-le, se souviendra et célébrera ici ou là le cent quinzième anniversaire d’une loi qui la place, sur le plan législatif, au rang des nations les plus avancées en matière de laïcité.

Ce mercredi-là sera aussi jour de deuil national suite au décès de VGE par la volonté du Président Macron qui demande aux Français qui le souhaitent  d’« écrire quelques mots d’hommage dans nos mairies et, à Paris, au musée d’Orsay, ce haut lieu de culture que nous lui devons.” Lire la suite

ANNE SYLVESTRE, LE COUPLET FÉMINISTE

Jusqu’au bout, l’autrice-compositrice-interprète, morte ce mardi à 86 ans, défendait dans ses textes la cause des femmes dans un monde d’hommes.

Son répertoire est riche de chansons engagées comme “Non, tu n’as pas de nom” (1973) au sujet de l’avortement, deux ans avant la loi Veil. Anne Sylvestre revendique l’appellation de chanteuse “féministe” : “Je suppose que ça m’a freinée dans ma carrière parce que j’étais l’emmerdeuse de service, mais ma foi, si c’était le prix à payer...” En 2007, elle défend la cause du mariage homosexuel dans “Gay, marions-nous !”.

Ecouter : Une sorcière comme les autres

Lire l’article du journal Libération

L’islam de France : laïcité, représentation, politisation et contestation

L’Observatoire des religions et de la laïcité présente cette étude rédigée par Haoues Seniguer, maître de conférences en science politique, chercheur au laboratoire Triangle (UMR, 5206, Lyon) et directeur adjoint de l’Institut d’Études de l’Islam et des Sociétés du Monde musulman (UMS 2000, EHESS, CNRS, Paris)

L’islam reste en France — et plus que jamais — un objet religieux et social difficilement « lisible ». Quant aux Français musulmans, ils sont travaillés par des forces contradictoires, à la fois centrifuges et centripètes, et globalement dominés par un tropisme conservateur — sans exagérer outre mesure la menace que ferait peser la visibilité religieuse de l’idéologie islamiste sur les autres courants religieux de l’islam, dans l’espace public ou les institutions sociales. Le fait islamique pose néanmoins un défi singulier à la laïcité française, affectant sa tension constitutive entre « acception libérale » et « acception combative ». C’est la raison pour laquelle il importe de traiter la question de l’islam de France sous le double point de vue de la philosophie morale et de la sociologie politique, en vue de comprendre les dessous de la polarisation des positions qu’il provoque. Aussi, le but de la présente étude est de tenter, à partir de la problématique générale de la laïcité, de jeter un nouvel éclairage sur la situation de l’islam de France, en identifiant et en distinguant pour ce faire ses principaux déterminants et les difficultés de son traitement par le politique.

Lecture de l’étudeLIslam_en-France_Haoues_Seniguer

RECONSTRUIRE LA RÉPUBLIQUE LAÏQUE

Communiqué du Collectif laïque national, signé par ÉGALE :

“Après l’assassinat de Samuel Paty, enseignant de l’école de la République, le 16 octobre 2020, la tuerie du 29 octobre à Notre-Dame de Nice, vient nous rappeler les enjeux auxquels notre pays se trouve de nouveau confronté. Lire la suite

Création du collectif « Vigilance Collège Lycée »

Des enseignants de collège et de lycée se sont constitués en réseau pour lutter contre les atteintes à la laïcité et à la liberté pédagogique dans les établissements du secondaire. Nous encourageons les enseignants à rejoindre ce collectif afin de sortir de l’isolement et mener à bien leur lourde tâche  de transmission. Voir la présentation de ce collectif ci-dessous ou sur le site de vigilance universités

« Vigilance Collèges Lycées est un réseau d’enseignants du secondaire qui lutte contre les atteintes à la laïcité et à la liberté pédagogique dans les établissements du secondaire.

Notre réseau s’est formé à la suite de l’assassinat de Samuel Paty, tué le 16 octobre 2020 par un terroriste islamiste pour avoir exercé son métier d’enseignant. Il rassemble des enseignants du secondaire qui s’inquiètent des pressions communautaristes qui pèsent sur leurs élèves et des menaces sur la libre circulation des savoirs en milieu scolaire. Nous n’accepterons pas qu’un climat de peur s’installe dans les salles de classe. Nous ne nous habituerons jamais à ce qu’un enseignant soit tué pour ce qu’il a appris à ses élèves.

Les objectifs du réseau Vigilance Collèges Lycées sont les suivants :

  • défendre et promouvoir la laïcité dans les établissements scolaires, principe d’émancipation des individus des croyances et de toute autorité entravant leur liberté de pensée et la libre disposition de leur corps.
  • Résister aux pressions multiples et parfois coordonnées exercées par l’islamisme et toutes les autres formes de communautarismes, et à la violence qu’elles véhiculent et lutter contre l’antisémitisme, le racisme, mais aussi contre les atteintes à l’égalité des femmes et des hommes et les discriminations en raison des orientations sexuelles.
  • Veiller à ce que nul ne se sente discriminé ou menacé à l’école, en raison de ses origines, de ses opinions, de son appartenance ou de sa non-appartenance religieuse, de son sexe ou de son orientation sexuelle.
  • Alerter sur les pressions que peuvent subir enseignants, personnels éducatifs ou élèves de la part de groupes d’intérêt communautaristes – qu’ils soient religieux ou non – et exiger un soutien hiérarchique et institutionnel plein et entier.
  • Accompagner et informer les collègues confrontés à ces difficultés.
  • Constituer une cellule de veille pour analyser et nourrir la réflexion sur les moyens de rendre l’école moins perméable au racisme, à l’antisémitisme, à l’indigénisme et aux communautarismes religieux.
  • organiser des échanges entre les membres de notre réseau et favoriser la création de comités locaux pour faire vivre nos valeurs sur l’ensemble du territoire national.

Nous invitons donc tous les collègues ou toute personne engagée qui se reconnaîtrait dans ces valeurs et ce combat à se joindre à nous : à l’instar du réseau Vigilance Universités, duquel nous nous réclamons, nous espérons en effet agréger à notre démarche de plus en plus de citoyens afin d’organiser au mieux la riposte.

Pour nous écrire : vigilance_college_lycee-request@groupes.renater.fr

POUR MILA !

Le collectif contre le terrorisme (CCT) a publié un communiqué de soutien à Mila qu’ÉGALE a signé.

Le JSD, Journal de St Denis (93) censure les propos laïques de son directeur de la rédaction

Nous avons plus d’un fois ici repris les atteintes à la laïcité portés par l’ancienne équipe municipale de Saint-Denis. Aujourd’hui, c’est la presse locale qui montre sa proximité de pensée avec les mouvements islamistes. Le JSD est-il encore réellement un journal d’information ? Il semble qu’il y ait pour l’instant renoncé, ce qui a provoqué le départ de Yann Lalande, son directeur de la rédaction.

Lire les faits. Voir l’édito censuré et le communiqué de l’Observatoire de la laïcité de Saint Denis

 

 

Le Conseil municipal de Grenoble ne veut pas de charte de la laïcité pour les associations qu’elle subventionne.

Depuis de nombreuses années, la ville verse une subvention au CCIF, aujourd’hui menacé de dissolution par le ministre de l’Intérieur, pour agissements islamistes. Si le débat sur l’opportunité de demander aux associations de s’engager sur le respect de la laïcité pour obtenir lesdites subventions  et de signer une Charte de la laïcité, rien n’a été voté. Pourtant, c’est cette même ville de Grenoble qui a connu l’offensive islamiste consistant à vouloir imposer le port du burkini dans les piscines municipales, au mépris du règlement sanitaire en vigueur.

Le Printemps républicain propose un audit des associations subventionnées.
A la suite de ce refus, le Printemps républicain recommande un audit des associations subventionnées par la municipalité.
D’autant que certaines, sous le statut de 1901, ont aussi des activités cultuelles.
Grenoble est face à la question : comment, d’un point de vue juridique, une ou des associations 1901 à visée religieuse, pourraient-elles rembourser leurs subventions accordées dès lors que la municipalité, a étudié en commission sa demande, puis voté à la majorité et alloué la subvention dans le budget de la commune ? …

Faire la distinction entre activités cultuelles et activités culturelles, là est toute la difficulté.
Dans le prochain projet de loi « visant à renforcer la laïcité et conforter les principes républicains » en cours d’étude au Conseil d’État, ceci pourrait être mis au clair par l’obligation pour les associations cultuelles, d’adopter le statut de 1905.
Le principe de séparation des Églises et de l’État et de la liberté de conscience ne devrait évidemment pas être remis en question. C’est le régime des cultes qui risquerait d’être remanié. L’objectif serait de mieux organiser et encadrer leur financement.

Mais à ce jour, rien n’a encore été acté.

– En savoir plus: L’article paru sur Place Gre Net

Le sens de la laïcité en France en 2020 par Dominique Schnapper

Le site Telos publie un article de Dominique Schnapper dont nous vous recommandons la lecture :

“Dans notre tradition démocratique la « laïcité », forme française de la séparation du politique et du religieux, est une dimension essentielle de la démocratie. C’est notre héritage et, comme tout héritage politique, il doit être compris et transmis dans son principe, quitte à être réinterprété dans ses modalités en fonction d’une société qui s’est transformée. Mais il ne saurait être détaché de sa signification politique. Le problème est donc: comment et jusqu’à quel point la tradition laïque peut-elle et doit-elle être adaptée aux conditions nouvelles?” Lire la suite

Une centaine de personnes pour Samuel Paty et la liberté à Saint-Philibert (Morbihan)

Lancé par le collectif de citoyens de Saint-Philibert, soutenu par la municipalité et l’association EGALE, l’hommage à Samuel Paty pour la défense de la liberté, a rassemblé une centaine de personnes ce mercredi 21 octobre à 11 h 30, devant la mairie. Le maire François Le Cotillec a rappelé que « L’unité est la seule réponse à cet acte » et « Qu’il faut être solidaire avec l’école car c’est la République ». Le collectif a salué le courage des enseignants au quotidien : « L’école est le pivot du projet d’émancipation, de liberté et de laïcité. Si nous restons unis et vigilants, nous vaincrons l’obscurantisme »

Les silencieux – Ne nous trompons pas, les salafistes menacent la République

Inutile d’éluder : ouvrons les yeux, la menace salafiste existe. La France vit une grande illusion. Nous croyons être toujours le pays où l’on débat, où l’on échange des arguments, alors même que nous sombrons chaque jour un peu plus dans un climat intellectuel de guerre civile. Ce constat vaut en particulier pour le débat actuel sur la place de l’Islam dans la société française et sur l’ampleur du péril islamiste.

Allons droit au but : l’Islam ne constitue pas une question en soi dans la France de 2020. L’adversaire de la République s’appelle le salafisme. La source du problème ne réside pas dans le Coran mais dans ceux qui le transforment en arme pour affaiblir la démocratie libérale. Dans ce camp, on trouve bien évidemment les jihadistes, mais aussi les salafistes et l’ensemble des acteurs contestataires davantage animés par une fureur décolonialiste que par une authentique ferveur spirituelle.
Le centre de gravité de cette galaxie dangereuse est le salafisme. Leur stratégie, et les tactiques afférentes, font des salafistes dits ” quiétistes ” et ” politiques ” des Silencieux, ces petits cylindres également qualifiés de modérateurs de son, que l’on visse sur le canon d’une arme pour gagner en discrétion. Ils nous endormissent, démonétisent l’idée que c’est bien une nouvelle forme de totalitarisme qui tente de s’épanouir en France.
Au mieux on déplore, puis on passe rapidement à autre chose… En attendant, les Silencieux franchissent les uns après les autres les remparts censés défendre la démocratie, les libertés individuelles et l’héritage républicain.

Nous soutenons les Polonaises qui réclament le droit à l’IVG.

Les Polonaises multiplient les manifestations depuis que le Tribunal constitutionnel, aux ordres du PiS, parti majoritaire au pouvoir, a interdit le recours à l’IVG, même en cas de malformation du foetus. Des manifestations ont eu lieu jusque dans les églises. 430 000 personnes selon la police, manifestaient mercredi dernier. Des dizaines de milliers de personnes se retrouvaient dans les rues de Varsovie vendredi.

Le président Andrzej Duda, réputé plus modéré, semble décidé à assouplir le projet de loi en réintroduisant l’exception à l’nterdiction dans le cas où le foetus serait non viable, mais il n’est pas certain que les manifestants se contenteront de ce piteux compromis.

Nous soutenons leur combat, car dans ce pays, c’est aussi celui de la démocratie.

Nos commentaires et recommandations envoyées au ministère de l’Intérieur

Le Président de la République a annoncé un projet de loi “visant à renforcer la laïcité et conforter et les principes républicains”. ÉGALE publie ici ses commentaires sur ce qui a été dit et ses 25 recommandations pour le futur projet de loi. Nous avons pu exposer nos principales recommandations à la Secrétaire d’État Marlène Schiappa et à ses conseillers, au cours d’une visioconférence organisée le 19 novembre. Nous vous invitons à en prendre connaissance. Lire

Qu’est ce que la laïcité ?

La France laïque est mise au ban des pays laïcs. Par quel paradoxe ?

Nouvelle écoute de l’émission diffusée le 23 février 2019.

ECOUTER (51 min)

Toutes les sociétés occidentales sont sécularisées c’est-à-dire émancipées de la contrainte religieuse et passées de l’hétéronomie : la loi vient d’en haut,  au régime de l’autonomie la loi est produite par les hommes .Comme a écrit Ferdinand Buisson dans son dictionnaire de pédagogie : “l’Etat laïc, c’est-à-dire la délimitation profonde entre le temporel et le spirituel est entré dans nos mœurs de manière à n’en plus sortir ; et cela vaut pour toutes les démocraties.”. Mais ce que Ferdinand Buisson ne pouvait pas prévoir c’est que la forme française de la sécularisation allait provoquer des crispations et même un tollé dans les pays aussi émancipés de toute contrainte théologique que le nôtre.

L’interdiction du port de signes religieux ostentatoires a fait scandale aussi bien aux Etats-Unis que dans les autres pays européens. “Comment se fait-il que la France, patrie des Droits de l’homme et berceau de la démocratie, pratique cette forme indigne de discrimination ?” s’est exclamé un journaliste de Gazetta, journal issu de la dissidence en Pologne. Ken Livingstone, alors maire de Londres a dit qu’il s’agissait-là du texte législatif le plus réactionnaire qu’un Parlement ait eu à voter en Europe depuis la seconde guerre mondiale. Le New York Times mène depuis lors campagne contre la dérive liberticide de l’autre pays de la Révolution.

Laurent Bouvet et Philippe Raynaud débattent de cette notion de laïcité.

Comment lutter contre les attentats islamistes quand on est simple citoyen ?

Les attentats islamistes se multiplient sur notre sol et nous sommes chaque fois horrifiés par la cruauté et l’injustice des actes perpétrés : l’enseignant Samuel Paty, décapité à Conflans Sainte Honorine, puis trois paisibles fidèles égorgés à la Basilique Notre-Dame à Nice. Nous ne dirons pas, comme on l’a trop entendu, que ces derniers appartenaient à la « communauté catholique » car ce serait reprendre la dialectique des terroristes qui veulent nous diviser selon nos croyances ou nos convictions. Ils étaient simplement nos concitoyens, notre  frère et nos sœurs au sein de la Nation fraternelle, en train de prier dans leur lieu de culte.

Que faire ? Les citoyens que nous sommes sont-ils contraints de rester dans la passivité en espérant que les services de sécurité et de renseignement arriveront à venir à bout de ces enragés fanatiques ? N’existe-t-il aucune possibilité d’impliquer des citoyens pour assister les fonctionnaires qui se trouvent en première ligne afin de les soutenir dans cette lutte contre l’obscurantisme ?

Ne pourrait-on pas imaginer de solliciter la réserve de l’armée et de la gendarmerie pour participer à préservation de la sécurité civile ?

En matière de prévention, ne peut-on imaginer de renforcer l’éducation nationale par la réserve citoyenne qui a déjà été dûment sélectionnée. En 2015, elle avait été créée pour aider les enseignants à diffuser les valeurs républicaines auprès des élèves. Mais trop peu sollicitée, trop souvent à contre-emploi, elle a perdu beaucoup de ses volontaires. Ils sont encore une poignée à intervenir, trop peu et la plupart du temps parce qu’ils se sont démenés pour y arriver. Alors, ne pourrait-on pas faire revivre ce formidable élan qui avait fait se lever des centaines de citoyens ?

Il est temps de trouver les moyens de nous sortir de la passivité et agir, dans la République et le respect de ses lois, ensemble et unis.

Martine Cerf

L’appel des 49 pour la laïcité : Ne capitulons pas. Ne capitulons plus !

Françoise Laborde, ancienne sénatrice et présidente d’ÉGALE et Martine Cerf, secrétaire générale, ont signé cet appel publié sur le site du JDD.

On a tué un homme. De la manière la plus barbare et la plus expressive qui soit, dans le rituel codifié d’exécution religieuse de l’islam radical. On a assassiné un homme pour avoir accompli sa tâche avec modestie et sans frémir. On a exécuté un professeur qui remplissait la mission la plus noble, celle de contribuer à l’émancipation et à la construction de la conscience des jeunes élèves dont il avait la charge pédagogique et morale. On s’est attaqué au creuset de la République, son école. Lire l’appel.

Signer l’appel

LA VOCATION LAÏQUE

Samuel PATY a été égorgé puis décapité dans son propre pays, au nom d’une susceptibilité religieuse d’un autre âge.

Jacques VARIENGIEN, psychologue, qui est intervenu de nombreuses années sur le site du CNPE de St Alban, propose des clés de lecture.

Cette interview a été publiée par la CGT. Lire l’interview. Lire l’interview

 

1881 : quand la IIIe République instaure un droit au blasphème

Blasphème, outrage à la République ou au chef de l’État, propos licencieux, incitation à la violence ou à la rébellion : il fallut deux ans pour examiner toutes les questions fort actuelles que soulevait la loi votée le 29 juillet 1881 qui garantissait la liberté de la presse en France.

 

 

Lire l’émission “Savoir” (France Culure) du 10 octobre 2020

À la mémoire de Samuel Paty, professeur

par Catherine Kintzler, 17 octobre 2020
Vendredi 16 octobre, Samuel Paty, professeur, a été décapité parce qu’il enseignait. Réduire cet
assassinat à un crime revient à esquiver le caractère politique de la visée hégémonique qu’il
véhicule. Car cette atrocité se présente comme une exécution menée au nom d’un ordre supérieur
qui devrait supplanter non seulement les lois de l’association politique, mais aussi tout rapport
autonome à la connaissance, à la pensée. Lire la suite

Vivre enfin la République laïque à l’École et dans la société

La République et son École sont attaqués au cœur et à l’âme.

La décapitation à Conflans-Sainte-Honorine  d’un professeur d’histoire-géographie, qui avait montré à ses élèves des caricatures de Mahomet, a frappé d’effroi la France, de nouveau touchée par un “attentat terroriste islamiste caractérisé”, selon les mots d’Emmanuel Macron, trois semaines après l’attaque devant les anciens locaux de Charlie Hebdo

Quelques heures après l’assassinat de l’enseignant, le chef de l’État entouré du ministre de l’Intérieur et du ministère de l’Éducation a appelé la nation à faire bloc”,  à la sortie du collège du Bois d’Aulne où travaillait la victime. “Ils ne passeront pas. L’obscurantisme ne gagnera pas”. A cet égard les très nombreux rassemblements quasi spontanés  de ce dimanche laissent à penser que les citoyens sont déterminés à faire réagir l’Etat au plus vite. Cette décapitation est en effet, selon Manuel Valls « effrayante et symbolique » et l’action gouvernementale urge.

Toutes ces déclarations sont nécessaires mais que convient-il de faire après avoir contribué collectivement au deuil de la famille, des proches et du corps enseignant ?

Observer d’abord que les clignotants sociétaux n’ont pas manqué depuis des années. Cette barbarie, dans le droit fil des attentats sanglants djihadistes amorcée en 2015 en France a fait au total plusieurs centaines de victimes. Ces attaques, pour beaucoup d’entre elles, ont été perpétrées à l’arme blanche entre autres à la préfecture de police de Paris en octobre 2019, ou à Romans-sur-Isère en avril dernier.

Quel que soit le criminel qui perpétue ce type d’acte, le but est d’ébranler l’édifice républicain et  les principaux piliers de notre devise nationale.

La République est en danger notamment du fait de l’islamisme. Mais, au-delà, la société française l’est aussi  pour trois causes qui  caractérisent notre espace national :

La mémoire historique a  été mal entretenue.

Les valeurs héritées du siècle des Lumières, liberté, égalité fraternité puis laïcité n’ont pas été entretenues au niveau de l’espérance universelle qu’elles ont fait naitre. Et cette négligence s’est accélérée ces dix dernières années.

L’indulgence manifestée par des intellectuels, des responsables politiques, syndicaux et associatifs à l’égard de ceux qui perturbent l’ordre républicain, l’hédonisme généralisé d’une société qui n’a d’intérêt que pour le moment qui passe, la méconnaissance historique  du principe de liberté comme des droits et devoirs du citoyen et la permissivité par rapport aux lois sur le racisme, l’antisémitisme ou l’égalité homme/femme ont contribué largement au fait de ne plus faire Nation.

   – le vivre ensemble républicain a été encouragé à contre sens

notamment sur le contenu à donner au terme fraternité. Les petits arrangements  et les accommodements irraisonnables se sont multipliés à tous les niveaux de notre société

Au niveau local, le dispositif républicain  dans les Écoles s’est  fracturé le jour où dans les écoles publiques et privées nous avons accepté les menus sans porc, finassé avec le voile pour les sorties scolaires, autorisé des horaires différenciés pour les piscines publiques. Mais précédant ces attitudes au plan national le terrain avait été préparé par une politique d’accueil des migrants entassés dans des quartiers quasi dédiés, ou encore le jour où des fonctionnaires  ont été autorisés à faire leur prière sur leur lieu de travail ou encore le jour où, faute de fonctionnaires de police ou d’enseignants, on a négligé les fonctions essentielles de ces professions.

Pire encore, dans le Livret laïcité de l’éducation nationale en 2015 un texte signé de la ministre de l’Éducation, Najat Vallaud-Belkacem, rappelle le principe consistant à « distinguer le savoir du croire ». « Il faut pouvoir [pour les enseignants] éviter la confrontation ou la comparaison du discours religieux et du savoir scientifique. Dans les disciplines scientifiques (SVT, physique-chimie, etc.), il est essentiel de refuser d’établir une supériorité de l’un sur l’autre comme de les mettre à égalité.» Cette « injonction au silence »  a contribué à faire courber l’échine d’une institution, l’École, qui par sa nature  détentrice des connaissances et de l’apprentissage de l’esprit critique doit toujours rester à l’abri des polémiques. L’École est l’un des piliers majeurs de la République

l’ordre républicain est sapé

depuis plusieurs décennies. Il n’y a plus de réponse ferme et lisible pour ceux qui viennent sur notre territoire. Rappelons pour fixer un cap clair l’affirmation de Saint Just « il n’y a pas de libertés pour les ennemis de la Liberté ». Cette orientation donne le chemin à parcourir dans un contexte d’augmentation progressive des violences qui a atteint un niveau inacceptable, insupportable.

Que faire ?

Sur sa page Facebook  Céline Pina révoltée par l’assassinat de Samuel Paty propose :

« Pour ce qui vient de se passer je ne connais qu’une seule réponse si j’étais au gouvernement: j’afficherai dans tous les établissements scolaires, toutes les institutions, je prendrai des publicités dans les journaux, dans le métro, sur les bus. Je paierai des 4×3 et je créerai une affiche reprenant les caricatures de Charlie et revendiquant cet affichage au nom de la liberté d’expression et pour rendre hommage à ce professeur martyr. » Je ne suis pas loin de penser comme elle afin qu’il y ait dans la société un vrai choc salutaire.

Mais il faut ajouter de donner très vite un contenu législatif ou réglementaire à l’interdiction de mosquées  liées au salafisme et aux frères musulmans.

Enfin il faut rediffuser largement ce qui est entré dans notre droit positif français depuis plus d’un demi-siècle : l’article 18 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme (10 décembre 1948) stipule « toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion.»…Et le commenter sans cesse en mémoire de Samuel.

Bernard FERRAND, VP EGALE

 

ÉGALE est avec les enseignants

A Conflans Sainte Honorine, l’assassinat atroce d’un professeur d’histoire par un islamiste nous remplit d’horreur. Cet homme, Samuel Paty, dont il faut retenir le nom maintenant qu’il est dévoilé, était un professeur estimé de ses élèves et de ses collègues. Il représente pour nous toute une classe d’enseignants dont on doit saluer le courage au quotidien. Ils sont nombreux ceux qui, comme lui, n’ont pas baissé les bras et travaillent sans relâche à ce que les élèves qui leur sont confiés apprennent à réfléchir par eux-mêmes, à sortir de l’enfermement des superstitions, des préjugés et de l’ignorance.

A ÉGALE, beaucoup de nos adhérents sont engagés dans la réserve citoyenne de l’Éducation nationale pour leur prêter main forte. Beaucoup sont intervenus et interviennent encore dans les classes à la demande d’enseignants ou de chefs d’établissements. Nous ne voulons pas les laisser seuls devant la tâche immense qui repose sur eux, car nous savons que nombre d’élèves sont en butte à la propagande islamiste qui veut leur faire croire qu’étant musulmans, ils ne sauraient adhérer à la République. Plus que jamais, il est nécessaire de tendre la main à ces élèves pour les aider à conquérir leur liberté et refuser l’idéologie islamiste. Mais plus que jamais, il faut protéger et soutenir les enseignants dont nous savons qu’ils se sentent parfois bien seuls.

C’est pourquoi, ÉGALE réaffirme ici sa solidarité totale avec eux et avec le projet d’émancipation et de liberté dont l’école est le pivot. Ce projet laïque porté par les « hussards noirs » de la République, comme les appelait Charles Péguy, alors que L’État opérait la séparation de l’école et de la religion à partir de 1882. C’est lui qui l’emportera sur l’obscurantisme si nous restons unis et vigilants.

Martine Cerf

Réponse aux accusations selon lesquelles “l’Université de Lille interdit l’accès à des étudiantes voilées”

Par Vigilance Universités

Une tribune signée par des universitaires accuse un enseignant de l’Université de Lille de “racisme anti-musulman”. Ce grief nous semble injuste : nous expliquons pourquoi.

Une tribune signée par des universitaires et reprise par quelques médias (Médiapart, Voix du Nord, France 3, etc.), accuse un peu rapidement de discrimination un professeur de sport de l’Université de Lille.

Lire pour en savoir plus…

 

 

Séparatismes : Discours réussi par la revue des deux mondes

La revue des deux mondes publie:

“un pas de géant dans la communication du chef de l’État dont le moins qu’on puisse dire est qu’il revient de loin. L’homme qui déclarait que la société « n’avait pas à être laïque » vient d’opérer un revirement spectaculaire. Il aura fallu trois ans et demi. Et peut-être que le procès Charlie, puis le récent attentat de la rue Nicolas Appert l’ont aidé à trancher dans le vif…”         par Valérie Toranian

Séparatisme islamiste : un discours réussi, un combat incertain

 

Discours des Mureaux d’E. Macron : du concret et de la fermeté dans les paroles, mais attendons le texte

On peut se réjouir de la prise de conscience apparemment opérée par ce gouvernement, concernant le danger de l’islamisme politique car elle est récente. Jamais les problèmes liés à ceux qui contestent la République, ses valeurs et ses lois n’avaient été repris et cités avec cette précision, allant jusqu’à des anecdotes que nous connaissions, mais qui étaient soigneusement occultées par la plupart des responsables politiques. Si l’on en croit les mots prononcés par le Président de la République aux Mureaux, l’ampleur de la tâche à accomplir pour remédier à ces situations problématiques semble avoir été cernée. Le cadre dessiné par le chef de L’État parait donc globalement satisfaisant. Citons quelques points : le renoncement explicite à toute solution de type concordataire, la volonté d’appliquer la loi fermement et sans complaisance et de la faire respecter par tous, la volonté de lutter contre la déscolarisation de 50 000 enfants isolés de l’école, du reste de la société et des apprentissages fondamentaux, la volonté de supprimer les ingérences étrangères dans le culte musulman et toutes les formes d’embrigadement par le biais d’écoles hors contrat ou d’associations dites humanitaires ou sociales, la volonté d’inciter les associations cultuelles à adopter le statut de 1905…Nous aimerions être convaincus que ce discours sera suivi des mesures et des moyens nécessaires. Nous ne le serons qu’en lisant le texte de loi lui-même et en assistant à sa mise en oeuvre.

Nous n’oublions pas en effet que depuis le début de ce quinquennat, nous avons eu quelques mauvaises surprises, comme les deux tentatives du gouvernement pour que les associations cultuelles puissent gérer des immeubles de rapport, c’est à dire en franchise d’impôt, tentatives heureusement repoussées par les parlementaires dûment informés par les association laïques. Nous n’oublions pas les déclarations étranges du président sur la radicalisation de la laïcité, ni le fait qu’il persiste à maintenir un dialogue officiel et régulier avec les représentants des cultes, donnant ainsi un rôle politique à ces derniers. Enfin, nous constatons avec surprise que le texte de la loi contre les séparatismes doit être soumis à ces mêmes représentants des cultes avant de l’être aux représentants du peuple à la fin de l’année !

Nous attendrons donc, dans un grand esprit d’ouverture, mais avec la plus grand vigilance, le contenu du projet de loi. Il va de soi, que nous soutiendrons toute politique qui ira dans le sens du respect de la loi et des valeurs républicaines, dans la volonté d’émanciper les citoyens du fanatisme et des préjugés, dans la lutte sans complaisance contre les terroristes et leurs idéologues, dans la préservation des libertés et de l’égalité de tous.

Lire le discours des Mureaux

Martine Cerf

Soutien à Marika Bret

Marika Bret, DRH de Charlie Hebdo a dû être exfiltrée de son appartement en raison des menaces qui pesaient sur elle. ÉGALE s’insurge contre la violence qui s’exerce à son encontre comme à l’encontre de tous ceux qui ne font qu’exercer leur métier d’informer ou de tourner en dérision par la caricature. Dans la République laïque, la liberté d’expression ne doit pas céder devant les intimidations.

L’Assemblée des femmes a également publié un communiqué de soutien.

 

Lyon : le Vœu des Échevins sans le maire.

À Lyon, le maire, Grégory Doucet marque sa neutralité à la tradition lyonnaise du Vœu des échevins.

Monsieur le Maire, nous avions pris votre retrait de la cérémonie des échevins comme une affirmation de votre attachement à la laïcité.

Mais pour ce qui est de vos relations avec les cultes, nous aurions préféré que vous appliquiez dans votre commune le cadre juridique de la loi 1905, par exemple en n’allant pas poser la première pierre d’une mosquée. Vous auriez ainsi montré votre attachement à la laïcité, … aux associations cultuelles de la ville !

 

En savoir plus

Le nouveau gouvernement du Soudan abandonne la loi islamique en faveur de la séparation Eglise/Etat

Le pays du Soudan vient d’annoncer le plus grand changement : après 30 ans de vie sous la domination islamique, un gouvernement laïque est officiellement mis en place.

En savoir plus:  lire la version traduite par Didier Vanhoutte :  Laïcité au Soudan   –

Lire la version originale : Sudan’s New Government Abandons Islamic Rule in Favor of Church/State Separation By Hemant Mehta September 6, 2020

Il faut soutenir Zineb El Rhazoui !

Zineb El Rhazoui a témoigné récemment au procès des assassins de Charlie Hebdo. Depuis, les menaces de mort se déchaînent sur les réseaux sociaux. Elle qui vient depuis janvier 2015 sous protection rapprochée, doit faire face à une recrudescence de haine inimaginable. Revendiquer la liberté de parole et accuser les fanatiques religieux suffit aujourd’hui pour déclencher ce flot immonde d’injures et de menaces.

Ne la laissons pas seule !  De la même façon que nous sommes descendus dans la rue en 2015 pour défendre la liberté d’expression et les valeurs républicaines, nous devons signifier à ces fanatiques que Zineb n’est pas seule. Que nous sommes nombreux qui nous dressons devant eux pour les empêcher de mettre en pratique leurs sombres projets.

La sénatrice Jacqueline Eustache-Brinio a appelé les élus à constituer un rempart républicain autour de Zineb El Rhazoui dans un communiqué. Par nos réactions sur les réseaux sociaux, constituons aussi un rempart citoyen !

Et n’oublions pas Gérard Biard et Riss dont les têtes sont mises à prix par Al Quaïda !

Martine Cerf

“Nous ne vous laisserons pas seuls”

« Car nous ne nous coucherons jamais. Nous ne renoncerons jamais »

Ces mots, d’une clarté sans fioritures, Riss les écrit dans son édito du 2 septembre 2020. Jour de l’ouverture du procès des tueries de janvier 2015.

Au cours de ces journées tragiques, furent assassinés : à Charlie Hebdo, Frédéric Boisseau, Franck Brinsolaro, Cabu, Elsa Cayat, Charb, Honoré, Bernard Maris, Ahmed Merabet, Mustapha Ourrad, Michel Renaud, Tignous, Wolinski. À Montrouge : Clarissa Jean-Philippe. À l’Hyper Cacher de Vincennes, Philippe Braham, Yohan Cohen, Yoav Hattab, François-Michel Saada. D’autres furent gravement blessés, dans leur chair, et dans leur âme à jamais.

Riss écrit aussi : « Si le crime est si difficile à nommer, c’est parce qu’il fut commis au nom d’une idéologie fasciste nourrie dans les entrailles d’une religion. Et rares sont ceux qui, cinq ans après, osent s’opposer aux exigences toujours plus pressantes des religions en général, et d’une en particulier. »

Idéologie criminelle dont les victimes, connues et anonymes, ici et ailleurs, forment une interminable et sinistre liste.

Ce 2 septembre, Charlie Hebdo republia en « Une » les dessins « blasphématoires ». Lire la suite et la liste des signataires.

 

Liberté d’expression – Me Richard Malka : « La situation est bien pire qu’il y a cinq ans »

A lire l’ Entretien -Le POINT – Alors que s’ouvre dans quelques jours (1) le procès des attentats de janvier 2015, l’avocat historique de « Charlie Hebdo » tire la sonnette d’alarme. Propos recueillis par Nicolas Bastuck et Étienne Gernelle. 

Cabu, Charb, Tignous, Wolinski… Il les a défendus des dizaines de fois. Contre la famille Le Pen. Contre Caroline de Monaco. Contre l’Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l’identité française et chrétienne. Contre la Ligue de défense judiciaire des musulmans…« On a gagné, très souvent. On a perdu, parfois, mais on l’avait bien cherché ! » plaisante Me Richard Malka, avocat de Charlie Hebdo. Il a débuté au barreau l’année où le titre a été lancé, en 1992. Ils ne se sont plus quittés. Le point. fr  

(1) Attentats de janvier 2015 à Paris : Le procès aura lieu du 2 septembre au 10 novembre.

Vidéo   

 

 

 

antiracisme : dénoncer toutes les traites d’esclaves passées et présentes

Il est fréquent de voir relier la dénonciation du racisme actuel et la pratique de l’esclavage par les nations occidentales, et celle-ci seulement. La vérité historique importe peu à ces “antiracistes” autoproclamés qui ne cessent de fustiger les blancs et leur “domination”. Mais aucune conclusion juste ne saurait émerger d’une analyse tronquée de l’histoire. Celle de l’esclavage est mondiale. Pratiquée de tous temps, elle a touché de plein fouet des hommes et les femmes noirs en priorité, mais pas uniquement. Aboli par les pays occidentaux, l’esclavage existe encore dans certains pays comme la Mauritanie. Pierre Vermeren, historien, esquisse une analyse dans le Figaro du 2 juillet 2020.

