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Interventions divers

AGENDA DES ÉVÉNEMENTS LAÏQUES

  Jeudi 9 décembre 2022, à partir de 14h, journée PEP, Laïcité et engagement citoyen.

Une journée 100% digitale et participative. Un webinaire Zoom à l’adresse suivante : https://zoom.us/j/94385260757?pwd=a0ZiZUVNU01HVkxsMTFEZ3dXczgyQT09

Nº du webinaire : 943 8526 0757 – Code secret : 232331

 

  Samedi 17 décembre 2022 à 9h30 à Rennes, café citoyen à la mairie du quartier Bréquigny Sud Gare.

Thème : Pourquoi avons-nous encore besoin de la laïcité

avec Fatiha Agag-Boudjahlat, essayiste, Catherine Maréchal, professeur agrégée d’histoire et de géographie, Alexis Buixan, docteur en droit public et enseignant chercheur. Cliquer pour voir l’affiche

  Lundi 9 janvier 2023 à 19h à Paris, café laïque au Patronage laïque Jules Vallès, 72 Av. Félix Faure, 75015 Paris.

Thème : à fixer selon actualité

Animation : Marc Horwitz. Inscription obligatoire : https://patronagelaique.eu

 

  Jeudi 26 janvier 2023 à 18h, assemblée Générale d’EGALE, MVAC du 15e arrondissement, 22 rue de la Saïda, 75015 Paris et en visioconférence par Zoom

 

  Lundi 6 février 2023 à 19h à Paris, café laïque au Patronage laïque Jules Vallès, 72 Av. Félix Faure, 75015 Paris.

Thème : à fixer selon actualité

Animation : Jean-Claude Boual. Inscription obligatoire : https://patronagelaique.eu

 

  Lundi 6 mars 2023 à 19h à Paris, café laïque au Patronage laïque Jules Vallès, 72 Av. Félix Faure, 75015 Paris.

Thème : à fixer selon actualité

Animation : Martine Cerf. Inscription obligatoire : https://patronagelaique.eu

 

  Lundi 3 avril 2023 à 19h à Paris, café laïque au Patronage laïque Jules Vallès, 72 Av. Félix Faure, 75015 Paris.

Thème : à fixer selon actualité

Animation : Marc Horwitz. Inscription obligatoire : https://patronagelaique.eu

 

  Lundi 8 mai 2023 à 19h à Paris, café laïque au Patronage laïque Jules Vallès, 72 Av. Félix Faure, 75015 Paris.

Thème : à fixer selon actualité

Animation : Jean-Claude Boual. Inscription obligatoire : https://patronagelaique.eu

 

  Lundi 5 juin 2023 à 19h à Paris, café laïque au Patronage laïque Jules Vallès, 72 Av. Félix Faure, 75015 Paris.

Thème : à fixer selon actualité

Animation : Martine Cerf. Inscription obligatoire : https://patronagelaique.eu

 

AGENDA ÉVÉNEMENTS PASSÉS

  Mardi 6 décembre 2022 à 19h à Issy-les-Moulineaux, Espace André Chédid, 60 rue du général Leclerc

Soirée – débat : « 1905-2022 : Que faire de la laïcité ? »

A l’occasion de la semaine anniversaire de la loi du 9 décembre 1905 et dans le cadre du carrefour associatif de la ville d’Issy-les-Moulineaux, l’Union des Familles Laïques 92 propose une conférence au cours de laquelle Charles ARAMBOUROU (UFAL) interviendra en visioconférence, suivie d’un débat animé par Jean-Claude BOUAL (EGALE).

  Lundi 5 décembre 2022 à 19h à Paris, café laïque au Patronage laïque Jules Vallès, 72 Av. Félix Faure, 75015 Paris.

Thème : Point d’étape sur la laïcité en entreprise et au sein des professions réglementées avec Me Etienne Pujol et Me Anne Salzer.

La neutralité n’est pas obligatoire en entreprise, mais elle peut s’appliquer sous certaines conditions qu’il est nécessaire de connaître comme de comprendre le pourquoi des précautions prises. Les professions réglementées (avocats, notaires…) ont également un statut particulier et des règles spécifiques les concernent. Connaître, comprendre, s’informer, échanger sur ce sujet avec deux spécialistes, c’est ce que nous vous proposons.

Modération : Martine Cerf.

 

  Lundi 21 novembre 2022 de 18h30 à 21h, ENTRETIEN d’EGALE réservé aux membres de l’association, en visioconférence Zoom.

 » L’entrisme des sectes dans le sport » par Alain Vivien, ancien secrétaire d’État, ancien président de la Miviludes et administrateur d’EGALE.

 

  Lundi 7 novembre 2022 à 19h à Paris, café laïque au Patronage laïque Jules Vallès, 72 Av. Félix Faure, 75015 Paris.

Thème : une analyse laïque de l’actualité

 » Peut-on analyser d’un point de vue laïque trois évènements : l’hommage à Samuel Paty, la contestation de la laïcité dans les collèges et lycées par des élèves qui veulent porter en cours des tenues vestimentaires manifestement religieuses et ostentatoires, les manifestations massives des iraniennes et iraniens contre le régime théocratique et le refus du port obligatoire du voile pour les femmes ? « 

Animation : Jean-Claude Boual.

Dimanche 16 octobre 2022, à partir de 14h. EGALE participe au rassemblement au square Samuel Paty, place Paul Painlevé, 75005 Paris, en hommage à Samuel Paty. Voir l’appel des organisateurs

  Samedi 8 octobre 2022, de 9h00 à 18h. Les Rencontres d’automne d’Unité Laïque au Palais du Luxembourg, à Paris, à l’invitation du sénateur Pierre Ouzoulias, avec le soutien d’EGALE, d’autres associations laïques et de medias.

Thème : RÉPUBLIQUE : REPRENDRE L’INITIATIVE #1

Cliquer pour voir l’affiche.   Cliquer pour voir le programme

 

  Lundi 3 octobre 2022 à 19h à Paris, café laïque au Patronage laïque Jules Vallès, 72 Av. Félix Faure, 75015 Paris.

Thème : Enseigner la laïcité avec Ismaël M’Baye, président de l’association Expressions de France.

Enseigner la laïcité aux élèves des collèges et lycées n’est pas toujours chose facile, tant les préjugés et les idées fausses sont présentes dans les esprits. C’est pourtant ce à quoi s’attelle avec succès l’association Expressions de France. Son président, Ismaël M’Baye viendra faire part de son expérience.

Animation : Martine Cerf.

  Samedi 10 septembre 2022, Forum des association à la Mairie 15e arrondissement de Paris. EGALE vous accueille sur le stand 48, Salle St Lambert

   Samedi 25 juin à partir de 14h, fête de la laïcité au square Nadar, 2 Rue Saint-Éleuthère, 75018 Paris. EGALE vous attend sur son stand. Voir l’affiche de la fête de la laïcité

 

 Lundi 20 juin 2022 de 18h30 à 21h, ENTRETIEN d’EGALE réservé aux membres de l’association, en visioconférence Zoom.

« Islamisme et sport : une réalité qui dérange » par Médéric Chapitaux

Membre Conseil des Sages de la Laïcité du ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, Médéric Chapitaux est expert dans le domaine de la radicalisation dans le sport. Il a publié Le sport, une faille dans la sécurité de l’État, Enrick B. Éditions, 2016

  Lundi 13 juin 2022 à 19h à Paris, café laïque au Patronage laïque Jules Vallès, 72 Av. Félix Faure, 75015 Paris, France

Thème : Laïcité et protection des personnes

Animation : Martine Cerf.

  Lundi 9 mai 2022 à 19h à Paris, café laïque au Patronage laïque Jules Vallès, 72 Av. Félix Faure, 75015 Paris, France

Thème : l’Europe et la laïcité

Le 9 mai est le jour de la fête de l’Europe, notre café laïque coïncide avec cet évènement. Cette coïncidence est une opportunité pour aborder le thème difficile de la laïcité dans l’Union européenne et dans les États membres. L’article 10 de la Charte des Droits fondamentaux de l’Union précise:  » article 10 : Liberté de pensée, de conscience et de religion

1.  Toute personne adroit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites.

2. Le droit à l’objection de conscience est reconnu selon les lois nationales qui en régissent l’exercice. »

Par ailleurs l’article 17 du traité de l’Union européenne  de Lisbonne prévoit que « l’Union maintient un dialogue ouvert, transparent et régulier  » avec  les églises et et des organisations philosophiques et non confessionnelles. Quelles sont la portée et les conséquences de ces dispositions?

Animation : Jean-Claude Boual.

 

Lundi 4 avril 2022 à 19h à Paris, café laïque au Patronage laïque Jules Vallès, 72 Av. Félix Faure, 75015 Paris, France

Thème : Laïcité et vivre ensemble

La laïcité a-t-elle pour objectif le « vivre ensemble » ? Cette formulation largement utilisée recouvre-t-elle toute la réalité de l’ambition laïque ? Quelle était vraiment l’ambition des artisans de la loi de séparation de 1905 et qu’en reste-t-il aujourd’hui ?

Animation : Martine Cerf.

 

  samedi 19 mars à 11h, SOLIDARITÉ PEUPLE UKRAINIEN à Rodez, Rassemblement , Place de la préfecture

Initiative citoyenne. Rassemblement sans identifications autres que les messages de soutien. Voir l’appel

 

Lundi 7 mars 2022 à 19h à Paris, café laïque au Patronage laïque Jules Vallès, 72 Av. Félix Faure, 75015 Paris, France

Le thème : « Laïcité et sport ».

La neutralité dans le sport est inscrite dans la charte olympique. Qu’en est-il de ce principe dans le sport exactement ? Comment s’applique-t-il ? Comment traiter les revendications de porter une tenue spécifique à une religion ou les diverses manifestations religieuses que l’on rencontre chez des sportifs ?

Animation : Marc Horwitz.

 

Lundi 7 février 2022 à 19h à Paris, café laïque au Patronage laïque Jules Vallès, 72 Av. Félix Faure, 75015 Paris, France.

Tolérance et laïcité.

Souvent la laïcité est présentée comme  la tolérance de toutes les options religieuses et de toutes les opinions. Le laïcité se réduit-elle à la tolérance ou est-ce un principe philosophique plus vaste, jusqu’à la liberté de conscience? Quelle différence entre tolérance et laïcité?

Animation : Jean-Claude Boual.

Lundi 31 janvier 2022, de 14h30 à 18h. Colloque EGALE : La Liberté de conscience en Europe.  Consulter le programme

Voir les vidéos du colloque

 

Lundi 10 janvier 2022 à 19h à Paris, café laïque au Patronage laïque Jules Vallès, 72 Av. Félix Faure, 75015 Paris, France

Laïcité et athéisme. On confond souvent athéisme et laïcité. Qu’en est-il réellement ?

Animation : Martine Cerf. Inscription obligatoire : https://patronagelaique.eu

Lundi 13 décembre 2021 à 19h, à Paris, café laïque au Patronage laïque Jules Vallès

Faut-il en France,  République indivisible, laïque, démocratique et sociale, en finir avec Noël et les jours fériés qui ont d’abord une signification religieuse ?

Animation : Marc Horwitz.

EVENEMENT : lundi 22 novembre de 18h30 à 20h30, ENTRETIEN d’EGALE sur le thème de l’enseignement du fait religieux  l’école avec Aline Girard, conservateur général honoraire des bibliothèques et auteure du livre Enseigner le fait religieux à l’école : une erreur politique ?  (Ed Minerve, 2021)

Réservé aux membres de l’association, en visioconférence Zoom.

Lundi 15 novembre à Rennes, à 18h30, conférence de Jean Pierre Obin, salle Carrefour 18.Télécharger le flyer de la conférence

lundi 8 novembre 2021 à 19h, café laïque au Patronage laïque Jules Vallès : Le blasphème.

Le droit de blasphème existe-t-il en France ? Qu’est-ce que blasphémer ? Un non croyant peut-il blasphémer ? Autant de questions qu’il faut clarifier afin de mieux comprendre les débats et enjeux actuels.

Animation : Jean-Claude Boual.

lundi 11 octobre 2021 à 19h, café laïque au Patronage laïque Jules Vallès : Réflexion sur la campagne sur la laïcité lancée par le ministère de l’Education nationale, ce qu’elle dit et ce qu’on en a dit.

Animation : Martine Cerf.

  lundi 20 septembre 2021 de 18h30 à 21h, ENTRETIEN d’EGALE réservé aux membres de l’association, en visioconférence Zoom.

Le point sur le régime dérogatoire des cultes d’Alsace et de Moselle animé par Michel Seelig

  samedi 11 septembre 2021 de 10h à 18h, EGALE est présente au forum des associations du XVe arrondissement de Paris, Stand 222, square Jean Chérioux, 260 rue de Vaugirard, 75015 Paris

   dimanche 5 septembre 2021, de 11h à 18h, au Parc des Ramiers à Blagnac, EGALE est présente au forum des associations de la ville.

Lundi 28 juin 2021 – 19h. CONFÉRENCE : l‘émancipation, pour quoi faire? par Martine Cerf

au Patronage laïque Jules Vallès, 72 Avenue Félix Faure, Paris 15e. Réservez dès maintenant votre place en cliquant ici

La laïcité vise à l’émancipation des citoyens. En quoi consiste-t-elle exactement ? Que peut-on faire de cette ouverture laissée à chacun ? Comment en retirer tous les fruits, individuellement et collectivement ? Quel rôle pour des citoyens émancipés dans la construction d’une république laïque ?

C’est au partage de ces réflexions que Martine Cerf nous invite.

 

  Samedi 26 juin 2021, fête de la laïcité, de 14 h à 17h

au square Nadar Paris 18ème, au pied de la statue du Chevalier de La Barre.

 

lundi 7 juin 2021, de 18h20 à 20h30 en visioconférence.

Les États généraux de la laïcité, pourquoi ?

Animation Marc Horwitz.

  mercredi 26 mai 2021 de 18h30 à 20h, ENTRETIEN d’EGALE réservé aux membres de l’association, en visioconférence Zoom.

Sujet : la participation d’EGALE aux Etats généraux de la laïcité. Animation : Martine Cerf. Le lien zoom vous sera envoyé une semaine avant l’événement.

lundi 1er mars 2021, de 18h30 à 20h30, en visioconférence Zoom.

Animation Marc Horwitz. S’inscrire: https://patronagelaique.fr/

 

  mercredi 24 février 2021 de 18h30 à 20h, ENTRETIEN d’ÉGALE réservé aux membres de l’association,en visioconférence Zoom. Point sur le projet de loi confortant le respect des principes républicains.

Animation Martine Cerf. Le lien zoom vous sera envoyé une semaine avant l’événement.

 

lundi 15 février 2021, de 18h30 à 21h en visioconférence Zoom.

Point sur le projet de loi confortant le respect des principes républicains.

Animation Jean-Claude Boual.

 

lundi 18 janvier 2021,de 18h30 à 20h30 en visioconférence Zoom.

Le projet de loi confortant le respect des principes républicains.

Animation Jean-Claude Boual.

 

lundi 7 décembre 2020, de 19h à 21h en visioconférence Zoom.

« La République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte ». Qu’est-ce que cela signifie ?

Animation Marc Horwitz.

 

lundi 12 octobre 2020, Combattre le racisme dans la République laïque

Animation Martine Cerf.

 

Jeudi 5 mars 2020

Conférence : L’universalisme, un choix de société face au racialisme et au communautarisme par Guylain CHEVRIER, docteur en histoire, enseignant et formateur en travail social, vice-président du Comité Laïcité République.

L’universalisme républicain est un choix de société, celui de l’égalité et de la laïcité, de la raison, de la protection des droits et libertés de l’individu et qui s’affronte aujourd’hui à une montée des affirmations identitaires conduisant à assigner à une couleur de peau, une origine ou une religion, l’existence, au risque de communautés séparées, fermées, du communautarisme, fragmentant l’organisation sociale, interdisant le mélange.

Réservez dès maintenant votre place en cliquant ici

Samedi 7 mars 2020

  32e colloque de la laïcité à Bruxelles : « Intelligence artificielle : mon boss ou ma camarade de boulot ? ».  Renseignements et inscription

Mardi 9 mars 2020

Conférence : Les pièges identitaires Par Marc CRÉPON, philosophe, Patronage laïque Jules Vallès, Paris 15e à 19h
Dans ce dernier volet du cycle de conférences sur la démocratie, on  tâchera de comprendre comment depuis plusieurs décennies, la question de l’identité empoisonne la plupart des « scènes politiques » démocratiques.

 

Mardi 4 février 2020

  Présentation de la collection « Débats laïques » par Gérard Delfau, Patronage laïque Jules Vallès, Paris 15e à 19h. En savoir plus

Lundi 3 février 2020

Café laïque au Patronage laïque Jules Vallès, Paris 15e à 19h. Thème : « La laïcité dans la politique municipale ». présenté et animé par Martine Cerf, secrétaire générale de l’association ÉGALE. Merci de confirmer votre présence sur le site du Patronage laïque Jules Vallès.

 

Lundi 13 janvier 2020

Café laïque au Patronage laïque Jules Vallès, Paris 15e à 19h

Martine Cerf animera le premier café laïque 2020 sur le thème d’actualité : « ces églises qui font de la politique : 3 exemples d’actualité : la Pologne, le Monténégro, l’Algérie ». Voir l’annonce 

Mercredi 11 décembre 2019

Conférence de Michel Seelig au lycée Albert Thomas à Roanne, à 19h. Entrée libre : voir l’affiche

 

Lundi 9 décembre 2019

Conférence-débat avec Marc Horwitz : « Vers une société laïque », organisée par la Comité laïcité 35 à Rennes, à 18h30. Voir l’affiche

 

Mardi 3 décembre 2019

Café laïque au Patronage laïque Jules Vallès, Paris 15e à 19h, sur le thème : « sport et laïcité », animé par Martine Cerf en présence de Annie Sugier, présidente de la Ligue du Droit International des Femmes (LDIF).

Le sport a toujours eu pour vocation de rassembler des jeunes de tous horizons. La charte olympique affirme la neutralité du sport qui doit rester à l’écart de toute propagande politique et religieuse. Qu’en est-il exactement dans les clubs sportifs, dans les compétitions internationales, aux jeux olympiques ?

Mardi 12 novembre 2019

Café laïque au Patronage laïque Jules Vallès, Paris 15e à 19h . UN DÉBAT PASSIONNÉ DE L’ACTUALITÉ : LE PORT DU VOILE

La polémique fait rage autour du port de signes religieux par les accompagnants de sorties scolaires. Au-delà de ce qui est écrit, souvent dans l’immédiateté des réactions, il paraît indispensable d’échanger sereinement pour comprendre ce qui se joue et ce que sont les non-dits autour de la question. C’est à cela que vous êtes invités. Animation : Martine Cerf. S’inscrire

Mardi 5 novembre 2019

Cérémonie de remise des prix de la laïcité du CLR à l’Hôtel de Ville de Paris.

5 lauréates ont reçu les différents prix remis par le Comité Laïcité République : Ariane Mnouchkine, Fatiha Agag-Boudjahlat, Karima Bennoune, Nadia Geerts et Virginie Tournay. Voir leurs interventions. Voir les différentes interventions

Mardi 29 octobre 2019

Conférence à Marseille de 18h à 20h organisée par le CIL et ÉGALE : «  LA LAÏCITÉ ET L’ÉGALITÉ HOMMES/FEMMES » avec Martine Cerf. Renseignements et inscription

Jeudi 24 octobre 2019

Conférence de Martine Cerf à Saint-Amand-les-Eaux, à 19h30 : « LAÏCITÉ ET ÉGALITÉ » organisée par le CLR Valenciennes Hainaut.  Voir l’affiche

Lundi 14 octobre 2019

Café laïque au Patronage laïque Jules Vallès, Paris 15e à 19h. « LES « MOUVEMENTS IDENTITAIRES ET LIBERTÉS INDIVIDUELLES », animé par Martine Cerf

 

Lundi 7 octobre 2019

Colloque d’ÉGALE « MOUVEMENTS IDENTITAIRES ET LIBERTÉS INDIVIDUELLES » organisé avec le Think Tank l’Aurore au Palais du Luxembourg, à Paris. Voir le programme

 

28 septembre 2019

Rassemblement à l’appel de la Brigade des mères .  Voir l’appel aux amis laïques

Margaritis Schinas, Vice-President de la Commission européenne recevait les représentants des associations philosophiques et non-confessionnelles

Margaritis Schinas, Vice-Président de la Commission européenne, chargé de la promotion du mode de vie européen avait invité les organisations philosophiques et non confessionnelles pour échanger sur les conséquences de la crise ukrainienne dans les domaines des valeurs, de l’énergie, de l’immigration, le 2 décembre 2022. Le Premier vice Président du Parlement, Othmar Karas assistait également à cette réunion. Écouter leurs interventions

Martine Cerf accompagnée de Mireille Raunet représentaient ÉGALE et ont apporté une contribution en plusieurs points repris dans une note consultable ici

Les associations présentes ont également insisté, à l’initiative d’ÉGALE, sur le fait que le prochain envoyé spécial pour « La liberté de religion et de convictions » devait intervenir également pour demander que les athées et agnostiques ne fasse l’objet d’aucune discrimination en raison de leur non appartenance à une religion. Pour cela, nous avions demandé que le nom même de cet envoyé reprenne le libellé de la Charte des Droits fondamentaux de l’UE, à savoir « la liberté de pensée, de conscience et de religion ».  Les envoyés spéciaux précédents ne s’étaient guère préoccupés des discriminations graves à l’encontre des athées et étaient restés centrés sur le dialogue interreligieux uniquement. L’annonce faite ce jour de la nomination du Belge Frans van Daele à ce poste ne comporte nullement de modification au titre de cet envoyé spécial.

Nous verrons si cette demande réapparait et peut-être est votée lors des débats au Parlement qui doit valider la nomination de M. van Daele, plusieurs députés ayant été sensibilisé à cette question.

Martine Cerf

Des femmes-arbitres au Qatar

Dans la liste officielle de la FIFA des arbitres pour la coupe du monde de football au Qatar, trois femmes ont été retenues : une Française, une Japonaise et une Rwandaise. Bravo la FIFA !

Des femmes pour arbitrer des matchs joués par des hommes, et en plus au Qatar ! Elles seront évidemment en tenue officielle d’arbitre (short et tête nue). La FIFA est restée fidèle aux principes d’éthique, d’égalité et de neutralité du sport.

Mais ces trois arbitres femmes vont-elles réellement arbitrer au moins chacune un match ? Des pressions « locales » ne vont-elles pas être exercées afin qu’elles ne puissent officier ? Ne va-t-on pas trouver des excuses pour ne pas les faire intervenir ?

La FIFA doit tenir jusqu’au bout de sa démarche et leur confier l’arbitrage au minimum d’un match.

A surveiller attentivement !

Gérard MEYDIOT

Devant la recrudescence du port de tenues religieuses ostensibles à l’école, des autorités religieuses réagissent

Les medias et le ministère de l’Éducation nationale ont rendu publiques les informations concernant la recrudescence des incidents liés au port de tenues religieuses ostensibles à l’école. On sait que ces incidents sont encouragés par une propagande islamiste active sur les réseaux sociaux et que le phénomène a dégénéré, notamment à Nanterre, sous la forme de manifestation devant le lycée.

Il est intéressant de noter que le 3 octobre dernier, le Conseil des Mosquées du Rhône (CMR) a réagi à ce qu’il qualifie de « comportements provocateurs et irresponsables » d’une « frange très minoritaire de la jeunesse française musulmane ». Le CMR faisait notamment appel aux familles pour éviter « une aggravation de la situation ». Voir le communiqué du CMR

La Grande mosquée de Paris s’est également exprimée dans un communiqué publié le 21 octobre et a rappelé que la « loi interdisant le port de signes religieux ostensibles à l’école doit être, ni plus, ni moins, respectée par tous ». Ce communiqué rappelle qu’il faut mettre en œuvre « une pédagogie renforcée et positive sur la laïcité ». Il rappelle également ce que beaucoup de jeunes semblent ignorer : « qu’il n’existe pas de tenue religieuse définie et obligatoire en islam ».

Voir le Communiqué de la GMP 

UN MOMENT CRUCIAL

Ce n’est pas la lutte finale !

Ce ne sont pas non plus des faits anecdotiques !

Mais les événements de ces derniers jours nous montrent que le combat pour la laïcité (sans adjectif Monsieur le ministre de l’Éducation nationale !) n’est jamais totalement gagné.

Au cours d’un débat avec Monsieur Pap Ndiaye, un lycéen s’écrie : « Plus vous allez continuer (avec la laïcité), plus il y aura des morts » (L’Opinion 14/10/2022)

À Nanterre, à Clermont-Ferrand, des groupes de lycéens manifestent pour la LIBERTÉ… de cacher son corps et ses cheveux à l’École de la République.

La LIBERTÉ de refuser une vérité scientifiquement prouvée s’affirme dans la Société (2ème vague du baromètre “Science et Société” Une étude Ipsos pour l’Institut Sapiens) : Un Français sur deux estime que ce n’est pas parce qu’un scientifique spécialisé sur un sujet lui démontre un fait scientifique que c’est vrai !

Le retour gagnant de l’obscurantisme en France ?

Le moment est venu de se ressaisir, de réaffirmer nos valeurs, sans céder évidemment à l’instrumentalisation raciste développée à l’Extrême-Droite. Car il n’y a pas que de mauvaises nouvelles : le Parlement européen s’oppose enfin au financement de campagnes pro-hijab par l’Union Européenne.

Michel Seelig

Le Parlement européen interdit à la Commission de financer des campagnes faisant la promotion du hidjab

Aujourd’hui, 19 octobre, le parlement européen en discussion sur le budget vient de voter un amendement présenté par le député français François Xavier Bellamy, interdisant à la Commission de financer toute campagne faisant la promotion du hidjab. Il l’a annoncé sur Twitter. C’était d’autant plus important que la Commissaire européenne à l’égalité, Helena Dalli, ignorait les mises en garde du gouvernement français contre l’attribution de fonds publics à des associations proches des frères musulmans. C’était ainsi qu’une campagne faisant la promotion du hidjab avait été financée par l’UE en novembre 2021.

La Cour de Justice Européenne accepte l’interdiction de signes religieux en entreprise

La Cour de Justice de l’Union européenne a jugé qu’interdire le port visible de signes religieux, philosophiques ou spirituels ne constituait pas une discrimination directe, si elle est appliquée de manière générale et indifférenciée à tous les travailleurs. Saisie par une femme musulmane qui estimait que le refus de l’engager pour un stage dans un organisme de gestion de logements sociaux constituait une discrimination à son égard, la Cour de justice de l’Union européenne en a jugé autrement le jeudi 13 octobre. L’organisme avait signalé que la neutralité était demandée à tous les salariés

La Cour  relève que la volonté de neutralité doit être justifiée par un besoin véritable et qu’elle ne saurait peser plus lourdement sur certaines personnes, ce dont la justice belge doit s’assurer;

Voir l’arrêt

Hommage à Samuel Paty à Paris

Dimanche 16 octobre 2022, des associations, des élus, des sympahisants se sont rassemblés au saqure associations  pour rendre hommage à l’enseignat assassiné à l’occasion du deuxième anniversaire de sa mort.

Ont successivement pris la parole:

Edouard CIVEL, 1er adjoint à la Maire du 5e arrondissement

Martine CERF – EGALE

Bernard RAVET, ancien responsable d’établissement, membre de la Licra

Caroline YADAN, députée de la 3è circonscription de Paris

Béa BENABBES, professeur de l’enseignement secondaire – VCL

Floriane GOUGET, étudiante, – Dernier Espoir

Texte d’un universitaire tunisien lu par Iris Iran FARKHONDEH de VU

Voici en version pdf :

 

Samuel Paty commémoré à Rennes

Hommage à Samuel Paty – « Deux ans après, ne jamais oublier »

En ce dimanche matin, nous étions une petite trentaine au pied de l’arbre de la laïcité à Rennes, à l´invitation de notre association « Laïcité 35 », pour rendre hommage à Samuel Paty, assassiné par un terroriste islamiste parce qu’il enseignait la liberté de conscience et la liberté d’expression.

Rassemblement organisé à la hâte, mais avec la certitude de son impérieuse utilité.

Merci aux élus présents, aux absents excusés qui ont eu le souci de soutenir cet événement.

Le combat pour la République et la laïcité continue.

Plus que jamais.

Rejoignez-nous !

 

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Le discours prononcé par Françoise Le Mer, Laïcité 35 et membre d’Egale, à Rennes dimanche 16 octobre 2022

Chers amis,

​Bonjour à tous et à toutes,

Voilà deux ans.

Voilà deux ans que Samuel Paty a été sauvagement assassiné par décapitation.

« Ne jamais oublier »

C’est sous l’auspice de ces mots que nous avons voulu nous rassembler, nous réunir.

Le 16 octobre 2020, Samuel Paty, enseignant d’histoire géographie, s’est vu ôté la vie par un terroriste islamiste à Conflant Saint Honorine. La raison : avoir montré des caricatures de Mahomet dans le cadre d’un cours d’éducation morale et civique.

Victime de l’islamisme, il avait à cœur de former ses élèves à l’esprit critique, à la liberté de conscience et à la liberté d’expression.

Samuel Paty n’était pas un provocateur.

Au contraire, la mission qu’il exerçait s’inscrivait parfaitement dans le cadre des programmes de l’Éducation nationale et de la loi. Contre la calomnie, contre certaines petites lâchetés, contre un abandon de son administration et contre des soutiens discrets, rappelons que Samuel Paty exerçait sa mission avec professionnalisme, intégrité et dévouement.

Pour ces raisons, il mérite la reconnaissance de la patrie.

« J’ai décapité un chien de l’enfer ».

C’est ce qu’a écrit le terroriste islamiste qui a tué Samuel Paty, après son crime.

Ces mots suintant la haine et la violence, nous rappellent que, si nous ne voulons pas oublier, nous ne pourrons pas non plus pardonner.

« Être toujours debout »

Nous serons de tous les combats pour lutter pied à pied contre l’islamisme, contre les atteintes portées à la laïcité, contre tous les stratagèmes qui visent à rompre le pacte républicain, contre tous les méfaits qui aspirent à fragiliser le beau projet qu’incarne notre devise « Liberté Égalité Fraternité ».

Nous ne pouvons pas renoncer, car renoncer c’est abdiquer face à l’ignominie, c’est accepter que triomphent la haine et l’obscurantisme, c’est consentir à ce que notre monde commun se défasse.

En commémorant  Samuel Paty, nous souhaitons rendre hommage à tous les enseignants, à ces passeurs de savoir, à ces agents du service public qui font tenir la République, dans des conditions parfois dégradées et à l’appui d’une administration parfois pusillanime, qui se dévouent pour que leurs élèves cultivent la plus haute des ambitions. Parce qu’ils représentent des phares qui illuminent le chemin des générations futures, nous ne pouvons les abandonner et nous ne pouvons nous résigner à l’idée qu’ils paient de leur vie d’être des hussards noirs de la République.

Car, oui la République se trouve être attaquée, et dans cette offensive dont elle fait l’objet, l’école en est la première victime. Elle l’était déjà lorsque des enfants de l’école juive Ozar Hatorah de Toulouse étaient tués une balle dans la tête en 2012, par le terroriste Mohammed Merah. Dix ans avant, l’ouvrage Les Territoires Perdus de la République tirait déjà la sonnette d’alarme. Puis, il y a eu l’attentat contre Charlie Hebdo, journal connu pour ses dessins satiriques ; caricatures que Samuel Paty utilisait pour enseigner l’esprit critique…

Les événements dramatiques se succèdent, le sang coule et les larmes avec.

Le temps file, et la vie reprend son cours.

Mais le temps ne nous volera pas les tristes souvenirs et ces vies enlevées.

Le temps ne nous empêchera pas de nous rappeler la solitude dans laquelle Samuel Paty a dû se retrouver lorsque la pression se faisait oppressante contre lui. Nous savons dorénavant que le jour où il a été assassiné, les policiers retrouvèrent un marteau dans son sac… Preuve en est qu’il sentait la menace imminente.

En réalité, votre présence aujourd’hui ici en ce dimanche matin, et les multiples rassemblements organisés à travers la France doivent nous réchauffer le cœur et nous insuffler une dose d’espoir et d’optimisme.

Nous ne nous habituerons jamais à l’horreur.

Nous ne nous résignerons jamais sinon le terrorisme islamiste l’emportera.

C’est pour cela que Samuel Paty n’est pas mort pour rien. Mais nous aurions pu éviter sa mort.

Les enseignants ne sont pas des martyrs, et la société toute entière doit faire bloc autour de ceux qui ont le courage de ne pas céder aux pressions, faire bloc autour de ceux qui ont à cœur de ne pas reculer d’un iota dans la défense de nos valeurs fondamentales (et particulièrement la liberté de conscience, l’universalisme, la laïcité, la liberté d’expression, l’égalité femme/homme).

Ces valeurs constituent un joyau inestimable qui permet à chacun et chacune de se libérer de toutes les injonctions traditionnalistes, et de toutes les prisons communautaires.

Ces principes sont un chemin pour que chacun et chacune puisse s’émanciper et choisir sa propre destinée.

Contre la haine qui provoque la mort, opposons leur la force de nos principes qui rendent notre monde vivable et fraternel.

Ces principes ne sont pas obsolètes, ne sont pas démodés, ne sont pas d’un autre âge.

Ils sont de la plus grande actualité car ils font de nous une grande nation dans laquelle ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous oppose.

Mes derniers mots ne seront pas les miens, mais ceux d’une femme qui m’inspire et me montre souvent la voie. Hier, j’ai lu ces mots de Tania de Montaigne et je souhaite vous en faire part : « un professeur a été massacré pour avoir considéré qu’on vit mieux l’esprit grand ouvert et que, quand on éteint les Lumières, il ne reste que la nuit et les ombres, que la loi du plus fort, que ses yeux pour pleurer.

Samuel Paty ne reviendra pas ».

Je vous remercie.

SOUTENIR L’ÉMANCIPATION DES ÉLÈVES COUTE QUE COUTE

Dimanche 16 octobre, des associations laïques avaient appelé à rendre hommage à Samuel Paty. Au-delà d’un simple hommage, cette manifestation se voulait tournée vers l’avenir et c’est bien ainsi qu’à EGALE, nous concevons ces cérémonies : elles nous inscrivent dans un engagement de longue date qui dicte les actions futures.

Comme Samuel Paty, nous ne renoncerons pas à la pédagogie nécessaire pour que les élèves, les futurs citoyens, apprennent à se décentrer de ce qu’ils sont et croient, pour découvrir ce qu’ils ne connaissent pas. Pour qu’ils se nourrissent de ces savoirs et puissent ensuite décider par eux-mêmes, sans soumission à quelque dogme que ce soit.

Nous combattrons l’autocensure de certains enseignants qui ont renoncé à aborder en classe les sujets qui pourraient susciter des polémiques et qui pourtant figurent dans les programmes. On peut comprendre leur peur, mais on ne peut accepter qu’elle ait pour conséquence de donner la victoire aux islamistes qui cherchent à imposer leur morale par la terreur et la censure.

Enfin, nous attendons que toutes les académies soient promptes à venir en aide aux enseignants en difficulté ou menacés et que soit définitivement abolie cette règle du « pas de vagues » qui consiste à toujours donner raison à celui qui crie le plus fort, en l’occurrence des élèves et parents d’élèves qui relaient la propagande islamiste. N’oublions pas qu’on a contraint Samuel Paty à faire des excuses à une élève qui n’était même pas présente à son cours !

Nous demandons à nos enseignants d’assumer leur rôle de hussards, ce que beaucoup font avec courage et fierté. Encore faut-il se rassembler derrière eux et à leurs côtés pour leur en donner les moyens.

Martine Cerf

100 % Marianne

Ne ratez pas le samedi 29 octobre 2022 à la Maison du Savoir.

https://maisondusavoir.fr/show-item/100-marianne/

Bande annonce

Que peut-il bien se passer en salle des Profs du collège/lycée Raymond Poulidor ? Bonne question ! En tous cas, on ne s’y ennuie pas avec les trois enseignantes farfelues et la singulière directrice d’établissement. Une démonstration laïque hilarante ! avec Jihane Ben Lahcen, Magali Bonfils, Marie Montoya et Hélène Serres au théâtre du Gymnase en novembre 2022 et en tournée partout en France de juillet à novembre. Prochaine date : 26 juillet au Val de Luynes (Tours) Tout sur spectacle sur : http://lepompon.net/

Après l’affaire de la fillette voilée, un « contrôle politique » des images de l’UE

En février 2020, l’image d’une fillette voilée avait été utilisée sur Twitter par la Direction générale de l’éducation et de la culture (DG EAC), dirigée par la Chypriote Themis Christophidou services de la Commission européenne dans le cadre d’une campagne de promotion du programme européen Erasmus+. Cette diffusion avait suscité de vives critiques et le tweet avait dû être retiré. Les responsables avaient alors évoqué « une erreur administrative. »

La Commission avait diffusé des visuels de voile islamique auparavant. À chaque fois, la France réagit en demandant leur retrait. De nombreux pays en Europe subventionnent le culte et la notion de laïcité n’est pas la même qu’en France en particulier dans un cadre scolaire.

La présidente de la Commision européenne Ursula von der Leyen vient d’annoncer que son cabinet exercerait désormais un « contrôle politique » sur la publication des visuels de l’institution.

AVEC LES FEMMES ET LES HOMMES D’IRAN CONTRE LA DICTATURE DES MOLLAHS QUI TUE

Collectif laïque national

En Iran, vendredi 16 septembre 2022, la jeune Mahsa Amini, 22 ans, a trouvé la mort après son
arrestation par la « police des mœurs » pour avoir « mal porté » son voile. Les obligations
vestimentaires, véritable apartheid sexuel imposé aux femmes par la dictature théocratique de ce
pays, lui ont coûté la vie (…)

Communiqué complet: https://egale.eu/wp-content/uploads/2022/10/Avec-les-femmes.pdf

L’Université de Lille rend hommage à Samuel Paty

Un Hommage à Samuel Paty qui va se dérouler les 5-6-7 octobre sur le site de Tourcoing de l’ IUT de l’Université de Lille :

A cette occasion sera inauguré un amphithéâtre sera nommé  « Samuel Paty » et deux peintures murales seront inaugurées ainsi qu’une plaque commémorative. L’objectif est de sensibiliser les étudiants actuels et à venir aux convictions et au sort tragique du professeur.

Cette initiative a été lancée et  concrétisée par des personnels administratifs et enseignants de l’IUT qui regroupe les différents IUT des ex-Lille1-Lille 2-Lille 3 et votée et financée par le CA de l’IUT de l’Université de Lille.

Le président de l’Université de Lille, Régis Bordet, et le directeur de l’IUT, Denis Pomorski, prendront la parole le mercredi 5 octobre lors de l’inauguration.

Vous  trouverez tout le dossier et une invitation en suivant le lien:

Dossier Samuel Paty/ Lille

ACTUALITÉ(S) TOXIQUE(S)

La guerre en Ukraine, les menaces nucléaires de Poutine, les succès des droites radicales (chacun utilisera les épithètes qui lui sembleront les plus pertinentes) en Europe, les putschs et re-putschs en Afrique (avec la montée d’un ressentiment envers la France), les menaces et (actions réelles) sur les droits des femmes en Amérique et en Europe, la brutalité de la répression en Iran… les craintes que l’on peut avoir sur l’évolution de la situation économique… mais aussi politique, notamment de la France…

Le vieux frileux que je suis ajouterait volontiers le retour du froid alors que nous sommes invités à la « sobriété énergétique » …

Toutes ces nouvelles (et j’en oublie) plus ou moins alarmantes se succèdent à un rythme effréné sur nos écrans …

Et pourtant, tout cela semble bien secondaire pour certains (et surtout certaines) pour qui la lutte contre le mâle blanc hétérosexuel, par nature prédateur et violent, reste la priorité des priorités…

Pour ma part, j’ai retenu une autre nouvelle qui m’a paru particulièrement toxique. The New York Post nous apprend que neuf associations d’étudiants en droit de l’Université publique de Berkeley en Californie ont décidé de bannir tout intervenant ayant soutenu Israël ce qui revient à interdire de parole la quasi-totalité des étudiants ou professeurs juifs de l’université y compris le doyen. De nombreuses critiques ont dénoncé cette initiative la comparant à la création d’une zone d’exclusion des Juifs, de fait « Jewish-free » ou « judenrein » comme on disait sous l’Allemagne nazie.

Décidément le progrès est en marche.

Michel Seelig

 

La jeunesse iranienne se rebelle contre l’obscurantisme du pouvoir

Après la mort la jeune Mahsa Amini assassinée par la police des mœurs pour avoir laissé apparaître des mèches de cheveux hors de son voile, les femmes iraniennes sont révoltées et descendent dans la rue tous les jours. Depuis le 16 septembre, elles manifestent leur rejet d’une politique qui dure puis 40 ans et qui les brime, les humilie, les tue en toute impunité. Elles brûlent leur voile, se coupent les cheveux et demandent la fin de ce régime.

Elles ne sont pas seules, de jeunes hommes manifestent avec elles et résistent violemment à la police.

L’équipe de football iranienne, avant un match a caché son maillot avec l’emblème de la République islamique et l’un d’entre eux, Sardar Azmoun a déclaré sur les réseaux sociaux : « je n’ai pas peur d’être évincé. Honte à vous d’avoir si facilement tué le peuple et vive les femmes d’Iran »

La journaliste Masih Alinejad publie des vidéos et des informations sur twitter (@AlinejadMasih)

C’est tout un peuple qui réclame la liberté de conscience et une véritable démocratie avec le slogan « Femme, Vie, Liberté ». «Les gens manifestent aujourd’hui contre la crise économique, le chômage des jeunes, l’absence de liberté individuelle et collective», explique Azedeh Kian, professeur de sociologie à l’Université Paris-8. (Le Figaro)

La théocratie iranienne reste arc-boutée sur l’obligation d’appliquer la charia selon leur interprétation stricte et n’hésite pas à répliquer par des arrestations (1200 à ce jour), des brutalités qui ont provoqué la mort de 60 personnes environ selon l’agence Fars.

Nous apportons tout notre soutien aux Iraniennes et aux Iraniens en révolte.

Martine Cerf

Agir dans l’école, maintenant !

Comme le rappelait Iannis Roder, professeur d’histoire géographie et directeur de l’observatoire de l’éducation de la fondation Jean-Jaurès : « l’école républicaine prend les élèves comme ils sont et va essayer de les dégager des déterminismes qui sont les leurs, soit économique et sociaux mais aussi culturels et religieux », pour « essayer d’ouvrir, de faire comprendre ce qui se joue, le sens des choses ».[1]

Des signes inquiétants sont donnés quant à l’intensification de la propagande incitant les élèves à résister à l’enseignement laïque. Selon les medias, les services de l’État ont alerté fin août sur la multiplication des messages sur les réseaux sociaux qui constituent une « stratégie d’entrisme salafo-frériste », qui encouragent les jeunes à porter des vêtements islamiques ou encore à prier dans les horaires de classe. Ces messages incitent les jeunes garçons à porter des qamis et les filles, des abayas, dans le but de « contourner l’interdiction faite aux élèves de porter le voile à l’école », ou encore à aller prier dans les toilettes ou les salles de classes vides pendant les pauses, ou à quitter l’établissement pour respecter les horaires de prière.

Par voie de conséquence, les signalements d’atteinte à la laïcité sont en augmentation et on attend l’annonce des mesures par le ministre de l’Éducation, début octobre.

Nous aimerions entendre que la réserve citoyenne va enfin être utilisée pour prêter main forte aux enseignants. Car ils sont prêts, ces citoyens bénévoles qui ne renoncent pas à porter le message de la laïcité pour assurer l’émancipation de tous, ils ne demandent qu’à intervenir et se plaignent tous de demandes trop rares. A l’heure où l’on manque d’enseignants, alors qu’on ne sait plus comment en recruter pour assurer les cours, qu’attend-on pour utiliser cette réserve citoyenne qu’on a trop longtemps laissé en jachère ? Pas pour remplacer les enseignants manquants, bien sûr, mais pour épauler ceux qui continuent de faire leur métier malgré les difficultés qu’ils rencontrent.

Martine Cerf

[1] Entretien sur la matinale de France inter, le 8 septembre 2022

EGALE a traduit un rapport sur l’entrisme des frères musulmans en Europe

Une fondation autrichienne, « Austrian Fund for the Documentation of Religiously Motivated Political Extremism » a publié en 2021 un rapport sur l’action des frères musulmans en Europe. Signé par deux spécialistes dont nous saluons le travail remarquable : le Dr Lorenzo  Vidino de l’université George Washington aux États Unis et Sergio Altuna, analyste de l’Institut royal Elcano de Madrid, ce rapport n’était disponible qu’en anglais et en allemand. Nous venons de le traduire en français.

