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Interventions divers

Inde : des humanistes signent une lettre ouverte pour la protection de Narendra Nayak

Narendra Nayak est biochimiste et président de la Fédération des associations rationalistes indiennes. Il fait campagne depuis des décennies contre la superstition, dénonçant les actions frauduleuses des soi-disants « hommes de Dieu » . Il plaide pour le maintien de la laïcité dans un pays où le discours nationaliste hindou a fortement progressé au cours de la dernière décennie. Il est pour cela menacé de mort et vivait sous protection policière.

Selon Humanists International, Nayak a reçu le 4 mars 2023 une notification du commissaire adjoint de la police (DCP) de Mangalore l’informant qu’il serait désormais tenu de payer pour sa protection. Bien qu’étant une personnalité marquante de la communauté rationaliste, Nayak n’a pas les moyens de se payer cette protection vitale. Il a fait part de ses graves inquiétudes au DCP, expliquant que la perte de sa protection équivaudrait à « une invitation ouverte à toutes ces forces qui veulent en finir avec moi ».

Malgré cela depuis le 30 mars 2023, la protection de Nayak a été retirée. Il reste exposé à un risque imminent, car il continue de faire face à des menaces sérieuses et crédibles contre sa vie et à des campagnes de diffamation en cours.

Humanists International a lancé une campagne de signatures d’une lettre ouverte demandant aux autorités de rétablir cette protection vitale.

Pour signer la lettre ouverte : https://humanists.international/fr/2024/07/india-humanists-sign-open-letter-on-behalf-of-narendra-nayak/

 

Des jeunes filles bien élevées

La presse s’est fait l’écho récemment de l’annonce de l’ouverture prochaine d’une école traditionaliste près de Lyon, à Chatillon-sur-Chalaronne dans l’Ain.

On peut faire confiance aux promoteurs du projet: Jacques Madi, ancien membre de Civitas, association traditionaliste dissoute en 2023, et Thérèse son épouse.

La « Maison d’éducation Pauline Marie Jaricot » doit accueillir ses premières élèves à la rentrée de septembre.

Le projet reposera sur six piliers : la formation chrétienne, l’apprentissage des savoirs, la culture artistique, le dépassement de soi, le bon esprit et le devoir de mémoire. Selon Le Progrès, les célébrations religieuses se feront selon le rite du pape traditionaliste Pie V. » Le tout pour la modique somme de 350 euros par mois.

Les visiteurs de l’ancien musée de la commune ne seront sans doute pas dépaysés puisque cette nouvelle Maison d’éducation offrira un beau voyage dans le passé. L’établissement scolaire non-mixte, hors-contrat permettra aux jeunes filles de suivre une éducation saine telle qu’on la concevait au XIXè siècle. L’école indique aussi que « pour préparer les jeunes filles au plein épanouissement de leurs talents et à l’éducation de leur sensibilité féminine », des cours de couture, de cuisine ou encore d’art floral seront dispensés.Les fondateurs promeuvent une « formation intégrale des jeunes filles afin que ces dernières deviennent des femmes libres et responsables en vue du Ciel ».

Difficile de réclamer des droits plus essentiels pour les femmes en 2024.

Afin de ne pas trop s’épanouir quand même, les élèves « devront porter des jupes ou des robes en dessous des genoux ainsi que des hauts couvrant les épaules. Aucun pantalon ni décolleté ne sera toléré dans l’enceinte de l’établissement. À l’inverse, les élèves devront systématiquement se couvrir la tête dans les lieux saints.

Devant les critiques soulevées localement et nationalement, Thérèse Madi a déploré que les « gens ne soient pas plus ouverts. » On ne peut qu’être d’accord avec elle.

Enfin, le directeur diocésain de l’enseignement catholique de l’Ain ne reconnaissant pas cette nouvelle école, ses élèves ne pourront pas profiter du restaurant scolaire de l’autre école privée voisine.

Cela permettra donc d’ajouter le jeûne à tous les autres avantages de la Maison d’éducation Pauline Marie Jaricot.

JP Gross

Sources:

L’État de Louisiane impose l’affichage des dix commandements dans les salles de classe

La Louisiane est devenue, mercredi 19 juin, le premier État américain à inscrire dans la loi l’obligation d’afficher les dix commandements dans toutes les salles de classe des écoles publiques, de la maternelle aux universités, et ce d’ici le début de l’année 2025.
Jeff Landry, le gouverneur républicain de cet État conservateur du Sud, a promulgué une proposition de loi qui prévoit que les dix commandements soient affichés sur des posters ou dans un cadre suffisamment « large et avec une police adaptée pour être lisibles ».
« Car si l’on veut respecter l’État de droit, alors il faut partir de la loi originelle, celle de Moïse », a-t-il dit lors d’une cérémonie de signature.
Les opposants ont remis en question la constitutionnalité de cette loi. L’ACLU (American Civil Liberties Union), la grande organisation américaine de défense des libertés (ACLU  pour the American civil liberties union) a aussitôt dit qu’elle porterait l’affaire devant la justice.
« La loi viole la séparation de l’Église et de l’État et est clairement anticonstitutionnelle », a-t- elle dit dans un communiqué. Le premier amendement de la Constitution des Etats-Unis prohibe l’établissement d’une religion nationale ou la préférence d’une religion sur une autre.
Selon l’ACLU et deux autres associations, cette loi empêchera les élèves ayant des croyances différentes de se sentir en sécurité à l’école.

Une signification historique pour les partisans de la loi
Les partisans de cette loi rétorquent que la mesure n’est pas uniquement religieuse, mais qu’elle a une signification historique. Dans le langage juridique, les dix commandements sont « les documents fondateurs de notre État et de notre gouvernement national », clament-ils.
Les affiches seront accompagnées d’une « déclaration contextuelle » de quatre paragraphes décrivant comment les dix commandements « ont constitué une partie importante de l’éducation publique américaine pendant près de trois siècles ».
Selon la loi, les fonds publics ne seront pas utilisés pour sa mise en œuvre. Les affiches seraient financées grâce à des dons.
D’autres États conservateurs de « la ceinture biblique » du sud des Etats-Unis − comme le Texas ou l’Oklahoma − ont tenté d’adopter des mesures similaires, mais ont renoncé face aux menaces de recours juridiques sur leur constitutionnalité.

Article du journal Le Monde publié le 20 juin 2024

Le Monde avec AP et AFP

Pour se déterminer en républicains et républicaines laïques.

Pour un citoyen attaché aux valeurs républicaines et à la laïcité, le vote des 30 juin et du 7 juillet sera compliqué. Il n’est plus si simple d’adhérer au programme d’un parti et de voter pour son représentant dans sa circonscription.

Nathalie Heinich, dans une récente tribune publiée par Le Monde décrivait le désarroi des électeurs de gauche qui avaient espéré retrouver dans la liste de Raphaël Glucksmann aux européennes, le souffle d’un renouveau. Mais « Il n’aura fallu que quelques heures pour que, tels les enfants dans le roman d’Hector Malot, nous nous retrouvions « sans famille » : sans famille politique ».

Comment sortir de ce dilemme, proche de la sidération dans lequel nous sommes plongés depuis la décision du Président de la république de dissoudre en espérant « une clarification » de l’échiquier politique ? Comment rester cohérent avec les valeurs que nous avons toujours portées, alors qu’elles sont au sein d’une même coalition défendues par les uns et piétinées par les autres ? Que l’antisémitisme, la xénophobie et l’homophobie affichés de certains candidats cohabitent avec des déclarations de fidélité aux valeurs de la république ?

La république est en danger comme elle ne l’avait plus été depuis la fin de la dernière guerre. L’extrême droite xénophobe et raciste est en position de favorite et pourrait bien être appelée à constituer le prochain gouvernement. Le nouveau « front populaire » qui se revendique de valeurs bien peu portées par les membres des partis LFI et NPA n’inspire qu’une confiance limitée à nombre d’électeurs de gauche. La formation Ensemble est plus crédible sur l’affirmation de ces valeurs, mais beaucoup de ses membres ont soutenu les politiques intransigeantes de ces dernières années qui nous ont conduits à la situation présente…

Qu’il me soit permis d’esquisser ici une méthode de réflexion que les électeurs républicains et laïques pourraient mettre en place pour se déterminer : d’abord se souvenir que nos voix n’ont qu’une portée locale dans ces législatives : nous sommes appelés à élire un représentant de notre circonscription, pas le premier ministre. Alors, il nous revient d’analyser avec rigueur qui sont les candidats en présence, qui est celui ou celle qui a le mieux fait la preuve de la solidité de ses convictions, qui n’est pas prêt à les monnayer contre un siège ou un poste, qui a décidé de se battre pour que notre modèle de république laïque et sociale soit préservé, au sein d’une Europe forte et prête à résister aux attaques plus ou moins larvées des dictatures qui rêvent de l’abattre.

Selon les circonscriptions, il est probable que ce ou cette candidate ne sera pas présenté par le même parti, mais aujourd’hui, c’est bien aux citoyens qu’il revient d’œuvrer pour que notre assemblée nationale comporte une majorité de démocrates républicains et laïques… En espérant qu’ils sauront s’entendre pour gouverner ensemble.

Martine Cerf

Cette gauche égarée qui fait la courte échelle aux théocraties

Il faut faire ce constat implacable aujourd’hui : il existe deux gauches qui ne sont pas réconciliables. Ceux qui espèrent encore une mythique « union des gauches » pour remporter les élections du 30 juin et du 7 juillet 2024 se fourvoient gravement. D’abord parce qu’ils oublient que François Mitterrand, lorsqu’il avait réalisé cette union, l’avait fait sur la base d’un programme, le programme commun de la gauche et non pas sur la conciliation des egos. Or de programme commun, nous n’en voyons même pas l’ébauche.

Il y a une partie de la gauche, située aux extrêmes, mais pas uniquement, qui ne sait plus ce qu’est l’idée de progrès de l’humanité, qui a volontairement banni la notion de valeurs universelles pour sombrer dans un relativisme mortifère qui la pousse à accepter toutes les exactions, pour peu qu’elles soient le fait de minorités ou de pays lointains aux traditions très différentes et qu’elles se revendiquent de l’anticapitalisme. N’importe quel dictateur en herbe peut ainsi se voir adoubé par cette gauche facile à berner par une rhétorique qui colle à la sienne. Cette partie de la gauche a abandonné depuis longtemps le doute et lui a substitué la certitude des phrases toutes faites, la dictature de modèles explicatifs qui la dispense de réfléchir à partir de la réalité des faits.

En 1978, l’ayatollah Khomeini, se réfugiait en France, à Neauphle le Château et recueillait le soutien d’intellectuels de gauche dont Beauvoir, Sartre et Foucault, séduits par sa rhétorique tiers-mondiste et anti-impérialiste et son opposition au régime autoritaire du Shah. Pourtant, une véritable réflexion aurait identifié sa volonté affichée d’installer une théocratie en Iran et aurait pu faire comprendre qu’il ne suffit pas de se déclarer anticapitaliste pour vouloir le bien du peuple.

Insensible aux leçons qu’elle pourrait tirer de ces erreurs passées, cette gauche, (qui va de LFI, à certains communistes, socialistes et écologistes) continue dans les mêmes errements. Son dogmatisme l’a conduit à classer tous les immigrés musulmans dans la case des « minorités opprimées qu’il faut défendre du racisme systémique », à oublier les classes laborieuses, à soutenir Tariq Ramadan dont elle a refusé d’entendre le double discours qui visait à enfermer les musulmans dans des pratiques rigoristes en prétendant vouloir les intégrer. Elle soutient maintenant le Hamas comme « mouvement de résistance au colonialisme » , qu’elle refuse de qualifier de terroriste malgré les crimes perpétrés contre des civils dont l’horreur a été largement documentée.

Certes, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes plaide pour la création d’un état pour les Palestiniens, mais faut-il pour cela nier les droits du peuple israélien et adopter la réthorique de terroristes qui réclament la destruction de l’état d’Israël ? Faut-il soutenir la création d’un état palestinien administré par le Hamas, financé par l’Iran, qui déclare lui-même être la branche palestinienne des Frères musulmans et viser la création d’une théocratie islamique à l’image du régime iranien ? N’y a-t-il pas assez d’iraniennes et d’iraniens assassinés par ce régime pour qu’ils ouvrent enfin les yeux ?

A côté de cette gauche égarée dans le dogmatisme, subsiste une autre gauche, qui reste au clair sur les valeurs universelles qu’elle a toujours défendues à commencer par l’article 1er de la Déclaration de droits de l’homme et du citoyen de 1789 : « Les hommes (et les femmes) naissent et demeurent libres et égaux en droit ». Ces femmes et ces hommes de gauche n’ont pas renoncé à défendre la liberté de conscience et la laïcité, comme condition première de l’émancipation des citoyens et des citoyennes. Ils doivent admettre qu’il est vain de chercher à unir ce qui s’oppose radicalement.

Ce sont tous les humanistes qui doivent s’allier aujourd’hui. Tous ceux et celles qui pensent que les démocraties sont attaquées par les régimes totalitaires. Tous ceux qui ont compris que c’est bien une guerre larvée de déstabilisation que livrent la Russie, la Chine et leurs affidés aux démocraties et qu’il faut y répondre résolument par un front uni des démocrates. Tous ceux qui perçoivent clairement que la guerre en Ukraine pourrait bien être un avant-goût de ce qui attend l’Europe si elle oublie de se défendre.

Martine Cerf

Un niveau d’antisémitisme inquiétant en Belgique

L’Institut Jonathas vient de réaliser, avec IPSOS, une large enquête sur la perception en Belgique des Juifs, de l’antisémitisme et de la guerre à Gaza et a comparé certains résultats avec la situation en France.

Le sondage met en lumière et objective les différentes facettes de l’image des Juifs et de l’antisémitisme dans la société belge. Joël Kotek en dégage ainsi les principales conclusions :

  • Une image très moyenne des Juifs, 80 ans après la Shoah.
  • Des marqueurs d’antisémitisme primaire prégnants dans toutes les composantes de la société belge et sur-représentés à l’extrême-gauche, à l’extrême-droite et chez les musulmans.
  • En plus de ces préjugés « traditionnels » (argent, pouvoir, religion…), des marqueurs d’antisémitisme dit « secondaire », aboutissant à banaliser la Shoah et à nazifier Israël.
  • Une méconnaissance générale des Juifs, du judaïsme et de la réalité de l’antisémitisme en Belgique.
  • Les trois premières sources d’antisémitisme en Belgique, selon les Belges : l’hostilité à Israël, l’islamisme radical et les préjugés sur les Juifs.
  • Un écho limité chez les Belges des sujets relatifs à Israël, à la Palestine et à la guerre, à l’exception d’une minorité dont certains éléments souhaitent la destruction de l’Etat d’Israël.
  • Distance ou indifférence d’environ 50% des Belges vis-à-vis de la guerre entre Israël et le Hamas, mais aussi polarisation sur ce conflit de segments précis de la population belge.
  • La guerre, source d’inquiétude pour les Juifs en Belgique selon la majorité des Belges, mais aussi matière à hostilité contre les Juifs en Belgique pour une minorité de Belges.
  • Un antisémitisme s’inscrivant dans une société belge plutôt tendue et inquiète concernant ses relations avec les différents groupes minoritaires et, en particulier, les musulmans et les Maghrébins.

A la lumière de ces résultats, l’Institut Jonathas appelle à prendre conscience des différentes réalités de l’antisémitisme en Belgique et à combattre, spécifiquement et efficacement, chacune d’entre elles.

Voir les résultats de l’étude

Que sont Jonathas et l’IHRA ?

Dominique De Ville-Cywié

 

 

 

 

 

 

 

 

Loi sur l’aide à mourir – Communiqué du Pacte

L’examen du titre 2 du projet de loi portant sur l’aide à mourir devant débuter aujourd’hui ou demain, un Communiqué a été adressé hier aux médias.

A l’issue de la conférence des Présidents de tout à l’heure à l’Assemblée nationale, il a été décidé que les députés poursuivront l’examen du projet de loi relatif à l’accompagnement des malades et de la fin de vie cette semaine ainsi que celle du 10 juin jusqu’au 14 juin inclus. Le vote solennel est désormais fixé au mardi 18 juin. Ce décalage nous oblige à reporter la réunion du Pacte initialement prévue le 20 juin. Je vous enverrai une invitation qui annulera et remplacera la réunion du 20 juin.

Le communiqué de presse:    Lettre ouverte du Pacte adressée aux députés

AGENDA DES ÉVÉNEMENTS LAÏQUES

 

  Lundi 10 juin 2024, 19h à 21h, au Patronage laïque Jules Vallès, 72, Avenue Félix Faure, 75015 Paris.

Belgique : Des voix Universalistes pour un monde commun, avec Djemila Benhabib, essayiste

Dans une Europe de plus en en plus menacée par la montée des extrêmes, fracturée par le repli identitaire et le communautarisme, l’idéal universaliste est violemment remis en cause. Pourtant, ce concept, à la fois abstrait et concret, mériterait d’être replacé au cœur de notre pensée et de notre action collective. C’est l’objectif de cette nouvelle initiative qui a vu le jour, à Bruxelles, le 27 février dernier, par l’entremise de personnalités de la société civile et du monde politique de différentes sensibilités qui ont lancé le Manifeste : Des voix Universalistes pour un monde commun (https://les-universalistes.be/). Retour sur une expérience

Animation : Martine Cerf. Inscription obligatoire  ici

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  Lundi 16 septembre 2024, 19h à 21h, au Patronage laïque Jules Vallès, 72, Avenue Félix Faure, 75015 Paris.

Thème à préciser ultérieurement.
Animation : Martine Cerf.  Inscription obligatoire ici
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   Samedi 21 septembre 2024 à 15h, Sur invitation

EGALE fête ses 20 ans

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  Lundi 14 octobre 2024, 19h à 21h, au Patronage laïque Jules Vallès, 72, Avenue Félix Faure, 75015 Paris.

Thème à préciser ultérieurement.

Animation : Jean-Claude Boual.  Inscription obligatoire ici

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   Lundi 18 novembre 2024, 19h à 21h, au Patronage laïque Jules Vallès, 72, Avenue Félix Faure, 75015 Paris.

Thème à préciser ultérieurement.

Animation : Marc Horwitz.  Inscription obligatoire ici

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  Lundi 16 décembre 2024, 19h à 21h, au Patronage laïque Jules Vallès, 72, Avenue Félix Faure, 75015 Paris.

Immigration et laïcité avec Jean-Pierre Weisselberg

Animation : Martine Cerf.  Inscription obligatoire ici

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   Lundi 13 janvier 2025, 19h à 21h, au Patronage laïque Jules Vallès, 72, Avenue Félix Faure, 75015 Paris.

Thème à préciser ultérieurement.

Animation : Jean-Claude Boual.  Inscription obligatoire ici

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  Lundi 10 février 2025, 19h à 21h, au Patronage laïque Jules Vallès, 72, Avenue Félix Faure, 75015 Paris.

Thème à préciser ultérieurement.

Animation : Marc Horwitz.  Inscription obligatoire ici

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  Lundi 10 mars 2025, 19h à 21h, au Patronage laïque Jules Vallès, 72, Avenue Félix Faure, 75015 Paris.

Thème à préciser ultérieurement.

Animation : Martine Cerf.  Inscription obligatoire ici

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   Lundi 07 avril 2025, 19h à 21h, au Patronage laïque Jules Vallès, 72, Avenue Félix Faure, 75015 Paris.

Thème à préciser ultérieurement.

Animation : Jean-Claude Boual.  Inscription obligatoire ici

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  Lundi 12 mai 2025, 19h à 21h, au Patronage laïque Jules Vallès, 72, Avenue Félix Faure, 75015 Paris.

Thème à préciser ultérieurement.

Animation : Marc Horwitz.  Inscription obligatoire ici

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   Lundi 16 juin 2025, 19h à 21h, au Patronage laïque Jules Vallès, 72, Avenue Félix Faure, 75015 Paris.

Thème à préciser ultérieurement.