Le foulard et la robe d’avocat

Une élève avocat de Lille ayant décidé de porter un foulard dans l’exercice de ses fonctions, le conseil de l’ordre du Barreau a rappelé par une modification de son règlement intérieur, que tout signe distinctif devait être proscrit. L’élève, appuyée par un avocat et le défenseur des droits a saisi la cour d’appel de Douai en demandant l’annulation de la délibération du conseil de l’ordre. La cour d’appel de Douai a donné raison au Barreau. Voir l’analyse du jugement

“Le voile est un signe politico-religieux” par le collectif Yallah

Une carte blanche signée par le Collectif Laïcité Yallah. (voir la liste des signataires ci-dessous).
Décidément la décision de la Cour constitutionnelle relative au port des signes convictionnels dans l’affaire de la Haute École Francisco Ferrer a eu l’effet d’un coup de tonnerre. Dans certains milieux, cet avis ne cesse de susciter des réactions depuis le 4 juin dernier. On devine pourquoi.
L’interprétation que fait le plus haut tribunal du pays de la neutralité en matière d’enseignement est univoque. Et l’âge des élèves (au-delà de 18 ans) n’y change rien. La Cour a tranché : la liberté de religion n’a pas préséance sur les autres libertés constitutionnelles tout aussi importantes dans un cadre scolaire. Le positionnement de la Cour constitutionnelle rejoint ainsi celui des responsables de l’enseignement obligatoire. Lire la suite.

Le sport sert de porte d’entrée aux islamistes

Que ce soit au travers de clubs de foot, dans l’instrumentalisation du port de tenues islamiques pour les sportives, censées “leur permettre de pratiquer du sport”, les islamistes multiplient les occasions d’imposer à la société leurs pratiques humiliantes et discriminatoires vis à vis des femmes. Ceci, avec la complicité de fait des municipalités ou des directions de clubs qui se plient à leur diktat.

Charlie hebdo dénonce cette pratique dans certaines salles de sport. Lire l’article

Hommage à Gisèle Halimi

Elle nous a quittés, cette femme remarquable dont le nom était devenu synonyme de la lutte des femmes pour leurs droits. Elle a combattu aux côtés de celles qui étaient menacées par des lois iniques et ces lois, elle a contribué à les faire changer. Elle a représenté un modèle de courage et de ténacité pour beaucoup de militantes féministes.

Nous vous proposons de consulter une courte vidéo qui retrace son parcours sur le lien : http://www.vodeo.tv/4-70-5444-gisele-halimi-l-insoumise.html?PARTID=9084

ORELA publie un rapport sur les religions au temps du coronavirus

L’Observatoire des religions et de la laïcité (http://www.o-re-la.org) publie un rapport de Jean-Philippe Schreiber, dans lequel sont analysées les questions qui se sont posées aux religions pendant la période de confinement, ainsi que les réactions diverses des responsables religieux avec leurs conséquences, parfois lourdes, sur la propagation de la maladie dans différents pays. Il montre que les décisions politiques prises, et la façon dont elles ont été prises sont liées à la conception que chaque État a de la liberté de culte, selon qu’on la situe au dessus des autres libertés ou qu’on considère qu’elle doive rester soumise à l’intérêt général. Il analyse également les modifications éventuelles que la pandémie a pu apporter sur le rôle et la perception des religions avant de conclure sur des questions émergentes pour les cultes. Lire le rapport

ÉGALE signe la tribune “LA RACIALISATION DE LA QUESTION SOCIALE EST UNE IMPASSE

Dessin d’Acé publié le

Le mouvement République souveraine, sociale, laïque et écologique a lancé une tribune : “La racialisation de la question sociale est une impasse”, en réaction à l’offensive des partisans de “la race”. Celle-ci a été publiée par Marianne.

Cette analyse au travers de la race des inégalités conduit à promouvoir la division de la société en groupes “racisés” et dévoie les concepts de l’antiracisme autant que l’analyse des causes des inégalités. Elle ne peut donc apporter des solutions aux inégalités sociales, bien réelles et porteuses d’exclusion. Lire la tribune

Cette tribune est ouverte à tous les citoyens qui voudraient la signer en cliquant sur ce lien : Question sociale

Concours HEC et laïcité

EGALE a été informé que 35 candidats de confession juive ont été autorisés par la Direction des Admissions et Concours (entitée organisatrice du concours HEC placée sous la tutelle de la chambre de commerce et d’industrie de Paris) à passer le dimanche 5 juillet certaines épreuves se tenant le samedi 4 juillet, jour de shabbat.

Les sujets sur lesquels ces candidats ont composés n’ont pas été modifiés. Lors des 24h séparant les deux sessions, les étudiants concernés ont été surveillés par les membres de leur communauté, à savoir par les membres de l’association AJECLAP (Association des élèves et anciens élèves juifs des grandes écoles et des classes préparatoires).

L’APHEC (Association des Professeurs des classes préparatoires économiques et commerciales) a réagi en faisant part de sa désapprobation envers les “aménagements de calendrier des concours en fonction des diverses religions des candidats.” et en rappelant son attachement à la laïcité.

Une telle dérogation aux principes républicains de laïcité et d’égalité des candidats lors d’un concours est inacceptable.

En savoir plus …

Le site: Major prépa

L’interdiction du voile dans une grande école belge

A)  La Cour constitutionnelle de Belgique a tranché un débat sensible : le port des signes religieux dans l’enseignement supérieur. Par Vincent Tournier (Maître de conférence de science politique à l’Institut d’études politiques de Grenoble )

“La Cour précise que la liberté de pratiquer sa religion n’est pas un droit absolu. Elle affirme que la neutralité doit s’entendre de deux manières : l’enseignement doit s’interdire « de discriminer, de favoriser ou d’imposer des conceptions philosophiques, idéologiques ou religieuses » […]  préserver « la diversité des opinions » et « les valeurs communes » « un environnement éducatif totalement neutre » Le règlement de la Haute École relève donc d’un objectif pleinement légitime : en interdisant les signes politiques et religieux,..”

B) Signes religieux: Paris-Bruxelles … par Alain Bergounioux  (Historien, président de l’Office universitaire de recherche socialiste et administrateur de la Fondation Jean-Jaurès)

“Le droit actuel français, qui a l’avantage de s’appliquer pour tous les établissements publics sur le territoire, permet de faire face à la plupart des situations problématiques. La réflexion, d’ailleurs, gagnerait à s’élargir pour ne pas en rester qu’aux termes d’interdiction…” Car c’est le rapport entre le savoir et les traditions religieuses et philosophiques qui mériterait d’être approfondi. En france, les universités ont un rôle important à jouer en cette matière – elles ont commencé à le faire, mais il faudrait le conforter.”

En savoir plus.( Texte complet). 

Site Telos.eu

Le Plaidoyer pour un islam (2016) de Gérald Darmanin analysé

En 2016, Gérald Darmanin, alors maire de Tourcoing, publiait un document intitulé Plaidoyer pour un Islam français dans lequel il exposait la situation de l’islam et les solutions qu’il préconisait. Il faisait référence à un nouveau concordat à instaurer avec l’islam, au mépris de la loi de séparation du 9 décembre 1905.

Agnès Perrin et Michel Ferreboeuf avaient publié une analyse de ce texte dans Débats laïques. Il nous a semblé opportun, après la nomination de M. Darmanin au ministère de l’Intérieur, de relire cette analyse éclairante sur les théories défendues par notre nouveau ministre sur l’organisation de l’islam en France. On ne sait encore s’il sera ou non suivi par le gouvernement dont la ligne n’est pas encore clarifiée en la matière, et si par exemple ce sont les vues de Marlène Schiappa sur le sujet qui l’emporteront, mais même s’il reste isolé sur cette position, cela demeure sa conviction personnelle et il est bon de la connaître. Lire l’analyse.

Martine Cerf

Création du Collectif Laïcité Yallah en Belgique

Le CAL (Centre d’action laïque) en Belgique a créé le 12 novembre 2019, le collectif Laïcité Yallah. Le but est de contrecarrer la tendance communautariste qui atteint la société belge autant que la société française, sachant que les autorités ne semblent pas avoir pris de mesures efficaces pour lutter contre ce qui est une source de délitement de nos sociétés.

Les treize membres fondateurs de ce collectif, dont Djemila BENHABIB, ont publié un Manifeste dans lequel ils expriment : « notre vision de la situation et proposons des mesures pour s’ouvrir à la diversité, promouvoir la citoyenneté et combattre le communautarisme ethnique et religieux. » Dans ce Manifeste, le Collectif dénonce également les pressions sociales qui s’exercent sur les femmes pour les contraindre à se voiler, avec la complicité de ceux qui voudraient les enfermer dans une identité fantasmée réduite à leur seule appartenance religieuse et dans des pratiques rigoristes de cette religion. Lire le Manifeste

M.C

 

 

Exposition de la Doctrine de Saint-Simon

Juliette Grange
Agrégée de Philosophie
Docteur d’Etat

Saint-Simon n’avait donné aucun exposé achevé de sa doctrine, les idées qui sont les siennes ont évolué au cours des quelques dix années de propagande intense en direction des milieux politiques, scientifiques et industriels. Les disciples qu’il laisse derrière lui se sont attachés après sa mort en 1825 à construire une pensée pleinement articulée. L’ouvrage que nous publions se présente comme une transcription très retravaillée des dix-sept leçons tenues durant les cours de l’école saint-simonienne entre 1828 et 1929, puis entre 1830 et 1831 (essentiellement pour cette période à propos de la dimension religieuse du saint-simonisme).

 

Voir le flyer

 

Egale et le CLR réagissent à des nominations surprenantes d’adjoints aux cultes dans certaines communes

Que peut-on redouter de cette priorité donnée aux cultes : plus d’argent public distribué aux cultes à l’aide de prétextes culturels ? Une part de financement plus grande pour l’enseignement privé ? Un poids plus grand donné aux autorités religieuses dans les consultations des citoyens alors même que ceux-ci se détachent des religions ? Une attention disproportionnée apportée aux activistes intégristes ?

ÉGALE a publié un communiqué auquel le CLR s’est associé pour alerter l’opinion publique et le législateur. Lire le communiqué

 

EGALE réagit et la Poste rétablit la neutralité

Nous avons été informés que dans le 5e arrondissement de Paris, une factrice effectuait sa tournée en tenue islamique (photo ci-dessus), sans aucune identification à la Poste. Notre informateur est allé réclamer auprès du centre de distribution dont la factrice dépendait. Il a fort mal été reçu par les agents qui lui ont affirmé que la Poste étant une entreprise privée, que chacun avait le droit d’affirmer les croyances qu’il voulait. On lui a également dit que sa démarche était raciste !

Cette personne a écrit au centre de distribution (voir courrier), ÉGALE a écrit à la Direction générale de la Poste (lire la lettre) et une réponse est parvenue de la part de la direction de la distribution. (lire la réponse)

Nous attendons encore la réponse de la Direction générale, mais l’affaire semble prise en mains sérieusement.

Il est toutefois préoccupant de constater qu’il faut une plainte d’un usager et d’une association pour que la direction de La Poste soit informée d’un manquement grave sur le terrain.

 

La Cour constitutionnelle allemande et l’Union européenne

par Jean Claude BOUAL, 25 mai 2020 

La question de la primauté du droit communautaire, dans le cadre des compétences de l’Union européenne, est un problème récurrent depuis le début des années 1960. Elle pose au moins deux questions : une question de droit qui est toujours débattue par des juristes, même si l’interprétation de la primauté du droit communautaire est aujourd’hui largement admise ; une question politique quant à la conception de la construction européenne et son devenir largement commentés suite à la décision de la Cour constitutionnelle allemande de  Karlsruhe du 5 mai 2020.

Lire la suite

EGALE signe le communiqué du CLN : Contre tous les racismes , le respect des principes Républicains.

“Le Collectif laïque national souligne que la France n’est pas les États-Unis. […] L’émotion ne doit pas l’emporter sur la raison – ni sur l’ordre public […] Il est vrai qu’en France, comme dans d’autres pays même démocratiques, des actes racistes perdurent. […]  Il est hautement regrettable que certains membres des forces de l’ordre se croient autorisés à excéder leur mission – certes difficile […] Le Collectif appelle les Pouvoirs publics à promouvoir le strict respect des principes républicains dans le recrutement, la formation et l’encadrement humain et réglementaire des forces de police et de gendarmerie.”

“Le collectif rappelle que la lutte contre le racisme implique aussi le rejet des théories racialistes et indigénistes qui fracturent la société et déconstruisent la citoyenneté.”

En savoir plus, lire le communiqué

Pour la défense de l’université républicaine laïque en Haute-Savoie

Fonds publics à l’Ecole publique, fonds privés à l’école privée !

L’État et les Collectivités doivent consacrer les fonds publics nécessaires pour construire une Université Publique de plein exercice et digne de ce nom.

La Libre Pensée  agit avec d’autres associations et les syndicats pour l’unité des laïques pour que soit respecté le mot d’ordre :

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Pétition adressée à Grand Annecy – Région AURA- Département Haute-Savoie

CREAL 76: Ne confinons pas la laïcité !

“Un président voulant « réparer le lien abîmé avec l’Église » : C’est presque une inversion de la hiérarchie des normes républicaines, contraire à l’esprit de la loi de 1905…”

Francis VANHÉE, président du CREAL76: ” Pratiquer le « en même temps » entre religion et laïcité, c’est confiner cette dernière à un rôle subalterne d’option spirituelle. C’est ignorer qu’un croyant peut être laïque et qu’un non croyant peut accéder à une spiritualité…”

En savoir plus: lire le communiqué du

La situation actuelle

Le régime des cultes – Il en va largement de même d’une bonne part des Articles organiques et des textes relatifs aux cultes protestants et au culte juif.
Subsistent ainsi essentiellement :

  • le financement des cultes. Évêques, curés, pasteurs, rabbins et autres ecclésiastiques, sont rémunérés sur le budget national (pour un total annuel de plus de 55 millions d’euros). À cela s’ajoutent les financements par les communes : presbytères, entretien des lieux de culte, participation aux budgets des paroisses… On notera que la non application de la loi de 1905 permet aux collectivités publiques de subventionner d’autres cultes, notamment l’islam.
  • L’organisation publique des cultes. Il n’y a pas, pour les cultes reconnus (catholique, protestants, juif) d’associations cultuelles comme dans la France de l’Intérieur, mais des établissements publics des cultes : ainsi le conseil de fabrique pour les paroisses catholiques, conseil où siège le maire de la commune.
  • La nomination des prélats, souvent réduite à une simple formalité.

L’enseignement – Le code de l’Éducation n’évoque que l’enseignement primaire où « la durée hebdomadaire de la scolarité des élèves […] est fixée à vingt-quatre heures et comprend obligatoirement une heure d’enseignement religieux » (Art. D481-2). Cet enseignement ne concerne que les cultes dits reconnus. Il s’agit de l’application du principe de la loi Falloux de 1851, évoquée supra.
Il aura fallu, en 2001, que le Conseil d’État exhume un obscur texte allemand (l’article 10A de l’ordonnance du 10 juillet 1873, modifié par l’ordonnance du 16 novembre 1887 !) pour trouver une justification juridique à l’organisation obligatoire d’un enseignement religieux dans le secondaire. Ce texte dispose en effet que « dans toutes les écoles, l’enseignement et l’éducation doivent tendre à développer la religion, la moralité et le respect des pouvoirs établis et des lois ».
Depuis 1918, un système de dispense de cet enseignement religieux a, petit à petit, été mis en place. De ce fait, l’évolution assez récente de la société a conduit à une érosion considérable du nombre des élèves réellement inscrits à ces cours de religion. En moyenne, pour les trois départements, et avec d’importantes disparités locales, il y a aujourd’hui un peu plus de 50 % d’inscrits au primaire, moins de 20 % au collège, moins de 10 % au lycée (2 % en Moselle).

L’enseignement supérieur – Dès le début de l’annexion, l’Empire allemand crée une faculté de théologie protestante à Strasbourg. Et, le 5 décembre 1902 une faculté catholique, par une convention avec le Vatican, qui précise notamment que « avant d’entrer en fonctions, les professeurs auront à faire la profession de foi entre les mains du doyen, suivant les formes et règles de l’Église » et que « Si la preuve est fournie par l’autorité ecclésiastique qu’un des professeurs doit être considéré comme incapable de continuer son professorat soit pour manque d’orthodoxie, soit en raison de manquements graves aux règles de vie et de conduite d’un prêtre, le Gouvernement pourvoira, sans délai, à son remplacement …  ».(Articles 3 et 5)
Cette convention a été avalisée par la République française en 1923… et les deux facultés de théologie, protestante et catholique, sont aujourd’hui totalement intégrées à l’université publique strasbourgeoise, UNISTRA. Le 13 décembre 2016, un ecclésiastique, professeur de dogmatique à la faculté de théologie catholique, ancien doyen de celle-ci, a été élu président de l’Université.
Plus tardivement, en 1974 à Metz, en Moselle, une convention entre la République et le Vatican crée un Centre autonome d’enseignement de pédagogie religieuse, aujourd’hui au sein de l’Université de Lorraine.

Le délit de blasphème – Ces dispositions du code pénal local n’ont été très que récemment abrogées en janvier 2017, par la loi Égalité Citoyenneté.

Une nouvelle situation juridique en Alsace et en Moselle

Le Conseil constitutionnel, depuis qu’il peut être saisi de Questions Prioritaires de Constitutionnalité, a été amené à examiner depuis 2011, pour la première fois, des éléments du Droit local alsacien et mosellan.

On retiendra quelques éléments des décisions qu’il a adoptées :

  • Tout d’abord, cela a été l’occasion de confirmer le caractère constitutionnel fondamental du principe de laïcité, du moins pour ce que l’on peut déduire de l’article Premier de la loi de 1905.
  • Ensuite, pour le régime des cultes alsacien et mosellan, il a estimé que, bien que dérogatoire au principe de laïcité, il n’était pas incompatible avec la Constitution de la République, du fait que les constituants de 1946 et 1958, qui ont qualifié la République de laïque, étaient parfaitement informés de l’existence du régime dérogatoire. On notera qu’une délibération similaire a été adoptée pour la Guyane
  • Enfin, et c’est essentiel, le Conseil a décidé que l’ensemble du Droit local conservait le caractère « transitoire », que les lois de 1919, 1924 et l’Ordonnance de 1944 lui avaient conféré. De ce fait, ce Droit local ne dispose que d’une justification historique, ce n’est pas un droit territorial libre d’évoluer. Il me faut ici citer précisément le commentaire officiel de la décision dite SOMODIA de 2011 : « Le caractère transitoire du maintien du droit alsacien-mosellan ne fait pas obstacle à ce que le législateur puisse adapter les règles du Droit local. Toutefois, il ne peut résulter ni un accroissement du champ d’application des différences [avec le Droit français], ni une augmentation de celles-ci. »
    Il en résulte que le Droit local ne peut plus que se rapprocher du Droit français ou disparaître, puisqu’un Droit qui n’évolue pas en fonction de son environnement est condamné à plus ou moins brève échéance à disparaître…

Ne pas se contenter d’attendre cette échéance

Plusieurs raisons militent pour une suppression plus rapide du régime dérogatoire, en dehors du fait, évidemment, que la défense de la liberté de conscience n’attend pas !

Tout d’abord, le principe même du Concordat est devenu caduc : du l’État paye et l’État contrôle, il ne reste plus que les privilèges financiers des cultes !

En second lieu, parce que les tenants du régime local ne restent pas inactifs. Ils ont échoués, en Alsace, à mettre en œuvre des mesures qui visaient à chercher un nouveau public après des années de désaffection de l’enseignement religieux par les parents. D’autres échecs, dans d’autres domaines, ont été essuyés par les défenseurs du Droit local. C’est pourquoi, avec l’appui du Secrétaire général de l’Élysée, un amendement gouvernemental au projet de loi de réforme de la Constitution a été déposé en juillet 2018, lors de la première discussion du projet à l’Assemblée. Cet amendement dont la formulation et l’exposé des motifs sont ambigus pourrait permettre de contourner la décision SOMODIA, conférant de fait un caractère de droit territorial aménageable à volonté aux divers régimes dérogatoire… Ceci dans l’ambiance générale de débats sur le droit à la différenciation des régions et de la création récente de la Communauté européenne d’Alsace, dotée de compétences spécifiques…

Je noterai ensuite le fait que le voisin immédiat de la Moselle le Grand-Duché de Luxembourg avait conservé de nombreuses dispositions de l’époque où il faisait partie de la Première République française, puis du Premier Empire.
Il a, en négociant avec les cultes, et en obtenant l’accord de l’archevêque de Luxembourg, entre 2013 et 2018, effacé l’essentiel des effets du Concordat en supprimant à terme le salariat des prêtres, en supprimant le soutien financier des communes aux cultes, en remettant les édifices cultuels catholiques à une fondation de droit privé, en supprimant enfin l’enseignement confessionnel à l’École.
Faudrait-il croire à une religiosité particulière des trois départements français dits concordataires, pour ne pas faire évoluer la situation alsacienne et mosellane ?

À l’évidence, ce qui subsiste c’est un sentiment identitaire, essentiellement alsacien, qui fait obstacle aujourd’hui. Le site de l’Institut du Droit Local le dit clairement : « Le droit local est ainsi devenu un élément du paysage alsacien, un marqueur de l’identité de la région, un aspect de l’épopée alsacienne dans laquelle se retrouvent tous les alsaciens de cœur. On veut garder le concordat ou les corporations parce que c’est à nous et qu’on ne supporte pas que Paris nous dise que ce n’est pas bien. […] Certaines règles de droit local ne survivent qu’en raison de leur fonction d’ersatz d’un véritable statut d’autonomie territoriale. À défaut de pouvoir s’exprimer dans les domaines qui les intéressent, les populations locales se raccrochent à des dispositions sans intérêt réel, mais qui leur permettent d’exprimer de manière emblématique quoique inadéquate leur volonté de sauvegarder leur identité régionale » !

Dernier point que j’invoquerai : dans une récente déclaration, Monsieur Ghaleb Bencheikh, président de la Fondation pour l’Islam de France, réclamait une modification, un assouplissement de la loi de 1905, en rappelant l’existence du Concordat en Alsace et Moselle. « On ne peut nous expliquer que la laïcité est une exception française, que le Concordat est une exception dans l’exception, et que l’Islam est une exception dans l’exception de l’exception » disait-il !

On l’aura compris : le maintien du Concordat et des régimes dérogatoires religieux n’est pas uniquement le reliquat d’un passé douloureux, il peut apparaître aujourd’hui comme un des principaux prétexte à mettre en cause les dispositions qui fondent notre République laïque !

À propos du Concordat

En quoi le maintien du Concordat dans trois départements métropolitains est anachronique et pourquoi il conviendrait de supprimer cette particularité !

Le Concordat de 1801 survécut aux aléas de l’Histoire et aux divers régimes politiques que connut la France durant un siècle. Les deux tentatives de révision échouèrent :

En 1813, Napoléon fait signer au pape, sous la contrainte, le Concordat dit de Fontainebleau, plus contraignant pour l’Église. Mais le pape se rétracte et les défaites de l’empereur conduisent à l’abandon du texte.
En 1817, le roi Louis XVIII négocie à son tour un nouveau Concordat avec le Vatican, un traité qui au contraire accorde plus de libertés à l’Église et prévoit de renoncer à l’essentiel des Articles organiques… Cette fois-ci, c’est l’opposition du Parlement qui fait échouer la procédure … Le texte de 1801 reste en vigueur.
Nous avons vu que celui-ci fut complété par divers textes qui en précisèrent l’application, sur les deux versants du traité : le financement et le contrôle de l’Église catholique par l’État. Les autres cultes significativement présents en France à l’époque voient leur organisation et leurs relations avec la puissance publique fixées de manière similaire.
Un dossier essentiel pour l’Église n’était cependant pas abordé par tous ces textes : l’enseignement. Napoléon souhaitait s’appuyer sur l’Église, mais lui accorder le moins de pouvoir possible. C’est ainsi qu’il crée l’Université impériale, structure regroupant tous les niveaux d’enseignement, du primaire au supérieur, en excluant l’Église de sa gouvernance. C’est au cours du XIXe siècle, que celle-ci se voit accorder une véritable tutelle sur l’enseignement primaire, avec la loi Falloux de 1851. Cette loi place également l’enseignement religieux en tête des programmes d’enseignement obligatoires.

L’annexion par l’empire allemand puis le retour à la France

La désastreuse guerre franco-prussienne de 1870 permet à la Prusse de rassembler autour d’elle la plus grande partie des états germaniques (sauf l’Autriche).

L’Empire ainsi formé annexe les territoires qui constituent aujourd’hui la Moselle et les départements alsaciens.
Les Allemands, afin de faciliter l’intégration de ce qu’ils appellent le Reichsland Elsaß-Lothringen (la Terre d’Empire d’Alsace et Lorraine), acceptent de maintenir un certain nombre de dispositions françaises, notamment les privilèges des cultes. Ils complèteront le dispositif pour l’enseignement, en étendant l’obligation des cours de religion au secondaire.
Ils introduiront aussi dans le code pénal un délit de blasphème (qui avait été, de fait, aboli par la Révolution française et les articles 10 et 11 de la Déclaration des Droits de 1789.
Ils ouvriront aussi à Strasbourg des facultés publiques de théologie.

La Grande Guerre, de 1914/1918, voit la défaite de l’Empire allemand. Les territoires annexés reviennent à la France, par le traité de Versailles de 1919.

En miroir de ce qu’avait fait l’Allemagne en 1871, la République française gère alors ce retour en maintenant, au moins à titre provisoire, des dispositions, lois et règlements, en vigueur dans les trois départements en 1918… dont les privilèges des Églises… qui datent, il faut le rappeler, d’avant l’annexion, avec notamment notre fameux Concordat… Or, la IIIe République avait, durant ce temps, adopté plusieurs lois laïques fondamentales, dont les lois Ferry à l’École et, bien entendu, la loi de Séparation des Églises et de l’État de 1905 qui avait abrogé ce traité et les textes afférents.
Le provisoire, confirmé en 1924, puis en 1944, dure jusqu’à nos jours, même si des dispositions ont peu à peu été abandonnées ou modifiées et complétées par des textes nouveaux. L’ensemble des mesures dérogatoires au droit national français qui subsistent constituent ce que l’on nomme le Droit local alsacien et mosellan.

La plupart des articles du Concordat ont perdu toute actualité. C’est le cas évidemment de ceux qui avaient un caractère très conjoncturel, au lendemain de la Révolution. C’est le cas aussi du serment civique qui est de fait abrogé par la République par le décret du 5 septembre 1870 qui supprime tout serment politique en France.

Un régime concordataire – Michel SEELIG –

Nous avons ainsi, dans le désordre des articles, relu tout le texte du Concordat. Il apparaît clairement que n’y figurent que les grandes lignes de son principe, l’État paye – l’État contrôle. La mise en œuvre fait l’objet de textes unilatéralement publiés par le pouvoir politique, sans l’accord de l’Église. Les Articles organiques de 1802 entrent dans le détail de l’organisation de l’Église catholique.

Ils réaffirment notamment le caractère gallican du régime français, puisque même les aspects doctrinaux sont soumis au contrôle strict de l’État. L’article 3 précise par exemple que :
Les décrets des synodes étrangers, même ceux des conciles généraux, ne pourront être publiés en France, avant que le gouvernement en ait examiné la forme, leur conformité avec les lois, droits et franchises de la République française, et tout ce qui dans la publication pourrait altérer ou intéresser la tranquillité publique“.

Le copieux Titre II des Articles, sur les ministres, détaille le fonctionnement hiérarchique de l’Église de France, sous la tutelle de l’État.
La partie consacrée au culte traite de nombreux points techniques, la tenue vestimentaire des ecclésiastiques, la sonnerie des cloches, les registres de baptêmes, mais elle traite aussi du contrôle des sermons et autres prédications et même des dogmes et de la liturgie. Ainsi, l’article 39 affirme : “« il n’y aura qu’une liturgie et un catéchisme pour toutes les églises catholiques de France »”.
Enfin, le document précise les modalités de la rémunération des ecclésiastiques, de leur logement (évêchés, presbytères et « jardins attenants »).
Il annonce aussi la création « des fabriques pour veiller à l’entretien et à la conservation des temples, à l’administration des aumônes ». Ce sera l’objet de l’important décret du 30 décembre 1809 concernant les fabriques des églises.

Des Articles organiques similaires sont également adoptés pour les cultes protestants, réformés et luthériens. Enfin, le Règlement des juifs, en 1806, et un décret impérial de 1808 organisent totalement le culte israélite.

C’est l’ensemble de ces dispositions que l’on nomme de manière générale le Régime concordataire.
Ce régime qui a connu des évolutions depuis le XIXe siècle fait toujours partie de la législation particulière appliquée en Alsace et en Moselle.

L’État contrôle – Michel SEELIG –

Le Concordat n’entre dans aucun détail des « règlements de police » évoqués ci-dessus. Ils feront l’objet de textes complémentaires, les Articles organiques publiés l’année suivante, en 1802.
Le traité n’aborde qu’un aspect, il est vrai essentiel : le contrôle direct du clergé ! Cela passe par la nomination par l’État des principaux clercs :
Le premier Consul de la République nommera, dans les trois mois qui suivront la publication de la bulle de sa Sainteté, aux archevêchés et évêchés de la circonscription nouvelle. Sa Sainteté confèrera l’institution canonique suivant les formes établies par rapport à la France, avant les changements de gouvernement.Les nominations aux évêchés qui vaqueront dans la suite, seront également faites par le premier Consul ; et l’institution canonique sera donnée par le Saint Siège, en conformité de l’article précédent“. [Articles IV et V]

On retrouve là les dispositions du Concordat de François Ier : le choix des prélats appartient au souverain. La République voit ainsi se perpétuer le privilège unique dont disposait l’ancienne Monarchie.
Les clercs de tout rang s’engageront par un serment solennel à obéir en tous points aux autorités de la République, à être même de fidèles agents de la puissance publique :
- “Les évêques, avant d’entrer en fonctions, prêteront directement, entre les mains du premier Consul, le serment de fidélité qui était en usage avant le changement de gouvernement, exprimé dans les termes suivants :« Je jure et promets à Dieu, sur les saints évangiles, de garder obéissance et fidélité au Gouvernement établi par la Constitution de la République française. Je promets aussi de n’avoir aucune intelligence, de n’assister à aucun conseil, de n’entretenir aucune ligue, soit au dedans, soit au dehors, qui soit contraire à la tranquillité publique ; et si, dans mon diocèse ou ailleurs, j’apprends qu’il se trame quelque chose au préjudice de l’État, je le ferai savoir au Gouvernement ».
- “Les ecclésiastiques du second ordre prêcheront le même serment entre les mains des autorités civiles désignées par le Gouvernement.” [Articles VI et VII]

Les clercs, les curés dans leur paroisse, rappellerons aux fidèles, à la fin de chaque office, que l’Église toute entière prie Dieu de bien vouloir protéger la République et ses chefs :
La formule de prière suivante sera récitée à la fin de l’office divin, dans toutes les églises catholiques de France : Domine, salvam fac Rempublicam ; Domine, salvos fac Consules.” [Article VIII]

L’État paye – Michel SEELIG –

Le clergé bénéficiera d’un certain nombre de prérogatives et d’avantages :
- “Les évêques pourront avoir un chapitre dans leur cathédrale, et un séminaire pour leur diocèse, sans que le Gouvernement s’oblige à les doter.
- “Toutes les églises métropolitaines, cathédrales, paroissiales et autres non aliénées, nécessaires au culte, seront mises à la disposition des évêques.
- “Le Gouvernement assurera un traitement convenable aux évêques et aux curés dont les diocèses et les cures seront compris dans la circonscription nouvelle.
- “Le Gouvernement prendra également des mesures pour que les catholiques français puissent, s’ils le veulent, faire en faveur des églises, des fondations.” [Articles XI, XII, XIV et XV]

Le principe des conditions matérielles du culte est donc assuré : le maintien de la hiérarchie ecclésiale ; la formation des prêtres par l’Église elle-même ; l’usage des lieux de culte ; la prise en charge par l’État des besoins financiers, notamment la rémunération des clercs ; la possibilité pour les fidèles de contribuer à ce financement.

Tout ceci permet de mettre en œuvre le premier terme de l’article Ier : « La religion catholique, apostolique et romaine, sera librement exercée en France » puisque, le contentieux révolutionnaire est effacé et que l’État s’engage à payer !

Mais, pas d’avantage sans contrepartie ! Tous les aspects du culte sont soumis au contrôle de l’État, le second terme de l’article Ier le précise : « Son culte sera public, en se conformant aux règlements de police que le Gouvernement jugera nécessaires pour la tranquillité publique. »
Le Concordat pourrait ainsi se résumer en une formule : l’État paye… L’État contrôle !

Le Concordat de Bonaparte – Michel SEELIG

Il semble donc indispensable à Bonaparte de supprimer un motif particulier de tensions et de conflits : les relations avec l’Église catholique. C’est sans doute la raison principale qui le conduit à conclure une sorte de traité de paix avec le Vatican : le Concordat du 26 Messidor an IX (15 juillet 1801). Cet accord est conclu, nous dit très clairement son préambule, « tant pour le bien de la religion que pour le maintien de la tranquillité intérieure ».

Le contenu et l’analyse de ce texte fondamental seront présentés dans un prochain article. Il faut cependant conclure celui-ci par deux précisions :

  • Le traité concordataire sera complété par des lois françaises, les Articles organiques. D’autres textes fixeront les relations avec l’État et l’organisation interne des autres cultes présents en France au début du XIXe siècle : les cultes protestants (réformés et luthériens) et le culte juif.
  • Tous ces textes connaîtront des adaptations, des compléments, tout au long du siècle et seront abrogés par la loi du 9 décembre 1905 de Séparation des Églises et de l’État.

La parenthèse révolutionnaire – Michel SEELIG –

Dès août 1789, la Révolution commence à mettre à bas cet édifice …
Le principe de la religion d’État est, de fait, aboli par la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen qui consacre liberté de conscience et liberté d’expression.
C’est aussi la fin des avantages et privilèges de l’Église : ses très importants biens, notamment en terres et immeubles, sont nationalisés. Son exemption fiscale est abolie. Une part importante de ses ressources est tarie avec la suppression de la dîme (prélèvement qu’elle effectuait sur toutes les productions, surtout agricoles).

Puis, c’est un de ses principaux moyens de contrôle social qui disparaît avec la création de l’état civil : dorénavant, naissances, mariages et décès sont enregistrés en mairie et l’inscription sur les registres paroissiaux devient facultative. Le mariage devient un simple contrat entre deux personnes, libres de le rompre par un divorce.
Les Révolutionnaires voudront bientôt appliquer les principes démocratiques à l’Église, avec l’élection des curés et des évêques. Les clercs devront prêter allégeance aux dirigeants de la Nation par un serment civique. C’est toute l’organisation de l’Église de France qui est ainsi remodelée par la Constitution civile du clergé de juillet 1790.
Le monopole institutionnel de l’Église est aboli : protestants et juifs, jusque-là persécutés ou, au mieux, tolérés, deviennent citoyens.