Lire le rapport.

La Hongrie n’est plus une démocratie

Le Parlement européen vient d’affirmer clairement qu’après des années d’exercice du pouvoir par le régime de Viktor Orban, la Hongrie n’est plus une démocratie, mais un « régime hybride d’autocratie électorale », où des droits et principes fondamentaux sont menacés.

Le Réseau Laïque Européen a toujours mis en garde contre les risques que des dirigeants nationalistes et l’extrême droite font peser sur la démocratie et les droits fondamentaux. Nous avons alerté sur les dérives liberticides du gouvernement hongrois à de nombreuses reprises. (…)

Communiqué du réseau laïque européen: https://laicite-secularism.eu/parlement-europeen-la-hongrie-nest-plus-une-democratie/

Le texte voté au Parlement européen:https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/TA-9-2022-0324_FR.html

L’évêque de la Réunion doit respecter la loi !

Dimanche 18 septembre 2022, lors de la traditionnelle messe de La Salette, l’évêque de La
Réunion, Mgr Gilbert Aubry a précisé son opposition au projet de modifier l’autorisation d’une
fin de vie abrégeant les souffrances des malades et a rappelé son hostilité au mariage pour
tous.
Le débat sur l’autorisation de recourir à l’euthanasie a de nouveau été mis sur la place publique
depuis la publication le 13 septembre dernier de l’avis du Comité national consultatif d’éthique
qui estime qu’il existe « une voie » vers une aide active à mourir, « sous certaines conditions ». Un
projet de loi devrait être débattu dans le courant de l’année 2023 devant le Parlement.
Tous les citoyens, toutes les institutions et associations ont le droit légitime de participer au
débat public et l’évêque de La Réunion a bien le droit de donner son avis.
Il n’en est pas de même en ce qui concerne le mariage pour tous. Dans un lieu de culte et
dans son homélie pour les fidèles, l’évêque précise que « L’humanité est corrompue. Dans le
domaine de la famille on fait n’importe quoi. Qu’est-ce que cela veut dire le mariage pour tous?
Une aberration !… Ne perdons pas de vue que ce qui est légal n’est pas forcément moral ».
Même si l’évêque se garde bien de condamner directement les personnes mariées et de même
sexe, on peut estimer qu’elles peuvent se sentir provoquées, attaquées et discriminées.
L’association EGALE compatit et se range résolument à leurs côtés. À travers elles, ÉGALE
apporte son soutien indéfectible à la communauté LGBTQIA+.
De plus et surtout, rappelons que le mariage pour tous relève de la loi n°2013-404 du 17 mai
2013.Une fois promulguée, la loi de la République s’impose à tous, y compris à Mgr
Aubry qui, en la circonstance contrevient directement aux dispositions de l’article 35
de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État, lequel
dispose que « Si un discours prononcé ou un écrit affiché ou distribué publiquement dans les
lieux où s’exerce le culte contient une provocation directe à résister à l’exécution des lois ou
aux actes légaux de l’autorité publique ou s’il tend à soulever ou à armer une partie des
citoyens contre les autres, le ministre du culte qui s’en rend coupable est puni de cinq ans
d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende, sans préjudice des peines de la complicité
dans le cas où la provocation est suivie d’une sédition, révolte ou guerre civile ».
Face à cette provocation d’un haut dignitaire de l’Église catholique, ÉGALE demande au
ministre de l’Intérieur et des Outre-Mer et au préfet de la Réunion de rappeler fermement et
publiquement à Mgr Aubry ses devoirs de citoyen en matière de respect de la loi.
Par ailleurs, l’évêque de La Réunion est commandeur de la Légion d’Honneur. ÉGALE
demande également au Grand chancelier de l’Ordre National de la Légion d’Honneur de
rappeler publiquement à Monseigneur Aubry ses devoirs éthiques.

Communiqué Egale

APPEL AU RASSEMBLEMENT LE 16 OCTOBRE 2022

Pour défendre la laïcité

Deux ans déjà ! le 16 octobre 2020, Samuel Paty tombait sous le couteau d’un islamiste qui ne le connaissait même pas. Tout récemment, Salman Rushdie frôlait la mort sous les coups d’un autre de ces assassins qui exécutent au nom d’Allah. Il y eut Charlie… Tous ceux et toutes celles qui se montrent libres de leur parole ou de leur plume courent le risque d’être menacés de mort et d’être assassinés.

Samuel Paty fut un enseignant digne de sa fonction : il voulait éduquer sans préjugés, armer les élèves hors de toutes contraintes confessionnelles. Il les voulait libres et émancipés par leur liberté de conscience, leur liberté de pensée et d’expression. Il croyait au devoir sacré de l’enseignant de transmettre ces valeurs fondamentales héritées des Lumières et préservées par la laïcité.

Il nous incombe de lui rendre hommage et de continuer son œuvre de transmission de nos libertés et de la laïcité.

N’oublions pas cet enseignant libre et plein de courage et l’exemple qu’il nous a donné.

Pour Samuel Paty retrouvons-nous le 16 octobre à 14 h au Square qui porte son nom, Place Paul Painlevé, 75005 Paris

Ne laissons pas sa mémoire s’éteindre dans la solitude qu’il a connue alors qu’il était accusé par des islamistes et assassiné par l’un d’eux. Pour lui et pour tous ceux et toutes celles qui aujourd’hui veulent enseigner la liberté et la laïcité, nous demandons au Ministère de l’Education nationale de s’engager résolument à soutenir et protéger tous les enseignants qui seraient menacés pour avoir fait leur métier en conscience.

Montrons notre détermination à poursuivre son œuvre et à défendre la laïcité : l’islamisme ne passera pas !

Rassemblement proposé à l’initiative des Associations : Comité laïcité République CLR, Dhimmi Watch (Observatoire International de la Dhimmitude), EGALE, Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme MPCT.

Autres associations signataires de l’Appel : Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme BNVCA, Ligue de Droit International des Femmes LDIF, Vigilance Collèges Lycées VCL …

Egale au Forum des Associations

EGALE est allée à la rencontre des citoyens du 15e arrondissement de Paris.

L’association était présente au forum des associations organisé par la mairie du 15e arrondissement où se situe notre siège social.

Nous avons pu discuter avec de nombreuses personnes et plusieurs se sont déclarées intéressées par nos activités.

Il est à la fois important de développer la notoriété d’EGALE, mais aussi de recruter de nouveaux adhérents et bénévoles pour assurer sa bonne marche.

Une démocratie référendaire?

Le peuple chilien vient de rejeter très largement le projet de constitution laborieusement élaboré par une Assemblée constituante élue à cet effet…

Coup dur pour le président de Gauche au pouvoir depuis mars 2022. Grande désillusion aussi pour de nombreux responsables de la Gauche française, notamment de la France Insoumise qui voyaient cette procédure comme une préfiguration d’une démarche pour la VIe République qu’ils appellent de leurs vœux.

La consultation directe du peuple a eu longtemps mauvaise presse à Gauche, des plébiscites de Napoléon III, aux referendums gaulliens…

Depuis lors, la consultation qui a pu servir à conforter un pouvoir personnel est devenue bien souvent l’occasion pour l’électeur de manifester son mécontentement en ne votant pas, de fait, pour ou contre le texte proposé, mais pour et surtout contre celui qui pose la question.

Le récent exemple chilien peut conduire à d’autres questionnements.

  • Est-il pertinent de soumettre au vote populaire direct des propositions « progressistes » mais dont on sait qu’elles ne font pas du tout consensus ? On a souvent dit qu’un referendum sur l’abolition de la peine de mort dans la France de 1981 n’aurait pas obtenu un résultat positif… au risque de geler le dossier pour longtemps.
  • Est-il pertinent de soumettre au vote populaire des textes fourre-tout comme le projet de constitution chilien… ou le traité établissant une constitution pour l’Europe en 2005 en France ? À l’évidence, l’électeur y trouvera toujours au moins une mesure qu’il considère contraire à ses valeurs ou ses intérêts. – Je ne peux pas évidemment le prouver, mais je suis persuadé qu’un referendum sur le paquet complet des propositions formulées par la Convention citoyenne sur le climat n’aurait pas obtenu un vote majoritaire !

Je reste donc attaché à la démocratie représentative malgré tous ses défauts. J’estime aussi que la constitution doit fixer le plus précisément possible le fonctionnement des principaux rouages de l’État, les mécanismes qui régentent leurs relations. Elle doit aussi clairement avancer quelques principes fondamentaux … Liberté, Égalité, Fraternité ou des valeurs essentielles comme la laïcité. Mais il n’est pas opportun d’y introduire de nombreuses dispositions qui relèvent de l’ordre législatif ordinaire !

Michel Seelig

Une rentrée avec un ordre du jour copieux.

Comme tous les ans, nous assistons à une avalanche de déclarations, de prises de position, les partis et les politiques cherchant à marquer les esprits. Sans nous attarder aux manœuvres politiciennes qui, finalement, concernent assez peu les citoyens, nous préférons revenir sur les événements laïques majeurs de l’été et sur leurs enseignements.

D’abord, la tentative d’assassinat de Salman Rushdie qui nous rappelle que les fanatiques radicalisés de l’islam sont toujours aussi meurtriers et prêts à tuer pour faire taire les voix libres. Au delà de l’indignation que nous manifestons et le soutien que nous apportons à Salman Rushdie, il est important de lutter de toutes les façons possibles contre la propagation mortifère de cette idéologie. N’oublions pas qu’elle infecte des familles entières, qu’elle entre dans nos écoles dès la maternelle, et qu’elle sévit à l’université. Elle rencontre, on le sait bien, la complicité de partis qui se disent de gauche, et défendent pied à pied les intérêts des islamistes. Ces politiques là, par ignorance ou sinistre calcul électoral, ont renoncé à tous les idéaux qui caractérisaient l’appartenance de gauche, comme l’égalité, l’émancipation ou la défense des travailleurs les plus démunis.

Dans cette pseudo gauche, la France insoumise a touché cet été le fond de l’abjection en attaquant auprès du Conseil constitutionnel un projet de loi voté au Parlement visant à interdire l’expression de sites terroristes en ligne. (ce projet étant d’ailleurs la traduction d’une directive européenne). Les députés LFI y ont vu une atteinte à la liberté d’expression des terroristes et ses députés tous ont signé le recours auprès du Conseil constitutionnel. Les familles de toutes leurs victimes apprécieront…

Et puis, nous avons connu le 12 août, une mauvaise surprise avec la publication d’une vidéo de la Commision européenne pour la journée internationale de la jeunesse, dont un plan montre des jeunes souriants et portant un T shirt du FEMYSO, une fédération d’associations proche de la mouvance des frères musulmans…Ceux-là même qui avaient conçu la campagne de promotion du hidjab signée par le Conseil de l’Europe et l’Union européenne en novembre 2021. Le gouvernement français a réagi vertement, EGALE aussi. Nous avons là un vrai chantier pour leur faire comprendre que ceux qui prétendent « défendre les droits des musulmans « , sont bien souvent les pompiers pyromanes fréristes qui inventent « le racisme systémique » dont les musulmans seraient l’objet et promeuvent l’idée qu’une « bonne musulmane » est forcément voilée..

Nous continuerons, comme par le passé, à combattre ces mouvements obscurantistes et à porter la parole de la laïcité, de la liberté de conscience de tous, des droits humains et de l’émancipation par l’instruction, Nous continuerons de nous exprimer en France et en Europe. Et chaque fois qu’on nous le demandera, nous serons présents pour épauler les enseignants dans les classes.

Martine Cerf

Lire le communiqué du Conseil constitutionnel

Expulsion confirmée pour l’imam Iquioussen

Le Conseil d’État a donné mardi 30 août son feu vert à l’expulsion de l’imam Hassan Iquioussen décidée par Gérald Darmanin. Une source proche du dossier a indiqué à l’Agence France-Presse que l’imam était en fuite, sans doute en Belgique, et avait été inscrit au fichier des personnes recherchées.

Dans un tweet, le ministre de l’Intérieur a estimé que cette décision est « une grande victoire pour la République ». « Il sera expulsé du territoire national. Dès son interpellation, il sera placé en centre de rétention administratif », a indiqué Gérald Darmanin en début de soirée.

Le 5 août, le tribunal administratif de Paris avait suspendu en référé l’expulsion vers le Maroc de cet imam réputé proche des Frères musulmans, jugeant qu’elle porterait une « atteinte disproportionnée » à sa « vie privée et familiale », mais le ministère de l’Intérieur avait fait appel de cette décision.

Le Conseil d’Etat valide l’expulsion de M. Iquioussen qui tient et propage notamment des propos antisémites et contraires à l’égalité entre les femmes et les hommes. C’est une grande victoire pour la République. Il sera expulsé du territoire national.

Le juge des référés du Conseil d’État estime que « ses propos antisémites, tenus depuis plusieurs années lors de nombreuses conférences largement diffusées, ainsi que son discours sur l’infériorité de la femme et sa soumission à l’homme constituent des actes de provocation explicite et délibérée à la discrimination ou à la haine justifiant la décision d’expulsion. Il considère par ailleurs que cette décision ne porte pas une atteinte grave et manifestement illégale à la vie privée et familiale de M. Iquioussen », explique la plus haute juridiction administrative française dans son communiqué.

La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) avait refusé de suspendre l’expulsion début août, expliquant qu’elle n’accordait des mesures provisoires de suspension « qu’à titre exceptionnel », lorsque le requérant était exposé « à un risque réel de dommages irréparables ».

Le prédicateur de 58 ans, dont la chaîne YouTube est suivie par 178.000 abonnés, est devenu un « délinquant » dès lors « qu’il s’est soustrait à un arrêt d’expulsion », a souligné le préfet, qui a saisi le parquet de Valenciennes.

Gérald Darmanin avait annoncé le 28 juillet l’expulsion du prédicateur, qui est selon lui fiché S (pour sûreté de l’État) par la DGSI « depuis dix-huit mois », avant que le tribunal administratif de Paris ne suspende cette procédure, estimant qu’elle porterait une « atteinte disproportionnée » à sa vie privée.

Une décision infirmée mardi par le Conseil d’État, qui a estimé que son « discours antisémite », « réitéré (…) après ses excuses de 2004 », et son « discours systématique sur l’infériorité de la femme », constituaient « des actes de provocation (…) à la haine ».

Le 1er août, le Maroc avait délivré un « laissez-passer consulaire » afin de permettre son expulsion par la France. Mais mercredi, une source proche du dossier a indiqué que ce laissez-passer avait été suspendu.

Adapté du Point (30 et 31/08/2022)

https://www.lepoint.fr/tiny/1-2487815

Qui peut prétendre que la guerre scolaire a disparu ?

L’idée de démantèlement du service public est en germe, depuis 1971, dans l’esprit d’éminents responsables politiques. En avril 1971 sous le ministère d’Olivier Guichard en poste à l’Éducation depuis 1969. Olivier Giscard d’Estaing, le frère du futur Président de la République, se fait le rapporteur de la loi du 1er juin 1971 dite « Pompidou ». Cette dernière propose la pérennisation du contrat simple, ce qui revient en fait à verrouiller la loi Debré. Dans ce type de contrat, les enseignants payés par l’État sont cependant personnels de droit privé. Olivier Giscard d’Estaing avait déjà énoncé cette proposition, dans un livre publié la même année : « Education et civilisation ». explicitement sous-titré « Pour une révolution libérale de l’enseignement ». Des thèses reprises et développées ultérieurement par le Club de l’Horloge et l’Union RPR-UMP pour la France dans son programme électoral de février 1993.

Analyse confirmée dans un colloque du Sénat le 4 février 2005, où le docteur en droit Jean Pierre Delannoy confirme: « le rapporteur de l’Assemblée nationale Monsieur Olivier Giscard d’Estaing, part du constat : si l’enseignement privé est, en France, largement confessionnel, c’est pure contingence historique. Par conséquent l’enjeu du débat sur l’enseignement privé est le développement d’une conception libérale de l’enseignement, ouvrant la voie à l’établissement de la concurrence entre privé et public: enjeu important, certes, mais où la considération religieuse est inexistante. »

Nicole Fontaine, en 1971, ne disait pas autre chose : «… On s’aperçoit que la liberté de l’enseignement change de fondement. De religieux, il devient idéologique. » Système âprement défendu, par l’Eglise catholique pour préserver une prétendue visibilité sociale.

Ce sous-titre du livre d’Olivier Giscard d’Estaing, « Pour une révolution libérale de l’enseignement », annonce son dessein qui consiste à appliquer à l’enseignement les thèses générales du libéralisme. « Ces propositions – écrit-il – sont inspirés par les principes de gestion d’organisation développés par l’auteur dans La décentralisation des pouvoirs dans l’entreprise. » Il poursuit : « Le premier changement vise à remettre en cause le rôle de l’État et son monopole de fait. Il faut réaffirmer l’importance de la famille, des religions, des régions, des professions, et leur donner la possibilité d’accompagner pas à pas, au niveau de l’établissement, tout le déroulement de l’éducation et de l’enseignement. L’État définit les normes minimales, offre son contrôle et se substitue aux insuffisances. »

En avril 1971, devant l’Assemblée nationale, Olivier Giscard d’Estaing prévoit « une prolifération des établissements privés » et appelle de ses vœux la « concurrence » « entre public et privé ». Depuis lors on cherche à discréditer le public pour promouvoir le privé sans chercher à identifier l’origine sociale, souvent choisie, de ses élèves ni les distorsions de traitement dont il bénéficie au nom de sa « liberté ».

En juillet 1972 Olivier Guichard cède sa place au Ministère de l’Éducation nationale à Joseph Fontanet poste qu’il occupe jusqu’au 27 mai 1974, René Haby prendra sa suite du 29 mai 1974 au 5 avril 1978. Christian Beullac devient ministre de l’Éducation nationale le 5 avril 1978 jusqu’à l’arrivée d’Alain Savary le 22 mai 1981 pour mettre en œuvre le « Grand Service Unifié Laïque de l’Éducation Nationale » – SPULEN– 90e des 110 propositions de François Mitterrand pour contrer la logique de privatisation en marche depuis 1970. Ce projet est abandonné après la manifestation du 24 juin 1984 qui réclamait , à cor et à cris, « la liberté de l’enseignement », financée par la puissance publique aux dépens de la mixité sociale.

Au-delà des changements de personnes Rue de Grenelle, une même politique continue à se mettre en place depuis 1984 où la puissance publique finance sa propre concurrence et où une omerta politique conforte une collusion d’intérêts entre libéraux et cléricaux pour séparer l’École de l’État et abandonner au profit de réseaux communautaires l’égalité en éducation entre citoyens, projet des bâtisseurs de l’École laïque.

Aujourd’hui encore, il s’agit d’organiser la mise en concurrence des établissements scolaires dans une optique de transfert, au gré des législatures, vers le privé et de concession de service public voire de marchandisation de l’École ?

La question du dualisme scolaire a progressivement quitté le champ religieux pour devenir un enjeu hautement politique clairement défini comme tel.

Qui osera, en cette période de budget contraint, évaluer les surcoûts dispendieux du dualisme scolaire qui obère les finances publiques et pénalise l’ensemble de la population scolaire ?

Qui peut encore prétendre que la guerre scolaire a disparu ?

Continuons résolument à conduire le débat sur les missions du service publique laïque de l’Éducation.

Eddy Khaldi

14 juillet 2022

Intervention laïque à la réunion sur la réponse humanitaire de l’UE à la guerre en Ukraine.

Ce 12 juillet, le Parlement européen représenté par M. Othmar Karas, premier Vice- président chargé de la mise en œuvre de l’article 17 organisait une réunion sur le thème de la réponse humanitaire à la guerre en Ukraine. Les associations religieuses et laïques étaient réunies ensemble et ont pu exprimer ce qu’elles avaient fait pour accueillir les réfugiés et fournir de l’aide humanitaires à ceux qui se battent dans leur pays.

Il faut noter l’intervention de Véronique de Keyser, président du Centre d’Action Laïque belge, membre du Réseau laïque européen qui a tenu à signaler la difficulté pour les nombreuses victimes de viols (y compris des enfants en bas âge), de bénéficier de soins appropriés et en particulier d’obtenir une IVG en cas de grossesse. (Il faut rappeler que l’IVG est interdite en Pologne et qu’elles doivent donc aller ailleurs en Europe, ce qu’elles ne sont pas toujours en état de faire).

Elle a vigoureusement dénoncé les récentes et récurrentes prises de position de l’Église catholique romaine qui persiste à refuser de reconnaître ce droit fondamental des femmes à disposer de leur corps, y compris dans des situations aussi dramatiques. Lire son intervention

Nous attendons les réponses de la Commission quant aux mesures prises pour résoudre cette question brûlante.

En Pologne, une militante pour le droit à l’avortement risque trois ans d’emprisonnement

#iamjustyna

Justyna Wydrzyńska, une des fondatrices du collectif polonais Abortion Dream Team (ADT), est poursuivie en justice, et encourt trois ans de prison, simplement pour avoir fourni des médicaments abortifs.

En 2020, alors que des mesures de confinement strictes sont mises en œuvre, rendant les déplacements difficiles, Anna, une femme enceinte de douze semaines, victime d’un mari violent et tyrannique, est dans l’impossibilité de se rendre à l’étranger. Elle contacte alors le collectif Abortion Dream Team, qui assiste les femmes ayant besoin d’un avortement en les aidant à voyager à l’étranger ou en leur expliquant comment obtenir des pilules abortives.

Comme le temps presse et que les livraisons provenant de l’étranger sont ralenties, Justyna Wydrzyńska décide d’envoyer elle-même des pilules abortives à Anna.

Pour avoir aidé une femme en détresse, Justyna Wydrzyńska est poursuivie en justice. En Pologne, le parquet est sous le contrôle du ministre de la Justice, un politicien ultra-conservateur et autoritaire.

Accusée d’aide à la pratique d’un avortement, illégal dans quasiment tous les cas, Justyna Wydrzyńska encourt trois ans d’emprisonnement.

Le gouvernement ultra-conservateur cherche à faire un exemple en s’en prenant à une militante. Une condamnation aurait aussi pour effet d’intimider toutes les femmes cherchant de l’aide à l’avortement.

 

LES VRAIES GENS

Ou a-t-on raison parce que l’on est malheureux ?

[Propos « élitiste »]

Lors des consultations électorales de ces dernières années, on aurait assisté à la révolte [le vote protestataire] des vraies gens [Le Pen parle des « petites gens »] contre l’Establishment : les politiques, les communicants, certains favorisés de la fortune, également les dirigeants syndicaux, en fait tous les gens connus, … mais aussi tous ceux qui prétendent posséder savoir et connaissance, les « intellectuels » (assimilés volontiers aujourd’hui aux « bobos » parisiens), bref, les « élites ». Échappent à ce discrédit certains artistes « populaires » ou les vedettes du foot, ceux qui disposent d’un « vrai talent » ! Ceux dont le revenu fait rêver mais n’est jamais contesté !

Or, nombreux parmi ces « élites », en particulier dans les médias, sont ceux qui ont favorisé un tel mouvement. On a assisté depuis plusieurs années à des débauches de démagogie et de populisme « culturel », dans le but principal de flatter ceux qui constituent désormais le marché de la « culture ».

Il est ainsi de bon ton, pour ne prendre que quelques exemples,  de brocarder les films dits d’auteur, pour ne saluer que le cinéma « populaire », puisque seule l’audience a toujours et partout raison. Les vraies gens ne se trompent jamais et ils doivent donc décider déjà en amont de la production « culturelle » : ainsi, à Star Académy, vont-ils choisir [ou avoir l’illusion de choisir], avant même qu’ils aient appris à « chanter », les futures vedettes des ondes.

Coluche disait, au deuxième degré : «Ce n’est pas parce que l’on n’a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule» ! Cette formule a été prise au pied de la lettre et amplifiée : si je n’ai rien à dire, on doit impérativement me demander mon avis !  C’est ainsi que dans presque toute la presse, audiovisuelle mais aussi écrite, on ne conçoit plus de traiter un dossier « de société » sans micro-trottoir ; un reportage sans le « témoignage » du voisin qui n’a rien vu mais qui, comme les vraies gens, doit absolument pouvoir le dire avec conviction et émotion…

D’ailleurs, il n’y a plus de reportage, mais des « sujets illustrés ».

Et cela dans tous les domaines : lors d’un mouvement social, on illustrera à la radio le sujet au journal de 7 h par l’avis d’un salarié éventuellement syndicaliste ; le même sujet sera illustré par deux phrases d’un représentant de la direction à 7 h 30 ; on pourra même changer encore d’illustration à 8 h, avec la réaction d’un usager … Et, à chaque fois ou presque, le journaliste ajoutera son petit commentaire personnel. Bravo les vraies gens qui pourront ainsi se faire un avis sur le sujet !

Alors, bien entendu, il y a des politiciens et des chefs d’entreprise corrompus et qui ne pensent qu’à leur intérêt personnel. Bien sûr, il y a tant de « spécialistes », d’experts », de « consultants » qui se trompent, énoncent des banalités et, parfois même, dupent délibérément leur auditoire. Il est non moins évident que les « vraies gens » ont de réels et fort légitimes motifs de révolte (il serait trop long ici de développer cet aspect).

Ces constats ne suffisent pas, à mes yeux, pour exonérer tous les beaux esprits qui flattent ce qu’il y a de plus vulgaire. Je crois qu’on assiste à une nouvelle et grave « trahison des clercs », qui ne cherchent pas à faire œuvre éducative, à diffuser et faire comprendre les valeurs, en particulier culturelles de notre civilisation, à miser sur l’intelligence et la raison, mais plutôt à « surfer » sur les vagues de l’émotion. Et non par masochisme, mais par intérêt.

Au XIXe siècle, les vraies gens (du moins ceux qui savaient lire) lisaient sans doute davantage les feuilletons à « quatre sous » que Flaubert, Baudelaire, voire Hugo. Mais je ne crois pas que les médias de l’époque leur aient constamment répété que ce sont elles, ces vraies gens qui avaient raison ! Il est vrai que, lorsque l’on écoute ou lit certains journalistes, on peut déplorer que leur niveau culturel, leurs connaissances générales, leur capacité à raisonner « rationnellement », ne dépassent guère ceux de la moyenne de toutes ces braves vraies gens.

Michel Seelig

Propos d’humeur rédigé au lendemain du 21 avril 2002 …

Renouvelé au lendemain d’un sondage publié par le Figaro le 6 août 2010

Republié en décembre 2018

Les libertés qui découlent de la démocratie laïque doivent être défendues

Un article de Stephan Evans, directeur général de la National Secular Society (Royaume Uni)  publié le 8 juillet sur le site de la NSS.

Le recul des droits reproductifs en Amérique montre la nécessité de la laïcité, affirme Stephen Evans.

« L’histoire n’est pas un récit linéaire de progrès. Des droits peuvent être gagnés et retirés ; les gains ne sont jamais complets ou incontestés ». Ces mots de l’historien américain Eric Foner trouveront certainement un écho chez des millions de femmes aux États-Unis, qui ont perdu leur droit constitutionnel à l’avortement après que la Cour suprême a annulé l’arrêt Roe v Wade.

Cette décision signifie que chaque État pourra désormais légaliser ou interdire l’avortement. Treize États ont adopté des « trigger laws », ce qui signifie que l’avortement sera rapidement interdit dans la plupart des cas. Tout porte à croire que les nouvelles interdictions de l’avortement dans de nombreux États seront plus restrictives que celles de l’ère pré-Roe.

En Amérique et ailleurs dans le monde, l’opposition à l’autonomie reproductive des femmes est largement motivée par la théologie chrétienne – l’idée religieuse que toute vie humaine est créée à l’image de Dieu et commence dès la conception. Les interdictions et les restrictions sévères de l’accès des femmes à l’avortement sont la consécration de ce point de vue théologique dans la loi.

Les militants conservateurs chrétiens peuvent se réjouir de leur récente victoire à la Cour suprême, mais les interdictions de l’avortement ne contribuent guère à réduire le nombre d’avortements. Les restrictions sévères de l’accès à l’avortement obligent les femmes à rechercher des avortements dangereux – qui peuvent avoir des conséquences fatales – ou à mener une grossesse à terme contre leur gré. Dans les deux cas, les perspectives sont vraiment effrayantes.

Lors de son audition de confirmation en 1993 pour entrer à la Cour suprême, la regrettée Ruth Bader Ginsburg a déclaré à la commission judiciaire du Sénat : « La décision de porter ou non un enfant est essentielle à la vie d’une femme, à son bien-être et à sa dignité. C’est une décision qu’elle doit prendre elle-même. Lorsque le gouvernement contrôle cette décision pour elle, elle est traitée comme un être humain moins adulte et responsable de ses propres choix. »

La criminalisation de l’avortement alimente également la stigmatisation des femmes et des filles. Il n’est pas surprenant que les femmes qui se voient refuser un avortement soient plus susceptibles de souffrir d’anxiété et de perdre leur estime de soi. Les pionniers du contrôle des naissances au début du XIXe siècle ont également reconnu le rôle de la liberté de reproduction dans la libération des femmes de la pauvreté écrasante. Il en va de même aujourd’hui.

Ces conséquences concrètes de l’interdiction de l’avortement montrent ce que signifie réellement la laïcité dans la vie quotidienne des gens ordinaires. L’affaiblissement de la laïcité américaine va frapper durement les femmes, en particulier les plus vulnérables.

Mais comme l’explique Katherine Stewart dans un article du Guardian, le démantèlement du mur de séparation entre l’Église et l’État aux États-Unis fait partie d’un programme nationaliste chrétien à long terme visant à imposer une certaine vision morale et religieuse à l’ensemble de la population. Des millions de dollars ont été investis dans la captation des tribunaux et la promotion d’une interprétation déformée de la « liberté de religion » qui implique de privilégier l’idéologie religieuse des nationalistes chrétiens aux dépens de tous les autres citoyens.

Une question évidente est de savoir si cela pourrait se produire ici.

S’exprimant au Parlement à la suite de la décision américaine annulant le droit à l’avortement, le vice-premier ministre Dominic Raab a déclaré que le droit à l’avortement au Royaume-Uni était « réglé ».

Évidemment, ce n’est pas parce qu’un ministre du gouvernement dit quelque chose que c’est le cas. D’ailleurs, les juges de la Cour suprême qui ont renversé le jugement Roe v Wade ont fait des déclarations similaires lors de leurs audiences de confirmation. Mais le Royaume-Uni n’est pas les États-Unis, et la perspective laïque de la Grande-Bretagne signifie que le terrain est beaucoup moins fertile pour la droite chrétienne.

À bien des égards, les droits en matière de procréation vont dans une direction positive. L’avortement a été dépénalisé en Irlande du Nord en 2019. L’avortement médical précoce à domicile a récemment été rendu plus libéralisé. Et le gouvernement écossais s’est engagé à légiférer sur des zones tampons autour des cliniques d’avortement afin que les femmes puissent accéder aux services sans harcèlement ni intimidation.

Mais tout cela reste contesté. Quelques parlementaires chrétiens semblent souhaiter que l’arrêt de la Cour suprême ouvre le débat. Les groupes américains de la droite chrétienne ont dépensé au moins 280 millions de dollars pour financer des campagnes contre les droits des femmes et des personnes LGBT sur les cinq continents, y compris en Europe. En Pologne, où l’Église et l’État ne cessent de se rapprocher, une militante [Justyna Wydrzyńska] risque trois ans de prison pour avoir envoyé des pilules abortives à une femme enceinte de douze semaines et victime de violences domestiques pendant un huis clos. La semaine dernière, Open Democracy a révélé qu’un groupe britannique anti-avortement, qui souhaite imiter la réaction américaine contre les droits reproductifs, a placé plus d’une douzaine de stagiaires dans les bureaux des députés depuis 2010.

Il n’y a pas de place pour la complaisance.

Une autre brique du mur de séparation qui s’effrite en Amérique est tombée récemment : l’arrêt Kennedy v. Bremerton School District de la Cour suprême, qui ouvre la voie à la prière et à la promotion de la religion dans les écoles publiques. Comme le dit l’opinion dissidente de la juge Sonia Sotomayor, cette décision engage les États-Unis « sur une voie périlleuse en forçant les États à s’enchevêtrer avec la religion ».

Sur cette question, le Royaume-Uni est en tête des mauvaises pratiques. Les écoles confessionnelles financées par l’État et les lois exigeant que toutes les écoles organisent des actes liés au culte signifient que la liberté de religion ou de croyance des parents et des élèves est régulièrement mise à mal. Le jour même où le gouvernement britannique accueillait une importante conférence ministérielle sur la promotion de la liberté de religion ou de conviction, la Haute Cour de Belfast a jugé que l’application de ces lois en Irlande du Nord était contraire aux droits de l’homme. Le Comité des droits de l’enfant des Nations unies a demandé à plusieurs reprises au Royaume-Uni d’abroger les dispositions légales relatives au culte obligatoire.

Ces transgressions persistent, non pas en raison d’un fort soutien de l’opinion publique, mais en raison de l’inertie politique et d’un manque de volonté de faire passer les intérêts des élèves avant ceux des Eglises.

Et il n’y a pas que dans l’éducation que le fait de privilégier la religion fait échouer les réformes nécessaires pour protéger la liberté de religion ou de croyance ou respecter la conscience personnelle.

Comme pour le droit à l’avortement, l’opposition au droit de choisir une mort assistée est largement motivée par des points de vue liés à la sainteté de la vie. La doctrine religieuse est rarement présentée comme une justification des positions anti-choix, mais elle se cache souvent sous l’apparence.

Pourtant, la sécularisation croissante de la population britannique nous désensibilise presque à la nécessité de la laïcité. Une telle complaisance risque de faire reculer des acquis durement gagnés en matière d’égalité et de droits de l’homme.

Malgré l’irréligiosité et l’indifférence religieuse croissantes, la religion reste une force politique. Les groupes de pression chrétiens conservateurs britanniques sont bien financés et actifs sur un large éventail de questions politiques. Le statut établi de l’Église d’Angleterre lui confère une influence considérable sur l’élaboration des politiques, qui s’étend non seulement au changement de politique, mais aussi à la défense du statu quo.

La leçon à tirer de l’Amérique est qu’il ne faut rien prendre pour acquis. L’érosion de la séparation de l’Église et de l’État est sur le point de causer des ravages dans la vie des Américains ordinaires. La laïcité a un rôle important à jouer en soulignant les droits humains et en veillant à ce qu’ils soient appliqués équitablement. Les citoyens britanniques qui apprécient les choix et les libertés qui découlent d’une société laïque doivent être prêts à la défendre.

Stephen Evans

Les « préoccupations de l’Église catholique »

Communiqué de Presse du Réseau laïque européen

Lors d’une réunion avec la Présidente du Parlement européen, le président de la COMECE a « exprimé les préoccupations de l’Église catholique quant à la manière dont la question de l’avortement est traitée au niveau de l’UE », et a déclaré que « tenter d’introduire un prétendu droit à l’avortement dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne mettrait gravement en danger le droit à l’objection de conscience »…

English version

LE RÉSEAU LAÏQUE EUROPÉEN DÉNONCE LA GRAVE ATTEINTE AUX DROITS DES FEMMES AUX ETATS-UNIS

Le Réseau laïque européen dénonce vigoureusement la décision de la Cour Suprême des États-Unis annulant la jurisprudence Roe c. Wade, mettant fin au droit fédéral à l’avortement. Dès l’annonce de cette décision scandaleuse, plusieurs Etats fédérés ont pris des mesures visant à interdire totalement ou à fortement restreindre l’IVG.

Cette décision est une atteinte grave aux droits des femmes à disposer de leur corps et au principe de non-discrimination à leur égard. Il s’agit d’une régression sans précédent, alors que le droit à l’IVG a été reconnu en droit international et qu’il a été adopté dans plusieurs pays ces dernières années (Irlande, Argentine,…).

Outre l’IVG, la Cour Suprême menace d’autres droits reconnus par la Constitution, notamment l’accès à la contraception et le mariage de personnes du même sexe. Les Etats pourraient également être autorisés à réintroduire des « lois anti-sodomie ».

Depuis de nombreuses années, le mouvement laïque alerte sur les menaces graves aux droits fondamentaux causées par la montée du conservatisme et du fondamentalisme religieux. La décision de la Cour Suprême des Etats-Unis est le résultat d’une stratégie systématique d’entrisme dans les institutions judiciaires par des organisations fondamentalistes chrétiennes militantes, aidées par des politiciens autoritaires.

Ce phénomène n’est pas limité aux Etats-Unis. Ces organisations sont bien implantées en Europe. Elles y ont déjà obtenu des résultats, en utilisant le même procédé. En Pologne, l’accès à l’IVG a été drastiquement réduit par la Cour constitutionnelle dominée par des juges nommés irrégulièrement par le gouvernement national-conservateur, sous la pression d’organisations fondamentalistes et de la hiérarchie catholique.

Les fondamentalistes imposent leur idéologie rétrograde à la société en contournant les autorités démocratiquement élues, car ils savent que les citoyennes et les citoyens s’y opposent massivement.

Face à ces menaces, il est urgent de se mobiliser pour que le droit à l’IVG soit effectivement garanti dans l’Union européenne. Il découle de ses principes fondateurs, comme l’égalité entre hommes et femmes.

Lien source: https://laicite-secularism.eu/european-secularist-network-condemns-serious-breach-of-womens-rights-in-the-us/

Défendre les droits de femmes et les droits humains

La Cour suprême des États Unis a décidé de supprimer la garantie fédérale du droit à l’avortement, en renvoyant cette décision à chaque État. Le Missouri, l’Arkansas et l’Oklahoma se sont empressés de l’interdire (et d’autres suivront) pendant que vingt-deux États (surtout sur la côte Ouest et dans le Nord-Est) le réaffirmaient sans équivoque. Après cinquante ans de liberté, les américaines sont renvoyées à l’humiliante situation de laisser à d’autres le droit de disposer de leur corps. Nous voyons avec horreur se profiler le cauchemar d’une société dominée par des croyances inhumaines, évoquée dans le roman de Margaret Atwood, La Servante écarlate .

C’est un plein succès pour les activistes évangéliques qui infléchissent les décisions politiques à coups de millions de dollars. On voit la limite de la séparation des Églises et de l’État américaine, conçue pour protéger les religions de l’influence de l’État. Ce dernier leur laisse le champ libre pour imposer aux autres ce que leur croyance leur dicte. Et on sait qu’ils comptent aussi s’attaquer à la contraception et au mariage des couples homosexuels. Ils ne s’arrêteront pas là, car ce sont tous les Droits humains qu’ils veulent détricoter, parce qu’au fond, la liberté et l’égalité les indispose.

Il serait illusoire de croire que ce mouvement ne pourrait pas toucher l’Europe. car il s’y emploie déjà depuis longtemps, comme on pouvait le constater à la lecture du rapport de 2018 « Restaurer l’ordre naturel » de l’EPF (European Parliamentary Forum) que nous avons publié ici même et qu’il est temps de relire pour se rafraîchir la mémoire. Cette mouvance conservatrice chrétienne est largement financée par quelques milliardaires, bénéficie d’une organisation mondiale très structurée, est soutenue par le Vatican. Celui-ci n’a-t-il pas publié récemment par la voix de son lobby officiel à Bruxelles, la COMECE, un communiqué affirmant que le droit à l’avortement n’était pas un droit fondamental et qu’il pouvait donc être interdit par certains États membres ? Si le Parlement européen d’aujourd’hui ne l’a pas suivi et a affirmé qu’il s’agissait bien d’un droit fondamental, qu’en serait-il si un nouveau Parlement comportait une majorité de députés issus de l’extrême droite conservatrice ? Nos droits fondamentaux sont fragiles et nous avons tout lieu de leur apporter un soin constant.

Nous devons nous réjouir de la décision du groupe LREM à l’Assemblée nationale, sous l’impulsion de sa présidente, Aurore Bergé, de déposer une proposition de loi visant à inscrire le droit à l’avortement dans la Constitution française. Cette proposition de loi a toutes les chances de passer à l’Assemblée, mais devra aussi être adoptée au Sénat dont le conservatisme actuel pourrait s’exprimer par un rejet.

Il faut pourtant, résolument, tout mettre en œuvre pour faire barrage à ces opposants aux libertés et aux droits humains.

Martine Cerf

NOUS REFUSONS L’INGÉRENCE DU QATAR DANS LA VIE PRIVÉE DES PERSONNES

COMMUNIQUÉ

NOUS REFUSONS L’INGÉRENCE DU QATAR DANS LA VIE PRIVÉE DES PERSONNES.

La Coupe du Monde de football aura lieu au Qatar en novembre-décembre 2022. Ce pays vient de rappeler qu’aucun visiteur étranger ne pourra avoir de relations sexuelles hors mariage, ce qui est puni de sept ans de prison dans ce pays. La FIFA a également prévenu qu’il n’y aurait aucune exception à l’application de cette loi.

Les conséquences seront que toutes les personnes vivant en couple mais non mariées ne pourront disposer d’une chambre d’hôtel commune. Nous refusons cette ingérence dans la vie privée des personnes qui est inacceptable pour nous.

Si telle est la loi de certains pays, il faut définitivement renoncer à organiser des compétitions sportives chez eux !

ÉGALE se félicite de ce que les équipes féminines joueront en Australie et en NouvelleZélande en 2023 car on aurait pu redouter que le Qatar, généreux financier, oblige toutes les équipes à jouer voilées.

Nous demandons à la FIFA et aux télévisions détentrices des droits de diffusion de revoir les conditions de déroulement de la coupe du monde de football au Qatar afin que les règlements liberticides ne s’appliquent ni aux équipes ni aux visiteurs étrangers.

Nous demandons à la FIFA de cesser de vendre nos libertés fondamentales.
23 juin 2022

Contact : Martine Cerf : secretairegene@egale.eu

 

Notre communiqué version PDF

Le New York Times s’inquiète des décisions de la Cour Suprême favorisant les groupes religieux

Dans son édition du 22 juin, le New York Times s’interroge sur l’orientation « pro-religion » de la Cour Suprême des Etats-Unis et en particulier de six de ses membres nommés par des présidents républicains sur un total de neuf juges.

Sa dernière décision retoquant l’interdiction édictée par l’état du Maine d’utiliser l’argent public pour financer l’enseignement religieux est le dernier exemple en date d’une série de jugements qui a vu l’institution arbitrer en faveur d’organisations religieuses dans 85% des cas depuis 2005, année où le conservateur John Roberts a été placée à sa tête.

Un tel état de fait ne s’était pas produit depuis 70 ans d’après le quotidien qui observe que la montée de la droite religieuse dans le pays a incité le Parti républicain à faire de la « liberté religieuse » une priorité.

Dans le cas du Maine, la législation permettait aux habitants des zones rurales d’utiliser des fonds publics pour inscrire leurs enfants dans une école privée à condition qu’elle ne soit pas administrée par un seul groupe religieux (« non-sectarian »). Des familles qui souhaitaient envoyer leurs enfants dans des écoles chrétiennes avaient déposé un recours dont l’argument principal était que cette disposition violait leur droit de pratiquer leur religion. La Cour Suprême leur a donc donné raison invoquant un cas de « discrimination contre la religion ».

Les trois juges minoritaires nommés par des présidents démocrates ont contesté le bien-fondé de cette décision, soulignant le fait que la Cour continuait son œuvre de « démantèlement du mur qui séparait l’Eglise et l’Etat pour la construction duquel les rédacteurs de la Constitution s’étaient battu. »

Récemment, durant les pics de pandémie, la Cour a débouté des plaignants qui contestaient l’obligation de vaccination mais a arbitré en faveur de la levée des restrictions imposées à la pratique religieuse.

Le New York Times en conclut qu’il faut s’attendre à ce que la Cour Suprême permette ainsi à la religion d’occuper une place de plus en plus importante dans la vie publique.

 

Source : A Pro-Religion Court / Ian Prasad Philbrick/ The New York Times / June 22, 2022

https://www.nytimes.com/2022/06/22/briefing/supreme-court-religion.html

Le Conseil d’État confirme l’interdiction du port du burkini dans les piscines de Grenoble

Saisi par le préfet de l’Isère dans le cadre de la nouvelle procédure de déféré laïcité, le Conseil d’État a tranché : il a annulé la décision de la municipalité de Grenoble qui modifiait la règle commune pour satisfaire des revendications religieuses. Le maire de Grenoble, Eric Piolle, continuait de défendre son règlement en prétendant qu’il n’était pas conçu pour défendre le port du burkini, mais pour permettre à toutes les femmes de se baigner, vêtues comme elles l’auraient décidé.