Animation : Martine Cerf.  Inscription obligatoire ici

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EGALE a interrogé les candidats aux élections européennes

Nous avons transmis aux principales listes pour les élections européennes, un courrier leur demandant leur positionnement sur quatre points qui nous paraissaient importants :

  1. Pour l’élection au Parlement : que les listes présentées soient européennes et non plus nationales de façon à ce que les questions évoquées au cours de la campagne se situent bien au niveau européen.
  2. Que l’Union européenne dispose d’un financement propre pour lui donner plus d’autonomie.
  3. Que tous les membres de votre liste s’engagent à s’investir dans leur fonction et travaillent autant dans les commissions du Parlement qu’en session plénière. Qu’ils s’engagent également à rendre compte de leur travail aux électeurs à intervalles réguliers.
  4. Enfin nous vous demandons si vous avez pris des mesures préventives et/ou prévu des sanctions concernant votre liste contre la corruption des élus par des états étrangers ou des lobbys.

Vous pouvez consulter les réponses que nous avons reçues :

M_Toussaint_Réponse Europe Ecologie

Le Réseau Laïque Européen demande aux candidats démocrates de s’engager pour des principes fondamentaux

Les associations nationales du Réseau Laïque Européen ont envoyé un formulaire d’engagement aux listes démocrates pour les européennes dans leur pays respectifs.

Cet engagement touche à la reconnaissance de la laïcité comme principe universel, à la volonté de l’inscrire dans les constitutions nationales et les traités internationaux pour préserver une démocratie réelle, respectueuse de des libertés individuelles.

Voir le texte de l’engagement

Il reste que ces élections sont préoccupantes, avec un RN  donné largement en tête des suffrages en France. Si nous comprenons et constatons que l’exaspération de certains de nos concitoyens est à son comble, il faut continuer de les mettre en garde contre l’illusion que ce parti pourrait prendre les décisions qu’ils attendent. Ses dirigeants brillent par leur méconnaissance des dossiers et leurs députés élus ont voté à peu près tout le temps contre des libertés proposées à leurs suffrages. Les actes parlent plus que les discours et il ne faut pas douter qu’ils tenteraient de revenir sur des libertés individuelles chèrement conquises s’ils avaient la majorité au Parlement.

Aux citoyens démocrates et laïques, il revient de ne pas rester silencieux et de s’exprimer par un vote sans équivoque pour la démocratie et l’Etat de droit. Pour qu’une Europe forte puisse résister aux attaques ouvertes ou souterraines des dictatures qui ne rêvent que d’abattre la démocratie. L’Europe représente un ilot de liberté dans un monde où la majorité des êtres humains en sont privés.

C’est pourquoi les réponses à cet engagement nous permettront de savoir qui est prêt à se battre pour préserver nos états de droit et nos libertés. Nous recevons petit à petit les engagements des candidats dont on peut consulter les noms en cliquant ici.

Et le 9 juin, usez de votre pouvoir de citoyen, VOTEZ !

Martine Cerf

La loi reconnait le rôle des tribunaux sikhs au Royaume uni

Le gouvernement anglais, dans la droite ligne de sa conception communautariste de l’organisation de la société et afin de poursuivre dans la logique des tribunaux du Beth Din pour les juifs et des tribunaux de la charia pour les musulmans, les tribunaux sikhs sont maintenant une réalité. Comme pour les autres tribunaux communautaires, leurs recommandations s’appliquent aux citoyens qui le demandent et pour des questions familiales. Les tribunaux anglais étant ensuite responsable de l’application de ces recommandations. 

Indépendamment de la question importante de la rupture de l’égalité entre citoyens d’un même pays qui ne sont plus soumis aux mêmes lois, on fragilise les droits des femmes de religions minoritaires qui seront bien incapables de résister aux pressions familiales et sociales pour se conformer à un droit religieux qui leur est défavorable. A quoi sert de voter des lois prônant l’égalité des droits si le législateur donne toute liberté aux autorités religieuses pour continuer d’imposer leurs lois discriminatoires à l’égard des femmes ?

Selon l’association « One Law for all » : « Nos années d’expérience en première ligne nous montrent que, lorsque des chefs religieux sont impliqués, les cas d’abus domestiques et sexuels et de contrôle coercitif sont presque toujours niés ou interprétés comme des problèmes « mineurs » de « gestion de la colère » qui peuvent être résolus par la médiation en vue de réconcilier les parties. Loin de procéder à une évaluation correcte des risques ou d’informer les femmes de leurs droits à la protection en vertu du droit civil ou pénal, ils ont tendance à balayer les problèmes sous le tapis, au mieux, et au pire, ils reprochent aux femmes de défier l’autorité patriarcale. Des préoccupations similaires ont été exprimées par l’Independent Inquiry into Child Sexual Abuse (enquête indépendante sur les abus sexuels commis sur des enfants) dans son rapport 2021 axé spécifiquement sur les milieux religieux, dans lequel elle critiquait les autorités religieuses – dans les religions majoritaires et minoritaires – pour leurs « manquements flagrants » en matière de protection des enfants et pour avoir couvert des cas d’abus sexuels commis sur des enfants par leurs adeptes. »

Nous partageons pleinement ce point de vue et déplorons que le gouvernement britannique, sous couvert de fausse générosité, sacrifie ainsi les droits et la sécurité de femmes issues de religions minoritaires et les mettent dans l’incapacité de jouir des droits,des libertés et de la protection que la société anglaise est censée leur garantir.

Martine Cerf

 

AGENDA ÉVÉNEMENTS PASSÉS

  Lundi 13 mai 2024, 19h à 21h, au Patronage laïque Jules Vallès, 72, Avenue Félix Faure, 75015 Paris

S’engager

La loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État a permis l’émergence de la notion de laïcité.  Notre défi, à un mois de l’élection européen, est de défendre cette notion aujourd’hui mise à mal.. Autrement dit, notre engagement pour — et garantir — les libertés et la tolérance comme pour combattre toutes les formes de fanatisme religieux et d’obscurantisme, se doit d’être total.

Animation : Marc Horwitz, Inscription obligatoire ici

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  Mercredi 22 mai 2024, 18h30 à 20h30, visioconférence réservée aux membres de l’association .

Présence de la laïcité et des religions dans l’Union européenne

par Jean-Claude Boual et Martine Cerf

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vendredi 31 mai à 18h Conférence Débat, amphi Jean Cavaillès – Espace Dewailly – Amiens

L’Union européenne : Religions et Laïcité par Jean-Claude Boual

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  Lundi 6 mai 2024, à 19h, Salle du Jeu de Paume à Rennes, Conférence/ débat avec Gaëlle Ackerman, journaliste et Martine Cerf, secrétaire générale d’EGALE.

Vivre la laïcité au quotidien en Europe

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  Vendredi 26 avril 2024, de 13h30 à 18h00, salle Médicis au Palais du Luxembourg, 15 rue de Vaugirard, 75006 Paris et en webinaire

L’action politique des religions Voir le programme

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Lundi 22 avril 2024, 19h à 21h, au Patronage laïque Jules Vallès, 72, Avenue Félix Faure, 75015 Paris.

« La terre est plate »

La contestation des acquis scientifiques. Dans les écoles des élèves contestent les acquits scientifiques les mieux établis au nom de leurs convictions religieuses ou de leurs croyances. De même de plus en plus d’adultes, y compris en France pensent « que la terre est plate ». Quelles différences entre un fait scientifique établi et croyances ou opinions? Quelles conséquences pour nos sociétés?

Animation : Jean-Claude Boual.

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Mercredi 27 mars 2024, 20h au cinéma Majestic Passy, 18 rue de Passy, 75016 Paris, projection en avant première du film de Jawad Rhalib : AMAL, un esprit libre, avec Loubna Azabal dans le rôle titre.

Amal, enseignante dans un lycée à Bruxelles, encourage ses élèves à s’exprimer librement. De par ses méthodes pédagogiques audacieuses et son enthousiasme, elle va bouleverser leur vie. Jusqu’à en choquer certains. Peu à peu, Amal va se sentir harcelée, menacée.

 

 

14 mars 2024 au 15 mars 2024, colloque IDETCOM, 9h – 18h – Arsenal – Amphithéâtre E- Maury – Université de Toulouse- Capitole

« La Loi du 15 mars 2004, 20 ans après, Vêtements, religions et espace scolaire public » .

Colloque organisé par Frédérique de la Morena, Maître de conférences en droit public.

 

 

  Jeudi 7 mars 2024 à 19h30, Conférence-débat, Moulin de la Bièvre, 73 avenue Larroumès, L’Haÿ-les-Roses

« Femme, Vie, Liberté », avec Iris Farkhondeh

Entrée libre

 

Lundi 11 mars 2024 de 19h à 21h, au Patronage laïque Jules Vallès, 72, Avenue Félix Faure, 75015 Paris.

« Obligation de se justifier » ? « Devoir de s’exprimer » ? ,

Depuis les attentats contre Charlie Hebdo et le Bataclan, jamais les non-musulmans n’ont été aussi méfiants à l’égard de l’islam et de ses croyants. Qu’en est-il exactement et quelles sont les perceptions des uns et des autres ? Martine Cerf vous invite à y réfléchir avec Zohra Sider, enseignante, qui s’appuiera sur son expérience et sur un témoignage écrit, pour débattre de ce phénomène nouveau qui consiste à douter de la loyauté des citoyens français de confession musulmane.

Zohra Sider est enseignante d’anglais. Elle est arrivée en France avec sa famille à l’âge de 6 ans et a grandi dans un petit village dans le nord-est de la France. En tant que Française de première génération, elle est intéressée aux échanges sur les sujets liés à l’intégration et l’assimilation. 

Animation : Martine Cerf, Inscription obligatoire ici

 

Lundi 15 janvier 2024, 19h à 21h, au Patronage laïque Jules Vallès, 72, Avenue Félix Faure, 75015 Paris.

 » Les jeunes Français et la laïcité »,

Animation : Jean-Claude Boual

L’enquête d’opinion de Kantar Public (réalisée en juin 2023) tend à démontrer que 67% des jeunes Français âgés de 18 à 30 ans pensent que la laïcité est positive, 25% ni positive ni négative et 5% négative.  » Les personnes de confession musulmane sont plus nombreuses à associer la laïcité à des sentiments négatifs mais cela reste une position ultraminoritaire (11%) », nous dit Kantar Public. La définition de la laïcité parmi la jeunesse reste toutefois à préciser, 29% pensent  que c’est « mettre toutes les religions sur un pied d’égalité », 27%  que c’est « assurer la liberté de conscience des citoyens », 22% pensent que c’est « séparer les religions de la sphère politique et de l’État », 15% que c’est « faire reculer l’influence des religions dans la société », 3% « rien de tout cela » et 4% ne savent pas. Jean-Claude Boual propose d’interroger l’ensemble des données de ce sondage pour agir pour la laïcité, alors que des forces politiques et sociales l’instrumentalisent et se l’approprient à des fins politiciennes alors qu’historiquement elles l’ont toujours combattue, justement parce qu’elle est considérée positivement dans la société, y compris dans la jeunesse.

 

Jeudi 25 janvier 2024, 18h30 à 20h30, visioconférence réservée aux membres de l’association .

Enseigner la laïcité dans les établissements scolaires, avec Stéphane Aurousseau,
auteur du livre : Promouvoir la laïcité (en milieu hostile). Une notion indispensable pour lutter contre les discriminations, éditions Double ponctuation.

Militant de l’éducation populaire, notamment au sein de la Ligue de l’enseignement, Stéphane Aurousseau a créé l’association Couleurs gaies. Il dirige une structure d’animation organisatrice d’accueil péri et extrascolaire et partage son expérience de la réalité de l’enseignement de la laïcité dans les établissements scolaires. Il a rencontré plus de 15.000 élèves.

Il a mis au point une méthode de transmission de la laïcité basée sur l’écoute des élèves, l’aide à leur réflexion sur leurs propres conceptions et le rappel simple et clair des fondements de la liberté de conscience pour chacune et chacun. Son livre se veut un outil pédagogique et un recueil de conseil précis à l’usage des enseignants ou intervenants extérieurs à l’éducation nationale.

 

 Lundi 5 février 2024, « (Im)migration et laïcité », 9h à 21h, au Patronage laïque Jules Vallès, 72, Avenue Félix Faure, 75015 Paris.

Venir d’un pays où on ne connait pas la laïcité et rencontrer l’émancipation de soi et des autres en France. Mais cette découverte de la liberté est-elle facile pour tous ? Peut-il y avoir trop de liberté ? Comment la rendre accessible à tous ? La Laïcité permet-elle la solidarité, l’accueil de l’autre ?

Pour en débattre : Marc Horwitz, recevra Fidaa H , auteure de Le choix laïque d’une intranquille, préfacé par Nadia Geerts, Collection Débats laïques, L’Harmattan, 2023.

 

Lundi 11 décembre 2023, La laïcité protège-t-elle la démocratie ? 19h à 21h, au Patronage laïque Jules Vallès, 72, Avenue Félix Faure, 75015 Paris. Animation : Martine Cerf.

Jean Jaurès disait dans son discours de Castres du 30 juillet 1904 : « Démocratie et laïcité sont deux termes identiques. ». En quoi avait-il raison à l’époque et que peut-on penser aujourd’hui de cette affirmation ? On voit encore la religion aujourd’hui instrumentalisée par bon nombre de gouvernements autoritaires ou illibéraux et certains aspects de la loi de séparation de moins en moins appliqués. Y-a-t-il des risques pour notre démocratie ?

 

Samedi 9 décembre 2023, à partir de 14h30 à Montreuil (93), à partir de 14h30, la Grande Loge Mixte Universelle (GLMU) et le Mouvement pour la Paix Contre le terrorisme (MPCT) invitent à une exposition et une conférence sur : Ce que les Afghanes ont à nous dire. La laïcité, valeur d’émancipation. Voir le flyer

 

  Vendredi 8 et samedi 9 décembre 2023, colloque international : Laïques De Tous Les Pays, Unissez-Vous !
organisé par Laïques sans frontières et le Council of Ex-Muslims of Britain avec le soutien de Charlie Hebdo, EGALE et le CLR, à la Mairie de Paris. Sur invitation uniquement. Voir le programme

 

Samedi 2 décembre 2023, conférence du Mouvement pour la Paix et contre le Terrorisme: « Face à la terreur, un mouvement porté par les femmes » avec Nicole Ameline, Annie Sugier, Zohra Bitan, Carole Mann, Iris Farkhondeh, Sadaf Rahimi,…

Mairie du 5è – place du Panthéon, Paris, de 14h30 à 19h00

voir l’affiche

Mardi 28 novembre 2023, à 20h, le Théâtre de la Parcheminerie de Rennes donnera:

100% Marianne

entrée gratuite / voir l’affiche.     contact: associationlaicite35@gmail.com

 

  Mercredi 29 novembre 2023, La dérive identitaire en Bretagne et de l’usage de la langue et de la culture à des fins politiques,  avec Françoise Morvan, auteure du livre Le monde comme si, Babel, et de Le culte des racines et l’Europe des régions, Seuil, 2023
18h30 à 20h30, visioconférence réservée aux membres de l’association

 

Lundi 13 novembre 2023, 19h à 21h, au Patronage laïque Jules Vallès ,72, Avenue Félix Faure, 75015 Paris.
« Pourquoi, 8 ans après, je suis toujours Charlie » animé par Marc Horwitz

Le 13 novembre 2015, une série de fusillades faisait 130 morts et plus de 400 blessés dont 100 en « urgence absolue » en Ile-de-France. L’Organisation terroriste « État islamique » revendiquait ce massacre qui survenait 11 mois après l’attaque contre l’hebdomadaire satirique Charlie-Hebdo et la prise d’otages de l’Hyper Cacher de la Porte de Vincennes qui avait fait 17 morts.
Supprimé ! Huit ans après, « Nous sommes toujours Charlie » parce que la liberté de conscience et la liberté d’expression sont en permanence mises en danger. La mort du professeur Dominique Bernard à Arras, 3 ans après celle de son collègue Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine, est venu nous le rappeler le 13 octobre dernier. Notre combat reste d’une actualité extrême.

 

Samedi 21 octobre 2023, Anniversaire des 25 ans de Regards de femmes, de 9h30 à 18h00, au Conseil Régional Auvergne Rhône-Alpes à Lyon. Voir le programme et les modalités d’inscription

 

 

Vendredi 20 octobre 2023 à 18h30, à la brasserie Le Saint Marcel, 52 Boulevard de l’Hôpital – 75013, Paris               
« Quand les religions se mêlent de politique » animé par Martine Cerf, inscription obligatoire sur contact@egale.eu

L’histoire en fournit de multiples exemples, l’actualité mondiale également. Nous vivons dans un État de droit dont les fondements même sont remis en cause par ces mouvements. Quels sont les impacts sur nos libertés ? Quelles forces politiques les soutiennent et dans quel but ? Que peuvent faire des citoyens républicains et laïques en France pour préserver l’État de droit et nos libertés ?

Lundi 16 octobre 2023 à 17 h, Hommage à Samuel Paty (Square Samuel Paty, 2 Pl. Paul Painlevé, 75005 Paris) organisé par la Mouvement pour la Paix Contre le Terrorisme (MPCT) avec la Mairie du Ve arrondissement, suivi d’une conférence à la Mairie du Ve, à 18h. Voir l’affiche
 Lundi 16 octobre 2023 à 18h30, Hommage à Samuel Paty à Rennes au pied de l’arbre de la laïcité organisé par Laïcité 35.Voir l’affiche

 

  Samedi 14 octobre 2023 de 10h à 18h30 à Lille, Maison des associations, 27 rue Jean Bart. « Femmes, États, religions » organisé par Laïcité et féminisme avec le soutien du Collectif Laïque National et le journal Marianne. Voir le programme et s’inscrire.
  Lundi 9 octobre 2023, 19h à 21h, au Patronage laïque Jules Vallès ,72, Avenue Félix Faure, 75015 Paris.
Le débat sur les racines chrétiennes de l’Europe et de la France animé par Jean-Claude Boual

L’introduction de la référence aux « racines chrétiennes de l’Europe » a fait l’objet de longs et vifs débats au cours des Conventions qui ont élaboré la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne et du projet de traité constitutionnel, rejeté par la France et les Pays-Bas.  En France 57 sénateurs du parti « Les  républicains » viennent de déposer le 18 septembre 2023 une proposition de loi pour: »Consacrer les racines judéo-chrétiennes de la France » dans l’article 1 de la Constitution. Le Président de la République entend assister es-qualité à la messe que doit prononcer le pape François à Marseille le 23 septembre. La France ex « Fille ainée de l’Église » est- elle toujours bien laïque? Quelle réponse laïque donner à ces offensives politico-religieuses remettant en cause les principes de la laïcité? Nous vous invitons à venir en débattre au café laïque le lundi 9 octobre 2023, au patronage laïque.

 

Mercredi 13 septembre 2023, 19h30 à 21h30 en visioconférence. La France en miettes avec Benjamin Morel, Maître de conférences en droit public à l’Université Paris II Panthéon-Assas, Benjamin Morel est constitutionnaliste et politiste. Il a notamment publié un essai : « La France en miettes, Régionalismes, l’autre séparatisme », Cerf, 2023 .

 

  Lundi 11 septembre 2023, 19h à 21h, au Patronage laïque Jules Vallès, 72, Avenue Félix Faure, 75015 Paris.
Choisir la laïcité, avec Fidaa H., citoyenne franco-libanaise et auteure de Le choix laïque d’une intranquille, préfacé par Nadia Geerts, Collection Débats laïques, L’Harmattan, 2023. Animation : Martine Cerf

 

  Lundi 5 juin 2023 à 19h à Paris, au Patronage laïque Jules Vallès, 72 Av. Félix Faure, 15e.
La laïcité au Mexique : tentative de mise en perspective par Victor Ramirez Izquierdo, représenté par Alain de Keghel, ancien diplomate. Animation : Martine Cerf.

Jeudi 11 mai 20023, de 18h30 à 20h30 en visioconférence (réservé aux membres de l’association) .
Comprendre le wokisme et y répondre, avec Xavier-Laurent Salvador, Professeur agrégé de lettres modernes et Maître de conférence en linguistique. Président et cofondateur de l’Observatoire du décolonialisme, auteur du Petit manuel à l’usage des parents d’un enfant woke, Cerf.

 Mardi 9 mai 2023 à 19h à Paris, au Patronage laïque Jules Vallès, 72 Av. Félix Faure, 15e.
Thème : Églises et organisations philosophiques dans l’Union européenne. Animation : Jean-Claude Boual.
 