Mais, après l’exécution de Louis XVI (21 janvier 1793) et les enrôlements massifs de paysans dans les armées révolutionnaires qui font face aux assauts des puissances européennes liguées contre la République , une guerre civile fait des ravages, avec des régions particulièrement touchées. Une partie non négligeable du clergé prend parti pour la monarchie, refuse le serment civique… et les Vendéens se constituent en une Armée catholique et royale.
Les Républicains poursuivent leur action contre l’Église : le 2 sans-culottide an II (18 septembre 1794), tout financement des cultes est supprimé ; le 3 ventôse an III (21 février 1795), est affirmé à la fois la liberté des cultes et la séparation des Églises et de l’État.
L’ambitieux général, vainqueur en Italie, de retour d’Égypte, arrive auréolé de gloire à Paris. Le coup d’État du 18 Brumaire an VIII (9 novembre 1799) lui permet de devenir Premier consul, avec des pouvoirs quasi absolus.
Le calme n’est pourtant pas totalement rétabli à l’intérieur et les menaces extérieures subsistent (ce ne sera qu’après la victoire de Marengo que l’Angleterre qui anime la coalition contre la France signe la Paix d’Amiens le 25 mars 1802).

Concordat: un peu d’histoire – Michel SEELIG –

MICHEL SEELIG vous présente une synthèse du concordat en plusieurs volets :

Premier volet : Le ou les concordats ?
Sommaire

Deuxième volet : Concordat… Concordataire…
Sommaire

Troisième volet : A  propos du Concordat
Sommaire:

L’Auteur  : Michel Seelig, président du Conseil de l’IUT de Metz et du Cercle Jean Macé, membre actif de nombreuses associations et structures laïques, est l’auteur de Vous avez dit Concordat ? Sortir progressivement du régime dérogatoire des cultes [L’Harmattan 2015] et de César et Dieu – Deux millénaires de relations entre cultes et pouvoirs [L’Harmattan 2019].

Ces trois volets sont aussi publiés sur le site de :

 

 

Le concordat de 1516 – Michel SEELIG –

Il faut attendre quatre siècles pour qu’un tel texte concerne le Royaume de France, avec le Concordat de Bologne de 1516. Mais revenons quelque peu en arrière. Il nous faut rapidement rappeler les principaux aspects de l’histoire de l’Église catholique et de celle du Royaume de France au cours des quatre premiers siècles du deuxième millénaire.

 

L’Église, au XIe siècle, se dote d’une véritable structure hiérarchique. Jusque-là, les évêques jouissaient d’une grande autonomie, des conciles régionaux définissaient, rituels et pratiques. Les souverains, seigneurs locaux mais aussi rois et empereurs, étaient souvent maîtres des nominations de ces prélats (même si le principe de l’élection des évêques par « le peuple », plus précisément les chanoines de la cathédrale, subsistait, au moins de manière formelle). Avec la Réforme grégorienne, la hiérarchie descendante pape, archevêque, évêque, curé, s’impose peu à peu.
La Papauté se heurte alors à la principale puissance politique de l’époque, le Saint Empire Romain Germanique. C’est la fameuse Querelle des Investitures, investitures des évêques revendiquées par les deux protagonistes. Elle se conclut par le Concordat de Worms, cité plus haut.

Avec les Capétiens (Hugues Capet en 987), se constitue le Royaume de France (Philippe Auguste, au début du XIIIe siècle, sera le premier à porter le titre de roi de France – Avant lui, il n’y a que des rois des Francs). Il lui faudra plusieurs siècles pour prendre possession progressive d’un territoire proche de celui de notre nation actuelle, et jouer un rôle de premier plan en Europe occidentale.
Les évêques, les abbés des ordres monastiques, les curés les plus importants, ne manquent pas de ressource financière… Le roi et le pape souhaitent tous deux en prélever une part… Le conflit sous Philippe le Bel (roi de 1285 à 1314) voit le succès du roi : l’assemblée des évêques de France vote une contribution à la Couronne, les papes s’installent sous contrôle royal à Avignon… C’est le début de ce qu’on appelle le gallicanisme : l’organisation d’une Église « nationale », plus au moins autonome du Vatican et étroitement liée au souverain.

L’affaiblissement du prestige et du pouvoir pontifical conduit à une des plus grandes crises de l’Église en Europe occidentale : le « Grand Schisme » (1378/1417), où l’on voit deux, voire trois personnes se disputer le trône de Saint-Pierre… et surtout les conciles (réunion des évêques et autres prélats de toute l’Église) s’affirmer face au pouvoir du pape, réactiver les procédures d’élection des clercs qui avaient été, peu ou prou, abandonnées.
Dans ce contexte, les papes cherchent des appuis auprès des souverains, rois et empereurs… Les rois de France utilisent cette fragilité de l’Église et modifient leurs alliances en fonction de considérations financières et diplomatiques sur la scène européenne. C’est ainsi qu’en 1438, Charles VII promulgue la Pragmatique Sanction de Bourges, texte qui reprend l’essentiel des décisions des conciles, au détriment du pape. Durant quatre décennies, cet acte sera plusieurs fois abandonné puis réactivé, au gré des circonstances.

Au début du XVIe siècle, les rois de France mènent des guerres de conquête en Italie. Le pape (qui siège à nouveau à Rome) est aussi un souverain temporel : il possède les États pontificaux. Il prend part à des coalitions contre François Ier … et subit avec ses alliés une cuisante défaite à Marignan en 1515.
C’est dans ces circonstances qu’est conclu le Concordat de Bologne, l’année suivante. Ce traité est un compromis. D’une part, le roi renonce à soutenir les conciles et l’élection des évêques, abolit définitivement la Pragmatique. D’autre part, le pape accorde au Roi très Chrétien le privilège unique de pouvoir nommer les évêques avant qu’ils n’obtiennent la consécration religieuse.

Durant près de trois siècles, jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, ce Concordat sera le socle de l’union du trône et de l’autel dans le Royaume. Le roi soutiendra l’Église contre les hérétiques (Réforme protestante) et les déviants (jansénistes) et tous ceux qui mettent en cause le dogme ou l’autorité morale de l’institution.

Le Concordat de 1801

Par Michel Seelig

La reprise par les deux parties du terme déjà vieilli de concordat n’est pas anodine : comme le texte de 1516, celui de 1801 vise à clore une période de conflit entre la France et le Vatican. Et les deux traités, celui de François Ier comme celui de Bonaparte, confèrent au souverain les mêmes privilèges.
L’essentiel du Concordat de 1801 réside dans deux formules :
- Le Gouvernement de la République reconnaît que la religion catholique, apostolique et romaine, est la religion de la grande majorité des citoyens français. [Préambule]
- Sa Sainteté reconnaît dans le premier Consul de la République française, les mêmes droits et prérogatives dont jouissait près d’elle l’ancien gouvernement. [Article XVI]
[Leur lecture éclaire le texte souvent mal compris de la loi de 1905 qui, dans son Article 2 dispose que « La République ne reconnaît… aucun culte.]

Du passé révolutionnaire récent, il est fait table rase… pour définir les relations entre l’Église et l’État, on revient de fait en 1789. Il est vrai cependant que pour effacer la parenthèse révolutionnaire, il est nécessaire de préciser un certain nombre de points, notamment la question matérielle qui pourrait fâcher : “Sa Sainteté, pour le bien de la paix et l’heureux rétablissement de la religion catholique, déclare que ni elle, ni ses successeurs, ne troubleront en aucune manière les acquéreurs des biens ecclésiastiques aliénés, et qu’en conséquence la propriété de ces mêmes biens, les droits et revenus y attachés, demeureront incommutables entre leurs mains ou celles de leurs ayant cause.” [Article XIII]

La Constitution civile du clergé de 1790 avait provoqué un schisme au sein de l’Église de France, des clercs (curés, évêques, archevêques…) avait accepté de se soumettre et prêté le serment civique, d’autres l’avaient refusé. Par ailleurs, les anciens diocèses avaient été supprimés, les nouveaux prenaient le département comme assise territoriale, sans l’aval de la Papauté. Le Concordat permet de repartir sur de nouvelles bases :
- “Il sera fait par le Saint-Siège, de concert avec le Gouvernement, une nouvelle circonscription des diocèses français.
- “Sa Sainteté déclarera aux titulaires des évêchés français, qu’elle attend d’eux, avec une ferme confiance, pour le bien de la paix et de l’unité, toute espèce de sacrifices, même celui de leurs sièges.
- “D’après cette exhortation, s’ils se refusaient à ce sacrifice commandé par le bien de l’église (refus néanmoins auquel sa Sainteté ne s’attend pas), il sera pourvu, par de nouveaux titulaires, au gouvernement des évêchés de la circonscription nouvelle…” [Articles II et III]

Il en est de même pour les paroisses :
- “Les évêques feront une nouvelle circonscription des paroisses de leurs diocèses, qui n’aura d’effet que d’après le consentement du Gouvernement“.
- “Les évêques nommeront aux cures.
- “Leur choix ne pourra tomber que sur des personnes agréées par le Gouvernement.” [Articles IX et X]

L’Aurore: Monsieur le Président, ne placez pas la laïcité entre parenthèses.

L’AURORE – Gilles CLAVREUL, Jean GLAVANY – 10 Avril  2020

“L’allocution du 16 mars dernier du chef de l’État,  par lequel le Président s’inquiète des contraintes qui pèsent sur nos « vies spirituelles », comporte trois erreurs.”

“La première est de limiter la spiritualité et la transcendance aux seules religions. ”

“La deuxième erreur est de s’adresser aux juifs, aux chrétiens et aux musulmans, et à eux seuls, entrant dans une logique de reconnaissance des cultes, ou plutôt de certains cultes, contraire à l’article 2 de la loi du 9 décembre 1905.”

“La troisième erreur, conséquence des deux premières, est qu’en souhaitant de bonnes fêtes aux seuls croyants des trois monothéismes, le chef de l’Etat a parlé à certains Français en oubliant tous les autres.”

LIRE L’ARTICLE

États-Unis – Les manifs anti-IVG continuent malgré la pandémie

Repéré par Claire Levenson — 7 avril 2020 à 10h32 slate.fr

En Caroline du Nord et dans le Michigan, des personnes anti-avortement arrêtées pour violation des règles de confinement intentent des procès aux autorités locales.

Plusieurs églises américaines ont déjà intenté des procès aux autorités locales qui interdisent les rassemblements en raison de l’épidémie de coronavirus. C’est maintenant au tour des activistes anti-avortement de lancer des poursuites. Dans le Michigan et en Caroline du Nord, des anti-IVG maintiennent que les mesures de confinement qui interdisent leurs manifestations devant des cliniques d’avortement constituent des violations de leur droit à la liberté d’expression.

 

Le 4 avril à Charlotte en Caroline du Nord, la police a dispersé une cinquantaine de personnes venues manifester contre l’avortement devant une clinique et huit ont été arrêtées. Le 30 mars à Greensboro, une autre ville de Caroline du Nord, sept activistes avaient aussi été arrêté·es dans des circonstances similaires.

 

Après ces arrestations, un groupe religieux conservateur, l’Alliance Defending Freedom (ADF), a porté plainte contre les autorités locales, estimant que les manifestations anti-IVG devaient être considérées comme «essentielles» et donc autorisées malgré les ordres de confinement. «Si les cliniques d’avortement peuvent rester ouvertes pendant une pandémie, les chrétiens doivent pouvoir prier dehors», a déclaré une avocate de l’ADF.

 

Dérogation au confinement

Un élu municipal a expliqué que ces manifestations étaient particulièrement préoccupantes car les activistes s’étaient déplacé·es entre Charlotte et Greensboro pour aller protester, un déplacement qui peut contribuer à la propagation du virus.

 

Dans le Michigan, deux militants anti-avortement qui ont été interpellés par la police devant une clinique de Detroit ont aussi porté plainte contre la gouverneure de l’État et contre la ville. Ils sont représentés par l’American Freedom Law Center, un groupe conservateur spécialisé dans ce genre de plaintes. Comme les anti-IVG de Caroline du Nord, ils soutiennent que s’il est possible de marcher sur un trottoir, il devrait aussi être légal de manifester devant une clinique.

 

La gouverneure du Michigan avait mis en place une exemption religieuse à son ordre de confinement afin que certaines églises puissent continuer à se rassembler en respectant les règles de distanciation sociale. Or les anti-avortement veulent exploiter cette dérogation en soutenant que leurs manifestations sont l’équivalent de rassemblements religieux.

Communiqué du Collectif Contre le Terrorisme.

Attaque terroriste de Romans-sur-Isère

Alors que la population souffre tant de la pandémie, une attaque TERRORISTE a été commise ce 4 avril à Romans-sur Isère ! C’est bien de terrorisme qu’il s’agit et les victimes doivent être reconnues comme victimes du terrorisme. Nous exprimons nos condoléances aux familles des deux personnes tuées, nos souhaits de guérison aux blessés.

Nous voulons aussi crier notre colère et notre indignation. L’Etat Islamique expliquait le 19 mars dans son organe Al Naba que le moment était bienvenu pour commettre des attaques chez “les croisés,” les forces de sécurité étant mobilisées contre le COVID 19.

Nous devons donc résister aujourd’hui à deux fléaux, la pandémie mais aussi le terrorisme islamiste.

Voir sur le site du MPCT: En savoir plus
Premières associations signataires

MPCT Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme

LDIF, Ligue du Droit International des Femmes

Comité Soudan

Association de la communauté Darfourie en France

Association de la Communauté Four en France

Association  solidarité Amis du Soudan

Alliance Internationale des Femmes

IRESK, Institut de recherche et d’études stratégiques de Khyber

Les dorines

Collectif Urgence Darfour

PEREC, Pour une école républicaine et citoyenne

Les vigilantEs

CLER, Commission de lutte contre les extrémismes religieux

ÉGALE

Voir sur le site du MPCT :

Les religions toxiques

Chaque religion connaît son aile rigoriste, ce phénomène n’est pas nouveau. Mais en période de pandémie, les extrémistes se révèlent particulièrement toxiques pour le reste de la population. Leurs prises de position comme leurs actes témoignent à la fois d’une ignorance abyssale et du mépris total de la vie humaine, y compris de celle de leurs adeptes.

Ceux qui nient simplement la réalité de la pandémie.

Ils partagent ce fâcheux comportement avec certains dirigeants, comme Bolsonaro au Brésil, ou encore Alexandre Loukachenko en Biélorussie[1] pour qui l’épidémie n’est qu’une « psychose », ou même Donald Trump dans les premiers jours de l’épidémie aux États-Unis.

En Grèce, au mois de Mars, l’Église de Grèce refusait les consignes du gouvernement et voulait continuer de donner la communion[2]. Elle récusait totalement toute possibilité de transmission de la maladie par la participation à l’eucharistie et à la communion. Non loin de là, l’Église grecque-orthodoxe de Chypre, tout en recommandant de respecter les mesures de prévention, assurait dans le même temps que « penser que la Sainte Communion peut transmettre une quelconque maladie » relevait du « blasphème ».

Ceux qui lui donnent une explication divine

Ils confortent leur discours de propagande habituel. C’est le cas de l’État islamique. Comme l’écrit Myriam Benraad[3] Chercheuse et professeure associée en science politique et relations internationales, Sciences Po – USPC : « Dans un éditorial en février dernier ouvrant sa principale publication arabophone « An-Naba’ », entièrement consacré à la pandémie, l’État islamique (EI) soutenait ainsi que Dieu prenait là une revanche impitoyable contre les « croisés » et les « adversaires de l’islam » – au premier rang desquels la Chine, l’Europe, les États-Unis et l’Iran chiite –, leur infligeant un supplice inouï, durable, et des souffrances décuplées répondant à celles subies par les musulmans sunnites partout sur la planète. Des groupes comme Al-Qaïda ou Boko Haram se sont également félicités de ce drame global. » Mais comme ils ne sont pas dupes de ce discours destiné à leur base, ils recommandent par ailleurs d’éviter les voyages vers l’Europe.

Ceux qui pensent que la prière ou les rituels peuvent guérir.

Les islamistes marocains se sont révélés tout aussi dangereux en appelant au rassemblement pour prier Allah alors que le gouvernement avait décrété un confinement. Des foules compactes se sont ainsi constituées dans les rues de Fès et de Tanger, entre autres, avec comme conséquence, une propagation accrue du virus dans les jours suivants.

Les leaders pentecôtistes au Brésil[4], se distinguant de la majorité des autres prêtres évangéliques, ont refusé de fermer leurs églises, prétendant lutter contre le virus par la prière. Il est vrai que le comportement irresponsable de Bolsonaro les conforte dans ce comportement, tandis que la justice et le personnel soignant se trouvent seuls en première ligne, mais pas sans efficacité heureusement.

En Israël, ce sont les ultraorthodoxes qui refusent de se confiner et continuent de se rendre dans les synagogues, pour des offices collectifs. A Bnei Brak, par exemple, banlieue de Tel Aviv où ils vivent en majorité, 900 personnes contaminées étaient recensées le 2 avril, soit 38% de la population. La ville est confinée et les entrées et sorties sévèrement contrôlées. La police effectue régulièrement des descentes dans des synagogues et arrête des récalcitrants réunis pour prier. Au total, un patient hospitalisé sur deux appartient à ces communautés orthodoxes alors qu’ils représentent seulement 10% de la population.

Le summum est sans doute atteint par l’Iran, où le déni de la maladie est constant. Quand les dirigeants font référence à la maladie, c’est pour dénoncer une pseudo guerre dans laquelle les États Unis auraient volontairement contaminé le pays. Les rassemblements, pèlerinages continuent d’être encouragés et organisés par le pouvoir en place. L’ONG Médecins sans Frontières avait dépêché une équipe sur place et s’est vue refoulée à la frontière. Le Comité de la morale dans la recherche de la ville de Qom, épicentre de l’épidémie dans le pays, parle de « l’effet des violettes et de l’huile aromatique d’amande douce sur la qualité du sommeil et de la respiration des patients atteints de maladie coronarienne ».

Et que dire de ceux qui, à Paris, à Saint Nicolas du Chardonnet ont tenté de célébrer un messe de Pâques clandestine, avant que la police n’intervienne pour mettre fin à cette folie ?

 L’obscurantisme, un danger pour tous

Nous ne connaissons pas et ne pouvons pas connaître le nombre de victimes dues au coronavirus en Iran et dans d’autres pays aux pratiques opaques et les comparaisons qui sont souvent faites dans les médias sur l’état de la pandémie, pays par pays, ne tiennent compte que de données officielles dont beaucoup sont, pour ces raisons en particulier, sujet à caution.

Il reste préoccupant de voir combien des croyances peuvent projeter des individus hors de la réalité et les pousser à adopter une sorte de pensée magique où le remède à tous les maux et au pire d’entre eux, la mort, est apporté par la divinité. La prière ou encore des recettes fantaisistes sont vantées par des prêtres, dont l’intention première est de détourner les fidèles des recommandations du corps médical et des lois de la « société profane ».

S’il n’est pas dans notre propos de nier ce que la prière peut apporter de réconfort moral aux croyants, il est évident que les recommandations dévoyées qui la transforment en thérapie ou en vaccin contre la maladie relèvent de l’obscurantisme.

Loin de ne mettre que leur propre santé et celle des fidèles en péril, c’est à la sécurité de tous les citoyens que ces fanatiques s’en prennent.

Martine Cerf

[1] Benoit Vidkine, Lemonde.fr 01-04-2020

[2] Arnaud Bavilacqua, La Croix, le 11-03-2020

[3] https://theconversation.com/quand-la-propagande-djihadiste-sempare-de-la-crise-sanitaire-135886

[4] Bruno Meyerfeld, LeMonde.fr 02-04-2020

La Présidente de la Commission européenne rappelle que les valeurs européennes doivent etre respectées

Madame Ursula Von Der Leyen a rappelé dans une déclaration publiée le 31 mars 2020, que les mesures de lutte contre la pandémie de Covid-19 prises par les Etats membres, devaient respecter les valeurs défendues par l’Union européenne, en particulier s’agissant des libertés. Cette déclaration fait suite aux mesures excessives du gouvernement Orban, qui, en Hongrie, profite de la situation pour limiter encore plus les libertés publiques.

Un guide pour lutter contre les violences intrafamiliales.

L’Assemblée des Femmes :  “En raison du confinement, les victimes de violences sont aujourd’hui enfermées 7/7 avec l’auteur des violences. Plusieurs dispositifs ont été mis en place ou renforcés.
Pour y voir plus clair et gagner en efficacité, l’Assemblée des Femmes a réalisé un guide à l’attention des victimes et des témoins.”

“La fermeture des écoles et des crèches, les mesures de confinement, le retour aux tâches essentielles de l’existence humaine, garder les enfants, apporter les soins, veiller sur les plus fragiles et les plus isolés (es), la charge mentale qui en résulte va placer en première ligne les femmes.”

“Vous y retrouverez la liste des dispositifs pouvant vous sauver ou sauver votre voisine, une proche ou une connaissance, ainsi que les numéros utiles et de nombreux conseils.”

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ICI, télécharger le guide pour lutter contre les violences conjugales en période de confinement.

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Edité par: Le site l’assemblée des Femmes

Le site du gouvernement : https://arretonslesviolences.gouv.fr/     

« La Réunion, les secrets de l’Île harmonieuse », oui mais !

Sur France Ô métropole,(* 1) nous avons pu voir tout récemment un beau documentaire sur « La Réunion, les secrets de l’Île harmonieuse ». Ce film met en exergue le « vivre ensemble réunionnais », notamment en ce qui concerne la cohabitation des religions. Néanmoins, à partir de la quarantième minute, ça se gâte. En effet, on peut y voir des atteintes sérieuses à la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Églises et de l’État comme des gendarmes en uniforme participant à des cérémonies et traditions religieuses …
Au-delà de ce documentaire, nous savons que souvent, les sous-préfets d’arrondissement sont présents dans ces mêmes cérémonies.

La société réunionnaise est en effet construite sur la base du communautarisme. Mais lors de la dernière campagne électorale des municipales, on a pu constater que le « vivre ensemble » n’est pas aussi clair. Nous avons pu entendre des discours reprenant des expressions racistes et des tournures pour le moins contraires à la cohabitation pacifique des religions.

Aurore Lagardère –  Michel Fouillet

Le Conseil scientifique ignore la laïcité

Le 23 mars 2020, le Conseil scientifique publiait un avis à la demande du ministre des Solidarité et de la Santé où, à côté des recommandations de santé publique que l’on attendait de lui, il recommande un « accompagnement spirituel », un “soin pastoral” des citoyens que l’État devrait soutenir : «  Cette permanence prendrait la forme d’accompagnement spirituel et bénéficierait d’écoutants sélectionnés, proposés et pris en charge par chacun des cultes, qui sont disposés à les mettre à disposition dans les plus brefs délais. Les écoutants, qui répondront dans une démarche inter-cultes, pourront orienter ceux qui le souhaitent vers des personnes désignées par chaque culte pour répondre à leurs besoins spécifiques. » écrit-il.

Ce Conseil, sans doute fort compétent en matière de santé, ignore totalement l’obligation de neutralité que l’État se doit de conserver en matière d’engagement spirituel. L’État n’a pas à en faire la promotion, fut-il « intercultuel ». Rien ne s’oppose à ce que les cultes mettent en place un numéro vert d’assistance spirituelle pour leurs fidèles, mais le principe de laïcité exige que l’État ne s’en mêle pas, ne le finance pas.

Le Conseil scientifique ignore également que la majorité des citoyens français se disant athées, agnostiques ou indifférents aux religions, les mesures qu’ils préconisent ne concernent qu’une minorité de nos concitoyens.

Bien que l’obligation de confinement s’impose à tous, y compris aux élus, il reste possible de poser au gouvernement, une Question écrite, signée de Françoise Laborde qui vient d’être déposée. Ce texte interpelle le ministre de l’Intérieur et signale l’incongruité de la proposition du Conseil scientifique. Il demande au ministre de rester respectueux des principes de la laïcité, à savoir : pas de reconnaissance ni de financement des cultes et respect de la neutralité de l’État.

Lire la Question écrite

Martine Cerf et Françoise Laborde

 

La Cour européenne des Droits de l’homme ne cautionne pas la “liberté de conscience” prônée par l’Église en matière d’IVG.

D’après un article publié par la Fédération Humaniste Européenne

Le 11 mars, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a refusé de se saisir de l’affaire de deux sages-femmes suédoises qui avaient déposé une plainte pour discrimination, au motif qu’on leur avait refusé un emploi de sage-femme après qu’elles aient exprimé leur impossibilité de collaborer à des avortements en raison de leurs convictions religieuses. Elles alléguaient que cela constituait une violation de leur droit à la liberté de religion et de conscience. La Fédération humaniste européenne (FHE) et les Humanistes suédois se félicitent de la défense d’un accès sûr et légal à l’avortement qui découle de cette décision.

La portée de la décision va au-delà du droit de deux personnes de refuser d’effectuer certaines tâches, car elle affecte directement l’ensemble du système de santé suédois et en particulier l’accès à l’avortement. En déclarant la plainte irrecevable, la Cour a fait un pas important vers la protection de la santé et des droits sexuels et reproductifs des femmes, y compris l’accès à certains types de soins ou à une contraception abordable.

Le cas des sages-femmes suédoises n’est pas isolé. Il s’inscrit dans le cadre d’une campagne active contre l’avortement menée par l’organisation juridique chrétienne Alliance Defending Freedom, connue pour associer homosexualité et pédophilie et pour utiliser la liberté de conscience comme moyen de discrimination à l’encontre des personnes LGBTI. Au cours des dernières années, les mouvements conservateurs et réactionnaires ont gagné du terrain en Europe avec un programme commun : limiter les choix des femmes pour les questions qui concernent leur corps.

La FHE et les Humanistes Suédois rappellent que la liberté de religion ou de croyance, et plus particulièrement l'”objection de conscience”, ne doit pas être utilisée pour faire reculer la protection de la santé ni les droits sexuels et reproductifs. Selon le Parlement européen, si les États ont l’obligation de trouver un équilibre entre le droit des prestataires de santé à exprimer leurs convictions et la garantie de l’accès des personnes aux droits sexuels et reproductifs, ils ne l’atteignent pas le plus souvent. Lire le jugement GRIMMARK v. SWEDEN

Traduction et adaptation M.C

“Nous demandons la décanonisation de Jean-Paul II”

Cette tribune, signée de Anne Soupa et Christine Pedotti, publiée le 11 mars 2019, à l’occasion de la journée des droits des femmes n’a pas pris une ride et peut être relue aujourd’hui. Elle témoigne que le combat pour les droits des femmes et l’égalité est porté par des citoyens et des citoyennes de convictions et croyances diverses. Une belle illustration de ce qu’est la laïcité : un principe qui nous permet de construire ensemble une même société plus égalitaire et plus juste. Lire la tribune

La Nouvelle-Zélande dépénalise l’avortement

Respectant une promesse de campagne, Jacinda Ardern,  première ministre néo-zélandaise a fait voter au Parlement ce mercredi 18 mars, la dépénalisation de l’avortement. La loi jusque-là en vigueur, qui datait de 1961, punissait l’avortement de quatorze ans prison, à moins qu’il ne s’agisse d’un cas “extrême” (inceste, anomalie fœtale ou de risque pour la santé physique ou mentale de la femme enceinte) . Ce texte n’avait jamais été appliqué, mais il paraissait indispensable d’y renoncer. Nombre de femmes devaient mentir à leur médecin pour obtenir une IVG.

 

Le sport ciment d’intégration doit être préservé de l’empreinte du religieux.

“L’on observe une intensification de la religiosité dans quelques clubs sportifs […] l’on observe des revendications d’ordre religieux. Ceux-ci sont indéniablement la marque d’une confusion entre l’espace sportif et l’espace cultuel, d’une absence de repères (que déplorent même des éducateurs de confession musulmane), d’une méconnaissance voire d’un refus des codes républicains et laïques.”

“Comme l’école de la République, les clubs sportifs doivent être préservés de l’empreinte du religieux.”

Lire  William Gasparini dans une tribune au « Monde », publiée le 26 février 2020.

A la suite de l’affaire Mila, le Collectif laïque national demande au Ministre de l’Éducation nationale d’agir dans les établissements scolaires

Lorsque la jeune Mila a été menacée sur les réseaux sociaux, certains élèves de son lycée ont relayé ces menaces. Il a fallu la retirer de cet établissement et trouver une solution alternative afin qu’elle puisse poursuivre sa scolarité. Cependant, le Collectif laïque a estimé qu’il était important d’avoir une action pédagogique et disciplinaire à l’encontre des jeunes qui avaient proféré des menaces. Il l’a exprimé dans une lettre adressée à Jean-Michel Blanquer, dont ÉGALE est aussi signataire.

La Grande Mosquée de Paris publie des recommandations pour “Prévenir la radicalisation”

Chems-eddine Hafiz, recteur de la Grande Mosquée de Paris signe un document intitulé “Prévenir la radicalisation’, dans lequel on peut lire : “Rien, absolument rien, ne peut justifier des violences perpétrées au nom de notre religion.” […] “L’islam respecte notamment un principe essentiel de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme : la liberté de conscience, celle de croire ou de ne pas croire.” […] “Que l’on soit citoyen français ou résident étranger, la République assure aux musulmans, dans le respect de la laïcité, qui est un dispositif protecteur pour les fidèles de toutes les religions, la possibilité d’accomplir leur culte librement et sans contrainte. […]

Vingt recommandations pour traiter les menaces qui pèsent sur la société française et sur l’islam.

Lire la lettre des imams de la Grande mosquée de Paris à l’ensemble des musulmans de France  et à la communauté.

Nécessité et impossibilité d’un discours présidentiel sur la laïcité

Par Jean-Éric Schoettl

L’actuel Président de la République n’a toujours pas produit de discours général sur les rapports entre l’État et les religions.

Il devait le faire, disait-on, à la fin de l’année 2018. Ce fut reporté. Il allait le faire, assurait-on, le 18 février 2020 à Mulhouse. Que dirait-il ? Nous n’en savions rien. Que pensait-il ? Nous nous perdions en conjectures.

Nous ne sommes toujours pas fixés. Lui non plus sans doute, tant le sujet est délicat, tant il semble lui glisser des mains. C’est même un des grands angles morts de sa campagne présidentielle, un non-dit du nouveau monde, avec la question, évidemment corrélée, de l’immigration.

Au cours de ses trois premières années de mandat, quelques prises de position éparses d’Emmanuel Macron suscitent la perplexité. Lire la suite

 

A Mulhouse, le président a esquissé les prémisses d’un projet contre le « séparatisme ». Une amorce de réaction bien en deçà du nécessaire.

Que penser du discours du Président de la république du 18 février à Mulhouse, sur la lutte contre le « séparatisme islamique » ?

On peut constater que sa perception de la laïcité n’est pas la nôtre, car elle est associée à la liberté religieuse plus qu’à la liberté de conscience. Même s’il concède parfois qu’on peut ne pas croire, il affirme entre les lignes de toutes ses formulations que la norme serait d’avoir une religion. Les autres convictions étant englobées dans le fait « de ne pas croire ». Parlant de la laïcité, le président Macron s’appuie sur la loi, et la lettre de la loi. Il occulte la volonté émancipatrice de la laïcité, non inscrite dans le texte de la loi de 1905, mais maintes fois réaffirmée par ses promoteurs. Il la remplace par une simple neutralité qui n’incomberait qu’à l’État, les citoyens étant libérés de toute contrainte autre que le respect la loi. Mais que serait l’avenir d’une République laïque, si ses principes n’étaient soutenus par les citoyens ?

Pour ce qui concerne les mesures elles-mêmes, la plupart vont sans aucun doute dans le bon sens : contrôler les investissements étrangers qui s’accompagnent de la volonté de répandre une idéologie contraire aux valeurs de la République, remplacer les enseignements ELCO par des enseignements contrôlés par l’Éducation nationale (qui veillera à l’étude de la littérature plutôt qu’à celle des textes dits sacrés), renoncer aux psalmodieurs et imams importés, agir contre la déscolarisation, les écoles hors contrats aux programmes douteux, soutenir les associations de quartiers, restaurer la présence de l’État…Ces mesures vont dans le bon sens, pour peu qu’elles soient réelles. On peut en douter, comme de l’affirmation que les subventions aux associations de quartiers ont augmenté dans les trois dernières années ! Quant à la présence de l’État dans tous les territoires de la République, il manque encore le grand projet qui inverserait la tendance à la fermeture des services publics dans les lieux abandonnés ces dernières années.

Alors oui, ces mesures amorcent une politique, mais certainement pas de nature à faire barrage aux graves questions posées par l’infiltration des frères musulmans dont le projet avoué est d’islamiser la société en retournant contre elle ses propres principes démocratiques ou par l’imprégnation des idées salafistes qui conduisent ses adeptes à se tenir en marge d’une société dont ils exècrent les valeurs. Saluons à ce propos le récent manifeste de la Grande Mosquée de Paris : « Prévenir la radicalisation, vingt recommandations pour traiter les menaces qui pèsent sur la société française et sur l’islam ».

Les idées que le gouvernement veut combattre sont largement véhiculées par certains de nos concitoyens. Pour lutter contre ces projets de société antirépublicains, anti laïques, liberticides, il faut proposer un projet positif de société, clairement exprimé, qui entraîne et rassemble. Un projet de société laïque, fondé sur la liberté individuelle dans le respect de l’intérêt général, sur l’égalité de tous et la justice sociale, sur la fraternité enfin qui se traduit par la solidarité et l’attention à l’autre pour ne laisser personne de côté.

Françoise Laborde et Martine Cerf

 

Génération offensée

«  C’est l’histoire de petits lynchages ordinaires, qui finissent par envahir notre intimité, assigner nos identités, et censurer nos échanges démocratiques.  Une peste de la sensibilité. Chaque jour, un groupe, une minorité, un individu érigé en représentant d’une cause, exige, menace, et fait plier.
Au Canada, des étudiants exigent la suppression d’un cours de yoga pour ne pas risquer de «  s’approprier  » la culture indienne. Aux États-Unis, la chasse aux sorcière traque les menus asiatiques dans les cantines et l’enseignement des grandes œuvres classiques, jugées choquantes et normatives, de Flaubert à Dostoïevski. Des étudiants s’offusquent à la moindre contradiction, qu’ils considèrent comme des «  micros-agression  », au point d’exiger des «  safe space  ». Où l’on apprend en réalité à fuir l’altérité et le débat.
Selon l’origine géographique ou sociale, selon le genre et la couleur de peau, selon son histoire personnelle, la parole est confisquée. Une intimidation qui va jusqu’à la suppression d’aides à la création et au renvoi de professeurs. La France croyait résister à cette injonction, mais là aussi, des groupes tentent d’interdire des expositions ou des pièces de théâtre… souvent antiracistes  ! La police de la culture tourne à la police de la pensée.  Le procès en «  offense  » s’est ainsi répandu de façon fulgurante. «  L’appropriation culturelle  » est le nouveau blasphème qui ne connaît qu’une religion  : celle des «  origines  ».  » C. F.

Sans jamais vouloir  revenir à l’ancien temps, Caroline Fourest trace ici une voie authentiquement féministe et antiraciste, universaliste, qui permet de distinguer le pillage de l’hommage culturel.

Lire l’interview de Caroline Fourest

En librairie dès le 26 Février 2020

ABROGER LES ACCORDS DE LATRAN OU AU MOINS LES REFORMER

Par Marcello Vigli 13/02/2020

Près d’un siècle s’est écoulé depuis février 1929, lorsque le cardinal Pietro Gasparri et Benito Mussolini ont signé ce qui est entré dans l’histoire comme les Accords de Latran et pourtant il y a toujours ceux qui continuent de demander leur annulation. Non seulement les laïques anticléricaux « habituels » qui revendiquent la laïcité de l’État, mais aussi de nombreux catholiques « conciliaires » qui se sentent légitimés par la renaissance du message conciliaire du pape François. Lire la suite

Affaire MILA : Que se passe-t-il au pays de Voltaire et Diderot ?