Selon le site du Conseil d’État : « Le juge des référés du tribunal administratif de Grenoble avait prononcé la suspension du nouveau règlement des piscines de la ville de Grenoble qui autorise le port du « burkini ». Saisi d’un appel de la commune, le juge des référés du Conseil d’État confirme cette suspension : il estime que la dérogation très ciblée apportée, pour satisfaire une revendication religieuse, aux règles de droit commun de port de tenues de bain près du corps édictées pour des motifs d’hygiène et de sécurité, est de nature à affecter le bon fonctionnement du service public et l’égalité de traitement des usagers dans des conditions portant atteinte au principe de neutralité des services publics. »

Espérons que ce jugement fera jurisprudence et obligera les communes de Rennes et Surgères à revenir sur l’autorisation du burkini dans les piscines municipales. Il était aberrant de voir sacrifier l’intérêt général, c’est à dire la préservation de l’hygiène, de la sécurité et la neutralité des services publics, à une demande religieuse fondée sur l’enfermement des femmes dans des pratiques archaïques et discriminatoires.

On peut légitimement s’interroger sur l’influence qu’exerce le mouvement l’Alliance citoyenne sur ces municipalités, au point qu’elles n’hésitent pas à sacrifier l’intérêt général au bénéfice de ces activistes. Car il faut le dire clairement, on ne saurit admettre que la puissance publique puisse encourager de quelque manière que ce soit, des mouvements qui ne rêvent que d’enfermer à nouveau les femmes dans des règles de soumission d’un autre âge.

Martine Cerf

Lire les informations du Conseil d’État 

Lire  le jugement

WOKISME… VOUS AVEZ DIT WOKISME ?

Le terme est fort controversé : phénomène purement américain ou menace réelle en France ; défense légitime des minorités ou dictature des minorités ?

Toujours est-il que la presse nous apprend que dans certaines écoles françaises la Fête des pères de ce 19 juin (et la Fête des mères précédemment) a été remplacée par une formulation plus « inclusive » … la « Fête des gens qu’on aime », cela à la demande pressante de familles homoparentales.

Si certains hésitent encore sur la signification du mot WOKISME, ils trouveront ici une parfaite illustration : gommer, effacer de la vie sociale, mais plus généralement de l’histoire, des arts et de la littérature, voire de la langue, tout ce qui pourrait choquer telle ou telle minorité … ce qui pourrait inclure le « blasphème » ou toute caricature ou critique d’un mouvement religieux.

Aux États-Unis, des professeurs d’université ont perdu leur chaire pour avoir prononcé devant des étudiants le « mot en N »… ce mot que l’on a gommé du titre d’un des plus célèbres roman d’Agatha Christie : Les dix petits N.

En France, la situation n’est pas encore comparable, mais nous en prenons peut-être le chemin !

Michel Seelig

DROIT À L’AVORTEMENT : LE PARLEMENT CONDAMNE LES RÉGRESSIONS

Le Réseau laïque européen se félicite de l’adoption de la résolution « sur les menaces contre le droit à l’avortement dans le monde : l’éventuelle remise en cause du droit à l’avortement aux États-Unis par la Cour suprême » par le Parlement européen, le 9 juin 2022.

 

DES RECULS DES DROITS DES FEMMES

Une large majorité de députés y « condamne fermement le recul des droits des femmes ainsi que de la santé et des droits sexuels et génésiques qui a lieu dans le monde entier, y compris aux États-Unis et dans certains États membres de l’Union », et rappelle fort à propos « que la santé et les droits sexuels et génésiques sont des droits fondamentaux qu’il convient de protéger et de renforcer et qu’ils ne peuvent en aucun cas être affaiblis ou retirés ».

Les députés européens demandent aux « États membres de dépénaliser l’avortement et de supprimer et combattre les obstacles à l’avortement sûr et légal ainsi qu’à l’accès aux soins de santé et aux services en matière de sexualité et de procréation ».

USAGES ABUSIFS DE LA « CLAUSE DE CONSCIENCE »…

Le Parlement condamne également l’usage abusif de la «clause de conscience» par des médecins ou des établissements entiers, ce qui entraîne le refus de soins d’avortement pour des raisons religieuses ou de conscience et menace la vie et les droits des femmes. Cette « clause est aussi souvent invoquée dans des situations où un retard de prise en charge pourrait mettre en danger la vie ou la santé de la patiente. »

…ET INVOCATION PARTIALE DU DROIT INTERNATIONAL

En effet, contrairement à ce qu’affirme la COMECE, le droit à l’avortement est un droit fondamental reconnu en droit international. Nous avons déjà répondu à une déclaration des représentants des épiscopats européens à ce sujet.

À nouveau, la COMECE choisit délibérément d’ignorer ces développements qui ont abouti à la reconnaissance des droits sexuels et reproductifs en droit international. En outre, sur la question de l’objection de conscience, la COMECE invoque le droit international de manière sélective. L’objection de conscience n’est reconnue en droit international que dans le domaine du service militaire – comme dans l’affaire citée par la COMECE elle-même. Il n’a jamais été reconnu dans aucun autre cas. Au contraire, dans deux affaires récentes, la Cour européenne des droits de l’Homme a jugé qu’un Etat pouvait refuser que deux personnes refusant de réaliser des IVG ne soient employées comme sages-femmes.

POUR UNE EUROPE LAÏQUE

Le réseau laïque européen réaffirme son engagement pour une Europe laïque, où la politique est séparée de la religion, où les règles de droit ne sont pas inspirées par une doctrine religieuse, mais visent à la réalisation effective des droits fondamentaux de toutes et tous.

 

Laïcité, communautarisme…Alsacitude

Un des éléments du débat des législatives porte sur le communautarisme.

La France Insoumise milite pour la suppression de la loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République, dite contre le séparatisme (ce qui n’est pas l’avis de certains des partis ayant rejoint la NUPES).

La majorité présidentielle estime en revanche que le séparatisme communautaire d’inspiration islamiste constitue un des dangers majeurs que connaît la République.

Lors de ce débat, à distance, on a pu entendre des arguments surprenants !

Ainsi, un tract diffusé par ENSEMBLE affirme que « Mélenchon au pouvoir, c’est une attaque inédite à notre modèle français de la laïcité. C’est l’encouragement des communautarismes aux dépens de l’universalisme républicain. » Mais le tract ajoute que « C’est la remise en cause du concordat en Alsace-Moselle et du statut particulier des Outre-Mer » !

Doit-on en conclure qu’il y aurait des communautarismes légitimes, et d’autres non ? Comment expliquer ce qui apparaît comme une énorme contradiction ?

L’explication réside peut-être dans la vision que portent de nombreux responsables politiques sur certains territoires, tout particulièrement sur l’Alsace.

Un exemple édifiant. Le 3 juin dernier, Bruno Le Maire, en campagne à Colmar, déclare que ce territoire « obéit à des logiques différentes du reste de la France en termes de culture, de déplacements de la population et d’attractivité économique, On voit bien que Reims est tournée vers Paris, et l’Alsace vers l’Allemagne et la Suisse. Il faut ouvrir la réflexion » et donc revoir le découpage des régions.

À l’évidence, depuis des lustres, nos dirigeants n’ont jamais cessé de caresser l’Alsace dans le sens du poil

Mais où est la laïcité dans tout cela ?

Michel Seelig

Liberté, Egalité, Fraternité

Résumé

Ce livre rassemble trois grands entretiens menés par l’hebdo Le 1 avec trois brillantes intellectuelles. « La liberté a deux ennemis : les circonstances extraordinaires et le salut public », nous dit Mona Ozouf. « L’égalité est un but, un chemin, une bataille », complète Michelle Perrot. « Ce sont les inégalités qui menacent la fraternité », conclut Cynthia Fleury. Une lecture vivifiante, revisitant la devise républicaine « Liberté, Égalité, Fraternité » qui orne officiellement nos édifices publics depuis le 14 juillet 1880. Cynthia Fleury est professeure titulaire de la chaire Humanités et santé au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), elle est également psychanalyste et membre du Comité consultatif national d’éthique (CCNE).
Mona Ozouf est spécialiste de la Révolution française et de l’école publique. Michelle Perrot est professeure émérite d’histoire contemporaine à l’université Paris-Diderot.

La Haute Garonne installe son conseil de la laïcité

Lundi dernier, le Conseil départemental de la Haute-Garonne installait son conseil départemental de la laïcité et des valeurs de la République.
Ravi et honoré de faire partie de ce conseil dans notre beau département ! Merci au Président Georges Méric et au Vice-président Vincent Gibert pour leur confiance.
Depuis maintenant de nombreuses années, le Conseil Départemental de la Haute-Garonne est le département de France le plus engagé sur cette question républicaine primordiale. Pas seulement dans les mots mais surtout dans les actes !
Depuis de nombreuses années, je salue, avec d’autres, ses politiques publiques audacieuses qui contribuent à renforcer le pacte social citoyen et la connaissance et le partage du principe de laïcité.
Depuis de nombreuses années enfin, par la voie de son président, le département conserve une ligne universaliste laïque et républicaine que je partage pleinement.
Nous allons donc pouvoir l’accompagner, avec d’autres experts et personnalités, dans la poursuite de ses actions, à destination des Haut-Garonnais, en remplissant notre rôle au sein de ce Conseil.
Fatiha Boudjahlat, Bruce Alary, Séraphin Alava, Laurent Bégou, Frédérique de la Morena, Mathieu Sieye, MathSanopoulos Touzeil-Divina, Kamyar Majdfar, Brigitte Ségard, Gilles Kepel, Patrick Weil, Pierre Rosanvallon, Michel Wieviorka, Abdennour Bidar, Gérard Noiriel, Iannis Roder.
Pierre Juston

Le Conseil d’Etat protègera-t-il les femmes musulmanes des pressions communautaristes ?

Le ministère de l’Intérieur a utilisé la toute nouvelle procédure de « déféré-laïcité » qui permet à un préfet d’intervenir pour demander la suspension de l’exécution d’un acte d’une collectivité qui porterait gravement atteinte aux principes de laïcité et de neutralité des services publics. L’utilisation de cette procédure lui avait également été demandée par le cercle Ferdinand Buisson de Nice, membre du Collectif laïque national et représenté par son avocat. Lire la  lettre de  l’avocat

Cette procédure a conduit le tribunal administratif à suspendre l’autorisation du burkini dans les piscines de la ville de Grenoble.

Le tribunal a estimé que « Si les usagers du service public peuvent exprimer librement, dans les limites fixées par la loi, leur appartenance religieuse, les dispositions de l’article 1er de la Constitution interdisent à quiconque de se prévaloir de ses croyances pour s’affranchir des règles communes organisant et assurant le bon fonctionnement des services publics ». Il ne s’est pas rendu à l’argument soutenu par la représentante du  ministère, Madame Pascale Léglise : « Une fois que le burkini ne sera pas interdit, il deviendra une ardente obligation, alors que c’est une frange très minoritaire qui le revendique ». 

Pourtant il s’agit bien là aussi de protéger les femmes musulmanes des pressions communautaires qui pèsent sur elles pour qu’elles se conforment aux pratiques d’un islam rigoriste qui cherche à leur imposer ses règles dans tous les actes de la vie quotidienne. Le Conseil d’Etat, saisi par la ville de Grenoble adoptera-t-il la même point de vue que le tribunal administratif ? Nous espérons qu’il saura limiter les exigences de mouvements radicaux pour préserver la liberté du plus grand nombre.

Lire la tribune : Burkini le Droit et la démocratie libérale publiée dans le Figaro.

Martine Cerf

Essentialisme

Au vu des sondages et des résultats de l’élection présidentielle, certains déçus du scrutin envisageaient, sans rire, sur les réseaux sociaux, de retirer le droit de vote aux « seniors » retraités.

L’idée avait déjà été émise dès 2016 par le site d’extrême-droite Boulevard Voltaire qui estimait qu’« il faudrait peut-être supprimer le droit de vote aux retraités, qui ont le privilège d’être protégés et de ne pas subir directement les conséquences économiques de leurs votes ».

Plus récemment, Le syndicat CGT de la Caisse nationale d’assurance maladie évoquait sur Twitter (dans un tweet effacé depuis) la possibilité d’exclure les retraités de tout débat concernant le droit du travail et les salariés en général…

Dans un précédent billet, je parlais des éventuels votes communautaires, catholique ou musulman, et m’interrogeais sur la consistance d’un vote laïque !

Peut-être dois-je me résigner à parler d’un vote vieux !

Pour être précis, faut-il me qualifier de laïque vieux ? (old school pour parler le langage actuel).

Ce qui est certain, c’est que je suis un vieux militant laïque… et je le revendique !

Michel Seelig

Les candidats de la majorité présidentielle s’engagent à respecter l’égalité et la laïcité

Une charte en 12 points a été soumise à la signature de tous les candidats ayant reçu l’investiture d’un des mouvements de la majorité présidentielle. En plus des engagements éthiques pour un comportement exemplaire et celui de défendre le programme présidentiel sous l’étiquette « Ensemble ! », les candidats s’engagent à respecter l’égalité et la laïcité dans l’article 9 de cette charte : « les candidats s’engagent à mettre en place des politiques ambitieuses en matière d’inclusion, de lutte contre les discriminations et inégalités entre les femmes et les hommes.[…] Par ailleurs les candidats s’engagent à défendre la laïcité dans le strict cadre de la loi du 9 décembre 1905 et de la jurisprudence administrative établie. À cet égard, aucune religion ou conviction ne pourra être ni privilégiée, ni discriminée. »

 

Dérives communautaristes à Grenoble

COMMUNIQUE DE PRESSE du COLLECTIF LAÏQUE NATIONAL

Le maire de Grenoble, après avoir soutenu publiquement un collectif de militantes proches de l’islam politique prônant le port du hidjab dans le sport, souhaite faire approuver, le 16 mai prochain, un projet de modification du règlement des piscines municipales pour y permettre le port du « burkini »…

Lire le communiqué intégral

La Liberté de Pensée, de Conscience et de Religion réaffirmée par le Parlement européen

Le Parlement européen vient de voter une résolution sur la persécution des minorités fondées sur les convictions ou la religion, dans laquelle il réaffirme que le respect de « la liberté de pensée, de conscience et de religion » est un droit fondamental que l’Union européenne se doit de faire respecter à l’intérieur comme dans son approche avec les États tiers.

 

Un vote laïque ?

Les instituts de sondage se sont penchés sur le « vote musulman » ou le « vote catholique ». Les commentateurs politiques, les nombreux « experts » qui squattent les plateaux de télé ont glosé sur d’éventuels votes communautaires.

Je n’ai pas eu connaissance d’études sur le vote de la « communauté laïque » À l’évidence, parce qu’une telle communauté n’existe pas. Loin de moi la tentation d’essentialiser des groupes de citoyens selon leurs croyances ou convictions. Je m’interroge sur ce qui peut orienter le vote d’un militant laïque, votre serviteur par exemple.

Il n’est évidemment pas tenté de donner son suffrage à l’Extrême-Droite, à ceux qui ont constamment le mot laïcité à la bouche tout en se réclamant en permanence des « racines chrétiennes » de la France.

Il partage l’objectif de cette Gauche qui veut abolir les régimes particuliers des cultes d’Alsace et Moselle, de Guyane et des Collectivités d’Outre-Mer, mais s’inquiète d’une forme de complaisance avec les menées communautaristes, notamment celles animées par l’islamisme politique. La constitution d’une coalition électorale de gauche rassemblant des partis ayant des points de vue pour le moins divergents sur ces questions ne clarifie pas le panorama.

Il est tout autant dubitatif face à l’offre politique incarnée par le président de la République qui vient d’être réélu : refus de l’application de la loi de 1905 sur tout le territoire, « tentation concordataire » d’organisation par l’État du culte musulman, mais aussi refus du communautarisme, de l’islamisme politique incompatible avec la République.

Il y a bien d’autres sujets qui peuvent orienter le vote de ce militant laïque : les débats institutionnels, les politiques européennes, les orientations économiques et sociales… et les personnalités des candidats dans sa circonscription.

Il ne me revient évidemment pas de donner une consigne de vote, mais, militant laïque et républicain, j’ose affirmer que l’abstention serait un choix trop facile !

Michel Seelig

« Monsieur Éric Piolle, le voile ne peut pas être une liberté pour les femmes »

Lettre ouverte à Monsieur Éric Piolle, maire de Grenoble par Razika Adnani  

Publié dans Marianne le 30/03/2022 et sur le site de Razika Adnani

Razika Adnani, philosophe, islamologue et membre du Conseil d’orientation de la fondation de l’islam de France, explique à Éric Piolle, maire de Grenoble, pourquoi le voile et le burkini s’opposent à la liberté des musulmanes.

Monsieur le Maire, je vous écris car vous multipliez les interventions dans lesquelles vous défendez le port du voile et notamment sa version maillot de bain : le burkini. Le 17 février 2022, sur votre compte Twitter, vous avez annoncé que la majorité que vous conduisez s’était engagée dans un processus de réflexion et de formation concernant le burkini et le rapport au corps. Dans votre déclaration il y a quelque chose de très juste : le voile et sa version maillot de bain, le burkini, ne sont pas un simple vêtement, mais un discours sur le corps de la femme qui est à l’origine de la condition dramatique des femmes dans les sociétés musulmanes.

Le voile a été imposé aux femmes pour rendre absent du regard de l’homme leur corps considéré comme une « awra », terme arabe signifiant ce qui ne doit pas être dévoilé, car il renvoie à la sexualité. L’histoire de la femme musulmane est marquée par ce regard porté sur son corps. Les musulmans sont allés jusqu’à considérer que la voix de la femme était une « awra » et lui ont imposé le silence et par conséquent l’absence et l’ignorance. Ils ont décidé que ses yeux étaient également une awra et ils l’ont obligée à regarder le monde à travers des grilles. Ses mains, ses pieds, ses cheveux étaient pour eux des « awra » et ils l’ont alors enfermée à la maison. Un système de claustration en vigueur aujourd’hui encore dans le monde musulman où l’espace public en tant que lieu de loisir est interdit aux femmes qui n’ont le droit de l’utiliser que comme un lieu de passage. Mais le discours du voile n’a pas été plus clément à l’égard de l’homme. Pour imposer le voile aux femmes, il a lui aussi été réduit à un corps. On lui a dit qu’il ne savait pas maîtriser ses instincts devant la vue d’une mèche de cheveux de la femme ou d’une partie de sa jambe.

« On permet aux hommes de montrer leur chevelure, leur cou, leurs jambes et leur bras, ce qu’on interdit aux femmes pour la simple raison qu’elles sont des femmes. »

Monsieur le Maire, étant donné que vous défendez le port du voile, avec quel regard et quel propos allez-vous mener ces discussions autour du corps et du voile ? Allez-vous cautionner l’argument selon lequel les hommes sont incapables de maîtriser leur instinct sexuel et que les femmes doivent donc dissimuler leur corps pour se protéger contre leurs agressions ? Ou celui qui prétend que certaines femmes ne veulent pas montrer leur corps parce qu’elles sont pudiques ? Ce sont les arguments que le discours religieux a toujours utilisés et je n’en vois pas d’autres, concernant le corps, qu’un défenseur du burkini pourrait avancer. Ainsi, dans les piscines de Grenoble, on aurait des femmes qui seraient pudiques et d’autres impudiques.

Des femmes qu’il faut respecter, ce sont les pudiques, et d’autres qui mériteraient d’être harcelées, agressées voire violées, ce sont les impudiques. C’est l’objectif même de l’instauration du voile dans l’antiquité et c’est celui que le Coran a repris dans le verset 59 de la sourate 33, les Coalisés, recommandant aux femmes musulmanes une certaine tenue : « Ainsi elles seront vite reconnues et on ne leur nuira pas. » La mairie de Grenoble assumera-t-elle sa responsabilité à l’égard de la violence que les femmes subiront au sein des piscines de Grenoble, par des hommes qui considéreront qu’elles le méritent car impudiques, qui croiront qu’ils n’ont aucune responsabilité sur leurs actes, car ce sont elles qui ont suscité leur désir en dévoilant leur corps ?

Monsieur le Maire, pour défendre votre position, vous utilisez la laïcité qui garantit la liberté religieuse. Cependant, contrairement à ce que vous avancez, la loi 1905 ne permet pas de porter n’importe quel vêtement et n’importe quel signe religieux. Dans son article 1, elle met des restrictions dans l’intérêt de l’ordre public. Il en est de même pour la Convention européenne des droits de l’homme (article 9). Parmi ces restrictions qui font partie de l’ordre public, il y a le principe de l’égalité qui fait partie de la devise de la République inscrite dans l’article 2 de la Constitution. Or, le voile est la pratique discriminatoire la plus spectaculaire des femmes et les hommes, s’exerçant au nom de la religion dans l’espace public. Il suffit de se rappeler qu’il est imposé aux femmes et non aux hommes. Autrement dit, on permet aux hommes de montrer leur chevelure, leur cou, leurs jambes et leur bras, ce qu’on interdit aux femmes pour la simple raison qu’elles sont des femmes.

« Le voile ne peut pas être une liberté pour les femmes. Dans toute son histoire, il leur a été imposé comme signe de leur infériorité et pour leur rappeler que leur féminité posait problème. »

Le voile discrimine les femmes non-voilées dites non-pudiques qui « aiment la nudité », expression qui revient souvent dans le discours religieux, et femmes voilées dites pudiques. Il ne suffit donc pas qu’il se présente comme une pratique religieuse pour que la République l’accepte, sauf si elle renonce à son devoir de garantir l’égalité de tous les citoyens dans l’espace public. Cependant, le voile est-il réellement un signe religieux comme vous l’affirmez ? Une chose est sûre, la dissimulation de la chevelure de la femme, fonction principale du voile de sorte qu’une femme qui ne dissimule pas sa chevelure n’est pas considérée comme voilée, n’est évoquée dans aucun verset coranique. On en déduit que le voile n’est pas une prescription coranique.

Beaucoup de musulmans de confession ou de culture affirment aujourd’hui que le voile n’est pas une prescription coranique ni islamique étant donné qu’il existait bien avant l’avènement de l’islam. La question du voile divise même au sein des dignitaires religieux de la grande mosquée d’al-Azhar. Ainsi, en tant que Maire, quand vous affirmez sur toutes les chaines de télévision et les ondes de radio que le voile est un signe religieux qui fait partie de l’exercice du culte, vous prenez part au débat théologique islamique au sujet du port du voile mais aussi vous tranchez en faveur des conservateurs et des islamistes adeptes du port du voile, et surtout vous entravez les efforts de combien de femmes et d’hommes dans le monde musulman qui veulent en finir avec cette pratique déshumanisante pour la femme et également pour l’homme.

Monsieur le Maire, vous avez pris votre décision de défendre le port du voile parce que certaines femmes vous disent que leur voilement résulte d’un libre choix et qu’il est pour elles un moyen pour se libérer. Cependant, les femmes en France ont toujours été libres d’aller à la plage et à la piscine et c’est le voile qui en a empêché certaines. De ce fait, c’est le voile qui entrave la liberté des femmes et non le contraire. Si vous le permettez dans les piscines de Grenoble, ce sont celles qui ne se voilent pas qui ne seront plus libres d’y aller de peur d’être considérées comme impudiques. Ainsi les femmes voilées entravent leur liberté et celle des autres. Non seulement d’aller à la piscine, mais aussi de profiter du soleil et du vent et de sortir dans la rue sans se retourner pour être sûre que le foulard couvre bien leurs cheveux.

Le voile ne peut pas être une liberté pour les femmes. Dans toute son histoire, il leur a été imposé comme signe de leur infériorité et pour leur rappeler que leur féminité posait problème. Beaucoup ont perdu leur vie pour avoir refusé de se soumettre à cette pratique et des milliers de femmes dans le monde continuent d’être assassinées, défigurées, emprisonnées car elles veulent être libres, refusent d’être inférieures et n’acceptent pas d’être réduites à un corps. Le discours religieux ne dit jamais aux femmes « vous êtes libres de porter ou pas le voile » mais « vous êtes obligées de le porter parce que vous avez un corps de femme et c’est Dieu qui vous l’ordonne ». Certes, il y a celles qui le portent et qui le défendent. Quand elles ne sont pas dans le militantisme, car les femmes ne sont pas épargnées par l’islamisme et le fondamentalisme, elles sont profondément conditionnées par le concept de la « awra » et habitées par la peur d’être considérées comme désobéissantes à Dieu. La morale islamique est fondée sur le principe de l’obéissance qui est à l’opposé de celui de la liberté.

Bien à vous,

Razika Adnani

Construire une société laïque, maintenant

Après la réélection du président Macron, à présent que le danger d’une extrême droite élue aux plus hautes fonctions de l’État est écarté, nous devons nous focaliser sur la construction d’une société authentiquement laïque, celle que nous défendons et dont nous affirmons les valeurs.

Être laïque, c’est prôner la liberté de conscience pour tous. Cette liberté de penser et de conscience est à la base de toutes les autres libertés, car c’est elle qui permet à chacun de forger ses idées et ses convictions pour ensuite agir en conséquence. Encore faut-il avoir appris à exercer son sens critique, à ne pas accepter sans analyse des dogmes ou des vérités assénées par d’autres. Il revient à l’école de dispenser les savoirs nécessaires et la pratique de cette liberté. Encore faut-il qu’on ne confonde pas liberté de conscience et liberté religieuse, en oubliant ceux qui professent des convictions philosophiques et ne se reconnaissent pas d’appartenance religieuse. Encore faut-il que l’État lui-même, les autorités locales et leurs représentants respectent rigoureusement la neutralité qui leur incombe en raison de la séparation des Églises et de l’État. Encore faut-il que tous les responsables politiques s’abstiennent de subventionner directement ou indirectement des cultes par des fonds publics. Encore faut-il que la loi de séparation des Églises et de L’État s’applique réellement sur tout le territoire.

Être laïque, c’est aussi défendre l’égalité de tous, sans que les croyances ou les convictions ne puissent introduire la moindre différence de droit, de statut, de considération. C’est l’affaire du droit, mais aussi de la responsabilité de chaque citoyen. Là encore, la fonction de l’école est incontournable pour assurer l’égalité des chances pour tous, mais elle ne peut le faire seule. Si la société reste clivée par des inégalités grandissantes, si la ghettoïsation reste effective dans l’habitat comme dans les esprits, on restera dans des divisions contraires à l’idéal laïque. Être laïque c’est soutenir l’universalisme et la construction d’une société commune, à l’opposé des clivages identitaires.

Être laïque, c’est défendre la fraternité avec le projet que tous puissent bénéficier de cette émancipation qui affranchit des dogmes et préserve la liberté de leur pensée, de conscience et de religion. C’est la mise en pratique d’une société solidaire où chacun est reconnu et respecté, de l’autorité publique comme de ses concitoyens.

« Une utopie » diront certains. Pourtant c’est cela que nous défendons et c’est à la poursuite de cet objectif que nous sommes attelés avec plus de détermination que jamais.

Martine Cerf

 

FACE AU PÉRIL, PRENONS NOS RESPONSABILITÉS!

Tous mouvements confondus, l’extrême droite n’a jamais été aussi forte que maintenant. Si nous n’y prenons pas garde, sa représentante, Marine Le Pen, peut accéder à la magistrature suprême de la France dimanche prochain.

En instrumentalisant la laïcité, elle a fait illusion alors que son but, tout au contraire de ce principe, est de mettre au ban des millions de nos concitoyens en insécurité permanente en raison de leurs origines ou de leurs différences ethniques et religieuses.

Au premier tour de cette élection, chacune et chacun d’entre nous s’est dispersé en votant légitimement selon ses convictions. Désormais, c’est à une autre urgence que nous devons faire face.

Face à cette réelle menace, notre association ÉGALE, Égalité, Laïcité, Europe appelle sans ambiguïté au rassemblement de tous les citoyens sincères, républicains, laïques, humanistes écologistes et européens.

Pour faire barrage à Marine Le Pen, nous devons utiliser le bulletin Emmanuel Macron. Ainsi, nous ne donnons pas mandat au président-candidat. Au contraire, nous lui demandons une grande clarté dans la pratique des principes de la République, en particulier celui de la laïcité. Le « en même temps » ne doit pas avoir cours en ce domaine.

Pour celles et ceux qui seraient tentés par l’abstention ou le vote blanc, nous leur disons que, face au péril, prenons nos responsabilités : le dimanche 24 avril, nous avons le devoir, nous avons le pouvoir de sauver la République.

En juin prochain, pour les élections législatives, nous aurons alors la possibilité de voter en faveur d’une politique selon nos convictions.

Dimanche 24 Avril prochain, pour que vive la République, pour que vive la laïcité, faisons barrage à Marine Le Pen et mettons le bulletin Emmanuel Macron dans l’urne.

Télécharger le communiqué

Participation à une manifestation de l’association Le Choix pour choisir sa fin de vie

ÉGALE était représentée à la manifestation du 2 avril 2022 pour le libre choix de sa fin de vie. Nous continuons à demander au gouvernement et aux parlementaires de légiférer de façon à sortir de cette situation antidémocratique. Alors que 94% des citoyens se déclarent favorables à la possibilité de choisir l’euthanasie lorsque les souffrances physiques et morales endurées sont trop importantes, ce débat est bloqué depuis des années au prétexte que les unités de soins palliatifs et la loi existantes répondraient parfaitement à cette demande.

Il n’en est rien et il est temps que le gouvernement à venir reprenne ce débat pour le trancher dans le sens de la demande des citoyens. En Europe, la Belgique, Le Luxembourg, les Pays-Bas, l’Espagne ont déjà légiféré en ce sens et le recul sur ce qui se passe dans ces pays montre qu’il n’y a pas d’abus quand le cadre éthique est clairement défini et contrôlé.Il nous faut maintenant sortir de l’interdiction de nature religieuse d’attenter à la vie pour envisager la question avec la raison et l’humanité qui s’imposent.

Lire la prise de parole de Martine Cerf

La vidéo de la manifestation

Constitué pour indemniser les victimes d’abus sexuels dans l’Église, le fonds Selam est-il un « cathoton » ?

Le rapport de la commission indépendante (CIASE) dirigée par Jean-Marc Sauvé qui avait mis à jour l’ampleur des abus sexuels perpétrés à l’encontre de mineurs dans l’Église, avait également préconisé quelques règles à suivre pour l’indemnisation des victimes. Dans sa recommandation 33, on pouvait lire à propos du financement de ces indemnités qu’il fallait : « écarter les pistes d’un appel aux dons des fidèles et d’une socialisation du financement. » Les ressources devaient être trouvées uniquement dans le patrimoine de l’Église et des coupables.

Ce fonds, dénommé fonds de solidarité et de lutte contre les agressions sexuelles sur mineur (Selam), créé à cette fin, dispose d’un site où on peut lire dans la rubrique : qui peut contribuer au fonds ?

« Le fonds est financé par des personnes morales et physiques […] les diocèses seront des contributeurs essentiels et non exclusifs. La possibilité de soutenir le fonds par des dons et bien entendu ouverts à toute personne morale qui en a la capacité. Des évêques (en activité et émérites), des laïcs, des clercs ont déjà fait des dons personnels.
À leur suite, les fidèles laïcs, prêtres et religieux, et toutes les personnes qui souhaitent soutenir l’action du fonds de dotation peuvent lui verser une contribution. »

Ce fonds qui a ainsi pris l’allure d’un « Cathoton » avait réuni 20 millions d’euros à fin janvier 2022.

On peut constater que par cet appel à la générosité des donateurs, l’Église a trouvé le moyen d’échapper à sa responsabilité qui est d’indemniser uniquement sur son patrimoine et celui des coupables, les victimes des agissements de certains de ses membres et de son silence.

Pire encore, par le système de défiscalisation des dons, c’est l’État qui participera à cette indemnisation. Or l’État, ce sont les contribuables, et en partie les victimes elles-mêmes, qui participeront indirectement à leur propre indemnisation.

Le sénateur des Hauts-de-Seine Pierre Ouzoulias avait déposé en février une question écrite au ministre de l’économie dans laquelle il demandait : «s’il est moralement acceptable que l’État, par des libéralités fiscales, participe au financement de mesures de réparation destinées à des victimes d’actes commis uniquement au sein de l’Église catholique. Si le seul objet du fonds Selam est de les indemniser, il se demande alors s’il ne serait pas plus conforme à la recommandation de la Ciase, acceptée par la conférence des évêques de France, que les apports des particuliers soient exclus des sources possibles d’abondement de ce fonds. »

On attend toujours la réponse…

Martine Cerf

 

A l’Île-Bouchard, le projet de lotissement destiné aux chrétiens est abandonné

Le clos Saint-Gabriel, un projet de construction d’un hameau de 17 maisons destiné aux chrétiens initié par l’agence immobilière Monasphère s’est vu refuser le permis de construire. La mairie a jugé que la sécurité incendie du projet était insuffisante et a donc retoqué le projet. Monasphère a renoncé à ce projet, au moins pour le moment.

Damien Thomas et Charles Wattebled, co-fondateurs de « Monasphère » interviewés sur Radio Notre Dame le 9 juin 2021, déclaraient que de nombreuses familles étaient demandeuses de regroupement autour de lieux de spiritualité qui leur garantisse un voisinage fraternel.: « ces pôles spirituels sont appelé à être des oasis pour de nombreux chrétiens qui peinent à trouver le soutien de leur foi ». Le sanctuaire Marial & Angélique de l’Ile Bouchard avait donc été identifié comme un de ces lieux de spiritualité.

Un collectif d’opposition s’était constitué, qui ne voyait dans ce projet d’installation « la mainmise de la communauté de l’Emmanuel » sur la commune.

Ces tentatives de vie en vase clos entre semblables restent toujours un sujet de préoccupation, car si chacun est libre de ses options religieuses, celles-ci ne devraient pas conduire les familles à s’isoler du reste de la société dans des communautés qui ne se fréquentent pas,

Notre bilan de l’action laïque du quinquennat du président Macron

Ce quinquennat avait mal commencé pour la laïcité. Des déclarations et des comportements complaisants pour les responsables de l’église catholique, des accusations étranges de radicalité en direction des laïques, des références aux « mâles blancs »… nous avions toutes les raisons de nous inquiéter.
Ces dernières années, depuis le discours des Mureaux d’octobre 2020, nous avons assisté à un revirement qui montrait que la laïcité était à nouveau considérée comme un principe consubstantiel de la République qui garantissait nos libertés et l’égalité de tous.
De nombreuses mesures de formation visant à renforcer la connaissance de la laïcité par ceux qui sont chargés de l’appliquer : fonctionnaires, agents hospitaliers, enseignants, responsables associatifs agissant en délégation de service public… ont été mises en chantier. Des référents laïcité ont été nommés dans les différentes administrations concernées. Le comité interministériel de la laïcité a formulé dès sa première réunion en juillet 2021, 17 mesures qui sont en cours d’exécution…

Nous avons salué la mise en place de ces mesures malgré le temps perdu que nous regrettons toujours. Nous restons attentifs aux résultats effectifs qu’elles auront sur le respect de l’application de la laïcité en France. Mais nous restons sans illusions, seules, elles ne suffiront pas à faire reculer le repli communautariste.
il nous a paru important cependant, pour clarifier la réflexion en cette période préélectorale, de mettre au clair le bilan de l’action laïque des deux gouvernements qui se sont succédés sous la présidence d’Emmanuel Macron. Bonne lecture !
Martine Cerf

L’Union européenne réagit à la fermeture des collèges et lycées de filles par les Talibans

Alors qu’ils avaient autorisé les filles à revenir dans leurs collèges et lycées, les talibans ont fait volte face au bout de quelques heures et renvoyé les élèves chez elles. Certaines ont courageusement manifesté leur désaccord par des manifestations retransmises sur les réseaux sociaux.

La condition des femmes afghanes qui subissent une multitude de contraintes et de menaces ne cesse de se détériorer.

Voir les videos sur le site de NEGAR

Selon l’AFP reprise par le Temps « La France, l’Italie, la Norvège, les États-Unis, le Canada et la Grande-Bretagne, ainsi que le Haut représentant de l’UE, ont prévenu que ce choix aurait des «conséquences bien au-delà de son préjudice pour les filles afghanes», et pourrait nuire à l’ambition de l’Afghanistan «de devenir un membre respecté de la communauté des nations».

Lire l’article du Temps :

Patrick Pelloux remet au gouvernement un rapport sur la prévention de la radicalisation à l’hôpital.

Le titre exact du rapport remis au ministre des solidarités et de la santé est « Rapport sur la prévention et la lutte contre la radicalisation des agents exerçant au sein des établissements de santé ». Ce rapport de 69 pages détaille 19 recommandations pour remédier au fléau de la radicalisation dans les établissements de santé qui conduit à des actions prosélytes auprès de publics vulnérables, des refus de soins ou des difficultés d’accès aux soins (en particulier pour les IVG), d’appels à l’antisémitisme…

Le rapport recense « des signalements peu nombreux, mais en augmentation » dans 3 situations toutes traitées dans le rapport : le processus de radicalisation, le prosélytisme et les atteintes à la laïcité alors que la loi « impose à l’ensemble des agents exerçant dans un service public la neutralité et le respect de la laïcité ».

Lire le rapport

Selon la Cour de cassation, le port d’un signe d’appartenance religieuse est incompatible avec la robe d’avocat

Le 24 juin 2019, le conseil de l’ordre d’un barreau avait modifié son règlement intérieur en ajoutant l’alinéa suivant : « L’avocat ne peut porter avec la robe ni décoration, ni signe manifestant ostensiblement une appartenance ou une opinion religieuse, philosophique, communautaire ou politique. ».
Cette délibération avait été contestée par une élève-avocate et son maître de stage, lui-même avocat.

Le 9 juillet 2020, la cour d’appel a déclaré le recours de l’élève-avocate irrecevable, celle-ci n’étant pas encore avocate et n’ayant donc pas
qualité à agir et avait rejeté la demande de son maître de stage de voir annuler cette délibération du conseil de l’ordre.

Un pourvoi en cassation a donné le même résultat ce 2 mars 2022. Voir la note d’information de la Cour de cassation.

Femmes voilées dans le sport : une offensive concertée ?

Catherine Louveau, sociologue, Professeure émérite des Universités et Annie Sugier, Présidente de la Ligue du Droit International des femmes cosignent ce dossier publié sur le site de l’observatoire du décolonialisme.

Quels que soient ses formes, ses pratiques et ses lieux de développement, le sport est encensé pour ses vertus et ses « valeurs » : éducatif, socialisant, porteur de fraternité et de paix, il est aussi décrit comme une « grande famille », un monde de référence où l’on est « tous égaux » (métaphore de la ligne de départ).

Lire l’article

AIDE UKRAINE

Le Réseau Laïque Européen dont EGALE est membre, appelle à soutenir l’aide humanitaire apportée aux civils ukrainiens. Pour cela, nous vous communiquons des liens vers des structures sûres et actives sur le terrain, ainsi que les coordonnées de deux ONG polonaises qui accueillent actuellement les réfugiés ukrainiens en Pologne.

Une des organisations les plus importantes et les plus anciennes en Pologne (1992), présente en Ukraine depuis 2014. Polish Humanitarian Action (PAH) est une ONG internationale basée à Varsovie qui apporte du secours aux civils victimes de conflits armés, d’urgences humanitaires et de catastrophes naturelles dans plus de 40 pays dans le monde.

Une organisation plus petite mais très active. Elle a jusque-là aidé les réfugiés entrant en Pologne par la frontière biélorusse, pour fuir les persécutions gouvernementales. A présent, elle aide massivement les réfugiés ukrainiens.

N.B Pour mémoire, 100 Zlotys (PLN) = 20,43 €

Solidarité avec l’Ukraine et le peuple ukrainien

Le dictateur Poutine a massivement attaqué l’Ukraine pour l’asservir et l’annexer comme il l’a fait avec la Crimée. Cet homme qui n’a cessé de bafouer les droits humains, d’asséner des mensonges pour justifier ses décisions, dirige en autocrate un pays auquel il fait miroiter l’espoir illusoire de retrouver la « grande Russie » tsariste. Ce genre de projet mégalomaniaque n’a jamais engendré que guerres et misère pour les peuples. Il faut rappeler que la carte de cette grande Russie du passé englobait l’Ukraine mais aussi la Finlande, les États baltes, une partie de la Pologne (dont Varsovie), tous états membres de l’Union européenne. On peut comprendre les craintes qu’ils affichent depuis de nombreuses années, de voir leur encombrant voisin avoir envie de s’inviter chez eux. Il est de fait légitime de se demander si les projets mégalomaniaques de Poutine s’arrêtent réellement à l’Ukraine.

Aujourd’hui, les Ukrainiens ont choisi de vivre librement, en démocratie, avec des élections libres et non truquées. Le président Zelensky vient de signer une demande d’adhésion à l’UE, c’est ce qu’il annonce sur sa page Facebook. Cette liberté de choix d’un peuple est assurément insupportable au tyran Poutine.

Les Ukrainiens font preuve d’un énorme courage pour défendre leur pays, leur vie et leurs valeurs. Nous les soutenons sans réserve et appelons chacun à leur porter secours par tous les moyens possibles.

Martine Cerf

Laïcité, un principe

RÉSUMÉ

La laïcité ne se résume pas à la loi française de Séparation des Églises et de l’État de 1905, par ailleurs mal connue et souvent instrumentalisée. Trouver une juste place pour les religions dans la société préoccupe l’autorité politique depuis l’Antiquité. Éric Anceau revient ici aux sources de ce questionnement en France, mais aussi dans le monde. Il décrit le rôle de la construction de l’État en confrontation parfois avec les pouvoirs religieux dont la papauté, l’influence des guerres de religion, l’intense réflexion des Lumières et de la Révolution. Il examine l’élaboration et le contenu des lois laïques des débuts de la Troisième République, en particulier de la loi de 1905, l’apaisement relatif qui s’en est suivi, les nouveaux questionnements posés par l’islam depuis trente ans.   Les exceptions à la généralité française ici expliquées, à commencer par le régime de l’Alsace-Moselle, de même que le panorama international qu’il propose font de cet ouvrage la première synthèse mondiale sur le principe de laïcité à travers les siècles.

  Entretien avec Eric Anceau

CONCORDAT OU LAÏCITÉ, IL FAUT CHOISIR

Par Michel Seelig.

Cet article n’a pas pour objet de rappeler une fois de plus l’histoire du régime concordataire en Alsace et Moselle, ni son application précise aujourd’hui.

Il souhaite répondre clairement à la question : la laïcité et le Concordat sont-ils compatibles ?

Il convient alors de vérifier si la défense de l’idéal laïque peut, d’un point de vue rationnel, s’accorder avec la défense du régime particulier des cultes en vigueur en Moselle et en Alsace, notamment le Concordat.  En d’autres termes, le régime concordataire ne serait-il qu’une forme de la laïcité ? Lire la suite

L’actualité qui fâche : le sport et l’école.

Il est décidément difficile pour un gouvernement de la République laïque de parler d’une seule voix quand il s’agit de traiter des demandes religieuses. On a vu ce gouvernement se mobiliser comme aucun autre pour faire respecter les principes républicains par des associations peu soucieuses de le faire, mais une voix discordante s’est manifestée : celle d’Élisabeth Moreno, ministre de l’Égalité, qui semble tout ignorer de l’activisme des frères musulmans dans le sport. Ceux-ci travaillent à faire accepter toute manifestation religieuse ostensible de l’islam, sur les terrains et les salles de sport, pour mieux isoler nos concitoyens musulmans du reste de la population. La banalisation du port du voile est un élément majeur de cette stratégie. Il a suffi d’une manifestation de « hidjabeuses », dont beaucoup militent dans des associations proches des frères musulmans, pour que notre ministre, animée de la volonté louable de n’exclure personne, fasse exactement le choix qu’attendaient lesdits frères. Pourtant des textes de loi comme les règlements intérieurs sont clairs sur le sujet : le sport est un lieu de neutralité pour l’intégration de tous. Voir le communiqué de la LDIF et celui ce Unité laique

Nous conseillons à la ministre de s’inquiéter plus des agissements de ceux qui répandent ces idées liberticides, plutôt que de chercher à les satisfaire.

Et puis c’est la nomination annoncée de Mark Sherringham à la présidence du conseil supérieur des programmes par le ministre de l’Éducation nationale. S’il n’est évidemment pas dans notre propos de critiquer des options religieuses qu’il est libre de choisir, nous nous inquiétons de l’intention de ce nouveau président de « réintroduire explicitement le christianisme dans le débat éducatif[1] ». Ces propos que ne renieraient pas les dirigeants de « la manif pour tous », représentants français d’un large mouvement européen qui ambitionne de « restaurer l’ordre naturel » (remettant en cause les Droits de l’homme), nous inquiètent forcément. S’il existe des écoles privées dont le caractère propre justifie cette prise en compte du christianisme dans leur projet pédagogique, il ne peut en être de même à l’école publique et laïque. Le seul projet acceptable est celui d’instruire les élèves et de leur transmettre réellement les savoirs et la culture qui leur permettront de mener une vie d’adultes émancipés de l’ignorance et des dogmes.