L’article 17 du Traité de fonctionnement de l’Union européenne institue un dialogue régulier entre les autorités de l’Union, les organisations religieuses et les organisations philosophiques et non confessionnelles. Pourquoi ce dialogue ? Quelles en sont les pratiques au quotidien ? Quels en sont les enjeux pour les citoyens de l’Union européenne comme pour ceux des États membres ?

 

Mardi 25 avril 2023 à 18h30, webinaire citoyen organisé par le Département Droit et transformations sociales de l’Université de Bordeaux
sur le thème : « Laïcité et services publics : quelles neutralités ? ». Assistance libre sans inscription.
Lundi 17 avril 2023 de 18h30 à 20h30 en visioconférence (réservé aux membres de l’association) .
Thème : Laïcité et formation des enseignants avec Clotilde Sauret, professeur de philosophie et formatrice des enseignants aux valeurs de la République et du principe de laïcité

 

 

  Lundi 3 avril 2023 à 19h à Paris, café laïque au Patronage laïque Jules Vallès, 72 Av. Félix Faure, 75015 Paris.
Thème : Pourquoi les Allemands ont-ils tant de mal avec la laïcité ?  Animation : Marc Horwitz.
L’Allemagne reconnait plusieurs cultes officiels, fiancés par une partie de l’impôt des fidèles. les Églises sont les premiers employeurs du pays et l’État leur confie une grande partie de l’action sanitaire et sociale. Quelle est la conception allemande du rôle des cultes et ses conséquences ?
Vendredi 24 mars 2023, de 14h à 18h au Palais du Luxembourg, 15 rue de Vaugirard, 75006 Paris et en Webinaire.
COLLOQUE ÉGALE EN COLLABORATION AVEC LE CLR : « SPORT ET LAÏCITÉ, MISE EN ŒUVRE DES VALEURS UNIVERSALISTES DU SPORT ». Voir le programme.

  Vendredi 10 mars 2023 de 18h à 21h à Metz, au grand salon de l’hôtel de ville, conférence publique : Le concordat d’Alsace Moselle un communautarisme comme les autres ? Avec les interventions de Michel SEELIG, Charles COUTEL, Pierre OUZOULIAS  Voir le programme
  Vendredi 10 mars 2023 à 18h30 à Rennes, au Jeu de Paume, débat citoyen : De Téhéran à Rennes, défendre la liberté de conscience pour garantir le droit des femmes » avec Alexis Buixan et Nagin Hajizadeh. Voir l’affiche.
  Lundi 6 mars 2023 à 19h à Paris, café laïque au Patronage laïque Jules Vallès, 72 Av. Félix Faure, 75015 Paris.
  Thème : Les cimetières : comment la laïcité s’applique-t-elle ? Animation : Marc Horwitz.
La législation dans les cimetières autorise-t-elle les signes religieux, carrés confessionnels ? Qu’en est-il des souhaits des fidèles qui souhaitent rester entre eux ?
  Lundi 6 février 2023 à 19h à Paris, café laïque au Patronage laïque Jules Vallès, 72 Av. Félix Faure, 75015 Paris.
Thème : La laïcité dans le sport, avec Gérard Meydiot, responsable de la commission « sport » d’EGALE
Beaucoup de sports sont confrontés à une offensive permettant de porter des signes religieux dans les compétitions sportives alors que les règlements exigent une neutralité politique et religieuse afin que le sport demeure un lieu d’émancipation et de confrontation pacifique entre sportifs. En 2024, Paris organise les Jeux Olympiques. Le Comité Olympique international autorisera le port de signes religieux durant les épreuves en violation de la Charte olympique. En France, la majorité des fédérations sportives autorise le port de signes religieux en violation des règlements, certains prétendent même qu’il existe des tenues religieuses homologuées. Une généralisation de ces pratiques ne risque-t-elle pas de transformer toute compétition et manifestation sportives en affrontement religieux et politique entrainant le dévoiement de l’objet même des compétitions sportives?
Animation : Jean-Claude Boual.
  Jeudi 26 janvier 2023 à 18h, assemblée Générale d’EGALE, MVAC du 15e arrondissement, 22 rue de la Saïda, 75015 Paris et en visioconférence par Zoom
  Samedi 17 décembre 2022 à 9h30 à Rennes, café citoyen à la mairie du quartier Bréquigny Sud Gare.
Thème : Pourquoi avons-nous encore besoin de la laïcité ?
avec Fatiha Agag-Boudjahlat, essayiste, Catherine Maréchal, professeur agrégée d’histoire et de géographie, Alexis Buixan, docteur en droit public et enseignant chercheur. Cliquer pour voir l’affiche
  Jeudi 9 décembre 2022, à partir de 14h, journée PEP, Laïcité et engagement citoyen.

 

  Mardi 6 décembre 2022 à 19h à Issy-les-Moulineaux, Espace André Chédid, 60 rue du général Leclerc
Soirée – débat : « 1905-2022 : Que faire de la laïcité ? »
A l’occasion de la semaine anniversaire de la loi du 9 décembre 1905 et dans le cadre du carrefour associatif de la ville d’Issy-les-Moulineaux, l’Union des Familles Laïques 92 propose une conférence au cours de laquelle Charles ARAMBOUROU (UFAL) interviendra en visioconférence, suivie d’un débat animé par Jean-Claude BOUAL (EGALE).
  Lundi 5 décembre 2022 à 19h à Paris, café laïque au Patronage laïque Jules Vallès, 72 Av. Félix Faure, 75015 Paris.
Thème : Point d’étape sur la laïcité en entreprise et au sein des professions réglementées avec Me Etienne Pujol et Me Anne Salzer.
La neutralité n’est pas obligatoire en entreprise, mais elle peut s’appliquer sous certaines conditions qu’il est nécessaire de connaître comme de comprendre le pourquoi des précautions prises. Les professions réglementées (avocats, notaires…) ont également un statut particulier et des règles spécifiques les concernent. Connaître, comprendre, s’informer, échanger sur ce sujet avec deux spécialistes, c’est ce que nous vous proposons.
Modération : Martine Cerf.
  Lundi 21 novembre 2022 de 18h30 à 21h, ENTRETIEN d’EGALE réservé aux membres de l’association, en visioconférence Zoom.
 » L’entrisme des sectes dans le sport » par Alain Vivien, ancien secrétaire d’État, ancien président de la Miviludes et administrateur d’EGALE.
  Lundi 7 novembre 2022 à 19h à Paris, café laïque au Patronage laïque Jules Vallès, 72 Av. Félix Faure, 75015 Paris.
Thème : une analyse laïque de l’actualité
 » Peut-on analyser d’un point de vue laïque trois évènements : l’hommage à Samuel Paty, la contestation de la laïcité dans les collèges et lycées par des élèves qui veulent porter en cours des tenues vestimentaires manifestement religieuses et ostentatoires, les manifestations massives des iraniennes et iraniens contre le régime théocratique et le refus du port obligatoire du voile pour les femmes ? « 
Animation : Jean-Claude Boual.
Dimanche 16 octobre 2022, à partir de 14h. EGALE participe au rassemblement au square Samuel Paty, place Paul Painlevé, 75005 Paris, en hommage à Samuel Paty. Voir l’appel des organisateurs
  Samedi 8 octobre 2022, de 9h00 à 18h. Les Rencontres d’automne d’Unité Laïque au Palais du Luxembourg, à Paris, à l’invitation du sénateur Pierre Ouzoulias, avec le soutien d’EGALE, d’autres associations laïques et de medias.
Thème : RÉPUBLIQUE : REPRENDRE L’INITIATIVE #1
Cliquer pour voir l’affiche.   Cliquer pour voir le programme
  Lundi 3 octobre 2022 à 19h à Paris, café laïque au Patronage laïque Jules Vallès, 72 Av. Félix Faure, 75015 Paris.
Thème : Enseigner la laïcité avec Ismaël M’Baye, président de l’association Expressions de France.
Enseigner la laïcité aux élèves des collèges et lycées n’est pas toujours chose facile, tant les préjugés et les idées fausses sont présentes dans les esprits. C’est pourtant ce à quoi s’attelle avec succès l’association Expressions de France. Son président, Ismaël M’Baye viendra faire part de son expérience.
Animation : Martine Cerf.
  Samedi 10 septembre 2022, Forum des association à la Mairie 15e arrondissement de Paris. EGALE vous accueille sur le stand 48, Salle St Lambert
   Samedi 25 juin à partir de 14h, fête de la laïcité au square Nadar, 2 Rue Saint-Éleuthère, 75018 Paris. EGALE vous attend sur son stand. Voir l’affiche de la fête de la laïcité
 Lundi 20 juin 2022 de 18h30 à 21h, ENTRETIEN d’EGALE réservé aux membres de l’association, en visioconférence Zoom.
« Islamisme et sport : une réalité qui dérange » par Médéric Chapitaux
Membre Conseil des Sages de la Laïcité du ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, Médéric Chapitaux est expert dans le domaine de la radicalisation dans le sport. Il a publié Le sport, une faille dans la sécurité de l’État, Enrick B. Éditions, 2016
  Lundi 13 juin 2022 à 19h à Paris, café laïque au Patronage laïque Jules Vallès, 72 Av. Félix Faure, 75015 Paris.
Thème : Laïcité et protection des personnes, animé par Martine Cerf.
  Lundi 9 mai 2022 à 19h à Paris, café laïque au Patronage laïque Jules Vallès, 72 Av. Félix Faure, 75015 Paris, France
Thème : l’Europe et la laïcité. Animation : Jean-Claude Boual.
Le 9 mai est le jour de la fête de l’Europe, notre café laïque coïncide avec cet évènement. Cette coïncidence est une opportunité pour aborder le thème difficile de la laïcité dans l’Union européenne et dans les États membres. L’article 10 de la Charte des Droits fondamentaux de l’Union précise:  » article 10 : Liberté de pensée, de conscience et de religion
1.  Toute personne adroit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites.
2. Le droit à l’objection de conscience est reconnu selon les lois nationales qui en régissent l’exercice. »
Par ailleurs l’article 17 du traité de l’Union européenne  de Lisbonne prévoit que « l’Union maintient un dialogue ouvert, transparent et régulier  » avec  les églises et et des organisations philosophiques et non confessionnelles. Quelles sont la portée et les conséquences de ces dispositions?
 
Lundi 4 avril 2022 à 19h à Paris, café laïque au Patronage laïque Jules Vallès, 72 Av. Félix Faure, 75015 Paris, France
Thème : Laïcité et vivre ensemble
La laïcité a-t-elle pour objectif le « vivre ensemble » ? Cette formulation largement utilisée recouvre-t-elle toute la réalité de l’ambition laïque ? Quelle était vraiment l’ambition des artisans de la loi de séparation de 1905 et qu’en reste-t-il aujourd’hui ?
Animation : Martine Cerf.
  samedi 19 mars à 11h, SOLIDARITÉ PEUPLE UKRAINIEN à Rodez, Rassemblement , Place de la préfecture
Initiative citoyenne. Rassemblement sans identifications autres que les messages de soutien. Voir l’appel
 
Lundi 7 mars 2022 à 19h à Paris, café laïque au Patronage laïque Jules Vallès, 72 Av. Félix Faure, 75015 Paris, France
Le thème : « Laïcité et sport ». Animé par Marc Horwitz.
La neutralité dans le sport est inscrite dans la charte olympique. Qu’en est-il de ce principe dans le sport exactement ? Comment s’applique-t-il ? Comment traiter les revendications de porter une tenue spécifique à une religion ou les diverses manifestations religieuses que l’on rencontre chez des sportifs ?

 

Lundi 7 février 2022 à 19h à Paris, café laïque au Patronage laïque Jules Vallès, 72 Av. Félix Faure, 75015 Paris, France.

Tolérance et laïcité. Animé par Jean-Claude Boual

Souvent la laïcité est présentée comme  la tolérance de toutes les options religieuses et de toutes les opinions. Le laïcité se réduit-elle à la tolérance ou est-ce un principe philosophique plus vaste, jusqu’à la liberté de conscience? Quelle différence entre tolérance et laïcité?

Lundi 31 janvier 2022, de 14h30 à 18h. Colloque EGALE : La Liberté de conscience en Europe.  Consulter le programme. Voir les vidéos du colloque
Lundi 10 janvier 2022 à 19h à Paris, café laïque au Patronage laïque Jules Vallès, 72 Av. Félix Faure, 75015 Paris, France
Laïcité et athéisme. On confond souvent athéisme et laïcité. Qu’en est-il réellement ?
Animation : Martine Cerf. Inscription obligatoire : https://patronagelaique.eu
Lundi 13 décembre 2021 à 19h, à Paris, café laïque au Patronage laïque Jules Vallès

Faut-il en France,  République indivisible, laïque, démocratique et sociale, en finir avec Noël et les jours fériés qui ont d’abord une signification religieuse ?

Animation : Marc Horwitz.
EVENEMENT : lundi 22 novembre de 18h30 à 20h30, ENTRETIEN d’EGALE sur le thème de l’enseignement du fait religieux  l’école avec Aline Girard, conservateur général honoraire des bibliothèques et auteure du livre Enseigner le fait religieux à l’école : une erreur politique ?  (Ed Minerve, 2021)
Réservé aux membres de l’association, en visioconférence Zoom.
Lundi 15 novembre à Rennes, à 18h30, conférence de Jean Pierre Obin, salle Carrefour 18.Télécharger le flyer de la conférence
lundi 8 novembre 2021 à 19h, café laïque au Patronage laïque Jules Vallès : Le blasphème.
Le droit de blasphème existe-t-il en France ? Qu’est-ce que blasphémer ? Un non croyant peut-il blasphémer ? Autant de questions qu’il faut clarifier afin de mieux comprendre les débats et enjeux actuels.
Animation : Jean-Claude Boual.
lundi 11 octobre 2021 à 19h, café laïque au Patronage laïque Jules Vallès : Réflexion sur la campagne sur la laïcité lancée par le ministère de l’Education nationale, ce qu’elle dit et ce qu’on en a dit.
Animation : Martine Cerf.
  lundi 20 septembre 2021 de 18h30 à 21h, ENTRETIEN d’EGALE réservé aux membres de l’association, en visioconférence Zoom.
Le point sur le régime dérogatoire des cultes d’Alsace et de Moselle animé par Michel Seelig
  samedi 11 septembre 2021 de 10h à 18h, EGALE est présente au forum des associations du XVe arrondissement de Paris, Stand 222, square Jean Chérioux, 260 rue de Vaugirard, 75015 Paris
   dimanche 5 septembre 2021, de 11h à 18h, au Parc des Ramiers à Blagnac, EGALE est présente au forum des associations de la ville.
Lundi 28 juin 2021 – 19h. CONFÉRENCE : l‘émancipation, pour quoi faire? par Martine Cerf
au Patronage laïque Jules Vallès, 72 Avenue Félix Faure, Paris 15e. Réservez dès maintenant votre place en cliquant ici
La laïcité vise à l’émancipation des citoyens. En quoi consiste-t-elle exactement ? Que peut-on faire de cette ouverture laissée à chacun ? Comment en retirer tous les fruits, individuellement et collectivement ? Quel rôle pour des citoyens émancipés dans la construction d’une république laïque ?
C’est au partage de ces réflexions que Martine Cerf nous invite.
  Samedi 26 juin 2021, fête de la laïcité, de 14 h à 17h au square Nadar Paris 18ème, au pied de la statue du Chevalier de La Barre.
lundi 7 juin 2021, de 18h20 à 20h30 en visioconférence. Les États généraux de la laïcité, pourquoi ?
Animation Marc Horwitz.
  mercredi 26 mai 2021 de 18h30 à 20h, ENTRETIEN d’EGALE réservé aux membres de l’association, en visioconférence Zoom.
Sujet : la participation d’EGALE aux Etats généraux de la laïcité. Animation : Martine Cerf. Le lien zoom vous sera envoyé une semaine avant l’événement.
lundi 1er mars 2021, de 18h30 à 20h30, en visioconférence Zoom.
Animation Marc Horwitz. S’inscrire: https://patronagelaique.fr/
  mercredi 24 février 2021 de 18h30 à 20h, ENTRETIEN d’ÉGALE réservé aux membres de l’association,en visioconférence Zoom. Point sur le projet de loi confortant le respect des principes républicains.
Animation Martine Cerf. Le lien zoom vous sera envoyé une semaine avant l’événement.
lundi 15 février 2021, de 18h30 à 21h en visioconférence Zoom.
Point sur le projet de loi confortant le respect des principes républicains. Animé par Jean-Claude Boual.
lundi 18 janvier 2021,de 18h30 à 20h30 en visioconférence Zoom.
Le projet de loi confortant le respect des principes républicains. Animé par Jean-Claude Boual.
lundi 7 décembre 2020, de 19h à 21h en visioconférence Zoom.
« La République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte ». Qu’est-ce que cela signifie ?
Animation Marc Horwitz.
lundi 12 octobre 2020, Combattre le racisme dans la République laïque
Animation Martine Cerf.
Jeudi 5 mars 2020
Conférence : L’universalisme, un choix de société face au racialisme et au communautarisme par Guylain CHEVRIER, docteur en histoire, enseignant et formateur en travail social, vice-président du Comité Laïcité République.
L’universalisme républicain est un choix de société, celui de l’égalité et de la laïcité, de la raison, de la protection des droits et libertés de l’individu et qui s’affronte aujourd’hui à une montée des affirmations identitaires conduisant à assigner à une couleur de peau, une origine ou une religion, l’existence, au risque de communautés séparées, fermées, du communautarisme, fragmentant l’organisation sociale, interdisant le mélange.
Réservez dès maintenant votre place en cliquant ici
Samedi 7 mars 2020
  32e colloque de la laïcité à Bruxelles : « Intelligence artificielle : mon boss ou ma camarade de boulot ? ».  Renseignements et inscription
Mardi 9 mars 2020
Conférence : Les pièges identitaires Par Marc CRÉPON, philosophe, Patronage laïque Jules Vallès, Paris 15e à 19h
Dans ce dernier volet du cycle de conférences sur la démocratie, on  tâchera de comprendre comment depuis plusieurs décennies, la question de l’identité empoisonne la plupart des « scènes politiques » démocratiques.
Mardi 4 février 2020
  Présentation de la collection « Débats laïques » par Gérard Delfau, Patronage laïque Jules Vallès, Paris 15e à 19h. En savoir plus
Lundi 3 février 2020
Café laïque au Patronage laïque Jules Vallès, Paris 15e à 19h. Thème : « La laïcité dans la politique municipale ». présenté et animé par Martine Cerf, secrétaire générale de l’association ÉGALE. Merci de confirmer votre présence sur le site du Patronage laïque Jules Vallès.
Lundi 13 janvier 2020
Café laïque au Patronage laïque Jules Vallès, Paris 15e à 19h
Martine Cerf animera le premier café laïque 2020 sur le thème d’actualité : « ces églises qui font de la politique : 3 exemples d’actualité : la Pologne, le Monténégro, l’Algérie ». Voir l’annonce 

La Laïcité en Europe

Jean-Claude Boual

L’Harmattan – 2024

Un combat d’actualité pour une idée neuve.
À travers les relations État/Églises dans chaque pays de l’Union
européenne, leur progressive séparation, une histoire commune et la
mise en pratique de la liberté de pensée lire plus…

L’école anglaise à l’heure française

L’Angleterre a connu récemment une controverse passionnée avec, pour enjeu, la pratique religieuse à l’école.

Tout a commencé en mars 2024 quand la directrice du Michaela Community College Brent dans le nord-ouest de Londres, a décidé d’interdire les prières après des incidents survenus dans son établissement scolaire qui regroupe l’équivalent d’un collège + lycée français.
Michaela est un établissement public non-confessionnel.
La directrice, Mrs. Katharine Birbalsingh a, par le passé, été chargée par le gouvernement d’œuvrer à la mobilité sociale. Elle a d’ailleurs fondé l’école en 2014 avec pour but de favoriser l’intégration sociale. On y sert un repas végétarien acceptable toutes fois confondues et les enseignants s’appliquent à favoriser une bonne socialisation entre les différents groupes d’élèves.
Michaela a la réputation d’être un des établissements anglais les plus stricts en ce qui concerne la discipline. Ainsi, les groupes de plus de quatre élèves sont interdits dans la cour. Michaela obtient des résultats scolaires qui en font un des meilleurs du pays et ce, dans une zone socialement défavorisée.
La population scolaire de 700 élèves environ est composée pour moitié d’enfants musulmans.