“Une jeune femme dont la vie est mise en danger pour avoir usé de sa liberté d’expression. […] Cette affaire trahit un inquiétant brouillage des repères que la société se donne en matière de libertés fondamentales. Le délit de blasphème n’existe plus depuis 1881…[…] Le comble de la confusion est atteint lorsque la ministre de la Justice, …

Lire la suite

 

 

Egale écrit à la ministre de la Justice

A la suite des déclarations de Madame Belloubet sur les limites que selon elle, la liberté d’expression devait avoir, il nous a semblé important de lui demander de clarifier sa position quant à la nécessité d’interpréter le droit ou de légiférer dans ce sens. Lire la lettre adressée à Mme Belloubet par la présidente, Françoise Laborde

La Hongrie tourne le dos à l’Europe

Un rapport écrit par un certain nombre de personnalités et intellectuels hongrois a été présenté le 28 janvier 2020 au Parlement européen. Il met en évidence la façon dont le gouvernement Orbán procède depuis de nombreuses années pour que toute la politique culturelle, d’éducation et de diffusion de l’information soit au service de la propagande officielle du Fidesz. Relecture de l’actualité, réécriture de l’histoire et des traditions hongroises, abandon de l’éducation aux églises, oppositions aux valeurs européennes et des Lumières, éviction de tous ceux qui ne soutiennent pas le gouvernement sont les maîtres mots de la politique gouvernementale. Ils ont conduit à une terrible régression culturelle de la Hongrie.

Au delà de ce qui concerne leur pays, les auteurs du rapport veulent nous alerter sur les conséquences désastreuses sur le long terme de l’arrivée au pouvoir d’un parti populiste.

Lire le résumé (en français). Lire le rapport (en anglais)

L’affaire Mila et la réintroduction du délit de blasphème en droit français

Par Jean-Éric Schoettl

L’incrimination de blasphème a été abolie en France avec l’abrogation des délits d’outrages à la « morale publique et religieuse » ainsi qu’aux « religions reconnues par l’État », concomitamment à la proclamation de la liberté de la presse en 1881.

L’alliance d’une cabale des dévots d’un nouveau type, d’une part, et du souci exacerbé de ménager la sensibilité de l’Autre, d’autre part, va-t-elle conduire à revêtir d’habits neufs le délit de blasphème ?

Telle est, entre autres problèmes de société, la question que pose l’affaire Mila. Lire la suite

Le Conseil de l’Europe a suivi les recommandations des laïques en rejetant les accommodements raisonnables

Ce mercredi 29 janvier 2020, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a voté la résolution “Protection de la liberté de religion et de conviction sur le lieu de travail”  en adoptant les amendements proposé par les laïques et en refusant la notion d’accommodements raisonnables. Le danger était que cette notion qui n’existe pas dans le droit européen, y soit introduite et serve ensuite de prétexte pour accorder la primauté aux impératifs religieux et à refuser des libertés aux citoyens au nom de la religion. Ce point de vue dont les dégâts sont visibles au Canada et sert en particulier dans les instances internationales, à combattre les  droits des femmes et des personnes LGBT, entre autres.

En clair, à l’issue de ce vote, les États membres du Conseil de l’Europe ne recevront pas de recommandation d’inscrire les accommodements raisonnables dans leur droit national, ce qui aurait été le cas si le texte initial avait été voté.

ÉGALE  avait été alertée par la Fédération Humaniste européenne (FHE), dont elle est membre, et avait fait parvenir aux députés français une lettre  accompagnée un texte précis expliquant les conséquences liberticides des accommodements raisonnables ainsi que les propositions d’amendements que nous recommandions. Ces amendements consistaient à remplacer les accommodements raisonnables par les principes d’égalité et de non discrimination.

D’autres associations membres ayant également agi de même dans leurs pays respectifs, l’information est parvenue aux bons interlocuteurs et nous avons été entendus.

Martine Cerf

 

Mila et cie : de l’outrage à l’outrance

Après que Mila, une adolescente a été menacée de mort pour avoir critiqué l’islam sur Instagram, le débat public a été traversé par l’amalgame entre la notion d’insulte à la religion et celle d’atteinte à la liberté de conscience. Où en est-on aujourd’hui avec le droit de critiquer la religion?

Entretien avec : Razika Adnani, Martine Cerf, Richard Malka, Jean-Eric Schoettl

Ecouter l’émission « Signes des temps » par Marc Weitzmann (France Culture) du 02 février 2020

Affaire Mila : “Les propos de Nicole Belloubet sont irresponsables et fondés sur une ineptie juridique”

La garde de Sceaux a provoqué un tollé en assimilant “l’insulte à la religion” à “une atteinte à la liberté de conscience”. Réaction à l’affaire Mila, une adolescente menacée de mort pour avoir critiqué l’islam. Nicole Belloubet plaide la maladresse. Propos scandaleux pour l’avocat de l’adolescente.

Lire et écouter l’entretien avec Maître Richard Malka, l’avocat de l’adolescente et de Charlie Hebdo, 

L’affaire Mila ou le retour du délit de blasphème

Faut-il assister, quelques années après son abolition au retour du délit de blasphème ? Aura-t-il suffi qu’un groupe de fanatiques hausse le ton, pratique couramment la menace de mort sur les réseaux sociaux pour que les belles résolutions du législateur dans la défense de la liberté d’expression soient à nouveau remises en cause ?

Les faits sont pourtant assez simples et limpides : une adolescente, Mila, s’en prend violemment sur Instagram, à une religion qu’elle exècre (c’est son droit), en réponse aux propos harcelants d’un dragueur plutôt insistant. Aussitôt déferlent sur elle des insultes sexistes et menaces de mort que certains trouvent justifiés. Pourtant, les propos de Mila n’étaient pas un appel à la haine de qui que ce soit, elle n’a pas contrevenu à la loi. Mais voilà que certains voudraient la faire passer de victime à coupable. Au lycée, les reproches pleuvent, elle ne peut plus s’y rendre, un porte-parole du CFCM déclare : «Elle l’a cherché, qu’elle assume», pire, le procureur de la République de Vienne a jugé opportun d’ouvrir aussi une enquête contre elle pour «provocation à la haine religieuse».

La liberté d’expression est pourtant, à l’évidence la liberté de dire ce que certains approuveront et qui peut-être en choquera d’autres. Mais cela déplaît aux censeurs qui voudraient interdire de parole tous ceux qui ne partagent pas leur avis et pratiquent couramment l’intimidation, les insultes et les menaces de mort. Soutenus et encouragés en cela par ceux qui par peur ou par lâcheté, épousent leur point de vue, pour ne « pas faire de vagues ».

Pourtant c’est la démocratie elle-même, derrière la liberté d’expression, qui est attaquée et c’est bien elle qu’il faut défendre sans concession aucune ou renonciation aux libertés qu’elle garantit.

N.B. Nous prenons acte de la rectification tardive opérée par Madame Belloubet, garde des sceaux. Elle était parfaite sur le fond, mais arrivait si tard…

Martine Cerf

Lire la lettre d’EGALE à Mme Belloubet

Lire la Tribune : «Affaire Mila: prétend-on créer un délit de blasphème dans le droit français?», parue dans le Figaro du 28 /1/2020

Lire la réflexion de Catherine Kintzler sur Mezetulle : “It hurts my feelings”

Je suis Charlie : Les coordinateurs d’ÉGALE en Région en action.

   A RODEZ, Bernard FERRAND Vice-Président représentera ÉGALE , le 11 janvier, lors du rassemblement en hommage à Charlie Hebdo. Lire l’article de la Dépêche

A ST PHILIBERT, (Morbihan) Yves Le Bihan rend hommage à Charlie sur son mur de maison. La liberté d’expression .Lire la suite

A TOULOUSE,  Place du Salin, le 11 janvier à 14h00, Francoise Laborde Sénatrice de Haute Garonne et Présidente d’ ÉGALE participera à la manifestation en hommage à Charlie. Lire l’intervention du 8 janvier au Senat.

Francoise Laborde Sénatrice de Haute Garonne et Présidente d’ ÉGALE à l’Assemblée Nationale pour la projection du documentaire ” Rien n’est pardonné”  Lire la suite

Québec abolit le cours d’Éthique et Culture religieuse

10 janvier 2020 à 5h00 Hugo Pilon-Larose, La Presse.ca

Le gouvernement Legault abolit le cours d’éthique et culture religieuse (ECR), dont le titre accorde une « importance démesurée » aux religions, pour le remplacer dès la rentrée scolaire 2022-2023 par un nouveau programme dont le contenu reste à définir. Lire la suite

Report de la manifestation parisienne : « DE CHARLIE A LA RÉPUBLIQUE » prévue le 11 janvier 2020

C’est avec regret que les associations initiatrices du « Collectif du 11 janvier » ont pris la décision de repousser la manifestation prévue à Paris à une date ultérieure, qui vous sera communiquée au plus tôt.

En effet, nous ne pouvons que constater que les conditions requises pour un tel événement ne sont pas réunies. La grève des transports rendra très malaisé voire impossible l’accès aux lieux de rassemblement dans la capitale. La multiplication des manifestations engendrées par le mouvement social, le 9 janvier et désormais le 11, dans un secteur très proche de celui qui était choisi, rend la tenue de l’événement encore plus difficile.

Nous avons donc décidé de reporter l’événement pour en assurer le succès et l’indispensable sérénité.

ATTENTION : CETTE DÉCISION NE CONCERNE QUE LA MANIFESTATION PARISIENNE. LES ÉVÈNEMENTS PRÉVUS EN RÉGIONS AURONT BIEN LIEU AVEC LE TOTAL SOUTIEN ET LA PARTICIPATION DU « COLLECTIF DU 11 JANVIER ».

 

 

De Charlie à la République : rassemblons-nous le 11 janvier 2020 !

Il y a cinq ans, des millions de citoyens se rassemblaient pour affirmer leur solidarité avec Charlie hebdo, les morts de l’hyper casher et les policiers, tous assassinés au nom de l’obscurantisme et du terrorisme islamiste.

Depuis cinq ans, d’autres attentats et d’autres tueries se sont ajoutés à celle-là. Nous n’oublions aucun mort ni aucun blessé depuis ceux de 2012 à Toulouse et Montauban.
C’est pourquoi le Collectif du 11 janvier appelle à un grand rassemblement national le samedi 11 janvier 2020 à Paris et dans toutes les villes de France.

De Charlie à la République, il n’y a qu’un chemin : celui du courage et de la liberté.  Lire la suite.

ÉGALE  a rejoint le collectif du 11 janvier. Les dernières informations sur ce rassemblement seront données sur la Page Facebook l’événement. Un compte twitter est également ouvert.

 

Vers un traitement équitable des églises et des organisations philosophiques par le Parlement européen ?

Le 13 novembre 2019, la Vice-présidente du parlement européen en charge de l’organisation du dialogue institutionnalisé avec les églises et les organisations philosophiques et non confessionnelles (Article 17 du Traité de fonctionnement de l’UE), organisait une réunion au cours de laquelle, l’association Humanists International (anciennement IHEU), présentait les résultats de son étude 2019 sur la liberté de penser (L’intégralité de l’étude est consultable sur le Net). Cette étude passe en revue la quasi totalité des pays du monde et établit un classement en fonction du degré de liberté de penser dont jouissent les citoyens. La France est classée 4e, derrière La Belgique, les Pays-bas et Taïwan, tous trois 1ers. Des résultats bons à connaître et que l’on peut opposer à ceux qui prétendent qu’il existe un « racisme institutionnel » en France. Lire la suite

 

Florence Parly présente le livret : “Expliquer la laïcité Française”.

  • Lundi 9 décembre, Florence Parly, Ministre des Armées a présenté, un an après le premier livret, la deuxième édition du livret ” Expliquer la laïcité française : une pédagogie par l’exemple de la laïcité militaire ” en présence des quatre aumôniers (*) militaires en chef des armées des cultes catholique, israélite, musulman et protestant.
  • Lire le discours 

 

Lire le livret 

 

Regarder la vidéo 

 

Lire l ‘article       

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 (*) Ecclésiastique chargé de l’instruction religieuse, de la direction spirituelle et morale. Soldat sans arme. Il est non gradé de l’armé ce qui permet d’être hors hiérarchie.

Égalité de traitement entre les églises et les organisations philosophiques : ÉGALE écrit à la présidente de la commission européenne

La présidente de la Commission européenne avait mandaté la commissaire Vera Jourova pour diriger le dialogue avec les églises et les organisations philosophiques et non confessionnelles. Sa lettre de mission indiquait clairement une priorité donnée aux églises, ce qu’ÉGALE ne peut accepter. L’association européenne de la Pensée Libre (AEPL) avait déjà réagi  en écrivant à Mme von der Leyen, bien avant sa prise de fonction officielle.

ÉGALE vient de lui écrire officiellement afin d’obtenir des assurances que le traitement des deux types d’organisations resterait équitable. Nous resterons vigilants sur cette question jusqu’à ce que nous ayons obtenu les assurances que nous demandons et que nous les verrons se concrétiser dans les faits.

Martine Cerf

Qui veut tuer la laïcité ?

 

Quelle société voulons-nous pour demain ? À l’heure des choix engageants pour le vivre-ensemble, et alors même que le terrorisme n’a pas cessé, que l’exécutif et une partie de la majorité parlementaire naviguent aujourd’hui entre « flou » et hésitations quant à la Loi de 1905, c’est cette question que les auteurs de cet essai répondent.

Parution 13 décembre 2019

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Formulaire d’adhésion

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A régler par chèque à l’ordre de : «Association ÉGALE»

et envoyer à l’adresse suivante:

ÉGALE – Trésorier : Association EGALE – MVAC 15ème – Boite 18 –  22 rue de la Saïda   75015 PARIS

Ou par virement: IBAN – Identifiant international du compte

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( préciser sur le virement votre nom, prénom)

Pour toute information complémentaire, envoyez un courriel à : infoegale@gmail.com

 

Maintenez la Miviludes !

L’annonce de l’absorption de la MIVILUDES, le service de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires par le Ministère de l’Intérieur a choqué ceux qui se battent contre les dérives sectaires. Roland Biache, Secrétaire général de la Ligue des droits de l’Homme (LDH), adresse une lettre au Premier Ministre, cosignée par un collectif d’organisations de la société civile pour demander son maintien.

Une copie de ce courrier a été adressée à l’ensemble des parlementaires et aux associations travaillant sur cette thématique. Lire la lettre. 

Le HCE salue la sortie du rapport du GREVIO sur la lutte contre les violences faites aux femmes en France

Le Haut Conseil à l’Égalité (HCE) est l’instance nationale consultative indépendante chargée de la protection des droits des femmes et de la promotion de l’égalité des sexes. Il salue la sortie du rapport publié par le groupe d’experts sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (GREVIO) sur la mise en œuvre par la France de la convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (convention d’Istanbul).

Les conclusions de ce rapport tombent à point nommé alors que la France est engagée dans le ” Grenelle des Violences conjugales “. Elles comportent plusieurs recommandations stratégiques afin d’améliorer les dispositifs français. notamment :

  • Réexaminer la législation et les pratiques judiciaires, en particulier la pratique de la correctionnalisation qui permet de requalifier le crime de viol en délit d’agression sexuelle, et fonder la définition des violences sexuelles sur l’absence de libre consentement de la victime, en conformité avec l’article 36, paragraphe1 de la convention d’Istanbul.
  • Mettre en place de manière urgente des centres d’aide d’urgence pour les victimes de viols et de violences sexuelles et développer les dispositifs d’hébergements spécialisés destinés aux femmes victimes de violences en reconnaissant que seul un hébergement dans des structures dédiées non mixtes et spécialisées est à même de satisfaire aux prérequis de la convention.
  • Entamer un processus de révision du système des ordonnances de protection afin d’en permettre un usage plus systématique.
  • Mieux prendre en compte l’intérêt et la sécurité de l’enfant, en améliorant notamment l’application des dispositions légales sur le retrait de l’autorité parentale du parent violent et l’exercice exclusif de l’autorité parentale du parent victime, y compris dans le cadre de l’ordonnance de protection.
  • Harmoniser les conditions et les critères applicables pour la délivrance d’un permis de résidence autonome pour les femmes étrangères victimes de violences.
  • Accroître le budget dédié à la prévention et la lutte contre les violences et soutenir davantage l’action des associations spécialisées.

Poursuivre le soutien aux travaux du HCE et lui allouer les moyens humains et financiers nécessaires au développement de sa mission. Lire le rapport

Réponse du ministre de l’Éducation nationale à un sénateur qui demandait l’exclusion de Laurent Bouvet du conseil des sages de la laïcité

Le Sénateur PCF du Val de Marne, Pascal Savoldelli avait demandé au ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, d’exclure Laurent Bouvet du Conseil des sages de la laïcité au motif qu’il se serait rendu coupable d’agissements islamophobes. Il mettait en cause des tweets où Laurent Bouvet avait tourné en dérision l’affiche de la FCPE faisant la promotion des accompagnatrices voilées pour les sorties scolaires. Apparemment, cet élu supporte mal qu’on ne partage pas son avis et confond l’expression authentiquement et raciste (qui un délit) avec ce qui relève du simple débat d’idées (qui peuvent déplaire à certains, mais c’est légal.)

Le ministre lui a répondu par une fin de non recevoir lui rappelant quelques notions évidentes comme de liberté de parole des universitaires ainsi que la nuance entre une démarche judiciaire contre un délit et la censure politique.Lire la lettre

Martine Cerf

 

 

« ISLAMOPHOBIE », UN RACISME ?

Une analyse juridique du concept d’islamophobie élaborée par B.B., magistrat, Président de chambre correctionnelle d’une Cour d’appel, et François Braize.

URL : https://www.mezetulle.fr/islamophobie-un-racisme/ “Islamophobie : un racisme ?” par François Braize et B.B., Mezetulle, Décoda(na)ges, 7 novembre 2019.

Au-delà du soutien qu’il fallait légitimement apporter à Henri Pena-Ruiz à la suite de la publication par « Libération » de la Tribune du 4 octobre dernier (« Islamophobie à gauche : halte à l’aveuglement, au déni, à la complicité »), il est également indispensable de traiter la question juridique fondamentale que cette Tribune soulève (1). Lire la suite

Le sénat a voté pour la neutralité des sorties scolaires

Le Sénat a adopté mardi 29 octobre 2019, en première lecture,  par 163 voix contre 114, une proposition de loi visant à interdire le port de signes religieux ostensibles aux parents accompagnant des sorties scolaires. Ce texte a été déposé à l’Assemblée Nationale, où il devra être également voté pour être définitivement accepté.

Le ministre Blanquer a déclaré que ce texte avait fort peu de chances d’être adopté par les députés, compte tenu de l’opposition déclarée du gouvernement.

Voile des accompagnatrices scolaires : sortir de la confusion et de l’émotivité

Lettre ouverte au président de la République publiée dans Le Figaro du 7 novembre 2019, (en ligne sur Figarovox le 6 novembre)

Monsieur le Président,
« Le port du voile dans les services publics, à l’école, quand on éduque nos enfants, c’est mon affaire », avez-vous déclaré.
C’est bien le cœur de la question. Mais l’école de la République est-elle circonscrite aux murs d’un bâtiment ?
Le débat sur le port de signes religieux par des accompagnateurs de sorties scolaires n’est pas nouveau. À la suite de l’affiche de la FCPE présentant une accompagnatrice voilée, assortie du slogan : « Oui je vais en sortie scolaire, et alors ? », et de la légende suivante : « la laïcité c’est accueillir tous les parents sans exception », puis du déplorable incident impliquant un élu du Rassemblement national, le sujet flambe, souvent dans la plus grande confusion. Il faut
donc y revenir. Lire la lettre

 

 

Après l’UEFA,  la Fédération allemande prend position contre les pays qui imposent l’apartheid sexuel.

Le 24 septembre dernier, lors d’une conférence de presse tenue à Ljubjana le président de l’UEFA, Aleksander Čeferin avait conseillé à ses 55 fédérations et à leurs clubs européens,  « de  faire en sorte que leurs équipes ne jouent pas dans ces pays ou contre des équipes de ces pays où les droits basiques des femmes ne sont pas respectés », pointant notamment, comme l’avait fait Gianni Infantino, le président de la FIFA, « les deux pays qui n’autorisent pas hommes et femmes à regarder ensemble les matches ».  Ce conseil a été entendu et mis en application par le président de la Fédération allemande de football (DFP), Fritz Keller qui a  déclaré au journal Die Welt :  Nous n’enverrons aucune sélection dans des matches qui ont lieu dans des pays où les femmes n’ont pas les mêmes droits (…)  Nous ne jouerons pas où elles n’ont pas accès au stade et autres installations sportives”. Les deux pays dont il est question sont l’Iran et l’Arabie Saoudite, qui imposent un strict apartheid sexuel pénalisant principalement les femmes y compris dans le sport.

Il serait temps, comme nous l’avons demandé dans une lettre ouverte adressée au Comité d’Organisation des Jeux de Paris 2024 (*)  que le CIO prenne conscience de cette injustice faite aux femmes et se montre aussi sévère à l’égard de l’apartheid sexuel qu’il le fut à l’égard de l’apartheid racial.

Annie Sugier, présidente de la Ligue des Droits International des Femmes (LDIF)

Le fait en question

 

Qu’est-ce qu’un fait ? Qu’est-ce qui distingue un fait scientifique d’une opinion, d’une croyance, d’une rumeur ? Dans une époque marquée par l’émergence des théories du complot et la place prise par les fake news, ce livre collectif a l’ambition de défendre les Lumières et la science afin de combattre l’ère de la « post-vérité », mortifère pour la bonne santé de la démocratie. Il contribue ainsi à retrouver le chemin de la confiance entre les « experts » et le reste de la population, et à redonner de la force à notre démocratie.

Le fait en question, livre collectif en partenariat avec les éditions de l’Aube et le Muséum national d’histoire naturelle (7 novembre 2019)

Découvrez le livre

ÉGALE soutient l’Appel de Liège pour la laïcité

Parce que cet appel nous invite à affirmer que la laïcité est indissociable de la démocratie

Parce qu’on ne compte plus les offensives contre nos libertés soutenues par des mouvements religieux

Parce que trop de responsables religieux cherchent à imposer leur doctrine aux sociétés européennes, nous soutenons cet appel aux autorités publiques du monde entier à adopter le principe de laïcité. Lire l’APPEL DE LIEGE

Signez-le sur le lien : http://50ans.laicite.be/

Amine El Khatmi

 

 

 Conseiller municipal et communautaire à Avignon, Amine El Khatmi, 31 ans, est président du Printemps républicain. Fondée en mars 2016, l’association regroupe des intellectuels, des élus et des citoyens qui souhaitent défendre la laïcité et les principes républicains.

Laïcité, une histoire millénaire ?

 

Jean-François Colosimo, essayiste et directeur des éditions du Cerf, nous parle de “La Religion française” (Cerf, 2019), une histoire des relations que la France entretient avec sa laïcité.

Si le mot “laïcité” est relativement récent (il date de 1880) et même pas utilisé par la loi de séparation des Eglises et de lʼEtat de 1905, lʼidée de laïcité est le fruit dʼune histoire vieille de mille ans. Cʼest ce que montre lʼessayiste et romancier Jean-François Colosimo, par ailleurs directeur
des éditions du Cerf, dans son nouvel essai : La Religion française (Cerf, 2019), suite de Aveuglements : religions, guerres, civilisations (Cerf, 2018).
Revenant sur lʼhistoire de la religion en France, il redéfinit le terme de laïcité qui, dit-il, est aujourdʼhui compris par les camps religieux comme la capacité à gagner toujours plus de droits par rapport à lʼEtat. Or la laïcité telle que pensée en 1905 impose avant tout une neutralité de la loi qui rend possible une vie nationale.
On a perdu le fil de l’histoire : cette laïcité qu’on ne sait plus définir est devenue un mot valise. (Jean-François Colosimo)
Car lʼhistoire de France est celle dʼune conquête dʼindépendance par rapport à ces deux pouvoirs que sont lʼEmpire et lʼEglise : En France, dès les XIIIème et XIVème siècles, les rois de France sʼassurent que le spirituel nʼentre pas dans le temporel, car toute religion est productrice de fractures dans le corps politique.
La France constitue de ce fait une exception en Europe, tant par cette résistance au Saint-Siège que par ses tentatives de mixité religieuse, en témoigne lʼEdit de Nantes signé par Henri IV le 30 avril 1598 afin de faire table rase des fractures causées ou cristallisées par les Guerres de Religion.

L’observatoire de la laïcité de Saint Denis publie un communiqué après avoir été reçu à la mairie

Un militant qui tenait le stand de l’Observatoire de la Laïcité de Saint Denis (OLSD) au cours de la fête organisée par la ville de Saint-Denis le 5 octobre 20119 a été agressé par un couple dont la femme était intégralement voilée, en contravention avec la loi de 2010 sur l’interdiction du masquage du visage dans l’espace public. Pire, des agents privés chargés du maintien de l’ordre pour le compte de la Mairie de St Denis sont venus demander à ce militant d’effacer la photo qu’il avait prise de la contrevenante, sans même penser à demander à celle-ci de respecter la loi.

L’OLSD a demandé audience au Maire de Saint Denis et après avoir été reçu par une adjointe, il publie un communiqué.

 

Les DDEN ont été auditionnés par le Sénat à propos des sorties scolaires

Un commission sénatoriale étudie actuellement la proposition de loi déposée par la sénatrice Jacqueline Eustache Brinio sur la neutralité des accompagnants des sorties scolaires. Eddy Khaldi, président des DDEN a été auditionné et nous publions le texte de son intervention. Lire

Le texte amendé en commission doit être discuté en session le 29 octobre.

La Ville de Bruxelles rappelle l’interdiction du voile pour les sorties scolaires

RTBF-INFO Myriam Baele Publié le mardi 04 octobre 2016

Une maman voilée peut-elle accompagner la classe lors d’une sortie pour seconder le professeur ? “Non”, a rappelé lundi la ville de Bruxelles. Toute personne qui encadre des enfants doit afficher une neutralité confessionnelle dans les écoles de la Ville. Mais à l’athénée communal des Pagodes, des parents n’acceptent pas cette mise au point. Plusieurs d’entre eux étaient présents hier pour le rappeler lors d’un conseil communal.

Une réunion de parents de rentrée, en 3ème maternelle aux Pagodes. Une information a perturbé la séance. “On a appris par les enseignantes que dorénavant les sorties scolaires étaient limitées aux parents qui n’affichaient aucun signe religieux. Donc, pas les mamans voilées. Ça a été clairement dit”, explique Khadija Senhadji, maman d’une petite fille.

Les mamans voilées se sont d’un coup senties exclues. Cette école du réseau communal avait pourtant l’habitude d’associer les parents aux sorties de classes, quels qu’ils soient. “On a créé un problème là où il n’y en avait pas puisque jusqu’à présent ça n’a jamais posé le moindre souci, poursuit la maman. On reproche souvent aux parents de ne pas s’investir dans l’école ; mais participer à ces sorties est peut-être justement l’un des moyens les plus conviviaux et faciles de se familiariser à cette institution scolaire.”

La Ville assume ses consignes et recadre. “Oui” pour une participation de tous aux activités comme des fancy fair. Mais s’il s’agit d’encadrer les enfants, une neutralité s’impose. “Quand il s’agit d’activités auxquelles les parents sont conviés, ils sont là en tant que parents et ne sont évidemment pas tenus au respect de la neutralité. Par contre, quand des bénévoles interviennent dans nos établissements – et sont donc considérés comme encadrants – ils sont soumis aux mêmes règles que le personnel de la Ville, avec l’obligation d’être neutre”, cadre Faouzia Hariche, échevine PS de l’Enseignement.

Pour l’échevine, cette neutralité est garante d’ouverture à tous. Pour les parents mécontents, c’est exactement l’inverse : ressortir ce règlement a plutôt interrompu une tradition d’ouverture de l’établissement.

 

SOEURS D’ARMES un film de Caroline Fourest

Sœurs d'armes
Date de sortie 9 octobre 2019 (1h 52min)
Genres Action, Drame
Nationalité Français

Nous apportons notre total soutien à Henri Pena-Ruiz

Libération. Tribune par un collectif — 12 octobre 2019 à 11:01

En réponse à une tribune publiée dans «Libération» accusant le philosophe d’instrumentaliser la laïcité, plusieurs personnalités, d’Elisabeth Badinter à Michel Onfray, prennent sa défense.

Le 4 octobre, la version en ligne du journal Libération publiait une tribune signée par un «collectif d’élus et d’acteurs associatifs», intitulée «Islamophobie à gauche: halte à l’aveuglement, au déni, à la complicité». Cette publication, qui appelle à faire de «l’islamophobie» un délit raciste, ne se contente pas de ressasser les thèmes du retournement victimaire chers à la mouvance dite «décoloniale» et à l’idiotie utile de l’islamisme meurtrier, elle ne se contente pas de donner une fois de plus les leçons de morale qui excusent l’inexcusable. Elle s’en prend expressément à la personne de Henri Pena-Ruiz (1).  Lire la suite

MOUVEMENTS IDENTITAIRES ET LIBERTÉ INDIVIDUELLES

Les vidéos des interventions et des débats du 07 octobre 2019:

Accueil, Françoise Laborde – Sénatrice de la Haute-Garonne

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  Les différents mouvements identitaires

Jean Glavany – Président du Think Tank l’Aurore

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Table ronde 1 :

Déconstruire les discours identitaires, la menace sur les libertés individuelles, animation : Bernard Ferrand, vice-président d’ÉGALE

Manuel Boucher, professeur des universités en sociologie à l’université de Perpignan Via Domitia.

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Karan Mersch, professeur de philosophie

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Sabine Prokhoris, essayiste et psychanalyste,

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Table ronde 2 :

Les projets politiques derrière les discours, animation : Jean-Claude Boual, secrétaire général adjoint d’ÉGALE

– Jérôme Safar, ancien premier adjoint au maire de Grenoble

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– Gilles Clavreul, délégué général du think tank l’AURORE

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– Pierre Juston, enseignant-chercheur (ATER) à l’Université de Toulouse

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Table ronde 3 :

Le projet de société laïque, animation : Marc Horwitz, ÉGALE

Martine Cerf, secrétaire générale d’ÉGALE, Gilles Clavreul, Pierre Juston, Jérôme Safar,

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Conclusion des débats et perspectives, Françoise Laborde, sénatrice

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Laïcité, une idée neuve en Europe ?

Le grand Orient de France a fait paraître le compte rendu de la conférence publique qu’il avait organisé le 9 février 2019,  sur le thème : « Laïcité, une idée neuve en Europe ? ». Les intervenants étaient

Martine CERF, secrétaire générale d’ÉGALE,

Odile LEPERRE-VERRIER, ancienne députée européenne,

Giulio ERCOLESSI, président de la Fédération Humaniste Européenne,

Claude WACHTELAER, président de l’Association Européenne de la Pensée Libre (AEPL).

Télécharger le compte rendu

Le Planning familial hésite à rester laïque ?

Depuis longtemps les débats internes se poursuivent à l’intérieur du Planning familial. Cette institution qui défend traditionnellement les droits des femmes, en particulier quand il s’agit de les affirmer face aux diktats religieux, connaît à l’interne une forte contestation relativiste qui voudrait faire de la place aux revendications religieuses, même lorsqu’elles s’exercent à l’encontre de la volonté des femmes. C’est ainsi qu’on a vu en septembre 2018, l’antenne du Planning familial des Bouches-du-Rhône partager le visuel d’une femme voilée et vantant la “modestie” dont cette pratique témoignait, avant de refuser de condamner explicitement l’excision. D’autres informations faisaient état de prises de positions enjoignant aux femmes de se soumettre à leur tradition d’origine. Des antennes du Planning se sont rapprochées de l’association Lallab, “féministes musulmanes” réclamant la seule liberté de porter le voile en toutes occasions.

Plus récemment Charlie Hebdo dénonçait les tentatives de féministes intersectionnelles adhérentes du Planning, afin de faire disparaître le mot laïcité de la charte du Planning. Certes, selon nos informations, il s’agirait là de débats internes, de brainstormings et de propositions qui ne s’imposent pas encore à l’ensemble de l’association, mais il reste qu’on peut s’inquiéter de l’apparition de propositions inimaginables dans cette vénérable organisation il y a quelques années.

Les manifestations de l’entrisme des “intersectionnelles”, pseudo féministes qui ne défendent pas les libertés des femmes, et des “féministes musulmanes” qui prônent la pudeur et la soumission aux injonctions de l’islam le plus conservateur, ont fini par alerter la secrétaire d’État à l’égalité, Marlène Schiappa. Celle-ci a réagi dans un courrier adressé à Caroline Rebhi, co-présidente du Planning. Selon le magazine Marianne, le courrier mentionne que le Planning familial “perçoit une subvention de l’État d’un montant de 272.000 euros chaque année au niveau central“, et précise que s’il “n’appartient pas au gouvernement d’arbitrer des débats de courants internes aux associations partenaires“, il “lui appartient en revanche de garantir la défense des valeurs de la République“. Mettant en garde contre le “relativisme culturel ou religieux qui tend trop souvent à justifier les inégalités femmes-hommes“, et “eu égard aux positions exprimées par certaines des antennes locales [du Planning familial]“, Schiappa réclame de “pouvoir échanger directement avec [Caroline Rebhi] sur les engagements du Planning familial, et notamment les potentielles conséquences de la suppression de la valeur “laïcité” des statuts” de l’association fondée en 1960.

Quoiqu’il en soit, Le Planning familial tiendra son congrès national les 25, 26 et 27 octobre prochains à Niort et nous sauront alors si les mises en garde de la secrétaire d’État ont été entendues. Si elles ne l’ont pas été, nous pourrons voir si sa détermination ira jusqu’à mettre sa menace à exécution et à supprimer les subventions d’une association qui aurait décidé de ne plus défendre les valeurs de la République. Car le risque est grand de voir s’étendre le nombre d’antennes qui recommanderont aux femmes venues dans l’espoir d’obtenir une IVG, d’y renoncer afin de se soumettre aux lois ancestrales de leurs origines.

Martine Cerf

 

Une exception à la loi de séparation des Églises et de l’État : le régime des cultes outre-mer. Une particularité : le régime applicable en Guyane.

En 1905, tous les territoires où la France exerce son autorité hors de la métropole ont le statut de colonie ou de protectorat. Les habitants originaires de ces pays, les indigènes comme on disait alors, n’avaient pas le statut de citoyen sauf dans le cas particulier de l’Algérie et des quatre communes de plein exercice du Sénégal (Dakar, Gorée, Rufisque et Saint-Louis) dont tous les habitants avaient la qualité de citoyen.

La question s’est donc posée de savoir si le principe de laïcité et plus précisément si la loi de séparation des Églises et de l’État du 9 décembre 1905 devait être appliquée dans ces territoires. Lire la suite

L’UEFA a décidé d’agir contre l’apartheid sexuel

L’UEFA (Union des Associations Européennes de Football) a décidé d’inviter ses 55 fédérations et tous les clubs européens à : « faire en sorte que leurs équipes ne jouent pas dans ces pays ou contre des équipes de ces pays où les droits fondamentaux des femmes ne sont pas respectés ».

Cette décision a été prise en réaction au suicide de “Blue Girl” (Sahar Khodayari), poursuivie par la justice iranienne pour s’être montrée dans un stade, la tête découverte, bravant l’interdiction faite aux femmes d’assister en live à des matchs de football. Lire le communiqué de la LDIF

Les nombreuses actions de sensibilisations menées depuis des années auprès des dirigeants des fédérations de sport et des instances olympiques, à l’initiative de la Ligue du Droit International des Femmes, présidée par Annie Sugier, appuyée par de nombreuses personnalités (dont Françoise Laborde) et associations dont ÉGALE semblent commencer de porter leurs fruits.