Cette nomination est-elle une « décision anti-laïque », comme le dénonce le syndicat Sud éducation ? La suite nous le dira. Pour notre part, sans faire un procès d’intention à Mark Sherringham, nous ne pouvons considérer que sa nomination est une bonne nouvelle pour l’école publique.

Martine Cerf

  1. Déclaration au magazine Familles chrétiennes, 2009

 

IVG : les évêques ne peuvent ignorer le droit international

A la suite de la déclaration d’Emmanuel Macron demandant que l’IVG soit inscrite comme un droit fondamental dans le droit européen, les évêques européens, par l’intermédiaire de l’organisation qui les représente à Bruxelles, la COMECE, réitère son opposition totale à cette proposition. C’est ignorer les progrès du droit international et le Réseau Laïque Européen rétablit la réalité.

IVG : les évêques ne peuvent ignorer le droit international 

Soutien total à Ophélie Meunier et Amine Elbahi.

Après la diffusion sur M6 d’une enquête de « Zone interdite » sur l’islamisme, la présentatrice, Ophélie Meunier et le juriste Amine Elbahi qui témoignait de ce qu’il voyait à Roubaix, ont reçu des menaces de mort et ont dû être placés sous surveillance policière.

Encore une fois, les islamistes montrent qu’ils sont prêts à tout pour qu’on ne dénonce jamais leurs agissements. Leur méthode terroriste au sens propre du terme, (qui vise à semer la terreur) est à l’œuvre. Il n’y a qu’une réponse possible : leur tenir tête et défendre nos libertés.

Ces mouvements préfèrent agir dans l’ombre ? Mettons de la lumière sur leurs activités, faisons circuler l’information.

Ils avancent masqués en se faisant passer pour des défenseurs des droits de l’homme ? Démasquons-les et révélons au grand jour ce qu’est leur objectif réel.

Ils prétendent qu’enfermer les femmes sous un linceul les libère ? Soutenons et aidons celles qui se rebellent contre cette pratique et revendiquent leur liberté.

Ils veulent enfermer les enfants dans l’ignorance et leur enseigner exclusivement des préceptes et des pratiques religieuses ? Obligeons-les à donner à ces enfants les savoirs et l’entraînement au sens critique qui peuvent faire d’eux des êtres humains émancipés et maîtres de leurs décisions.

Ils veulent réduire au silence les journalistes qui font leur travail d’information et les lanceurs d’alerte ? Diffusons l’information, alertons notre entourage, apportons-leur notre soutien.

C’est ce que nous faisons aujourd’hui, sans réserve.

Martine Cerf

Voir ou revoir l’enquête de Zone interdite :

01.02.2022 – La liberté de conscience en Europe

Colloque du 31 janvier 2022 en Webinaire. Voir le programme.

Pour voir les vidéos, cliquer sur les titres ci-dessous

Introduction par Gérard Larcher, président du Sénat

 

Table ronde 1 : La notion de Liberté de conscience, son apparition, le droit qui la concerne, son instrumentalisation

     Introduction Martine Cerf, secrétaire générale d’ÉGALE

     Dominique Avon, historien, directeur d’études à l’EPHE.

     Juliette Grange, philosophe, professeur à l’Université François Rabelais de Tours

     Mireille Raunet, déléguée aux affaires européennes, ÉGALE

     Anne Salzer, avocate

     Animation :  Bernard Ferrand, vice-président d’ÉGALE

 

Table ronde 2 : La Liberté de conscience dans des États membres de l’UE (Réseau Laïque Européen)

     Véronique de Keyser, présidente du CAL, Belgique

     Giulio Ercolessi, Italia laïca, Italie

     Bożena Przyłuska, présidente du Kongres Świeckości (Congres of Laicity), Pologne

     Pablo Toral, Europa Laïca, Espagne

     Animation : Yves Durand, vice-président des PEP

     Conclusion : Françoise Laborde, présidente d’ÉGALE

Vivre la laïcité – 3e édition

Martine Cerf, Marc Horwitz

PRÉSENTATION DU LIVRE

Illustré par Nono, ce livre pédagogique présente les textes fondateurs de la laïcité et les valeurs auxquelles elle se rattache, de la liberté de conscience au respect du pluriculturalisme. Une chronologie complète met en évidence le caractère indissociable de la laïcité et de la République et montre qu’il n’est possible d’acquérir de nouvelles libertés sans une volonté manifeste des femmes et des hommes politiques de défendre les valeurs républicaines. L’ouvrage comporte aussi des témoignages qui démontrent qu’au-delà du droit, la laïcité se vit au quotidien au travers de nos comportements et qu’il dépend de chacun de nous de préserver un vivre ensemble pacifié. Cette nouvelle édition met en perspective les événements récents, comme l’assassinat de Samuel Paty, qui ont constitué des atteintes graves au principe de laïcité.

À l’heure où certains invoquent parfois les droits humains pour combattre la laïcité, il faut rappeler haut et fort que la laïcité découle de ces droits fondamentaux reconnus à tous les êtres humains : la liberté et l’égalité.

Robert Badinter

Communiqué :  Solidarité avec les Afghanes,  non à la reconnaissance du régime des talibans !

EGALE s’est associée à ce communiqué :

Une image contenant carte

Description générée automatiquement

Tamana Zaryabi Paryani et Parawana Ibrahimkhel, deux jeunes femmes qui manifestent inlassablement à Kaboul en défense des droits des femmes et des filles,  viennent d’être enlevées par les talibans !

 Et c’est à ce moment que la Norvège invite ceux-ci à participer à Oslo à des discussions officielles sur la situation de l’Afghanistan !

Nous condamnons cette initiative car il s’agit d’une légitimation de fait, même si la Norvège affirme le contraire.

Le porte-parole de la délégation arrivée samedi à Oslo expose les objectifs de ces terroristes islamistes :

“L’Emirat islamique a pris des mesures pour satisfaire les exigences du monde occidental et nous espérons renforcer nos relations diplomatiques avec tous les pays, y compris les pays européens et l’Occident en général.”

Nous ne devons pas laisser faire ce qui, loin de résoudre la crise humanitaire, aurait des conséquences terribles pour les femmes afghanes.

Libération immédiate de Tamana Zaryabi Paryani et Parawana Ibrahimkhel !

Droit des Afghanes à étudier, à travailler, à se déplacer librement et à ne pas porter le voile islamique !

Aucune reconnaissance du régime taliban !

Le 22 janvier 2022

Signataires

Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme

Forum Femmes Méditerranée

Femmes ici et ailleurs

Regards de Femmes

EGALE

Synergie Wallonie pour l’égalité entre les femmes et les hommes

Fondation Anne-Marie Lizin

Ligue du Droit International des Femmes

La Palabre

Le Centre communautaire laïc juif David Susskind

Réseau féministe “Ruptures”

 

Roberta Metsola présidente du Parlement européen, une mauvaise nouvelle ?

Il est certain que la nouvelle présidente du Parlement n’est personnellement pas favorable à la légalisation de l’IVG et que sa nomination arrive au moment où des États membres la combattent alors que nous réclamons qu’elle devienne un droit fondamental des femmes dans l’Union européenne. Symboliquement, il est indéniable que cette élection est un signal négatif. Mais qu’en sera-t-il dans la réalité de l’action de Roberta Metsola, car seul cela importe ?

Après son élection, Roberta Metsola s’est fermement engagée à défendre les valeurs européennes et les droits des femmes. Prenons-la au mot. Mettons ses actes à l’épreuve de ses engagements. Qu’avons-nous à perdre ? Aucun de ses prédécesseurs récents n’a soutenu l’idée que l’IVG devait devenir un droit européen. Toutes les tentatives ont échoué et ce droit reste de la compétence de chaque État membre.

Il ne faut pas non plus oublier que le Parlement européen ne dispose pas, même si c’est regrettable, d’initiative législative. Il ne peut voter que les projets de directives élaborés par la Commission et des motions sans portée juridique. Si l’on ne doit probablement pas attendre qu’au cours de sa présidence, ce projet soit débattu au Parlement, nous pouvons prévoir qu’un recul éventuel survenant dans certains États membres n’aura pas pour cause une initiative européenne. Nous pouvons également être certains que les manœuvres polonaises pour s’affranchir de l’État de droit et des valeurs de l’Union européenne ne trouveront pas d’oreille complaisante auprès de la nouvelle présidente du Parlement. De ceci, nous avons été témoins au cours des réunions de dialogue avec le Parlement qu’elle animait.

Il reste tout de même désolant de constater que pour trop de démocrates, même attachés aux droits des femmes, le nombre préoccupant de femmes qui meurent ou restent estropiées à la suite d’avortements clandestins comptent moins que des fœtus qui n’ont pas encore vu le jour.

Martine Cerf

 

Église catholique et universalisme

Une analyse de Didier Vanhoutte

La presse française et le monde associatif ont été mis en émoi par l’annonce de la part de Monasphère et de la Communauté de l’Emmanuel de leur décision (des moyens financiers ayant été réunis) de créer en Touraine (L’Île-Bouchard) une sorte de lotissement quasi réservé aux chrétiens de tendance charismatique de l’organisation. On a aussi informé l’opinion que nombre d’entre eux s’étaient déjà portés acquéreurs de propriétés, à proximité de l’église et d’un lieu de pèlerinage dédié à la Vierge, à la suite « d’apparitions » en 1947. Lire la suite.

Mise en place de la loi sur le respects des principes de la République

Deux décrets d’application ont été publiés concernant des dispositions de la loi dite sur les séparatismes.

Le premier daté du 26 décembre 2021,  indique les conditions de nomination des référents laïcité dans les administrations et définit leur périmètre d’action. Le second, daté du 1er janvier 2022, définit les modalités d’application et le texte du contrat d’engagement républicain désormais obligatoire pour recevoir des subvention publiques.

Ces deux mesures sont donc désormais effectives.

Qui sommes-nous ?

ÉGALE a pour objet de promouvoir et faire partager les valeurs humanistes et laïques de la République française et sa devise : « Liberté, Égalité, Fraternité ».

En pratique :

  • ÉGALE est habilitée auprès de l’Union européenne et participe aux réunions de dialogue avec la Commission et le Parlement européens (art 17 du traité de fonctionnement de l’UE)
  • ÉGALE a soutenu la crèche Baby-Loup dans son combat pour le respect de la neutralité par les salariés de l’association et a œuvré à ce que la législation du travail autorise les entreprises à imposer la neutralité dans leur règlement intérieur, si elles le jugent nécessaire pour assurer leur bon fonctionnement.
  • ÉGALE est membre du Collectif laïque national et du Réseau laïque européen.
  • ÉGALE conçoit et anime des formations, des conférences, des réunions et des colloques sur la laïcité
  • ÉGALE est présidée par Françoise Laborde, ancienne Sénatrice et Vice-Présidente de la Commission aux droits des femmes du Sénat

Presentation EGALE 2022

Nos statuts.

Laurent Bouvet nous a quittés

Il était une des figures majeures de l’engagement laïque. Penseur et acteur à la fois, il a apporté une contribution majeure à la réflexion laïque en France. Il a su mettre en lumière les spécificités de la conception française, centrée sur la liberté de conscience individuelle pour construire du commun, par opposition à la conception anglo saxonne centrée sur la liberté de religion et le simple vivre ensemble. Penseur, auteur et acteur à la fois, il a publié de nombreux écrits et fondé le Printemps républicain, traduisant sa pensée en actes politiques. Nous lui devons beaucoup et transmettons à sa famille toutes nos condoléances.

M.C

Bibliographie de Laurent Bouvet :

Le péril identitaire, Éditions de l’Observatoire, 2020

La nouvelle question laïque, Flammarion, 2019

L’insécurité culturelle, Fayard, 2015

Le sens du peuple, la gauche, la démocratie, le populisme, Gallimard, 2012

LE RÉSEAU LAÏQUE EUROPÉEN PROTESTE CONTRE LA CANDIDATURE D’UNE DÉPUTÉE ANTI-CHOIX À LA PRÉSIDENCE DU PARLEMENT EUROPÉEN

Le Parlement européen va bientôt élire un nouveau président. En vertu d’un accord politique en début de législature, le poste reviendrait à un membre du Parti populaire européen, qui a jugé bon de présenter la candidature de l’eurodéputée Roberta Metsola, connue pour ses positions très conservatrices sur les questions d’accès à l’IVG et à la … Lire la suite

LETTRE OUVERTE DU RESEAU LAIQUE EUROPEEN SUR LES VIOLATIONS DES DROITS FONDAMENTEUX DES DEMANDEURS D’ASILE A LA FRONTIERE EST DE L’UE

13 décembre 2021

Des milliers de migrants et de chercheurs d’asile (principalement d’Afghanistan, d’Iraq, et de Syrie) sont bloqués aux frontières entre l’UE et le Belarus sans accès adéquat aux services ou à l’assistance. Certains sont bloqués dans les zones frontalières depuis des semaines en raison des politiques de « push back » des contrôles frontaliers polonais, lituaniens et lettons et de la coercition exercée par les fonctionnaires biélorusses pour qu’ils retraversent la frontière.

Malheureusement, en raison de ces actions, les migrants meurent d’hypothermie et d’épuisement général et ne peuvent compter sur l’aide des organisations humanitaires, les autorités polonaises et lituaniennes leur interdisant tout accès. Les journalistes n’ont pas non plus accès librement à la zone frontalière entre la Pologne et la Biélorussie.

Le gouvernement biélorusse a créé la crise en attirant les migrants avec de fausses promesses. Mais la Pologne, la Lituanie, la Lettonie et l’UE ignorent la souffrance humaine.

En défendant les valeurs humanistes qui ont façonné l’Union européenne et partant d’une position de simple compassion humaine, nous appelons les autorités polonaises, lituaniennes et lettones à mettre fin à la procédure de refoulement, particulièrement inhumaine dans ces circonstances.

Nous appelons les autorités de l’Union européenne à respecter ses propres lois. Lorsque la Charte des droits fondamentaux et d’autres principes sont menacés, l’Union devrait être en mesure de les faire respecter. Nous demandons que l’aide humanitaire soit autorisée pour les migrants, et que les journalistes soient autorisés à entrer pour donner au public de l’Union européenne une image fidèle de la situation.

Tout en acceptant que la partie biélorusse soit responsable du déclenchement de la crise, nous nous opposons aussi catégoriquement – sur la base d’une éthique laïque et humaniste – à la condamnation des migrants civils à mourir dans le froid, sans accès à l’aide. Cette situation est en contradiction absolue avec nos principes moraux.

Cette déclaration a été envoyée aux Présidents de la Commission européenne, du Parlement européen et du Conseil européen.

CONTACT
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+32(0)2.627.68.24

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Des intégristes catholiques se sont opposés par la force à un spectacle autorisé par l’évêché à Nantes

Anna von Hausswolff, chanteuse suédoise de post-metal et rock expérimental devait donner un concert sur l’orgue de l’église Notre-Dame du Bon-Port à Nantes. Cette manifestation devait se dérouler en accord avec le diocèse de Nantes, mais a été empêchée au dernier moment par une soixantaine d’intégristes catholiques. Ceux-ci jugeaient que la  chanteuse était d’inspiration satanique. Les organisateurs ont préféré ne pas ouvrir les portes pour préserver la sécurité des 360 spectateurs et de l’artiste.

Ce concert initialement prévu dans l’église Saint Clément où la messe est dite en latin avait déjà été déplacé en raison de l’opposition des paroissiens.

Cette atteinte caractérisée à la liberté d’expression et de création ne saurait être acceptée. Elle a été dénoncée par les organisateurs de l’événement comme par la Mairie. Il reste que ce concert qui devait avoir lieu dans l’église Saint Eustache à Paris a également été annulé. Fait-il rappeler que les orgues de ces différents lieux de culte sont installés et entretenus par l’argent public et doivent donc servir au public mélomane. Une poignée de fanatiques ne devraient pas pouvoir empêcher cela.

Voir plus d’informations sur le figaro.fr

MARIANNE TOUJOURS! 50 ans d’engagement laïque et républicain

Avec Marianne toujours! Patrick Kessel, journaliste et ancien Grand Maître du Grand Orient de France, nous offre un ouvrage, dont la profondeur et la richesse ne sauraient être résumées en quelques lignes. Comment qualifier son entreprise ? À première vue, ce sont des mémoires, le récit d’une vie d’une étonnante plénitude et d’une grande unicité de pensée, ou plutôt d’idéal: 50 ans d’engagement laïque et républicain,

Extraits de la préface

Solidarité avec les filles et les femmes d’Afghanistan

Pour le droit à la vie, à la sécurité, à la santé, à l’éducation

 Par Coordination des associations européennes solidaires des femmes d’Afghanistan

 Le retrait militaire des États-Unis d’Afghanistan, le 31 août dernier, a précipité ce pays dans une terrible crise aux multiples visages ouvrant la voie à un retour au pouvoir des Talibans. Nous gardons encore en mémoire les quelques images qui ont fait le tour du monde avec des femmes devenues des ombres bleues, prisonnières dans leurs tchadris, traversant furtivement les rues, au milieu des années quatre-vingt-dix et ce jusqu’à la chute du régime en 2001.

Les femmes se sont remises à vivre, à se soigner, à sortir, à fréquenter les salons de coiffure et de beauté, à étudier, à travailler, à faire du sport, bref à s’impliquer de mille et une façons. Les petites-filles ont repris leurs cartables et ont retrouvé le chemin de l’école. Cette visibilité marquait leur retour dans l’espace et dans la vie publics. En vingt ans, des gains considérables ont été faits cultivant l’espoir d’une vie meilleure dans un pays qui peinait à sortir la tête de l’eau, frappé par l’insécurité, l’instabilité politique, la corruption endémique et les luttes claniques qui n’ont jamais cessé.

Pendant toutes ces années, les filles et les femmes ont incarné un véritable changement. L’année dernière, 3.5 millions de filles étaient scolarisées, 100 000 femmes fréquentaient des universités, publiques et privées, un millier parmi elles étaient devenues cheffe d’entreprise, 500 femmes occupaient la fonction de juge et procureur et 12 000 étaient engagées dans la police et l’armée. Cet élan a été brusquement interrompu par la reprise en main du territoire par les Taliban. Mais ces femmes sont encore là-bas, prêtes à poursuivre leur œuvre et leurs chemins.

Qui plus est et en corollaire, Le pays est au bord d’une très grave crise humanitaire. Quelque 22,8 millions d’Afghans, soit plus de la moitié de la population, seront cet hiver à court de nourriture. Parmi eux, 3,2 millions d’enfants de moins de cinq ans souffriront de malnutrition aiguë d’ici la fin de l’année. Des familles en viennent donc à vendre leurs petites filles à des hommes très âgés, des milliers d’enfants trainent dans les rues au bord de l’esclavagisme. Qu’est-ce qu’on attend pour agir ?

Nous, femmes européennes de différents horizons impliquées dans la société civile, sommes très préoccupées par la situation de nos sœurs afghanes. Nous sommes très inquiètes des nouvelles qui nous parviennent de là-bas. Les femmes vivent dans une terrible peur et craignent pour leur vie et celle de leurs enfants. Certaines se suicident et d’autres sont exécutées.

A l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, nous, femmes européennes de différents horizons impliquées dans la société civile exprimons notre solidarité concrète et agissante à l’endroit des femmes d’Afghanistan. Pour ce faire, nous nous adressons aux gouvernements de nos pays ainsi qu’à l’Union européenne pour que nos décideurs prennent la mesure de la situation et assument leurs responsabilités.

  • Pour nous, reconnaitre le régime des Talibans n’est guère une option. Bien au contraire. Ça serait une trahison de nos valeurs européennes. Il faut envoyer un message clair et sans équivoque aux Taliban selon lequel la vie, la sécurité, la santé, l’éducation des filles et des femmes sont des droits non négociables. Nous saisissons cette occasion pour rappeler à l’Europe la nécessité de parler et d’agir en bloc cohérent afin d’asseoir son pouvoir tout comme le font d’autres puissances.
  • Nous plaidons en faveur d’un retour de l’aide humanitaire européenne tout comme nous demandons à ce que celle-ci soit conditionnelle à l’amélioration des conditions de vie des femmes et des petites filles. Ces dernières doivent renouer avec l’école, l’éducation étant leur meilleur allié.
  • L’autre volet sur lequel nous travaillons est l’accueil des réfugiées. Des milliers de femmes ont été jetées sur les chemins de l’exil dont certaines sont arrivées en Europe dans l’urgence et la précipitation, sans titre de séjour, abandonnant une partie de leurs familles là-bas. Nos Etats doivent se montrer à la hauteur de cette situation et accueillir comme il se doit ces rescapées de la mort. L’accueil n’est pas seulement du seul ressort des Etats, il est aussi l’affaire de chacune et chacun, de toutes et tous et bien entendu de la société dans son ensemble.

Nous appelons à une large mobilisation le 25 novembre à 12h00 devant le parlement européen (place du Luxembourg) pour faire entendre nos voix en faveur de la solidarité et de l’accueil des femmes d’Afghanistan.

Les premiers signataires : Assemblée des femmes (Geneviève Couraud) ; Association des Femmes de l’Europe Méridionale (AFEM) (Catherine Sophie Dimitroulias), Association pour la promotion de la culture berbère au Luxembourg (Hassiba Guerbouj) ; Centre Communautaire Laïc Juif (CCLJ) (Emmanuelle Einhorn) ;  Collectif Laïcité Yallah (Djemila Benhabib) ; Conseil des Ex-Musulmans -Allemagne (Mina Ahadi) ; Conseil des Femmes Francophones de Belgique (CFFB) (Sylvie Lausberg) ; Égalité-laïcité-Europe (Egale)  (Martine Cerf) ; European Association for The Defense of Minorities (Manel Msalmi) ; Femmes Solidaires (Sabine Salmon) ; Frauen für Freiheit e. V. (Femmes pour la liberté), (Rebecca Schönenbach) ; International Women in Power (Hourvash Pourkian) ; La Fondation Anne-Marie Lizin (Michel Lizin) ; La Palabre (Khady Koita) ; Les Résilientes (Rachida Hamdan) ; les VigilantEs (Christine Le Doaré) ; Libres Mariannes (Laure Caille) ; Ligue du Droit International des Femmes (Annie Sugier) ; Migrantinnen für Säkularität und Selbstbestimmung (Naïla Chikhi) ; Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme (Huguette Chomski Magnis) ; NEGAR-Soutien aux Femmes d’Afghanistan (Shoukria Haidar) ; Observatoire Féministe des Violences faites aux Femmes (Viviane Teitelbaum) ; Regards de Femmes (Michèle Vianès) ; Réussir l’Égalité Femmes-Hommes (Huguette Klein) ; Synergie Wallonie pour l’Egalité entre les Femmes et les Hommes (Reine Marcelis) ;  Valeurs et Spiritualité Musulmane de Belgique (Ismaël Touil) ; University Women of Europe (Anne Negre) ; Women’s Initiative for Citizenship and Universal Rigths (Lalia Ducos).

CONTACT PRESSE : Djemila Benhabib, djemila.benhabib@laicite.net, Tel : 32 470 05 70 93

Voir le communiqué de Presse

Communiqué du Collectif Laïque National : Campagne pour le voile islamique du Conseil de l’Europe : le racisme ne se combat pas par la promotion du sexisme et de la ségrégation sexuelle

Dans le cadre d’une campagne de communication qui prétend «lutter contre les discours de haine antimusulmans», le Conseil de l’Europe a publié sur son site une série d’affiches et de vidéos en anglais, qu’il invite à diffuser largement. Le message commun, martelé dans tous ces visuels, est que le voile islamique, qu’on le nomme foulard ou hidjab, serait, pour les musulmanes, tout à la fois un choix personnel, un droit humain inaliénable, et même un outil de liberté à promouvoir.
Sous couvert des objectifs « d’égalité et droits des personnes tels qu’ils sont inscrits dans le Traité, la Charte et les conventions internationales des droits de l’Homme » qui lui sont assignés, le Conseil de l’Europe se livre à une véritable propagande pro hijab que ne renieraient pas les plus rigoristes zélotes du patriarcat religieux. Il essentialise les musulmanes en leur assignant une identité de femme voilée, il réduit la liberté de pensée et d’expression à l’exercice de la liberté religieuse. Lire la suite

La mairie de Bagnolet soutient une association anti républicaine

Des citoyens de Bagnolet se sont élevés contre l’attribution de locaux à la Maison de l’écologie populaire qui héberge le Front de mères, association indigéniste et racialiste dont le texte fondateur attaque violemment les valeurs de la République et accuse l’école de racisme. Ils ont publié une tribune et lancé une pétition en ligne que nous vous engageons à signer. Fort heureusement, sur LCI, Olivier Faure, premier secrétaire du PS a désavoué sans réserve toute action qui soutiendrait une association attaquant l’école de la République. Nous attendons la réaction du maire (PS), Tony di Martino, qui se réfugie dans le mutisme.

 

 

EGALE invitée au Parlement européen

A l’invitation de la Vice Présidente du Parlement, Roberta Metsola, EGALE a été invitée à participer à la réunion du 16 novembre 2021 sur la conférence de l’Avenir de l’Europe. Martine Cerf représentait l’association (en visioconférence) et a pu exposer les thèmes que nous avions déjà exprimés sur la plateforme en ligne de la conférence sur l’avenir de l’Europe : notre demande que l’Union réaffirme fortement dans toutes ses politiques les valeurs qui la portent : la démocratie, l’Etat de droit, les droits fondamentaux et qu’elle respecte la liberté de pensée, de conscience et de religion, comme cela est écrit dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union, plutôt que la « liberté de religion et de croyances ». Lire l’intervention  de Martine Cerf.

Le linceul du féminisme

RÉSUMÉ

Héritage d’un patriarcat antique, accessoire vestimentaire le plus sexiste et discriminant que l’homme ait inventé, quintessence de l’inégalité femme -homme, le voile dit « islamique » fait débat en France depuis trente ans. Par une obsession sexuelle exacerbée dont la religion n’est que le prétexte régulateur, les islamistes en ont fait leur cheval de Troie politique.

Pourtant, son histoire, sa raison d’être et ses prescripteurs restent méconnus. Que dit réellement le Coran ? Quelles sont ses justifications profanes ? Comment expliquer son expansion ? Comment les islamistes ont-ils réussi à rallier une partie de la gauche et des féministes pour défendre cet accessoire politico-sexiste ?

L’auteur part de situations concrètes, de son vécu et de ses rencontres, pour les rattacher à une histoire mondialisée à travers des analyses historiques, théologiques, féministes et politiques. Son approche originale, pédagogique, enrichie de nombreuses sources inédites, permet de tout comprendre sur le voile et ses enjeux. Des textes coraniques aux discours des islamistes en passant par le relativisme de leurs soutiens, Naëm Bestandji dresse une analyse ciselée et sans concession. Le voile, linceul du féminisme, se révèle dans son essence sexiste, patriarcale et politique.

L’auteur démontre que camper sur le champ de la laïcité hisse le voile en meilleur atout de l’islamisme. En le ramenant sur son véritable terrain, celui de l’inégalité des sexes, il devient son talon d’Achille – pour autant que l’on soit capable de décrypter les contre-vérités et les éléments de langage de ses plus ardents promoteurs.

Les multiples façons de porter le voile

dessin : We can’t catch it anymore… » @Shamsia Hassani

Vouloir empêcher les pressions diverses qui s’exercent sur les femmes pour qu’elles se conforment à une interprétation rigoriste de l’islam en se voilant est une nécessité. Mais cette volonté doit être confrontée à la diversité des situations rencontrées qui rend toute prise de décision complexe. Comme à notre habitude, nous essayons de comprendre pour mieux penser et mieux agir et nous vous proposons un texte éclairant de Lilia Bensedrine-Thabet.

Les errements du Conseil de l’Europe.

Le 28 octobre apparaissait sur les réseaux sociaux (Twitter et Tik Tok en particulier), une campagne signée du Conseil de l’Europe et de l’Union européenne destinée officiellement à lutter contre les discriminations dont les femmes musulmanes voilées font l’objet. Mais à la lecture des messages il apparaît très vite que cette campagne fait également la promotion du port du voile islamique, présenté comme l’expression de la liberté des femmes. On peut lire : « la beauté est dans la diversité comme la liberté est dans le hidjab ». On reste confondu par la proximité de ce discours avec celui des Frères musulmans qui revendiquent comme seule liberté des femmes musulmanes, celle de porter le voile. De fait, la chercheuse Florence Bergeaud-Blackler, dans une tribune très documentée qu’elle publie le 3 novembre dans Le Point, dévoile le nom des associations qui ont apporté leur concours à la division anti discrimination et inclusion du Conseil de l’Europe, lesquelles sont toutes dans la mouvance frériste : Forum of European Muslim Youth and Students (FEMYSO), European Forum of Muslim Women, émanation féminine de l’UOIE.

Alors qu’actuellement nos pays accueillent des femmes afghanes qui ont dû s’exiler pour pouvoir étudier, travailler, vivre librement, est-il imaginable de les accueillir avec ce slogan pour le moins indécent en la circonstance : « la liberté est dans le hidjab » ?

Quel mépris aussi pour toutes ces femmes qui traversent des jours difficiles chez nous comme partout dans le monde parce qu’elles refusent de le porter ! Quelle méconnaissance des pressions qui s’exercent sur elles pour les obliger à se conformer à cette conception rigoriste de la religion !

Plusieurs personnalités politiques se sont élevées contre la promotion du hidjab portée par cette campagne, dont la sénatrice Laurence Rossignol ancienne secrétaire d’État à l’égalité, Manuel Valls ancien premier ministre ou encore le député François-Xavier Bellamy.

Le gouvernement français en la personne de la Secrétaire d’État chargée de la Jeunesse et de l’Engagement, Sarah El Haïry, s’est élevé contre cette campagne qui a finalement été retirée des réseaux sociaux et de la page du Conseil de l’Europe. Il reste que cet épisode révèle trois points importants pour l’avenir de la cohésion de nos sociétés.

  1. Que les lobbies islamistes qui cherchent à isoler les musulmans et à les faire vivre dans l’observance d’un islam rigoriste en surfant sur leur besoin d’affirmation identitaire sont très écoutés aussi bien au Conseil de l’Europe que dans l’Union européenne. Leurs interlocuteurs les prennent à tort pour des représentants de la société civile musulmane (laquelle n’existe pas et n’a donc pas de représentants, surtout en France) alors qu’ils ne sont qu’une minorité d’activistes fort bien organisés.
  2. Qu’un grand nombre de responsables élus ou fonctionnels du Conseil de l’Europe et de l’Union européenne sont incapables de distinguer un discours réellement porteur des valeurs européennes, d’un discours de propagande qui détourne les mots de liberté, d’égalité pour lutter contre ces valeurs.
  3. Qu’ils ignorent la capacité de séduction d’une propagande islamiste très bien orchestrée et partant, sous-estiment totalement le danger de voir un nombre croissant de personnes s’isoler du reste de la société pour rejoindre des communautés enfermées sur elles-mêmes et traumatisées par un discours victimaire soigneusement distillé.

Cependant il reste à relever deux points positifs : d’abord que l’accueil médiatique de cette campagne a été unanimement défavorable ce qui peut faire penser que la vigilance des médias s’est aiguisée avec le temps. Le second point positif est que la vive protestation de la France a abouti au retrait des visuels incriminés qui espérons-le, seront remplacés par d’autres, cette fois authentiquement orientés vers la tolérance et l’acceptation de la diversité, toute la diversité.

Martine Cerf

 

Les Pays-Bas ont reconnu le délit de « captivité conjugale ».

La captivité conjugale se manifeste lorsqu’une femme mariée religieusement, ne peut obtenir la reconnaissance d’un divorce, dont le divorce a été prononcé par un tribunal civil, mais qui reste mariée religieusement, mariage qui ne peut être rompu que par le mari. De nombreuses femmes musulmanes ou d’autres groupes religieux conservateurs peuvent se trouver dans cette situation et sont mises dans l’incapacité de reconstruire une vie équilibrée après une séparation. Leur ex-mari peut continuer d’interférer dans leur quotidien en arguant qu’elles sont toujours mariées à lui. Pire, pour les musulmanes, comme le dit la militante Shirin Musa de Femmes for Freedom (femmes en français, en hommage à la France), dans une interview au Figaro : « si je m’étais remariée civilement et par exemple rendue au Pakistan, j’aurais pu être accusée d’adultère et de bigamie et jetée en prison! ».

C’est à la suite de son action, qu’un tribunal civil a prononcé son divorce religieux, jugeant qu’il s’agissait là d’une violence exercée sur les femmes qui devaient être protégées par la justice. C’est plus tard que le code pénal néerlandais a reconnu la captivité conjugale comme une violence contre les femmes.

Le 10 avril 2021, Shirin Musa publiait une tribune dans le Monde sous forme d’adresse que président de la République : « Nous vous demandons, Monsieur le président, de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour combattre la “captivité conjugale” ». Le gouvernement et le Parlement doivent avancer car il importe de protéger des femmes enfermées contre leur gré dans des pratiques patriarcales, dont elles ne peuvent s’affranchir sans l’aide de la loi.

Martine Cerf

Egale signe une lettre ouverte de la LDIF au président du CIO, à la présidente du CNOSF et au président COJO PARIS 2024

Dessin de Shamsia Hassani

Personne ne pouvait ignorer qu’avec la prise de pouvoir des talibans en Afghanistan le sort des femmes serait celui d’une sous-humanité obligée de se cacher pour survivre.
Personne ne pouvait ignorer que le sort des sportives serait encore pire que celui de toutes les autres catégories sociales.
Selon certaines informations, une jeune volleyeuse de l’équipe nationale junior, Mahjabin Hakimi, aurait été décapitée par les talibans et la chasse aux autres volleyeuses serait ouverte. Lire la lettre

Signez la pétition Avaaz : Solidarité avec les filles afghanes !

Nous vous engageons à signer cette pétition mondiale qui a déjà recueilli plus d’un million de signatures afin d’obliger les talibans à libérer l’éducation des filles. Montrons leur que les citoyens du monde entier réprouvent leurs agissements à l’égard des femmes, jusqu’à ce qu’ils cèdent ! Signer ici

La loi civile prime sur toute règle religieuse !

C’est ce qu’a rappelé le ministre de l’Intérieur, mardi 12 octobre 2021 à Eric de Moulins Beaufort, président de la Conférence des évêques de France : « Je me suis permis de le lui redire, comme je dis à chacun des cultes, qu’il n’y a aucune loi qui soit supérieure aux lois de l’Assemblée nationale et du Sénat et qu’il n’y a aucune loi au-dessus de celles de la République. »

Cette entrevue a clos un incident qui avait ému plus d’une personne en raison du contexte émotionnel déjà provoqué par la publication du rapport Sauvé révélant l’ampleur des crimes pédophiles commis par des prélats et des laïcs proches de l’Eglise en France.

En Belgique, c’est la Cour constitutionnelle qui rendait une décision relative à l’abattage rituel, confirmant la nécessité d’étourdir les animaux avant de les abattre. Cet arrêt confirme qu’il n’y a pas atteinte aux libertés de pensée, de conscience et de religion et que les cultes juif et musulmans se devaient de respecter la loi.  (voir l’article sur le site du Centre d’action laïque)

Ces mises au point de même nature se produisent dans des pays qui ont des organisations bien différentes, puisque l’Etat belge subventionne les principaux cultes ainsi que la laïcité, mais elles montrent la convergences des valeurs que nous partageons.

Martine Cerf

Collectif Laïque National : Hommage à Samuel Paty, serviteur de la République

Il y a un an, le 16 octobre 2020, Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie, a été assassiné d’une manière particulièrement odieuse par un islamiste au motif qu’il avait illustré un cours sur la liberté de pensée et la liberté d’expression par des caricatures extraites du journal satirique Charlie Hebdo, cela à la suite d’une cabale meurtrière orchestrée sur les réseaux sociaux.

Lire la suite

Lettre ouverte à Eric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France

Monsieur l’archevêque,

Vous avez clairement exprimé que le secret de la confession se trouvait au-dessus des lois de la République. Aujourd’hui on voit bien qu’au sein de l’Eglise on cherche à minimiser la portée de vos propos « maladroits ». Pour nous, ce n’est pas une maladresse, mais plutôt un acte manqué révélateur de ce que trop d’hommes d’église pensent sans le dire ouvertement : à savoir qu’ils ne doivent de comptes qu’à leur Dieu dont les règles se situent et les positionnent au-dessus de la loi des hommes. Tout est alors en place pour favoriser les abus de pouvoir, les fidèles n’ayant alors qu’une importance secondaire par rapport à l’institution qu’il faut avant tout protéger.

Et c’est bien ce que votre institution nous a donné à voir : la protection des prêtres déviants sans se préoccuper de soustraire les enfants à leurs agissements. Le silence imposé aux témoins comme aux coupables pour que surtout ça ne se sache pas. La surdité aux propos des quelques victimes qui osaient parler. Le temps si long à reconnaître la souffrance de ceux dont la vie a été ravagée dès l’enfance et à leur venir en aide. Les années de blocage où les simulacres d’enquêtes internes n’aboutissaient à rien…

Maintenant qu’enfin le rapport Sauvé met des mots sur les agissements infâmes et dévoile le nombre des victimes, vous faites encore partie de ceux qui, dans le tréfonds de leur inconscient, se sentent toujours au-dessus de la loi car elle a été pensée et édictée par des hommes et des femmes.

Pourtant la situation devrait vous engager à plus d’humilité. En votre qualité de représentant de l’Eglise en France, vous devez des comptes aux victimes, à leurs familles et à la société. Vous devez laisser passer la justice et l’aider autant qu’il est en votre pouvoir de le faire.

Au lieu de cela, vous proclamez votre supériorité sacerdotale tandis que vos fidèles attendent vainement de vous avoir à leurs côtés, pas au-dessus d’eux. Car que vous le vouliez ou non, la république et la laïcité ont apporté à nos concitoyens catholiques (comme aux autres), la liberté de pensée qui fait que vous ne pourrez plus jamais les traiter comme un troupeau docile et malléable. Et elle a fait de vous un citoyen qui a les mêmes droits et devoirs que les autres, ni plus, ni moins.

Martine Cerf

Création du Réseau Laïque Européen

ÉGALE participe à la création d’un Réseau Laïque Européen afin d’intensifier la défense de la séparation des Églises et de l’État en Europe ainsi que les valeurs de liberté de conscience et d’égalité que ce principe sous-tend. Ce réseau renforcera la représentation du courant de pensée laïque auprès des interlocuteurs institutionnels européens.

Voir le communiqué de presse et le site du Réseau Laïque Européen

Associations et sites amis 

ADLPF – Association des libres penseurs de France 

AFEM – Association des femmes de l’Europe Méridionale 

Brigade des Mères 

Caroline Fourest (le blog) 

Centre départemental d’Étude et d’Éducation permanente 

Chevalier (Le) de la Barre 

Comité interministériel de la laïcité

Comité-Laïcité-République 

Creal 76 

Débats laïques 

Observatoire du décolonialisme et des idéologies identitaires

Éduscol 

CNAFAL Familles Laïques 

Fédération Humaniste Européenne 

Fondation Jean-Jaurès 

Françoise Laborde ancienne sénatrice, Présidente d’EGALE 

Human Rights Watch

Humanists International

Islamoscope TV

L’Aurore Think tank 

La ligue du droit international des femmes 

Laïcité à l’usage des éducateurs 

Laïcité Aujourd’hui  

Laïcité d’accord 

Mezetulle – Catherine Kintzler 

Observatoire de la laïcité du Val d’Oise 

Observatoire des religions et de la laïcité (CIERL-ULB) 

Observatoire du décolonialisme

Patronage laïque Jules Vallès 

Réseau Européen Eglises et Libertés

Réseau Laïque européen

Sisyphe : un regard féministe sur le monde (Canada) 

UFAL – Union des Familles laïques 

Vigilance Universités

Vigilance Collège Lycée

 

 

EGALE a participé au forum des associations du 15e arrondissement de Paris

Le 11 septembre EGALE se présentait au habitants du 15e arrondissement. Plusieurs personnes intéressées par nos activités se sont inscrites sur notre liste de diffusion. Deux jeunes collégiens ont bien rempli le quizz des collèges sur la laïcité et ont pu gagner une visite du Sénat qui sera organisée dans les jours prochains.

Nous avons également pu accueillir sur notre stand Madame Olivia Grégoire, secrétaire d’Etat chargée de l’économie sociale, solidaire et responsable.

Un moment riche d’échanges donc, que nous renouvellerons l’année prochaine !

 

Le ministère de l’Education nationale renforce la pédagogie de la laïcité

Image par <a href="https://pixabay.com/fr/users/openclipart-vectors-30363/?utm_source=link-attribution&amp;utm_medium=referral&amp;utm_campaign=image&amp;utm_content=160168">OpenClipart-Vectors</a> de <a href="https://pixabay.com/fr/?utm_source=link-attribution&amp;utm_medium=referral&amp;utm_campaign=image&amp;utm_content=160168">Pixabay</a>

Plusieurs mesures ont été mises en place à cette rentrée 2021: le conseil des sages a publié la quatrième édition du vademecum de la laïcité, un recueil de fiches pratiques sur l’application de laïcité à l’école. Afin de soutenir la pédagogie de la laïcité, un guide : l’idée républicaine  comprenant un recueil de textes sur l’idée républicaine a été mis à disposition des enseignants, ainsi qu’une somme pédagogique, la république à l’école en soutien aux enseignants de toutes les matières, au-delà du simple enseignement moral et civique existant depuis 2013.

Enfin 1000 nouveaux formateurs ont été annoncés, pour renforcer les équipes académiques existantes et assurer la formation de tous les personnels de l’Education nationale. Ces mesures, pour volontaires qu’elles soient, demanderont cependant à être évaluées afin de vérifier leur efficacité effective.

Pour consulter le détail des mesures et documents mis en place, consulter le site Eduscol

M. C

Guides et chartes de la laïcité

Des entreprises publiques ou privées, des syndicats professionnels, des organisations diverses ont publié des chartes, vade-mecum, guides et bonnes pratiques de la laïcité et de la neutralité afin de faciliter leur application ou tout simplement favoriser leur bon fonctionnement interne. L’observatoire de la laïcité a également publié des guides spécialisés. Vous pouvez les télécharger dans cette rubrique en cliquant sur le document qui vous intéresse.

SERVICES PUBLICS OU ENTITÉS EN DÉLÉGATION DE SERVICE PUBLIC

ENTREPRISES PRIVEES

 

Communiqué du Collectif Laïque National sur l’Afghanistan

L’imposition en Afghanistan de la charia à la place des lois civiles signe le retour d’une théocratie fondée sur la négation des libertés fondamentales au premier chef desquelles la liberté de conscience.
Au coeur de ce système, un véritable apartheid sexuel de relégation et de déshumanisation des femmes. Lire le communiqué

Nos instances

1 – LES MEMBRES DU BUREAU

 

Présidente : Françoise LABORDE, ancienne sénatrice de Haute Garonne

Prix national de la Laïcité 2012, décerné par le Comité Laïcité République pour son action en tant que parlementaire-pour la proposition de loi dont l’objet est d’apporter une réponse législative au problème complexe auquel était confronté l’équipe de la crèche Baby Loup, celui d’un vide juridique au niveau national concernant la définition des conditions de garde des enfants les plus jeunes. Comment transcrire dans le droit les solutions aux problématiques d’intérêt général qui se posent sur le terrain.

A reçu le Prix national de la Laïcité 2012 

 

 

Vice-Président : Stéphane ARTANO, Sénateur de Saint-Pierre-et-Miquelon

Membre de la commission des affaires sociales et Président de la délégation sénatoriale aux outre-mer

 

 

 

 

 

Vice-Président : Bernard FERRAND

Vice président de l’agglomération de Rodez chargé de l’enseignement supérieur, ancien membre du conseil économique et social, ancien conseiller régional de Midi-Pyrénées, universitaire.

«À l’heure où la laïcité est en France mise en danger par des faiseurs d’opinion sans scrupule ; à l’heure où la coexistence pacifique entre les composantes nationales, européennes et internationales se fragilisent, il est urgent d’avoir un lieu de dialogue et de propositions consacré aux enjeux de la laïcité.

Tant d’un point de vue professionnel – j’ai été chargé de mission Laïcité de l’Université d’Évry- que dans mes engagements associatifs, j’ai toujours agi pour faciliter le vivre ensemble et l’intégration dans une communauté nationale unifiée. ÉGALE donne à ceux qui y adhérent une occasion supplémentaire de renforcer son idéal laïque.»