Dans cette école modèle, des événements récents ont incité Mrs. Birbalsingh à prendre cette décison. Une trentaine d’élèves avaient commencé à organiser des séances de prière dans la cour, utilisant la veste de leur uniforme comme tapis de prière.
Petit à petit, une ségrégation entre élèves musulmans et non-musulmans s’est installée dans l’établissement. Les enseignants observaient que le groupe d’élèves impliqué exerçait une pression grandissante sur les autres élèves musulmans afin que ceux-ci se conforment à leur pratique plus rigoriste de l’islam. Une élève s’est ainsi vue contrainte de porter le voile, d’autres, traités de « mauvais musulmans » ont été poussés à se joindre au groupe de prière.
Suite à cette série d’incidents, Mrs. Birbalsingh a décidé d’interdire ces pratiques religieuses comme le stipulait le règlement intérieur.

Une élève a alors porté plainte contre l’école pour non-respect de la liberté religieuse.
Pendant ce temps, la direction et les enseignants, accusés d’islamophobie, recevaient insultes et menaces de mort par l’intermédiaire des réseaux sociaux.
La police a dû intervenir dans l’établissement à plusieurs reprises à la suite d’alertes à la bombe. Des bouteilles ont été lancées de l’extérieur contre l’établissement et une brique a brisé la vitre du bureau d’un professeur.
Depuis mars, la situation s’est calmée progressivement.

Par un jugement du 16 avril 2024, la Cour a estimé que la direction de l’établissement était en droit d’interdire ces groupes de prière conformément au règlement intérieur auquel tous les élèves acceptaient de se conformer en s’inscrivant à la Michaela Community School, école non-confessionnelle.
L’élève plaignante et sa famille se sont dit profondément déçues de cette décision mais renforcées dans leur foi tout en se sentant rejetées et victimes de discrimination.

Dans une tribune parue dans le Guardian, une enseignante musulmane a déploré ce jugement qui nuirait à l’harmonie d’une société multiculturelle et a mis en garde contre une laïcisation étroite à la française qui serait en train de s’insinuer sournoisement dans la société britannique.

Le modèle multiculturel anglo-saxon semble rencontrer des problèmes similaires à son homologue laïc français, et en particulier, sur la question scolaire.

Jean-Pierre Gross

 

Sources :

BBC

The Guardian

 

 

 

COLLOQUE : L’ACTION POLITIQUE DES RELIGIONS

Les vidéos du colloque 2024:

 

Message d’accueil de Christian Bilhac – Sénateur de l’Hérault

 

Les religions majoritaires dans le monde: état des lieux – Extraits de l’infographie de Marcelle BARRY, administratrice d’EGALE

 

Commentaire sur l’Infographie – Martine Cerf, secrétaire générale d’EGALE

 

Présentation de la table ronde 1 – Martine Cerf, secrétaire générale d’EGALE

 

Table ronde 1 : Convaincre et Influencer

 

 

 

 

 

Vidéo Arte: Philippe Gonzalez, professeur à l’UNIL – Lausanne:  « La Vérité sur les Evangéliques »

 

Table ronde 2 : Contraindre et Imposer

 

 

 

 

 

 

Conclusion de Françoise Laborde

Bonne nouvelle pour le conseil des sages de l’Éducation nationale

La ministre de l’Éducation, Nicole Belloubet vient de prendre une décision salutaire : celle de démettre le sociologue Alain Policar de ses fonctions au sein du conseil des sages. Celles-ci prendront fin au 30 juin.

Selon l’Opinion, ce dernier avait déclaré sur RFI le 5 avril : « Le voile n’est pas le plus souvent un signe de prosélytisme – les enquêtes sociologiques montrent qu’il s’agit même souvent d’un vecteur d’émancipation pour les jeunes filles par rapport à leurs milieux – et le port du voile devrait donc être analysé chaque fois au cas par cas » Ajoutant, à propos de Maurice-Ravel : « ça illustre, me semble-t-il, les difficultés d’appliquer sereinement la loi qui (…) apparaît, à tort ou à raison, comme discriminatoire à l’égard des musulmans ».

Le sociologue se faisait le porte-voix du discours islamiste. Cette prise de position qui affaiblissait la loi de 2004 sur les signes religieux ostensibles, était inacceptable dans le contexte de la démission du proviseur du lycée Ravel.

Le collectif Vigilance Collèges-Lycées avait publié une tribune demandant le départ d’Alain Policar du Conseil des sages ainsi que la restauration de sa faculté d’autosaisine, supprimée par le précédent ministre qui avait manifestement décidé de l’affaiblir.

Il est heureux que la ministre ait fait preuve de détermination et de cohérence, ce dont l’école a un impératif besoin aujourd’hui.

Nous attendons maintenant que les attributions d’origine du Conseil des sages soit intégralement restaurées, ce qui aurait un effet bénéfique immédiat sur la formation des enseignants à la pédagogie du principe de laïcité.

Martine Cerf

Marche de soutien aux athlètes afghanes et iraniennes

23 Juin 2024 : Journée de l’Olympisme et Paris 2024 Jeux Olympiques et Paralympiques.
Deux raisons de manifester notre solidarité avec les athlètes afghanes et iraniennes (mais aussi de
toutes les femmes de ces pays, voire d’autres pays !).

Le « Collectif Paris 2024 » appelle à une marche de soutien dans Paris. Elle débutera à 14h00 à la
statue de la Liberté au pont de Grenelle pour aller jusqu’au parvis des droits de l’Homme et de la
Liberté. Une flamme symbolique sera en tête de cortège pour rappeler les valeurs de l’olympisme.
Vous trouverez ci-dessous diverses informations sur cette manifestation.

Participez à cette manifestation et/ou envoyez le bon de soutien à l’adresse mail indiquée.

 

Les transgenres…suite (mais pas fin !)

Lors d’une compétition inter lycées en Oregon (USA) une « transgenre » a défrayé la chronique. En effet Aayden Gallagher est un garçon qui «  se sent »  fille (il suit des traitements hormonaux). Il participe aux compétitions féminines d’athlétisme de son lycée, et il faut savoir qu’aux USA le « dossier sportif » d’un étudiant est très important pour son entrée dans une université.

Lors d’une importante rencontre inter-lycées, Aayden a gagné une course de 200 m avec 5 secondes et plus de 50 mètres d’avance ! La vidéo de cette course a été diffusée sur le site « ReduxMag » et a fait l’objet de nombreux commentaires. Certains ont trouvé cela normal car elle n’a pas gagné la finale ;  elle a quand même pris la place d’une autre concurrente qui serait allé en finale. Ils considèrent qu’elle ne « survole » pas les autres compétitrices.). Mais en athlétisme (comme d’ailleurs dans d’autres sports), chaque course remet tout à zéro : réussite ou échec !

Ses résultats en finales sont tout de même surprenants : 2ème au 200 m, 2ème  au 400 m, 8ème au relais 4×800 m et 7ème au relais 4×100 m ;  avec les éliminatoires, quart de finales, demi-finales, etc…et tout cela en trois jours !

Suite à cette compétition, la NAIA (Ligue sportive inter collèges US) a interdit l’inscription des transgenres dans les compétitions féminines. La NCAA (Organisme des sports universitaires US) a également pris la même décision. La NCAA est le plus grand organisme sportif universitaire du monde.

Gérard MEYDIOT

Responsable GT sport EGALE

La « police des mœurs » n’a pas sa place en France.

Elles apparaissent enfin au grand jour, les pressions, les intimidations qui sont exercées sur nos concitoyens musulmans ou supposés tels par quelques fidèles trop zélés. L’Algérien Rachid Bouach à Bordeaux a ainsi perdu la vie pour avoir bu de l’alcool. Son assassin ne le connaissait pas mais avait la certitude qu’il était musulman et que cela impliquait un certain mode de vie.

Nous savions depuis longtemps que ces fanatiques ne laissaient pas les autres vivre en paix. Combien d’anecdotes avons-nous entendues depuis plus de vingt ans, sur les pressions exercées par des parents d’élèves, des voisins, des collègues, des inconnus qui venaient frapper aux portes… et nous l’avons dénoncé auprès de différentes autorités sans jamais être entendus. Cette réalité dérangeait et on préférait regarder ailleurs.

Il y a quelques années nous avions même demandé au Défenseur des droits ce que la démocratie pouvait faire pour protéger les femmes qu’on menaçait pour les obliger à porter le voile et qui étaient trop effrayées pour porter plainte. La seule réponse qui nous avait été faite alors était : « je n’aime pas votre question ! »

Cette cécité volontaire a permis le développement du phénomène. Pourtant nous savons bien que les fanatiques religieux ne connaissent aucune limite pour imposer leurs croyances aux autres. Nous ne saurons jamais combien de femmes iraniennes ont été assassinées pour avoir refusé de porter le voile, combien auront été passées à tabac pour n’être pas assez dociles. Ni combien de personnes se soumettent, ici, en France, par peur de représailles. Notre silence revient à donner aux fanatiques le droit de passer à l’acte.

Il est plus que temps aujourd’hui de sortir du déni et de réaffirmer sans faiblesse la primauté de la loi qui interdit évidemment de menacer, de violenter, ou d’attenter à la vie de qui que ce soit. Il est plus que temps d’appliquer sans faiblesse l’article 31 de la loi du 9 décembre 1905 qui pénalise les menaces et pressions exercées sur un individu pour l’obliger à pratiquer un culte.

Il faut empêcher de nuire ceux qui refusent de vivre dans le respect de l’état de droit. Et pour cela, l’Etat et ses représentants doivent se montrer sans faiblesse dans la protection des citoyens et des lois dont ils se sont dotés. Mais ce sont aussi les citoyens qui doivent faire des choix clairs dans leur volonté de défendre la démocratie et ses valeurs…L’engagement est à l’ordre du jour pour chacun.

Martine Cerf

Le Pacte progressiste fin de vie publie une tribune

Le Monde a publié ce jour, 10 avril, 2024, une tribune signée des deux porte paroles du Pacte progressiste fin de vie auquel EGALE a adhéré. Cette tribune rappelle les principes auxquels les associations du Pacte sont particulièrement attachées. Il faut rappeler également que c’est aujourd’hui que Madame Vautrin, ministre de la Santé présentait le contenu du projet de loi au gouvernement. Lire la tribune

Au Royaume-Uni aussi, l’école est menacée

Dans sa tribune publié par le quotidien britannique The Guardian le 31 mars 2024, Kenan Malik revient sur un événement qui s’est déroulé en mars 2021 à la Batley Grammar Scool (lycée) dans le Yorkshire.

Dans le cadre d’un cours d’études religieuses, un enseignant  a proposé à ses élèves de traiter les questions liées au blasphème, à la liberté d’expression et aux façons de surmonter les différends. Pour illustrer son propos, il a montré à ses élèves la désormais célèbre caricature de Mahomet portant une bombe en guise de turban, caricature créée par un dessinateur danois pour dénoncer le terrorisme islamique.

Le professeur avait procédé de la même façon, avec l’accord des autorités scolaires, les deux années précédentes sans soulever le moindre problème.

Cette fois-ci, des manifestations ont été organisées pour dénoncer ce cas de « blasphème »  qui constituait, selon les instigateurs du mouvement de protestaion, une « incitation à la haine et à l’Islamophobie, tout en promouvant une idéologie suprémaciste blanche d’extrême-droite. »

Le nom du professeur a alors été abondamment mentionné par les protestaires, ce qui a conduit à des menaces de mort sur les réseaux sociaux.

L’administration du lycée a immédiatement suspendu le professeur de ses fonctions, elle a présenté des « excuses sans restriction » pour avoir utilisé un document éducatif inapproprié et s’est engagée revoir les contenus scolaires en partenariat avec « toutes les communautés représentées dans l’établissement. » Ces excuses ont été approuvées et relayées par les autorités du district et par le député de la circonscription.

Ces dénonciations ne venaient pas de la communauté musulmane de la région mais du Muslim Action Forum (MAF, en français: Forum d’Action musulman), un groupe fondé en 2012 par des militants et des universitaires musulmans et dont l’objectif est d’empêcher tout diffusion de portrait de Mahomet.

Un autre acteur de cette mobilisation a été le dirigeant de la branche britannique du Tehreek-e-Labbaik Pakistan (TLP), une organisation qui recourt fréquemment à la violence contre des personnes accusées de blasphème au Pakistan ou ailleurs.

Kenan Malik souligne la lourde responsabilité des autorités britanniques,  qui, dans la plupart des affaires de ce genre, s’adressent en priorité aux organisations les plus radicales comme si elles étaient les authentiques représentants de l’ensemble des musulmans britanniques. Ces mêmes autorités n’hésitent pas, dans le même temps à abandonner à leur sort les enseignants incriminés.

Malik souligne que l’interdit qui pèse sur la représentation du prophète est maintenant tenue pour acquise par l’administration scolaire de bon nombre de régions, une position qui ne tient pas compte des représentations persanes, turques ou indiennes au cours de l’histoire, mais qui reprend les injonctions des groupes extrémistes.

L’auteur de la tribune rappelle que trois ans aptrès ces événements, le professeur et sa famille sont toujours dans l’obligation de vivre cachés. C’est pour Malik le résultat de l’échec des responsales politiques à s’engager clairement dans la lutte contre l’intolérance, et, en particulier, au chantage du blasphème.

Une telle attitude permettrait pourtant de contrer dans le même temps les discours anti musulmans de l’extrême droite.

 

Source:

https://www.theguardian.com/commentisfree/2024/mar/31/batley-school-what-teacher-in-hiding-can-tell-us-about-our-failure-to-tackle-intolerance

Amal, un esprit libre, un film de Jawad Rhalib, avec Lubna Azabal

Ce film a été visionné le 27 mars au Majestic Passy à Paris par un public attentif et concerné, à l’invitation des trois associations : Le Chevalier de la Barre, EGALE, Unité laïque et du distributeur : UFO.

Il se situe dans une classe de l’enseignement public belge et met en scène une professeure de littérature qui cherche à ouvrir l’esprit de ses élèves au savoir et à la connaissance par la réflexion et se trouve critiquée, empêchée même par des tenants de l’islam salafiste. N’en disons pas plus pour ne pas déflorer le sujet. Il faut saluer le remarquable travail de Jawad Rhalib qui a su restituer la justesse des propos et comportements de chacun, élèves, professeurs, parents qui rappelaient à beaucoup des situations vécues et des propos entendus – la France et la Belgique rencontrent les mêmes problèmes et peinent à les résoudre de la même façon. Il faut aussi rendre hommage à Lubna Azabal pour sa puissante interprétation.

A la fin du spectacle, le public a spontanément applaudi.

Mickaëlle Paty nous avait honoré de sa présence, ainsi que les invitées Nadia Geerts et Djemila Benhabib qui ont participé à la table ronde, animée par Emmanuel Kessler.

Ce film sort le 17 avril dans 80 salles et il faut courir le voir. Enseignants, élèves, citoyens, élus… nous sommes tous concernés. Il montre, pour ceux qui en douteraient encore, que c’est au fond la démocratie qui est remise en cause et qu’il est temps que tous les citoyens et les partis démocrates forment un front uni pour la défendre.

Car il ne faut pas oublier cette réalité élémentaire : une démocratie ne tient pas debout par la seule puissance de l’état, mais par l’implication des citoyens qui la portent et vivent selon les valeurs qu’elle s’est donnée : liberté, égalité, fraternité au sein d’une République laïque.

Martine Cerf

Les sénateurs LR souhaitent interdire le changement de genre des mineurs

Adapté de l’article d’Erwan Seznec -Le Point – 18 mars 2024

L’hebdomadaire Le Point fait état de la remise prochaine au Sénat d’un rapport sur « la transidentification des mineurs ». 

Le groupe de travail LR, dirigé par Jacqueline Eustache-Brinio, sénatrice du Val-d’Oise, après avoir auditionné 67 personnes, propose de rendre les changements de sexe impossibles avant la majorité.

Sur un sujet si controversé, peu de données sont disponibles.
Les demandes de transition chez les mineurs auraient explosé ces dernières années, en France comme dans beaucoup de pays développés. Si on se réfère au nombre de séjours hospitaliers Les séjours hospitaliers pour « transsexualisme » ont triplé entre 2011 et 2020, passant de 536 à 1 615 et le nombre de chirurgiens pratiquant des vaginoplasties sur majeurs a rapidement augmenté.
La question de fond concerne les causes de cet accroissement. S’agit-il d’une prise en compte d’aspirations longtemps ignorées ou bien d’un effet de mode ?
Les associations qui encouragent les transitions de genre tout comme ceux qui souhaitent les limiter mettent en avant l’intérêt supérieur des enfants et des adolescents.
Par manque de recul, aucune étude sérieuse n’a été menée sur les effets d’un changement de sexe sur la qualité de vie des patients.
Pour Jacqueline Eustache-Brinio, la transition sexuelle des jeunes sera considérée comme l’un des plus grands scandales éthiques de l’histoire de la médecine.
Elle s’inquiète des risques induits : « la transition sexuelle des jeunes sera considérée comme l’un des plus grands scandales éthiques de l’histoire de la médecine ».  Pourtant, elle précise : « Personne n’envisage d’interdire de changer de genre à l’âge adulte ».

Les propositions
Les rapporteurs souhaitent revenir aux formulaires administratifs comportant seulement deux cases à la mention du sexe ou l’abandon des toilettes non genrées.
Mais pour eux, l’essentiel est d’interdire aux mineurs la chirurgie dite de « réassignation sexuelle » et les traitements hormonaux, en particulier les bloqueurs de puberté.
Ces derniers visent à retarder la puberté pour laisser au patient le temps de choisir son genre.
Les associations pro-transition considèrent quant à elles que la volonté, y compris d’un mineur, suffit à enclencher le processus de transition jusqu’à la chirurgie.

Tour d’Europe
Au Royaume-Uni, le National Health Service, le système de santé britannique, a annoncé en mars dernier que les bloqueurs de puberté ne seraient plus prescrits aux adolescents, en dehors des cas particuliers liés à la recherche.
Le service de développement de l’identité de genre pour les enfants et les adolescents de la clinique Tavistock, seul centre d’Angleterre à fournir des bloqueurs aux mineurs, a fermé il y a un an, plombé par des enquêtes accablantes.

Le rapport indique que le traitement standard d’administration des bloqueurs de puberté repose sur le Dutch Protocol, ou protocole néerlandais, mis au point il y a une vingtaine d’années, qui postule la réversibilité totale sans effets secondaires du traitement et une administration possible dès 12 ans (certains praticiens descendant à 8 ans).
L’étude à la base de ce protocole fait aujourd’hui l’objet de vives critiques concernant les conditions dans lesquelles elle a été menée.

L’Espagne a autorisé le changement de sexe dès 16 ans l’an dernier. Elle est à contre-courant du reste de l’Europe. La Finlande, la Suède, le Danemark, le Royaume-Uni, « tous les pays qui étaient allés plus loin que la France dans l’accompagnement des volontés de transition des mineurs ont enclenché la marche arrière. Nous sommes à un tournant ».

L’expression d’un mal-être
« Tous les experts pointent un gigantesque mal-être chez les enfants qui veulent changer de sexe. Parmi eux, 70 % présenteraient des troubles anxiodépressifs et 30 % souffriraient de séquelles de traumatismes, en particulier des violences sexuelles. Plus inattendu, 30 % seraient autistes, souvent non diagnostiqués. »

Les sénateurs plaident pour une prise en charge pédopsychiatrique renforcée des jeunes qui ne sentent pas en accord avec leur sexe de naissance.

La laïcité défendue par la justice québécoise

Par un jugement du 28 février 2024, la Cour d’appel du Québec a confirmé la loi controversée sur la laïcité de la province qui lui reconnaît le droit d’interdire le port de signes religieux aux juges, policiers ou enseignants dans l’exercice de leur fonction publique sans exception.

Cette loi québécoise sur la laïcité, dite Loi 21 avait été adoptée en juin 2019. Elle avait été immédiatement contestée en justice par plusieurs associations, notamment le Conseil national des musulmans canadiens et l’Association canadienne des libertés civiles.
La laïcité voulue par la loi « reflète pour l’essentiel l’état actuel du droit qui, au Québec comme d’ailleurs dans le reste du pays, se fonde sur une séparation de l’État et des religions : car de fait, les éléments constitutifs de l’État canadien sont laïques ».