La FCPE se prend les pieds dans le tapis laïque

En publiant cette affiche où elle montre une mère voilée et énonce : « La laïcité, c’est accueillir à l’école tous les parents sans exception », la FCPE a perdu de vue la finalité de l’école. Au lieu de prétendre, en reprenant des propos irréfléchis et dogmatiques que la neutralité à l’école exclurait les mères voilées, cette vénérable institution aurait dû, conformément à sa propre tradition défendre une école laïque destinée à « élever » les enfants dans les meilleures conditions d’apprentissage.

Il semble qu’il faut aujourd’hui leur rappeler cette évidence : l’école est faite pour accueillir et enseigner aux enfants et pas pour accueillir les parents. Les conditions optimales d’apprentissages définies par la loi comportent une obligation de neutralité des cours, des personnels et des élèves. Les sorties scolaires sont un moment d’apprentissage et pas de simples promenades, ce qui implique que les conditions des cours en classe s’y appliquent, donc la neutralité. Les élèves sont tenus de ne pas arborer de signes religieux ostensibles. Au nom de quoi des accompagnateurs qui viennent prêter mainforte aux enseignants devraient-ils s’affranchir de cette règle ?

Une croyance ou une conviction ne justifie pas qu’on demande à toute l’école de se plier à ses propres règles. C’est au contraire aux personnes qui collaborent à un moment d’enseignement, (parents ou autres accompagnateurs) de respecter celles qui prévalent à l’école.

Laissons le dernier mot au fondateur de la FCPE, Jean Cornec définissant ainsi la laïcité dans son livre La Laïcité, (Studel, 1965) : « Elle [La laïcité ] estime aussi que dans un pays aussi divers que la France il existe pour tous les enfants, quelles que soient les opinions de leurs parents, un trésor moral commun, une adhésion à des principes essentiels, suffisants pour fonder une éducation à laquelle les familles doivent pouvoir ajouter, hors de l’école, leurs conceptions propres, tout en respectant, dans l’enfant, l’adulte qu’il sera demain. »

Voilà le projet scolaire que la FCPE devait défendre, voilà le projet qu’elle a perdu de vue.

Martine Cerf

N.B Nous recevons le communiqué de la fédération de la Corse du Sud, en désaccord avec le siège. Lire le communiqué

 

L’INSTITUT DU DROIT LOCAL ALSACIEN ET MOSELLAN UN ORGANISME PARTISAN

L’Institut du Droit Local (IDL) a été créé en 1985 sous une forme associative avec la participation des principales collectivités publiques des trois départements de la Moselle et du Rhin. Son financement est toujours aujourd’hui, pour l’essentiel, assuré par des cotisations et subventions publiques.

Les autorités locales, mais aussi nationales, considèrent cet organisme comme une référence juridique de premier ordre pour ce qui concerne les régimes dérogatoires au droit national. C’est ainsi que le décret de 2014 (signé J.-M. Ayrault) qui institua la très officielle Commission du Droit Local a confié à l’IDL le secrétariat de la nouvelle instance…

Or, si l’IDL a effectué un important et très utile travail de compilation, classement et traduction des textes parfois peu accessibles et en langue juridique allemande, force est de constater aujourd’hui qu’il est devenu essentiellement un organisme militant.  Lire la suite

Le racialisme : un danger pour la laïcité et la nation

Le 15 septembre 2019 est relayé par le site Secularism is a Women’s Issue un article au titre provocateur : « Rokhaya Diallo dans les pas de Jean-Marie Le Pen. » Je découvre que le négationnisme le plus éculé refait surface par le biais d’une journaliste, animatrice de radio, membre de l’association Les Indivisibles, par ailleurs en lien avec le Parti des Indigènes de la République. Les dégâts causés par la mouvance des racialistes dont elle est l’une des porte-paroles deviennent insupportables. Lire la suite

Les religions font leur entrée politique dans l’Union européenne

L’Union européenne n’est pas laïque, ça, on le savait. Pas de séparation entre Églises et institutions politiques, mais une neutralité des institutions et un dialogue institutionnel avec les représentants des religions et ceux des associations philosophiques et non confessionnelles. ÉGALE a régulièrement participé aux travaux avec les organisations philosophiques et non confessionnelles et chaque fois, nous avons tenté d’apporter une contribution positive à la construction européenne en faisant des propositions concrètes.

Qu’en a-t-il été dans la pratique ? Les religions sont bien plus nombreuses que les associations philosophiques et non confessionnelles. Elles sont également plus structurées et organisées pour mener un lobbying efficace avec des collaborateurs professionnels salariés et de nombreux bénévoles. Elles bénéficient d’un ascendant étonnant sur les élus et de façon surprenante, ne rencontrent aucun démenti lorsqu’elles disent représenter, qui les catholiques, qui les adventistes, qui les bouddhistes etc…Aucun élu (démocratiquement élu) ne leur a jamais rappelé que leurs coreligionnaires ne les avaient pas mandatés pour les représenter politiquement, ni même pour autre chose, puisqu’ils sont nombreux à être simplement nommés par leur hiérarchie au poste qu’ils occupent. En réalité, et il serait opportun de ne pas l’oublier, ils ne parlent qu’au nom de leur doctrine religieuse et de leur institution et affichent des préoccupations qui sont assez différentes de celles des citoyens. On le constate dès qu’il s’agit de l’égalité hommes/femmes, d’IVG, de PMA, de bioéthique…

Pourtant les institutions européennes continuent de leur donner la préférence et les symptômes de cet état de fait se multiplient : deux réunions par an avec eux, une seule avec les organisations non confessionnelles, des responsables au plus haut niveau qui se déplacent systématiquement pour les rencontrer, ce qu’ils ne font pas pour nous, l’acharnement à défendre la liberté de religion tandis que la liberté de conscience est passée sous silence…Une tentative en cours pour installer une structure de dialogue permanente avec les responsables des cultes auprès du Parlement…Et maintenant une plateforme d’échange entre les organisations travaillant sur la foi et l’inclusion sociale financée par l’Union européenne qui prétend affirmer le rôle social positif des religions. Pas un mot de l’action sociale d’acteurs laïques, ni des graves dangers que l’on court à vouloir se déclarer comme athée et libre penseur dans un grand nombre de pays.

Les citoyens athées, agnostiques et indifférents aux religions, majoritaires dans l’Union européenne auront-ils encore la possibilité de se faire entendre au cours de cette législature ? Être entendus, c’est à dire pas seulement poliment écoutés sans qu’on ne fasse rien de ce qu’ils demandent, mais reconnus et respectés enfin comme les textes législatifs  européens l’exigent.

Martine Cerf

ÉGALE réagit à l’annonce d’un “Erasmus pour les militants et acteurs de la société civile travaillant sur la foi et l’inclusion sociale”

Federica Mogherini, chef de la diplomatie européenne encore pour quelques semaines, a annoncé le projet de favoriser les échanges entres acteurs de l’inclusion sociale qui se revendiquent de la foi. L’Union européenne devrait consacrer à ce projet la somme de un million et demi.

Considérant que la religion n’est pas qu’un problème mais peut être la solution à la violence dans la société, l’Union européenne a donc décidé de faire indirectement la promotion de la foi. ÉGALE a demandé des explications et Merete Bilde, Conseillère auprès de Federica Mogherini nous a affirmé que les associations laïques seraient les bienvenues sur cette plateforme. Mais quel intérêt pour elles de débattre de l’importance de la foi, alors que leur seul objet est l’inclusion sociale ?

Encore une fois, les athées, agnostiques et indifférents aux religions sont oubliés, comme s’ils n’existaient pas, comme si leur rôle social était évidemment inexistant, comme si la condition naturelle de chacun était de se reconnaitre dans une religion.

Nous ne sommes évidemment pas opposés à ce que les structures de toutes natures travaillant sur l’inclusion sociale communiquent entre elles et fassent des échanges de bons procédés, sous l’égide de l’UE. Mais pourquoi y mettre le préalable de la foi ? Pourquoi faire semblant d’ignorer qu’à l’appel de chefs religieux, dans de nombreux pays, les athées sont pourchassés, mis en prison, condamnés à mort. Pourquoi rester sans réaction face à ce grave problème ? L’envoyé spécial de l’UE pour la “liberté de religion” Jan Figal, a reconnu qu’il ne s’en était pas occupé, tout en admettant que le sort des non religieux était loin d’être enviable dans les pays qu’il a visités.

Alors que faut-il comprendre ? L’UE a-t-elle décidé de sortir de la neutralité qu’elle se doit d’affirmer pour faire la promotion de la foi ? Croit-elle ainsi garantir la sécurité des minorités religieuses chrétiennes en sacrifiant les athées et libres penseurs ?

Nous ne saurions accepter ces dérives et demandons à la Commission de revoir le nom et l’objectif de cette plateforme pour l’adapter à tous les acteurs de l’inclusion sociale. Lire notre courrier à Mme Bilde

Martine Cerf

La nouvelle commission européenne semble vouloir donner la priorité aux représentants des cultes

Dans le cadre du dialogue institutionnalisé avec les représentants des cultes et des associations laïques et philosophiques, la nouvelle présidente de la Commission, Ursula von der LEYEN, a mandaté la commissaire Vera JOUROVA en charge des valeurs et de la transparence. A ce titre, Vera Jourova assurera la responsabilité de ce dialogue et sa lettre de mission (en anglais) mentionne en particulier : “You will lead the Commission’s dialogue with churches and religious associations or communities, as well as with philosophical and non-confessional organisations”. C’est à dire “Vous conduirez le dialogue de la Commission avec les Églises et les associations ou communautés religieuses, aussi bien qu’avec les organisations philosophiques et non confessionnelles.

L’insistance mise par la typographie sur les organisations religieuses montre clairement qu’il y a une hiérarchie entre les différents interlocuteurs. Cette inégalité de traitement est complètement inacceptable, d’autant qu’elle n’est pas indiquée dans les textes encadrant ce dialogue. C’est une innovation regrettable de la Président de la Commission que nos amis de l’Association Européenne de la Pensée libre ont su relever. Ils ont écrit à la Présidente une lettre de protestation.

Nous attendons la réponse, mais ÉGALE réagira aussi car il y a là un” faisceau d’indices” hélas, très concordants.

Martine Cerf

LA COLÈRE FÉCONDE DE MONA ELTAHAWY

Mona Eltahawy, à la tribune des Women’s Media Awards de New York, en novembre 2015. Brian Ach / AFP

Par Annick Cojean. Publié le 20 août 2019 : https://www.lemonde.fr/festival/article/2019/08/20/la-colere-feconde-de-mona-eltahawy_5501027_4415198.html

Musulmane et militante, la journaliste qui vit aux États-Unis dénonce les violences faites aux femmes en Égypte, son pays, et globalement au Moyen-Orient. Elle a écrit son dernier livre « avec suffisamment de rage pour propulser une fusée ». Lire la suite

Un rapport recommande de donner aux Églises un statut privilégié auprès du Parlement européen

La première vice présidente du parlement européen, Mairead Mac Guinness avait laissé en suspens un rapport à discuter en bureau du parlement, qui propose d’institutionnaliser le dialogue entre les églises et le Parlement. Après avoir dirigé le dialogue avec les organisations confessionnelles et non confessionnelles lors de la précédente législature, elle propose rien moins que de faciliter le lobbying constant des religions, ce qui menacerait la liberté des citoyens et des citoyennes européens. Rappelons la chronologie des faits. Lire la suite

Les Pays-Bas interdisent le masquage du visage dans les écoles, les hôpitaux, les bâtiments publics et les transports en commun.

La loi qui avait été votée en juin 2018 est entrée en vigueur le 1er aout 2019. Les vêtements masquant le visage sont donc proscrits dans les écoles, les hôpitaux, les bâtiments publics et les transports en commun. Le Ministère de l’Intérieur néerlandais rappelle que cette mesure est nécessaire à la sécurité et au non fonctionnement des services dans ces lieux où il est important que l’on puisse se regarder et se reconnaître.

La burqa reste autorisée dans la rue au contraire des législations en vigueur en France, en Belgique au Danemark et en Autriche.

 

À Bialystok, la Marche des fiertés a été polluée par les nationalistes homophobes.

D’après Jakub Iwaniuk dans Le Monde,

À l’annonce de la Marche des fiertés, dans la région très conservatrice de la Podlachie, soixante contre-manifestations – nationalistes, ultracatholiques, parfois violentes – ont été signalées ce 20 juillet. A Bialystok, un millier de supporteurs de football ultras du club local, proches des groupuscules nationalistes, en particulier, ont diffusé des messages homophobes.

Une Marche très chahutée

Les premiers manifestants LGBT se sont fait injurier et parfois bousculer. Des projectiles sont lancés en direction des manifestants. La marche s’est cependant déroulée, encadrée par les forces de l’ordre.

Les responsables de l’Église avaient annoncé quelques jours auparavant qu’ « avec l’accord du maire, il y aura dans notre ville Sodome et Gomorrhe ». Des prières sont organisées pour la reconversion de ceux qui défilent. Allant dans le même sens, une lettre du métropolite de Bialystok a également été lue dans toutes les églises de la région. Sur le parcours de la Marche, de vieilles dames, chapelet à la main, se mêlent aux jeunes ultras, et, entre deux hurlements homophobes, prient le Notre Père.

 

Une campagne de dénigrement « anti-LGBT »

L’élément déclencheur fut la signature, en février, par le maire de centre droit de Varsovie, d’une « charte LGBT », mettant en place des mesures antidiscrimination. Ce qui a provoqué la réaction contraire des médias pro gouvernementaux, du parti PiS au pouvoir.

La presse ultraconservatrice assimile ouvertement l’homosexualité à la pédophilie, titre sur « l’homoterrorisme ». L’opposition est accusée de vouloir « sexualiser les enfants en bas âge », sous prétexte de promouvoir une éducation sexuelle selon les standards de l’Organisation mondiale de la santé. Un publiciste de droite très en vogue va jusqu’à écrire qu’il faut « tirer sur l’idéologie LGBT » sans être inquiété par la justice.

Le tribunal constitutionnel, la plus haute instance juridique du pays étroitement contrôlée par le pouvoir, a créé une jurisprudence inquiétante en donnant raison à un imprimeur, condamné à trois reprises pour discrimination, qui avait refusé d’imprimer des tracts d’une organisation LGBT. « Nous vivons enfin dans un pays libre, où la liberté de conscience est respectée », a commenté le ministre de la justice, Zbigniew Ziobro. Une trentaine de communes ont adopté des arrêtés municipaux anti-LGBT. Certaines de ces initiatives ont été récompensées par des médailles du préfet de la région de Lublin.

Le journal d’extrême droite Gazeta Polska, proche du PiS, a annoncé vouloir distribuer dans sa prochaine édition des autocollants « Zones anti-LGBT ». Le tollé fut si fort que l’ambassadrice des États-Unis, Georgette Mosbacher, proche de Donald Trump, s’est sentie obligée de réagir. Campagne contre l’homophobie a émis le 18 juillet un communiqué, signé par quatre-vingts ONG de défense des droits humains : « Il est temps de le dire tout fort, “la vie des personnes LGBT en Pologne est en danger”. »

 

La nouvelle question laïque, Laurent Bouvet, Flammarion, 2019

La laïcité a longtemps été comme l’air que nous respirons : indispensable au bon fonctionnement de notre commun républicain sans que nous y pensions sinon lorsque la querelle scolaire venait régulièrement nous rappeler l’existence de «deux France», la catholique et la républicaine, que la loi de 1905 avait su concilier sinon réconcilier.
Aujourd’hui, la question de la laïcité se pose à nouveau. L’installation de l’islam comme deuxième religion française depuis une trentaine d’années, tout autant que la montée en puissance d’un individualisme qui traduit la liberté par «c’est mon choix!» et d’un communautarisme qui traduit l’égalité par «c’est mon identité!» ont bouleversé l’équilibre qui avait été trouvé il y a un peu plus d’un siècle.
La laïcité est devenue un enjeu majeur du débat public et, même, un sujet de polémique bouleversant les clivages classiques. Certains lui accolent des adjectifs pour l’amoindrir ou la détourner de son propos, d’autres voudraient la réduire à un simple œcuménisme.
Pour répondre aux défis contemporains, ce livre entend promouvoir le caractère original de la laïcité, fondé sur des valeurs humanistes, universalistes et républicaines.

Les Saoudiennes enfin autorisées à voyager seules

Femmes saoudiennes photographiées à l’occasion d’un tour guidé, en juin. Photo Fayez Nureldine. AFP 

Le gouvernement d’Arabie Saoudite a annoncé ce vendredi que les femmes pourront désormais voyager sans «gardien» masculin à l’étranger.

Symbole d’un système ultra-conservateur, les femmes en Arabie Saoudite n’avaient jusqu’alors pas le droit de voyager seules. Quotidiennement soumises à l’autorité de leurs pairs masculins, les Saoudiennes pourront désormais voyager seules, sans l’autorisation ni l’accompagnement de leur «gardien masculin». Cette interdiction ne constituait qu’une des pierres du royaume où la religion islamique reste un pilier du royaume.

Selon le quotidien proche du gouvernement Okaz et d’autres médias citant des sources officielles, toute Saoudienne âgée de 21 ans ou plus va pouvoir obtenir un passeport et quitter le pays sans la permission de son «gardien». Les fuites de Saoudiennes à l’étranger ont été souvent médiatisées ces derniers mois, ces dernières dénonçant la propagande du régime sur ces affaires de mœurs.

Même si le journal officiel explique qu’un passeport pourra être délivré à tout Saoudien qui en fait la demande, les modalités d’obtention du passeport ne sont pas encore dévoilées. A noter que cette réforme est complétée par la possibilité pour les Saoudiennes de déclarer officiellement une naissance, un mariage, un divorce, d’être titulaire de l’autorité parentale sur leurs enfants mineurs, des prérogatives jusqu’alors réservées aux hommes.

Politique de Mohammed ben Salmane

Cette mesure s’inscrit dans la politique d’émancipation des femmes menée par le prince héritier Mohammed ben Salmane depuis quelques années. Les autorités saoudiennes ont en effet accordé aux femmes le droit de conduire une voiture, d’assister à des matchs de football. Si ces nouveaux droits ont bénéficié à certaines, beaucoup dénoncent le caractère insuffisant de ces réformes, profitant à trop peu d’entre elles et ne remettant que très peu en cause le système de «gardien masculin».

Possédant une image internationale terne sur le plan des droits de l’homme, l’Arabie Saoudite essaie depuis quelques années de promouvoir sa politique d’émancipation de la femme à l’étranger pour redorer son blason. La mainmise du régime sur ces questions reste néanmoins ferme. Si des évolutions peuvent être contestées, peu de libertés sont accordés aux mouvements civils. En effet, plusieurs militantes féministes sont toujours en cours de procès.Souvent poursuivies pour des contacts avec des médias étrangers, des diplomates et des organisations de défense des droits humains, affirment avoir été torturées et harcelées sexuellement pendant leur détention.

Quentin Gilles avec AFP

 

 

À quand la fin du déni de la propagande islamiste ?

Verrons-nous enfin un gouvernement qui parlera d’une seule voix pour dénoncer la propagande islamiste et décider de la contrecarrer ? Cette propagande qui n’a jamais cessé d’avancer conduit des jeunes toujours plus nombreux à se définir uniquement par leur appartenance religieuse et à se conformer à un mode de vie directement issu d’Arabie Saoudite. Ils font passer la citoyenneté française qui nous rassemble au second plan, ou pire la rejettent. Ils exècrent la laïcité et ne rêvent que d’affirmer leur « identité » religieuse.

Les propagandistes cherchent avant tout à séparer les musulmans de leurs concitoyens et poussent les femmes à se singulariser par le port de vêtements standardisés. Ce sont eux qui leur dénient la liberté de faire autrement, mais peu de voix s’élèvent pour le dire. La pression sociale qu’ils entretiennent pour que leurs injonctions soient suivies par tous à la lettre ne touche que les musulmans, ce qui permet à des élus inconséquents de clamer avec les propagandistes que le port du voile est une liberté ou comme le député du Val d’Oise, Aurélien Taché vient de le faire, qu’un hijab n’est guère plus contraignant qu’un serre-tête ! Rendons hommage à la ministre Schiappa qui a su lui rappeler qu’on n’avait jamais lapidé une femme qui aurait refusé de porter un serre-tête.

Il serait largement temps de lancer un contre discours républicain qui contrecarre les agissements de ces propagandistes et leurs thèses liberticides. Temps de ne rien leur céder et de s’appuyer sur la laïcité de la République pour les renvoyer à l’obscurantisme qu’ils incarnent.

Martine Cerf

 

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Associations et sites amis 

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Laïcité Aujourd’hui  

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Observatoire de la laïcité 

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Observatoire du décolonialisme

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Sisyphe : un regard féministe sur le monde (Canada) 

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Vigilance Universités

Vigilance Collège Lycée

 

 

Guides et chartes de la laïcité

Des entreprises publiques ou privées, des syndicats professionnels, des organisations diverses ont publié des chartes, vade-mecum, guides et bonnes pratiques de la laïcité et de la neutralité afin de faciliter leur application ou tout simplement favoriser leur bon fonctionnement interne. L’observatoire de la laïcité a également publié des guides spécialisés. Vous pouvez les télécharger dans cette rubrique en cliquant sur le document qui vous intéresse.

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Le Sénat d’Alabama interdit l’avortement

Le Sénat d’Alabama interdit l’avortement

Delphine Perez , 15/05/2019 www.leparisien.fr

Le Sénat d’Alabama interdit l’avortement

© AFP Manifestation d’activistes américains anti-avortement.

Le Sénat d’Alabama vote la loi la plus répressive des États-Unis.

Le droit à l’avortement est en grand danger aux États-Unis. Depuis le début de l’année, 28 des 50 États américains ont mis en place plus de 300 nouvelles règles pour en limiter drastiquement son accès.

Mardi, le Sénat d’Alabama a adopté le projet de loi le plus restrictif des États-Unis sur l’avortement. Une interdiction, même dans des cas de viol ou d’inceste, avec des peines allant jusqu’à l’emprisonnement à vie pour les médecins pratiquant des IVG.

Objectif Cour suprême

Ce texte a été transmis au Sénat majoritairement républicain. S’il est approuvé, il pourrait contribuer à déclencher une bataille judiciaire susceptible d’aller en Cour suprême.

L’objectif avoué des promoteurs du texte est de se retrouver devant la Cour suprême des États-Unis, à majorité conservatrice. Il s’agit de renverser sa décision emblématique de 1973, « Roe v. Wade » qui reconnaît le droit des femmes à avorter tant que le fœtus n’est pas viable.

Le texte de l’État d’Alabama s’attaque aux médecins. Les praticiens pratiquant l’avortement seront passibles de peines de prison de 10 à 99 ans, sauf en cas d’urgence vitale pour la mère ou d’ « anomalie létale » du fœtus.

La puissante organisation de défense des droits civiques ACLU a déjà fait savoir qu’elle saisirait la justice pour empêcher l’application de ce texte.

« Ce texte punit les victimes de viol et d’inceste en les privant encore plus du droit à disposer de leur propre corps et en les obligeant à donner naissance », selon l’ACLU.

« Un loi non-constitutionnelle »

L’organisation féministe américaine National Organization for Women a qualifié la loi d’« inconstitutionnelle », estimant que sa mise en application « renverrait les femmes de l’État aux jours noirs durant lesquels les parlementaires contrôlaient leur corps, leur santé et leur vie ».

« Vous venez de violer vous-même l’État de l’Alabama », a déclaré pour sa part Bobby Singleton, membre démocrate du Sénat, après le rejet par les sénateurs d’un amendement demandant des exceptions à l’interdiction de l’avortement.

« Vous dites à ma fille : tu ne comptes pas dans l’Etat de l’Alabama… Les hommes peuvent te violer et tu auras ce bébé si tu tombes enceinte », a-t-il ajouté, la voix parfois tremblante d’émotion.

Une attaque de grande ampleur

Le projet avait été adopté début mai par la Chambre des représentants de l’Alabama.

Le président du Sénat de l’État, Will Ainsworth, a salué « une étape majeure dans la défense des droits de l’enfant à naître », ajoutant : « alors que des États libéraux approuvent l’avortement tardif ou post-natal, Roe doit être combattu et je suis fier que l’Alabama ouvre la voie ». Plusieurs États conservateurs envisagent des lois anti-avortement tandis que des États libéraux cherchent à garantir le droit à l’interruption volontaire de grossesse en l’inscrivant dans leurs Constitutions. […]

 

Le comité laïcité 35 s’implique dans la campagne pour les élections municipales de Rennes

Dans cette municipalité très coutumière d’accommodements raisonnables, où le burquini est autorisé dans les piscines municipales au mépris des règles d’hygiène qui interdisaient le short de bain pour les hommes et où la construction de nouveaux lieux de cultes est régulièrement financée par la mairie, des associations laïques, dont ÉGALE, membres du Comité Laïcité 35 (CL35), ont décidé d’échanger sur la laïcité avec les différents candidats.

Le Comité Laïcité 35 avait déjà rencontré, dès avant les élections européennes, les différents députés de Rennes, pour connaître leur position sur la laïcité dans notre ville et leurs engagements futurs dans ce domaine.

Dans l’objectif des prochaines municipales, il a décidé de rencontrer les futurs candidats et de les interviewer sur ce sujet. Des rendez-vous ont été pris pour début juillet et septembre 2019.

Le CL35, conformément à sa charte constitutive, veut exercer sa fonction de vigilance et se pose comme interlocuteur reconnu auprès des élus locaux, des partis politiques et des associations.

Les positions des différents interlocuteurs feront l’objet d’une publication destinée à informer les électeurs.

Françoise le Mer

 

L’Europe autrement, à l’écoute de la société civile, 1er avril 2019

L’Europe autrement, à l’écoute de la société civile, 1er avril 2019. A la demande de l’Association Européenne de la Pensée Libre, la Commission européenne a accepté de réunir des membres du CESP, le think tank de la Commission et des représentants des associations non confessionnelles pour recueillir leurs propositions pour relancer l’Europe. ÉGALE faisait aussi partie des associations organisatrices, ainsi que la Fédération humaniste européenne.

Voir les recommandations d’EGALE

Voir le programme des interventions

 

Nos conférences et cafés laïques

Nous animons des conférences organisées par les membres d’ÉGALE ou par d’autres associations ou d’autres institutions qui sollicitent notre expertise. Ceci partout en France et en Europe… ou encore plus loin. ÉGALE est ainsi intervenue au cours de nombreux colloques, salons du livre, tables rondes sur des sujets tels que : la laïcité et les valeurs républicaines », « la laïcité en Europe », « les régimes dérogatoires en Alsace et en Moselle », « la laïcité et l’égalité hommes/femmes » etc. (voir notre agenda).

ÉGALE organise régulièrement des cafés laïques en collaboration avec le Patronage laïque Jules Vallès, à Paris (www.patronagelaique.fr):

L’action politique des Églises évangéliques aux États-Unis et en Europe (3 juin 2019 19:00)

Plusieurs États du Sud des États-Unis ont voté pour des lois interdisant l’IVG et qui sont inapplicables. Steve Bannon s’implique dans la campagne des élections européennes. Quelle …

Les laïques face aux populismes en Europe (6 mai 2019 19:00)

Cette rencontre sera animée par Martine Cerf, secrétaire générale de l’association ÉGALE Le 26 mai 2019, les européens seront appelés à élire leurs …

Utilité de connaître l’histoire pour être laïque (8 avril 2019 19:00)

Depuis l’antiquité jusqu’à nos jours, les gouvernements ont toujours eu à organiser la relation du politique et du religieux. Michel Seelig, dans son dernier livre César et …

Faire vivre la laïcité dans une ville en région : Rennes (11 février 2019 19:00)

Animé par Françoise Le Mer, secrétaire du Comité laïcité 35 et membre d’ÉGALE; L’histoire de la création d’un collectif d’associations à Rennes. Les …

Venant d’ailleurs, ils ont découvert la laïcité en France (7 janvier 2019 19:00)

Ils sont adolescents, nouvellement arrivés en France dont ils ne parlaient pas la langue. Ils ont fui des pays en guerre ou d’autres où ils étaient l’objet de discrimination. Ils racontent …

Modifier la loi de 1905 ? (10 décembre 2018 19:00)

Début novembre le gouvernement annonçait réfléchir à des amendements “techniques” concernant la loi de séparation des Églises et de l’État de 1905. A l’occasion …

Qu’est-ce que le féminisme laïque et universaliste ? (12 novembre 2018 19:00)

Françoise Thiriot, secrétaire générale de l’association Libres Mariannes. Moment de convivialité et de réflexion, les cafés laïques sont réalisés …

Liberté de conscience et liberté de religion (15 octobre 2018 19:00)

La Laïcité prône le liberté de conscience, mais paradoxalement, ce n’est pas de cette liberté qu’on entend le plus parler, mais de la liberté de religion. La loi …

Liberté et émancipation (10 septembre 2018 19:00)

La séparation des Églises et de l’État a été une recherche de liberté et d’émancipation des êtres humains. En quoi ces deux principes sont-ils liés ? L’émancipation …

Libertés et laïcité (26 juin 2018 19:00)

On parle volontiers aujourd’hui d’une crise de la laïcité. On évoque une laïcité “positive” ou bien “ouverte” ou bien “moderne”. …

Une exception à la laïcité : la Guyane (19 mars 2018 19:00)

Depuis 1946, la Guyane est passée de colonie au statut de département français. En 2015, la Région et le Département se sont unis pour former la Collectivité territoriale …

École et laïcité (22 janvier 2018 19:00)

Débat animé par Eddy Khaldi, auteur de l’ABC de la laïcité & Martine Cerf, secrétaire générale de l’association ÉGALE. L’école laïque …

Laïcité et droits des femmes (11 décembre 2017 19:00)

Café laïque animé par Martine Cerf, secrétaire générale de l’association ÉGALE & Nicole Fouché, chargée de recherche au CNRS La laïcité …

Laïcité : séparation ou neutralité ? (18 septembre 2017 19:00)

Café laïque animé par Martine Cerf, secrétaire générale de l’association ÉGALE. Alors que la loi de 1905 est dite loi de séparation des Églises et de l’État, …

 

page Nos colloques

INFORMATION & DÉSINFORMATION SUR LA LAICITÉ

24 septembre 2018

C:\Users\Martine User\Documents\EGALE\ACTIONS FRANCE\2018 ACTIONS FRANCE\2018 COLLOQUE INFO DESINFO\PHOTOS COLLOQUE\P1000006.jpg Introduction, Françoise Laborde, sénatrice et présidente d’EGALE

Les différents aspects de la désinformation, Martine Cerf –  Secrétaire générale d’EGALE

C:\Users\Martine User\Documents\EGALE\ACTIONS FRANCE\2018 ACTIONS FRANCE\2018 COLLOQUE INFO DESINFO\PHOTOS COLLOQUE\P1000007.jpgMedias/Réseaux sociaux et fournisseurs de contenus : journalistes, organisations, université, animée par Michel Ferreboeuf – ÉGALE

  • Gérard Biard – rédacteur en chef de Charlie Hebdo
  • Juliette Grange – enseignante-chercheur à l’Université de Tours, auteur de « Les néoconservateurs »
  • Fatiha Boudjahlat – enseignante et co fondatrice de Vivre la République, auteure de « Le grand détournement »

C:\Users\Martine User\Documents\EGALE\ACTIONS FRANCE\2018 ACTIONS FRANCE\2018 COLLOQUE INFO DESINFO\PHOTOS COLLOQUE\P1000025.jpg École/Université/Politiques animée par Bernard Ferrand, Vice président d’ÉGALE

  • Catherine Louveau, Sociologue, Professeure émérite Université Paris Sud
  • Sandrine Sirvent – enseignante
  • Charles Arambourou – Responsable commission laïcité à l’Ufal

C:\Users\Martine User\Documents\EGALE\ACTIONS FRANCE\2018 ACTIONS FRANCE\2018 COLLOQUE INFO DESINFO\PHOTOS COLLOQUE\P1000033.jpg PÉdagogie laïcitÉ, sens critique, action politique. Expériences dans les Établissements scolaires, animée par Jean-Claude Boual, Secrétaire général adjoint d’ÉGALE

  • Jean-Pierre Gross – Enseignant
  • Véronique Stephan – Académie de Paris
  • Martine Souweine – secrétaire générale de l’ACREN (Association des citoyens réservistes de l’éducation nationale)

(Vidéo à mettre sur You tube +lien)

C:\Users\Martine User\Documents\EGALE\ACTIONS FRANCE\2018 ACTIONS FRANCE\2018 COLLOQUE INFO DESINFO\PHOTOS COLLOQUE\P1000049.jpg Le défi identitaire par Gilles Clavreul – Délégué général du think tank l’Aurore.

Lien (vidéo à mettre sur youtube+ lien)

C:\Users\Martine User\Documents\EGALE\ACTIONS FRANCE\2018 ACTIONS FRANCE\2018 COLLOQUE INFO DESINFO\PHOTOS COLLOQUE\P1000051.jpg Conclusion des débats et perspectives : Françoise Laborde, Sénatrice et présidente d’ÉGALE

 

L’action politique des Églises Évangéliques aux États-Unis

Avec les évangéliques l’union est consommée entre politique et religion aux États-Unis. Mesures anti-IVG, anti-immigration, diabolisation de l’Iran, décisions pro-israéliennes… Trump met tout en œuvre pour satisfaire les évangéliques, socle de son électorat.

Dieu et les règles qu’il aurait édictées comme fondement des lois, les évangéliques (surtout les plus conservateurs d’entre eux) agissent pour le réaliser. Aux États-Unis, la droite religieuse composée des évangéliques et des catholiques conservateurs peut compter sur d’autres appuis : le secrétaire d’Etat Mike Pompeo, et celui à l’énergie, Rick Perry, ancien gouverneur du Texas, eux aussi évangéliques. Betsy DeVos à l’éducation, occupe une place de choix pour démanteler les programmes scolaires et favoriser les écoles privées.

L’implantation des évangéliques

Les États-Unis comptent entre 60 et 80 millions de protestants évangéliques (environ 25 % de la population). Ils vivent en majorité dans les États ruraux surreprésentés dans le collège électoral, et constituent un bloc bien structuré, actif politiquement, entrainé par les leadeurs des megachurchs, ces églises qui accueillent chaque semaine des milliers de fidèles. Ils prêchent une idéologie chrétienne nationaliste, attachée à un passé mythifié, qui justifie certaines politiques et certaines lois.

La montée des Pentecôtistes

Les États-Unis ne sont pas les seuls à être touchés par la montée en puissance de ces courants qui mêlent politique et religion, particulièrement la galaxie pentecôtiste, la plus offensive. Né en 1906 en Californie, le pentecôtisme est le mouvement évangélique le plus récent. Il connait une expansion mondiale et pénètre l’Amérique latine au détriment de l’Église catholique pourtant traditionnellement implantée. Selon la World Christian Database, il y avait, en 2017, plus de 600 millions de chrétiens pentecôtistes à travers le monde (1,2 milliard de fidèles à l’Église catholique). Les projections en 2050, attribuent au mouvement pentecôtiste plus d’un milliard d’adeptes (pour 1,6 milliard de catholiques).

C’est aux États-Unis qu’ils sont le plus implantés, mais ils progressent dans l’hémisphère Sud : Amérique latine ou Afrique (au Nigeria, en République démocratique du Congo et plus globalement dans la région des Grands Lacs). Sur le continent africain, la confrontation a lieu avec l’islam.

Des pays tels que le Brésil ou la Corée du Sud sont devenus des puissances missionnaires de terrain, suppléant depuis une quinzaine d’années aux organismes américains sur le terrain, comme on l’a vu lors des conflits en Irak ou en Afghanistan. Il faut se rappeler l’été 2007, lorsque les talibans avaient enlevé une vingtaine de missionnaires sud-coréens évangéliques qui se trouvaient à bord d’un car en route vers Kaboul. Ceux-ci participaient à une des nombreuses missions visant les pays musulmans. Sans résultat significatif. Par la suite, des États arabes influents avaient fait pression sur Séoul pour que le passeport des leadeurs missionnaires influents leur soit retiré.