 

Secrétaire Générale : Martine CERF     secretairegene@egale.eu

Co directrice du Dictionnaire de la laïcité (Armand Colin, 2011, réédition 2016). Co auteur de Ma liberté, c’est la laïcité, (Armand Colin, Nouvelle édition octobre 2015)
«Après des études de mathématiques, j’ai travaillé dans le monde du marketing et des médias où j’ai occupé des fonctions de direction d’équipe et de direction générale, en France et en Belgique.

Au cours d’une deuxième carrière entamée vers la quarantaine, j’ai créé une société de formation, après une formation complémentaire à la négociation aux États-Unis.

C’est assez tard que j’ai pris conscience que la laïcité que je croyais définitivement établie n’était pas encore consolidée en France. Lorsque vers les années 2000, j’ai réalisé ce que cela impliquait de menaces sur nos libertés, j’ai participé avec Gérard Delfau et les autres fondateurs à la création d’ÉGALE.

Ce combat pour la laïcité et l’égalité, je le mène pour que jamais personne ne puisse imposer à l’un de mes enfants et à ceux de leur génération ce qu’ils doivent croire et comment ils doivent penser.

 

Secrétaire Général Adjoint : Jean-Claude BOUAL

«Ingénieur des Travaux publics de l’État en retraite. Ancien secrétaire général de la Fédération CGT de l’Équipement et de l’Environnement CGT de 1975 à1991. Membre de la Commission exécutive de la CGT de 1978 à 1992.

Chargé de mission sur les services publics de l’Europe et l’Europe sociale au ministère de l’Équipement, puis de l’Écologie de 1991 à 2010.
Spécialiste des services publics en Europe et des institutions européennes.
Pourquoi la laïcité ?
C’est mon activité professionnelle, les négociations en 1999/2000 sur les directives de « non-discrimination », ainsi que les débats et les travaux des deux Conventions qui ont élaboré l’une la Charte des droits fondamentaux de l’UE et l’autre le projet de Traité constitutionnel, qui ont attiré mon attention sur les questions de laïcité en Europe comme principe de non discrimination et de vivre ensemble.»

 

Trésorier : Gérard MEYDIOT      tresorier@egale.eu

Retraité de l’Aviation civile, ancien syndicaliste et très impliqué dans le monde associatif (culture, sport, loisirs), conseiller municipal d’une ville d’environ 5000 habitants pendant près de 30 ans, j’ai mesuré souvent les défauts d’application de la laïcité chez les élus des petites communes. Non par provocation ou volonté délibérée, mais très souvent par méconnaissance.

Soutenir le combat d’ÉGALE me parait une évidence, d’autant plus dans le contexte actuel.

 

 

Responsable de la gestion numérique : Anne SALZER

Avocate et engagée, j’ai milité 12 années au sein d’une association antiraciste dont j’ai été la secrétaire générale. L’affaire Baby-Loup a été déterminante pour comprendre tant sur un plan juridique que sur un plan sociétal l’avenir de notre laïcité en France et en Europe à l’aune de textes et jurisprudences diverses.

J’ai participé à différents travaux scientifiques avec des universitaires et des chercheurs sur ce thème ainsi qu’au sein d’organismes politiques et professionnels (notamment RH) pour plaider et former sur la laïcité française au sens de la loi de 1905 et ses normes consécutives.

 

 

2 – LES ADMINISTRATEURS

 

Délégué à l’Outre-Mer : Michel FOUILLET

Administrateur civil hors classe honoraire, j’ai exercé dans divers domaines : douaniers, financiers, ressources humaines, anciens combattants, simplification administrative en métropole et outre-mer. Militant syndical, je suis également engagé au Parti Socialiste au sein duquel je milite tout particulièrement pour la promotion de la laïcité. Très tôt, dans ma prime jeunesse, à Narbonne, j’ai pris conscience de la laïcité par le biais de la confrontation entre le patronage laïque et le patronage catholique. Bien plus tard, tout au début de ma carrière professionnelle, alors que je prêtais serment comme douanier au tribunal de grande instance de Metz, j’ai été véritablement choqué par la présence d’un crucifix derrière le magistrat auquel je m’adressais. C’est ainsi que j’ai pris connaissance du régime particulier des cultes d’Alsace et de Moselle.

Dans les années 70, à la Guadeloupe, je défendais mon administration au tribunal. La justice y était rendue « au nom du peuple français » alors qu’un crucifix trônait dans le prétoire de manière ostentatoire, pour ne pas dire attentatoire à la République pourtant constitutionnellement laïque. Certes, ce signe distinctif d’une religion a désormais disparu de ces lieux de justice, mais ces deux épisodes m’ont fait prendre conscience que la laïcité ne va pas de soi. Aux niveaux international, national et local, la laïcité est toujours en danger. Ce bien si précieux, nous devons le faire vivre, le défendre et le promouvoir.

L’association ÉGALE, en ce domaine, éveille les consciences et participe à cette promotion de ce trésor que constitue la laïcité.

 

Délégué aux collectivités territoriales : Michel SEELIG

«Ma formation d’historien m’a presque naturellement conduit à la politique, avec des mandats départements et nationaux et des fonctions électives locales. J’ai eu la chance par ailleurs de connaître plusieurs « vies professionnelles » intellectuellement enrichissantes : consultant, cadre supérieur, chef d’entreprise… Je viens de quitter ma dernière activité salariée (directeur des relations institutionnelles d’un grand groupe de services aux collectivités) …

J’ai également un lien privilégié avec l’enseignement et la recherche. Longtemps enseignant associé à l’Université, je suis actuellement Président de l’Institut Universitaire de Technologie de Metz. J’ai très tôt milité dans les grandes « Ligues républicaines » (Ligue de l’Enseignement et LDH) et présidé le Cercle Condorcet de Moselle (qui se nomme Cercle Jean Macé)

Né en Moselle, je réside toujours à Metz, j’ai été très tôt confronté au régime dérogatoire des cultes dans les départements Rhin et de la Moselle. Le retour au 1er plan de l’actualité de ce dossier du Concordat et du régime confessionnel de l’école publique m’a conduit à adhérer à ÉGALE et à y accepter une responsabilité.»

 

Conseiller de la Présidente pour les Affaires européennes : Alain VIVIEN

Député de Seine-et-Marne (1973-1991), Secrétaire d’État aux Affaires étrangères (1991-1992), conseiller d’État en service extraordinaire (1993-1997).

La laïcité est à mes yeux un des piliers de toute démocratie réelle. Elle a un caractère universel. Qu’elle soit reconnue constitutionnellement ne la rend pas moins nécessaire à l’ensemble des États adhérents à la Déclaration universelle des droits de l’homme, et plus particulièrement encore à ceux qui participent à l’Union Européenne et à ses institutions.

 

Déléguée aux Affaires européennes : Mireille RAUNET

Française de l’étranger pour avoir vécu plus de 30 ans en Afrique (Nord, Ouest, Centre, Est), Conseiller honoraire de l’Assemblée des Français de l’étranger et co-auteur avec Alain Vivien du QSJ « Les Français de l’étranger ». (2007). Membre du Conseil Économique et Social et environnemental (en 2001, 2007) et rapporteure d’une étude sur l’exode des compétences des africains francophones vers la France et le co-développement. Expert auprès de l’OCDE en matière de migrations internationales. Auditeur de l’IHEDN (Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale) (2003/2004), j’appartiens aujourd’hui au Comité Afrique de l’IHEDN

Je me suis engagée dans la Commission Europe pour participer avec une équipe à la défense et au respect de l’Article 17 du Traité de fonctionnement de l’UE. J’aime l’action d’ÉGALE dans la dénonciation neutre et sans apriori de toutes les formes de non-respect de la laïcité.

 

Marc HORWITZ

Journaliste depuis une cinquantaine d’année, spécialiste de santé publique, j’ai eu l’occasion d’aborder la problématique « laïcité » à de nombreuses reprises au cours de vie professionnelle. Ce fut notamment le cas quand j’ai abordé les problèmes du traitement de la douleur et de la fin de vie dans la série de 4 émissions « Voyage au bout de vie » diffusée sur TF1 en octobre 1986. J’ai également été un défenseur de la laïcité au sein du PRG (parti radical de gauche), puis du mouvement « Les Radicaux de gauche ».

Membre fondateur d’ÉGALE, je suis avec Gérard Delfau et Martine Cerf à l’origine de l’idée du « Dictionnaire de la laïcité » dont les deux éditions ont été publiées chez Armand Colin.

 

Françoise LE MER, coordinatrice d’ÉGALE en Ille et Villaine

Professeure puis Proviseure adjointe de l’enseignement public en Bretagne, ma région a su longtemps préserver un certain équilibre entre religion et respect des valeurs républicaines. Aujourd’hui cet équilibre est mis à mal et la laïcité attaquée frontalement ou par le biais « d’accommodements dits raisonnables ».

Mon engagement à ÉGALE est pour moi une évidence .

ÉGALE fait partie du Comité Laïcité 35, collectif d’associations, qui explique, défend la laïcité dans les quartiers, l’espace public, l’école, l’université et en dénonce toutes les atteintes.

 

Yves LE BIHAN

«Les années de vie professionnelle en Europe et en Moyen-Orient m’ont donné la certitude que nous avions un trésor qu’il ne fallait pas perdre».

Mon mandat de conseiller municipal m’a fait voir que la laïcité pour un certain nombre n’était pas une évidence. Combien nous envient la Loi de 1905 et plus récemment la loi du 15 mars 2004 sur les signes religieux dans les écoles publiques.

Consacrer de l’énergie à ce qu’elles soient vivantes, universelles est une évidence. ÉGALE me donne la possibilité de mettre mes connaissances à la concrétisation, à l’élaboration et à la diffusion de nos principes.»

 

José LUDGER

Professeur de Lettres Modernes, Directeur du Greta du Moule puis de la Grande Terre, Directeur des Affaires culturelles de la Ville de Baie Mahault.
Activité syndicale : S/G adjoint de la FSU
Activité politique : Secrétaire Fédéral aux Valeurs de la République et à la laïcité du PS Guadeloupe, Secrétaire de la Section socialiste du Moule.
Fonction politique : Conseiller municipal  du Moule, Conseiller Communautaire de la communauté Nord Grande-Terre (CNGT), Président du Comité de Jumelage de la Ville du Moule.
Fonctionnaire Retraité du Ministère de l’Éducation Nationale, Président Fondateur de la Fédération régionale Léo Lagrange Guadeloupe.

 

3 –  Les Coordinateurs d’ÉGALE en Région.

Bretagne :

29- Pierre Bleuzen

35- Françoise Le Mer

56- Yves Le Bihan, Anne Gourvenec

 

Grand Est :

57- : Michel Seelig

 

Guadeloupe :

971- : José Ludger

Danièle Devillers

 

Île de France :

75- : Alain Azouvi – Jean-Claude Boual – Michel Fouillet

91- : Pascal Hocante – Gérard Meydiot

92- : Martine Cerf

 

Martinique :

972- : Arlette Montalin

 

Nouvelle Aquitaine :

17- : Jean-Pierre Catala

 

Occitanie :

11- : Laurent Adam

12- : Bernard Ferrand

31- : Françoise Laborde

 

Pays de La Loire :

18- : Ali Nemiche

 

Provence-Alpes-Côte d’Azur :

84- : Jean-Pierre Fraysse

 

Réunion

Aurore Lagardère

 

Saint Pierre et Miquelon

Stéphane Artano

 

Pour les contacter : infoegale@gmail.com

EGALE était présente au forum des associations de Blagnac

Le dimanche 5 septembre 2020, EGALE participait au forum des associations de Blagnac, au parc des Ramiers, avec un stand animé par la présidente et ancienne sénatrice, Françoise Laborde. L’association allait ainsi au devant des citoyens afin de dialoguer avec eux.

Photo : Joseph Carles , maire de Blagnac et Françoise Laborde

Nous sommes solidaires des Afghans qui réclament liberté, égalité et démocratie !

Il faut sauver les militants et militantes afghans des droits humains sur lesquels, il n’en faut pas douter, les représailles des Talibans vont s’abattre tôt ou tard.

De nombreux témoignages nous parviennent sur les visites que les Talibans ont faites au domicile de certains d’entre eux. On les connaît, on les recherche et quand tous les occidentaux auront plié bagage, les nouveaux maîtres du pays sauront les pourchasser, les emprisonner ou les tuer en toute impunité. Ils sont nombreux à demander déjà l’asile politique dans nos États libres et il faut le leur accorder. C’est déjà tout à l’honneur de notre pays de mettre en sécurité ceux qui ont travaillé pour nous ou pour des ONG occidentales, mais il ne faut pas oublier ces hommes et ces femmes courageux qui réclament liberté, égalité et démocratie. Aux yeux des Talibans, ce sont des crimes qu’il faut punir et malgré leurs affirmations contraires, c’est de toute évidence ce qu’ils feront.

N’oublions pas que sous leur règne précédent, les femmes n’avaient pas le droit de s’instruire, de se soigner, de sortir de chez elle sans burqa et sans un chaperon homme. C’est ainsi que ces fanatiques lisent la charia qu’ils veulent imposer à tous et il n’y a aucune raison de penser qu’ils ont changé sur cela.

En notre qualité d’association laïque, nous manifestons notre solidarité avec tous ceux et celles qui vont tomber sous le joug du fanatisme. Tous ceux qui vont se voir imposer une façon unique de penser, de croire, de se comporter, de s’habiller, sous peine de prison ou pire.

Martine Cerf

A propos des 17 Décisions du Comité interministériel de la laïcité.

Dix-sept Décisions ont été publiées à la suite de la première réunion du Comité interministériel de la laïcité (CIL), le 15 juillet 2021. Ces décisions sont axées principalement sur le respect de la laïcité par les services publics, en insistant sur la mise en œuvre de la formation nécessaire des différents acteurs, comme du suivi des actions menées. Si ces actions recoupent des recommandations que nous avons souvent faites en matière de respect des textes juridiques et réglementaires et de formation, le document lui-même appelle quelques observations préalables.

Il s’agit d’un texte de nature gouvernementale, sans référence directe ou implicite aux propositions assurées par ceux qui ont accepté de dialoguer dans le cadre de des États généraux de la laïcité. On ignore combien de ces recommandations ont été prises en compte et lesquelles. Ces décisions en second lieu n’engagent que le gouvernement tel qu’il fonctionne en juillet 2021. Qu’en restera-t-il dans moins d’un an, avec les échéances électorales que nous connaissons ?

D’autre part quels seront réellement les moyens déployés pour la mise en œuvre des décisions annoncées ? Tant sur le plan des engagements humains (les futurs acteurs), qu’en termes d’engagements financiers ? S’ils ne sont pas clairement inscrits dans la prochaine loi de finances, budget ministériel par budget ministériel, le risque est grand de voir les meilleures intentions tourner en usines à gaz ou rester lettre morte. Ne perdons pas en mémoire que parmi les membres du gouvernement, et non les moindres, certains ne s’intéressent à la laïcité que dans la mesure où ils l’entendent comme un moyen de contenir l’islam. S’il s’agissait de résorber les privilèges des représentants de leurs propres convictions, on sait bien qu’ils détourneraient pudiquement les yeux.

Autre question, et ce n’est pas la moindre, car nous en avons déjà eu l’expérience dans la lutte contre les extrémismes : les personnels chargés dans les différents départements, sous l’autorité des préfets, ont souvent déjà lâché prise en matière de laïcité. Comment peut-on être certain aujourd’hui de disposer d’assez de personnel qualifié et assez volontariste pour promouvoir la laïcité au-delà de leurs convictions personnelles ? Nous ne sommes plus au début de la IIIe République, quand les gouvernements radicaux et socialistes pouvaient compter sur des hussards noirs aguerris dans la lutte contre les extrémismes convictionnels. Au plan des collectivités locales, la question se pose avec plus encore d’acuité. Le gouvernement dispose-t-il d’assez de préfets sérieusement motivés pour faire appliquer partout ces 17 décisions, quand on connait la volonté souvent peu dissimulée de certaines municipalités de subventionner l’enseignement privé commercial ou religieux au détriment de l’école publique ?

On peut conclure à ce stade que si les intentions paraissent intéressantes à la lecture du document, il faudra attendre quelques années avant de savoir si elles arrivent à passer dans les faits.

Alain Vivien

Interdire le voile au travail n’est pas discriminatoire, selon la Cour de justice de l’UE.

La Cour de Justice de l’Union européenne, dans un communiqué, précise que l’interdiction du port du voile islamique (et des autres signes religieux) dans l’entreprise n’est pas discriminatoire. La Cour, basée à Luxembourg avait été saisie par deux femmes musulmanes vivant en Allemagne, une employée d’une pharmacie, l’autre comme éducatrice spécialisée à qui leur employeur avait demandé de retirer leur voile pour respecter la neutralité de l’entreprise.

La Cour a donc statué que cette mesure n’ait pas discriminatoire, mais que l’employeur devait cependant prouver qu’il s’agit d’un « besoin réel » et que sans cette interdiction, la neutralité de l’entreprise serait remise en cause.

Communiqué de presse du CJUE

Je suis le prix de votre liberté

Mila nous livre un témoignage poignant (interview video début à 51mn 55s), on s’en doutait, et nous ne cesserons de répéter qu’il faut la soutenir par tous les moyens possibles. Elle nous donne à lire une analyse très pertinente des modes de fonctionnement des jeunes de sa génération dans leur utilisation quasi exclusive et même addictive des réseaux sociaux. Ce livre peut aider plus d’un pédagogue à réfléchir sur la façon de faire passer auprès d’élèves réfractaires des notions essentielles pour l’avenir de notre société comme la liberté de conscience, la liberté de pensée et d’expression, le refus de la manipulation, de l’ignorance, de la haine de l’autre et du harcèlement d’un autre désigné comme bouc émissaire, l’identification des théories fantaisistes ou des fake news… A lire de toute urgence. Merci à Mila de l’avoir écrit. Martine Cerf.

 

Non à l’abandon de Mila!

EGALE a signé le Communiqué du Collectif Contre le Terrorisme pour soutenir Mila. Il est inconcevable qu’elle puisse rester seule dans une épreuve qui nous concerne tous, car il s’agit de vouloir faire taire par la terreur, toute parole critique de l’islam. La liberté d’expression, dans le cadre de la loi, ne saurait être négociable et la justice doit poursuivre et punir ceux qui se permettent de proférer des menaces de mort chaque fois qu’une parole leur déplaît.

La refonte de la formation des enseignants à la laïcité est en vue

Jean-Pierre Obin a remis ce lundi 14 juin 2021, au ministre de l’Education nationale  son rapport sur la formation des enseignants et des personnels de l’Education nationale à la laïcité. Après avoir rappelé les nombreuses dérives qui ont conduit à une situation d’ignorance quasi générale de ce qu’est la laïcité, Jean-Pierre Obin formule des recommandations très précises sur les mesures à mettre en place.

Le ministre a annoncé dans un communiqué de presse que la plupart des mesures préconisées seraient mises en œuvre dès la rentrée 2021 et déployées sur 4 ans. Mille formateurs dûment formés seront chargés de diffuser des contenus homogènes qui écartent toutes les dérives idéologiques qui ont pollué l’enseignement de la laïcité ces dernières années. Voir l’interview de Jean-Pierre Obin sur RMC.

 

Nous participons aux grands débats.Le club des recalés en réaction… EGALE en action.

A propos de l’annonce de la création de la vigie de la laïcité par  Bernard Ferrand

Sans aller au-delà, le titre de l’organisme  porte à sourire : une vigie est une personne seule qui en dépit d’un pouvoir d’alerte puissant ne répond pas aux nécessités d’un collectif consubstantiel du principe de laïcité. Cette vigie de la laïcité portera simplement sur ses frêles épaules « la veille, la formation et l’information ». Diantre ! La veille et l’information, pourquoi pas la liberté d’opinion a des exigences  en République !

Mais en tant que centre de formation, on devine que l’organisme futur se lèche déjà les babines des opportunités législatives et règlementaires qui vont bientôt se faire jour (besoins de formations à la laïcité dans tous les étages de la République)…On est jamais trop prévoyant dans cette perspective, bien que la concurrence sur ce secteur sera féroce ! On peut espérer que le travail accompli au sein de l’Observatoire de la laïcité ne soit pas approprié de façon privilégiée par ceux qui ont eu l’honneur de diriger cette structure. A voir.

De surcroit la Vigie et notamment MM Bianco et Cadène  estiment que, à l’heure actuelle « diverses relectures, en rompant son équilibre savamment dosé […] menacent le consensus national nécessaire autour de la laïcité ». Lire la suite

La Commission européenne doit défendre la liberté de conscience et pas seulement « la liberté de religion et de croyance »

Le Collectif laïque national publie un communiqué à l’occasion de la nomination par la Commission européenne  de Christos Stylianides, envoyé spécial pour la défense de « la liberté de religion et de croyance ».

EGALE fait suivre ce communiqué pour information au destinataire, M. Schinas, vice président de la Commission européenne, ainsi qu’aux députés français au Parlement européen, ainsi qu’à un certains nombre de décideurs. Lire le communiqué.

Un comité interministériel de la laïcité remplace l’Observatoire de la laïcité.

Par un décret du 4 juin 2021 rentrant en vigueur le 5 juin, le gouvernement crée ce comité et confirme la dissolution de l’observatoire de la laïcité. Il « comprend le ministre des affaires étrangères, le ministre chargé de l’éducation nationale, le ministre chargé de la jeunesse, le ministre chargé des sports, le ministre des armées, le ministre de l’intérieur, le ministre chargé du travail, le ministre chargé des outre-mer, le ministre chargé des collectivités territoriales, le ministre chargé de la ville, le ministre de la justice, le ministre chargé des solidarités et de la santé, le ministre chargé de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, le ministre chargé de la fonction publique, le ministre chargé de l’égalité entre les femmes et les hommes, de la diversité et de l’égalité des chances et le ministre chargé de la citoyenneté. Le Premier ministre peut inviter d’autres membres du Gouvernement à participer aux travaux du comité. »

Ses missions sont définies à l’article 2 :

« Le comité coordonne et assure le suivi de la mise en œuvre de l’action du Gouvernement aux fins d’assurer la promotion et le respect du principe de laïcité au sein des administrations de l’Etat, des collectivités territoriales ainsi que des autres personnes de droit public ou de droit privé chargées d’une mission de service public.

A ce titre, il assure la diffusion auprès de ces dernières des règles relatives au principe de laïcité et veille à la cohérence de leur mise en œuvre.

Il concourt à la définition des exigences de formation auxquelles doit satisfaire tout agent public en la matière.

Il détermine le cadre de l’action des référents laïcité des administrations de l’Etat.

Il veille à la bonne information des usagers du service public sur les droits et devoirs découlant pour eux du principe de laïcité. »

La mise en œuvre de ce décret est confiée au Ministre de l’Intérieur et à la ministre déléguée auprès du ministre de l’intérieur, chargée de la citoyenneté.

Et toujours ce FICHU VOILE !

Nouvel argumentaire laïque, féministe et antiraciste

par NADIA GEERTS

RÉSUMÉ

Lorsque j’ai publié Fichu voile en 2011, c’était parce qu’après le terrain scolaire, c’était sur celui de la fonction publique, mais aussi celui du parlement, que se jouait désormais la question du voile. Et la loi d’interdiction du voile intégral était alors en gestation. Dix ans plus tard, les mêmes questions restent en suspens, mais d’autres s’y sont ajoutées : le voilement des fillettes se répand, les tenues de sport à connotation religieuse se multiplient, et l’idée selon laquelle interdire le voile serait une discrimination se banalise, comme en témoigne l’autorisation récente du port du voile dans les Hautes Écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Parallèlement, tout critique du voile semble devenir de plus en plus difficile, voire dangereuse à formuler. La banalisation de celui-ci est à l’Å“uvre, alors même que se radicalisent les discours et les actes de ceux qui le défendent. Et cette banalisation se fait au prix des principes universalistes.

Rencontre avec…Nadia Geerts

Nadia Geerts n’est pas une militante comme les autres. Ses combats ont un large spectre. Celui pour la laïcité est plus que jamais d’actualité. Aussi ne peut-on pas s’étonner, tout au contraire, que son dernier ouvrage, préfacé par Caroline Fourest, se veuille un « nouvel argumentaire laïque féministe et antiraciste ». Il sort en librairie le 9 juin 2021.

Rencontre en trois questions autour de ce « Fichu voile » qui n’est somme toute que la partie émergée d’un débat qui, dans notre société, va largement au-delà. Lire la suite.

Cachez cet Islamisme

En juillet dernier, la Cour constitutionnelle rendait son arrêt concernant le droit, pour une Haute Ecole de l’enseignement supérieur, d’interdire les…

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ÉGALE s’est exprimée sur les notions d’intégration et d’inclusion

La Commission européenne organisait ce mercredi 5 mai 2021, une visioconférence sur le thème de l’immigration et de l’intégration et de l’inclusion. Mireille Raunet représentait notre association et a pris la parole pour défendre l’intégration qui rapproche les personnes au détriment de l’inclusion qui représente ce qu’on peut faire pour ne pas exclure lorsque l’intégration a échoué. Encore une fois, l’association a été amenée à montrer que les mots ont du sens et qu’on ne peut sans dégâts, modifier la dénomination des actions à entreprendre.  Lire l’intervention de Mireille Raunet.

Participez à la conférence citoyenne sur l’Europe !

La Commission européenne a lancé une Conférence citoyenne sur l’Avenir de l’Europe. Se voulant une démarche de démocratie participative, celle-ci se déroule au travers d’une plateforme en ligne : futureu.europa.eu. Lancée depuis le 19 avril, elle permet de s’informer, de débattre, de faire des propositions ou de soutenir des propositions faites par d’autres. ÉGALE vous engage à faire entendre votre voix en participant.

Vous pouvez aussi avoir plus d’informations sur l’utilisation de la plateforme citoyenne en allant voir la page d’explications du site de Toutel’Europe.

Oui aux États généraux de la laïcité

Dans l’air du temps, nombreux sont les candides en France, individus ou groupements, qui veulent accaparer la laïcité voire la détourner au profit d’un clan ou, pire encore, la détruire.

Cet ensemble de phénomènes est dangereux et doit être analysé selon deux perspectives :

Pour les uns la laïcité est référente considérée comme un trésor sur lequel on tente implicitement de faire main basse dans le but non avoué de s’en approprier l’usufruit, une conception bien infantile d’un détournement de principe !

Pour les autres, minoritaires actifs et visibles, elle est perçue comme un  repoussoir  illustrée par des évènements qui ont un retentissement médiatique national voire international. Pour  ces mouvements et personnes elle doit être abolie, détruite, piétinée pour déconstruire in fine l’esprit et la lettre de la République !

Pour mettre un peu de clarté dans des débats sociétaux de plus en plus confus sur le contenu de la laïcité dans notre pays la ministre déléguée chargée de la Citoyenneté Marlène Schiappa a lancé ce mardi 20 avril et pour trois mois les États généraux de la laïcité.

Sur le plan politique les premières réactions comme celle de l’écologiste David Belliard, adjoint EELV aux Transports de Paris sur Sud Radio sont vides de sens lorsqu’il dénonce une « une mascarade, une fumisterie, de l’enfumage ». Les États généraux de la la laïcité, poursuit-il subtilement, ressemblent « plutôt à une assemblée générale du Rassemblement national », tout en reprochant au gouvernement d’avoir déjà tranché ce débat avec la loi séparatisme. Rappelons  pour clore ce type d’ineptie que « tout ce qui est excessif est insignifiant ».

Le plus grave n’est pas dans les propos de ce tribun d’opérette : quasi simultanément  un communiqué signé mercredi 21 avril  par de grands réseaux et des fédérations d’éducation populaire dont notamment la Ligue de l’enseignement et les PEP donnait leur position sous le titre « États généraux de la laïcité: pourquoi maintenant et pour quoi faire ? »

Formule d’attaque : un peu d’eau tiède qui engendre l’adhésion immédiate : « La laïcité doit nous rassembler. C’est l’esprit des grandes lois laïques qui garantissent à la fois l’égalité entre tous les  citoyens et nos libertés fondamentales » ; puis viennent les plats de résistances et embrouillaminis :

Prenons quelques exemples :

Le communiqué regrette que le débat public proposé par la ministre Schiappa n’ait pas eu lieu avant le dépôt du projet de loi devant le Parlement alors que ce texte confortant le respect des principes de la République est actuellement en navette parlementaire et doit être adopté définitivement par le Parlement avant l’été ?

Mais de qui se moque-t-on alors que tout le tissu associatif est sensibilisé aux enjeux laïques depuis que le projet sur le respect des principes de la République a été adopté le 9 décembre 2020 en Conseil des ministres ? … Réveille-toi o toi qui dors psalmodie un cantique !

L’accusation porte sur le manque de transparence et le manque de « volonté de rassembler ».

Pour apporter sa pierre à l’édifice il convient de l’avoir préalablement polie : si les fédérations d’associations sont en aptitude d’élaborer du jour au lendemain un communiqué après l’annonce des États généraux elles doivent être aussi diligentes, pour être positives et rassembleuses pendant les trois mois de débat ouverts avec des propositions concrètes qui s’inscriront dans les suites réglementaires du texte législatif attendu.

En effet une loi n’est qu’une étape dans l’élaboration des règles légales. Les décrets et arrêtés poursuivent la construction de la politique gouvernementale recherchée et à ce titre il est lunaire de constater qu’une partie du tissu associatif se met en retrait de la discussion ouverte solennellement par un membre du Gouvernement.

On peut imaginer que si les fédérations refusent de participer au débat public c’est par impréparation et dans ce cas ce retard serait franchement dommageable pour le bon fonctionnement de la société française. A ce sujet, il serait intéressant de connaitre dès à présent les propositions émanant de débats internes aux Fédérations d’associations qui ont certainement consulté leur base avant de signer leur communiqué national !

En tout état de cause il n’est jamais bon de s’extraire d’un débat surtout quand les activités dont on a la charge sont au cœur des préoccupations abordées.

Les grandes associations concernées n’auraient-elles pas perdu dans le refus de participer aux États généraux la vertu cardinale de l’olympisme qui se résume dans l’adage : l’essentiel est de participer ?

Pour notre part ÉGALE investie dans la réflexion et la pédagogie de la laïcité, le principe d’égalité et leurs implications en Europe, est prête à relever le défi de ces États généraux.

J’ai connu une époque pas si lointaine où la laïcité était considérée comme acquise, notamment dans la gauche associative, certitude qui a certainement contribué à la perte de repères des forces progressistes et aux conséquences douloureuses à gérer aujourd’hui.

En un mot, en ce moment, l’union autour du principe de laïcité est essentielle pour rehausser la République. Mesdames et Messieurs les institutionnels de l’associatif, ignorez les agendas politiciens pour reprendre votre place légitime autour de la table.

Bernard FERRAND, Vice-Président EGALE

 

ÉGALE engage à signer la lettre ouverte adressée au Président du Conseil européen

Il faut rappeler que lors de la rencontre à Ankara entre le président Erdogan, Charles Michels, président du Conseil européen et Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, le dirigeant turc avait prévu deux sièges au lieu des trois nécessaire pour que ses hôtes puissent s’asseoir auprès de lui. Non seulement, il manquait un siège, mais ignorant ce fait, Charles Michels a tranquillement occupé l’autre sans se préoccuper de l’humiliation infligée à Ursula von der Leyen qui restait debout et a fini par s’asseoir à l’écart dans un sofa.

Cette humiliation calculée par Erdogan, n’aurait jamais du rencontrer l’appui tacite de Charles Michels. Au travers de son silence, c’est l’UE qui a été humiliée, et toutes les femmes européennes avec elle. Cela se comprend encore mieux, quand on sait que Erdogan, farouche adversaire de l’égalité entre les hommes et les femmes vient de se désolidariser de la Convention d’Istanbul destinée à prévenir les violences faites aux femmes.

Il faut saluer la réaction de Clément Beaune, secrétaire d’État aux Affaires européennes, qui a déclaré que «l’affront» fait Ursula von der Leyen était un acte «délibéré», un «piège» et un «affront qu’on corrigera».

Nous avons invité à signer la lettre ouverte de protestation initiée par la fondation Millenia 2025. Celle-ci a obtenu 9 500 signatures en quelques jours.

Martine Cerf

Enseigner le fait religieux à l’école : une erreur politique?

Résumé

Depuis 2005, le « fait religieux » est enseigné à l’école publique. C’est une réalité pédagogique sur laquelle règne depuis lors un quasi-consensus, au sein de la société française comme dans la représentation politique. Comment s’est concrétisée l’idée d’un tel enseignement, dont l’instauration représente un événement idéologique majeur ? A-t-il atteint les objectifs politiques, sociaux et culturels qu’on lui avait assignés ? L’école, aujourd’hui tiraillée comme la société elle-même, ne doit-elle pas faire porter son effort sur la transmission des savoirs et la formation de futurs citoyens éclairés, tout en armant les enseignants pour affronter l’immixtion du religieux dans l’espace scolaire et lutter contre la confusion grandissante des esprits ? Autant de questions auxquelles le présent ouvrage veut répondre, en mettant en perspectives des faits et des textes rarement réunis, en donnant largement la parole aux différents acteurs et observateurs, en proposant une analyse contextuelle et une approche chronologique revisitées et en ouvrant de nouvelles pistes de réflexion citoyenne.

Le Bêtisier du laïco-sceptique

Vient de paraître Le Bêtisier du laïco-sceptique (éditions Minerve, 2021) textes de Renée Fregosi, Nathalie Heinich, Virginie Tournay, Jean-Pierre Sakoun, avec des dessins de Xavier Gorce. Un petit livre réjouissant, alerte, « manuel de survie en temps de polémique » qui armera intellectuellement et ré-armera moralement les militants laïques et plus largement tous ceux qui ont à cœur de perpétuer, soutenir et développer l’esprit républicain.

Synopsis par Mezetulle

En finir avec le concordat et autres dérogations coloniales

La France a fait le choix de la séparation des Eglises et de l’Etat en 1905. Ce faisant, elle a tiré un trait sur des siècles de conflits de pouvoir entre le religieux et le politique et aux massacres dont la mémoire collective conserve encore le souvenir. Mais elle n’est pas allée au bout de sa logique. En Alsace et en Moselle, les élus locaux continuent de défendre leur régime dérogatoire calqué sur le concordat au motif que la population y serait favorable. Mais voilà que cet argument s’effondre, car ladite population serait au contraire majoritairement favorable à l’abrogation du concordat et à l’arrêt du financement public des cultes reconnus !

Il suffit pour cela de lire le rapport que l’IFOP vient d’effectuer à la demande du Grand Orient de France. Alors que la plupart des élus et défenseurs du droit local se prétendaient les porte paroles des Alsaciens et Mosellans, et plaidaient avec rage pour qu’on préserve ce régime en compensation des « souffrances historiques » subies par les Alsaciens et Mosellans, l’opinion publique des trois départements les contredit clairement.

il est vrai que les parents d’élèves s’étaient déjà prononcés sur la question puisque moins de 50 % d’enfants du primaire suivaient l’enseignement religieux, très peu au collège et quasiment aucun au lycée !

Et que dire des régimes encore en vigueur en Guyane et Saint-Pierre-et-Miquelon ? Le premier date de Charles X, lorsque le catholicisme était religion d’État et le second des décrets Mendel, quand la France avait des « colonies » et des « missions ». N’en déplaise aux conservateurs, ces territoires sont des départements français et nos concitoyens méritent de bénéficier, eux aussi, de l’égalité républicaine. Ni plus ni moins.

Il serait bon que les sénateurs qui débattent de la future loi sur le respect des principes de la République s’en souviennent.

Martine Cerf

La ministre Marlène Schiappa fait des annonces sur l’observatoire de la laïcité.

Au cours des débats au Sénat, sur la loi sur le respect des principes de la République, la ministre a confirmé que l’observatoire de la laïcité disparaîtrait dans sa forme actuelle en avril.

Selon le Monde : Mme Schiappa a répondu aux parlementaires socialistes qu’il était nécessaire de « faire évoluer » cette structure après huit ans d’activité, car « la situation et les préoccupations ont évolué ». Une mission en ce sens a été confiée à un préfet, qui doit faire des propositions dans les prochains jours. Le premier ministre rendra ensuite ses arbitrages « dans les semaines qui viennent ».

Ceci confirme nos informations selon lesquelles on s’acheminerait vers un service interministériel. Il serait donc ajouté à ce service un « Haut Conseil à la laïcité », afin de nourrir le débat public, la réflexion et le conseil, ce que feu l’observatoire de la laïcité n’avait jamais fait, se contentant d’encourager la pratique d’un dialogue interconvictionnel en lieu et place de la laïcité et de rappeler les règles du droit en vigueur sans jamais faire de recommandations sur les nécessaires adaptations aux situations présentes.

M.C

Mosquée de Strasbourg, la réalité juridique

Sur le financement de la mosquée Eyyub Sultan, érigée par l’association Millî Görüş, la presse et les réseaux sociaux ont dit tout et n’importe quoi.

Il paraît nécessaire de présenter de manière synthétique l’ensemble du dossier du financement des cultes en Alsace et Moselle…Lire la suite.

La municipalité de Strasbourg finance la construction d’une mosquée par Millî Görüs

Le conseil municipal de Strasbourg, sous la houlette de la maire EELV, Jeanne Barseghian, a voté ce lundi 22 mars 2021, une subvention de plus de 2,5 millions d’euros pour financer 10% des travaux prévus pour le construction de la plus grande mosquée d’Europe.

Ce qui questionne n’est pas le financement en soi d’une mosquée. A Strasbourg où la laïcité n’a pas cours, l’État finance quatre cultes reconnus en toute légalité et les collectivités territoriales les financent tous. Le problème est que ce projet est porté par Millî Görüs, une association turque qui s’est illustrée récemment par son refus de signer la charte des principes pour l’islam de France. Cette charge proclamait la compatibilité de l’islam avec les lois de la République.

Un long communiqué consultable sur le site de Millî Görüs explique les raisons de ce refus. Sans reprendre tous les arguments, on peut citer le refus de dénoncer le prosélytisme abusif, la misogynie ou l’homophobie générée par la vision religieuse de l’homosexualité. On peut lire l’acceptation d’ingérences étrangères dans la gestion des mosquées et des imams (en l’occurrence, la Turquie), ou encore le refus de dénoncer la pratique d’une « médecine prophétique » mettant en danger la vie des fidèles…

C’est donc cette association communautariste qui œuvre dans le cadre d’un islam politique que la municipalité EELV a décidé de financer. On connaît les désirs d’influence d’Erdogan sur les musulmans européens et maghrébins et ses velléités de restaurer un califat dont il assurerait la direction. C’est cette politique authentiquement séparatiste que la municipalité soutient, plutôt qu’une politique de rapprochement des citoyens, toutes croyances et convictions confondues.

Nous regrettons que les élus EELV persévèrent dans le déni de la réalité et que les élus PS se soient contentés de ne pas participer au vote, préférant l’évitement à l’expression d’une opinion affirmée de refus. Car c’est bien dans ces circonstances que l’islam politique doit voir se dresser contre lui un barrage républicain.

Martine Cerf

Voir les précisions juridiques de Michel Seelig.

« Vivre avec nos morts »

La rabbin Delphine Horvilleur raconte la vie autrement pour que la mort n’ait pas « le dernier mot »

La nature fondamentale du sujet oblige à l’ambition d’en écrire un essai tout aussi  fondamental ; notre attente est immense ; notre plainte est multiple et notre imploration capricieuse adressée à la rabbine qui doit nous dévoiler le secret biblique de la mort.

Présentation 

France Culture « LA GRANDE TABLE IDÉES » Interview

La loi de 1905 enfin appliquée en Guyane ?

En novembre 2020, les Sénateurs Pierre Ouzoulias, Éliane Assassi et plusieurs autres avaient déposé une proposition de loi demandant l’application de la loi de séparation du 9 décembre 1905 au département de la Guyane. Soulignant à juste titre que la statut actuel (qui impose au département la charge du seul culte catholique) résultait plus d’une négligence du législateur que d’une volonté réelle, les parlementaires ont procédé à une analyse minutieuse et documentée des raisons de la situation actuelle. Nous vous invitons à lire cette analyse dans les motifs de cette proposition de loi.

Nous espérons que des amendements seront déposés dans ce sens, au cours de la discussion sur la loi sur les séparatismes qui doit être mise en discussion vers la fin mars 2021 au Sénat. C’est en tout cas ce qu’ÉGALE a préconisé, au cours de son audition par la Commission des Lois du Sénat.

« Le harcèlement des enseignants en Belgique : Nadia Geerts dans la tourmente

« Attaquée pour avoir exprimé sa solidarité après le drame de l’assassinat de Samuel Paty, Nadia Geerts se sent « trahie et abandonnée » par son école. » […]
« Elle confie à L’echo.be, ne plus vouloir retourner enseigner. En tout cas pas dans son école, et encore moins à Bruxelles. »
Source: https://www.lecho.be/economie-politique/belgique/general/nadia-geerts-dire-je-suis-samuel-paty-n-est-pas-une-opinion-personnelle-c-est-une-valeur/10284393.html

En savoir plus

Nadia GEERTS Militante laïque, féministe et antiraciste, agrégée et maître-assistante en philosophie.
Lauréate en 2019 du Prix de la laïcité décerné par le Comité Laïcité République (Mention internationale).

Il existe encore des hussards noirs de la RÉpublique

En ce mois de février 2021 dans un contexte sociétal tendu symbolisé par le malaise des banlieues, comme à Trappes, un événement peu médiatique doit être relevé : le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer a confié à un inspecteur général honoraire de son ministère, Jean-Pierre Obin, une mission destinée à harmoniser et améliorer la formation des enseignants et chefs d’établissements en un temps très bref puisque les conclusions doivent être rendues en avril prochain. A première vue, une personne non avertie pourrait négliger la portée de cette décision. Que nenni ! Lire la suite

 

EGALE a été auditionnée par la commission des lois du Sénat

Dans le cadre des travaux préliminaires à la discussion au Sénat du projet de loi visant à conforter les principes de la République (dite loi sur les séparatismes), la commission des lois du Sénat procède aux auditions des experts et organisations compétentes afin de recueillir leurs recommandations.

Françoise Laborde, présidente et Martine Cerf, secrétaire générale, représentaient l’association. Les sénatrices Jacqueline Eustache-Brinio et Dominique Verien dirigeaient les débats et la sénatrice Valérie Boyer y assistait en visioconférence.

Dans le même temps, le texte d’origine a déjà modifié par la Commission ad hoc de l’Assemblée nationale et continue de l’être au fur et à mesure des discussions en cours dans l’hémicycle.

C’est donc sur l’état du texte au 11 février que nous nous sommes prononcées. ÉGALE a formulé plusieurs recommandations qui devraient pour la plupart faire l’objet d’amendements au projet de loi. Lire nos recommandations.

EGALE a participé à la réunion de concertation du 5 février 2021 organisée par la Commission européenne

A l’invitation du vice président de la Commission européenne, Margaritis Schinas, ÉGALE et d’autres associations non confessionnelles européennes ont été invitées à partager leurs réflexions sur la crise de la Covid 9, ce qui caractérise le mode de vie européen et le nouveau pacte sur les migrations. Martine Cerf a représenté l’association et a fait part d’une communication élaborée par le groupe Europe.

La réunion a eu lieu en visioconférence dans un climat de grande cordialité. Nous regrettons cependant qu’elle n’ait eu lieu qu’en anglais, sans traduction simultanée. Il est évident que dans ces conditions, les échanges et la perception de ce que chacun dit est plus limité.

M.C

« Le Prophète et la pandémie » : histoire du « jihadisme d’atmosphère » par Gilles Kepel

Dans son dernier livre, le politologue décrit la quatrième génération du djihad.

L’an 2020 marqué par la Covid-19 et l’effondrement du marché pétrolier, est celui de tous les bouleversements depuis le Moyen-Orient jusqu’aux banlieues de l’Europe. Le conflit israélo-palestinien se fragmente avec, d’un côté, « l’entente d’Abraham », qui va de Washington à Abou Dhabi et Khartoum en passant par Jérusalem, agrège le Caire et Riyad, et lorgne sur Bagdad ; de l’autre « l’axe fréro-chiite » qui rassemble Hamas, Qatar, Turquie et Iran, avec le soutien ponctuel de Moscou.
Dans ces convulsions sismiques, Beyrouth explose, réfugiés et clandestins affluent en Europe, et le président turc Erdogan tente de refaire d’Istanbul le centre de l’islam mondial. Enfin, le terrorisme frappe à nouveau, en France et en Autriche, au nom d’un jihadisme sans organisation. Il s’appuie sur une atmosphère créée par des entrepreneurs de colère mobilisant foules et réseaux sociaux du monde musulman face à l’Occident -alors que Joe Biden doit restaurer la confiance des alliés de l’Amérique.
Poursuivant la réflexion engagée dans Sortir du Chaos, succès français et international, Gilles Kepel propose, cartes et chronologie à l’appui, la mise en perspective indispensable de l’actualité pour comprendre les grandes transformations de demain.