Les juges de la plus haute juridiction locale ont annulé par ailleurs l’exception introduite en première instance en 2021, qui permettait aux écoles anglaises d’employer des enseignants portant des symboles religieux.
Les opposants à la loi étudient maintenant la possibilité de porter la cause devant la Cour suprême, un appel que le gouvernement fédéral du Premier ministre Justin Trudeau entend appuyer.
Arif Virani, le ministre canadien de la Justice. Justin Trudeau, ardent défenseur du multiculturalisme, a toujours exprimé son opposition à cette loi qui contrevient pour lui à la liberté de religion et le droit à l’égalité.

La Cour d’appel remarque que « l’impact sera considérable, au point notamment de les priver de toute perspective d’emploi dans des organismes publics ou parapublics de compétence provinciale. »

 

Source:

Texte adapté de l’article du 2 mars 2024 de TV Monde

EGALE adhère au pacte progressiste pour la fin de vie

EGALE a rejoint les 26 associations signataires du Pacte Progressiste pour la fin de vie. il s’agit d’affirmer les points sur lesquels nous demandons que soit librement exercée la liberté de chacun, alors que se prépare le débat sur le projet de loi du gouvernement.

Les organisations signataires comptent bien faire entendre leur voix pour obtenir en particulier que les souffrances psychiques et morales soient reconnues autant que les souffrances physiques et que la liberté de choix de chacun jusqu’au bout de sa vie puisse s’exercer.

M.C

 

De l’indivisibilité de la République et des aménagements de ce principe

Article 1er de la Constitution : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée. »

25 février 2024, rencontre entre le ministre de l’Intérieur et des élus. Elle se conclut sur un accord de principe, présenté ainsi par le ministre (Le Monde daté du 26-02-2024) :

« Je pense que nous cheminons vers un consensus », s’est-il félicité, en espérant que celui-ci permette « ensuite à l’Assemblée territoriale, au président de la République et demain, peut-être, au Parlement de réformer la Constitution pour la Corse ».

Le premier sujet mentionné par le ministre est la reconnaissance « que la collectivité de Corse a une place singulière dans la Constitution », avec ses « spécificités linguistiques, culturelles et insulaires » et « son attachement à la terre ».

Deuxième point : le gouvernement souhaite que la Corse dispose d’une « habilitation générale » pour adapter à sa situation des textes législatifs et réglementaires.

Troisièmement, la Corse serait dotée de la compétence législative et réglementaire, c’est-à-dire d’une autonomie normative, dans des domaines qu’une loi organique fixerait. Avec « deux garde-fous », a prévenu M. Darmanin : chaque texte devra être soumis au Conseil d’État pour avis et au contrôle du Conseil constitutionnel.

Quatrième point : les Corses seront consultés sur ce nouveau statut, et devront donner leur accord. Enfin, il faudra décider si la réforme est inscrite dans un titre de la Constitution, comme le souhaitent les nationalistes, ou dans un simple article, une option qui a la préférence du président de la République, Emmanuel Macron.

Qestions : le caractère insulaire de la Corse est évidemment propre à cette région (sauf à considérer les départements et collectivités d’outre-mer) ; mais ses spécificités linguistiques et culturelles distinguent-elles réellement la région d’autres territoires métropolitains connaissant aussi de telles spécificités (Alsace, Pays Basque, Bretagne, voire Occitanie, Flandre ou Savoie…) ?

L’organisation décentralisée de la République ne risque-t-elle pas de déboucher, progressivement vers un statut (ou au moins une réalité de fait) de Fédération de régions autonomes ?

 

Comparaison avc l’Alsace

Les histoires de l’Alsace et de la Corse sont à l’évidence fort différentes.

Leurs revendications en matière d’autonomie législative et réglementaire présentent aussi une différence fondamentale :

  • Pour la Corse, il s’agit d’aménager le droit national actuel et de créer à terme un droit spécifique à l’Île.
  • Pour l’Alsace, il s’agit essentiellement de maintenir un droit local existant, issu principalement de lois françaises antérieures à 1871 et de lois allemandes de la période 1871-1918. Les aménagements auraient pour objet de le moderniser, l’adapter à la société actuelle, pour le conforter, le pérenniser. Comme le défend l’Institut du Droit Local, celui-ci devrait se transformer d’un droit historiquement maintenu à un droit territorial autonome.

Or, le Conseil constitutionnel dans sa décision SOMODIA du 5-08-2011 a précisé que : « Le caractère transitoire du maintien du droit alsacien-mosellan ne fait pas obstacle à ce que le législateur puisse adapter les règles de droit local. Toutefois, il ne peut en résulter ni un accroissement du champ d’application des différences ni une augmentation de celles-ci. »

Cette décision est évidemment fort contestée par les partisans d’une autonomie juridique alsacienne… Elle ne pourrait, vraisemblablement, être contournée que par une modification constitutionnelle, appelée de ses vœux par l’Institut du Droit Local.

 

Petite histoire des structures propres au droit local.

  • De 1985 à 2014, existait une Commission d’harmonisation du Droit privé. Présidée par un sénateur alsacien, elle ne comporte que des juristes et son secrétariat est assuré par la Cour d’appel de Colmar. Comme son nom l’indique, son champ d’action est limité.
  • En 1985 aussi est créé, sous forme associative, l’Institut du Droit Local (suite à la préconisation d’un rapport de 1982 au Premier ministre rédigé par Jean-Marie Bockel (alors député socialiste haut-rhinois). Il se présente ainsi (site de l’IDL) :

« L’Institut a pour tâche de promouvoir une connaissance plus approfondie des diverses composantes du Droit local ainsi que des problèmes juridiques que soulève sa combinaison avec le Droit général français. L’Institut du Droit local est investi d’une mission de synthèse et d’impulsion, à la disposition des administrations, des élus, des praticiens et du public ; sa mission a été reconnue d’utilité publique par le préfet en 1995. L’Institut du Droit Local est un organe technique et scientifique à la disposition des institutions et du public confrontés au Droit local. »

On doit lui reconnaître la mise en forme qui était nécessaire de l’essentiel des très nombreuses dispositions du doit local et sa publication : le Code du droit local alsacien-mosellan, Lexis-Nexis 2020 (nouvelle édition 2024). Il a également, suite à une décision du Conseil constitutionnel, traduit en français un bon nombre de textes allemands.

Avec son président, Jean-Marie Woehrling, ancien président du Tribunal administratif de Strasbourg, il se présente comme le conservateur et le défenseur des régimes dérogatoires, notamment dans le domaine religieux.

  • En 2014, un décret du 26 janvier, signé par le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault, crée la Commission du Droit Local d’Alsace et de Moselle. Sa composition est décidée par le Garde des Sceaux Christiane Taubira. C’est alors un véritable club des bénéficiaires des privilèges du droit local (les représentants des cultes, des professions libérales, … mais sans représentants des salariés, ni des structures laïques). Son secrétariat est assuré par… l’Institut du Droit Local qui impose largement sa ligne politique.
  • Le renouvellement de sa composition n’étant pas décidé, la Commission connaît un sommeil de plusieurs mois. Un nouveau décret, de décembre 2021, crée une nouvelle Commission, cette fois directement rattachée au Premier ministre. Sa composition n’est publiée que récemment (Arrêté du 1er février 2024). Elle ne comporte cette fois que des représentants des associations des maires des 3 départements, des Chambres consulaires, de la Chambre des notaires et de la Caisse d’Assurance retraite et santé. La présidence et le secrétariat échoit au Préfet de Région. Exit les parlementaires, les représentants des cultes et… l’Institut du Droit Local !
  • D’après la Presse, la Préfète a même « remis à sa place » l’Institut en déclarant qu’« il s’agit d’une association dénuée de toute autorité particulière et dépourvue du rôle légal et officiel de la commission». Elle a aussi ignoré une autre structure associative créée par les élus politiques qui se présentait sous le titre de « Conseil représentatif du droit local ».

Cette apparente reprise en main du dossier alsacien par l’État tranche avec les annonces d’autonomie pour la Corse !

Dossier à suivre…

 

Michel Seelig

L’Alabama, un état de droit religieux

Le 16 février 2024, la Cour Suprème de l’Alabama a rendu public un jugement qui ne manquera pas d’avoir d’importantes conséquences en matière de procrétion artificielle. Elle a estimé que les embyons congélés devaient être considérés comme des enfants à part entière et que leur mise en danger tombait sous le coup de la loi. La Cour s’appuyait sur une décison de 1872 permettant aux parents de poursuivre en justice les responsables de la mort de leurs enfants.

Le juge Tom Parker a justifié cette conclusion en déclarant que « Même avant la naissance, tous les êtres humains sont faits à l’image de Dieu et que leurs vies ne peuvent être détruites sans porter tort à sa gloire » Il s’est référé à la Bible et a également cité des oeuvres de théologiens du XVIe et XVIIe siècles pour appuyer cette décision.  Parker a été un des principaux artisans de l’interdiction de l’avortement en Alabama.

Ctte décision remet en cause les traitements impliquant la réimplantation d’embryons fertilisés, mais elle semble de toute évidence en contradiction avec le principe de séparation de l’Etat et de la religion aux Etats-Unis.

Le New York Times s’inquiète d’un glissement progressif des USA vers la théocratie.

Source: New York Times Feb.20 et Feb.22, 2024

L’abattage rituel en question

Dans un article paru du 21 février 2024, Charlie Hebdo fait état d’un jugement de la Cour européenne des droits de l’Homme du 13 février 2024.

La CEDH a jugé que « l’interdiction de l’abattage rituel sans étourdissement préalable, décidée par décret en 2017 et 2018 par deux régions belges, la Flandre et la Wallonie, ne constituait pas une violation des libertés religieuses.

Elle avait été saisie par des associations et des représentants religieux belges, qui invoquaient l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme sur « la liberté de pensée, de conscience et de religion ». Les magistrats de la Cour ont considéré en l’espèce que les autorités de Flandre et de Wallonie « ont pris une mesure qui est justifiée dans son principe et qui peut passer pour proportionnée au but poursuivi, à savoir la protection du bien-être animal en tant qu’élément de la morale publique ». »

La CEDH rappelle  à l’occasion que les droits religieux ne sont pas au-dessus , ils sont donc susceptibles d’évoluer, d’être modifiés, voire jugés dépassés, aberranmatière d’abattage rituel ts ou en contradiction avec les lois et les normes morales des sociétés humaines civiles.et que les régions belges « ont pris une mesure qui est justifiée dans son principe et qui peut passer pour proportionnée au but poursuivi, à savoir la protection du bien-être animal en tant qu’élément de la morale publique ».

Ce jugement a provoqué les protestations du grand rabbin de France, Haïm Korsia, ainsi que d’autres organistions religieuses.

La CEDH réaffirme par cet arrêt que ce sont les cultes qui doivent se conformer aux règles des sociétés où ils sont pratiqués, et non l’inverse.

EGALE a participé à une réunion avec la Commission européenne le 8 février

La Commission européenne a organisé le 8 février une réunion de « haut niveau » avec les organisations non confessionnelles, en conformité avec l’article 17 du traité de fonctionnement de l’Union européenne.l’ordre du jour était assez large et représentait une sorte de bilan des actions menées par l’actuelle Commission en particulier .

Le Vice Président Margaritis Schinas nous avait invité et la réunion a eu lieu en présence de l’envoyé spécial pour la liberté de religion et de conviction :M. Frans Van Daele. Voir la vidéo de la réunion.

Nous avons pu constater que l’action de Monsieur Van Daele se déroulait comme prévu dans l’objectif de défendre la liberté de conscience de tous, adepte d’une religion ou pas, conformément à ce que nous avions demandé et nous l’en avons remercié.

Lire l’intervention de Martine Cerf et le résumé des différentes interventions.

Nous avons également laissé une note plus complète sur nos préconisations.

M.C

 

La Loi du 15 mars 2004, 20 ans après

Vêtements, religions et espace scolaire public
COLLOQUE IDETCOM du  14 mars 2024 au 15 mars 2024
9h – 18h – Arsenal – Amphithéâtre E- Maury – Université de Toulouse- Capitole
Colloque organisé par Frédérique de la Morena, Maître de conférences en droit public

Robert Badinter s’est éteint

Elle s’est tue pour toujours cette grande voix qui, plus d’une fois a su formuler les mots qui clarifiaient la pensée, qui posaient en termes forts et sans complaisance les éléments d’un problème et les solutions qui s’imposaient au regard de ses valeurs, de nos valeurs. Cette voix forte qui dépassait le brouhaha de la parole politique trop souvent vaine, qui faisait fi des basses attaques antisémites ou politiciennes, qui témoignait de sa constante détermination, nous ne l’entendrons plus mais elle a laissé son écho en nous, elle nous inspire encore. Nous ne l’entendrons plus mais elle résonnera toujours dans nos oreilles et notre mémoire.

Notre pensée va aujourd’hui vers son épouse, Elisabeth Badinter à qui nous exprimons nos sincères condoléances et toute notre solidarité, Elisabeth Badinter, avec qui nous avons mené plus d’un combat pour que vive l’égalité entre les femmes et les hommes et que la laïcité, qui en est un des garants, soit respectée.

Impuissants devant la mort, nous le sommes assurément, mais nous pouvons rendre hommage à Robert Badinter, de la meilleure manière qui puisse être, en poursuivant dans sa trace les combats qu’il a menés. Gardons en nous son courage et sa détermination, pour continuer d’avancer sans concessions et sans faiblesse vers la liberté et l’égalité.

Écoutons et faisons nôtres, les mots qu’il avait écrits pour la préface de Ma Liberté c’est la laïcité, puis Vivre la laïcité[1] :

« A l’heure où certains invoquent parfois les droits humains pour combattre la laïcité, il faut rappeler haut et fort que la laïcité découle de ces droits fondamentaux reconnus à tous les êtres humains : la liberté et l’égalité. […] La laïcité est un bien conquis de haute lutte par des décennies de combats républicains. Sachons la préserver contre toute atteinte d’où qu’elles viennent et la transmettre comme un héritage précieux aux nouvelles générations. C’est le devoir de tous les républicains. »

Martine Cerf

[1] Ma liberté c’est la laïcité, Martine Cerf et Marc Horwitz, Armand Colin 2012 et 2016 et Vivre la laïcité, Martine Cerf et Marc Horwitz, Dunod, 2022

Immaculée mais pas très claire

Le numéro de Libération du 1er février 2024 rend compte de son enquête sur l’Immaculée Conception, le plus grand établissement privé de Pau, qui s’autorise quelques libertés avec la charte de la laïcité et le contrat qui le lie à l’Etat.

Sous la houlette d’un proviseur proche des milieux catholiques traditionalistes, Christian Espeso, on bénit les cartables et on impose un enseignement où les ouvrages et publications jugés non corformes avec la ligne religieuse de l’établissement son systématiquement mis à l’index.

Récemment, l’évèque de Bayonne, Monseigneur Marc Aillet, réputé ultra-conservateur est venu dans l’établissement donner une conférence aux élèves de terminale et n’a pas manqué d’exprimer son point de vue sur les questions sociétales.

Les témoignages de professeurs et d’anciens élèves pointent de nombreux manquements à la charte de la laïcité comme des cours de religion très orientés, mais et notés auxquels tous les élèves doivent assister tout comme ils sont tenus de faire leur confession.

La condamnation de l’avortement, du mariage homosexuel et des LGBT y est systématique.

Le recrutement des professeurs favorise une orientation religieuse et politique ultra-conservatrice qui semble attirer une clientèle de familles traditionalistes.

La cellule Laïcité du Rectorat s’est saisie du cas de l’Immaculée Conception qui a été déjà rappelée à l’ordre à plusieurs reprises.

Libération rappelle que « seuls les programmes de l’enseignement public peuvent l’être dans les établissements privés sous contrat, comme le prévoit le code de l’éducation. Tout ce qui relève du «caractère propre» de ces écoles, en résumé tout ce qui concerne la vie confessionnelle, doit rester facultatif et en dehors des
heures de cours. »

L’appel de Paris

Laïques de tous les pays, unissez-vous!

Lisez l’appel lancé à l’issue de la conférence internationale des 8 et 9 décembre 2023 qui s’est déroulée à Paris, réunissant défenseurs et défenseuses de la laïcité du monde entier.

240617 APPEL DE PARIS FR

 

La Laïcité, fondement de nos libertés

Pour comprendre, s’il en était besoin, que la laïcité est indispensable à la préservation de nos libertés, il suffit de regarder la carte de la liberté de pensée dans le monde, éditée par l’association Humanists International[1]. Il y apparaît clairement que les théocraties actuelles font toutes partie des pays où elle est quasi inexistante. Comment alors imaginer que dans ces pays, on puisse concevoir les libertés individuelles et à fortiori les mettre en application ? Comment espérer obtenir l’égalité des droits pour les femmes, alors que leur rôle subalterne est décrit par le menu dans des textes sacrés censés exprimer une volonté divine ? L’histoire des théocraties ne peut se raconter qu’au travers d’une soumission totale des individus à la collectivité, à sa conception morale, à son organisation réputée immuable. Une soumission à laquelle on ne peut se soustraire, sous peine d’y perdre la vie. C’est pourquoi il faut encore saluer ici le courage des Iraniennes et des Iraniens qui se dressent contre la dictature des mollahs.

Nous, laïques, continuerons de revendiquer notre totale liberté de penser. Nous continuerons de défendre que c’est par elle que nous pouvons librement essayer de comprendre le monde où nous vivons, élaborer ce que doit être la place de l’individu, ses droits et ses devoirs vis-à-vis de la collectivité, adapter nos conceptions aux évolutions de la pensée. Nous continuerons de vivre dans le temps présent, sans jamais renoncer au fondement de toutes les libertés : la liberté de pensée et la liberté de conscience.

Pour cela, les laïques doivent avancer unis, soudés par leur objectif commun qui est la construction d’une société solidaire où la devise républicaine « Liberté, Égalité, fraternité » trouve tout son sens. En France où nous avons la chance de connaître la laïcité, nous devons combattre toutes les accusations fausses formulées contre elle par ceux qu’elle empêche d’installer leur emprise sur les individus. Nous battre pour la faire respecter sans faiblesse, enseigner ce qu’elle est, la faire connaître sans relâche, appliquer la loi sans compromission, exiger de nos représentants élus qu’ils fassent de même.

Martine Cerf

[1] https://humanists.international

Le Danemark fait un pas vers le délit de blasphème

Plusieurs incidents avaient eu lieu dans le pays à la suite de Corans brûlés publiquement. De nombreuses manifestations de musulmans au Danemark et ailleurs avaient suivi. Des pays musulmans accusaient le gouvernement danois de ne pas réagir. En réponse, un projet de loi, déposé le 1er septembre 2023, au nom de la sécurité nationale, visait à interdire toute  dégradation publique d’objets ayant une signification religieuse pour une communauté . Interdiction assortie d’une peine de deux ans de prison.

Allant bien au delà de la protections des personnes, auquel le droit européen souscrit, la loi adoptée le 7 décembre interdit formellement « le traitement inapproprié d’objets à signification religieuse importante pour une communauté religieuse« . Et ceci concerne autant le Coran, que la Bible, la Torah, ou encore un crucifix. Selon les autorités danoises, le blasphème « verbal ou écrit » ne sera pas concerné par cette loi, ni même les caricatures, a précisé le ministre de la Justice.

Il reste que cette loi est une limitation de la liberté de l’expression d’une opposition à des dogmes religieux et qu’elle pourrait représenter un premier pas vers la restauration du délit de blasphème.

Guides et chartes de la laïcité

Des entreprises publiques ou privées, des syndicats professionnels, des organisations diverses ont publié des chartes, vade-mecum, guides et bonnes pratiques de la laïcité et de la neutralité afin de faciliter leur application ou tout simplement favoriser leur bon fonctionnement interne. L’observatoire de la laïcité a également publié des guides spécialisés. Vous pouvez les télécharger dans cette rubrique en cliquant sur le document qui vous intéresse.