Sur le continent latino-américain, l’influence politique des pentecôtistes et des évangéliques conservateurs (de 15 à 40 % de la population selon les pays) devient très visible. L’élection du Brésilien Jair Bolsonaro le 28 octobre 2018 dont le slogan était : «Le Brésil au-dessus de tout. Dieu au-dessus de tout», en est un symptôme. Lui-même est demeuré catholique, mais sa femme, fréquente une église évangélique. Bolsonaro a bénéficié de l’important soutien d’Edir Macedo, fondateur de l’Église universelle du Royaume de Dieu (EURD), un colossal empire médiatico-religieux pentecôtiste, fondé en 1977 et qui revendique huit millions d’adeptes.

Apologie de la réussite financière

La théologie de la prospérité est une de leur théorie. La réussite matérielle et financière est considérée comme une bénédiction de Dieu. Très répandue (y compris en France, où Charisma, la plus importante Église indépendante pentecôtiste, accueille en Seine-Saint-Denis, une population essentiellement d’origine africaine), elle a permis l’enrichissement de pasteurs, en assurant la promotion d’un libéralisme économique débridé.

Pour les États-Unis, les organismes missionnaires évangéliques et pentecôtistes ont effectivement participé de ce qu’on appelle le soft Power. Dans le contexte de la guerre froide avec la peur du communisme, le pentecôtisme était utilisé comme un rempart à la diffusion de cette idéologie. L’exemple le plus frappant est celui de la Corée du Sud, où les Églises pentecôtistes ont fleuri dans les années 60 et 70. Ainsi, le pasteur Cho Yonggi, fondateur de la très puissante Yoido Full Gospel, l’un des grands leadeurs pentecôtistes mondiaux, a commencé sa carrière comme traducteur de l’armée américaine (il a été condamné en 2014 pour escroquerie).

L’action politique, une révolution interne

La galaxie pentecôtiste et évangélique a commencé à muer en force politique au tournant des années 2000, sous Reagan. Ils constituent cette droite religieuse «théoconservatrice», qui rassemble des milieux catholiques et évangéliques conservateurs. L’un de ses théoriciens a été l’universitaire américain George Weigel, également grand biographe et proche du pape Jean-Paul II. Leur théorie politique se base sur une sorte d’élection divine des États-Unis, qui justifierait de réimposer une norme chrétienne à la société américaine, afin de s’opposer à la sécularisation.

En passant à la politique active, ils ont opéré une révolution interne, passant de la volonté de convertir des individus et de sauver des âmes à celle de reconquérir des territoires qu’ils estimaient abandonnés à Satan (théologie du combat spirituel de Peter Wagner).

En 2004, le poids politique des évangéliques éclate au grand jour avec George Bush, un «born again» (converti au protestantisme évangélique), qui leur doit sa réélection. George W. Bush avait instauré des séances d’étude de la Bible à la Maison Blanche. Il utilisait un vocabulaire mystique lorsqu’il évoquait «l’axe du mal».

En décembre 2016, ils ont obtenu leur plus éclatante victoire avec la décision de Donald Trump de transférer à Jérusalem l’ambassade des États-Unis, suivi aussitôt par le Guatemala. Dans l’idéologie et l’imaginaire politique de ces chrétiens, le soutien à Israël occupe une place centrale : croyant à la fin des temps, ils espèrent le retour de Jésus sur Terre, mais celui-ci serait soumis, selon une croyance élaborée au XIXe siècle, à un retour de tous les juifs sur la terre d’Israël. D’où leur soutien indéfectible à l’État hébreu et leur implication sur le terrain.

Trump avait choisi le gouverneur de l’Indiana, Mike Pence, comme vice-président, un catholique devenu protestant évangélique, qui aime à se définir comme «Chrétien, conservateur et républicain, dans cet ordre.» Le résultat dans les urnes ne s’est pas fait attendre; en novembre 2016, 80 % des évangéliques blancs ont voté pour Trump. Puis ils ont travaillé à associer politique et religion.

Pendant sa campagne, Trump avait multiplié les engagements aux protestants évangéliques. Il avait promis de ne nommer que des juges «pro-life» dans tous les tribunaux, jusqu’à la Cour suprême, pour «annuler Roe v. Wade» (l’autorisation de l’IVG) tout en accusant Hillary Clinton de «vouloir arracher les bébés des entrailles de leur mère». Alors qu’il se disait «très pro-choice» à la fin des années 90, il déclarait le contraire dans son discours sur l’État de l’Union de 2019 au Congrès : «Laissez-nous réaffirmer une vérité fondamentale : tous les enfants, nés ou à naître, sont créés à l’image de Dieu».

Sur le plan intérieur, Trump leur donne encore des gages quand il brandit ses mesures anti-musulmans, anti-immigration, anti-IVG, anti-LGBT, ou quand il met en avant les nombreuses figures évangéliques de son administration. Pourtant, rarement un président des États-Unis n’a été, par son mode de vie, si éloigné des valeurs chrétiennes conservatrices. Issu d’une famille protestante, il fréquente davantage les églises par opportunisme que par foi personnelle et a divorcé deux fois. Selon Philippe Gonzalez, il s’agit là d’une troisième génération de politiques qui pénètre les instances du pouvoir.

Leur discours sans surprise affiche la défense des valeurs familiales traditionnelles chrétiennes, la lutte contre l’avortement, les droits LGBT, l’opposition, la théorie de l’évolution ou les études de genre. Ils ont développé une véritable capacité à pénétrer dans les milieux populaires en s’associant, comme on l’a vu au Brésil et aux États-Unis, à un discours populiste.

Leurs projets de conquête se concrétisent essentiellement en Chine (où il y aurait une centaine de millions de protestants) ou dans le monde musulman.

Il semble que parmi les évangéliques, il existe des progressistes qui sont en désaccord avec ce positionnement, mais ils n’ont aucun poids politique.

La Campagne anti IVG

Aux États-Unis, aucune loi adoptée par un État contre l’avortement ne peut être légale. Pour ce faire il faut que cela monte à la Cour Suprême qui a déjà voté en 1973 une loi légalisant l’avortement pour toute femme qui le veut.

Les évangéliques pilotent cette offensive illégale aux États-Unis avec l’objectif de contraindre la Cour Suprême à changer la loi fédérale. Une loi anti IVG a déjà été votée dans le Missouri, l’Alabama, la Géorgie, l’Ohio, le Kentucky.

Ces lois seront probablement bloquées par un tribunal. C’est ce qu’attendent les opposants à l’avortement, qui multiplient les fronts à travers le pays : si des juges fédéraux bloquent le texte, les États peuvent faire appel de la décision, dans l’espoir d’aller jusqu’à la Cour suprême. Leur but est de faire abolir l’arrêt fédéral Roe v. Wade, qui a reconnu en 1973 le droit des femmes à avorter. Les «pro-life» – ( les anti-IVG), en opposition aux défenseurs des droits reproductifs, les «pro-choice» -, sont enhardis, ces derniers mois, par l’arrivée à la Cour suprême de deux magistrats conservateurs nommés par Trump, Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh. Ils ont l’espoir qu’une Cour de plus en plus conservatrice (5 juges sur 9) affaiblira, voire annulera, l’arrêt de 1973.

Martine Cerf

Bibliographie

Philippe Gonzalez : Que ton règne vienne. Des évangéliques tentés par le pouvoir absolu (éditions Labor et Fides)

Yannick Fer et Gwendoline Malogne-Fer, Femmes et pentecôtismes. Enjeux d’autorité et rapports de genre

La journaliste Isabelle Kersimon blanchie par le Tribunal de Grande instance de Paris

Le TGI de Paris a rendu son jugement favorable à Isabelle Kersimon dans l’affaire qui l’opposait au CCIF, ce 18 juin 2019.

La journaliste, interviewée par France Culture, avait dénoncé en 2015 les statistiques fausses sur le nombre d’actes islamophobes publiées par le CCIF et avait été attaquée par ce dernier pour diffamation. Elle était défendue par Me Richard Malka, également avocat de Charlie Hebdo. Intervenait aussi Me Basile Ader, pour France culture.

Cependant, l’affaire sera présentée ultérieurement devant la Cour d’Appel, à la requête du CCIF.

Comment participer au grand débat ?

Nous appelons nos adhérents et sympathisants à participer au grand débat initié par le gouvernement et à répondre aux questions concernant la laïcité, à l’aide de l’argumentation développée ci-dessous :

Les Questions posées :

Comment renforcer les principes de la laïcité française dans le rapport entre l’État et les religions dans notre pays ?

Comment garantir le respect par tous de la compréhension réciproque et des valeurs intangibles de la République ?

Les réponses d’EGALE

– Ne pas toucher à la loi de 1905 et ne pas ouvrir de débat à son sujet

– Rendre obligatoire par décret pour les associations cultuelles, le statut défini dans cette loi.

– Respecter la non-intervention de l’Etat dans l’organisation des cultes

– Contrôler les fonds venus de l’étranger par des mesures de sécurité indépendantes de cette loi

– Appliquer systématiquement la police des cultes, pour sanctionner les prêches qui attaquent la République, ses valeurs et ses lois, que ce soit dans les églises, les mosquées ou les autres temples.

– Veiller à ce que l’enseignement moral et civique (qui comprend la laïcité et les valeurs de la République) soit régulièrement dispensé dans les établissements scolaires publics ou sous contrat avec l’État.

 

Postes au concours de professeur des écoles : chute pour le public, hausse pour le privé

CNAL, 10 avril 2019

Les postes au concours de professeur des écoles ont été publiés au Journal Officiel. Pour la deuxième année, les postes au concours du public sont en chute. En 2019, il y aura 1065 postes de moins qu’en 2018 (-9%). Dans le même temps, l’enseignement privé bénéficiera d’une hausse de 310 postes (+38%). Cette distorsion déroge à la règle des 80/20 et attribue un nouveau privilège aux établissements privés.

Pour le CNAL, il est surprenant que la baisse des besoins en recrutement ne touche que l’enseignement public. A moins que cette disposition ne soit, une anticipation des besoins des écoles maternelles privées, conséquence de l’abaissement de l’instruction obligatoire à trois ans. Cela se traduirait par l’obligation de financement du forfait communal par les municipalités, mais aussi par un développement de classes et d’école maternelles privées. Dans tous les cas de figure, les places offertes aux concours sont des signaux donnés aux étudiants,  à leurs familles et au-delà.

Le CNAL dénonce  la séparation de la jeunesse de notre pays, dans deux filières scolaires, selon des critères essentiellement sociaux. Elle n’est pas combattue mais au contraire  consolidée par cette répartition des postes au concours de professeur des écoles.

Cette séparation de la jeunesse, qui est dans de nombreux territoires une véritable ségrégation, est insupportable en République : elle tourne le dos à la recherche de cohésion nationale et à la laïcité.

Face aux fractures qui divisent la société française, il est grand temps de réunir sa jeunesse dans un lieu où elle pourra faire l’expérience de la différence dans la fraternité, et cesser d’investir de l’argent public dans d’autres voies que celle de l’école publique.

 

Il faut empêcher Erdogan d’ouvrir des écoles en France

Interview de Laurent Bouvet par Paul Sugy  (FIGAROVOX). le 09/05/2019

Le président turc a l’intention d’ouvrir des établissements scolaires en France, et fait de son côté pression sur les écoles françaises en Turquie. Mais pour Laurent Bouvet, la France ne doit pas céder face au prosélytisme politique et religieux d’Ankara.
Laurent Bouvet est professeur de science politique à l’Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines. Il a notamment publié L’Insécurité culturelle chez Fayard en 2015. Son dernier essai, La nouvelle question laïque, est paru chez Flammarion en janvier dernier.

FIGAROVOX – Le président Erdogan envisagerait d’ouvrir des lycées turcs en France. Au risque d’implémenter en France des établissements islamistes peu contrôlables?
Laurent BOUVET.- Cette annonce est en effet inquiétante. Elle témoigne d’une volonté claire et délibérée du pouvoir turc de diffuser, au premier chef auprès des musulmans, une version très particulière de l’islam, fortement politisée. C’est du soft power à la fois religieux et politique. C’est en même temps habile car cela s’appuie sur l’éducation non pas seulement religieuse, il ne s’agit pas en effet d’ouvrir des écoles coraniques liées aux mosquées, ce qui existe déjà, mais de situer l’enjeu au cœur de la mondialisation de l’éducation, comme on le voit un peu partout aujourd’hui, de la part des grands acteurs internationaux qui en ont les moyens.
Il est impératif que la France, comme les autres pays européens, prenne conscience du double défi que cela représente: islam politique et concurrence des modèles d’éducation. Et donc, en l’espèce, qu’elle refuse qu’Erdogan impose ainsi son islam si l’on peut dire sous couvert d’éducation.

La priorité de Jean-Michel Blanquer semble pourtant d’empêcher l’enseignement du salafisme dans les écoles françaises…
Il est indispensable d’opposer un « non » clair et ferme aux visées d’Erdogan.
Oui, tout à fait, même si c’est une influence d’une autre origine, venue de pays du Golfe, qui est ainsi combattue, à travers la fermeture de mosquées et d’écoles salafistes. De manière plus générale, le président de la République l’a rappelé lors de sa conférence de presse, il s’agit d’un combat global: «On parle du communautarisme qui s’est installé dans certains quartiers de la République. On parle d’une sécession qui s’est parfois sournoisement installée, parce que la République avait déserté ou n’avait pas tenu ses promesses. On parle de gens qui au nom d’une religion poursuivent un projet politique, celui d’un islam politique qui veut faire sécession avec notre République.»

L’idée est toutefois la même: limiter sinon empêcher l’influence de courants islamistes étrangers sur nos concitoyens musulmans, surtout au moment où une partie de ceux-ci se mobilise pour organiser un «islam de France». Dans une telle perspective, il est indispensable d’opposer un «non» clair et ferme aux visées d’Erdogan.»

A-t-on seulement les moyens de le faire? Après tout, il y a bien des établissements français en Turquie?
Oui, bien sûr. Il s’agit d’une décision politique et, éventuellement, d’une négociation diplomatique. Il suffit de savoir ce que l’on veut, et ce que l’on ne veut pas. La situation n’est pas symétrique entre les deux pays. Outre que l’enseignement français est présent de longue date en Turquie, et qu’une partie de l’élite locale, notamment des dignitaires de l’AKP, le parti d’Erdogan, d’après ce que j’ai compris, scolarise ses enfants dans l’enseignement français, celui-ci n’est évidemment pas confessionnel et ne témoigne pas d’une volonté de propagande auprès de tel ou tel public en Turquie.
Ce qui pose problème, on le voit bien ici, c’est le prosélytisme religieux voulu et annoncé par le régime, pas le fait que des établissements turcs d’enseignement viennent s’installer sur le territoire national, où il existe déjà des établissements financés par des pays étrangers.

 

Dialogue GUIROUS – EL RHAZOUI sur l’islamisme

La porte-parole des Républicains Lydia Guirous et l’ancienne journaliste de Charlie hebbdo Zineb El Rhazoui partagent un même diagnostic et un engagement sans faille contre l’islamisme. Par delà-droite et gauche, le combat contre l’islamisme des Frères musulmans est la mère de toutes les batailles culturelles.

Dans sa conférence de presse du 25 avril dernier, Emmanuel Macron déclarait vouloir lutter contre « l’islam politique » qui veut faire « sécession ». Lydia Guirous le prend au mot, et publie une tribune dans le Journal du dimanche pour lui demander de passer aux actes, d’ordonner la dissolution de toutes les organisations affiliées aux Frères musulmans, notamment « Musulmans de France » ex-UOIF, et de suivre l’exemple de la Grande-Bretagne, de l’Égypte et des Émirats Arabes Unis en déclarant la Confrérie organisation terroriste. Cet appel est particulièrement bienvenu, et mérite d’être abondamment relayé.

Guirous, une chance pour la France

Certes, j’entends d’ici ceux qui accuseront la porte-parole de LR d’opportunisme électoral. Ce serait oublier qu’elle s’est saisie d’un discours dont elle n’a pas fixé la date, et qu’elle mène cette lutte depuis longtemps. Née en Algérie, Lydia Guirous a la lucidité vigilante de ceux qui savent ce que furent les années noires de la guerre civile contre les islamistes. Son courage est le chant d’un cor dans les montagnes, écho de la Kahina, reine et héroïne des Aurès.

Française, passionnément française sans idéaliser la France mais sachant aimer ce qu’elle a de plus grand, elle est farouchement attachée à l’universalisme de nos valeurs. C’est par conviction que celle qui a écrit Allah est grand, la République aussi est candidate sur la liste d’un jeune philosophe amoureux de la culture, pleinement conscient du devoir de transmettre, qui sait qu’on va à Athènes en pèlerin et non en touriste, et qui propose d’inscrire dans les traités européens les racines gréco-latines et judéo-chrétiennes de notre civilisation, ainsi que l’héritage des Lumières. Preuve, si besoin était, que l’affirmation de cette identité n’est pas rejet égocentrique de l’autre, mais simplement conscience de ce que nous sommes et donc de ce que nous avons à partager.

Certes, l’islam littéraliste théocratique ne se limite pas aux Frères musulmans. Il est aussi dans les réseaux wahhabites de l’Arabie Saoudite, le Tabligh, les Talibans, le Milli Gorüs d’Erdogan…. Mais en France, c’est sans doute la Confrérie qui a le plus répandu son influence, directe ou indirecte, s’appuyant en premier lieu sur cette association « Musulmans de France » dont le nom même est une tentative de confiscation de la foi de nos concitoyens musulmans. Sans oublier, complices ou idiots utiles, toutes les nébuleuses « anti-islamophobie » et « indigéniste », du CCIF au PIR en passant par l’UNEF, Sud Éducation et Al-Jazira+.

La confrérie totalitaire

Certes, la mention du nazisme pourrait évoquer une reductio ad hitlerum. Mais il n’en est rien. Si la stratégie d’influence des islamistes ressemble à celle du communisme stalinien ou maoïste, en particulier dans le monde universitaire, leur idéal est de type fasciste. Ce aussi parce qu’ils avaient conscience de leur proximité idéologique que les islamistes et les nazis étaient alliés, comme le résume Zineb El Rhazoui: « La quasi-totalité des organisations ou régimes islamistes qui existent aujourd’hui sont sortis de la matrice de la secte des Frères musulmans, cette mouvance créée par Hassan el-Banna (qui) n’a jamais caché sa grande admiration pour Hitler. Par ailleurs, la simple observation de ce qu’est l’islamisme en 2019 nous permet de constater qu’il ne s’agit pas là d’une spiritualité individuelle, mais plutôt d’un bloc identitaire qui possède nombre des caractéristiques méthodologiques des fascismes. »

Certes, on peut débattre de la nature terroriste des Frères musulmans. Rappelons simplement que s’ils préfèrent l’influence ils ne reculent pas devant la violence, et que s’il y a des nuances, des rivalités, des oppositions entre la Confrérie et d’autres groupes islamistes, ils sont tous les têtes d’une seule hydre. Tous veulent étouffer la conscience pour la soumettre à un dogme arbitraire. Tous refusent que le Coran entre dans le champ de la critique éthique et rationnelle. Tous partagent les fondamentaux idéologiques qui inspirent, encouragent, justifient le terrorisme djihadiste. Tous rêvent d’instaurer partout un régime théocratique totalitaire, où les individus et les peuples seraient à jamais écrasés par les moindres prescriptions de la charia.

Les deux étendards de l’islamisme

Ceux qui ont promu le « hijab de running » de Decathlon – c’est Lydia Guirous qui est à l’origine de la campagne qui les a fait reculer – ceux qui jugent impudiques et impures les femmes non-voilées, ne sont pas forcément des terroristes au sens juridique. Ce chauffeur qui aurait refusé l’accès à son bus à une jeune femme selon lui trop peu couverte, ceux qui en Angleterre font masquer des tableaux qu’ils jugent blasphématoires, ne sont pas a priori des poseurs de bombes. Ils sont pourtant de facto leurs alliés.

Le terrorisme n’est pas un ennemi, c’est un mode d’action, comme les embuscades. On ne fait pas la guerre aux embuscades, ni au terrorisme, mais à un ennemi qui les utilise. Et qui peut varier ses méthodes : terrorisme, mais aussi influence culturelle, économique, politique, harcèlement du « jihad judiciaire », entrisme au sein des associations et des partis, etc.

La réflexion juridique est nécessaire, mais secondaire par rapport à cette prise de conscience : les Frères musulmans sont nos ennemis. Ils travaillent à la destruction de notre civilisation et à l’abolition de nos libertés, dont ils exploitent la lettre pour mieux en saper l’esprit et les retourner contre les valeurs qui les rendent possibles et les sociétés qui les garantissent.

Une voix tunisienne éclairée

C’est la raison pour laquelle la première des propositions de Lydia Guirous est la plus importante. La France dispose de l’arsenal juridique nécessaire pour dissoudre sur son sol les diverses émanations des Frères musulmans : il est légalement possible de leur appliquer les outils de lutte contre les dérives sectaires et/ou les groupes factieux. C’est une opportunité, et un devoir.

Ainsi que nous en avertit l’islamologue tunisien Yadh Ben Achour : « La burqa est une croix gammée, une lapidation potentielle. Toutes deux sont porteuses d’un message clair : « Donne-moi la liberté que je la tue. » à moins d’accepter cette sentence de mort, un démocrate doit se défendre. La loi ne peut être conçue uniquement pour limiter le pouvoir démocratique. Elle doit le protéger contre ceux qui le haïssent. »

D’une républicaine l’autre

Le texte de la porte-parole de LR n’est pas un défi, mais une invitation au chef de l’État pour qu’il ne se contente pas de présider la République, mais qu’il la serve et la défende. Qu’il transcende les clivages partisans, au nom de l’intérêt général et d’une cause qui doit rassembler les républicains de tous bords. Pour emprunter ses termes: « Nous ne sommes pas dans la basse politique politicienne, mais face à l’avenir de la France. Quel pays laisserons-nous à nos enfants? Auront-ils le bonheur de vivre en France, libres et égaux ? C’est l’enjeu de ce combat, qui est le combat de notre siècle. »

Ce n’est pas pour rien que ce qu’a écrit Lydia Guirous rejoint ce que déclarait Zineb El Rhazoui. Ce n’est pas par hasard que ces deux femmes courageuses, lucides, authentiquement humanistes, républicaines et universalistes, se retrouvent sur l’essentiel. Ce qu’elles défendent est infiniment plus important que tous les désaccords qui séparent leurs familles politiques. Ce n’est pas une posture. L’une et l’autre sont mères, et se battent aussi pour la liberté et la dignité de leurs filles. « Je veux que ma fille puisse marcher fièrement partout en France, y compris dans ces territoires aujourd’hui perdus pour les femmes. » dit Zineb El Rhazoui. « Nos aînés ont mis en échec le nazisme, notre génération a le devoir de mettre en échec l’islamisme. Ce sursaut de civilisation doit être impulsé rapidement avant que la nuit islamiste ne s’abatte sur nos enfants. » écrit Lydia Guirous. Du plus profond de mon instinct de père je partage leur inquiétude et leur détermination.

 

Eschyle censuré : « l’UNEF est devenu un syndicat de talibans »

Par Pierre Jourde (« Confitures de culture »)

Dans les années 70, j’étais responsable de l’UNEF à Paris XII, ainsi que de l’Union des Étudiants communistes. Pas très malin et stalinien, en bref. Nous avions des différends doctrinaires obscurs avec d’obscurs groupuscules trotskystes. Nous aurions été très surpris si une bonne sœur avait pris la tête de la section locale de l’UNEF et nous avait poussés à exiger l’interdiction du théâtre grec, pas assez rigoureusement marxiste. Pas très malins, un tantinet totalitaires, mais quand même pas idiots, analphabètes et obscurantistes.

Idiot, totalitaire, analphabète et obscurantiste, c’est ce qu’est devenu l’UNEF, dans la plus prestigieuse université française, la Sorbonne.

Idiot parce que raisonnant comme une savate. « Tout humain est un être vivant. Donc, tout être vivant est un humain. » C’est à peu près le niveau logique de ces braves syndicalistes étudiants. « Tout blackface consiste à se déguiser en Noir. Donc, tout déguisement en Noir est un blackface. » Donc raciste. Voilà comment raisonne l’UNEF de la Sorbonne, qui écrit, à propos d’acteurs maquillés de noir : « Cet exemple est une mise en scène d’un blackface » (traduction en bon français : « cette mise en scène est un exemple de blackface »). Eh bien non, justement. Confusion mentale complète (qui va avec la confusion syntaxique).

Parce qu’il y a eu des pratiques racistes américaines, historiquement datées, de moquerie envers les noirs, il s’ensuit que tout déguisement est une moquerie ? C’est à la fois crétin et totalitaire. Est-ce qu’on se moque forcément d’un mendiant, d’un Chinois ou d’une femme quand on se déguise en mendiant, en Chinois ou en femme au théâtre, sans être mendiant ni Chinois ni femme ? Est-ce qu’il faut absolument avoir été centurion, bossu, auvergnat ou sioux pour jouer un centurion, un Auvergnat, un bossu ou un Sioux ? Est-ce que tous les bossus doivent faire interdire les pièces où on montre des bossus ? Est-ce qu’on doit exiger que seuls les aveugles jouent des rôles d’aveugles au cinéma, et les Egyptiens des rôles d’Egyptiens ? Est-ce que le déguisement en ce qu’on n’est pas, est-ce que devenir l’autre n’est pas la définition même du métier d’acteur et de toute représentation ? L’UNEF est finalement un syndicat de talibans : c’est le théâtre même qui est impur, dans ce type de raisonnement.

La guerre contre la culture, c’est un beau combat étudiant

Apparemment, bien qu’étudiants, les demeurés de l’UNEF à la Sorbonne n’ont toujours pas compris que l’interprétation d’une parole est fonction du contexte et de l’émetteur. Ni le metteur en scène auquel ils s’en sont pris, ni la pièce, ni Eschyle n’ont rien à voir avec un quelconque racisme. La pièce d’Eschyle évoque précisément cette question des différences. En revanche, leur censure de la pièce pour des motifs abyssalement stupides est bien symptomatique de crispations identitaires qui sont plus caractéristiques de la droite la plus régressive que de la gauche.

L’UNEF évoque un « racisme omniprésent à l’échelle nationale », ce qui relève en grande partie de la paranoïa racialiste, dans un pays où les personnalités les plus populaires dans les sondages s’appellent Zinedine Zidane, Yannick Noah ou Rama Yade, et la « nécessité de faire de la pédagogie » sur cette question dans les universités, envahies, comme chacun sait par la pensée raciste. N’importe quoi. En un quart de siècle dans les universités, je peux dire que je n’ai jamais rencontré le racisme qu’à doses infinitésimales. S’il y a un problème universitaire, ce n’est vraiment pas celui-là.

Obscurantisme de l’UNEF, qui parvient à faire interdire par la force une pièce d’Eschyle à la Sorbonne, sans la moindre raison sérieuse. Bel exploit ! La guerre contre la culture, c’est un beau combat étudiant. Qui rappelle plus le nazisme ou les gardes rouges (lesquels faisaient interdire les pièces pas assez révolutionnaires) que les idéaux démocratiques. C’est donc ça, l’avenir du militantisme étudiant : je ne connais pas la pièce, ni l’auteur, ni le metteur en scène, ni rien, mais bon, ça ne me plaît pas, ça a l’air louche, allez, on censure.

« La pièce a été joué »

Analphabétisme de l’UNEF. Voici quelques formules extraites du texte par lequel le syndicat appelle à la censure, et tout cela, mesdames et messieurs, de la part d’étudiants de la Sorbonne :

– « Et qui a présent »

– « La pièce a été joué »

– « Bien que la mise en scène ai évolué »

– « Cette pièce ayant été joué »

Bien entendu, tout cela rédigé dans la novlangue inclusive. Apparemment, écrire « acteur-ice-s blanc-he-s » n’empêche pas de priver deux fois cette pauvre « pièce » de son féminin. Halte au machisme ! « Pièce »  n’est pas masculin !

Totalitarisme de l’UNEF, qui réclame des camps de rééducation pour ces imbéciles de profs et d’employés universitaires, trop racistes, c’est bien connu, autrement dit la mise en place de « formations sur la question des oppressions systémiques ». Le crétin inculte veut toujours former plus intelligent que lui à son image.

Je garde le meilleur pour la fin. La section de l’UNEF à la Sorbonne est dirigée par une femme voilée. L’obscurantisme religieux s’ajoute ici à l’obscurantisme culturel. N’oublions jamais que le voile est précisément exigé des femmes par des régimes religieux totalitaires qui leur refusent en même temps d’hériter, de conduire, de sortir seules d’avoir une vie libre et normale. Là-bas, on n’a pas le droit de ne pas le porter. Et les femmes qui cherchent à s’en libérer sont battues et fouettées, ou simplement agressées dans la rue, car une femme non voilée est une putain, bonne pour tout homme. Le voile en pays démocratique est une insulte à la lutte des femmes pour leur libération dans les pays où règne l’Islam le plus rétrograde. Le voile signifie que les cheveux de la femme sont impudiques. Que le corps de la femme est impudique car il risque de provoquer les hommes. On ne se contente pas toujours du voile, il faut que la femme soit entièrement empaquetée de noir jusqu’aux chevilles, et son visage même dissimulé. Ainsi elle n’agressera pas le désir des hommes (qui eux, bien sûr, sont libres d’aller tête nue). Voilée et inclusive à la fois ! Comprend qui peut.

L’interdiction d’une grande pièce du répertoire antique est exigée par des étudiants à grands coups de fautes d’orthographe. L’égalité et le respect des Noirs sont défendus (hors de propos) par quelqu’un qui porte le signe de l’infériorité des femmes.

Voilà où en est l’UNEF. Voilà où en sont les luttes étudiantes à la Sorbonne.

Pierre Jourde, écrivain, professeur d’université et critique littéraire

 

Le gouvernement ne doit pas céder aux Frères musulmans

Le pouvoir exécutif s’apprête, à la rentrée, à désigner les instances qui seront chargées de la gestion de l’islam en France. Depuis plusieurs mois, des militants et associations laïques alertent sur la composition de l’une d’entre elles : l’AMIF, Association Musulmane pour l’Islam de France.

Plusieurs responsables de cette association sont membres ou proches de l’UOIF (Union des Organisations Islamiques de France), branche française de la confrérie des Frères musulmans.

Cette mouvance islamiste et fondamentaliste se distingue des salafistes par sa stratégie réformiste d’apparence moderne et par son adaptabilité au contexte républicain. Elle est très bien implantée en France, où elle coordonne plus de 250 mosquées et associations. Actuellement, elle brigue une représentativité nationale par le biais de l’AMIF et semble en très bonne position pour obtenir ce marché.

L’AMIF, créée dans cet objectif, constitue une véritable machine de guerre idéologique qui vise à contrôler l’ensemble des citoyens français musulmans. Elle comprend des théologiens, des spécialistes en stratégie, en finance islamique, des avocats, des banquiers d’affaires, des chefs d’entreprise, des responsables associatifs, etc.

Vous trouverez dans le document ci-joint un argumentaire sur cette initiative qui menace notre République et ses valeurs de Liberté, d’Égalité, de Fraternité, et de Laïcité.

Zineb El Rhazoui

 

Burqini dans les piscines : et si on posait bien le problème ?

Des femmes ont manifesté à Grenoble pour pouvoir se baigner en burquini, tout en réclamant le respect de leur « liberté de conscience ». Rappelons au passage que le mot burquini est dérivé de burqua, voile intégral dont le port est devenu, au regard de ce qui se passe en Afghanistan, le symbole d’une pratique d’exclusion des femmes de l’espace public.

Mal poser le problème en France est un moyen de ne pas parvenir à le résoudre et à embrouiller les esprits. La liberté de conscience mise en avant par des militantes en service commandé n’a rien à voir dans cette affaire, puisque personne n’a jamais exigé qu’une femme musulmane renonce à sa foi.

La réalité est que le règlement des piscines publiques interdit tout vêtement autre que le maillot de bain (pour les femmes comme pour les hommes) pour des raisons d’hygiène. Peu importe la raison invoquée par celui ou celle qui ne souhaiterait pas s’y soumettre, l’hygiène indispensable dans un équipement collectif demande le respect de ce règlement. Le jean, le short, la soutane, la robe de bure ou le manteau des juifs orthodoxes sont tous à ce titre, également interdits. Que ceux ou celles qui refusent des règles collectives en assument les conséquences, c’est-à-dire l’interdiction de se baigner. Ce n’est pas aux communes ni aux piscines qu’elles gèrent de renoncer à la protection sanitaire des citoyens pour le bon plaisir de quelques-uns.

Martine Cerf

 

Pourquoi Adhérer ?

Il y a au moins trois bonnes raisons d’adhérer et de soutenir notre combat pour la laïcité :

  1. Parce que la laïcité garantit nos libertés est d’abord notre liberté de conscience. Elle nous permet de conserver le libre choix de nos croyances religieuses ou convictions philosophiques.
  2. Parce qu’elle nous soustrait aux injonctions des intégristes religieux en interdisant le prosélytisme abusif et en séparant les religions et l’État.
  3. Parce qu’il faut agir auprès des responsables politiques afin d’éviter qu’ils cèdent aux demandes pressantes des mouvements intégristes et des multiculturalistes qui voudraient la voir disparaître au profit de la « liberté religieuse ».

Comment agir après AVOIR ADHÉRÉ ?

Votre adhésion contribue à notre équilibre financier et garantit notre indépendance. Vous pouvez également :

  • Relayer nos informations auprès de vos relations et de vos réseaux
  • Assister à nos cafés laïques, nos colloques, nos conférences pour vous tenir informés.
  • Organiser près de chez vous des cafés laïques ou des conférences. Nous vous proposons des intervenants si besoin.
  • Nous prévenir s’il y a lieu d’agir près de chez vous pour faire respecter la laïcité.

Adhérer/renouveler son adhésion

 

Qui sommes-nous ?

ÉGALE a pour objet de promouvoir et faire partager les valeurs humanistes et laïques de la République française et sa devise : « Liberté, Égalité, Fraternité ».

En pratique :

  • ÉGALE est habilitée auprès de l’Union européenne et participe aux réunions de dialogue avec la Commission et le Parlement européens (art 17 du traité de fonctionnement de l’UE)
  • ÉGALE a soutenu la crèche Baby-Loup dans son combat pour le respect de la neutralité par les salariés de l’association et a œuvré à ce que la législation du travail autorise les entreprises à imposer la neutralité dans leur règlement intérieur, si elles le jugent nécessaire pour assurer leur bon fonctionnement.
  • ÉGALE est membre du Collectif laïque national et de la Fédération Humaniste Européenne.
  • ÉGALE conçoit et anime des formations, des conférences, des réunions et des colloques sur la laïcité
  • ÉGALE est présidée par Françoise Laborde, ancienne Sénatrice et Vice-Présidente de la Commission aux droits des femmes du Sénat.

Présentation 2021

Nos statuts.

Comment agissons-nous ?

ÉGALE est une plateforme de réflexion, de coordination et d’action, résolument indépendante de tout parti politique. Elle accueille en son sein des particuliers, des associations et toute structure qui contribue au développement de ses valeurs en France dans l’Union européenne et dans le monde.

ÉGALE publie régulièrement des livres et documents pédagogiques, des dossiers à l’usage des décideurs, des articles dans les médias ou des essais.

ÉGALE travaille en relation avec les élus français et européens afin d’approfondir ensemble la réflexion sur les questions qui se posent à nos sociétés, dans le cadre de ses valeurs. ÉGALE est consultée régulièrement par la Commission européenne et le Parlement européen. En effet le Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (art 17), fait obligation aux institutions européennes de rencontrer régulièrement et dans un dialogue transparent les associations religieuses et les associations philosophiques et non confessionnelles.