« La Fédération Française de Rugby récompense une joueuse qui bafoue les lois du sport ! »

Suite à son interview par Bein Sport, une ancienne internationale du XV de France Féminin en fin de carrière, avait « exprimé son ressenti, à savoir que son choix de porter le voile aurait provoqué l’arrêt de sa carrière »

Notre propos,  COLLECTIF LAÏQUE NATIONAL, est de revenir sur la façon dont la FFR a traité la question, […] « *Règle 50-2 de la Charte Olympique » : « aucune sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale n’est autorisée dans un lieu, site ou emplacement olympique ».

Lire le communiqué du Collectif Laïque National.

Lire la charte olympique ( Page 93 -94)

Un professeur de philosophie escorté pour enseigner. « Cessez de garder le silence! »

Face aux menaces, le professeur de philosophie Didier Lemaire sous protection policière à Trappes.

Fervent défenseur de la laïcité, ce professeur de philosophie avait publié le 1er novembre une lettre en soutien à son collègue Samuel Paty. Rapidement jugé islamophobe par certains élèves et parents, il vit désormais sous protection policière.

Didier Lemaire:  » Il est temps que le corps enseignant se lève et qu’il cesse de garder le silence. »
« 1 enseignant sur 2 s’autocensure en classe. » « Beaucoup de silence, beaucoup de non dit »

 

 

 

Le Gouvernement remet en cause deux points essentiels du projet de loi « séparatismes » :..

Pour conforter le respect des principes de la République, la loi doit éviter d’accroître les avantages financiers des cultes, et lutter contre le séparatisme local.

« En autorisant (à l’alinéa 5 de l’art. 28 du projet de loi) les associations cultuelles à conserver et gérer les immeubles reçus par dons et legs, il leur permet de se livrer à des activités commerciales et immobilières, alors que la loi de 1905 limite strictement leur objet à l’exercice du culte. C’est la rupture de l’équilibre posé par l’art. 19 de ce texte fondateur de la laïcité… »

« Par un amendement à son propre art. 31, le Gouvernement a renoncé à placer les « associations inscrites » (cultuelles) d’Alsace et de Moselle sous le statut de la loi de 1905 modifiée – contrairement au texte initial du projet de loi… »

Le COLLECTIF LAÏQUE NATIONAL demande que l’on s’en tienne à l’objectif annoncé, conforter le respect des principes de la République.

LIRE le communiqué

Laïcité, Égalité entre les femmes et les hommes, un nécessaire contrat d’engagement républicain

Communiqué du Collectif laïque national sur le contrat d’engagement républicain
(Art. 6 du projet de loi confortant le respect des principes de la République)

Le Collectif laïque national estime que, contrairement à certaines affirmations hâtives, le principe d’un contrat d’engagement républicain prévu à l’art. 6 du projet de loi n’est pas contraire à la liberté associative. Il n’est pas anormal que les associations loi de 1901 qui sollicitent des financements publics s’engagent […] Le Collectif soutient la nécessité, exprimée par cet article 6, […] il demande en outre que la laïcité et l’égalité entre les femmes et les hommes figurent aussi parmi les principes définissant cet engagement…
Lire le communiqué

La laïcité, une exception menacée

de Jean-François Chalot

Pour mieux comprendre

La laïcité fait couler beaucoup d’encre… Encensée par les uns, vilipendée par les autres, elle ne laisse pas indifférent. Ce principe républicain ne doit pas être confondu avec le « sécularisme » de nombreux autres pays occidentaux qui, bien qu’ayant officiellement séparé les Églises de l’État, tolèrent les religions en privilégiant celles du plus grand nombre et en oubliant les agnostiques et les athées.
La laïcité française est une exception, en ce sens qu’elle est la seule à vraiment séparer la sphère publique de la sphère privée et à ne privilégier aucun culte. En France, on est libre de croire ou de ne pas croire, de pratiquer – ou pas – la religion de son choix. Mais les pouvoirs publics s’interdisent tout prosélytisme et chaque citoyen n’existe qu’en tant que tel, indépendamment de ses choix spirituels. La laïcité permet à chacun d’être l’égal de son voisin et à tous les Français de faire nation qu’ils soient chrétiens, juifs, musulmans… ou athées.
On trouvera dans le dernier livre initié par l’infatigable J.F. Chalot des regards croisés sur ce principe à vocation universelle mais qui ne régit que bien peu de pays dans le monde. Au-delà d’indispensables rappels historiques on trouvera également des témoignages et des réflexions sur sa mise en œuvre que tout le monde ne conçoit pas toujours exactement de la même manière.
Une lecture roborative.

CONTRE LES SÉPARATISMES, Une politique à géométrie variable ?

Le projet de loi confortant le respect des principes de la République, autrement dit loi contre les séparatismes, est actuellement en débat à l’Assemblée nationale.

L’actualité nous conduit à poser la question : quels séparatismes ?

En effet, les propositions d’amendements visant à étendre la législation nationale aux territoires disposant de régimes religieux dérogatoires ont été repoussées : ainsi, la fin de l’obligation d’un enseignement religieux à l’École en Moselle et en Alsace. L’argument pourtant très fort du fait, qu’à l’École publique, on SÉPARE les enfants selon les convictions des familles, n’a pas été entendu…

Ainsi, les dispositions du projet ne visent en fait qu’à mieux encadrer certains cultes, principalement musulmans ou évangéliques.

Le projet de loi lutte contre certaines formes de séparatisme… religieux, mais en oublie d’autres.

Au même moment, le Premier ministre Jean Castex, dans une posture girondine, en déplacement à Colmar, flatte les tendances séparatistes régionales ! Il affirme n’avoir « jamais été convaincu » par la création d’« immenses régions », qui ne répondent pas « aux besoins grandissants » de proximité, et ajoute « Le désir de retrouver une Alsace reconnue ne constitue ni une lubie folklorique ni une menace à l’unité républicaine. C’est une volonté légitime. » Il est vrai que le gouvernement a ensuite déclaré ne pas vouloir ouvrir un nouveau « meccano » des régions.

Il reste que le président de la toute récente Collectivité Européenne d’Alsace, Frédéric Bierry, en a profité pour immédiatement réclamer la sortie de l’Alsace du « Grand-Est ». Et d’insister sur l’identité particulière de la région, une identité qui s’affirmerait notamment par le Concordat et les autres aspects religieux du « Droit local ». On notera que les responsables alsaciens ne tiennent compte de la Moselle seulement quand des responsables de ce département peuvent soutenir leur position sur ce point ! À l’évidence, le concept « Alsace-Moselle » n’a aucune réalité, sauf dans les discours !

ÉGALE rappelle que la Constitution de notre République la qualifie d’indivisible, laïque, démocratique et sociale. Il conviendrait de lutter contre tous les séparatismes qui la menacent tout en renforçant son caractère laïque !

Michel Seelig

 

Charte de principes pour l’Islam de France

Le Conseil Français du culte musulman (CFCM), organisme chargé de représenter l’islam en France auprès des pouvoirs publics a adopté une charte de principes pour l’Islam de France, déclinaison d’engagements en faveur de la République .

[…]  » Elle a vocation à encadrer l’éthique et les règles déontologiques qui devront structurer le fonctionnement  du conseil national des imams »

EGALE salue la signature de cet engagement qui clarifie la position du culte musulman, vis-à-vis de la loi commune et vis-à-vis de l’islam politique.

Il faut cependant noter le refus de signer de trois fédérations dont deux sont proches de la Turquie : le  Comité de coordination des musulmans turcs de France (CCMTF) et de Milli Görüs.

Cette charte précède la création d’un Conseil national des imams (CNI), qui sera chargé de « labelliser » les imams exerçant en France. On voit mal comment les fédérations concernées maintiendraient leur refus de signer cette charte, dès lors que les imams qui les représentent ne pourraient obtenir le label obligatoire pour professer en France.

 

 

LIRE LA CHARTE

Janvier 2015 – Le procès

Auteur : François Boucq, Yannick Haenel / Collection :

Du 2 septembre au 10 novembre a lieu le procès de la tuerie insensée à Charlie Hebdo, du meurtre haineux de policiers boulevard Richard-Lenoir et à Montrouge et de l’attentat antisémite à l’Hyper Casher de Vincennes.

Pour suivre les débats, l’écrivain et chroniqueur à Charlie, Yannick Haenel et le dessinateur François Boucq sont les oreilles et les yeux de Charlie.
Nommer l’innommable, comprendre un cauchemar, c’est la mission quasi impossible qu’ont accepté de relever Yannick et François, transformés pour de longues semaines en chroniqueurs judiciaires d’un genre très spécial.
A l´issue du procès, un recueil spécial de 216 pages rassemble leurs chroniques en textes et en dessins.
Un hors-série exceptionnel de Charlie Hebdo paru le 21 janvier 2021.
Ne manquez pas cet ouvrage historique!

Cet ouvrage regroupe les chroniques de Yannick Haenel et François Boucq, publiées chaque jour sur le site et dans les pages de Charlie Hebdo, ainsi que des textes et de nombreux dessins inédits.

Ils ont pensé la laïcité.

Voltaire, le précurseur.
Victor Hugo, l’imprécateur.
Georges Clemenceau, le lutteur.
Aristide Briand, le conciliateur.
Jean Jaurès, le fondateur.
Mustafa Kemal Atatürk, le réformateur.

Ce podcast de « France Culture » dresse le portrait de six figures clés dans l’histoire de la pensée et dans l’exportation du concept de laïcité à la française.

Orléans : l’observatoire de la laïcité rappelle que les élus ne doivent pas communier dans l’exercice de leurs fonctions

L’observatoire de la laïcité avait été saisi par le PS orléanais à propos d’une autorisation votée au conseil municipal de 2020 permettant aux élus ceints de leurs écharpe de communier lors de la messe célébrant les fêtes de Jeanne d’Arc dans la cathédrale d’Orléans. Cette autorisation avait été contestée par les conseillers municipaux de gauche et d’en Marche.

L’observatoire rappelle que “si des élus de la République sont dans l’exécution d’une mission de service public et représentent l’administration publique, ils se doivent alors de respecter le principe de neutralité. Dès lors, s’ils participent précisément à ce titre à des cérémonies religieuses, ils ne peuvent témoigner, par leur comportement, d’une adhésion manifeste à un culte quel qu’il soit. Cette règle ne s’oppose pas à l’observation des marques de respect communément admises (par exemple, porter un couvre-chef dans une synagogue, ôter ses chaussures dans une mosquée, etc.) […] “soit les élus assistent à une cérémonie religieuse en dehors de leurs fonctions et sans aucunement exercer une mission de service public ni représenter l’administration publique, auquel cas ils ne sont pas soumis au principe de neutralité; soit les élus assistent à une cérémonie religieuse dans l’exercice de leur mission de service public et de représentation de l’administration publique, auquel cas ils sont soumis au principe de neutralité”.
Enfin, et très explicitement, l’Observatoire de la laïcité a rejeté l’argument de la municipalité arguant qu’il s’agissait d’une exception liée à un « caractère national, historique et exceptionnel”.

Espérons que le Préfet du Loiret saura désormais exercer son contrôle de légalité sur ce genre de délibération, ce qu’il aurait dû faire de son propre chef dès le mois de décembre 2020.

les complices de l’atteinte à la liberté académique et du lynchage médiatique d’une collègue.

« Le collectif Vigilance universités dénonce les complices de l’atteinte à la liberté académique et du lynchage médiatique d’une collègue.

[…] Une collègue à soutenir

« Cette nouvelle affaire montre l’emprise croissante de l’islamisme politique à l’Université comme dans l’enseignement secondaire, mais aussi le rôle délétère de certains médias qui n’hésitent pas à relayer les accusations infondées de racisme antimusulman en ruinant injustement la réputation des individus attaqués et en mettant leur vie en danger. Nous demandons au procureur de la République d’engager les poursuites qui s’imposent envers ceux qui mettent en danger la vie d’autrui en diffusant des discours et des informations qui transforment certaines personnes en cibles pour le terrorisme islamiste. »

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« Une professeure agrégée en droit privé à l’université d’Aix-Marseille rappelle pendant un cours que pour l’Islam, « si on naît d’un père musulman, on est musulman à vie. » Notons que ce simple constat de type juridique n’implique de sa part aucun jugement sur le comportement des musulmans. Ce que prouve d’ailleurs l’exemple qu’elle donne dans son cours portant sur les conflits de lois – cas traité par la Cour européenne des droits de l’homme – d’un musulman grec qui dans son testament refuse de suivre la loi islamique qui peut être appliquée dans son pays aux citoyens de sa religion. Elle poursuit en disant qu’il s’agit d’une « sorte de religion sexuellement transmissible […]. On dirait du judaïsme, c’est pareil, c’est par la mère. Une sorte de MST [maladie sexuellement transmissible] de RST, de religion sexuellement transmissible. » Il y a de grandes chances qu’une telle analogie, il y a une trentaine d’années, aurait suscité d’immenses fous rires se propageant parmi les étudiants, la percevant comme un bon mot à la manière de Charlie Hebdo. Elle leur aurait rappelé sans doute aussi une autre analogie médicale que Lénine avait utilisée en considérant le gauchisme comme une maladie infantile du communisme. Aujourd’hui une telle analogie expose l’enseignante-chercheuse à être assassinée comme l’a été Samuel Paty….. »

En savoir plus>> suite >> L’affaire de l’université d’Aix-Marseille ressemble en effet […] à celle du collège de Conflans-Sainte-Honorine.

 Le collectif Vigilance universités dénonce les complices de l’atteinte à la liberté académique et du lynchage médiatique d’une collègue de l’université d’Aix-Marseille (Marianne, 30 décembre 2020). Tribune citée par La Provence, édition d’Aix-en-Provence, du samedi 2 janvier 2021.

 

Le Collectif laïque national a sorti son rapport 2020

Le Collectif laïque national a sorti son rapport 2020. il sera disponible au prix de 8 euros.  Pour se le procurer, vous pouvez le commander à infoegale@gmail.com en précisant l’adresse à laquelle il doit être expédié . Les frais de port sont offerts.

Un deuxième arbre de la laïcité à Rodez

Vendredi 18 décembre 2020, les élèves de l’école de Ramadier ont planté un arbre de la laïcité dans leur cour de récréation, en présence de Sarah Vidal, 1er adjointe au maire.

Mila exfiltrée une seconde fois de son lycée !

Mila, qui avait déjà dû quitter le lycée Léonard-de-Vinci de Villefontaine, a reçu de nouvelles menaces par les réseaux sociaux et aussitôt on assiste au même scénario : c’est la victime de harcèlement qui est renvoyée tandis que les coupables continuent tranquillement et impunément de la menacer de mort ou d’autres sévices parce qu’elle s’est permis de tenir des propos critiquant leur croyance. Ceci résonne douloureusement après l’assassinat de Samuel Paty.

Le nouveau projet de loi confortant le respect des principes républicains présenté au conseil des ministres ce 9 décembre pourra-t-il modifier quelque chose à cet état de fait révoltant ? Que peut une loi aussi travaillée soit-elle, contre la volonté de ne pas l’appliquer, contre la peur de mécontenter les délinquants avérés ? Que vaut un État de droit où la justice ne sanctionne pas les coupables de délits et ne protège pas leurs victimes ? Que vaudrait une démocratie où l’action des parlementaires se résumerait à discuter à l’infini du contenu des articles d’une loi sans jamais vérifier ou exiger leur application réelle ?

Le père de Mila a écrit aux dirigeants du lycée de sa fille, une « lettre aux lâches » exemplaire qu’il faut lire, dans laquelle il fustige leur lâcheté.

Avec lui nous disons que nous avons besoin de courage politique, mais aussi de courage au quotidien de la part de tous, pour faire reculer l’hydre de l’obscurantisme qui menace les libertés. Céder à ceux qui profèrent des menaces et parfois les mettent à exécution ne les fera pas disparaître et ne les empêchera pas de continuer d’avancer dans leur projet d’imposer leurs règles au détriment des lois républicaines. Tout au contraire, plus nous attendons, plus nous les laissons avancer, et plus il sera difficile de les empêcher de nuire.

Il est temps que le procureur de la République lance des poursuites contre ceux qui adressent des menaces abjectes à Mila, et fasse appliquer les sanctions prévues par la loi, de façon qu’elle puisse si ce n’est reprendre une scolarité normale en toute sécurité, au moins vivre normalement. Au moment où le gouvernement dit vouloir lutter contre la déscolarisation d’un grand nombre d’élèves, n’acceptons pas en baissant la tête que Mila n’ait d’autre solution que de rester chez elle !

Martine Cerf

 

Collisions ce 9 décembre 2020

Ce jour-là ne passera pas inaperçu : trois événements se bousculeront dans notre pays, et j’affirme benoitement, qu’il s’agira d’un carambolage volontaire !

En effet, la France tout entière, espérons-le, se souviendra et célébrera ici ou là le cent quinzième anniversaire d’une loi qui la place, sur le plan législatif, au rang des nations les plus avancées en matière de laïcité.

Ce mercredi-là sera aussi jour de deuil national suite au décès de VGE par la volonté du Président Macron qui demande aux Français qui le souhaitent  d’« écrire quelques mots d’hommage dans nos mairies et, à Paris, au musée d’Orsay, ce haut lieu de culture que nous lui devons. » Lire la suite

ANNE SYLVESTRE, LE COUPLET FÉMINISTE

Jusqu’au bout, l’autrice-compositrice-interprète, morte ce mardi à 86 ans, défendait dans ses textes la cause des femmes dans un monde d’hommes.

Son répertoire est riche de chansons engagées comme « Non, tu n’as pas de nom » (1973) au sujet de l’avortement, deux ans avant la loi Veil. Anne Sylvestre revendique l’appellation de chanteuse « féministe » : « Je suppose que ça m’a freinée dans ma carrière parce que j’étais l’emmerdeuse de service, mais ma foi, si c’était le prix à payer... » En 2007, elle défend la cause du mariage homosexuel dans « Gay, marions-nous ! ».

Ecouter : Une sorcière comme les autres

Lire l’article du journal Libération

L’islam de France : laïcité, représentation, politisation et contestation

L’Observatoire des religions et de la laïcité présente cette étude rédigée par Haoues Seniguer, maître de conférences en science politique, chercheur au laboratoire Triangle (UMR, 5206, Lyon) et directeur adjoint de l’Institut d’Études de l’Islam et des Sociétés du Monde musulman (UMS 2000, EHESS, CNRS, Paris)

L’islam reste en France — et plus que jamais — un objet religieux et social difficilement « lisible ». Quant aux Français musulmans, ils sont travaillés par des forces contradictoires, à la fois centrifuges et centripètes, et globalement dominés par un tropisme conservateur — sans exagérer outre mesure la menace que ferait peser la visibilité religieuse de l’idéologie islamiste sur les autres courants religieux de l’islam, dans l’espace public ou les institutions sociales. Le fait islamique pose néanmoins un défi singulier à la laïcité française, affectant sa tension constitutive entre « acception libérale » et « acception combative ». C’est la raison pour laquelle il importe de traiter la question de l’islam de France sous le double point de vue de la philosophie morale et de la sociologie politique, en vue de comprendre les dessous de la polarisation des positions qu’il provoque. Aussi, le but de la présente étude est de tenter, à partir de la problématique générale de la laïcité, de jeter un nouvel éclairage sur la situation de l’islam de France, en identifiant et en distinguant pour ce faire ses principaux déterminants et les difficultés de son traitement par le politique.

Lecture de l’étudeLIslam_en-France_Haoues_Seniguer

RECONSTRUIRE LA RÉPUBLIQUE LAÏQUE

Communiqué du Collectif laïque national, signé par ÉGALE :

« Après l’assassinat de Samuel Paty, enseignant de l’école de la République, le 16 octobre 2020, la tuerie du 29 octobre à Notre-Dame de Nice, vient nous rappeler les enjeux auxquels notre pays se trouve de nouveau confronté. Lire la suite

Création du collectif « Vigilance Collège Lycée »

Des enseignants de collège et de lycée se sont constitués en réseau pour lutter contre les atteintes à la laïcité et à la liberté pédagogique dans les établissements du secondaire. Nous encourageons les enseignants à rejoindre ce collectif afin de sortir de l’isolement et mener à bien leur lourde tâche  de transmission. Voir la présentation de ce collectif ci-dessous ou sur le site de vigilance universités

« Vigilance Collèges Lycées est un réseau d’enseignants du secondaire qui lutte contre les atteintes à la laïcité et à la liberté pédagogique dans les établissements du secondaire.

Notre réseau s’est formé à la suite de l’assassinat de Samuel Paty, tué le 16 octobre 2020 par un terroriste islamiste pour avoir exercé son métier d’enseignant. Il rassemble des enseignants du secondaire qui s’inquiètent des pressions communautaristes qui pèsent sur leurs élèves et des menaces sur la libre circulation des savoirs en milieu scolaire. Nous n’accepterons pas qu’un climat de peur s’installe dans les salles de classe. Nous ne nous habituerons jamais à ce qu’un enseignant soit tué pour ce qu’il a appris à ses élèves.

Les objectifs du réseau Vigilance Collèges Lycées sont les suivants :

  • défendre et promouvoir la laïcité dans les établissements scolaires, principe d’émancipation des individus des croyances et de toute autorité entravant leur liberté de pensée et la libre disposition de leur corps.
  • Résister aux pressions multiples et parfois coordonnées exercées par l’islamisme et toutes les autres formes de communautarismes, et à la violence qu’elles véhiculent et lutter contre l’antisémitisme, le racisme, mais aussi contre les atteintes à l’égalité des femmes et des hommes et les discriminations en raison des orientations sexuelles.
  • Veiller à ce que nul ne se sente discriminé ou menacé à l’école, en raison de ses origines, de ses opinions, de son appartenance ou de sa non-appartenance religieuse, de son sexe ou de son orientation sexuelle.
  • Alerter sur les pressions que peuvent subir enseignants, personnels éducatifs ou élèves de la part de groupes d’intérêt communautaristes – qu’ils soient religieux ou non – et exiger un soutien hiérarchique et institutionnel plein et entier.
  • Accompagner et informer les collègues confrontés à ces difficultés.
  • Constituer une cellule de veille pour analyser et nourrir la réflexion sur les moyens de rendre l’école moins perméable au racisme, à l’antisémitisme, à l’indigénisme et aux communautarismes religieux.
  • organiser des échanges entre les membres de notre réseau et favoriser la création de comités locaux pour faire vivre nos valeurs sur l’ensemble du territoire national.

Nous invitons donc tous les collègues ou toute personne engagée qui se reconnaîtrait dans ces valeurs et ce combat à se joindre à nous : à l’instar du réseau Vigilance Universités, duquel nous nous réclamons, nous espérons en effet agréger à notre démarche de plus en plus de citoyens afin d’organiser au mieux la riposte.

Pour nous écrire : vigilance_college_lycee-request@groupes.renater.fr

POUR MILA !

Le collectif contre le terrorisme (CCT) a publié un communiqué de soutien à Mila qu’ÉGALE a signé.

Le JSD, Journal de St Denis (93) censure les propos laïques de son directeur de la rédaction

Nous avons plus d’un fois ici repris les atteintes à la laïcité portés par l’ancienne équipe municipale de Saint-Denis. Aujourd’hui, c’est la presse locale qui montre sa proximité de pensée avec les mouvements islamistes. Le JSD est-il encore réellement un journal d’information ? Il semble qu’il y ait pour l’instant renoncé, ce qui a provoqué le départ de Yann Lalande, son directeur de la rédaction.

Lire les faits. Voir l’édito censuré et le communiqué de l’Observatoire de la laïcité de Saint Denis

 

 

Le Conseil municipal de Grenoble ne veut pas de charte de la laïcité pour les associations qu’elle subventionne.

Depuis de nombreuses années, la ville verse une subvention au CCIF, aujourd’hui menacé de dissolution par le ministre de l’Intérieur, pour agissements islamistes. Si le débat sur l’opportunité de demander aux associations de s’engager sur le respect de la laïcité pour obtenir lesdites subventions  et de signer une Charte de la laïcité, rien n’a été voté. Pourtant, c’est cette même ville de Grenoble qui a connu l’offensive islamiste consistant à vouloir imposer le port du burkini dans les piscines municipales, au mépris du règlement sanitaire en vigueur.

Le Printemps républicain propose un audit des associations subventionnées.
A la suite de ce refus, le Printemps républicain recommande un audit des associations subventionnées par la municipalité.
D’autant que certaines, sous le statut de 1901, ont aussi des activités cultuelles.
Grenoble est face à la question : comment, d’un point de vue juridique, une ou des associations 1901 à visée religieuse, pourraient-elles rembourser leurs subventions accordées dès lors que la municipalité, a étudié en commission sa demande, puis voté à la majorité et alloué la subvention dans le budget de la commune ? …

Faire la distinction entre activités cultuelles et activités culturelles, là est toute la difficulté.
Dans le prochain projet de loi « visant à renforcer la laïcité et conforter les principes républicains » en cours d’étude au Conseil d’État, ceci pourrait être mis au clair par l’obligation pour les associations cultuelles, d’adopter le statut de 1905.
Le principe de séparation des Églises et de l’État et de la liberté de conscience ne devrait évidemment pas être remis en question. C’est le régime des cultes qui risquerait d’être remanié. L’objectif serait de mieux organiser et encadrer leur financement.

Mais à ce jour, rien n’a encore été acté.

– En savoir plus: L’article paru sur Place Gre Net

Le sens de la laïcité en France en 2020 par Dominique Schnapper

Le site Telos publie un article de Dominique Schnapper dont nous vous recommandons la lecture :

« Dans notre tradition démocratique la « laïcité », forme française de la séparation du politique et du religieux, est une dimension essentielle de la démocratie. C’est notre héritage et, comme tout héritage politique, il doit être compris et transmis dans son principe, quitte à être réinterprété dans ses modalités en fonction d’une société qui s’est transformée. Mais il ne saurait être détaché de sa signification politique. Le problème est donc: comment et jusqu’à quel point la tradition laïque peut-elle et doit-elle être adaptée aux conditions nouvelles? » Lire la suite

Une centaine de personnes pour Samuel Paty et la liberté à Saint-Philibert (Morbihan)

Lancé par le collectif de citoyens de Saint-Philibert, soutenu par la municipalité et l’association EGALE, l’hommage à Samuel Paty pour la défense de la liberté, a rassemblé une centaine de personnes ce mercredi 21 octobre à 11 h 30, devant la mairie. Le maire François Le Cotillec a rappelé que « L’unité est la seule réponse à cet acte » et « Qu’il faut être solidaire avec l’école car c’est la République ». Le collectif a salué le courage des enseignants au quotidien : « L’école est le pivot du projet d’émancipation, de liberté et de laïcité. Si nous restons unis et vigilants, nous vaincrons l’obscurantisme »

Les silencieux – Ne nous trompons pas, les salafistes menacent la République

Inutile d’éluder : ouvrons les yeux, la menace salafiste existe. La France vit une grande illusion. Nous croyons être toujours le pays où l’on débat, où l’on échange des arguments, alors même que nous sombrons chaque jour un peu plus dans un climat intellectuel de guerre civile. Ce constat vaut en particulier pour le débat actuel sur la place de l’Islam dans la société française et sur l’ampleur du péril islamiste.

Allons droit au but : l’Islam ne constitue pas une question en soi dans la France de 2020. L’adversaire de la République s’appelle le salafisme. La source du problème ne réside pas dans le Coran mais dans ceux qui le transforment en arme pour affaiblir la démocratie libérale. Dans ce camp, on trouve bien évidemment les jihadistes, mais aussi les salafistes et l’ensemble des acteurs contestataires davantage animés par une fureur décolonialiste que par une authentique ferveur spirituelle.
Le centre de gravité de cette galaxie dangereuse est le salafisme. Leur stratégie, et les tactiques afférentes, font des salafistes dits  » quiétistes  » et  » politiques  » des Silencieux, ces petits cylindres également qualifiés de modérateurs de son, que l’on visse sur le canon d’une arme pour gagner en discrétion. Ils nous endormissent, démonétisent l’idée que c’est bien une nouvelle forme de totalitarisme qui tente de s’épanouir en France.
Au mieux on déplore, puis on passe rapidement à autre chose… En attendant, les Silencieux franchissent les uns après les autres les remparts censés défendre la démocratie, les libertés individuelles et l’héritage républicain.

Nous soutenons les Polonaises qui réclament le droit à l’IVG.

Les Polonaises multiplient les manifestations depuis que le Tribunal constitutionnel, aux ordres du PiS, parti majoritaire au pouvoir, a interdit le recours à l’IVG, même en cas de malformation du foetus. Des manifestations ont eu lieu jusque dans les églises. 430 000 personnes selon la police, manifestaient mercredi dernier. Des dizaines de milliers de personnes se retrouvaient dans les rues de Varsovie vendredi.

Le président Andrzej Duda, réputé plus modéré, semble décidé à assouplir le projet de loi en réintroduisant l’exception à l’nterdiction dans le cas où le foetus serait non viable, mais il n’est pas certain que les manifestants se contenteront de ce piteux compromis.

Nous soutenons leur combat, car dans ce pays, c’est aussi celui de la démocratie.

Nos commentaires et recommandations envoyées au ministère de l’Intérieur

Le Président de la République a annoncé un projet de loi « visant à renforcer la laïcité et conforter et les principes républicains ». ÉGALE publie ici ses commentaires sur ce qui a été dit et ses 25 recommandations pour le futur projet de loi. Nous avons pu exposer nos principales recommandations à la Secrétaire d’État Marlène Schiappa et à ses conseillers, au cours d’une visioconférence organisée le 19 novembre. Nous vous invitons à en prendre connaissance. Lire

Qu’est ce que la laïcité ?

La France laïque est mise au ban des pays laïcs. Par quel paradoxe ?

Nouvelle écoute de l’émission diffusée le 23 février 2019.

ECOUTER (51 min)

Toutes les sociétés occidentales sont sécularisées c’est-à-dire émancipées de la contrainte religieuse et passées de l’hétéronomie : la loi vient d’en haut,  au régime de l’autonomie la loi est produite par les hommes .Comme a écrit Ferdinand Buisson dans son dictionnaire de pédagogie : « l’Etat laïc, c’est-à-dire la délimitation profonde entre le temporel et le spirituel est entré dans nos mœurs de manière à n’en plus sortir ; et cela vaut pour toutes les démocraties. ». Mais ce que Ferdinand Buisson ne pouvait pas prévoir c’est que la forme française de la sécularisation allait provoquer des crispations et même un tollé dans les pays aussi émancipés de toute contrainte théologique que le nôtre.

L’interdiction du port de signes religieux ostentatoires a fait scandale aussi bien aux Etats-Unis que dans les autres pays européens. « Comment se fait-il que la France, patrie des Droits de l’homme et berceau de la démocratie, pratique cette forme indigne de discrimination ? » s’est exclamé un journaliste de Gazetta, journal issu de la dissidence en Pologne. Ken Livingstone, alors maire de Londres a dit qu’il s’agissait-là du texte législatif le plus réactionnaire qu’un Parlement ait eu à voter en Europe depuis la seconde guerre mondiale. Le New York Times mène depuis lors campagne contre la dérive liberticide de l’autre pays de la Révolution.

Laurent Bouvet et Philippe Raynaud débattent de cette notion de laïcité.

Comment lutter contre les attentats islamistes quand on est simple citoyen ?

Les attentats islamistes se multiplient sur notre sol et nous sommes chaque fois horrifiés par la cruauté et l’injustice des actes perpétrés : l’enseignant Samuel Paty, décapité à Conflans Sainte Honorine, puis trois paisibles fidèles égorgés à la Basilique Notre-Dame à Nice. Nous ne dirons pas, comme on l’a trop entendu, que ces derniers appartenaient à la « communauté catholique » car ce serait reprendre la dialectique des terroristes qui veulent nous diviser selon nos croyances ou nos convictions. Ils étaient simplement nos concitoyens, notre  frère et nos sœurs au sein de la Nation fraternelle, en train de prier dans leur lieu de culte.

Que faire ? Les citoyens que nous sommes sont-ils contraints de rester dans la passivité en espérant que les services de sécurité et de renseignement arriveront à venir à bout de ces enragés fanatiques ? N’existe-t-il aucune possibilité d’impliquer des citoyens pour assister les fonctionnaires qui se trouvent en première ligne afin de les soutenir dans cette lutte contre l’obscurantisme ?

Ne pourrait-on pas imaginer de solliciter la réserve de l’armée et de la gendarmerie pour participer à préservation de la sécurité civile ?

En matière de prévention, ne peut-on imaginer de renforcer l’éducation nationale par la réserve citoyenne qui a déjà été dûment sélectionnée. En 2015, elle avait été créée pour aider les enseignants à diffuser les valeurs républicaines auprès des élèves. Mais trop peu sollicitée, trop souvent à contre-emploi, elle a perdu beaucoup de ses volontaires. Ils sont encore une poignée à intervenir, trop peu et la plupart du temps parce qu’ils se sont démenés pour y arriver. Alors, ne pourrait-on pas faire revivre ce formidable élan qui avait fait se lever des centaines de citoyens ?

Il est temps de trouver les moyens de nous sortir de la passivité et agir, dans la République et le respect de ses lois, ensemble et unis.

Martine Cerf

L’appel des 49 pour la laïcité : Ne capitulons pas. Ne capitulons plus !

Françoise Laborde, ancienne sénatrice et présidente d’ÉGALE et Martine Cerf, secrétaire générale, ont signé cet appel publié sur le site du JDD.

On a tué un homme. De la manière la plus barbare et la plus expressive qui soit, dans le rituel codifié d’exécution religieuse de l’islam radical. On a assassiné un homme pour avoir accompli sa tâche avec modestie et sans frémir. On a exécuté un professeur qui remplissait la mission la plus noble, celle de contribuer à l’émancipation et à la construction de la conscience des jeunes élèves dont il avait la charge pédagogique et morale. On s’est attaqué au creuset de la République, son école. Lire l’appel.

Signer l’appel

LA VOCATION LAÏQUE

Samuel PATY a été égorgé puis décapité dans son propre pays, au nom d’une susceptibilité religieuse d’un autre âge.

Jacques VARIENGIEN, psychologue, qui est intervenu de nombreuses années sur le site du CNPE de St Alban, propose des clés de lecture.

Cette interview a été publiée par la CGT. Lire l’interview. Lire l’interview

 

1881 : quand la IIIe République instaure un droit au blasphème

Blasphème, outrage à la République ou au chef de l’État, propos licencieux, incitation à la violence ou à la rébellion : il fallut deux ans pour examiner toutes les questions fort actuelles que soulevait la loi votée le 29 juillet 1881 qui garantissait la liberté de la presse en France.

 

 

Lire l’émission « Savoir » (France Culure) du 10 octobre 2020

À la mémoire de Samuel Paty, professeur

par Catherine Kintzler, 17 octobre 2020
Vendredi 16 octobre, Samuel Paty, professeur, a été décapité parce qu’il enseignait. Réduire cet
assassinat à un crime revient à esquiver le caractère politique de la visée hégémonique qu’il
véhicule. Car cette atrocité se présente comme une exécution menée au nom d’un ordre supérieur
qui devrait supplanter non seulement les lois de l’association politique, mais aussi tout rapport
autonome à la connaissance, à la pensée. Lire la suite

Vivre enfin la République laïque à l’École et dans la société

La République et son École sont attaqués au cœur et à l’âme.

La décapitation à Conflans-Sainte-Honorine  d’un professeur d’histoire-géographie, qui avait montré à ses élèves des caricatures de Mahomet, a frappé d’effroi la France, de nouveau touchée par un « attentat terroriste islamiste caractérisé », selon les mots d’Emmanuel Macron, trois semaines après l’attaque devant les anciens locaux de Charlie Hebdo

Quelques heures après l’assassinat de l’enseignant, le chef de l’État entouré du ministre de l’Intérieur et du ministère de l’Éducation a appelé la nation à « faire bloc »,  à la sortie du collège du Bois d’Aulne où travaillait la victime. « Ils ne passeront pas. L’obscurantisme ne gagnera pas ». A cet égard les très nombreux rassemblements quasi spontanés  de ce dimanche laissent à penser que les citoyens sont déterminés à faire réagir l’Etat au plus vite. Cette décapitation est en effet, selon Manuel Valls « effrayante et symbolique » et l’action gouvernementale urge.

Toutes ces déclarations sont nécessaires mais que convient-il de faire après avoir contribué collectivement au deuil de la famille, des proches et du corps enseignant ?

Observer d’abord que les clignotants sociétaux n’ont pas manqué depuis des années. Cette barbarie, dans le droit fil des attentats sanglants djihadistes amorcée en 2015 en France a fait au total plusieurs centaines de victimes. Ces attaques, pour beaucoup d’entre elles, ont été perpétrées à l’arme blanche entre autres à la préfecture de police de Paris en octobre 2019, ou à Romans-sur-Isère en avril dernier.

Quel que soit le criminel qui perpétue ce type d’acte, le but est d’ébranler l’édifice républicain et  les principaux piliers de notre devise nationale.

La République est en danger notamment du fait de l’islamisme. Mais, au-delà, la société française l’est aussi  pour trois causes qui  caractérisent notre espace national :

La mémoire historique a  été mal entretenue.

Les valeurs héritées du siècle des Lumières, liberté, égalité fraternité puis laïcité n’ont pas été entretenues au niveau de l’espérance universelle qu’elles ont fait naitre. Et cette négligence s’est accélérée ces dix dernières années.

L’indulgence manifestée par des intellectuels, des responsables politiques, syndicaux et associatifs à l’égard de ceux qui perturbent l’ordre républicain, l’hédonisme généralisé d’une société qui n’a d’intérêt que pour le moment qui passe, la méconnaissance historique  du principe de liberté comme des droits et devoirs du citoyen et la permissivité par rapport aux lois sur le racisme, l’antisémitisme ou l’égalité homme/femme ont contribué largement au fait de ne plus faire Nation.

   – le vivre ensemble républicain a été encouragé à contre sens

notamment sur le contenu à donner au terme fraternité. Les petits arrangements  et les accommodements irraisonnables se sont multipliés à tous les niveaux de notre société

Au niveau local, le dispositif républicain  dans les Écoles s’est  fracturé le jour où dans les écoles publiques et privées nous avons accepté les menus sans porc, finassé avec le voile pour les sorties scolaires, autorisé des horaires différenciés pour les piscines publiques. Mais précédant ces attitudes au plan national le terrain avait été préparé par une politique d’accueil des migrants entassés dans des quartiers quasi dédiés, ou encore le jour où des fonctionnaires  ont été autorisés à faire leur prière sur leur lieu de travail ou encore le jour où, faute de fonctionnaires de police ou d’enseignants, on a négligé les fonctions essentielles de ces professions.

Pire encore, dans le Livret laïcité de l’éducation nationale en 2015 un texte signé de la ministre de l’Éducation, Najat Vallaud-Belkacem, rappelle le principe consistant à « distinguer le savoir du croire ». « Il faut pouvoir [pour les enseignants] éviter la confrontation ou la comparaison du discours religieux et du savoir scientifique. Dans les disciplines scientifiques (SVT, physique-chimie, etc.), il est essentiel de refuser d’établir une supériorité de l’un sur l’autre comme de les mettre à égalité.» Cette « injonction au silence »  a contribué à faire courber l’échine d’une institution, l’École, qui par sa nature  détentrice des connaissances et de l’apprentissage de l’esprit critique doit toujours rester à l’abri des polémiques. L’École est l’un des piliers majeurs de la République

l’ordre républicain est sapé

depuis plusieurs décennies. Il n’y a plus de réponse ferme et lisible pour ceux qui viennent sur notre territoire. Rappelons pour fixer un cap clair l’affirmation de Saint Just « il n’y a pas de libertés pour les ennemis de la Liberté ». Cette orientation donne le chemin à parcourir dans un contexte d’augmentation progressive des violences qui a atteint un niveau inacceptable, insupportable.

Que faire ?

Sur sa page Facebook  Céline Pina révoltée par l’assassinat de Samuel Paty propose :

« Pour ce qui vient de se passer je ne connais qu’une seule réponse si j’étais au gouvernement: j’afficherai dans tous les établissements scolaires, toutes les institutions, je prendrai des publicités dans les journaux, dans le métro, sur les bus. Je paierai des 4×3 et je créerai une affiche reprenant les caricatures de Charlie et revendiquant cet affichage au nom de la liberté d’expression et pour rendre hommage à ce professeur martyr. » Je ne suis pas loin de penser comme elle afin qu’il y ait dans la société un vrai choc salutaire.

Mais il faut ajouter de donner très vite un contenu législatif ou réglementaire à l’interdiction de mosquées  liées au salafisme et aux frères musulmans.

Enfin il faut rediffuser largement ce qui est entré dans notre droit positif français depuis plus d’un demi-siècle : l’article 18 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme (10 décembre 1948) stipule « toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion.»…Et le commenter sans cesse en mémoire de Samuel.

Bernard FERRAND, VP EGALE

 

ÉGALE est avec les enseignants

A Conflans Sainte Honorine, l’assassinat atroce d’un professeur d’histoire par un islamiste nous remplit d’horreur. Cet homme, Samuel Paty, dont il faut retenir le nom maintenant qu’il est dévoilé, était un professeur estimé de ses élèves et de ses collègues. Il représente pour nous toute une classe d’enseignants dont on doit saluer le courage au quotidien. Ils sont nombreux ceux qui, comme lui, n’ont pas baissé les bras et travaillent sans relâche à ce que les élèves qui leur sont confiés apprennent à réfléchir par eux-mêmes, à sortir de l’enfermement des superstitions, des préjugés et de l’ignorance.

A ÉGALE, beaucoup de nos adhérents sont engagés dans la réserve citoyenne de l’Éducation nationale pour leur prêter main forte. Beaucoup sont intervenus et interviennent encore dans les classes à la demande d’enseignants ou de chefs d’établissements. Nous ne voulons pas les laisser seuls devant la tâche immense qui repose sur eux, car nous savons que nombre d’élèves sont en butte à la propagande islamiste qui veut leur faire croire qu’étant musulmans, ils ne sauraient adhérer à la République. Plus que jamais, il est nécessaire de tendre la main à ces élèves pour les aider à conquérir leur liberté et refuser l’idéologie islamiste. Mais plus que jamais, il faut protéger et soutenir les enseignants dont nous savons qu’ils se sentent parfois bien seuls.

C’est pourquoi, ÉGALE réaffirme ici sa solidarité totale avec eux et avec le projet d’émancipation et de liberté dont l’école est le pivot. Ce projet laïque porté par les « hussards noirs » de la République, comme les appelait Charles Péguy, alors que L’État opérait la séparation de l’école et de la religion à partir de 1882. C’est lui qui l’emportera sur l’obscurantisme si nous restons unis et vigilants.

Martine Cerf

Réponse aux accusations selon lesquelles « l’Université de Lille interdit l’accès à des étudiantes voilées »

Par Vigilance Universités

Une tribune signée par des universitaires accuse un enseignant de l’Université de Lille de « racisme anti-musulman ». Ce grief nous semble injuste : nous expliquons pourquoi.

Une tribune signée par des universitaires et reprise par quelques médias (Médiapart, Voix du Nord, France 3, etc.), accuse un peu rapidement de discrimination un professeur de sport de l’Université de Lille.

Lire pour en savoir plus…

 

 

Séparatismes : Discours réussi par la revue des deux mondes

La revue des deux mondes publie:

« un pas de géant dans la communication du chef de l’État dont le moins qu’on puisse dire est qu’il revient de loin. L’homme qui déclarait que la société « n’avait pas à être laïque » vient d’opérer un revirement spectaculaire. Il aura fallu trois ans et demi. Et peut-être que le procès Charlie, puis le récent attentat de la rue Nicolas Appert l’ont aidé à trancher dans le vif… »         par Valérie Toranian

Séparatisme islamiste : un discours réussi, un combat incertain

 

Discours des Mureaux d’E. Macron : du concret et de la fermeté dans les paroles, mais attendons le texte

On peut se réjouir de la prise de conscience apparemment opérée par ce gouvernement, concernant le danger de l’islamisme politique car elle est récente. Jamais les problèmes liés à ceux qui contestent la République, ses valeurs et ses lois n’avaient été repris et cités avec cette précision, allant jusqu’à des anecdotes que nous connaissions, mais qui étaient soigneusement occultées par la plupart des responsables politiques. Si l’on en croit les mots prononcés par le Président de la République aux Mureaux, l’ampleur de la tâche à accomplir pour remédier à ces situations problématiques semble avoir été cernée. Le cadre dessiné par le chef de L’État parait donc globalement satisfaisant. Citons quelques points : le renoncement explicite à toute solution de type concordataire, la volonté d’appliquer la loi fermement et sans complaisance et de la faire respecter par tous, la volonté de lutter contre la déscolarisation de 50 000 enfants isolés de l’école, du reste de la société et des apprentissages fondamentaux, la volonté de supprimer les ingérences étrangères dans le culte musulman et toutes les formes d’embrigadement par le biais d’écoles hors contrat ou d’associations dites humanitaires ou sociales, la volonté d’inciter les associations cultuelles à adopter le statut de 1905…Nous aimerions être convaincus que ce discours sera suivi des mesures et des moyens nécessaires. Nous ne le serons qu’en lisant le texte de loi lui-même et en assistant à sa mise en oeuvre.