SERVICES PUBLICS OU ENTITÉS EN DÉLÉGATION DE SERVICE PUBLIC

 

ENTREPRISES PRIVÉES

 

Un Conseil régional de la laïcité en Occitanie

Carole Delga, la présidente de la région Occitanie a annoncé la création d’un Conseil de la Laïcité en 2024 après concertation avec les syndicats et les associations et en « accord avec les institutions. »

Il aura « pour mission d’épauler toutes celles et ceux qui font vivre ce principe, enseignants, éducateurs, agents du service public en tête, partout en Occitanie ».

Les élus élaboreront ainsi les détails concernant la composition et les missions de ce Conseil en début d’année prochaine en vue d’une installation prévue dans le courant de l’année 2024.

Mme Delga a déclaré: « Alors que la laïcité est régulièrement mise en cause ou fait l’objet de polémiques, la Région Occitanie réaffirme son engagement pour faire respecter, à son échelle, les principes de la République. Au premier rang desquels celui de laïcité, insuffisamment compris et parfois mal appliqué, et ce jusqu’au plus haut sommet de l’État. » Pour la présidente de Région, « la laïcité protège la liberté de conscience et son universalisme est une puissante source de concorde civile. »

Source: Le Journal Toulousain – 14 décembre 2023

La lettre de Jean Glavany à Haïm Korsia, grand rabbin de France

L’ancien ministre socialiste écrit, «au nom de leur amitié», au grand rabbin de France qui a célébré Hanoukka à l’Elysée. Il rappelle que ceux pour qui la laïcité veut dire «l’Etat chez lui l’Eglise chez elle» se sont sentis exclus de la République jeudi soir.

par Jean Glavany

publié le 12 décembre 2023 à 15h59

Mon cher Haïm,

Il y a bien longtemps, tu n’étais pas encore grand rabbin de France mais rabbin de l’armée de l’air – c’est comme cela que nous nous sommes connus grâce à mon père, pilote et héros de la guerre contre le nazisme. Tu as servi de guide à un groupe autour de plusieurs parlementaires pour visiter le camp d’Auschwitz. A la fin de la visite, dans la nuit noire et un froid glacial au fond du camp, tu nous as invités à une cérémonie de recueillement lors de laquelle nous avons déposé des bougies du souvenir à même le sol. A un moment, tu as dit «je voudrais demander à Jean de déposer une bougie à la laïcité», et je me suis exécuté, ému, bouleversé même.

Et c’est en pensant à ce moment qui a marqué ma vie que je veux m’adresser à toi pour répondre à ton interview parue dans Libération samedi au sujet de l’invraisemblable cérémonie qui a eu lieu à l’Elysée jeudi dernier. Je le fais au nom de notre amitié qui implique qu’on se parle franchement et au titre d’une certaine conception du dialogue républicain qui impose respect, mesure et courage de la nuance.

En commençant par ce point de contexte dont, tu le comprendras, je ne fais pas le point central de mon argumentation. A Auschwitz, nous n’étions ni le jour de la fête de Hanoukka ni à l’Elysée et, je n’étais pas le président de la République française, incarnation de l’unité de la Nation. Ce contexte est loin d’être neutre, mon cher Haïm. Tu nous expliques qu’il ne s’agissait pas d’une cérémonie religieuse mais d’une remise d’un prix de la lutte contre l’antisémitisme. Je reconnais bien là ton intelligence dialectique. Mais c’est bien toi qui as invoqué la fête de Hanoukka et qui as chanté avec d’autres un chant religieux juif non ? Donc, je t’en prie, pas d’argutie de ce type entre nous.

«Et demain ?». Demain, que va faire le Président ?

Quant à la lutte contre l’antisémitisme, qui nous réunit sans faille, tu le sais bien, je voudrais te démontrer qu’elle a été bien mal servie par cet épisode. Je pense même qu’elle l’a alimenté. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’elle a cautionné l’idée que les juifs disposaient en France d’un droit particulier, un privilège, en somme, offrant un boulevard à ceux qui dénoncent un imaginaire «deux poids, deux mesures». D’ailleurs quand tu ajoutes «on n’était pas dans une école où les consciences doivent être protégées mais à l’Elysée !» tu mélanges les sujets et aggraves ton cas : à l’école, les élèves ne sont pas tenus à la neutralité mais à la discrétion religieuse pour ne pas s’influencer les uns les autres et laisser leurs consciences se former librement.

Néanmoins, comment imagines-tu que nos enseignants vont faire appliquer la loi de 2004 sur le port des signes religieux à l’école quand des petits Français, musulmans ou pas, leur répondront «pourquoi on peut célébrer sa religion à l’Elysée et pas en classe ?». Et d’ajouter, peut-être : pourquoi les juifs et pas nous ? Funeste perspective que vient d’ouvrir une initiative très regrettable.

Car, là où je veux en venir, mon cher Haïm, c’est à la sagesse politique qui doit toujours nous amener à regarder plus loin et se poser la question : «Et demain ?». Demain, que va faire le Président ? Va-t-il célébrer la Nativité avec les évêques ? Inviter des imams à l’occasion de la remise d’un prix contre le racisme anti-musulmans et y tolérer une prière ou une profession de foi ? Pour les catholiques, l’adresse a déjà eu lieu, c’était au couvent des Bernardins, et c’était presque aussi critiquable. Je dis «presque» parce qu’au moins on n’était pas à l’Elysée… mais les mots qui y furent prononcés, sur «la nécessaire restauration du lien entre l’Etat et les religions», un lien qui n’existe pas, – qui n’existe plus ! – depuis la Séparation, avaient choqué nombre de républicains.

Demain donc, à force d’invitations et de discours s’adressant à des croyants, le Président pourrait parachever une double erreur funeste – il va consacrer l’idée que la Nation ne serait qu’une juxtaposition de communautés de croyants et non pas un commun qui nous réunit – accessoirement, il va laisser de côté une grande partie des Français, sans doute la majorité, athées, agnostiques ou qui, tout simplement, ne se reconnaissent pas dans les formes instituées de la foi et s’en sentiront donc exclus.

La laïcité, c’est la liberté de croire ou de ne pas croire

Je finis par là mon cher Haïm : tu dis en substance «je suis un religieux laïque et je pratique la liberté religieuse ; je refuse que la laïcité se résume à l’athéisme… D’ailleurs, il y avait dans la salle des représentants de toutes les religions qui ont partagé ce moment». Mais cet «athéisme» que tu récuses, même les athées ne l’ont jamais demandé ! Et la laïcité, quant à elle, n’est en rien l’obligation de ne pas croire ! On peut pratiquer le «en même temps» laïque, mais il ne faut pas faire de contresens : ce n’est pas «et, et», les religieux et les incroyants ; c’est «ni ni». Ni ignorance ni reconnaissance. Pas d’athéisme d’Etat, en effet, car tel n’a jamais été le sens de la laïcité ; mais pas davantage un régime de tolérance convictionnelle complètement étranger à notre histoire et à nos principes.

La laïcité quant à elle, est la liberté de croire ou de ne pas croire. Ce que les religions, toutes les religions oublient d’un même élan en voulant la réduire à la «liberté religieuse», là où la Déclaration de 1789 protège «la liberté d’opinion, même religieuse», car l’idée républicaine n’élève pas la foi au-dessus des autres convictions. Jeudi, ceux qui ne croient pas, mais aussi ceux qui doutent, et plus largement tous ceux pour lesquels la laïcité veut dire, selon la belle formule de Victor Hugo, «l’Etat chez lui et l’Eglise chez elle», se sont sentis exclus de la République.

C’est dommage que tu ne l’aies pas compris. Je sais trop que certains rêvent d’un nouveau Concordat, c’est-à-dire une alliance entre la République et les cultes. Les uns voient dans ce «nouveau pacte laïque», étrange formule, la voie d’un règlement de la «question musulmane», comme si les musulmans ne pouvaient pas se faire à la laïcité ; étrange défaitisme. D’autres y voient le moyen de restaurer l’Eglise en majesté, ramenant l’identité française, celle d’une nation civique, à une identité religieuse essentialisée. En la matière, il n’y a pas de geste sans conséquence : gare à ce que la bougie de l’espérance, placée au mauvais endroit et au mauvais moment, ne soit pas la flamme qui allume l’incendie des passions identitaires.

Crois à ma fidèle amitié JG.

 

Sources:

Réponse au communiqué de parlementaires d’Alsace et de Moselle

Je viens de prendre connaissance du communiqué signé par plusieurs parlementaires mosellans et alsaciens… Inutile de préciser que je suis extrêmement déçu et fort mécontent de leur position ! Déçu, parce qu’il dénote une conception totalement biaisée du dossier des régimes dérogatoires religieux. Mécontent, parce que à l’évidence, pour certains, le souhait de dénoncer une manœuvre politique d’un adversaire, conduit à soutenir une position brutale de refus de voir la loi française s’appliquer sur tout le territoire national.

Alors quelques remarques sur les différents points abordés par le communiqué :

Le prétendu « Conseil Représentatif » ne dispose d’aucune reconnaissance juridique. Il a été créé par L’eurométropole d’Alsace, l’Euro-département de la Moselle et l’Institut du Droit Local, mécontents du fait que le gouvernement actuel n’ait toujours pas nommé de nouveaux membres de la Commission du Droit Local créée par JM Ayrault.

Quant à l’Institut du Droit Local, il n’est que le défenseur d’une identité alsacienne (cherchant évidemment, pour faire masse, à associer la Moselle). Je rappelle le propos du président de l’Institut du Droit Local (sur le site de cette structure presque exclusivement financée par des fonds publics) : « Le droit local est ainsi devenu un élément du paysage alsacien, un marqueur de l’identité de la région, un aspect de l’épopée alsacienne dans laquelle se retrouvent tous les Alsaciens de cœur. On veut garder le concordat ou les corporations parce que c’est à nous et qu’on ne supporte pas que Paris nous dise que ce n’est pas bien »

Sur le Concordat, comment peut-il y avoir de « compromis » ? On applique la loi de 1905 ou on ne l’applique pas !

Comment peut-on affirmer que la population souhaite son maintien ? Voir le sondage IFOP : Etude sur le maintien du régime du concordat et le financement des lieux de culte en Alsace-Moselle – IFOP

Il n’y a pas de lien juridique entre le Concordat et les autres aspects du droit local. Comment peut-on affirmer que la suppression du Concordat entraînerait celle de toute la législation locale ? Aucun texte, aucune disposition ne permet de le dire !

Le droit local présente encore quelques avantages (surtout des privilèges, par exemple pour les professions libérales). Discutons de chacun de ses éléments… Notamment de la fameuse « Sécurité sociale » locale… qui n’est à l’évidence plus la merveille que l’on dit : POINT SUR LA FAMEUSE SÉCURITÉ SOCIALE D’ALSACE ET MOSELLE | Le Club (mediapart.fr).

Le régime dérogatoire alsacien et mosellan (fondé sur le Concordat de 1801 et les textes relatifs aux protestants et aux juifs), comme ceux de Guyane (créé par une ordonnance royale de 1828) ou des collectivités d’outre-mer (régi par les décrets de 1939 qui autorise le soutien de l’État aux « missions » religieuses), tous ces régimes n’ont qu’une piètre justification historique. Ils sont à l’évidence en contradiction avec le principe de laïcité. Ils favorisent certains cultes uniquement et entretiennent ainsi le sentiment de discrimination éprouvé par les adeptes d’autres cultes… et par ceux qui ne se reconnaissent dans aucun !

IL SERAIT TEMPS D’Y METTRE FIN !

Michel Seelig

11 décembre 2023

Santé et dérives sectaires

Conséquences imprévues de la dernière pandémie, des troubles psychiques aggravés par les menaces de guerres étrangères, de la consommation de plus en plus étendue de drogues sans cesse moins dispendieuses et plus destructrices, un nombre inquiétant de personnes cherchent dans un ailleurs illusoire des thérapies aux performances scientifiquement improbables.

Le phénomène n’est pas nouveau. A toutes les époques, des charlatans ont su tirer parti de la crédulité et des souffrances insupportables aux patients éprouvés. On aurait pu penser que la sécularisation et l’évolution morale de nos contemporains suffiraient à combattre des récurrences irrationnelles. Il n’en est rien.

Il y a quelques mois un évêque français organisait le retour aux processions contre les intempéries, renouvelant au XXIè siècle.des rogalias médiévales qu’on pouvait croire obsolètes tandis qu’un autre prélat préconisait de multiplier dans les églises des « neuvaines de guérison » et, last but not least, un troisième pratiquait la confession par le déshabillage. En Seine-Saint-Denis, l’épouse d’un cancéreux en phase terminale – suivi dans un grand hôpital spécialisé – répand actuellement l’idée qu’au Portugal un thérapeute a découvert un traitement miracle…compatible avec le maintien des soins oncologiques, ce qui lui permet, en toute légalité grise, d’échapper à des poursuites pour exercice illégal de la médecine. Naturellement, ce bienfaiteur de l’humanité souffrante n’accepte que des honoraires en espèces. Quant à l’épouse du patient, elle propage à titre gratuit les procédés du charlatan, proposant à d’autres de faciliter leur contact avec ce guérisseur.

Dans le Haut-Rhin, à Thann, un thérapeute aussi pieux qu’autoproclamé, installé en centre-ville, travaillait encore l’an dernier au bénéfice d’une clientèle particulière : les malades de confession musulmane. Ce présumé névropathe  fondait sa thérapie en mélangeant son interprétation personnelle d’obligations coraniques à des prescriptions de produits, naturels comme le suc de truffe ou exotiques comme le siwak (racine utilisée pour polir les dents) et le costus indien (donnant une huile pour inhalation). Il recommandait des prières de désenvoûtement (rokaya) sans oublier d’user de l’eau de zamzam, source sacrée bien connue des pèlerins de La Mecque.

Condamné en mars 2023 à un an de prison avec sursis par le tribunal judiciaire de Mulhouse, le névropathe n’en avait pas moins influencé beaucoup de fidèles notamment dans le domaine des sports où coexistent en toute bonne foi beaucoup de personnes illusionnées : il ne s’agit pas seulement pour elles de guérir des blessures occasionnées  dans la pratique de leur sport mais surtout  d’acquérir  des qualités performatives  exceptionnelles. A cet égard, des champions illustres, tentés par la méthode, ont probablement orienté leurs supporters vers les pratiques illusoires de la médecine dite prophétique, la hijama, promue depuis longtemps sur des réseaux sociaux du groupe de discussion Telegram.

Poursuivant cette offensive de l’irrationnel dans le domaine si influençable des souffrances humaines, un thérapeute de Médine, Akim Boutera, qui dispose de milliers de followers sur Instagram, mène une bataille plus nocive encore. Il peut ainsi se permettre (depuis l’Arabie saoudite où il réside) de combattre par exemple les vaccins au prétexte que leurs substances, non prévues par le Coran, sont basées sur des « éléments synthétiques et dangereux (sic) ». En revanche, il se propose de soigner à sa manière des patients incurables, y compris des victimes du sida ou de la maladie de Crohn.

Face à cette débauche de propositions si rentables, les deux organismes officiels habilités par la législation française (Comité interministériel de prévention des radicalisations et Mission interministérielle de lutte contre les dérives sectaires) ne pouvaient rester sans réagir. En effet, plusieurs dispositions de la loi française permettent à la justice d’intervenir. Ce fut le cas, en mars dernier, quand le tribunal judiciaire de Mulhouse condamna le charlatan de Thann pour exercice illégal de la médecine.

La loi française, en effet, sanctionne depuis 2001 l’abus de faiblesse opéré à l’encontre de quiconque. Cette mesure a eu des effets positifs à l’égard du sectarisme, mais cela ne suffit pas pour en prévenir les méfaits. Aussi, en novembre dernier, la secrétaire d’Etat à la citoyenneté a-t-elle envisagé une proposition de loi répondant à cette nécessité de protection des citoyens, quels qu’en soient l’âge ou le sexe, dans le respect des libertés constitutionnelles.

Reste que  les propagateurs de ces fausses thérapies, souvent implantés à l’étranger, continueront encore longtemps leurs activités, via les réseaux sociaux, protégés qu’ils sont par l’anonymat relatif de ces moyens de communication et surtout par la confusion qui règne dans de nombreux Etats où sont encore confondus idéologie confessionnelle exclusive et pouvoirs publics.

En France, dans un contexte rendu plus favorable par le principe de laïcité, des contacts semblent avoir été établis entre les instances garantissant les libertés publiques et les leaders de divers mouvements religieux respectueux de la loi de 1905. L’objectif, à l’évidence, tend à favoriser la mise en place de dispositifs de précaution. Pourront-ils porter leurs fruits ? Avec la grande mosquée de Paris, un dialogue a été instauré qui, selon les propos récents de l’Imam Khaled Larbi, vise « à produire un contre-discours » en rupture avec les élucubrations de la « médecine prophétique ». Il en est temps.

Il serait également souhaitable que les offensives sectaires perceptibles en ce domaine dans les franges « tradi » de l’église catholique retiennent aussi l’attention de la Conférence des évêques. De même, s’agissant des « prières de guérison » fondées sur l’exaltation délirante de fidèles observés dans certains milieux dits évangélistes, inspirés eux-mêmes des formes extrêmes du baptisme états-unien.

Quoiqu’il en soit, les associations comme EGALE, qui promeuvent les droits de la personne humaine, poursuivront leur combat contre ces variétés contemporaines d’aberrations qui sévissent grâce à l’air du temps et à des intérêts politico-confessionnels très aisément décelables.

Alain Vivien

Conférence Internationale : Laïques de tous les pays, unissez-vous !

Les 8 et 9 décembre 2023, les associations Laïques sans Frontières (LSF) et le Council of Ex-Muslims of Britain (CEMB) ont organisé une conférence internationale regroupant des intervenants du monde entier, avec le concours actif d’EGALE et du CLR. Faisant suite à de précédentes éditions de la célébration de la dissidence dans les pays où il est dangereux de réclamer sa liberté de conscience (2017 à Londres, 2019 à Amsterdam, 2022 à Cologne), Paris 2023 rassemblait des ex-musulmans, des libres penseurs, militants, intellectuels et artistes du monde entier venus témoigner de leur attachement à la liberté de conscience, de pensée et d’expression.Les pays évoqués ont été l’Iran et la révolution initiée par les femmes iraniennes, le Pakistan, l’Afghanistan, la Syrie, l’Arabie saoudite, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Russie, l’Ukraine, le Sénégal, le Kénya, la Tanzanie, la Mauritanie…, mais aussi l’Europe avec en particulier, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne,  la Pologne, la Hongrie et les États-Unis. Cette conférence était également soutenue par Charlie hebdo, Marianne, la fondation Freedom from religion, la National Secular Society (NSS), le Center For Inquiry (CFI). Voir la brochure de présentation du programme et des intervenants

Alternant tables rondes, projection de vidéos et manifestations artistiques, cette conférence a marqué par l’enthousiasme et la détermination des participants. Un APPEL DE PARIS en français et en anglais a été approuvé par un vote à l’issue de la conférence, qui est actuellement publié en France sur les sites de Charlie hebdo, Marianne, EGALE et du CLR et proposé à la signature des associations laïques qui veulent s’y associer.

Lire l’intervention de Martine Cerf , en appel à l’union des Laïques

 

Associations laïques, signez l’Appel de Paris !

Pour la première fois en France, une conférence internationale réunissant défenseurs et défenseuses de la laïcité du monde entier s’est déroulée les 8 et 9 décembre 2023 à l’Auditorium de l’Hôtel de Ville de Paris. Cette conférence était co-organisée par l’Association Laïques Sans Frontières (LSF), une association Loi 1901, créée en janvier 2023 à Paris, et le Council of Ex-Muslims of Britain (CEMB), en collaboration avec le Comité Laïcité République (CLR) et l’Association EGALE (Égalité Laïcité Europe), en partenariat avec Charlie Hebdo, le magazine Marianne, Freedom From Religion Foundation (USA), National Secular Society (UK) et Center for Inquiry (USA).

L’événement a réuni plus de 40 personnalités laïques, venant des quatre coins du monde. Ils ont abordé différentes thématiques telles que, l’importance de la laïcité pour les droits des femmes, l’athéisme dans le contexte islamique, les défis contemporains liés à la laïcité et son rôle dans la préservation de la démocratie, etc. 