ÉGALE organise des conférences, des colloques, des cafés laïques, des sessions de formation et intervient dans des évènements organisés à l’initiative d’autres associations, académies, régions, départements, communes…

ÉGALE intervient dans le débat public au travers des médias, par des communiqués de presse, des articles publiés dans des revues ou sur le Web.

L’État du Québec devient laïque !

Le Premier ministre, François Legault, s’y était engagé, il a tenu parole, l’État du Québec est devenu laïque.

La loi adoptée le 16 juin 2019 proclame et définit la laïcité de l’État dans le cadre législatif actuel, notamment en introduisant ce principe dans la Charte québécoise des droits et libertés de la personne. Elle institue donc la séparation de l’État et des religions.

La neutralité religieuse de l’État, légalité de tous en droit et la liberté de conscience et de religion. Elle interdit le port de signes religieux à certaines personnes en position d’autorité, dont les enseignants et directrices et les directeurs des établissements primaires et secondaires publics.

À la suite d’un âpre combat où les partisans de laïcité ont dû subir toutes sortes d’injures et d’accusations infondées venant autant des partisans du multiculturalisme et des accommodements raisonnables que des islamistes radicaux, la loi a été votée.

ÉGALE avait apporté sa contribution en publiant une pétition de soutien signée d’abord par des personnalités, puis par des associations et par 263 personnes sur Change.org dont Djemila Benhabib a pu fait état au cours de son audition en Commission parlementaire.

Micheline Labelle a publié dans Le Monde, une tribune très éclairante sur les accusations portées contre la laïcité québécoise et ceux qui la défendent.

Martine Cerf

 

Un point sur la situation de l’Alsace

Le sentiment identitaire alsacien est largement partagé par la population, quelle que soit la position politique de chacun. C’est pourquoi les mouvements qui se réclament le plus fortement de ce sentiment autonomiste voire indépendantiste, font régulièrement des scores non négligeables aux élections.

Un sentiment identitaire exacerbé

La dernière réforme régionale, avec l’intégration de l’Alsace dans un énorme GRAND EST a exacerbé ce sentiment (d’autant plus que l’Alsace, « riche » est volontiers méprisante vis-à-vis de la Lorraine et de Champagne-Ardenne)  … L’image ci-dessous, placardée à Strasbourg lors des dernières régionales avec des jeunes femmes arborant les couleurs de l’Alsace, de l’Allemagne et de la Suisse alémanique témoigne d’une volonté de s’agglomérer avec les régions limitrophes pour constituer une « région d’Europe ».

Une volonté de pérenniser le droit local

La plupart du temps, les Alsaciens « annexent » le département de la Moselle uniquement pour renforcer leurs revendications sur la pérennisation et l’adaptation nécessaires du « Droit local ».

Dans ce contexte, l’annonce gouvernementale d’une révision constitutionnelle qui accorderait certaines satisfactions à la Corse et un « droit à la différenciation » pour toutes les régions, a entraîné un lobbying intense des élus alsaciens. L’appui du secrétaire général de l’Élysée (Alexis Kohler, lui-même alsacien) n’a pas été négligeable. Ils ont obtenu la présentation en juillet 2018 d’un « amendement gouvernemental » au projet de loi de réforme constitutionnelle, amendement qui permettrait de contourner les décisions du Conseil constitutionnel et donc de faire évoluer plus ou moins librement le droit local. Ce dernier perdrait son caractère de droit historique provisoire, ce qui donnerait peu ou prou à l’Alsace et à la Moselle un droit territorial indépendant…

Un exercice limité pour le gouvernement

Conscient malgré tout d’ouvrir un peu la boîte de Pandore, le Président Macron et le gouvernement croient pouvoir calmer le jeu en n’offrant qu’une partie de leurs revendications aux élus régionaux, en espérant satisfaire leur « désir d’Alsace » sans cesse mis en avant.

Fusionner les deux départements, accorder quelques prérogatives non négligeables mais pas essentielles, et surtout affubler la nouvelle entité d’un titre ronflant : « Communauté européenne d’Alsace », (contre l’avis du Conseil d’État), serait selon le gouvernement suffisant.

Les limites de l’exercice sont cependant clairement annoncées : la nouvelle entité, malgré son titre, reste un DÉPARTEMENT et ne sort pas de la région Grand Est… D’où le mécontentement des plus « identitaires » parmi les Alsaciens et aussi parmi les élus « Les Républicains » qui cherchent des motifs pour s’opposer au pouvoir…

Des réactions vives dans la Région Grand Est

Les autres composantes de la région Grand Est s’inquiètent du poids potentiellement plus important de l’Alsace dans la région et les idées, les ballons d’essai, fusent ; le président de Meurthe-et-Moselle a proposé par exemple la fusion de son département avec les autres départements lorrains dont la Moselle… Refus de la Moselle. D’autres propositions sont avancées… Toutes envisagent que les concessions accordées à l’Alsace soit étendues aux autres départements, avec ou sans fusion… Le président de la Moselle multiplie les gestes plus ou moins symboliques avec la Sarre voisine et revendique lui aussi une qualification « européenne » …etc. etc.

Enfin, il n’est pas exclus que d’autres régions de France qui suivent attentivement le dossier voudront éventuellement être « servies » elles aussi !

Le vote des parlementaires : une double incertitude

La question essentielle qui se pose à présent est de savoir quelle sera l’attitude des différents groupes au Parlement et quelle liberté de vote sera accordée à leurs membres, étant donné qu’ils sont tous assez divisés sur ce dossier. Deux votes restent incertains : le vote du texte sur la création de la nouvelle entité alsacienne, actuellement discuté au Parlement et plus tard, celui de la réforme constitutionnelle…

Michel Seelig

 

En Allemagne, deux gynécologues face à la justice pour «publicité pour l’IVG»

L'Univers de Tokio Hotel: Un Groupe venu d'Allemagne...

Liberation.fr , par Johanna Luyssen, correspondante à Berlin — 14 juin 2019 à 12:17

Jusqu’en février, le paragraphe 219a du Code pénal interdisait toute mention de l’IVG sur un site professionnel, ce qui valu à Kristina Hänel, de Gießen (Hesse), d’être condamnée à 6 000 euros d’amende en 2017. Photo Silas Stein. dpa. AFP
Deux gynécologues comparaissent vendredi matin à Berlin pour avoir indiqué sur leur site par quelles méthodes elles pratiquaient l’IVG. Elles tombent sous le coup du paragraphe 219a du code pénal allemand, de plus en plus contesté dans le pays.

•   En Allemagne, deux gynécologues face à la justice pour «publicité pour l’IVG»

«Une IVG médicamenteuse et sans drogues anesthésiantes est également pratiquée par la Dr Gaber.» Ces mots ont mené Bettina Gaber devant la justice. Ce vendredi, cette gynécologue berlinoise comparaît devant le tribunal de première instance du Tiergarten, à Berlin, pour «publicité pour l’IVG». Elle est accusée, ainsi que sa collègue Verena Weyer avec qui elle partage son cabinet, d’avoir détaillé sur son site internet les méthodes avec lesquelles elle pratique l’avortement. Or, en Allemagne, c’est interdit. Elle tombe sous le coup du paragraphe 219a du Code pénal allemand, qui réprime toute «publicité pour l’IVG», et risque une forte amende.

Ce n’est pas la première fois qu’une gynécologue est poursuivie pour un tel motif ; mais c’est la première fois depuis que la loi a été légèrement assouplie, en février. Jusqu’ici, le paragraphe 219a du code pénal – relique de l’ère nazie datant de 1933 afin de criminaliser les médecins juifs et communistes – interdisait toute mention de l’IVG sur un site professionnel. Les médecins étaient susceptibles d’être poursuivis pour l’avoir simplement écrit sur leur site. C’est ce qui est arrivé à Kristina Hänel, de Gießen (Hesse), condamnée à 6 000 euros d’amende en 2017. Son cas, très médiatisé, a fini par entraîner un large débat en Allemagne. Des voix en faveur d’un assouplissement de la loi – voire de sa suppression – se sont fait entendre.

C’est ainsi qu’une légère refonte du texte, votée par la grande coalition au pouvoir (CDU-SPD) a été décidée en février. Les professionnels de santé sont désormais autorisés à annoncer qu’ils pratiquent des IVG. Mais pas à en détailler les méthodes, que les patientes peuvent découvrir sur une liste établie par l’Ordre fédéral des médecins – qui n’est toujours pas disponible, quatre mois après le vote du texte. «De toute manière, explique la gynécologue berlinoise Jutta Pliefke, membre de Pro Familia, le Planning familial allemand, il semble peu réaliste d’avoir recours à ce genre de listes. De nombreux docteurs ne souhaitent pas y figurer, de peur de devenir la cible de militants anti-IVG. Et puis, comment la tenir à jour correctement ?»

Les Verts, Die Linke et le FDP demandent la suppression de l’article 219a
«Je ne connais pas un seul collègue qui écrive maintenant sur son site qu’il pratique des IVG, a expliqué Bettina Gaber à Die Zeit. Je ne crois pas non plus que beaucoup de collègues voudront être sur la liste de l’Ordre des médecins. Parce qu’ils se sentent toujours criminalisés.» La réforme reste contestée par les Verts, Die Linke et les Libéraux du FDP, qui demandent la suppression pure et simple du texte. «Le cas de Bettina Gaber montre bien que même après la réforme de la loi, les gynécologues continuent d’être poursuivis»,dit Kate Cahoon, du Collectif pour l’autodétermination sexuelle (Bündnis für sexuelle Selbstbestimmung), représentant plusieurs associations prochoix.

De manière générale en Allemagne, pays conservateur et sous forte influence de l’Eglise, l’IVG est difficile d’accès. Dans son livre témoignage intitulé le Politique est privé, Journal d’une médecine avorteuse (1), Kristina Hänel évoque les nombreuses lettres qu’elle a reçues. Notamment celle d’une jeune femme tombée enceinte sous stérilet. «J’habite dans le sud de la Bavière, explique la jeune femme, et la doctoresse de l’hôpital qui a confirmé la grossesse n’a pas voulu entendre que j’envisageais un avortement. La seule information qu’elle m’a donnée est qu’une telle intervention ne serait effectuée ni dans cet hôpital, ni ailleurs dans la région, et que je devrais me rendre “à Salzbourg ou quelque chose dans le genre”. Le prix de l’avortement est d’environ 800 euros et bien entendu, cet acte n’est couvert par aucune compagnie d’assurance maladie allemande.»

En Allemagne, l’acte est dépénalisé, mais toujours criminalisé – en vertu du paragraphe 218, que les prochoix veulent également voir disparaître. «L’IVG n’a rien à faire dans le code pénal aux côtés du meurtre et de l’infanticide », dit la gynécologue Jutta Pliefke.

Des gynécologues traqués par des militants anti-IVG
L’IVG ne se pratique que sous certaines conditions : après un délai légal de réflexion et après avoir demandé conseil dans un centre spécialisé agréé (ou l’entretien se doit, selon la loi, de «servir la protection de la vie non (encore) née») ; en cas de menace pour la vie de la mère ; à la suite d’un viol. L’acte n’est remboursé que dans très peu de cas. Et cela ne risque pas de changer avec Jens Spahn (CDU) – qui ne cache pas sa profonde hostilité à l’avortement – à la tête du ministère fédéral de la Santé, et qui a annoncé ces derniers temps financer une étude sur «les conséquences psychologiques de l’IVG».

Dans ce contexte, de moins en moins de médecins osent pratiquer cet acte. «Les pressions à leur égard ont augmenté», dit  Jutta Pliefke. Ils sont traqués par les militants antiavortement. Deux d’entre eux, Yannic Hendricks et Klaus Günter Annen, se sont fait une spécialité d’éplucher leurs sites internet afin de les épingler en vertu du fameux paragraphe 219a. C’est ce qui est arrivé à Bettina Gaber et à Kristina Hänel.

Les noms des médecins avorteurs sont listés sur un site appelé «Babycaust », contraction de «Baby» et «Holocauste». Les deux hommes noient les gynécologues sous les fax insultants, les traitent de tueurs d’enfants. Mais leur arme la plus efficace est sans doute ce paragraphe 219a. Car elle touche au portefeuille et épuise les médecins, forcés de se lancer dans une longue et fastidieuse procédure judiciaire. D’autant qu’en Allemagne, contrairement à la France, le délit d’entrave à l’IVG n’existe pas.

Ainsi, pour de plus en plus de médecins, pratiquer l’IVG devient un acte militant. «Bien des gynécologues ont fini par se politiser depuis l’affaire Hänel », commente Kate Cahoon. C’est ainsi que le procureur a proposé à Bettina Gaber d’abandonner les poursuites si elle enlevait de son site la phrase concernant sa pratique de l’IVG. Elle a refusé, expliquant à Die Zeit : «Je me suis rendue compte que c’était aussi une bataille féministe.»

(1) Das Politische ist persönlich. Tagebuch einer Abtreibungsärztin («Le politique est privé, Journal d’une médecine avorteuse), Argument Verlag, 2019, non traduit en français.

Johanna Luyssen correspondante à Berlin

 

20190614 IVG Allemagne

L'Univers de Tokio Hotel: Un Groupe venu d'Allemagne...

En Allemagne, deux gynécologues face à la justice pour «publicité pour l’IVG»
Liberation.fr , par Johanna Luyssen, correspondante à Berlin — 14 juin 2019 à 12:17

Jusqu’en février, le paragraphe 219a du Code pénal interdisait toute mention de l’IVG sur un site professionnel, ce qui valu à Kristina Hänel, de Gießen (Hesse), d’être condamnée à 6 000 euros d’amende en 2017. Photo Silas Stein. dpa. AFP
Deux gynécologues comparaissent vendredi matin à Berlin pour avoir indiqué sur leur site par quelles méthodes elles pratiquaient l’IVG. Elles tombent sous le coup du paragraphe 219a du code pénal allemand, de plus en plus contesté dans le pays.

•   En Allemagne, deux gynécologues face à la justice pour «publicité pour l’IVG»

«Une IVG médicamenteuse et sans drogues anesthésiantes est également pratiquée par la Dr Gaber.» Ces mots ont mené Bettina Gaber devant la justice. Ce vendredi, cette gynécologue berlinoise comparaît devant le tribunal de première instance du Tiergarten, à Berlin, pour «publicité pour l’IVG». Elle est accusée, ainsi que sa collègue Verena Weyer avec qui elle partage son cabinet, d’avoir détaillé sur son site internet les méthodes avec lesquelles elle pratique l’avortement. Or, en Allemagne, c’est interdit. Elle tombe sous le coup du paragraphe 219a du Code pénal allemand, qui réprime toute «publicité pour l’IVG», et risque une forte amende.

Ce n’est pas la première fois qu’une gynécologue est poursuivie pour un tel motif ; mais c’est la première fois depuis que la loi a été légèrement assouplie, en février. Jusqu’ici, le paragraphe 219a du code pénal – relique de l’ère nazie datant de 1933 afin de criminaliser les médecins juifs et communistes – interdisait toute mention de l’IVG sur un site professionnel. Les médecins étaient susceptibles d’être poursuivis pour l’avoir simplement écrit sur leur site. C’est ce qui est arrivé à Kristina Hänel, de Gießen (Hesse), condamnée à 6 000 euros d’amende en 2017. Son cas, très médiatisé, a fini par entraîner un large débat en Allemagne. Des voix en faveur d’un assouplissement de la loi – voire de sa suppression – se sont fait entendre.

C’est ainsi qu’une légère refonte du texte, votée par la grande coalition au pouvoir (CDU-SPD) a été décidée en février. Les professionnels de santé sont désormais autorisés à annoncer qu’ils pratiquent des IVG. Mais pas à en détailler les méthodes, que les patientes peuvent découvrir sur une liste établie par l’Ordre fédéral des médecins – qui n’est toujours pas disponible, quatre mois après le vote du texte. «De toute manière, explique la gynécologue berlinoise Jutta Pliefke, membre de Pro Familia, le Planning familial allemand, il semble peu réaliste d’avoir recours à ce genre de listes. De nombreux docteurs ne souhaitent pas y figurer, de peur de devenir la cible de militants anti-IVG. Et puis, comment la tenir à jour correctement ?»

Les Verts, Die Linke et le FDP demandent la suppression de l’article 219a
«Je ne connais pas un seul collègue qui écrive maintenant sur son site qu’il pratique des IVG, a expliqué Bettina Gaber à Die Zeit. Je ne crois pas non plus que beaucoup de collègues voudront être sur la liste de l’Ordre des médecins. Parce qu’ils se sentent toujours criminalisés.» La réforme reste contestée par les Verts, Die Linke et les Libéraux du FDP, qui demandent la suppression pure et simple du texte. «Le cas de Bettina Gaber montre bien que même après la réforme de la loi, les gynécologues continuent d’être poursuivis»,dit Kate Cahoon, du Collectif pour l’autodétermination sexuelle (Bündnis für sexuelle Selbstbestimmung), représentant plusieurs associations prochoix.

De manière générale en Allemagne, pays conservateur et sous forte influence de l’Eglise, l’IVG est difficile d’accès. Dans son livre témoignage intitulé le Politique est privé, Journal d’une médecine avorteuse (1), Kristina Hänel évoque les nombreuses lettres qu’elle a reçues. Notamment celle d’une jeune femme tombée enceinte sous stérilet. «J’habite dans le sud de la Bavière, explique la jeune femme, et la doctoresse de l’hôpital qui a confirmé la grossesse n’a pas voulu entendre que j’envisageais un avortement. La seule information qu’elle m’a donnée est qu’une telle intervention ne serait effectuée ni dans cet hôpital, ni ailleurs dans la région, et que je devrais me rendre “à Salzbourg ou quelque chose dans le genre”. Le prix de l’avortement est d’environ 800 euros et bien entendu, cet acte n’est couvert par aucune compagnie d’assurance maladie allemande.»

En Allemagne, l’acte est dépénalisé, mais toujours criminalisé – en vertu du paragraphe 218, que les prochoix veulent également voir disparaître. «L’IVG n’a rien à faire dans le code pénal aux côtés du meurtre et de l’infanticide », dit la gynécologue Jutta Pliefke.

Des gynécologues traqués par des militants anti-IVG
L’IVG ne se pratique que sous certaines conditions : après un délai légal de réflexion et après avoir demandé conseil dans un centre spécialisé agréé (ou l’entretien se doit, selon la loi, de «servir la protection de la vie non (encore) née») ; en cas de menace pour la vie de la mère ; à la suite d’un viol. L’acte n’est remboursé que dans très peu de cas. Et cela ne risque pas de changer avec Jens Spahn (CDU) – qui ne cache pas sa profonde hostilité à l’avortement – à la tête du ministère fédéral de la Santé, et qui a annoncé ces derniers temps financer une étude sur «les conséquences psychologiques de l’IVG».

Dans ce contexte, de moins en moins de médecins osent pratiquer cet acte. «Les pressions à leur égard ont augmenté», dit  Jutta Pliefke. Ils sont traqués par les militants antiavortement. Deux d’entre eux, Yannic Hendricks et Klaus Günter Annen, se sont fait une spécialité d’éplucher leurs sites internet afin de les épingler en vertu du fameux paragraphe 219a. C’est ce qui est arrivé à Bettina Gaber et à Kristina Hänel.

Les noms des médecins avorteurs sont listés sur un site appelé «Babycaust », contraction de «Baby» et «Holocauste». Les deux hommes noient les gynécologues sous les fax insultants, les traitent de tueurs d’enfants. Mais leur arme la plus efficace est sans doute ce paragraphe 219a. Car elle touche au portefeuille et épuise les médecins, forcés de se lancer dans une longue et fastidieuse procédure judiciaire. D’autant qu’en Allemagne, contrairement à la France, le délit d’entrave à l’IVG n’existe pas.

Ainsi, pour de plus en plus de médecins, pratiquer l’IVG devient un acte militant. «Bien des gynécologues ont fini par se politiser depuis l’affaire Hänel », commente Kate Cahoon. C’est ainsi que le procureur a proposé à Bettina Gaber d’abandonner les poursuites si elle enlevait de son site la phrase concernant sa pratique de l’IVG. Elle a refusé, expliquant à Die Zeit : «Je me suis rendue compte que c’était aussi une bataille féministe.»

(1) Das Politische ist persönlich. Tagebuch einer Abtreibungsärztin («Le politique est privé, Journal d’une médecine avorteuse), Argument Verlag, 2019, non traduit en français.

Johanna Luyssen correspondante à Berlin

 

Formation à la prévention de la radicalisation

ÉGALE vient d’achever, avec la collaboration du CCMM (Centre Contre les Manipulations Mentales) la conception d’un module de formation contre la radicalisation

Ce module est déclinable pour deux types de populations : les collégiens et lycéens d’une part, les personnels des établissements scolaires d’autre part. Il vise à faire comprendre comment ce processus se met en place et comment on reconnait qu’une personne est en cours de radicalisation. Il permet d’aider les personnes concernées à intervenir le plus tôt possible pour aider un proche, avant que le processus ne soit arrivé à son terme et devenu la plupart du temps irréversible.

Pour en savoir plus : s’informer auprès de infoegale@gmail.com

Accompagnements scolaires : LE SÉNAT RENFORCE LA NEUTRALITÉ A L’ÉCOLE.

Les sénateurs ont adopté le 15 mai, par 186 voix contre 100 et 159 abstentions, un amendement LR visant à interdire les signes religieux ostentatoires lors des sorties scolaires. Le point de vue des sénateurs était que les sorties scolaires sont un moment pédagogique, que les accompagnateurs doivent être considérés comme des collaborateurs occasionnels du service public et qu’ils sont donc soumis à la règle de neutralité qui s’applique dans les classes.

Le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer ayant exprimé son opposition à cet amendement, il est probable qu’il ne sera pas retenu en seconde lecture par l’Assemblée nationale.

Un autre amendement interdisant le prosélytisme dans les établissements scolaires et aux alentours, pour lequel Jean-Michel Blanquer s’est positionné favorablement, a également été adopté, avec plus de chances de succès à l’Assemblée.

M.C

LA LDIF PUBLIE UNE VIDÉO POUR LES JO DE 2024

La Ligue du Droit International des Femmes publie une vidéo pour demander le respect de la Charte Olympique en 202.

ÉGALE s’associe à cette demande

En 2024, les jeux olympiques seront accueillis à Paris et nous demandons le respect de la charte olympique qui demande qu’il n’y ait aucune manifestation ou signe ostensiblement religieux pendant les compétitions. L’Iran et l’Arabie saoudite enfreignent ouvertement ce règlement en imposant des tenues religieuses aux sportives. Nous demandons que des sanctions soient prises par le Comité olympique contre ces pays, comme il l’avait fait en son temps pour l’Afrique du Sud qui pratiquait l’apartheid entre les sportifs noirs et blancs.

M.C

 

Vincent Lambert, le chagrin et la honte

Une tribune de Véronique Fournier, cardiologue, présidente du Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie, paru dans Libé du 23 mai 2019

C’est la médecine qui accompagne les hommes dans leur fin de vie. Et non les juges, les avocats, les médias, ou la société. Lire la suite.

Ibiza-gate : le chancelier autrichien convoque des législatives anticipées

Considérée par les tenants d’une droite dure comme un modèle à suivre au sein de l’UE, la coalition droite-extrême droite au pouvoir en Autriche a explosé samedi à quelques jours des européennes après la diffusion d’une vidéo mettant en cause le vice-chancelier Heinz-Christian Strache en lien avec la Russie. (Voir euronews)

“Assez est assez”

Le chancelier conservateur Sebastian Kurz a annoncé dans la soirée la convocation d’élections législatives anticipées après 18 mois de coalition avec le Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ) dirigé par M. Strache, au terme de vingt-quatre heures d’un psychodrame inattendu.

Le séisme a été provoqué par la publication vendredi soir par les médias allemands Süddeutsche Zeitung et Der Spiegel d’une vidéo tournée en caméra cachée en 2017 où le patron du FPÖ, un allié de l’Italien Matteo Salvini et de la Française Marine Le Pen, se montrait prêt à offrir à un oligarque russe des marchés publics autrichiens en échange d’un soutien financier.

Tout en dénonçant un procédé “perfide” et en se défendant d’avoir commis la moindre infraction, M. Strache, 49 ans, avait présenté sa démission à la mi-journée, reconnaissant une “erreur”. Il avait proposé l’ancien finaliste FPÖ à la présidentielle Norbert Hofer pour lui succéder.

Mais M. Kurz a jugé que la poursuite de la coalition n’était plus envisageable, malgré la forte adhésion dont la majorité bâtie sur une ligne anti-immigration continuait jusqu’alors à jouir dans un contexte de chômage au plus bas.

“Assez est assez”, a estimé le chancelier, déplorant un scandale qui “porte atteinte à la politique du changement (…) et à l’image” de l’Autriche. “Je n’ai pas le sentiment que le FPÖ soit prêt à changer fondamentalement, ce qui serait pourtant plus que nécessaire” , a-t-il relevé, soulignant la multiplication des scandales impliquant ce parti.

Cette annonce a été saluée dans la liesse par quelques milliers de manifestants rassemblés devant la chancellerie pour dénoncer une “honte pour le pays” et réclamer un nouveau scrutin.

Ces révélations ont jeté une ombre sur le rassemblement organisé samedi à Milan par M. Salvini pour fédérer les nationalistes européens, et auquel la tête de liste FPÖ pour les européennes, Harald Vilimsky, a dû renoncer à participer.

Le contenu de la vidéo de l’Ibiza-gate

Dans la vidéo, tournée dans une villa d’Ibiza au cours d’une soirée arrosée apparemment organisée pour le piéger, M. Strache, croyant avoir affaire la nièce d’un oligarque russe, se montre enthousiasmé par l’idée d’un investissement russe dans le plus puissant journal autrichien, Kronen Zeitung, afin d’en faire un média pro-FPÖ

M. Strache explique à son interlocutrice qu’il pourra en échange de ce soutien lui obtenir des marchés publics. “Elle aura tous les contrats publics remportés aujourd’hui par Strabag” , un groupe autrichien de construction, acteur majeur du secteur, affirme le chef du FPÖ, selon la retranscription de ses propos.

Le FPÖ avait signé avant son arrivée au pouvoir un accord de coopération avec Russie Unie, le parti de Vladimir Poutine, qui lui vaut des accusations récurrentes de liens troubles avec Moscou.

Dans la vidéo, M. Strache exclut des résistances au sein de la rédaction du Kronen Zeitung : “Les journalistes sont les plus grandes prostituées de la planète” , affirme-t-il. Depuis son retour au pouvoir en 2017, le FPÖ est accusé de s’en prendre aux médias, notamment à la télévision publique ORF.

L’homme fort du FPÖ explique également vouloir “construire un paysage médiatique similaire à celui d’Orban” , en Hongrie. Dans ce pays, le Premier ministre Viktor Orban est critiqué pour avoir massivement porté atteinte au pluralisme de la presse.

Selon les extraits publiés, M. Strache décrit également un mécanisme de financement occulte de campagne permettant de tromper la Cour des comptes. Il cite des dons allant de 500 000 à 2 millions d’euros et égrène le nom de grands patrons autrichiens qui financeraient le FPÖ.

L’ex-patron du FPÖ s’est dit victime “d’un attentat politique ciblé” et a promis une riposte judiciaire à cette vidéo, dont l’origine demeure inconnue.

 

Pakistan : six mois après son acquittement, la chrétienne Asia Bibi a quitté le pays pour le Canada

La chrétienne pakistanaise Asia Bibi, 47 ans, a quitté le Pakistan et a “retrouvé” sa famille au Canada, mercredi 8 mai, six mois après avoir été acquittée d’une condamnation à mort pour blasphème qui avait suscité l’indignation à l’étranger. “Elle est au Canada”, où elle a retrouvé ses deux filles, a assuré à l’AFP une source dans le pays, qui a requis l’anonymat.

Asia Bibi a été condamnée à mort pour blasphème en 2010, après avoir été accusée par deux villageoises musulmanes avec qui elle travaillait d’avoir “insulté” le prophète Mahomet pendant une querelle autour d’un verre d’eau. Le 29 janvier dernier, la Cour suprême du Pakistan a confirmé son acquittement prononcé en octobre, lui permettant d’être libre et de quitter son pays. Cette ouvrière agricole a passé huit ans dans les couloirs de la mort.

Mercredi, une source gouvernementale pakistanaise, également sous couvert d’anonymat, a elle aussi confirmé à l’AFP que la chrétienne avait “quitté le Pakistan de son plein gré”. Plusieurs sources sécuritaires au Pakistan ont confirmé qu’Asia Bibi était partie au Canada […]

Après son acquittement, des milliers d’islamistes du groupe Tehreek-e-Labaik Pakistan (TLP) avaient bloqué pendant trois jours les principaux axes du pays pour exiger sa pendaison. Depuis lors, Asia Bibi était vraisemblablement gardée en résidence surveillée. Les chrétiens, qui représentent environ 2% de la population pakistanaise (très majoritairement musulmane), constituent l’une des communautés les plus déclassées du Pakistan.

 

Un sondage de la fondation Jean Jaurès confirme l’attachement des Français à la laïcité

Dans ce sondage effectué sur un échantillon particulièrement important (2505 interviewés), il se confirme que l’immense majorité des Français se dise attachée à la loi de 1905 : 87 % d’entre eux (dont 80 % des électeurs d’Emmanuel Macron et 75 % de ceux qui se disent musulmans). 83 % des Français plébiscitent la loi de 2004 interdisant le port des signes religieux à l’école et 89 % font de même pour la loi de 2010 interdisant le masquage du visage dans l’espace public.

Enfin 71 % des Français veulent garder la loi telle qu’elle est tandis que 24 % seulement veulent l’assouplir.

Lire le rapport

 

CONSERVER NOTRE CAPACITÉ DE DÉCIDER DE NOS LIBERTÉS FONDAMENTALES

 

Par Gilles Clavreul, délégué général du think tank l’Aurore

On saura bientôt si la décision rendue hier soir par la cour d’appel de Paris, ordonnant à “l’État français” la reprise des traitements de Vincent Lambert, n’aura été qu’un épisode de plus de cette invraisemblable affaire, ou bien au contraire, si la Cour de cassation venait à la confirmer, si elle marque le début d’un processus à l’issue et aux conséquences proprement incalculables.

Lire la suite

 

Les dessous du hijab de running

Par Nadia Geerts Publié par Lalibre.be, le 27 février 2019

La décision récente de Décathlon France de commercialiser un hijab de running – ou pas, en tout cas pas en France, mais si quand même, et puis plutôt pas – oppose comme d’habitude les gentils partisans de la liberté des femmes de se voiler si elles le souhaitent aux méchants empêcheurs de sortir de chez soi dans la tenue de son choix. Débat mal embouché, s’il en est, mais qui n’est en réalité que la énième resucée d’un débat que l’on rejoue sans fin depuis 1989 et l’affaire du voile à Creil.

Souvenons-nous : en 1989, trois collégiennes étaient exclues de leur établissement scolaire pour avoir refusé d’enlever leur voile à l’école. Précision importante : cette affaire précède la loi d’interdiction des signes religieux ostentatoires à l’école, que la France n’adoptera qu’en 2004. Le principal de l’école qui prend cette décision d’exclusion n’a donc pas à sa disposition un arsenal législatif qu’il lui suffirait d’appliquer. Et la mesure d’exclusion n’intervient donc qu’après une tentative infructueuse de négociation avec les trois jeunes filles, auxquelles il est proposé de troquer leur voile contre un bandana qui couvrirait leur cheveux, mais dégagerait le cou et serait moins explicitement religieux. Ce que les jeunes filles refuseront, avec les conséquences que l’on sait.

Pourquoi ce rappel d’une histoire ancienne ?

Parce que l’ “affaire Décathlon” illustre une nouvelle fois la même stratégie islamiste, à l’œuvre dans toutes une série d’affaires qui, depuis l’affaire de Creil, ont mis l’islam au centre du débat public : burkini, menus halal, prières de rue, etc. ne sont en réalité que les sempiternelles variations sur un même thème, celui de l’islamisation de la société.

Avec le hijab de running, la vraie question n’est pas de permettre aux femmes musulmanes de pratiquer le jogging. Elles le peuvent déjà, quantité d’accessoires – que l’on trouve au rayon running ou au rayon cyclisme – permettant de se couvrir la tête et/ou de se protéger le cou, par temps froid ou par temps chaud, certains accessoires permettant même de faire d’une pierre deux coups. Le problème de ces accessoires ? Ils ne sont pas assez visiblement islamiques, c’est tout. N’importe quelle femme, n’importe quel homme peuvent les porter, et ils ne contribuent donc en rien à rendre l’islam visible.

Or, l’obsession des islamistes, c’est ça. Il faut qu’à aucun moment, ni le musulman, ni la société dans laquelle il vit n’oublient la religion. Il faut, en un mot comme en cent, que tous les secteurs de la vie soient islamisés, du sport à la cuisine en passant par l’école et le monde du travail évidemment.

Sécularisation

Cette entreprise est l’exact contraire du processus de sécularisation par lequel se caractérisent nos sociétés démocratiques modernes – mais aussi par lequel sont passés beaucoup de pays musulmans, comme en témoignent les photos anciennes de femmes iraniennes, algériennes, égyptiennes et autres cheveux au vent … avant que les islamistes ne prennent le pouvoir. La sécularisation se caractérise par le fait que la religion définit de moins en moins “l’économie du lien social” comme le dit Marcel Gauchet. Autrement dit, sans nécessairement cesser d’être croyants, les individus sécularisés ne se réfèrent plus avant toute autre chose à la religion pour poser leurs choix, qu’il s’agisse d’embrasser une profession, de choisir un partenaire amoureux, d’organiser un repas entre voisins ou de s’installer dans un autre pays.

C’est bien cette sécularisation qu’honnissent les islamistes, pour qui la religion doit nécessairement infiltrer et régenter tous les secteurs de la société. Et c’est pour cela que le bandana de la collégienne ne suffit pas, pas plus que ne suffit le bonnet pour couvrir les cheveux de la joggeuse : elles peuvent alors, l’espace d’un instant, oublier qu’elles sont d’abord et avant tout des musulmanes pieuses, se voir et se vivre comme élèves, comme sportives, comme femmes tout simplement.

A ne pas banaliser

Lutter contre cette pernicieuse entreprise de désécularisation est difficile, car on ne peut évidemment interdire la commercialisation d’un hijab de running ou le développement de rayons hallal dans les rayons des supermarchés. Ce serait pourtant une grave erreur de banaliser ces phénomènes. Car si le hijab de running est commercialisé en France, en Belgique, au Maroc au ailleurs, cela aura une conséquence immédiate : celle de rendre beaucoup plus difficile, pour les femmes qui jusqu’ici pratiquaient leur sport avec une simple tenue de sport non-religieuse, de ne pas acheter et porter cet objet. Exactement de la même manière qu’il devient plus difficile à une musulmane pratiquante de se baigner en maillot de bain classique s’il existe un burkini, tellement plus « islamique »…

Le résultat, c’est un renforcement de l’emprise religieuse sur le corps des femmes. Parce qu’il faut être très naïf pour croire qu’il y a, quelque part sur la terre, des femmes qui ne pratiquent pas le jogging jusqu’ici, faute de hijab du même nom, et qui voient comme une annonce libératrice l’arrivée de cet accessoire sur le marché : la réalité, c’est que les femmes qui jouissent de suffisamment de liberté pour pouvoir courir en rue – ce qui n’est certainement pas le cas de toutes les femmes musulmanes – le font déjà, avec ou sans voile. Que celles qui le font avec un voile se rendent probablement vite compte que ce n’est pas très confortable, mais qu’il est parfaitement possible de remplacer ce fichu voile par un accessoire non-islamique, mais tout aussi couvrant.