Nous n’oublions pas en effet que depuis le début de ce quinquennat, nous avons eu quelques mauvaises surprises, comme les deux tentatives du gouvernement pour que les associations cultuelles puissent gérer des immeubles de rapport, c’est à dire en franchise d’impôt, tentatives heureusement repoussées par les parlementaires dûment informés par les association laïques. Nous n’oublions pas les déclarations étranges du président sur la radicalisation de la laïcité, ni le fait qu’il persiste à maintenir un dialogue officiel et régulier avec les représentants des cultes, donnant ainsi un rôle politique à ces derniers. Enfin, nous constatons avec surprise que le texte de la loi contre les séparatismes doit être soumis à ces mêmes représentants des cultes avant de l’être aux représentants du peuple à la fin de l’année !

Nous attendrons donc, dans un grand esprit d’ouverture, mais avec la plus grand vigilance, le contenu du projet de loi. Il va de soi, que nous soutiendrons toute politique qui ira dans le sens du respect de la loi et des valeurs républicaines, dans la volonté d’émanciper les citoyens du fanatisme et des préjugés, dans la lutte sans complaisance contre les terroristes et leurs idéologues, dans la préservation des libertés et de l’égalité de tous.

Lire le discours des Mureaux

Martine Cerf

Soutien à Marika Bret

Marika Bret, DRH de Charlie Hebdo a dû être exfiltrée de son appartement en raison des menaces qui pesaient sur elle. ÉGALE s’insurge contre la violence qui s’exerce à son encontre comme à l’encontre de tous ceux qui ne font qu’exercer leur métier d’informer ou de tourner en dérision par la caricature. Dans la République laïque, la liberté d’expression ne doit pas céder devant les intimidations.

L’Assemblée des femmes a également publié un communiqué de soutien.

 

Lyon : le Vœu des Échevins sans le maire.

À Lyon, le maire, Grégory Doucet marque sa neutralité à la tradition lyonnaise du Vœu des échevins.

Monsieur le Maire, nous avions pris votre retrait de la cérémonie des échevins comme une affirmation de votre attachement à la laïcité.

Mais pour ce qui est de vos relations avec les cultes, nous aurions préféré que vous appliquiez dans votre commune le cadre juridique de la loi 1905, par exemple en n’allant pas poser la première pierre d’une mosquée. Vous auriez ainsi montré votre attachement à la laïcité, … aux associations cultuelles de la ville !

 

En savoir plus

Le nouveau gouvernement du Soudan abandonne la loi islamique en faveur de la séparation Eglise/Etat

Le pays du Soudan vient d’annoncer le plus grand changement : après 30 ans de vie sous la domination islamique, un gouvernement laïque est officiellement mis en place.

En savoir plus:  lire la version traduite par Didier Vanhoutte :  Laïcité au Soudan   –

Lire la version originale : Sudan’s New Government Abandons Islamic Rule in Favor of Church/State Separation By Hemant Mehta September 6, 2020

Il faut soutenir Zineb El Rhazoui !

Zineb El Rhazoui a témoigné récemment au procès des assassins de Charlie Hebdo. Depuis, les menaces de mort se déchaînent sur les réseaux sociaux. Elle qui vient depuis janvier 2015 sous protection rapprochée, doit faire face à une recrudescence de haine inimaginable. Revendiquer la liberté de parole et accuser les fanatiques religieux suffit aujourd’hui pour déclencher ce flot immonde d’injures et de menaces.

Ne la laissons pas seule !  De la même façon que nous sommes descendus dans la rue en 2015 pour défendre la liberté d’expression et les valeurs républicaines, nous devons signifier à ces fanatiques que Zineb n’est pas seule. Que nous sommes nombreux qui nous dressons devant eux pour les empêcher de mettre en pratique leurs sombres projets.

La sénatrice Jacqueline Eustache-Brinio a appelé les élus à constituer un rempart républicain autour de Zineb El Rhazoui dans un communiqué. Par nos réactions sur les réseaux sociaux, constituons aussi un rempart citoyen !

Et n’oublions pas Gérard Biard et Riss dont les têtes sont mises à prix par Al Quaïda !

Martine Cerf

« Nous ne vous laisserons pas seuls »

« Car nous ne nous coucherons jamais. Nous ne renoncerons jamais »

Ces mots, d’une clarté sans fioritures, Riss les écrit dans son édito du 2 septembre 2020. Jour de l’ouverture du procès des tueries de janvier 2015.

Au cours de ces journées tragiques, furent assassinés : à Charlie Hebdo, Frédéric Boisseau, Franck Brinsolaro, Cabu, Elsa Cayat, Charb, Honoré, Bernard Maris, Ahmed Merabet, Mustapha Ourrad, Michel Renaud, Tignous, Wolinski. À Montrouge : Clarissa Jean-Philippe. À l’Hyper Cacher de Vincennes, Philippe Braham, Yohan Cohen, Yoav Hattab, François-Michel Saada. D’autres furent gravement blessés, dans leur chair, et dans leur âme à jamais.

Riss écrit aussi : « Si le crime est si difficile à nommer, c’est parce qu’il fut commis au nom d’une idéologie fasciste nourrie dans les entrailles d’une religion. Et rares sont ceux qui, cinq ans après, osent s’opposer aux exigences toujours plus pressantes des religions en général, et d’une en particulier. »

Idéologie criminelle dont les victimes, connues et anonymes, ici et ailleurs, forment une interminable et sinistre liste.

Ce 2 septembre, Charlie Hebdo republia en « Une » les dessins « blasphématoires ». Lire la suite et la liste des signataires.

 

Liberté d’expression – Me Richard Malka : « La situation est bien pire qu’il y a cinq ans »

A lire l’ Entretien -Le POINT – Alors que s’ouvre dans quelques jours (1) le procès des attentats de janvier 2015, l’avocat historique de « Charlie Hebdo » tire la sonnette d’alarme. Propos recueillis par Nicolas Bastuck et Étienne Gernelle. 

Cabu, Charb, Tignous, Wolinski… Il les a défendus des dizaines de fois. Contre la famille Le Pen. Contre Caroline de Monaco. Contre l’Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l’identité française et chrétienne. Contre la Ligue de défense judiciaire des musulmans…« On a gagné, très souvent. On a perdu, parfois, mais on l’avait bien cherché ! » plaisante Me Richard Malka, avocat de Charlie Hebdo. Il a débuté au barreau l’année où le titre a été lancé, en 1992. Ils ne se sont plus quittés. Le point. fr  

(1) Attentats de janvier 2015 à Paris : Le procès aura lieu du 2 septembre au 10 novembre.

Vidéo   

 

 

 

antiracisme : dénoncer toutes les traites d’esclaves passées et présentes

Il est fréquent de voir relier la dénonciation du racisme actuel et la pratique de l’esclavage par les nations occidentales, et celle-ci seulement. La vérité historique importe peu à ces « antiracistes » autoproclamés qui ne cessent de fustiger les blancs et leur « domination ». Mais aucune conclusion juste ne saurait émerger d’une analyse tronquée de l’histoire. Celle de l’esclavage est mondiale. Pratiquée de tous temps, elle a touché de plein fouet des hommes et les femmes noirs en priorité, mais pas uniquement. Aboli par les pays occidentaux, l’esclavage existe encore dans certains pays comme la Mauritanie. Pierre Vermeren, historien, esquisse une analyse dans le Figaro du 2 juillet 2020.

Le foulard et la robe d’avocat

Une élève avocat de Lille ayant décidé de porter un foulard dans l’exercice de ses fonctions, le conseil de l’ordre du Barreau a rappelé par une modification de son règlement intérieur, que tout signe distinctif devait être proscrit. L’élève, appuyée par un avocat et le défenseur des droits a saisi la cour d’appel de Douai en demandant l’annulation de la délibération du conseil de l’ordre. La cour d’appel de Douai a donné raison au Barreau. Voir l’analyse du jugement

« Le voile est un signe politico-religieux » par le collectif Yallah

Une carte blanche signée par le Collectif Laïcité Yallah. (voir la liste des signataires ci-dessous).
Décidément la décision de la Cour constitutionnelle relative au port des signes convictionnels dans l’affaire de la Haute École Francisco Ferrer a eu l’effet d’un coup de tonnerre. Dans certains milieux, cet avis ne cesse de susciter des réactions depuis le 4 juin dernier. On devine pourquoi.
L’interprétation que fait le plus haut tribunal du pays de la neutralité en matière d’enseignement est univoque. Et l’âge des élèves (au-delà de 18 ans) n’y change rien. La Cour a tranché : la liberté de religion n’a pas préséance sur les autres libertés constitutionnelles tout aussi importantes dans un cadre scolaire. Le positionnement de la Cour constitutionnelle rejoint ainsi celui des responsables de l’enseignement obligatoire. Lire la suite.

Le sport sert de porte d’entrée aux islamistes

Que ce soit au travers de clubs de foot, dans l’instrumentalisation du port de tenues islamiques pour les sportives, censées « leur permettre de pratiquer du sport », les islamistes multiplient les occasions d’imposer à la société leurs pratiques humiliantes et discriminatoires vis à vis des femmes. Ceci, avec la complicité de fait des municipalités ou des directions de clubs qui se plient à leur diktat.

Charlie hebdo dénonce cette pratique dans certaines salles de sport. Lire l’article

Hommage à Gisèle Halimi

Elle nous a quittés, cette femme remarquable dont le nom était devenu synonyme de la lutte des femmes pour leurs droits. Elle a combattu aux côtés de celles qui étaient menacées par des lois iniques et ces lois, elle a contribué à les faire changer. Elle a représenté un modèle de courage et de ténacité pour beaucoup de militantes féministes.

Nous vous proposons de consulter une courte vidéo qui retrace son parcours sur le lien : http://www.vodeo.tv/4-70-5444-gisele-halimi-l-insoumise.html?PARTID=9084

ORELA publie un rapport sur les religions au temps du coronavirus

L’Observatoire des religions et de la laïcité (http://www.o-re-la.org) publie un rapport de Jean-Philippe Schreiber, dans lequel sont analysées les questions qui se sont posées aux religions pendant la période de confinement, ainsi que les réactions diverses des responsables religieux avec leurs conséquences, parfois lourdes, sur la propagation de la maladie dans différents pays. Il montre que les décisions politiques prises, et la façon dont elles ont été prises sont liées à la conception que chaque État a de la liberté de culte, selon qu’on la situe au dessus des autres libertés ou qu’on considère qu’elle doive rester soumise à l’intérêt général. Il analyse également les modifications éventuelles que la pandémie a pu apporter sur le rôle et la perception des religions avant de conclure sur des questions émergentes pour les cultes. Lire le rapport

ÉGALE signe la tribune « LA RACIALISATION DE LA QUESTION SOCIALE EST UNE IMPASSE

Dessin d’Acé publié le

Le mouvement République souveraine, sociale, laïque et écologique a lancé une tribune : « La racialisation de la question sociale est une impasse », en réaction à l’offensive des partisans de « la race ». Celle-ci a été publiée par Marianne.

Cette analyse au travers de la race des inégalités conduit à promouvoir la division de la société en groupes « racisés » et dévoie les concepts de l’antiracisme autant que l’analyse des causes des inégalités. Elle ne peut donc apporter des solutions aux inégalités sociales, bien réelles et porteuses d’exclusion. Lire la tribune

Cette tribune est ouverte à tous les citoyens qui voudraient la signer en cliquant sur ce lien : Question sociale

Concours HEC et laïcité

EGALE a été informé que 35 candidats de confession juive ont été autorisés par la Direction des Admissions et Concours (entitée organisatrice du concours HEC placée sous la tutelle de la chambre de commerce et d’industrie de Paris) à passer le dimanche 5 juillet certaines épreuves se tenant le samedi 4 juillet, jour de shabbat.

Les sujets sur lesquels ces candidats ont composés n’ont pas été modifiés. Lors des 24h séparant les deux sessions, les étudiants concernés ont été surveillés par les membres de leur communauté, à savoir par les membres de l’association AJECLAP (Association des élèves et anciens élèves juifs des grandes écoles et des classes préparatoires).

L’APHEC (Association des Professeurs des classes préparatoires économiques et commerciales) a réagi en faisant part de sa désapprobation envers les « aménagements de calendrier des concours en fonction des diverses religions des candidats. » et en rappelant son attachement à la laïcité.

Une telle dérogation aux principes républicains de laïcité et d’égalité des candidats lors d’un concours est inacceptable.

En savoir plus …

Le site: Major prépa

L’interdiction du voile dans une grande école belge

A)  La Cour constitutionnelle de Belgique a tranché un débat sensible : le port des signes religieux dans l’enseignement supérieur. Par Vincent Tournier (Maître de conférence de science politique à l’Institut d’études politiques de Grenoble )

« La Cour précise que la liberté de pratiquer sa religion n’est pas un droit absolu. Elle affirme que la neutralité doit s’entendre de deux manières : l’enseignement doit s’interdire « de discriminer, de favoriser ou d’imposer des conceptions philosophiques, idéologiques ou religieuses » […]  préserver « la diversité des opinions » et « les valeurs communes » « un environnement éducatif totalement neutre » Le règlement de la Haute École relève donc d’un objectif pleinement légitime : en interdisant les signes politiques et religieux,.. »

B) Signes religieux: Paris-Bruxelles … par Alain Bergounioux  (Historien, président de l’Office universitaire de recherche socialiste et administrateur de la Fondation Jean-Jaurès)

« Le droit actuel français, qui a l’avantage de s’appliquer pour tous les établissements publics sur le territoire, permet de faire face à la plupart des situations problématiques. La réflexion, d’ailleurs, gagnerait à s’élargir pour ne pas en rester qu’aux termes d’interdiction… » Car c’est le rapport entre le savoir et les traditions religieuses et philosophiques qui mériterait d’être approfondi. En france, les universités ont un rôle important à jouer en cette matière – elles ont commencé à le faire, mais il faudrait le conforter. »

En savoir plus.( Texte complet). 

Site Telos.eu

Le Plaidoyer pour un islam (2016) de Gérald Darmanin analysé

En 2016, Gérald Darmanin, alors maire de Tourcoing, publiait un document intitulé Plaidoyer pour un Islam français dans lequel il exposait la situation de l’islam et les solutions qu’il préconisait. Il faisait référence à un nouveau concordat à instaurer avec l’islam, au mépris de la loi de séparation du 9 décembre 1905.

Agnès Perrin et Michel Ferreboeuf avaient publié une analyse de ce texte dans Débats laïques. Il nous a semblé opportun, après la nomination de M. Darmanin au ministère de l’Intérieur, de relire cette analyse éclairante sur les théories défendues par notre nouveau ministre sur l’organisation de l’islam en France. On ne sait encore s’il sera ou non suivi par le gouvernement dont la ligne n’est pas encore clarifiée en la matière, et si par exemple ce sont les vues de Marlène Schiappa sur le sujet qui l’emporteront, mais même s’il reste isolé sur cette position, cela demeure sa conviction personnelle et il est bon de la connaître. Lire l’analyse.

Martine Cerf

Création du Collectif Laïcité Yallah en Belgique

Le CAL (Centre d’action laïque) en Belgique a créé le 12 novembre 2019, le collectif Laïcité Yallah. Le but est de contrecarrer la tendance communautariste qui atteint la société belge autant que la société française, sachant que les autorités ne semblent pas avoir pris de mesures efficaces pour lutter contre ce qui est une source de délitement de nos sociétés.

Les treize membres fondateurs de ce collectif, dont Djemila BENHABIB, ont publié un Manifeste dans lequel ils expriment : « notre vision de la situation et proposons des mesures pour s’ouvrir à la diversité, promouvoir la citoyenneté et combattre le communautarisme ethnique et religieux. » Dans ce Manifeste, le Collectif dénonce également les pressions sociales qui s’exercent sur les femmes pour les contraindre à se voiler, avec la complicité de ceux qui voudraient les enfermer dans une identité fantasmée réduite à leur seule appartenance religieuse et dans des pratiques rigoristes de cette religion. Lire le Manifeste

M.C

 

 

Exposition de la Doctrine de Saint-Simon

Juliette Grange
Agrégée de Philosophie
Docteur d’Etat

Saint-Simon n’avait donné aucun exposé achevé de sa doctrine, les idées qui sont les siennes ont évolué au cours des quelques dix années de propagande intense en direction des milieux politiques, scientifiques et industriels. Les disciples qu’il laisse derrière lui se sont attachés après sa mort en 1825 à construire une pensée pleinement articulée. L’ouvrage que nous publions se présente comme une transcription très retravaillée des dix-sept leçons tenues durant les cours de l’école saint-simonienne entre 1828 et 1929, puis entre 1830 et 1831 (essentiellement pour cette période à propos de la dimension religieuse du saint-simonisme).

 

Voir le flyer

 

Egale et le CLR réagissent à des nominations surprenantes d’adjoints aux cultes dans certaines communes

Que peut-on redouter de cette priorité donnée aux cultes : plus d’argent public distribué aux cultes à l’aide de prétextes culturels ? Une part de financement plus grande pour l’enseignement privé ? Un poids plus grand donné aux autorités religieuses dans les consultations des citoyens alors même que ceux-ci se détachent des religions ? Une attention disproportionnée apportée aux activistes intégristes ?

ÉGALE a publié un communiqué auquel le CLR s’est associé pour alerter l’opinion publique et le législateur. Lire le communiqué

 

EGALE réagit et la Poste rétablit la neutralité

Nous avons été informés que dans le 5e arrondissement de Paris, une factrice effectuait sa tournée en tenue islamique (photo ci-dessus), sans aucune identification à la Poste. Notre informateur est allé réclamer auprès du centre de distribution dont la factrice dépendait. Il a fort mal été reçu par les agents qui lui ont affirmé que la Poste étant une entreprise privée, que chacun avait le droit d’affirmer les croyances qu’il voulait. On lui a également dit que sa démarche était raciste !

Cette personne a écrit au centre de distribution (voir courrier), ÉGALE a écrit à la Direction générale de la Poste (lire la lettre) et une réponse est parvenue de la part de la direction de la distribution. (lire la réponse)

Nous attendons encore la réponse de la Direction générale, mais l’affaire semble prise en mains sérieusement.

Il est toutefois préoccupant de constater qu’il faut une plainte d’un usager et d’une association pour que la direction de La Poste soit informée d’un manquement grave sur le terrain.

 

La Cour constitutionnelle allemande et l’Union européenne

par Jean Claude BOUAL, 25 mai 2020 

La question de la primauté du droit communautaire, dans le cadre des compétences de l’Union européenne, est un problème récurrent depuis le début des années 1960. Elle pose au moins deux questions : une question de droit qui est toujours débattue par des juristes, même si l’interprétation de la primauté du droit communautaire est aujourd’hui largement admise ; une question politique quant à la conception de la construction européenne et son devenir largement commentés suite à la décision de la Cour constitutionnelle allemande de  Karlsruhe du 5 mai 2020.

Lire la suite

EGALE signe le communiqué du CLN : Contre tous les racismes , le respect des principes Républicains.

« Le Collectif laïque national souligne que la France n’est pas les États-Unis. […] L’émotion ne doit pas l’emporter sur la raison – ni sur l’ordre public […] Il est vrai qu’en France, comme dans d’autres pays même démocratiques, des actes racistes perdurent. […]  Il est hautement regrettable que certains membres des forces de l’ordre se croient autorisés à excéder leur mission – certes difficile […] Le Collectif appelle les Pouvoirs publics à promouvoir le strict respect des principes républicains dans le recrutement, la formation et l’encadrement humain et réglementaire des forces de police et de gendarmerie. »

« Le collectif rappelle que la lutte contre le racisme implique aussi le rejet des théories racialistes et indigénistes qui fracturent la société et déconstruisent la citoyenneté. »

En savoir plus, lire le communiqué

Pour la défense de l’université républicaine laïque en Haute-Savoie

Fonds publics à l’Ecole publique, fonds privés à l’école privée !

L’État et les Collectivités doivent consacrer les fonds publics nécessaires pour construire une Université Publique de plein exercice et digne de ce nom.

La Libre Pensée  agit avec d’autres associations et les syndicats pour l’unité des laïques pour que soit respecté le mot d’ordre :

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Pétition adressée à Grand Annecy – Région AURA- Département Haute-Savoie

CREAL 76: Ne confinons pas la laïcité !

« Un président voulant « réparer le lien abîmé avec l’Église » : C’est presque une inversion de la hiérarchie des normes républicaines, contraire à l’esprit de la loi de 1905… »

Francis VANHÉE, président du CREAL76:  » Pratiquer le « en même temps » entre religion et laïcité, c’est confiner cette dernière à un rôle subalterne d’option spirituelle. C’est ignorer qu’un croyant peut être laïque et qu’un non croyant peut accéder à une spiritualité… »

En savoir plus: lire le communiqué du

La situation actuelle

Le régime des cultes – Il en va largement de même d’une bonne part des Articles organiques et des textes relatifs aux cultes protestants et au culte juif.
Subsistent ainsi essentiellement :

  • le financement des cultes. Évêques, curés, pasteurs, rabbins et autres ecclésiastiques, sont rémunérés sur le budget national (pour un total annuel de plus de 55 millions d’euros). À cela s’ajoutent les financements par les communes : presbytères, entretien des lieux de culte, participation aux budgets des paroisses… On notera que la non application de la loi de 1905 permet aux collectivités publiques de subventionner d’autres cultes, notamment l’islam.
  • L’organisation publique des cultes. Il n’y a pas, pour les cultes reconnus (catholique, protestants, juif) d’associations cultuelles comme dans la France de l’Intérieur, mais des établissements publics des cultes : ainsi le conseil de fabrique pour les paroisses catholiques, conseil où siège le maire de la commune.
  • La nomination des prélats, souvent réduite à une simple formalité.

L’enseignement – Le code de l’Éducation n’évoque que l’enseignement primaire où « la durée hebdomadaire de la scolarité des élèves […] est fixée à vingt-quatre heures et comprend obligatoirement une heure d’enseignement religieux » (Art. D481-2). Cet enseignement ne concerne que les cultes dits reconnus. Il s’agit de l’application du principe de la loi Falloux de 1851, évoquée supra.
Il aura fallu, en 2001, que le Conseil d’État exhume un obscur texte allemand (l’article 10A de l’ordonnance du 10 juillet 1873, modifié par l’ordonnance du 16 novembre 1887 !) pour trouver une justification juridique à l’organisation obligatoire d’un enseignement religieux dans le secondaire. Ce texte dispose en effet que « dans toutes les écoles, l’enseignement et l’éducation doivent tendre à développer la religion, la moralité et le respect des pouvoirs établis et des lois ».
Depuis 1918, un système de dispense de cet enseignement religieux a, petit à petit, été mis en place. De ce fait, l’évolution assez récente de la société a conduit à une érosion considérable du nombre des élèves réellement inscrits à ces cours de religion. En moyenne, pour les trois départements, et avec d’importantes disparités locales, il y a aujourd’hui un peu plus de 50 % d’inscrits au primaire, moins de 20 % au collège, moins de 10 % au lycée (2 % en Moselle).

L’enseignement supérieur – Dès le début de l’annexion, l’Empire allemand crée une faculté de théologie protestante à Strasbourg. Et, le 5 décembre 1902 une faculté catholique, par une convention avec le Vatican, qui précise notamment que « avant d’entrer en fonctions, les professeurs auront à faire la profession de foi entre les mains du doyen, suivant les formes et règles de l’Église » et que « Si la preuve est fournie par l’autorité ecclésiastique qu’un des professeurs doit être considéré comme incapable de continuer son professorat soit pour manque d’orthodoxie, soit en raison de manquements graves aux règles de vie et de conduite d’un prêtre, le Gouvernement pourvoira, sans délai, à son remplacement …  ».(Articles 3 et 5)
Cette convention a été avalisée par la République française en 1923… et les deux facultés de théologie, protestante et catholique, sont aujourd’hui totalement intégrées à l’université publique strasbourgeoise, UNISTRA. Le 13 décembre 2016, un ecclésiastique, professeur de dogmatique à la faculté de théologie catholique, ancien doyen de celle-ci, a été élu président de l’Université.
Plus tardivement, en 1974 à Metz, en Moselle, une convention entre la République et le Vatican crée un Centre autonome d’enseignement de pédagogie religieuse, aujourd’hui au sein de l’Université de Lorraine.

Le délit de blasphème – Ces dispositions du code pénal local n’ont été très que récemment abrogées en janvier 2017, par la loi Égalité Citoyenneté.

Une nouvelle situation juridique en Alsace et en Moselle

Le Conseil constitutionnel, depuis qu’il peut être saisi de Questions Prioritaires de Constitutionnalité, a été amené à examiner depuis 2011, pour la première fois, des éléments du Droit local alsacien et mosellan.

On retiendra quelques éléments des décisions qu’il a adoptées :

  • Tout d’abord, cela a été l’occasion de confirmer le caractère constitutionnel fondamental du principe de laïcité, du moins pour ce que l’on peut déduire de l’article Premier de la loi de 1905.
  • Ensuite, pour le régime des cultes alsacien et mosellan, il a estimé que, bien que dérogatoire au principe de laïcité, il n’était pas incompatible avec la Constitution de la République, du fait que les constituants de 1946 et 1958, qui ont qualifié la République de laïque, étaient parfaitement informés de l’existence du régime dérogatoire. On notera qu’une délibération similaire a été adoptée pour la Guyane
  • Enfin, et c’est essentiel, le Conseil a décidé que l’ensemble du Droit local conservait le caractère « transitoire », que les lois de 1919, 1924 et l’Ordonnance de 1944 lui avaient conféré. De ce fait, ce Droit local ne dispose que d’une justification historique, ce n’est pas un droit territorial libre d’évoluer. Il me faut ici citer précisément le commentaire officiel de la décision dite SOMODIA de 2011 : « Le caractère transitoire du maintien du droit alsacien-mosellan ne fait pas obstacle à ce que le législateur puisse adapter les règles du Droit local. Toutefois, il ne peut résulter ni un accroissement du champ d’application des différences [avec le Droit français], ni une augmentation de celles-ci. »
    Il en résulte que le Droit local ne peut plus que se rapprocher du Droit français ou disparaître, puisqu’un Droit qui n’évolue pas en fonction de son environnement est condamné à plus ou moins brève échéance à disparaître…

Ne pas se contenter d’attendre cette échéance

Plusieurs raisons militent pour une suppression plus rapide du régime dérogatoire, en dehors du fait, évidemment, que la défense de la liberté de conscience n’attend pas !

Tout d’abord, le principe même du Concordat est devenu caduc : du l’État paye et l’État contrôle, il ne reste plus que les privilèges financiers des cultes !

En second lieu, parce que les tenants du régime local ne restent pas inactifs. Ils ont échoués, en Alsace, à mettre en œuvre des mesures qui visaient à chercher un nouveau public après des années de désaffection de l’enseignement religieux par les parents. D’autres échecs, dans d’autres domaines, ont été essuyés par les défenseurs du Droit local. C’est pourquoi, avec l’appui du Secrétaire général de l’Élysée, un amendement gouvernemental au projet de loi de réforme de la Constitution a été déposé en juillet 2018, lors de la première discussion du projet à l’Assemblée. Cet amendement dont la formulation et l’exposé des motifs sont ambigus pourrait permettre de contourner la décision SOMODIA, conférant de fait un caractère de droit territorial aménageable à volonté aux divers régimes dérogatoire… Ceci dans l’ambiance générale de débats sur le droit à la différenciation des régions et de la création récente de la Communauté européenne d’Alsace, dotée de compétences spécifiques…

Je noterai ensuite le fait que le voisin immédiat de la Moselle le Grand-Duché de Luxembourg avait conservé de nombreuses dispositions de l’époque où il faisait partie de la Première République française, puis du Premier Empire.
Il a, en négociant avec les cultes, et en obtenant l’accord de l’archevêque de Luxembourg, entre 2013 et 2018, effacé l’essentiel des effets du Concordat en supprimant à terme le salariat des prêtres, en supprimant le soutien financier des communes aux cultes, en remettant les édifices cultuels catholiques à une fondation de droit privé, en supprimant enfin l’enseignement confessionnel à l’École.
Faudrait-il croire à une religiosité particulière des trois départements français dits concordataires, pour ne pas faire évoluer la situation alsacienne et mosellane ?

À l’évidence, ce qui subsiste c’est un sentiment identitaire, essentiellement alsacien, qui fait obstacle aujourd’hui. Le site de l’Institut du Droit Local le dit clairement : « Le droit local est ainsi devenu un élément du paysage alsacien, un marqueur de l’identité de la région, un aspect de l’épopée alsacienne dans laquelle se retrouvent tous les alsaciens de cœur. On veut garder le concordat ou les corporations parce que c’est à nous et qu’on ne supporte pas que Paris nous dise que ce n’est pas bien. […] Certaines règles de droit local ne survivent qu’en raison de leur fonction d’ersatz d’un véritable statut d’autonomie territoriale. À défaut de pouvoir s’exprimer dans les domaines qui les intéressent, les populations locales se raccrochent à des dispositions sans intérêt réel, mais qui leur permettent d’exprimer de manière emblématique quoique inadéquate leur volonté de sauvegarder leur identité régionale » !

Dernier point que j’invoquerai : dans une récente déclaration, Monsieur Ghaleb Bencheikh, président de la Fondation pour l’Islam de France, réclamait une modification, un assouplissement de la loi de 1905, en rappelant l’existence du Concordat en Alsace et Moselle. « On ne peut nous expliquer que la laïcité est une exception française, que le Concordat est une exception dans l’exception, et que l’Islam est une exception dans l’exception de l’exception » disait-il !

On l’aura compris : le maintien du Concordat et des régimes dérogatoires religieux n’est pas uniquement le reliquat d’un passé douloureux, il peut apparaître aujourd’hui comme un des principaux prétexte à mettre en cause les dispositions qui fondent notre République laïque !

À propos du Concordat

En quoi le maintien du Concordat dans trois départements métropolitains est anachronique et pourquoi il conviendrait de supprimer cette particularité !

Le Concordat de 1801 survécut aux aléas de l’Histoire et aux divers régimes politiques que connut la France durant un siècle. Les deux tentatives de révision échouèrent :

En 1813, Napoléon fait signer au pape, sous la contrainte, le Concordat dit de Fontainebleau, plus contraignant pour l’Église. Mais le pape se rétracte et les défaites de l’empereur conduisent à l’abandon du texte.
En 1817, le roi Louis XVIII négocie à son tour un nouveau Concordat avec le Vatican, un traité qui au contraire accorde plus de libertés à l’Église et prévoit de renoncer à l’essentiel des Articles organiques… Cette fois-ci, c’est l’opposition du Parlement qui fait échouer la procédure … Le texte de 1801 reste en vigueur.
Nous avons vu que celui-ci fut complété par divers textes qui en précisèrent l’application, sur les deux versants du traité : le financement et le contrôle de l’Église catholique par l’État. Les autres cultes significativement présents en France à l’époque voient leur organisation et leurs relations avec la puissance publique fixées de manière similaire.
Un dossier essentiel pour l’Église n’était cependant pas abordé par tous ces textes : l’enseignement. Napoléon souhaitait s’appuyer sur l’Église, mais lui accorder le moins de pouvoir possible. C’est ainsi qu’il crée l’Université impériale, structure regroupant tous les niveaux d’enseignement, du primaire au supérieur, en excluant l’Église de sa gouvernance. C’est au cours du XIXe siècle, que celle-ci se voit accorder une véritable tutelle sur l’enseignement primaire, avec la loi Falloux de 1851. Cette loi place également l’enseignement religieux en tête des programmes d’enseignement obligatoires.

L’annexion par l’empire allemand puis le retour à la France

La désastreuse guerre franco-prussienne de 1870 permet à la Prusse de rassembler autour d’elle la plus grande partie des états germaniques (sauf l’Autriche).

L’Empire ainsi formé annexe les territoires qui constituent aujourd’hui la Moselle et les départements alsaciens.
Les Allemands, afin de faciliter l’intégration de ce qu’ils appellent le Reichsland Elsaß-Lothringen (la Terre d’Empire d’Alsace et Lorraine), acceptent de maintenir un certain nombre de dispositions françaises, notamment les privilèges des cultes. Ils complèteront le dispositif pour l’enseignement, en étendant l’obligation des cours de religion au secondaire.
Ils introduiront aussi dans le code pénal un délit de blasphème (qui avait été, de fait, aboli par la Révolution française et les articles 10 et 11 de la Déclaration des Droits de 1789.
Ils ouvriront aussi à Strasbourg des facultés publiques de théologie.

La Grande Guerre, de 1914/1918, voit la défaite de l’Empire allemand. Les territoires annexés reviennent à la France, par le traité de Versailles de 1919.

En miroir de ce qu’avait fait l’Allemagne en 1871, la République française gère alors ce retour en maintenant, au moins à titre provisoire, des dispositions, lois et règlements, en vigueur dans les trois départements en 1918… dont les privilèges des Églises… qui datent, il faut le rappeler, d’avant l’annexion, avec notamment notre fameux Concordat… Or, la IIIe République avait, durant ce temps, adopté plusieurs lois laïques fondamentales, dont les lois Ferry à l’École et, bien entendu, la loi de Séparation des Églises et de l’État de 1905 qui avait abrogé ce traité et les textes afférents.
Le provisoire, confirmé en 1924, puis en 1944, dure jusqu’à nos jours, même si des dispositions ont peu à peu été abandonnées ou modifiées et complétées par des textes nouveaux. L’ensemble des mesures dérogatoires au droit national français qui subsistent constituent ce que l’on nomme le Droit local alsacien et mosellan.

La plupart des articles du Concordat ont perdu toute actualité. C’est le cas évidemment de ceux qui avaient un caractère très conjoncturel, au lendemain de la Révolution. C’est le cas aussi du serment civique qui est de fait abrogé par la République par le décret du 5 septembre 1870 qui supprime tout serment politique en France.

Un régime concordataire – Michel SEELIG –

Nous avons ainsi, dans le désordre des articles, relu tout le texte du Concordat. Il apparaît clairement que n’y figurent que les grandes lignes de son principe, l’État paye – l’État contrôle. La mise en œuvre fait l’objet de textes unilatéralement publiés par le pouvoir politique, sans l’accord de l’Église. Les Articles organiques de 1802 entrent dans le détail de l’organisation de l’Église catholique.

Ils réaffirment notamment le caractère gallican du régime français, puisque même les aspects doctrinaux sont soumis au contrôle strict de l’État. L’article 3 précise par exemple que :
« Les décrets des synodes étrangers, même ceux des conciles généraux, ne pourront être publiés en France, avant que le gouvernement en ait examiné la forme, leur conformité avec les lois, droits et franchises de la République française, et tout ce qui dans la publication pourrait altérer ou intéresser la tranquillité publique« .

Le copieux Titre II des Articles, sur les ministres, détaille le fonctionnement hiérarchique de l’Église de France, sous la tutelle de l’État.
La partie consacrée au culte traite de nombreux points techniques, la tenue vestimentaire des ecclésiastiques, la sonnerie des cloches, les registres de baptêmes, mais elle traite aussi du contrôle des sermons et autres prédications et même des dogmes et de la liturgie. Ainsi, l’article 39 affirme : « « il n’y aura qu’une liturgie et un catéchisme pour toutes les églises catholiques de France » ».
Enfin, le document précise les modalités de la rémunération des ecclésiastiques, de leur logement (évêchés, presbytères et « jardins attenants »).
Il annonce aussi la création « des fabriques pour veiller à l’entretien et à la conservation des temples, à l’administration des aumônes ». Ce sera l’objet de l’important décret du 30 décembre 1809 concernant les fabriques des églises.

Des Articles organiques similaires sont également adoptés pour les cultes protestants, réformés et luthériens. Enfin, le Règlement des juifs, en 1806, et un décret impérial de 1808 organisent totalement le culte israélite.

C’est l’ensemble de ces dispositions que l’on nomme de manière générale le Régime concordataire.
Ce régime qui a connu des évolutions depuis le XIXe siècle fait toujours partie de la législation particulière appliquée en Alsace et en Moselle.

L’État contrôle – Michel SEELIG –

Le Concordat n’entre dans aucun détail des « règlements de police » évoqués ci-dessus. Ils feront l’objet de textes complémentaires, les Articles organiques publiés l’année suivante, en 1802.
Le traité n’aborde qu’un aspect, il est vrai essentiel : le contrôle direct du clergé ! Cela passe par la nomination par l’État des principaux clercs :
« Le premier Consul de la République nommera, dans les trois mois qui suivront la publication de la bulle de sa Sainteté, aux archevêchés et évêchés de la circonscription nouvelle. Sa Sainteté confèrera l’institution canonique suivant les formes établies par rapport à la France, avant les changements de gouvernement.Les nominations aux évêchés qui vaqueront dans la suite, seront également faites par le premier Consul ; et l’institution canonique sera donnée par le Saint Siège, en conformité de l’article précédent« . [Articles IV et V]

On retrouve là les dispositions du Concordat de François Ier : le choix des prélats appartient au souverain. La République voit ainsi se perpétuer le privilège unique dont disposait l’ancienne Monarchie.
Les clercs de tout rang s’engageront par un serment solennel à obéir en tous points aux autorités de la République, à être même de fidèles agents de la puissance publique :
- « Les évêques, avant d’entrer en fonctions, prêteront directement, entre les mains du premier Consul, le serment de fidélité qui était en usage avant le changement de gouvernement, exprimé dans les termes suivants :« Je jure et promets à Dieu, sur les saints évangiles, de garder obéissance et fidélité au Gouvernement établi par la Constitution de la République française. Je promets aussi de n’avoir aucune intelligence, de n’assister à aucun conseil, de n’entretenir aucune ligue, soit au dedans, soit au dehors, qui soit contraire à la tranquillité publique ; et si, dans mon diocèse ou ailleurs, j’apprends qu’il se trame quelque chose au préjudice de l’État, je le ferai savoir au Gouvernement ». »
- « Les ecclésiastiques du second ordre prêcheront le même serment entre les mains des autorités civiles désignées par le Gouvernement. » [Articles VI et VII]

Les clercs, les curés dans leur paroisse, rappellerons aux fidèles, à la fin de chaque office, que l’Église toute entière prie Dieu de bien vouloir protéger la République et ses chefs :
« La formule de prière suivante sera récitée à la fin de l’office divin, dans toutes les églises catholiques de France : Domine, salvam fac Rempublicam ; Domine, salvos fac Consules. » [Article VIII]

L’État paye – Michel SEELIG –

Le clergé bénéficiera d’un certain nombre de prérogatives et d’avantages :
- « Les évêques pourront avoir un chapitre dans leur cathédrale, et un séminaire pour leur diocèse, sans que le Gouvernement s’oblige à les doter. »
- « Toutes les églises métropolitaines, cathédrales, paroissiales et autres non aliénées, nécessaires au culte, seront mises à la disposition des évêques. »
- « Le Gouvernement assurera un traitement convenable aux évêques et aux curés dont les diocèses et les cures seront compris dans la circonscription nouvelle. »
- « Le Gouvernement prendra également des mesures pour que les catholiques français puissent, s’ils le veulent, faire en faveur des églises, des fondations. » [Articles XI, XII, XIV et XV]

Le principe des conditions matérielles du culte est donc assuré : le maintien de la hiérarchie ecclésiale ; la formation des prêtres par l’Église elle-même ; l’usage des lieux de culte ; la prise en charge par l’État des besoins financiers, notamment la rémunération des clercs ; la possibilité pour les fidèles de contribuer à ce financement.

Tout ceci permet de mettre en œuvre le premier terme de l’article Ier : « La religion catholique, apostolique et romaine, sera librement exercée en France » puisque, le contentieux révolutionnaire est effacé et que l’État s’engage à payer !

Mais, pas d’avantage sans contrepartie ! Tous les aspects du culte sont soumis au contrôle de l’État, le second terme de l’article Ier le précise : « Son culte sera public, en se conformant aux règlements de police que le Gouvernement jugera nécessaires pour la tranquillité publique. »
Le Concordat pourrait ainsi se résumer en une formule : l’État paye… L’État contrôle !

Le Concordat de Bonaparte – Michel SEELIG

Il semble donc indispensable à Bonaparte de supprimer un motif particulier de tensions et de conflits : les relations avec l’Église catholique. C’est sans doute la raison principale qui le conduit à conclure une sorte de traité de paix avec le Vatican : le Concordat du 26 Messidor an IX (15 juillet 1801). Cet accord est conclu, nous dit très clairement son préambule, « tant pour le bien de la religion que pour le maintien de la tranquillité intérieure ».

Le contenu et l’analyse de ce texte fondamental seront présentés dans un prochain article. Il faut cependant conclure celui-ci par deux précisions :

  • Le traité concordataire sera complété par des lois françaises, les Articles organiques. D’autres textes fixeront les relations avec l’État et l’organisation interne des autres cultes présents en France au début du XIXe siècle : les cultes protestants (réformés et luthériens) et le culte juif.
  • Tous ces textes connaîtront des adaptations, des compléments, tout au long du siècle et seront abrogés par la loi du 9 décembre 1905 de Séparation des Églises et de l’État.

La parenthèse révolutionnaire – Michel SEELIG –

Dès août 1789, la Révolution commence à mettre à bas cet édifice …
Le principe de la religion d’État est, de fait, aboli par la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen qui consacre liberté de conscience et liberté d’expression.
C’est aussi la fin des avantages et privilèges de l’Église : ses très importants biens, notamment en terres et immeubles, sont nationalisés. Son exemption fiscale est abolie. Une part importante de ses ressources est tarie avec la suppression de la dîme (prélèvement qu’elle effectuait sur toutes les productions, surtout agricoles).

Puis, c’est un de ses principaux moyens de contrôle social qui disparaît avec la création de l’état civil : dorénavant, naissances, mariages et décès sont enregistrés en mairie et l’inscription sur les registres paroissiaux devient facultative. Le mariage devient un simple contrat entre deux personnes, libres de le rompre par un divorce.
Les Révolutionnaires voudront bientôt appliquer les principes démocratiques à l’Église, avec l’élection des curés et des évêques. Les clercs devront prêter allégeance aux dirigeants de la Nation par un serment civique. C’est toute l’organisation de l’Église de France qui est ainsi remodelée par la Constitution civile du clergé de juillet 1790.
Le monopole institutionnel de l’Église est aboli : protestants et juifs, jusque-là persécutés ou, au mieux, tolérés, deviennent citoyens.

Mais, après l’exécution de Louis XVI (21 janvier 1793) et les enrôlements massifs de paysans dans les armées révolutionnaires qui font face aux assauts des puissances européennes liguées contre la République , une guerre civile fait des ravages, avec des régions particulièrement touchées. Une partie non négligeable du clergé prend parti pour la monarchie, refuse le serment civique… et les Vendéens se constituent en une Armée catholique et royale.
Les Républicains poursuivent leur action contre l’Église : le 2 sans-culottide an II (18 septembre 1794), tout financement des cultes est supprimé ; le 3 ventôse an III (21 février 1795), est affirmé à la fois la liberté des cultes et la séparation des Églises et de l’État.
L’ambitieux général, vainqueur en Italie, de retour d’Égypte, arrive auréolé de gloire à Paris. Le coup d’État du 18 Brumaire an VIII (9 novembre 1799) lui permet de devenir Premier consul, avec des pouvoirs quasi absolus.
Le calme n’est pourtant pas totalement rétabli à l’intérieur et les menaces extérieures subsistent (ce ne sera qu’après la victoire de Marengo que l’Angleterre qui anime la coalition contre la France signe la Paix d’Amiens le 25 mars 1802).

Concordat: un peu d’histoire – Michel SEELIG –

MICHEL SEELIG vous présente une synthèse du concordat en plusieurs volets :

Premier volet : Le ou les concordats ?
Sommaire

Deuxième volet : Concordat… Concordataire…
Sommaire

Troisième volet : A  propos du Concordat
Sommaire:

L’Auteur  : Michel Seelig, président du Conseil de l’IUT de Metz et du Cercle Jean Macé, membre actif de nombreuses associations et structures laïques, est l’auteur de Vous avez dit Concordat ? Sortir progressivement du régime dérogatoire des cultes [L’Harmattan 2015] et de César et Dieu – Deux millénaires de relations entre cultes et pouvoirs [L’Harmattan 2019].