A l’issue de la Conférence un  APPEL DE PARIS  a été lancé. Les organisations peuvent s’inscrire à l’Appel de Paris en remplissant ce formulaire ou en envoyant par courrier électronique le nom de l’organisation, la ville et le pays à maryamnamazie@gmail.com

 

Pour la Cour européenne, une administration publique peut interdire le port de signes religieux

La justice européenne a jugé mardi 28 novembre 2023 qu’une administration publique pouvait décider d’interdire le port de signes religieux à l’ensemble de ses employés, y compris ceux qui ne sont pas en contact avec le public « Afin d’instaurer un environnement administratif totalement neutre, une administration publique peut interdire le port visible, sur le lieu de travail, de tout signe révélant des convictions philosophiques ou religieuses », rapporte l’agence France-Presse (AFP).

La justice européenne s’était déjà prononcée plusieurs fois sur des cas d’interdiction du foulard islamique émanant d’employeurs privés, mais il s’agit de la première décision concernant le service public initiée par une affaire en Belgique où la commune d’Ans avait « interdit en 2021 à l’une de ses employées, travaillant principalement sans contact avec les usagers du service public, de porter le foulard islamique sur son lieu de travail. Dans la foulée, la commune a modifié son règlement pour imposer à ses employés de respecter une stricte neutralité, en prohibant « toute forme de prosélytisme » et en leur interdisant « d’arborer tout signe ostensible » d’appartenance idéologique ou religieuse, y compris à ceux qui ne sont pas en relation avec les administrés.

L’employée a alors attaqué cette décision en justice, estimant qu’elle était discriminatoire et violait sa liberté de religion. La Cour de justice de l’UE, saisie par le tribunal du travail de Liège, a jugé que « la politique de stricte neutralité qu’une administration publique impose à ses travailleurs […] peut être considérée comme étant objectivement justifiée par un objectif légitime ». » (Ouest France – 28/11/2023)

Consulter l’arrêt de la Cour de Justice européenne

La colonie intégriste du Limousin

Dans son numéro du 18 novembre 2023, le quotidien Le Populaire du Centre se fait l’écho des inquiétudes du bourg de Solignac (1500 habitants) devant l’arrivée massive de nouveaux habitants, catholiques intégristes pour la plupart, créant des tensions sur les prix de l’immobilier.

En 2021, une communauté de moines s’est installée dans l’abbaye locale, au prieuré Saint-Joeph et la messe paroissiale a été remplacée par un office monastique, dans la tradition grégorienne. Les milieux traditionalistes n’ont pas tardé à s’intéresser à cette communauté proche de l’Emmanuel.

Le quotidien précise : « Cet intérêt pour les moines de Solignac a aiguisé l’appétit de l’entreprise Monasphère,qui propose des projets immobiliers pour les catholiques à proximité de lieux proches de la mouvance traditionaliste. Une initiative communautariste qui a même reçu dans un premier temps la bénédiction de l’évêché de Limoges (…)  »

Le maire indique qu’il va sans dire que les enfants des nouveaux arrivants ne fréquentent pas l’école publique. en revanche il est question d’un « projet de déménagement d’une école traditionaliste et hors contrat aujourd’hui ouverte à Limoges. Le cours Saint-Martial, adossé àl’Institut du Christ-roi souverain prêtre (ICRSP), une communauté proche de l’extrême droite,devrait s’installer au Vigen, à proximité de Solignac, à la rentrée prochaine. »

Le spécialiste des religions Odon Vallet commente : « Dès qu’on parle de communautarisme, cela veut dire qu’on vivra tous ensemble comme ci et pas comme ça. Il yaquelque chose qui est plus fort que la commune. Ce quelque chose est le communautarisme qui va finalement accorder peu de place à la citoyenneté. À travers ce communautarisme, il y a quelque chose de réactionnaire,au sens propre du terme. Un groupe d’hommes qui veut faire une réaction à ce qu’il se passe aujourd’hui, qu’on revienne à la France d’autrefois. »

Un guide pour concilier islam et Laïcité

Dans un article du 23 novembre, 2023, Le Parisien révèle que  » des imams, des représentants des autres cultes et des experts laïques travaillent à un glossaire recensant les sujets du quotidien sur lesquels l’islam peut s’adapter afin de concilier la pratique religieuse avec une société plurielle laïque et plurielle. » sous l’égide de la Grande Mosquée de Paris.

Le genre n’est pas le sexe !

L’être humain possède 23 paires de chromosomes : 22 où les deux exemplaires sont identiques et une paire correspondant aux chromosomes sexuels formée de deux X chez la femme et d’un X et d’un Y chez l’homme. Le chromosome X code principalement pour l’œstrogène (hormone femelle), et le chromosome Y code principalement pour la testostérone (hormone mâle) ; c’est le cas dans tout le règne animal.

Cela peut paraitre  évident mais pourtant c’est là que réside toute la différence qui est naturelle et non modifiable. Quelques perturbations peuvent intervenir (1 à 2 % au maximum) avec parfois des chromosomes additionnels XXY, qui entraine des perturbations et compensations hormonales.

La testostérone est l’hormone de la performance, du combat, de l’agressivité, de la puissance. Elle entraine un accroissement de la musculature (donc du cœur) et diminue la graisse corporelle. L’œstrogène est l’hormone du calme, de la bienveillance, de la passivité. Elle entraine des effets corporels souvent inverses de la testostérone.

L’accroissement de la masse musculaire et du cœur permet l’absorption de plus de O², d’où une résistance meilleure, une puissance plus forte et une récupération souvent plus rapide.

Le taux de testostérone des hommes, est de 4 à 10 fois supérieur à celui des femmes. Les produits dopant (pour les femmes) à base de testostérone ne peuvent apporter qu’un changement superficiel et ponctuel ; le test de dopage (urine) consiste à calculer le rapport entre la testostérone totale et l’épi testostérone (naturelle) ; si ce rapport est supérieur à 4, il y a apport de testostérone exogène, donc dopage.

Dans le domaine du sport, le problème concerne donc les hommes qui se disent femmes et veulent concourir dans les compétitions féminines ; en fait ce sont sexuellement toujours des hommes (XY), même avec apports d’œstrogène ; ils sont donc favorisés par leur nature même. Si l’on accepte cela, à terme, les femmes ne gagneront plus de compétitions. Ce sera la disparition des compétitions féminines, à part dans quelques disciplines ou le sexe n’intervient pas. Il faut remarquer que l’inverse n’existe pas : une femme qui concoure avec les hommes aura des performances inférieures, même avec apport de testostérone.

Dans les universités aux USA et au Canada, il y a déjà des plaintes de sportives sur ce sujet : le sport compte beaucoup dans le dossier des universités. Certains hommes se déclarent femmes et de ce fait ont de meilleurs résultats dans les compétitions sportives universitaires, entrainant des notes supérieures aux femmes, qui du coup ont de moins bons dossiers universitaires. Le CIO est ambigu sur ce sujet : il accepterait les transgenres hommes soumis à des traitements hormonaux pour revenir à des taux normaux féminins de testostérone ? Ce qui n’est pas une solution puisque ces traitements ne sont que ponctuels.

Le sexe est biologique, conséquence de nos chromosomes, et ne peux donc être ni modifié, ni choisi, alors que le genre est un choix sociétal.

Si la biologie sait intervenir sur certains gènes à l’intérieur des chromosomes, on ne sait pas modifier les chromosomes eux-mêmes.

En conclusion, il ne faut pas confondre sexe et genre, c’est totalement différent !

Gérard MEYDIOT (Commission Sport) d’après l’intervention de Véronique LEBAR (Médecin du sport)

URGENCE OTAGES DU HAMAS : ADRESSE AUX MÉDIAS  

Citoyennes et citoyens de sensibilités diverses, nous nous rassemblons dans la solidarité envers les otages du Hamas, enlevés le 7 octobre en Israël et déportés à Gaza, pour leur libération immédiate et inconditionnelle.
Nous nous adressons à vous les grands médias d’information, aux chaînes de télévision.
Parmi les plus de 230 otages, dont des compatriotes, français ou binationaux, des femmes, des hommes, des familles entières, des personnes âgées et malades, des enfants et même des bébés !
La pratique des otages est toujours criminelle, moyen ignoble de pression sur les proches et de chantage vis-à-vis des Etats. Un traitement inhumain condamné par le droit et que rien ne peut justifier.
Cette prise d’otages massive s’est accompagnée de traitements dégradants, de violences contre les femmes, d’exhibition des captifs, une monstruosité !
C’est un devoir que de rappeler leur sort chaque jour jusqu’à leur libération, en publiant des bandeaux dans tous vos journaux d’information, comme vous l’aviez fait lors de précédentes prises d’otages.
Ce soutien est essentiel !
Publiez les noms, photos et âges de tous les enfants enlevés !
Le Comité international de la Croix Rouge ne les a même pas rencontrés.
Toutes ces personnes vivent un enfer et l’inquiétude ronge leurs proches.
Ne les faites pas sombrer dans l’oubli !

Paris, le 16 octobre 2023

 

Signataires :

MPCT, Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme
LDIF, Ligue du Droit International des Femmes
Comité Laïcité République
LICRA, Ligue Contre le Racisme et l’Antisémitisme
Collectif 7 octobre
Les CitadElles
Dhimmi Watch
Observatoire Européen des Fondamentalismes
PEREC, Pour une Ecole Républicaine et Citoyenne
Comité Soudan
Association d’éducation populaire ACTISCE
Sassoun
CNAFAL, Conseil National des Associations Familiales Laïques
AMLZ, Solidarité avec les victimes du terrorisme palestinien à la mémoire de Marianne Lehman Zaoui
Collectif 7 octobre
Regards de Femmes
Unité Laïque
Le Chevalier de la Barre
Lumières laïques
Association 7 octobre – Vies brisées en Israël
Homa
Association EGALE

EGALE APPELLE À MANIFESTER CONTRE L’ANTISÉMITISME

Nous, citoyens et citoyennes laïques, sommes farouchement opposés à toute discrimination exercée contre les personnes, y compris en raison de leur identité ou de leurs convictions et croyances.

Nous répondons à l’appel des Présidents des Assemblées élues qui nous représentent, en citoyens libres, et récusons toutes les récupérations politiciennes de l’événement.

Dimanche 12 novembre 2023, soyez nombreux et nombreuses aux Invalides à Paris ou devant votre préfecture le 12 novembre à 15h !

Le harcèlement scolaire: le mal scolaire de tous les temps

Voilà plus de cinquante ans que je fréquente le monde de l’éducation: maternelle, primaire, collège, lycée, université en tant qu’enseignant, éducateur. J’ai vu passer des ministres depuis 1978 et toujours, toujours une réforme pour marquer une periode tantôt éphémère (Najat Vallaud-Belkacem, Benoit Hamon, Pap Ndiaye) tantôt longue (René Haby, Lionel Jospin, François Bayrou, Luc Chatel, Jean-Michel Blanquer) sans oublier l’incontournable Jack Lang cumulant Éducation nationale et Culture.

Aucun de ces illustres ministres n’a eu une « histoire particulière se rattachant à ce monde de L’ Éducation pour susciter cette pensée des générations : « il est des nôtres, il a une histoire commune avec nous, un fait, un évènement qui nous rapproche ! »
Et arriva ce jeune Ministre Gabriel  Attal, beau, intelligent, respirant la fragilité mais ferme dans ses propos…
Ses réactions et prises de décisions après les suicides de ces adolescents victimes de harcèlement , ses propos vis-à-vis d’une Administration qualifiée d’inhumaine ont vite fait de lui l’homme de la situation…
Gabriel Attal n’avait pas fini de nous surprendre agréablement et revêtir les habits du plus talentueux des ministres du président Macron…
Le dimanche 5 octobre 2023 à  l’émission hebdomadaire de TF1 présenté par notre compatriote brillant journaliste Harry Roselmack, le jeune ministre « ouvrait son coeur et confessait son adolescence, son drame, ses choix, et surtout le calvaire du harcèlement qu’il a vécu en tant qu’élève, par un autre élève qui disait vouloir le détruire. Extrêmement troublante, cette confession qui sans nul doute avait entre autre une valeur symbolique et pédagogique.
Gabriel Attal, le Ministre de l’Éducation aura sans doute marqué par ce moment, cette confession, une carrière qui sans aucun doute le fera hisser au rang des « grands Ministres de l’Éducation nationale ».
Il aura ainsi donner tout son sens à la réplique du Cid de Corneille: » Aux âmes bien nées la valeur n’attend pas le nombre des années. »

José LUDGER
Professeur retraité de l’Éducation nationale

L’Egypte a interdit le niqab à l’école

Depuis le 30 septembre 2023, les niqab noirs, qui couvrent l’ensemble du corps et ne laissent paraître que les yeux, sont interdits dans les écoles publiques et privées. Début septembre, le ministère de l’Éducation égyptien a publié un décret en ce sens.

Les élèves peuvent porter le hijab mais ne sont plus autorisées à utiliser le voile qui couvre le visage, a déclaré le ministre de l’Éducation.

Le simple foulard en revanche, est autorisé, à condition, dit le texte, qu’il ne résulte d’aucune « pression » exercée sur l’élève.

Les islamistes et certains défenseurs des droits humains protestent contre cette inerdiction.

Le gouvernement égyptien entend ainsi contrer l’influence salafiste des Frères musulmans.

France Info (source AFP) – 13 septembre 2023

La Laïcité

Gwenaële Calvès

La Découverte – 2023

La laïcité, en France, n’a jamais été une notion univoque. Depuis la fin du XIXe siècle, elle fait l’objet de nombreux conflits d’interprétation, et les règles de droit qui lui donnent corps n’ont cessé d’être réajustées. lire plus…

Défendre nos libertés contre les terroristes

Après la sidération de l’horreur des attentats commis en Israël par les assassins du Hamas il faut à la fois nommer l’ennemi qui a frappé et le combattre en connaissance de cause, c’est à dire dire la vérité sur eux. Le Hamas se contrefiche d’avoir un État palestinien indépendant. Cette cause lui sert uniquement de prétexte pour galvaniser ses troupes et commettre des crimes contre l’humanité. Ces tenants de l’islamisme ou islam radical ne rêvent que de détruire Israël en tant qu’État et d’éliminer ses citoyens. Ils n’assassinaient pas au cri de « Palestine vaincra », mais à celui de « Allah Akbar », le cri de l’islam radical. Ils ne rêvent que d’établir une théocratie à Gaza et d’avoir toute latitude pour détourner les fonds versés par les pays étrangers pour aider une population utilisée comme bouclier humain. Au passage aussi pour opprimer leurs femmes en leur appliquant une charia stricte.

Tandis qu’on redoute une catastrophe humanitaire à Gaza, croyez-vous qu’ils se portent au secours de la population ? Que nenni ! Ils tentent au contraire de les retenir dans le nord de la bande de Gaza. Pour être sûrs que le maximum périra en cas d’attaque d’Israël et qu’ils pourront encore reporter la faute sur ce pays qui, on le sait bien, a toujours tort et surtout celui de vouloir continuer à exister. La vie humaine des autres, qu’elle soit israélienne ou palestinienne leur importe peu et on peut comprendre le désespoir qui étreint les Palestiniens de Gaza. On peut aussi trembler d’entendre le nombre des victimes civiles augmenter chaque jour comme on peut trembler pour les otages qu’ils détiennent..

L’islam radical continue de tuer en France en particulier, où Dominique Bernard a payé de sa vie de vouloir protéger ses élèves. Avant lui Samuel Paty pour avoir voulu enseigner la liberté d’expression et la liberté de penser. Et avant encore Jonathan Sandler, professeur à l’école Ozar Hatorah. Et des centaines d’autres dans les attentats que nous avons connus.

Il est temps de se dresser contre eux, n’accepter aucun propos qui accuse la victime plutôt que l’agresseur, ne tolérer aucune menace de mort, ni aucune des insultes absurdes dont ils nous abreuvent pour nous culpabiliser et nous faire taire. Il faut en finir avec la lâcheté du silence et dénoncer celle d’une gauche dévoyée et indigne, voire antisémite et raciste sous couvert d’antiracisme.

Les terroristes se sont attaqués à l’école et aux enseignants partout où ils ont agi. En France aussi car c’est là que se forge la liberté de penser, leur pire ennemi. Là que s’affirme aussi la laïcité qui tient la religion à l’écart du politique. C’est avec nos valeurs que nous devons les vaincre, mais avec la détermination et tout le courage dont nous sommes capables. C’est unis et nombreux que nous gagnerons ce long combat contre l’obscurantisme pour préserver nos libertés.

Martine Cerf

 

Dominique Bernard, martyr et héros de la défense de l’enseignement

Communiqué commun

Dominique Bernard, martyr et héros de la défense de l’enseignement

Dominique Bernard était professeur de français au Lycée Gambetta d’Arras, où s’est introduit ce vendredi matin un terroriste islamiste. Enseignant héroïque, il est mort en défendant physiquement son école et ses élèves.

À sa famille à laquelle il est brutalement arraché, à ses collègues blessés dans l’attentat, à toute l’équipe enseignante endeuillée et aux élèves traumatisés, nous disons toute notre solidarité.

Le terroriste, Mohammed M, de nationalité tchétchène, fiché S, était un ancien élève de l’établissement. Il semble établi qu’il cherchait à tuer des professeurs d’histoire, des professeurs qui enseignaient la laïcité.

Face au couteau de l’assassin, les professeurs n’avaient qu’une chaise d’écolier, comme les dessinateurs de Charlie Hebdo n’avaient que leurs crayons.

En rendant hommage à Samuel Paty ce lundi, nous rendrons hommage à Dominique Bernard, dans le recueillement et la détermination de résister à cette offensive islamiste qui vise à censurer et mettre au pas les enseignants de l’éducation nationale.

La France s’est honorée à défendre la liberté d’expression et la laïcité, comme à défendre les victimes israéliennes des crimes barbares du Hamas.

La France, désormais passée en alerte urgence attentats, doit tenir bon, arriver à sécuriser tous les établissements d’enseignement et à interdire la circulation des couteaux, armes par destination.

Et au-delà des mesures sécuritaires, c’est à la fois le gouvernement et les citoyens qui doivent se mobiliser pour faire barrage à la propagation de l’idéologie islamiste radicale qui arme le bras des assassins.

“Le terrorisme ne doit pas nous terroriser. La violence ne doit pas nous dissuader. La lutte continue.”    Salman Rushdie

Paris, le 14 octobre 2023


Premières associations signataires :

Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme – EGALE – Ligue du Droit International des Femmes – Vigilance Collèges Lycées -Vigilance Universités -Regards de Femmes – #Réseau1905 – Comité Soudan – Dhimmi Watch – PEREC, pour une école républicaine et citoyenne ….

 

Contact : Collectif Contre le Terrorisme : mpctasso@aol.com 0666264223

La République laïque a un grand besoin de cohérence

Dans une époque où nous subissons le matraquage de discours politiques ou religieux, de théories fumeuses assénées comme des vérités indiscutables, il est important que les prises de paroles politiques s’inscrivent dans des cadres clairs et précis. Quelle vision de la société le gouvernement défend-il ?

En matière d’école et de respect des valeurs de la République, de ses animateurs et de ses enseignements, le nouveau ministre de l’Éducation, Gabriel Attal a été clair. Ses mesures sur l’interdiction des tenues servant à affirmer une identité religieuse ont été suivies d’actions sur le terrain avec, comme conséquence, comme le disait Iannis Roeder[1], un nombre de cas qui se présentent actuellement, qui « se comptent sur les doigts d’une main ». Une fois de plus, on constate qu’une action légitime, clairement et fermement annoncée et mise en œuvre, paie…

Mais lorsque quasiment dans le même temps, le Président de la République assiste es-qualité à la messe donnée par le pape, en « tournée pastorale » à Marseille, au mépris de la neutralité que sa fonction lui impose, il donne un signal de compromission et de confusion. Il affaiblit de fait les principes et les lois qu’il est censé protéger et faire respecter.

On ne peut dans le même temps édicter une règle et la transgresser au nom de convictions personnelles. Une loi doit être respectée par tous les citoyens et celle qui impose une stricte neutralité au président de la République dans l’exercice de ses fonctions ne peut souffrir d’exceptions. Ou alors, il faut admettre qu’on aurait le droit de rouler à 200km/h sur l’autoroute quand on est pressé ou encore d’imposer à ses voisins un comportement conforme à sa propre morale religieuse.