C’est très exactement ce premier petit pas vers une sécularisation minime qu’il fallait à toute force éviter, et Décathlon – après Nike ! – s’en fait le complice.

Nadia Geerts

Genève accepte la nouvelle loi controversée sur la laïcité

https://www.laliberte.ch/news-agence/detail/geneve-accepte-la-nouvelle-loicontroversee-sur-la-laicite/482734

Les Genevois ont accepté dimanche la nouvelle loi sur la laïcité. Ce texte sur un sujet sensible, qui interdit notamment les signes extérieurs d’appartenance religieuse aux fonctionnaires et aux élus, a été approuvé par 55,05% des votants.

14h30: “une avancée pour la paix religieuse”

Les Églises catholique chrétienne, catholique romaine et protestante saluent l’approbation de la loi sur la laïcité. Ce résultat représente une “avancée pour la paix religieuse”, relèvent-elles dans un communiqué.

La loi sur la laïcité de l’État clarifie les termes de la neutralité de l’État et établit des règles communes pour l’ensemble des communautés religieuses établies dans le canton, soulignent les Églises. Bien que satisfaites de ce nouveau dispositif, elles relèvent aussi que cette loi est perfectible.

Elles suivront ainsi avec intérêt les recours déposés contre les articles limitant le port de signes religieux extérieurs, et plus particulièrement celui concernant les élues. Elles resteront aussi particulièrement attentives à la mise en œuvre des articles sur l’usage du domaine public pour des activités culturelles.

Elles veilleront également à ce que les dispositions d’exception concernant les restrictions des signes extérieurs pour prévenir des troubles graves à l’ordre public soient appliquées avec parcimonie et discernement.

les Verts confirment leur recours

Les Verts regrettent l’acceptation de cette nouvelle loi qui, selon eux, “a amené la confusion et a attisé la haine.” Ils ont confirmé qu’ils maintenaient leur recours devant la justice au sujet d’un texte qu’ils jugent anticonstitutionnel. “Le recours à la Chambre constitutionnelle entre en force. Il s’agit désormais de confronter cette loi inique à la justice et au respect des droits politiques”, écrivent les Verts dans leur communiqué.

Pour les Verts, cette loi “bafoue les libertés individuelles, porte atteinte aux droits fondamentaux et ne respecte pas la Constitution”, notamment car elle interdit aux élus de porter des signes religieux. L’élue Verte Sabine Tiguemounie, conseillère municipale à Meyrin, est directement concernée par cette loi, elle qui porte le voile.

les défenseurs de la laïcité sont soulagés

Le comité et l’association “La laïcité, ma liberté” a pris acte avec “une grande satisfaction” de la victoire du oui à la loi sur la laïcité. Le comité parle d’un vote “sans appel” des électrices et électeurs genevois, qui “ont confirmé que le droit à la différence ne peut et ne doit jamais constituer une différence de droits”, écrit-il dans un communiqué.

“La laïcité, ma liberté” estime que cette campagne a été “éprouvante”, marquée par “les outrances, les menaces et les contre-vérités de l’alliance référendaire”, juge le comité. Il ajoute qu’il restera “attentif aux suites juridiques”, les opposants à la loi ayant déjà déposé des recours devant la justice.

Cette loi est toutefois loin de faire l’unanimité. Elle a fait l’objet de quatre référendums, issus des partis de gauche ainsi que des associations syndicales, féministes et musulmanes. Ceux-ci dénoncent une loi liberticide et discriminatoire.

Attaquée par référendums, la loi l’a aussi été en justice. Le Réseau évangélique genevois et les Verts ont d’ores et déjà déposé des recours. Ils seront activés en cas d’acceptation dans les urnes.

 

APPEL CITOYEN: PARTICIPONS SANS RESTRICTION AU GRAND DÉBAT POUR FAIRE VIVRE UNE RÉPUBLIQUE DES LUMIÈRES

Qu’un Président de la République pose une flopée de questions aux citoyens, une trentaine, quoi de plus démocratique au moment où la société française est parcourue de frissons qui mettent à mal la conduite des politiques par les pouvoirs publics ?

Le Grand débat avec les citoyens est donc ouvert. D’ici quelques semaines, à l’instar de ceux qui ne participent pas aux votes nationaux ou locaux, nul ne pourra délivrer une critique recevable s’il n’a pas tenté de s’exprimer dans ce débat. Expression orale ou expression écrite, peu importe, mais expression citoyenne : c’est une impérieuse obligation pour participer à la rénovation du cadre républicain et dynamiser notre fonctionnement démocratique.

Il ne s’agit plus simplement d’agiter un gilet jaune; il faut maintenant délivrer un quasi-mandat au Président et donner suite aux propositions retenues.

Dans un premier temps il n’y aura “pas de questions interdites” quel que soit le thème abordé : impôts, environnement, citoyenneté, immigration

Il s’agit pour chacun de faire connaitre ses propositions et ses idées. Donc il ne s’agit pas d’une usine à gaz incontrôlable, mais d’un processus de clarification de la volonté des citoyens.

Et c’est bien là la difficulté de l’exercice. Au-delà  des associations nationales ou locales dans lesquelles nous militons, il est logique et impératif à cette occasion unique de prendre une place dans le débat, localement avant tout, pour irriguer par les réalités de terrain les décisions à prendre par la Nation.

Sur le fond parmi les thèmes retenus par la lettre présidentielle l’un d’entre eux retient en priorité l’attention des citoyens attachés à la laïcité. Le Président de la République formule sa demande en ces termes :

« Comment renforcer les principes de la laïcité française, dans le rapport entre l’État et les religions de notre pays ? Comment garantir le respect par tous de la compréhension réciproque et des valeurs intangibles de la République?»

Cette interrogation rassure en ce sens que, sur ce sujet, il est hors de question de bricoler : la laïcité n’est pas remise en cause.

L’exigence des laïques est d’affirmer haut et fort qu’il y a une ligne jaune ( tiens, tiens ) à ne pas franchir: PRÉSERVER LA LOI DE 1905 EN L’ ÉTAT. Ceci doit être dit et écrit explicitement dans tous les lieux de débats.

Ce qui correspond très précisément aux mots du chef de l’État qui rappelle que la laïcité est “une valeur primordiale pour que puissent vivre ensemble (…) des convictions différentes, religieuses ou philosophiques”.

Cependant là où il peut y avoir problème c’est lorsqu’il invite les Français à réfléchir aux moyens de “renforcer” cette laïcité et de “garantir le respect par tous de la compréhension réciproque et des valeurs intangibles de la République”.

Sous cet angle peut-on concevoir un lifting de la constitution? Pourquoi pas?  Mais il est impossible d’ouvrir une discussion et de cautionner des propositions qui correspondent à des accommodements raisonnables autrement dit des propositions législatives qui reviendraient à introduire un communautarisme rampant dans la République ou dans le fonctionnement de notre démocratie.

Dans le questionnement présidentiel, parce que nous sommes laïques,  prononçons nous pour la reconnaissance du vote blanc et même peut être pour le vote obligatoire, pour une dose de proportionnelle aux élections législatives, pour une représentation plus juste de tous les projets politiques, pour une participation citoyenne plus active, in fine pour une démocratie plus participative, pour accroître le recours aux référendums.

La citoyenneté, c’est avant tout le fait de vivre ensemble grâce à l’immuabilité du principe de laïcité.

«Au moment où l’unité citoyenne et la paix sociale sont mises en péril par des casseurs irresponsables il ne peut être question d’affaiblir la laïcité dans notre Démocratie en ouvrant la voie aux exigences de groupes de pression confessionnels et en relativisant le caractère inviolable d’un des principes fondateurs de la République.»

Dans ce grand débat, manifestons concrètement notre adhésion sans réserve à la laïcité et ses exigences concrètes dans tous les domaines où elle doit s’appliquer.

Bernard Ferrand Vice-Président d’ÉGALE

Comment participer au grand débat ?

Nous appelons nos adhérents et sympathisants à participer au grand débat initié par le gouvernement et à répondre aux questions concernant la laïcité, à l’aide de l’argumentation développée ci-dessous : Les Questions posées : Comment renforcer les principes de la laïcité française dans le rapport entre l’État et les religions dans notre pays ? Comment garantir le respect par tous de la compréhension réciproque et des valeurs intangibles de la République ?

Les réponses d’ÉGALE :

– Ne pas toucher à la loi de 1905 et ne pas ouvrir de débat à son sujet

– Rendre obligatoire par décret pour les associations cultuelles, le statut défini dans cette loi.

– Respecter la non-intervention de L’État dans l’organisation des cultes

– Contrôler les fonds venus de l’étranger par des mesures de sécurité indépendantes de cette loi

– Appliquer systématiquement la police des cultes, pour sanctionner les prêches qui attaquent la République, ses valeurs et ses lois, que ce soit dans les églises, les mosquées ou les autres temples.

– Veiller à ce que l’enseignement moral et civique (qui comprend la laïcité et les valeurs de la République) soit régulièrement dispensé dans les établissements scolaires publics et sous contrat avec l’État.

 

Droits des femmes : la duplicité des propos du Pape François

Tribune de Michel DEBOUT, Président du CESEC, publiée dans le cadre de la  Fondation Jean Jaurès

Lors de sa bénédiction «  urbi et orbi  » le 25 décembre 2018 place Saint-Pierre, le Pape François a exhorté les habitants du monde à «  la fraternité entre les personnes d’idées différentes, mais capables de se respecter et d’écouter l’autre  ». Cet appel vaut-il aussi lorsque l’autre est une femme ? On peut en douter lorsque l’on se rappelle la harangue haineuse de ce même Pape contre les praticiens de l’interruption volontaire de grossesse, le 10 octobre 2018, déjà sur la place Saint-Pierre.

Le Pape François, qui a souvent appelé les catholiques à se préoccuper des souffrances humaines face aux violences et aux injustices de la société, venait de reprendre à son compte ce qu’il y a de plus archaïque et de plus machiste dans les positions de l’Église catholique : son obsession à contenir la sexualité de la femme dans une chasteté reproductive. C’est pourquoi il condamne sans appel le droit à l’avortement et il compare sans autre forme de nuance les médecins pratiquant les interruptions volontaires de grossesse (IVG) à des «  tueurs à gage  » !

Une telle qualification venant de l’autorité morale qu’il représente, pour plus d’un milliard de croyants, peut constituer un véritable appel au meurtre : ceux qui tuent méritent le châtiment suprême, ce qu’a d’ailleurs subi, aux États-Unis, un médecin ayant pratiqué l’avortement assassiné pour ce seul motif. Le ministère de la Justice et le Parquet chargé de la répression des propos racistes, xénophobes et les appels au meurtre devraient examiner le point de savoir s’il n’y a pas lieu de poursuivre l’auteur de telles violences symboliques.

J’ai, dès le début des années 1970, pratiqué ouvertement des avortements illégaux, dans le but de faire changer la loi de 1920 qui qualifiait l’avortement d’acte criminel, et je mets au défi sa Sainteté François de me dire en face que je suis un «  assassin multirécidiviste  ».

Dénonciation des femmes qui avortent et protection des hommes pédophiles

Si l’intention du Pape est de condamner moralement tous les criminels qui polluent la société en échappant à la justice, il doit regarder plutôt du côté du Vatican qui protège des milliers de prêtres pédophiles. Pourquoi a-t-il fallu que tant de scandales éclatent en France, en Irlande, en Pensylvannie… pour que le Pape exprime sa honte et sa souffrance face à ces « crimes ignobles  » ? Pourquoi ne pas s’en référer d’abord à la justice des hommes ? Je sais, par métier, les ravages psychologiques – au-delà du traumatisme physique et sexuel – que provoquent chez les jeunes victimes ces agressions sexuelles qui les marqueront toute leur vie durant.

L’Église catholique a décidément beaucoup de difficultés avec la sexualité humaine ! Comment oublier que l’un des prédécesseurs du Pape François, le Pape Jean-Paul II, champion proclamé des droits de l‘Homme, n’a pas hésité à condamner de façon absolue l’usage des préservatifs en pleine pandémie du sida, vouant des milliers de croyants, souvent parmi les plus démunis, à une mort certaine ? Comment ne pas évoquer ici la parole de l’Apôtre Paul qui dans sa Première Lettre observe : «  celui qui prétend aimer Dieu qu’il ne voit pas et qui n’aime pas son frère (sa sœur) qu’il voit, celui-là est un menteur  » ?

Encore un effort monsieur le président de l’Ordre national des médecins !

J’ai appris avec beaucoup de satisfaction la réaction indignée du président du Conseil de l’Ordre des médecins, le docteur Patrick Bouet, au propos papal, venant en contrepoint heureux à l’attitude scandaleuse de ce même Ordre au moment du vote de la Loi Veil. Le professeur Lortat-Jacob alors président de l’Ordre des médecins défendait à cette époque, au nom de tous les médecins français, la même idéologie que celle qu’exprime aujourd’hui le Pape François. Cela m’a amené à l’automne 1974 avec mon ami et collègue Daniel Balvet à refuser de payer mes cotisations ordinales pourtant obligatoires.

C’est d’abord la mobilisation des femmes et de certains citoyens souvent professionnels de santé qui ont, à la suite de Simone de Beauvoir et de Gisèle Halimi, mobilisé la société civile pour faire changer la loi. Les députés de gauche notamment du Parti socialiste de François Mitterrand et de Gaston Defferre, président du groupe à l’Assemblée nationale, ont permis le vote de la Loi Veil, loi de compromis qui, bien que défendant l’essentiel (la possibilité pour la femme de recourir à l’IVG), contient un article visant à apaiser les ardeurs liberticides des instances catholiques et médicales de l’époque. Cet article souvent nommé «  clause de conscience  » dispose que tout médecin confronté à la demande d’une femme peut lui annoncer qu’il refuse de l’accompagner dans sa démarche.

J’avais dénoncé à l’époque le contenu de cet article, tout en approuvant le vote de la loi, parce qu’il laissait à penser que seuls les médecins opposés à l’avortement avaient une conscience, alors que je revendique pleinement ma conscience de citoyen et de médecin, pour ne pas abandonner une femme à la mort, à la mutilation, à la culpabilité, provoquées par le recours à l’avortement clandestin.

Plus fondamentalement, cette clause s’oppose à l’esprit même du Code de déontologie dont l’Ordre des médecins est le garant, qui impose au médecin de ne refuser aucun soin à toute personne dont il réprouve les actions et la pensée. Dans sa relation à l’autre, la seule règle que le praticien doit observer, c’est l’utilité de son acte pour le bien-être du patient ; il ne peut imposer sa propre idéologie dans ses choix thérapeutiques.

J’invite le président de l’Ordre à soutenir la démarche de plusieurs députés qui demandent que l’Assemblée nationale abroge l’article 162-8 de la loi sur l’IVG.

 

Le Parlement européen va-t-il réellement se mobiliser pour toutes les personnes persécutées dans le monde ?

Par Giulio Ercolessi, Président de la Fédération Humaniste européenne dans Euractiv (https://www.euractiv.com/section/freedom-of-thought/opinion/will-european-parliament-truly-stand-up-for-all-people-persecuted-worldwide)

Le rôle de l’envoyé spécial Jan Figel est actuellement en discussion au Parlement européen.

Le 6 décembre, la commission des affaires étrangères du Parlement européen votera un rapport important pour les personnes maltraitées, discriminées ou persécutées pour leurs convictions dans le monde entier. L’enjeu est de savoir si l’UE va agir pour tous ceux dont les droits de l’homme sont violés dans le monde entier, y compris les non-croyants. Lire la suite

APPLIQUER LA LOI DE 1905 PLUTÔT QUE LA MODIFIER

Comme cela s’est déjà produit par le passé, le gouvernement envisage de changer une loi qui, selon lui, « ne marche pas », sans se préoccuper d’abord de s’assurer qu’elle soit pleinement appliquée.

Force est de constater qu’au cours des dernières années, ni les préfets ni les communes n’ont encouragé les nouvelles associations cultuelles à se constituer selon la loi de 1905. Pourtant, ce statut leur aurait ouvert de facto le droit à les dégrèvements fiscaux sur les dons et legs avec, en contrepartie, l’impossibilité de recevoir des fonds publics et l’engagement de n’avoir comme seule activité celle d’organiser le culte.

Au lieu de cela, les autorités ont préféré les laisser s’organiser selon le régime de la loi de 1901, se donnant ainsi la possibilité de contourner la loi en leur attribuant des subventions en fonction de leurs impératifs électoraux ou de leurs propres convictions d’inspiration assez peu laïques.

Pourtant, l’article 18 de la loi de 1905 est clair : « Les associations formées pour subvenir aux frais, à l’entretien et à l’exercice public d’un culte devront être constituées conformément aux articles 5 et suivants du titre Ier de la loi du 1er juillet 1901. Elles seront, en outre, soumises aux prescriptions de la présente loi. »

De même, pour ce qui concerne les dispositions des articles relatifs à la police des cultes du Titre V de la loi, elles sont sous-utilisées par les tribunaux. Pourtant, elles autorisent la justice à sanctionner les violences et les pressions faites sur un individu pour qu’il exerce un culte ou s’en détache (art. 31), ou encore les propos tenus lors d’un prêche, encourageant la rébellion contre les lois de la République (art. 34).

Mais une question se pose : à quoi servirait de renforcer les sanctions dans la loi, si on ne se donne pas les moyens de les faire appliquer par la suite ?

Le courage politique serait déjà d’appliquer la loi existante sans faiblesse. En outre, la modifier sans cesse renvoie un signal d’affaiblissement d’une République qui ne défendrait plus ses propres valeurs.

C’est ce que nous espérons pouvoir le dire de vive voix au Ministre de l‘Intérieur qui multiplie les consultations avec les représentants des cultes et à qui nous avons demandé audience dès l’annonce de l’étude de ce projet.

Françoise Laborde et Martine Cerf

29/11/18

 

Maryam Pougetoux ou le devoir de réserve d’une représentante associative

Tout citoyen peut se présenter à l’élection d’une présidence d’association. Il n’y a dans le droit français pas d’autres impératifs que celui d’appartenir à ladite association et de remplir les conditions définies dans ses statuts. Maryam Pougetoux a ainsi été élue présidente de la section locale de l’UNEF de Paris IV. Elle s’est ensuite présentée devant les médias en arborant un voile islamique rigoureux. Qu’elle le veuille ou non, sa tenue exprime possiblement trois engagements de sa part (et il s’agit là de ce que les professionnels appellent de la communication non verbale):

1 – Qu’elle est adepte d’une pratique rigoureuse de l’islam.

2 – Qu’elle défend un ordre patriarcal où les femmes sont soumises aux hommes et n’ont pas les mêmes droits.

3 – Qu’elle revendique le droit d’afficher son identité musulmane pour se distinguer du reste de la population.

Que ce soit pour une ou deux de ces raisons ou pour toutes les trois à la fois, peu importe, cela ne regarde qu’elle. Cependant, en sa qualité de présidente d’association, ce n’est plus ses propres valeurs qu’elle doit mettre en avant, mais celles de l’association. Et c’est précisément là que le bât blesse, car l’UNEF ne défend aucun des trois engagements qu’elle exprime par sa tenue. L’UNEF ne revendique pas une appartenance religieuse particulière, défend l’égalité des hommes et des femmes, et ne soutient pas les revendications identitaires.

En affirmant des valeurs contraires à celles de son association, Madame Pougetoux ne respecte pas son mandat et l’obligation de réserve dans l’exercice de ses fonctions qui en découle. Il faut lire l’article de Didier Leschi dans le Parisien, dont l’argumentation rigoureuse est éclairante sur la question.

Martine Cerf

 

RÉVISION DE LA LOI DE 1905 : ATTENTION DANGER

Sous couvert de bonnes intentions, à savoir réguler l’islam de France, le président Macron souhaite modifier la loi de 1905. Mais prudence, il pourrait, ce faisant, ouvrir la boite de Pandore et mettre à mal des principes fondamentaux contenus dans la loi de séparation. ÉGALE alerte sur les possibles conséquences des mesures préconisées.

1. Les mesures envisagées :

Le 5 novembre, l’Opinion révélait un avant-projet du gouvernement pour modifier la loi de 1905. Nicole Belloubet, garde des Sceaux, interviewée le matin même sur France Inter n’a pas démenti. Au menu, comme l’explique fort bien le Journal du Dimanche, la mise en place d’un label pour les associations religieuses et un meilleur encadrement des financements. Seuls seraient concernés les articles de 18 à 36, soit le régime des cultes, avec 6 propositions phare.

Mise en place d’un label d’état pour les associations religieuses ; Selon L’Opinion, l’état pourrait décerner une “qualité cultuelle” aux associations afin d’éviter qu’elles ne soient régies par la loi 1901 sur les associations. Ce label, d’une durée de cinq ans,  pourrait être retiré en cas de manquement.

Les subventions publiques adaptées et la comptabilité analysée. Il existe des exceptions concernant le financement des cultes, les édifices publics datant d’avant 1905 ou le patrimoine classé monument historique pouvant y avoir recours. Le gouvernement pourrait intervenir également en cas de “réparations et rénovation énergétique” des édifices religieux. En contrepartie, la comptabilité des associations religieuses devrait être transparente et soumise à l’analyse de la Cour des comptes. Des amendes de 9.000 euros s’appliqueraient en cas d’infraction.

Un contrôle des financements de l’étranger. Pour limiter les financements étrangers et leur influence notamment sur l’islam, « tout don dépassant 10.000 euros et provenant d’un Etat, d’une entreprise ou d’un particulier étrangers devra faire l’objet d’une déclaration. Pour les seuls Etats, une déclaration devra être également faite en cas de dépassement d’un plafond de 10.000 euros sur une année. Un don non-déclaré pourrait alors imposer à une association une amende égale au quart de la somme en question. » explique le JDD

Des revenus locatifs permis pour les cultes. Afin de diversifier leurs ressources et d’optimiser leur autonomie, les associations religieuses pourront enfiler la casquette de propriétaire bailleur.

Empêcher les “prises de contrôle inamicales”. « Dans l’idée d’empêcher certaines structures de tomber entre de mains “inamicales”, selon le texte du gouvernement, une disposition “antiputsch” serait créée. Il s’agirait d’un outil juridique afin d’empêcher notamment “la captation de l’enceinte culturelle par des prédicateurs radicaux”, en insistant sur la nécessité d’une délibération collégiale en cas de changement des statuts ou de cession d’un bien. » confie le JDD

Une police des cultes renforcée. Les infractions des prédicateurs religieux seraient mieux surveillées et réprimées  grâce à la “police des cultes”. “Inciter directement autrui à ne pas respecter les lois ou les ordres de l’autorité publique” pourrait ainsi être à l’avenir passible de 12.000 euros d’amende. Une entrave à l’exercice du culte par des menaces, d’un an de prison et de 15.000 euros d’amende, etc.

2. Les alertes d’ÉGALE sur les possibles conséquences

ÉGALE s’inquiète des dérives possibles de ces modifications d’une loi qui est le fondement de la laïcité à la française et s’en explique point par point. Dans une note du 6 novembre 2018, Martine Cerf demande que soient mises en œuvre des mesures qui  garantiront l’application de la police des cultes

Mise en place d’un label d’État pour les associations religieuses. Le label d’État existe déjà. C’est le statut de 1905 pour les associations cultuelles. Ce qui est prévu consisterait à le rendre obligatoire pour toute association responsable de l’exercice d’un culte et soumis tous les cinq ans à un agrément de l’État.

ÉGALE demande depuis longtemps que toutes les associations cultuelles soient constituées sous le statut de 1905 et cette mesure y répondrait. Le contrôle exercé par l’État est sans doute souhaitable dans le cadre de la prévention de la radicalisation, mais il paraît délicat de l’imposer à toutes les associations cultuelles dont l’écrasante majorité ne justifie pas ce contrôle.

L’adaptation de subventions publiques et surveillance de la comptabilité des associations cultuelles. Véritable gabegie, les subventions pour « réparation et rénovation énergétique » des édifices religieux pourraient conduire à un détournement de l’argent public en faveur de tous les édifices religieux. Les communes doivent déjà financer l’entretien des églises construites avant 1905, une part souvent démesurée de leur budget pour les plus petites d’entre elles. Or le gouvernement se déchargera très probablement sur elles pour la mise en œuvre de cette mesure.

Il n’est pas acceptable de charger ainsi les budgets communaux, qui devront alors arbitrer pour trouver l’argent ailleurs. En particulier cela rentrerait en concurrence avec les fonds alloués aux écoles. Nous demandons que le gouvernement privilégie l’éducation de tous plutôt que l’exercice du culte de quelques-uns.

Le contrôle des financements de l’étranger. Le constat que certains fonds étrangers (Arabie Saoudite, Qatar, Turquie) induisent des fonctionnements discutables dans certaines mosquées où les prêcheurs attaquent frontalement la République, ses valeurs et ses lois, est un fait acquis. Mais cette mesure risque fort d’être inefficace aujourd’hui, dans la mesure où les salafistes, les wahhabites, les frères musulmans… et autres tendances rigoristes sont déjà implantées sur notre sol. Les prêches concernés sont aussi le fait d’imams français rémunérés par une association cultuelle musulmane française. S’il apparaît qu’il est un peu tard pour prendre cette mesure, elle peut garantir un peu mieux l’avenir.

Les revenus locatifs pour les associations cultuelles. Cette ouverture accordée aux associations cultuelles de disposer de revenus locatifs peut éventuellement s’envisager à la condition expresse que cela ne donne lieu à aucune subvention indirecte de l’État sous la forme d’avantages fiscaux inhérents au statut de 1905. On peut citer par exemple : la réduction de l’impôt sur le revenu, l’exonération des droits de mutation, les exonérations de taxe foncière, l’exonération locale de la taxe d’équipement…

Si on n’était pas vigilant à cela, cette mesure reviendrait automatiquement à faire financer par l’argent public l’acquisition et le fonctionnement de ces immeubles de rapport.

Empêcher les « prises de contrôle inamical ». Cette mesure de prudence nous paraît souhaitable, mais pour l’instant nous manquons d’informations sur les modalités pratiques.

Renforcer la police des cultes. Les mesures annoncées consistent à renforcer les amendes infligées en cas d’entrave à l’exercice d’un culte ou d’infraction de certains prédicateurs religieux. On sait aujourd’hui que cette partie de la loi de 1905 n’est tout simplement pas appliquée systématiquement. Il n’apparaît pas clairement qu’alourdir les amendes serve à quelque chose. Le problème que nous rencontrons aujourd’hui est un défaut d’application de la loi et non pas une insuffisance de son contenu.

Martine Cerf

 

Des juges et des élus tentent de se plier aux usages culturels

Un jeune homme originaire du Bangladesh acquitté d’un viol parce qu’ il « n’avait pas les codes culturels » français  … On se pince. Malheureusement, on ne rêve pas.

A l’heure où le gouvernement pense à modifier la loi de 1905 sur la laïcité pour permettre la mise en œuvre d’un « islam de France », des signaux plus qu’inquiétants voient le jour.

Acquitté d’un viol sur mineure parce qu’il n’avait pas les codes culturels

– Dans la Manche, le 21 novembre dernier, la Cour d’Assises a acquitté un jeune Bangladais d’un viol sur mineure de 15 ans au prétexte qu’il n’avait pas les codes culturels pour comprendre qu’il imposait un rapport sexuel par crainte ou par surprise. Il avait pourtant déjà été condamné à 2 ans de prison avec sursis assortis d’une mise à l’épreuve pour agression d’une autre jeune fille mineure, à quelques semaines d’intervalle. La Manche Libre évoque de surcroît le témoignage du capitaine de police de la sûreté départementale de Saint-Lô qui explique que lors de la garde à vue de l’accusé, il a dû placer un brigadier entre l’interprète et le prévenu qui tentait de lui peloter les cuisses. Selon lui, l’accusé « considère les femmes françaises comme des p… et il a un comportement de prédateur ».

Les experts eux l’ont décrit comme narcissique et égocentré et empreint de la culture de son pays où les femmes sont reléguées au statut d’objet sexuel.

D’après l’avocat de la plaignante, les débats ont tourné autour de la notion de consentement. Les jurés ont estimé que le prévenu n’avait pas conscience de l’absence de consentement de la victime, qui, tétanisée, a exprimé verbalement son refus, mais se serait laissée faire sans réagir. Après le verdict, précise le Figaro, le président de la Cour d’Assises a expliqué à la victime qu’on la croyait, mais que les faits n’étaient pas suffisamment établis pour constituer l’infraction. Et ce d’autant que, dans un premier temps, sa plainte avait été classée sans suite. L’enquête a été ouverte après la plainte d’une seconde jeune fille. D’aucuns plaideront que le prévenu a été acquitté faute de preuve. Pourtant, on sait aujourd’hui que les femmes sont souvent incapables de réagir face à ces comportements, surtout lorsqu’elles sont aussi jeunes.

Qu’en est-il alors de cette priorité nationale de lutte contre les violences faites aux femmes qui semble manifestement bafouée ?

Quand des élus veulent expérimenter la non-mixité à Paris pour lutter contre le harcèlement

Quatre élus EELV du Conseil de Paris (Fatoumata Koné, David Belliard, Joëlle Morel et Marie Atallah) ont voulu promouvoir l’égalité homme/femme dans le sport en pronant la non-mixité !

Et ce, parce que 26 % des femmes se disent victimes de harcèlement au cours de leurs activités sportives, un chiffre qui se monte à 52 % chez les étudiantes. Nos écolos proposent donc d’expérimenter des solutions innovantes comme les joggings collectifs et d’encourager la création de créneaux non mixtes pour aider les femmes à reprendre confiance. Ils suggèrent également d’aider les associations proposant ce type d’initiative. Comme le dit très bien Caroline Fourest dans Marianne, s’il s’agit d’associations religieuses comme celles des Frères Musulmans proches de Tarik Ramadan, cela cautionne leur misogynie. Elle conclut  : « N’importe quelle association – religieuse, homo ou autre – doit pouvoir organiser des événements non mixtes si elle le souhaite. Cela fait partie de la liberté associative. Le débat commence lorsque les pouvoirs publics sont sollicités. Ils doivent se demander s’ils cautionnent une non-mixité visant l’égalité ou une ségrégation visant l’inégalité. Comme les intégristes sont malins, ils jouent sur les deux tableaux.

Comme les politiques le sont moins, ils tombent dans le panneau… C’est le cas lorsque la mairie de Lille a instauré des « créneaux non mixtes » dans une piscine publique, prétendument à la demande de femmes religieuses ayant des « complexes », avant d’y renoncer. »

Nelly Fouks

 

Les association féministes laïques ne défileront pas le 24 novembre 2018

posté le 21/11/2018

Une grande marche féministe est prévue à l’occasion de la Journée Mondiale de Lutte contre les violences faites aux femmes (25 novembre). Afin de rassembler le maximum d’associations, les organisatrices, Caroline De Haas et le CNDF (Comité National des Droits des Femmes), sont peu à peu passées de la volonté de compromis à la compromission caractérisée. Il est à craindre que nombre d’associations et de personnalités ne se rendent pas compte du piège dans lequel elles sont entraînées à leur insu et défilent tranquillement avec des militantes qui défendent des valeurs contraires aux leurs.

Sont venues s’agglomérer des associations de défense de la prostitution, d’autres identitaires et racialistes, qui ont exigé et obtenu que les mots d’ordre « universalisme » et « laïcité » soient interdits lors de la manifestation. Regroupées dans #NousAussi, alors que la manifestation signe #NousToutes, ces professionnelles du différentialisme ne donnent pas vraiment l’impression de rechercher l’union des féministes pour lutter contre toutes les violences, mais plutôt une occasion de se donner de la visibilité en affirmant leur différence et en utilisant un événement fondamentalement universaliste pour mettre en valeur leur démarche excluante et fort peu féministe.

Par conséquent, un nombre important d’associations féministes et universalistes Femmes solidaires, Ligue du Droit International des femmes, Libres Mariannes, l’Assemblée des femmes …) ne défileront pas le 24 novembre en expliquant le pourquoi de cette décision.

Martine Cerf

Voir le communiqué de Femmes solidaires

 

Alsace et Moselle, frontières, territoires et statuts

Michel Seelig intervenait au cours du colloque organisé par Institut du Droit de l’Espace, des Territoires, de la Culture et de la Communication de l’Université TOULOUSE 1 CAPITOLE, les 8 et 9 novembre 2018.

Que l’on partage ou non les analyses de Régis Debray, l’on admettra aisément que sa formule « Partout sur la mappemonde, et contre toute attente, se creusent ou renaissent de nouvelles ou d’antiques frontières », que cette formule convient bien aux territoires que l’on m’a demandé de présenter ce matin…

Lire son intervention

 

Peut-on dénigrer Mahomet en Autriche? La Cour européenne des droits de l’Homme ne reconnaît pas le blasphème, MAIS

Le 25 octobre 2018 (E.S. c. Autriche), la CEDH a considéré qu’être condamné en Autriche, en vertu du droit national, pour avoir« taxé Mahomet de pédophilie » n’était pas contraire à la liberté d’expression garantie par l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’Homme.

Retour au délit de blasphème, voire application de la charia ? Ce sont des intégristes chrétiens qui ont, les premiers, poussé des hauts-cris. Et à l’origine de l’affaire, on trouve l’extrême- droite autrichienne… Raisons de plus pour se montrer circonspect, et examiner attentivement l’affaire !

En réalité, ni les circonstances de l’espèce, ni le cadre juridique appliqué ne justifient cette agitation. Le blasphème n’est pas reconnu. En revanche, il y a effectivement lieu de s’inquiéter : la jurisprudence de la CEDH ne vise-t-elle pas à mettre en place un dispositif de contournement ?

Simple « critique d’une religion », ou appel à la haine ?

La personne condamnée, Mme Elisabeth Sabbaditsch-Wolf, tenait des séminaires intitulés « informations de base sur l’islam » organisés par le parti FPO (« parti de la liberté »), formation d’extrême-droite qui dénonce notamment « l’islamisation » de l’Autriche. En fait d’« information », il s’agissait plutôt d’actions de formation de militants, ou de propagande politique. En soi, rien d’illégal.

Néanmoins, ces séminaires étant ouverts au public, il y avait sans doute lieu d’y contrôler ses paroles…Or des propos tenus par Mme E.S. en 2009 ont été enregistrés, puis déférés devant la justice autrichienne. En voici les principaux extraits (c’est nous qui traduisons, et qui soulignons) :

« Un des problèmes les plus graves auxquels nous devons faire face aujourd’hui est que Mahomet est considéré comme l’homme idéal, l’humain parfait, le musulman parfait. Cela signifie que le commandement le plus élevé pour un homme musulman est de vivre sa vie dans l’imitation de Mahomet. Ce qui n’est pas réalisable dans le cadre des normes et les lois de notre société. Parce qu’il était chef de guerre, il disposait d’un usage des femmes relativement important, si je puis m’exprimer ainsi, et ne détestait pas non plus les enfants (…). C’est avec ça que nous avons d’énormes problèmes aujourd’hui, parce que les musulmans entrent en conflit avec la démocratie et notre système de valeurs. »

(…)

[Relatant une conversation avec sa sœur] « Un adulte de 56 ans et une enfant de six ans ? (…) Comment l’appelons-nous, si ce n’est pas de la pédophilie ? » (…) « Mais c’était une autre époque » -Non,ce n’était pas bien en ce temps-là, et ce n’est pas bien aujourd’hui. Point barre ! Et ça se passe encore aujourd’hui. Jamais on ne peut admettre ce genre de chose. (…)»

Les passages soulignés montrent le véritable objectif du propos. C’est, non pas une« information de base », mais une propagande politique visant à convaincre que « les musulmans » sont incompatibles avec « la démocratie » et « nos valeurs ». Et insinuant au passage (dernière phrase soulign