Ces trois volets sont aussi publiés sur le site de :

 

 

Le concordat de 1516 – Michel SEELIG –

Il faut attendre quatre siècles pour qu’un tel texte concerne le Royaume de France, avec le Concordat de Bologne de 1516. Mais revenons quelque peu en arrière. Il nous faut rapidement rappeler les principaux aspects de l’histoire de l’Église catholique et de celle du Royaume de France au cours des quatre premiers siècles du deuxième millénaire.

 

L’Église, au XIe siècle, se dote d’une véritable structure hiérarchique. Jusque-là, les évêques jouissaient d’une grande autonomie, des conciles régionaux définissaient, rituels et pratiques. Les souverains, seigneurs locaux mais aussi rois et empereurs, étaient souvent maîtres des nominations de ces prélats (même si le principe de l’élection des évêques par « le peuple », plus précisément les chanoines de la cathédrale, subsistait, au moins de manière formelle). Avec la Réforme grégorienne, la hiérarchie descendante pape, archevêque, évêque, curé, s’impose peu à peu.
La Papauté se heurte alors à la principale puissance politique de l’époque, le Saint Empire Romain Germanique. C’est la fameuse Querelle des Investitures, investitures des évêques revendiquées par les deux protagonistes. Elle se conclut par le Concordat de Worms, cité plus haut.

Avec les Capétiens (Hugues Capet en 987), se constitue le Royaume de France (Philippe Auguste, au début du XIIIe siècle, sera le premier à porter le titre de roi de France – Avant lui, il n’y a que des rois des Francs). Il lui faudra plusieurs siècles pour prendre possession progressive d’un territoire proche de celui de notre nation actuelle, et jouer un rôle de premier plan en Europe occidentale.
Les évêques, les abbés des ordres monastiques, les curés les plus importants, ne manquent pas de ressource financière… Le roi et le pape souhaitent tous deux en prélever une part… Le conflit sous Philippe le Bel (roi de 1285 à 1314) voit le succès du roi : l’assemblée des évêques de France vote une contribution à la Couronne, les papes s’installent sous contrôle royal à Avignon… C’est le début de ce qu’on appelle le gallicanisme : l’organisation d’une Église « nationale », plus au moins autonome du Vatican et étroitement liée au souverain.

L’affaiblissement du prestige et du pouvoir pontifical conduit à une des plus grandes crises de l’Église en Europe occidentale : le « Grand Schisme » (1378/1417), où l’on voit deux, voire trois personnes se disputer le trône de Saint-Pierre… et surtout les conciles (réunion des évêques et autres prélats de toute l’Église) s’affirmer face au pouvoir du pape, réactiver les procédures d’élection des clercs qui avaient été, peu ou prou, abandonnées.
Dans ce contexte, les papes cherchent des appuis auprès des souverains, rois et empereurs… Les rois de France utilisent cette fragilité de l’Église et modifient leurs alliances en fonction de considérations financières et diplomatiques sur la scène européenne. C’est ainsi qu’en 1438, Charles VII promulgue la Pragmatique Sanction de Bourges, texte qui reprend l’essentiel des décisions des conciles, au détriment du pape. Durant quatre décennies, cet acte sera plusieurs fois abandonné puis réactivé, au gré des circonstances.

Au début du XVIe siècle, les rois de France mènent des guerres de conquête en Italie. Le pape (qui siège à nouveau à Rome) est aussi un souverain temporel : il possède les États pontificaux. Il prend part à des coalitions contre François Ier … et subit avec ses alliés une cuisante défaite à Marignan en 1515.
C’est dans ces circonstances qu’est conclu le Concordat de Bologne, l’année suivante. Ce traité est un compromis. D’une part, le roi renonce à soutenir les conciles et l’élection des évêques, abolit définitivement la Pragmatique. D’autre part, le pape accorde au Roi très Chrétien le privilège unique de pouvoir nommer les évêques avant qu’ils n’obtiennent la consécration religieuse.

Durant près de trois siècles, jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, ce Concordat sera le socle de l’union du trône et de l’autel dans le Royaume. Le roi soutiendra l’Église contre les hérétiques (Réforme protestante) et les déviants (jansénistes) et tous ceux qui mettent en cause le dogme ou l’autorité morale de l’institution.

Le Concordat de 1801

Par Michel Seelig

La reprise par les deux parties du terme déjà vieilli de concordat n’est pas anodine : comme le texte de 1516, celui de 1801 vise à clore une période de conflit entre la France et le Vatican. Et les deux traités, celui de François Ier comme celui de Bonaparte, confèrent au souverain les mêmes privilèges.
L’essentiel du Concordat de 1801 réside dans deux formules :
- Le Gouvernement de la République reconnaît que la religion catholique, apostolique et romaine, est la religion de la grande majorité des citoyens français. [Préambule]
- Sa Sainteté reconnaît dans le premier Consul de la République française, les mêmes droits et prérogatives dont jouissait près d’elle l’ancien gouvernement. [Article XVI]
[Leur lecture éclaire le texte souvent mal compris de la loi de 1905 qui, dans son Article 2 dispose que « La République ne reconnaît… aucun culte.]

Du passé révolutionnaire récent, il est fait table rase… pour définir les relations entre l’Église et l’État, on revient de fait en 1789. Il est vrai cependant que pour effacer la parenthèse révolutionnaire, il est nécessaire de préciser un certain nombre de points, notamment la question matérielle qui pourrait fâcher : « Sa Sainteté, pour le bien de la paix et l’heureux rétablissement de la religion catholique, déclare que ni elle, ni ses successeurs, ne troubleront en aucune manière les acquéreurs des biens ecclésiastiques aliénés, et qu’en conséquence la propriété de ces mêmes biens, les droits et revenus y attachés, demeureront incommutables entre leurs mains ou celles de leurs ayant cause. » [Article XIII]

La Constitution civile du clergé de 1790 avait provoqué un schisme au sein de l’Église de France, des clercs (curés, évêques, archevêques…) avait accepté de se soumettre et prêté le serment civique, d’autres l’avaient refusé. Par ailleurs, les anciens diocèses avaient été supprimés, les nouveaux prenaient le département comme assise territoriale, sans l’aval de la Papauté. Le Concordat permet de repartir sur de nouvelles bases :
- « Il sera fait par le Saint-Siège, de concert avec le Gouvernement, une nouvelle circonscription des diocèses français. »
- « Sa Sainteté déclarera aux titulaires des évêchés français, qu’elle attend d’eux, avec une ferme confiance, pour le bien de la paix et de l’unité, toute espèce de sacrifices, même celui de leurs sièges. »
- « D’après cette exhortation, s’ils se refusaient à ce sacrifice commandé par le bien de l’église (refus néanmoins auquel sa Sainteté ne s’attend pas), il sera pourvu, par de nouveaux titulaires, au gouvernement des évêchés de la circonscription nouvelle… » [Articles II et III]

Il en est de même pour les paroisses :
- « Les évêques feront une nouvelle circonscription des paroisses de leurs diocèses, qui n’aura d’effet que d’après le consentement du Gouvernement« .
- « Les évêques nommeront aux cures. »
- « Leur choix ne pourra tomber que sur des personnes agréées par le Gouvernement. » [Articles IX et X]

L’Aurore: Monsieur le Président, ne placez pas la laïcité entre parenthèses.

L’AURORE – Gilles CLAVREUL, Jean GLAVANY – 10 Avril  2020

« L’allocution du 16 mars dernier du chef de l’État,  par lequel le Président s’inquiète des contraintes qui pèsent sur nos « vies spirituelles », comporte trois erreurs. »

« La première est de limiter la spiritualité et la transcendance aux seules religions.  »

« La deuxième erreur est de s’adresser aux juifs, aux chrétiens et aux musulmans, et à eux seuls, entrant dans une logique de reconnaissance des cultes, ou plutôt de certains cultes, contraire à l’article 2 de la loi du 9 décembre 1905. »

« La troisième erreur, conséquence des deux premières, est qu’en souhaitant de bonnes fêtes aux seuls croyants des trois monothéismes, le chef de l’Etat a parlé à certains Français en oubliant tous les autres. »

LIRE L’ARTICLE

États-Unis – Les manifs anti-IVG continuent malgré la pandémie

Repéré par Claire Levenson — 7 avril 2020 à 10h32 slate.fr

En Caroline du Nord et dans le Michigan, des personnes anti-avortement arrêtées pour violation des règles de confinement intentent des procès aux autorités locales.

Plusieurs églises américaines ont déjà intenté des procès aux autorités locales qui interdisent les rassemblements en raison de l’épidémie de coronavirus. C’est maintenant au tour des activistes anti-avortement de lancer des poursuites. Dans le Michigan et en Caroline du Nord, des anti-IVG maintiennent que les mesures de confinement qui interdisent leurs manifestations devant des cliniques d’avortement constituent des violations de leur droit à la liberté d’expression.

 

Le 4 avril à Charlotte en Caroline du Nord, la police a dispersé une cinquantaine de personnes venues manifester contre l’avortement devant une clinique et huit ont été arrêtées. Le 30 mars à Greensboro, une autre ville de Caroline du Nord, sept activistes avaient aussi été arrêté·es dans des circonstances similaires.

 

Après ces arrestations, un groupe religieux conservateur, l’Alliance Defending Freedom (ADF), a porté plainte contre les autorités locales, estimant que les manifestations anti-IVG devaient être considérées comme «essentielles» et donc autorisées malgré les ordres de confinement. «Si les cliniques d’avortement peuvent rester ouvertes pendant une pandémie, les chrétiens doivent pouvoir prier dehors», a déclaré une avocate de l’ADF.

 

Dérogation au confinement

Un élu municipal a expliqué que ces manifestations étaient particulièrement préoccupantes car les activistes s’étaient déplacé·es entre Charlotte et Greensboro pour aller protester, un déplacement qui peut contribuer à la propagation du virus.

 

Dans le Michigan, deux militants anti-avortement qui ont été interpellés par la police devant une clinique de Detroit ont aussi porté plainte contre la gouverneure de l’État et contre la ville. Ils sont représentés par l’American Freedom Law Center, un groupe conservateur spécialisé dans ce genre de plaintes. Comme les anti-IVG de Caroline du Nord, ils soutiennent que s’il est possible de marcher sur un trottoir, il devrait aussi être légal de manifester devant une clinique.

 

La gouverneure du Michigan avait mis en place une exemption religieuse à son ordre de confinement afin que certaines églises puissent continuer à se rassembler en respectant les règles de distanciation sociale. Or les anti-avortement veulent exploiter cette dérogation en soutenant que leurs manifestations sont l’équivalent de rassemblements religieux.

Communiqué du Collectif Contre le Terrorisme.

Attaque terroriste de Romans-sur-Isère

Alors que la population souffre tant de la pandémie, une attaque TERRORISTE a été commise ce 4 avril à Romans-sur Isère ! C’est bien de terrorisme qu’il s’agit et les victimes doivent être reconnues comme victimes du terrorisme. Nous exprimons nos condoléances aux familles des deux personnes tuées, nos souhaits de guérison aux blessés.

Nous voulons aussi crier notre colère et notre indignation. L’Etat Islamique expliquait le 19 mars dans son organe Al Naba que le moment était bienvenu pour commettre des attaques chez “les croisés,” les forces de sécurité étant mobilisées contre le COVID 19.

Nous devons donc résister aujourd’hui à deux fléaux, la pandémie mais aussi le terrorisme islamiste.

Voir sur le site du MPCT: En savoir plus
Premières associations signataires

MPCT Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme

LDIF, Ligue du Droit International des Femmes

Comité Soudan

Association de la communauté Darfourie en France

Association de la Communauté Four en France

Association  solidarité Amis du Soudan

Alliance Internationale des Femmes

IRESK, Institut de recherche et d’études stratégiques de Khyber

Les dorines

Collectif Urgence Darfour

PEREC, Pour une école républicaine et citoyenne

Les vigilantEs

CLER, Commission de lutte contre les extrémismes religieux

ÉGALE

Voir sur le site du MPCT :

Les religions toxiques

Chaque religion connaît son aile rigoriste, ce phénomène n’est pas nouveau. Mais en période de pandémie, les extrémistes se révèlent particulièrement toxiques pour le reste de la population. Leurs prises de position comme leurs actes témoignent à la fois d’une ignorance abyssale et du mépris total de la vie humaine, y compris de celle de leurs adeptes.

Ceux qui nient simplement la réalité de la pandémie.

Ils partagent ce fâcheux comportement avec certains dirigeants, comme Bolsonaro au Brésil, ou encore Alexandre Loukachenko en Biélorussie[1] pour qui l’épidémie n’est qu’une « psychose », ou même Donald Trump dans les premiers jours de l’épidémie aux États-Unis.

En Grèce, au mois de Mars, l’Église de Grèce refusait les consignes du gouvernement et voulait continuer de donner la communion[2]. Elle récusait totalement toute possibilité de transmission de la maladie par la participation à l’eucharistie et à la communion. Non loin de là, l’Église grecque-orthodoxe de Chypre, tout en recommandant de respecter les mesures de prévention, assurait dans le même temps que « penser que la Sainte Communion peut transmettre une quelconque maladie » relevait du « blasphème ».

Ceux qui lui donnent une explication divine

Ils confortent leur discours de propagande habituel. C’est le cas de l’État islamique. Comme l’écrit Myriam Benraad[3] Chercheuse et professeure associée en science politique et relations internationales, Sciences Po – USPC : « Dans un éditorial en février dernier ouvrant sa principale publication arabophone « An-Naba’ », entièrement consacré à la pandémie, l’État islamique (EI) soutenait ainsi que Dieu prenait là une revanche impitoyable contre les « croisés » et les « adversaires de l’islam » – au premier rang desquels la Chine, l’Europe, les États-Unis et l’Iran chiite –, leur infligeant un supplice inouï, durable, et des souffrances décuplées répondant à celles subies par les musulmans sunnites partout sur la planète. Des groupes comme Al-Qaïda ou Boko Haram se sont également félicités de ce drame global. » Mais comme ils ne sont pas dupes de ce discours destiné à leur base, ils recommandent par ailleurs d’éviter les voyages vers l’Europe.

Ceux qui pensent que la prière ou les rituels peuvent guérir.

Les islamistes marocains se sont révélés tout aussi dangereux en appelant au rassemblement pour prier Allah alors que le gouvernement avait décrété un confinement. Des foules compactes se sont ainsi constituées dans les rues de Fès et de Tanger, entre autres, avec comme conséquence, une propagation accrue du virus dans les jours suivants.

Les leaders pentecôtistes au Brésil[4], se distinguant de la majorité des autres prêtres évangéliques, ont refusé de fermer leurs églises, prétendant lutter contre le virus par la prière. Il est vrai que le comportement irresponsable de Bolsonaro les conforte dans ce comportement, tandis que la justice et le personnel soignant se trouvent seuls en première ligne, mais pas sans efficacité heureusement.

En Israël, ce sont les ultraorthodoxes qui refusent de se confiner et continuent de se rendre dans les synagogues, pour des offices collectifs. A Bnei Brak, par exemple, banlieue de Tel Aviv où ils vivent en majorité, 900 personnes contaminées étaient recensées le 2 avril, soit 38% de la population. La ville est confinée et les entrées et sorties sévèrement contrôlées. La police effectue régulièrement des descentes dans des synagogues et arrête des récalcitrants réunis pour prier. Au total, un patient hospitalisé sur deux appartient à ces communautés orthodoxes alors qu’ils représentent seulement 10% de la population.

Le summum est sans doute atteint par l’Iran, où le déni de la maladie est constant. Quand les dirigeants font référence à la maladie, c’est pour dénoncer une pseudo guerre dans laquelle les États Unis auraient volontairement contaminé le pays. Les rassemblements, pèlerinages continuent d’être encouragés et organisés par le pouvoir en place. L’ONG Médecins sans Frontières avait dépêché une équipe sur place et s’est vue refoulée à la frontière. Le Comité de la morale dans la recherche de la ville de Qom, épicentre de l’épidémie dans le pays, parle de « l’effet des violettes et de l’huile aromatique d’amande douce sur la qualité du sommeil et de la respiration des patients atteints de maladie coronarienne ».

Et que dire de ceux qui, à Paris, à Saint Nicolas du Chardonnet ont tenté de célébrer un messe de Pâques clandestine, avant que la police n’intervienne pour mettre fin à cette folie ?

 L’obscurantisme, un danger pour tous

Nous ne connaissons pas et ne pouvons pas connaître le nombre de victimes dues au coronavirus en Iran et dans d’autres pays aux pratiques opaques et les comparaisons qui sont souvent faites dans les médias sur l’état de la pandémie, pays par pays, ne tiennent compte que de données officielles dont beaucoup sont, pour ces raisons en particulier, sujet à caution.

Il reste préoccupant de voir combien des croyances peuvent projeter des individus hors de la réalité et les pousser à adopter une sorte de pensée magique où le remède à tous les maux et au pire d’entre eux, la mort, est apporté par la divinité. La prière ou encore des recettes fantaisistes sont vantées par des prêtres, dont l’intention première est de détourner les fidèles des recommandations du corps médical et des lois de la « société profane ».

S’il n’est pas dans notre propos de nier ce que la prière peut apporter de réconfort moral aux croyants, il est évident que les recommandations dévoyées qui la transforment en thérapie ou en vaccin contre la maladie relèvent de l’obscurantisme.

Loin de ne mettre que leur propre santé et celle des fidèles en péril, c’est à la sécurité de tous les citoyens que ces fanatiques s’en prennent.

Martine Cerf

[1] Benoit Vidkine, Lemonde.fr 01-04-2020

[2] Arnaud Bavilacqua, La Croix, le 11-03-2020

[3] https://theconversation.com/quand-la-propagande-djihadiste-sempare-de-la-crise-sanitaire-135886

[4] Bruno Meyerfeld, LeMonde.fr 02-04-2020

La Présidente de la Commission européenne rappelle que les valeurs européennes doivent etre respectées

Madame Ursula Von Der Leyen a rappelé dans une déclaration publiée le 31 mars 2020, que les mesures de lutte contre la pandémie de Covid-19 prises par les Etats membres, devaient respecter les valeurs défendues par l’Union européenne, en particulier s’agissant des libertés. Cette déclaration fait suite aux mesures excessives du gouvernement Orban, qui, en Hongrie, profite de la situation pour limiter encore plus les libertés publiques.

Un guide pour lutter contre les violences intrafamiliales.

L’Assemblée des Femmes :  « En raison du confinement, les victimes de violences sont aujourd’hui enfermées 7/7 avec l’auteur des violences. Plusieurs dispositifs ont été mis en place ou renforcés.
Pour y voir plus clair et gagner en efficacité, l’Assemblée des Femmes a réalisé un guide à l’attention des victimes et des témoins. »

« La fermeture des écoles et des crèches, les mesures de confinement, le retour aux tâches essentielles de l’existence humaine, garder les enfants, apporter les soins, veiller sur les plus fragiles et les plus isolés (es), la charge mentale qui en résulte va placer en première ligne les femmes. »

« Vous y retrouverez la liste des dispositifs pouvant vous sauver ou sauver votre voisine, une proche ou une connaissance, ainsi que les numéros utiles et de nombreux conseils. »

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ICI, télécharger le guide pour lutter contre les violences conjugales en période de confinement.

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Edité par: Le site l’assemblée des Femmes

Le site du gouvernement : https://arretonslesviolences.gouv.fr/     

« La Réunion, les secrets de l’Île harmonieuse », oui mais !

Sur France Ô métropole,(* 1) nous avons pu voir tout récemment un beau documentaire sur « La Réunion, les secrets de l’Île harmonieuse ». Ce film met en exergue le « vivre ensemble réunionnais », notamment en ce qui concerne la cohabitation des religions. Néanmoins, à partir de la quarantième minute, ça se gâte. En effet, on peut y voir des atteintes sérieuses à la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Églises et de l’État comme des gendarmes en uniforme participant à des cérémonies et traditions religieuses …
Au-delà de ce documentaire, nous savons que souvent, les sous-préfets d’arrondissement sont présents dans ces mêmes cérémonies.

La société réunionnaise est en effet construite sur la base du communautarisme. Mais lors de la dernière campagne électorale des municipales, on a pu constater que le « vivre ensemble » n’est pas aussi clair. Nous avons pu entendre des discours reprenant des expressions racistes et des tournures pour le moins contraires à la cohabitation pacifique des religions.

Aurore Lagardère –  Michel Fouillet

Le Conseil scientifique ignore la laïcité

Le 23 mars 2020, le Conseil scientifique publiait un avis à la demande du ministre des Solidarité et de la Santé où, à côté des recommandations de santé publique que l’on attendait de lui, il recommande un « accompagnement spirituel », un « soin pastoral » des citoyens que l’État devrait soutenir : «  Cette permanence prendrait la forme d’accompagnement spirituel et bénéficierait d’écoutants sélectionnés, proposés et pris en charge par chacun des cultes, qui sont disposés à les mettre à disposition dans les plus brefs délais. Les écoutants, qui répondront dans une démarche inter-cultes, pourront orienter ceux qui le souhaitent vers des personnes désignées par chaque culte pour répondre à leurs besoins spécifiques. » écrit-il.

Ce Conseil, sans doute fort compétent en matière de santé, ignore totalement l’obligation de neutralité que l’État se doit de conserver en matière d’engagement spirituel. L’État n’a pas à en faire la promotion, fut-il « intercultuel ». Rien ne s’oppose à ce que les cultes mettent en place un numéro vert d’assistance spirituelle pour leurs fidèles, mais le principe de laïcité exige que l’État ne s’en mêle pas, ne le finance pas.

Le Conseil scientifique ignore également que la majorité des citoyens français se disant athées, agnostiques ou indifférents aux religions, les mesures qu’ils préconisent ne concernent qu’une minorité de nos concitoyens.

Bien que l’obligation de confinement s’impose à tous, y compris aux élus, il reste possible de poser au gouvernement, une Question écrite, signée de Françoise Laborde qui vient d’être déposée. Ce texte interpelle le ministre de l’Intérieur et signale l’incongruité de la proposition du Conseil scientifique. Il demande au ministre de rester respectueux des principes de la laïcité, à savoir : pas de reconnaissance ni de financement des cultes et respect de la neutralité de l’État.

Lire la Question écrite

Martine Cerf et Françoise Laborde

 

La Cour européenne des Droits de l’homme ne cautionne pas la « liberté de conscience » prônée par l’Église en matière d’IVG.

D’après un article publié par la Fédération Humaniste Européenne

Le 11 mars, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a refusé de se saisir de l’affaire de deux sages-femmes suédoises qui avaient déposé une plainte pour discrimination, au motif qu’on leur avait refusé un emploi de sage-femme après qu’elles aient exprimé leur impossibilité de collaborer à des avortements en raison de leurs convictions religieuses. Elles alléguaient que cela constituait une violation de leur droit à la liberté de religion et de conscience. La Fédération humaniste européenne (FHE) et les Humanistes suédois se félicitent de la défense d’un accès sûr et légal à l’avortement qui découle de cette décision.

La portée de la décision va au-delà du droit de deux personnes de refuser d’effectuer certaines tâches, car elle affecte directement l’ensemble du système de santé suédois et en particulier l’accès à l’avortement. En déclarant la plainte irrecevable, la Cour a fait un pas important vers la protection de la santé et des droits sexuels et reproductifs des femmes, y compris l’accès à certains types de soins ou à une contraception abordable.

Le cas des sages-femmes suédoises n’est pas isolé. Il s’inscrit dans le cadre d’une campagne active contre l’avortement menée par l’organisation juridique chrétienne Alliance Defending Freedom, connue pour associer homosexualité et pédophilie et pour utiliser la liberté de conscience comme moyen de discrimination à l’encontre des personnes LGBTI. Au cours des dernières années, les mouvements conservateurs et réactionnaires ont gagné du terrain en Europe avec un programme commun : limiter les choix des femmes pour les questions qui concernent leur corps.

La FHE et les Humanistes Suédois rappellent que la liberté de religion ou de croyance, et plus particulièrement l' »objection de conscience », ne doit pas être utilisée pour faire reculer la protection de la santé ni les droits sexuels et reproductifs. Selon le Parlement européen, si les États ont l’obligation de trouver un équilibre entre le droit des prestataires de santé à exprimer leurs convictions et la garantie de l’accès des personnes aux droits sexuels et reproductifs, ils ne l’atteignent pas le plus souvent. Lire le jugement GRIMMARK v. SWEDEN

Traduction et adaptation M.C

« Nous demandons la décanonisation de Jean-Paul II »

Cette tribune, signée de Anne Soupa et Christine Pedotti, publiée le 11 mars 2019, à l’occasion de la journée des droits des femmes n’a pas pris une ride et peut être relue aujourd’hui. Elle témoigne que le combat pour les droits des femmes et l’égalité est porté par des citoyens et des citoyennes de convictions et croyances diverses. Une belle illustration de ce qu’est la laïcité : un principe qui nous permet de construire ensemble une même société plus égalitaire et plus juste. Lire la tribune

La Nouvelle-Zélande dépénalise l’avortement

Respectant une promesse de campagne, Jacinda Ardern,  première ministre néo-zélandaise a fait voter au Parlement ce mercredi 18 mars, la dépénalisation de l’avortement. La loi jusque-là en vigueur, qui datait de 1961, punissait l’avortement de quatorze ans prison, à moins qu’il ne s’agisse d’un cas « extrême » (inceste, anomalie fœtale ou de risque pour la santé physique ou mentale de la femme enceinte) . Ce texte n’avait jamais été appliqué, mais il paraissait indispensable d’y renoncer. Nombre de femmes devaient mentir à leur médecin pour obtenir une IVG.

 

Le sport ciment d’intégration doit être préservé de l’empreinte du religieux.

« L’on observe une intensification de la religiosité dans quelques clubs sportifs […] l’on observe des revendications d’ordre religieux. Ceux-ci sont indéniablement la marque d’une confusion entre l’espace sportif et l’espace cultuel, d’une absence de repères (que déplorent même des éducateurs de confession musulmane), d’une méconnaissance voire d’un refus des codes républicains et laïques. »

« Comme l’école de la République, les clubs sportifs doivent être préservés de l’empreinte du religieux. »

Lire  William Gasparini dans une tribune au « Monde », publiée le 26 février 2020.

A la suite de l’affaire Mila, le Collectif laïque national demande au Ministre de l’Éducation nationale d’agir dans les établissements scolaires

Lorsque la jeune Mila a été menacée sur les réseaux sociaux, certains élèves de son lycée ont relayé ces menaces. Il a fallu la retirer de cet établissement et trouver une solution alternative afin qu’elle puisse poursuivre sa scolarité. Cependant, le Collectif laïque a estimé qu’il était important d’avoir une action pédagogique et disciplinaire à l’encontre des jeunes qui avaient proféré des menaces. Il l’a exprimé dans une lettre adressée à Jean-Michel Blanquer, dont ÉGALE est aussi signataire.

La Grande Mosquée de Paris publie des recommandations pour « Prévenir la radicalisation »

Chems-eddine Hafiz, recteur de la Grande Mosquée de Paris signe un document intitulé « Prévenir la radicalisation’, dans lequel on peut lire : « Rien, absolument rien, ne peut justifier des violences perpétrées au nom de notre religion. » […] « L’islam respecte notamment un principe essentiel de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme : la liberté de conscience, celle de croire ou de ne pas croire. » […] « Que l’on soit citoyen français ou résident étranger, la République assure aux musulmans, dans le respect de la laïcité, qui est un dispositif protecteur pour les fidèles de toutes les religions, la possibilité d’accomplir leur culte librement et sans contrainte. […]

Vingt recommandations pour traiter les menaces qui pèsent sur la société française et sur l’islam.

Lire la lettre des imams de la Grande mosquée de Paris à l’ensemble des musulmans de France  et à la communauté.

Nécessité et impossibilité d’un discours présidentiel sur la laïcité

Par Jean-Éric Schoettl

L’actuel Président de la République n’a toujours pas produit de discours général sur les rapports entre l’État et les religions.

Il devait le faire, disait-on, à la fin de l’année 2018. Ce fut reporté. Il allait le faire, assurait-on, le 18 février 2020 à Mulhouse. Que dirait-il ? Nous n’en savions rien. Que pensait-il ? Nous nous perdions en conjectures.

Nous ne sommes toujours pas fixés. Lui non plus sans doute, tant le sujet est délicat, tant il semble lui glisser des mains. C’est même un des grands angles morts de sa campagne présidentielle, un non-dit du nouveau monde, avec la question, évidemment corrélée, de l’immigration.

Au cours de ses trois premières années de mandat, quelques prises de position éparses d’Emmanuel Macron suscitent la perplexité. Lire la suite

 

A Mulhouse, le président a esquissé les prémisses d’un projet contre le « séparatisme ». Une amorce de réaction bien en deçà du nécessaire.

Que penser du discours du Président de la république du 18 février à Mulhouse, sur la lutte contre le « séparatisme islamique » ?

On peut constater que sa perception de la laïcité n’est pas la nôtre, car elle est associée à la liberté religieuse plus qu’à la liberté de conscience. Même s’il concède parfois qu’on peut ne pas croire, il affirme entre les lignes de toutes ses formulations que la norme serait d’avoir une religion. Les autres convictions étant englobées dans le fait « de ne pas croire ». Parlant de la laïcité, le président Macron s’appuie sur la loi, et la lettre de la loi. Il occulte la volonté émancipatrice de la laïcité, non inscrite dans le texte de la loi de 1905, mais maintes fois réaffirmée par ses promoteurs. Il la remplace par une simple neutralité qui n’incomberait qu’à l’État, les citoyens étant libérés de toute contrainte autre que le respect la loi. Mais que serait l’avenir d’une République laïque, si ses principes n’étaient soutenus par les citoyens ?

Pour ce qui concerne les mesures elles-mêmes, la plupart vont sans aucun doute dans le bon sens : contrôler les investissements étrangers qui s’accompagnent de la volonté de répandre une idéologie contraire aux valeurs de la République, remplacer les enseignements ELCO par des enseignements contrôlés par l’Éducation nationale (qui veillera à l’étude de la littérature plutôt qu’à celle des textes dits sacrés), renoncer aux psalmodieurs et imams importés, agir contre la déscolarisation, les écoles hors contrats aux programmes douteux, soutenir les associations de quartiers, restaurer la présence de l’État…Ces mesures vont dans le bon sens, pour peu qu’elles soient réelles. On peut en douter, comme de l’affirmation que les subventions aux associations de quartiers ont augmenté dans les trois dernières années ! Quant à la présence de l’État dans tous les territoires de la République, il manque encore le grand projet qui inverserait la tendance à la fermeture des services publics dans les lieux abandonnés ces dernières années.

Alors oui, ces mesures amorcent une politique, mais certainement pas de nature à faire barrage aux graves questions posées par l’infiltration des frères musulmans dont le projet avoué est d’islamiser la société en retournant contre elle ses propres principes démocratiques ou par l’imprégnation des idées salafistes qui conduisent ses adeptes à se tenir en marge d’une société dont ils exècrent les valeurs. Saluons à ce propos le récent manifeste de la Grande Mosquée de Paris : « Prévenir la radicalisation, vingt recommandations pour traiter les menaces qui pèsent sur la société française et sur l’islam ».

Les idées que le gouvernement veut combattre sont largement véhiculées par certains de nos concitoyens. Pour lutter contre ces projets de société antirépublicains, anti laïques, liberticides, il faut proposer un projet positif de société, clairement exprimé, qui entraîne et rassemble. Un projet de société laïque, fondé sur la liberté individuelle dans le respect de l’intérêt général, sur l’égalité de tous et la justice sociale, sur la fraternité enfin qui se traduit par la solidarité et l’attention à l’autre pour ne laisser personne de côté.

Françoise Laborde et Martine Cerf

 

Génération offensée

«  C’est l’histoire de petits lynchages ordinaires, qui finissent par envahir notre intimité, assigner nos identités, et censurer nos échanges démocratiques.  Une peste de la sensibilité. Chaque jour, un groupe, une minorité, un individu érigé en représentant d’une cause, exige, menace, et fait plier.
Au Canada, des étudiants exigent la suppression d’un cours de yoga pour ne pas risquer de «  s’approprier  » la culture indienne. Aux États-Unis, la chasse aux sorcière traque les menus asiatiques dans les cantines et l’enseignement des grandes œuvres classiques, jugées choquantes et normatives, de Flaubert à Dostoïevski. Des étudiants s’offusquent à la moindre contradiction, qu’ils considèrent comme des «  micros-agression  », au point d’exiger des «  safe space  ». Où l’on apprend en réalité à fuir l’altérité et le débat.
Selon l’origine géographique ou sociale, selon le genre et la couleur de peau, selon son histoire personnelle, la parole est confisquée. Une intimidation qui va jusqu’à la suppression d’aides à la création et au renvoi de professeurs. La France croyait résister à cette injonction, mais là aussi, des groupes tentent d’interdire des expositions ou des pièces de théâtre… souvent antiracistes  ! La police de la culture tourne à la police de la pensée.  Le procès en «  offense  » s’est ainsi répandu de façon fulgurante. «  L’appropriation culturelle  » est le nouveau blasphème qui ne connaît qu’une religion  : celle des «  origines  ».  » C. F.

Sans jamais vouloir  revenir à l’ancien temps, Caroline Fourest trace ici une voie authentiquement féministe et antiraciste, universaliste, qui permet de distinguer le pillage de l’hommage culturel.

Lire l’interview de Caroline Fourest

En librairie dès le 26 Février 2020

ABROGER LES ACCORDS DE LATRAN OU AU MOINS LES REFORMER

Par Marcello Vigli 13/02/2020

Près d’un siècle s’est écoulé depuis février 1929, lorsque le cardinal Pietro Gasparri et Benito Mussolini ont signé ce qui est entré dans l’histoire comme les Accords de Latran et pourtant il y a toujours ceux qui continuent de demander leur annulation. Non seulement les laïques anticléricaux « habituels » qui revendiquent la laïcité de l’État, mais aussi de nombreux catholiques « conciliaires » qui se sentent légitimés par la renaissance du message conciliaire du pape François. Lire la suite

Affaire MILA : Que se passe-t-il au pays de Voltaire et Diderot ?

« Une jeune femme dont la vie est mise en danger pour avoir usé de sa liberté d’expression. […] Cette affaire trahit un inquiétant brouillage des repères que la société se donne en matière de libertés fondamentales. Le délit de blasphème n’existe plus depuis 1881…[…] Le comble de la confusion est atteint lorsque la ministre de la Justice, …

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Egale écrit à la ministre de la Justice

A la suite des déclarations de Madame Belloubet sur les limites que selon elle, la liberté d’expression devait avoir, il nous a semblé important de lui demander de clarifier sa position quant à la nécessité d’interpréter le droit ou de légiférer dans ce sens. Lire la lettre adressée à Mme Belloubet par la présidente, Françoise Laborde

La Hongrie tourne le dos à l’Europe

Un rapport écrit par un certain nombre de personnalités et intellectuels hongrois a été présenté le 28 janvier 2020 au Parlement européen. Il met en évidence la façon dont le gouvernement Orbán procède depuis de nombreuses années pour que toute la politique culturelle, d’éducation et de diffusion de l’information soit au service de la propagande officielle du Fidesz. Relecture de l’actualité, réécriture de l’histoire et des traditions hongroises, abandon de l’éducation aux églises, oppositions aux valeurs européennes et des Lumières, éviction de tous ceux qui ne soutiennent pas le gouvernement sont les maîtres mots de la politique gouvernementale. Ils ont conduit à une terrible régression culturelle de la Hongrie.

Au delà de ce qui concerne leur pays, les auteurs du rapport veulent nous alerter sur les conséquences désastreuses sur le long terme de l’arrivée au pouvoir d’un parti populiste.

Lire le résumé (en français). Lire le rapport (en anglais)

L’affaire Mila et la réintroduction du délit de blasphème en droit français

Par Jean-Éric Schoettl

L’incrimination de blasphème a été abolie en France avec l’abrogation des délits d’outrages à la « morale publique et religieuse » ainsi qu’aux « religions reconnues par l’État », concomitamment à la proclamation de la liberté de la presse en 1881.

L’alliance d’une cabale des dévots d’un nouveau type, d’une part, et du souci exacerbé de ménager la sensibilité de l’Autre, d’autre part, va-t-elle conduire à revêtir d’habits neufs le délit de blasphème ?

Telle est, entre autres problèmes de société, la question que pose l’affaire Mila. Lire la suite

Le Conseil de l’Europe a suivi les recommandations des laïques en rejetant les accommodements raisonnables

Ce mercredi 29 janvier 2020, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a voté la résolution « Protection de la liberté de religion et de conviction sur le lieu de travail »  en adoptant les amendements proposé par les laïques et en refusant la notion d’accommodements raisonnables. Le danger était que cette notion qui n’existe pas dans le droit européen, y soit introduite et serve ensuite de prétexte pour accorder la primauté aux impératifs religieux et à refuser des libertés aux citoyens au nom de la religion. Ce point de vue dont les dégâts sont visibles au Canada et sert en particulier dans les instances internationales, à combattre les  droits des femmes et des personnes LGBT, entre autres.

En clair, à l’issue de ce vote, les États membres du Conseil de l’Europe ne recevront pas de recommandation d’inscrire les accommodements raisonnables dans leur droit national, ce qui aurait été le cas si le texte initial avait été voté.

ÉGALE  avait été alertée par la Fédération Humaniste européenne (FHE), dont elle est membre, et avait fait parvenir aux députés français une lettre  accompagnée un texte précis expliquant les conséquences liberticides des accommodements raisonnables ainsi que les propositions d’amendements que nous recommandions. Ces amendements consistaient à remplacer les accommodements raisonnables par les principes d’égalité et de non discrimination.

D’autres associations membres ayant également agi de même dans leurs pays respectifs, l’information est parvenue aux bons interlocuteurs et nous avons été entendus.

Martine Cerf

 

Mila et cie : de l’outrage à l’outrance

Après que Mila, une adolescente a été menacée de mort pour avoir critiqué l’islam sur Instagram, le débat public a été traversé par l’amalgame entre la notion d’insulte à la religion et celle d’atteinte à la liberté de conscience. Où en est-on aujourd’hui avec le droit de critiquer la religion?

Entretien avec : Razika Adnani, Martine Cerf, Richard Malka, Jean-Eric Schoettl

Ecouter l’émission « Signes des temps » par Marc Weitzmann (France Culture) du 02 février 2020

Affaire Mila : « Les propos de Nicole Belloubet sont irresponsables et fondés sur une ineptie juridique »

La garde de Sceaux a provoqué un tollé en assimilant « l’insulte à la religion » à « une atteinte à la liberté de conscience ». Réaction à l’affaire Mila, une adolescente menacée de mort pour avoir critiqué l’islam. Nicole Belloubet plaide la maladresse. Propos scandaleux pour l’avocat de l’adolescente.

Lire et écouter l’entretien avec Maître Richard Malka, l’avocat de l’adolescente et de Charlie Hebdo, 

L’affaire Mila ou le retour du délit de blasphème

Faut-il assister, quelques années après son abolition au retour du délit de blasphème ? Aura-t-il suffi qu’un groupe de fanatiques hausse le ton, pratique couramment la menace de mort sur les réseaux sociaux pour que les belles résolutions du législateur dans la défense de la liberté d’expression soient à nouveau remises en cause ?

Les faits sont pourtant assez simples et limpides : une adolescente, Mila, s’en prend violemment sur Instagram, à une religion qu’elle exècre (c’est son droit), en réponse aux propos harcelants d’un dragueur plutôt insistant. Aussitôt déferlent sur elle des insultes sexistes et menaces de mort que certains trouvent justifiés. Pourtant, les propos de Mila n’étaient pas un appel à la haine de qui que ce soit, elle n’a pas contrevenu à la loi. Mais voilà que certains voudraient la faire passer de victime à coupable. Au lycée, les reproches pleuvent, elle ne peut plus s’y rendre, un porte-parole du CFCM déclare : «Elle l’a cherché, qu’elle assume», pire, le procureur de la République de Vienne a jugé opportun d’ouvrir aussi une enquête contre elle pour «provocation à la haine religieuse».

La liberté d’expression est pourtant, à l’évidence la liberté de dire ce que certains approuveront et qui peut-être en choquera d’autres. Mais cela déplaît aux censeurs qui voudraient interdire de parole tous ceux qui ne partagent pas leur avis et pratiquent couramment l’intimidation, les insultes et les menaces de mort. Soutenus et encouragés en cela par ceux qui par peur ou par lâcheté, épousent leur point de vue, pour ne « pas faire de vagues ».

Pourtant c’est la démocratie elle-même, derrière la liberté d’expression, qui est attaquée et c’est bien elle qu’il faut défendre sans concession aucune ou renonciation aux libertés qu’elle garantit.

N.B. Nous prenons acte de la rectification tardive opérée par Madame Belloubet, garde des sceaux. Elle était parfaite sur le fond, mais arrivait si tard…

Martine Cerf

Lire la lettre d’EGALE à Mme Belloubet

Lire la Tribune : «Affaire Mila: prétend-on créer un délit de blasphème dans le droit français?», parue dans le Figaro du 28 /1/2020

Lire la réflexion de Catherine Kintzler sur Mezetulle : « It hurts my feelings »

Je suis Charlie : Les coordinateurs d’ÉGALE en Région en action.

   A RODEZ, Bernard FERRAND Vice-Président représentera ÉGALE , le 11 janvier, lors du rassemblement en hommage à Charlie Hebdo. Lire l’article de la Dépêche

A ST PHILIBERT, (Morbihan) Yves Le Bihan rend hommage à Charlie sur son mur de maison. La liberté d’expression .Lire la suite

A TOULOUSE,  Place du Salin, le 11 janvier à 14h00, Francoise Laborde Sénatrice de Haute Garonne et Présidente d’ ÉGALE participera à la manifestation en hommage à Charlie. Lire l’intervention du 8 janvier au Senat.

Francoise Laborde Sénatrice de Haute Garonne et Présidente d’ ÉGALE à l’Assemblée Nationale pour la projection du documentaire  » Rien n’est pardonné »  Lire la suite

Québec abolit le cours d’Éthique et Culture religieuse

10 janvier 2020 à 5h00 Hugo Pilon-Larose, La Presse.ca

Le gouvernement Legault abolit le cours d’éthique et culture religieuse (ECR), dont le titre accorde une « importance démesurée » aux religions, pour le remplacer dès la rentrée scolaire 2022-2023 par un nouveau programme dont le contenu reste à définir. Lire la suite

Report de la manifestation parisienne : « DE CHARLIE A LA RÉPUBLIQUE » prévue le 11 janvier 2020

C’est avec regret que les associations initiatrices du « Collectif du 11 janvier » ont pris la décision de repousser la manifestation prévue à Paris à une date ultérieure, qui vous sera communiquée au plus tôt.

En effet, nous ne pouvons que constater que les conditions requises pour un tel événement ne sont pas réunies. La grève des transports rendra très malaisé voire impossible l’accès aux lieux de rassemblement dans la capitale. La multiplication des manifestations engendrées par le mouvement social, le 9 janvier et désormais le 11, dans un secteur très proche de celui qui était choisi, rend la tenue de l’événement encore plus difficile.

Nous avons donc décidé de reporter l’événement pour en assurer le succès et l’indispensable sérénité.

ATTENTION : CETTE DÉCISION NE CONCERNE QUE LA MANIFESTATION PARISIENNE. LES ÉVÈNEMENTS PRÉVUS EN RÉGIONS AURONT BIEN LIEU AVEC LE TOTAL SOUTIEN ET LA PARTICIPATION DU « COLLECTIF DU 11 JANVIER ».

 

 

De Charlie à la République : rassemblons-nous le 11 janvier 2020 !

Il y a cinq ans, des millions de citoyens se rassemblaient pour affirmer leur solidarité avec Charlie hebdo, les morts de l’hyper casher et les policiers, tous assassinés au nom de l’obscurantisme et du terrorisme islamiste.

Depuis cinq ans, d’autres attentats et d’autres tueries se sont ajoutés à celle-là. Nous n’oublions aucun mort ni aucun blessé depuis ceux de 2012 à Toulouse et Montauban.
C’est pourquoi le Collectif du 11 janvier appelle à un grand rassemblement national le samedi 11 janvier 2020 à Paris et dans toutes les villes de France.

De Charlie à la République, il n’y a qu’un chemin : celui du courage et de la liberté.  Lire la suite.

ÉGALE  a rejoint le collectif du 11 janvier. Les dernières informations sur ce rassemblement seront données sur la Page Facebook l’événement. Un compte twitter est également ouvert.