En la circonstance, on peut avec Jean-Noël Jeanneney se demander « comment ne pas se persuader que nos compatriotes musulmans, auxquels on impose, à juste titre, une stricte laïcité, éprouveront, ces jours-ci, le sentiment d’une insupportable inégalité de traitement ? »[2]. La confusion des messages envoyés par des déclarations contradictoires, le non-respect de principes par celui qui est censé les renforcer et les traduire en actes, ne peut qu’aboutir à l’affaiblissement généralisé de la loi, et par voie de conséquence à l’État de droit.

Pour appliquer et faire appliquer en toute rigueur les valeurs de la République laïque, c’est de clarté et de cohérence dont nous avons besoin et c’est ce que nous demanderons toujours aux politiques qui nous gouvernent ou nous représentent.

Martine Cerf

[1] Directeur de l’Observatoire de l’éducation à la fondation Jean-Jaurès et professeur d’histoire-géographie à Saint-Denis (93)

[2] Tribune parue dans le Monde du 21 septembre 2023

Penser la laïcité

Catherine Kintzler

 Minerve, 2014

Une réflexion sur une idée à la fois simple et difficile. Catherine Kintzler, professeur honoraire à l’université Charles de Gaulle Lille 3, ouvre un vaste champ de réflexion par un questionnement philosophique sur la nature du lien politique, les formes de la liberté, la notion de communauté, l‘identité, la notion de position critique, le statut de la culture, celui de la morale et de la perfectibilité.

La liberté de conscience – Histoire d’une notion et d’un droit

Dominique Avon

Presses universitaires de Rennes, 2020

Dominique Avon est directeur d’études à l’école pratique des hautes études, chaire « islam sunnite ». Cette enquête vise à saisir l’émergence d’une notion au sein de communautés spécifiques. Explorant les registres de la philosophie, de la théologie et du droit cette recherche met en exergue la force et la fragilité d’une des libertés fondatrices de la modernité, historiquement située, louée et décriée.

Le choix tranquille d’une intranquilité

Fidaa H

Juin 2023, L’Harmattan

préfacé par Nadia Geerts, ce livre décrit la parcours d’une « Libanaise musulmane que rien ne prédisposait à devenir farouchement laïque ».

Fidaa H est enseignante de mathématiques, doctorante en sociologie.

 

Pour la laïcité, pour la République

 

Rapport 2022 du Collectif Laïque National (plus de 40 associations laïques). 17 chapitres pour balayer l’état des lieux de la laïcité en France et en Europe.

Qu’est-ce que la laïcité?

Henri Pena-Ruiz

Folio, 2003

Un classique. Certains hommes croient en un dieu ; d’autres en plusieurs ; d’autres encore sont athées ou agnostiques. Tous ont à vivre ensemble. Cette vie commune, selon la première Déclaration des droits de l’homme, doit assurer à chacun et la liberté de conscience, qui exclut toute contrainte religieuse ou idéologique, et l’égalité de droit, incompatible avec la valorisation privilégiée d’une croyance. La puissance publique promeut le bien commun.

Pas de voile pour les Françaises à Paris 2024

Dimanche 24 septembre sur France 3, la ministre des sports Amandine Oudéa-Castéra a indiqué que « les représentants de nos délégations dans nos équipes de France ne porteront pas le voile » lors de Jeux olympiques de Paris 2024.

La ministre a rappelé la récente décision du Conseil d’Etat sur le port du voile pendant les joueuses de football et rappelé l’attachement exprimé par le gouvernement à un régime de laïcité stricte dans le domaine sportif qui implique l’interdiction de toute forme de prosélytisme et la neutralité du service public.

DROIT DE RÉPONSE

A Marseille, le Pape s’en est pris violemment au modèle « d’assimilation » français, qui « ne tient pas compte des différences, reste rigide dans ses paradigmes » et compromet « l’avenir en augmentant les distances et en provoquant la ghettoïsation », provoquant « hostilité et intolérance ».

Comment ne pas voir ici une brutale condamnation de l’application de notre principe de laïcité et de notre refus du communautarisme.

Et il en a rajouté en fustigeant par avance les dispositions que nous pourrions adopter sur la fin de vie.

Chef spirituel ou chef d’État ?

On ne sort pas de cette ambiguïté ! Notre Président reçoit le Pape comme un chef d’État et celui-ci vient intervenir dans nos débats internes en tant que chef spirituel !

On n’imagine pas un Président de la République en visite au Vatican s’immisçant dans les débats « synodaux » de l’Église, notamment sur la discrimination vécue par les femmes, et dénonçant les positions rétrogrades de l’Église sur la contraception et l’avortement !

Michel Seelig

Le soin et la fin de vie

L’association « Le Choix, Citoyens pour une mort choisie » a posté sur son site une tribune publiée par Le Monde daté du 7 septembre 2023 et signée du Dr Denis Labayle.

Le Dr Labayle pose clairement la question: « Obliger un malade à vivre malgré son désir d’en finir, cela relève-t-il du soin ou d’une nouvelle forme d’acharnement médical ? »

Il reprécise le cadre de la législation actuelle ainsi que les enjeux humains, médicaux et sociétaux de la fin de vie.

Article complet

Des écoles incendiées en Belgique par des groupes musulmans et catholiques intégristes associés à des complotistes.

Un nouveau programme d’éducation à la vie sexuelle (Evras) voté par le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, sera désormais obligatoire pour tous les élèves de 12 et 16 ans. Il est prévu sur quatre heures au total. Ce programme a aussitôt fait l’objet d’une campagne de désinformation sur les réseaux sociaux que l’on pourrait comparer à la campagne dénaturant les ABC de l’égalité qui n’ont jamais pu être enseignés en France. Evras a été faussement accusé de faire la promotion de la pédophilie, comme les ABC avaient été accusés d’enseigner la masturbation aux élèves.

Huit écoles ont été incendiées ou vandalisées en Wallonie et 1 500 personnes se sont rassemblées dans le centre de Bruxelles, dimanche 17 septembre, avec comme mot d’ordre : « Touchez pas à nos enfants ! ». Des menaces ont été taguées sur plusieurs établissements vandalisés, comme « No Evras, sinon les prochains, c’est vous ».

Selon Le Monde : « Dans une ambiance tendue, Radya Oulebsir, une militante musulmane, organisatrice autoproclamée de la protestation, et Alain Escada, un dirigeant de l’association catholique traditionaliste Civitas, ont exigé l’abandon du cours. ».

On voit bien comment l’utilisation des réseaux sociaux est essentielle pour la diffusion de fausses informations. Les slogans entendus dans les manifestations étaient l’exact reflet des messages de désinformation. Certains parents, tout en refusant de manifester expriment leur inquiétude quant à ce programme.

Toujours selon Le Monde : « Parmi ceux qui dénoncent le nouveau cours, on retrouve également des activistes antivaccins qui s’étaient manifestés durant la pandémie de Covid-19, des adeptes de théories conspirationnistes, des climatosceptiques, et même des personnalités, qui affirment qu’une tentative de criminalisation des parents est à l’œuvre, orchestrée par des politiques qui auraient organisé les incendies.

Six associations islamiques, turques en majorité, ont publié une lettre ouverte critiquant ce qu’ils estiment être une entrave à la liberté des parents de « guider l’éducation des enfants conformément à leurs croyances ». Une autre lettre, comportant 8 000 signatures, a aussi été partagée sur Cathobel, le site de l’Église catholique. Elle évoquait le risque d’une « hypersexualisation » des plus jeunes et le fait que le guide Evras – il n’est pas destiné aux élèves mais aux intervenants, des professionnels formés, et aux enseignants – viserait, selon l’initiatrice du courrier, à répondre à des questions « que les enfants ne se posent pas ». »

La ministre francophone de l’éducation (socialiste), Caroline Désir, multiplie les interventions et rappelle que le projet largement étudié en amont, vise à aider les enfants confrontés à la pornographie très tôt, et que le programme Evras est avant tout destiné à les protéger.

Il reste qu’il ne faut pas sous-estimer la violence dont les extrémistes religieux de tous bords peuvent faire preuve.

M.C

 

Un collectif demande l’exclusion de l’Iran des J.O.

Fin juillet, un collectif composé notamment de l’ancien champion du monde de boxe Mahyar Monshipour et de la Prix Nobel de la paix iranienne Shirin Ebadi a écrit au Comité international olympique (CIO) pour demander l’exclusion de l’Iran des JO de Paris 2024 pour violation du principe de non-discrimination dans le sport.

Le collectif souligne que la discrimination subie par les femmes en Iran viole la Charte olympique qui indique clairement qu’il ne saurait  exister de « discrimination d’aucune sorte, notamment en raison de la race, la couleur, le sexe, l’orientation sexuelle, la langue, la religion, les opinions politiques ou autres, l’origine nationale ou sociale, la fortune, la naissance ou toute autre situation ».

Il s’appuie sur le précédent créé par l’exclusion de l’Afrique du Sud en 1970 pour cause d’Apartheid

Pour rappel, certaines disciplines sportives sont interdites aux femmes en Iran: lutte, boxe, natation, beach-volley, gymnastique, et les force à les pratiquer dans la clandestinité.

Fin août, deux associations ont porté plainte à Paris contre Ghafoor Kargari, président iranien du Comité national paralympique 2024 alors en visite en France, qu’elles accusent de torture et soupçonnent de crimes contre l’humanité.

Cette initiative intervient un an après la mort de Mahsa Amini après son arrestation par la police des mœurs.

Le port de l’uniforme

Au moment où le port de l’uniforme semble être une question à débattre dans l’hexagone, puisque le nouveau ministre de l’ éducation veut lancer une grande réflexion à ce sujet, en Guadeloupe la communauté scolaire a tranché sur ce problème depuis plus d’une vingtaine d’années…

En effet ,si le port de l’uniforme a été d’abord une exigence dans les écoles privées ( écoles catholiques, écoles protestantes) pour des raisons de singularisation (appartenance à la même  congrégation religieuse) cela a répondu peu à peu à des nécessités sociaux économiques…

Au fur à mesure que des problèmes comportementaux dûs à la prolifération de marques de vêtements et chaussures étaient à l’origine de disputes , de vols , d’ambiance délétère dans les établissements scolaires  notamment   ( écoles et collèges),les chefs d’établissement accompagnés de  leur  communauté scolaire (personnel enseignant, personnel de service, associations de parents d’élèves, représentants du personnels et des élèves sous l’autorité de la hiérarchie rectorale)ont entamé des concertations devant aboutir à la décision du port de l’uniforme , au choix de cet uniforme tant pour les garçons que pour les filles …Une  décision validée par le conseil d’école ou le conseil d’administration , inscrite dans le Règlement intérieur des établissements et portée dans le carnet scolaire de l’élève.

Le carnet scolaire signé par le parent responsable et l’élève concerné constitue la pièce d’identité de l’élève à présenter à tout moment dans l’établissement à la demande d’un adulte…

Généralement l’uniforme est composé du pantalon ou de la jupe en Jean , le haut étant un tee – shirt ou chemisette de même couleur pour tous, des baskets aux pieds…Il est admis  qu’en cours d’EPS qu’on puisse changer de couleur de tee-shirt ou de short mais dans l’uniformité pour une classe selon la demande du professeur de sport …

Ainsi la problématique socio économique à été peu à peu remplacée par une volonté d’appartenance, de reconnaissance ou bien même de singularisation…

Le port de l’uniforme n’a jamais posé de problème et bien au contraire , il a créé chez l’élève  ou le  collégien le sentiment d’appartenance à une même  » famille. Ainsi en Guadeloupe la quasi totalité des établissements du primaire et du secondaire ont adopté le port de l’uniforme et nous sommes encore loin des tumultes de l’abaya ou qami…

José Ludger.

En même temps : la laïcité, le pape et Macron à Marseille

Éclairons la doctrine macroniste du « en même temps » boostée dans l’actualité par la venue du pape à Marseille en ce 22 et 23 septembre 2023.

Rappelons quelques faits : le Président Macron baptisé à sa demande à l’âge de 12 ans, passé par le lycée jésuite de la Providence d’Amiens se dit, depuis  longtemps, agnostique mais « réceptif à la transcendance de nos vies ». Son escapade en 2016 à la basilique de Saint-Denis, nécropole où sont inhumés les rois de France le jour de sa candidature à la Présidence en a alors déjà surpris plus d’un. Plus tard son acceptation du titre honorifique de chanoine de St Jean de Latran conféré par le Vatican a aussi désagréablement étonné ceux qui se rappelaient que le Président de la République était le protecteur de nos institutions constitutionnelles et donc de la laïcité.

Après ce flashback comment s’étonner  ces derniers jours de la justification  par le Chef de l’Etat des modalités de son déplacement à Marseille pour la venue du Pape François : il affirme cette semaine depuis la Côte d’Or « Je n’irai pas en tant que catholique, mais en tant que président de la République française, qui est en effet laïque. J’irai par respect et courtoisie, (…) je n’aurai moi-même pas de pratique religieuse lors de cette messe ». En effet le Président et son épouse Brigitte Macron assisteront à la messe célébrée par le pape au stade Vélodrome.

Ce choix contredit l’esprit de la loi de 1905 qui garantit la liberté de conscience des croyants, et des non-croyants, mais qui sépare les organisations religieuses et l’État, forcément neutre, puisque la République laïque « ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte ». D’ailleurs, preuve que sa présence n’allait pas de soi, l’Élysée a souligné que le Président ne participera pas à l’eucharistie, c’est-à-dire qu’il ne communiera pas. De surcroit, s’il veut ensuite en même temps participer à des cérémonies de toutes les religions présentes en France, gageons que son calendrier deviendra ingérable !

En réalité Emmanuel Macron fait ce déplacement par conviction personnelle : il y a quelques années, il affirmait vouloir « réparer » le lien qu’il jugeait « abîmé » entre l’État et l’Église. Mais aussi sans doute pour adresser un clin d’œil à un électorat catholique en majorité conservateur.

Pour moi un chef de l’État n’a pas, en tant que tel, à participer à un service religieux, sauf dans le cas précis où la République à travers lui manifeste un hommage national à un grand personnage. Ce fut le cas par exemple lorsqu’Emmanuel Macron avait assisté à la messe célébrée en 2017 en mémoire du Père Jacques Hamel, un an après son assassinat en l’église de Saint-Etienne du Rouvray, ou encore celle pour Johnny Hallyday, la même année, un évènement que l’Élysée a tenu à rappeler pour répondre à la polémique.

Emmanuel Macron  a toute qualité pour recevoir  le Chef d’État du Vatican  lorsqu’il vient en France. Au-delà il prend parti.

Le président Macron lance un message politique confus mais qui n’est pas sans logique avec les fondements de son action politique, le « en même temps » qui, de surcroit, ne convient plus dans un monde instable à la recherche de quelques repères solides dont, pour la France,la laïcité est partie intégrante.

Bernard FERRAND, Vice Président d’ÉGALE

Femme, vie, liberté

Avoir vingt ans en Iran et mourir pour le droit des femmes.

Sous la direction de Marjane Satrapi

L’Iconoclaste, 2023

Le 16 septembre 2022, en Iran, Mahsa Amini succombe aux coups de la police des mœurs parce qu’elle n’avait pas « bien » porté son voile. Son décès soulève une vague de protestations dans l’ensemble du pays, qui se transforme en un mouvement féministe sans précédent.

Joann Sfar – Coco – Mana Neyestani – Catel – Pascal Rabaté – Patricia Bolanos – Paco Roca – Bahareh Akrami – Hippolyte – Shabnam Adiban – Lewis Trondheim – Deloupy – Touka Neyestani – Bee – Winshluss – Nicolas Wild – Hamoun – : avoir vingt ans en Iran et mourir pour le droit des femmes.

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Avocats: la robe, rien que la robe

Le 7 septembre 2023, le Conseil national des barreaux (CNB) a décidé d’exclure tout signe distinctif avec le port de la robe dans le cadre des fonctions judiciaires de l’avocat en votant l’insertion, dans le Règlement intérieur national (RIN), d’un nouvel article intitulé « Port du costume de la profession »:  «  les avocats revêtent, dans l’exercice de leurs fonctions judiciaires, le costume de leur profession. L’avocat ne porte aucun signe distinctif avec sa robe. »

La consigne est claire : terminés les signes « distinctifs » religieux, politiques ou autre, avec la robe d’avocat.

Cet éclaircissement était attendu par les ordres.

Seules les décorations républicaines échappent à cette exclusion.

 

Défendre nos valeurs et résister aux pressions

Le ministre de l’Éducation nationale, Gabriel Attal, a pris la décision salutaire et courageuse de faire appliquer réellement la loi de 2004 sur le port de signes religieux à l’école et de soutenir tous ceux qui en première ligne, y contribuent. On peut s’en réjouir comme du faible nombre d’incidents constatés lors de la rentrée scolaire, ce qui plaide pour une politique de fermeté. Rappelons que cette loi interdit formellement « le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse » dans les écoles, collèges et lycées publics. N’en déplaise au CFCM, l’abaya est bien une tenue imposée aux femmes par les Wahhabites d’Arabie Saoudite, au nom de l’islam.

Les Français sont 77 % à approuver cette mesure, selon une enquête IIFOP Fiducial pour Sud radio de juin 2023.

On peut se réjouir que la France soit sortie des déclarations ambiguës et de la lâcheté qui consistait à laisser les enseignants et les chefs d’établissement seuls face au non respect de la loi, aux intimidations et aux menaces. Samuel Paty l’a payé de sa vie, nous ne l’oublions pas.

Ne doutons pas que des pressions s’exerceront dans la droite ligne des intimidations dont les islamistes sont coutumiers, que ce soit pour tenter de contraindre les autorités à céder à leurs exigences ou pour obliger les citoyens issus de familles musulmanes (qu’ils soient eux-mêmes musulmans ou non) à se conformer à des pratiques rigoristes de l’islam. C’est bien la pratique de la liberté de conscience de chacun qui est en jeu et qu’il faut absolument préserver.

En Europe, le Danemark envisage de restreindre la liberté d’expression en instaurant des limitations qui ressemblent fort au rétablissement du délit de blasphème. Ce pays avait résisté aux intimidations islamistes depuis 2005, année de la publication des caricatures dans le Jyllands-Posten. Mais le gouvernement social-démocrate paraît vouloir jeter l’éponge, au mépris de l’opinion des Danois qui n’y sont pas favorables. L’Europe et l’Amérique du Nord sont les deux seules régions du monde où existe réellement ”la liberté de pensée, de conscience et de religion” prônée par la déclaration des droits de l’Homme de l’ONU. Partout ailleurs règnent la contrainte et l’imposition.

Il est d’autant plus important qu’en France, on reste ferme sur la préservation de ces valeurs. Primordial aussi qu’on préserve le dialogue avec les élèves récalcitrants[1] qui doivent comprendre et accepter le fonctionnement de l’école laïque et gratuite dont le but est avant tout de leur apporter les savoirs et l’esprit critique dont ils ont besoin pour mener plus tard leur vie d’adultes libres de leurs choix.

Martine Cerf

[1] Voir le communiqué de Laïcité aujourd’hui.

L’Église saura-t-elle enfin accepter la volonté des Êtres humains ?

C’est la question de fond qui sous tend toutes celles posées par la préparation du prochain synode mondial sur la réforme de l’Église qui devrait se tenir en 2024. Le pilotage de ce synode est confié à deux cardinaux dont l’un, Jean-Claude Hollerich, archevêque du Luxembourg qui en sera rapporteur, n’est pas inconnu d’EGALE.

C’est lui qui, en 2017, s’était heurté à l’opposition des fabriques qui l’accusaient de  brader les intérêts de l’Église luxembourgeoise, avant de faire acter le principe de non-financement public voulu par le gouvernement de l’époque. Sans qu’il s’agisse là d’une véritable séparation, c’était une mesure importante d’avancée vers ce principe qu’il avait acceptée.

Mais c’est aussi Jean-Claude Hollerich, qui, en sa qualité de président de la COMECE à Bruxelles (Commission de la Conférence des évêques de l’Union européenne), avait obtenu à bas bruit la nomination d’un nonce apostolique auprès de l’UE, renforçant ainsi la présence officielle de l’Église auprès des institutions européennes. C’est avec une joie visible qu’il nous l’avait annoncé en marge d’une réunion de concertation organisée par la Commission européenne.

C’est encore lui qui déclarait dans la Croix Hebdo en janvier 2023, que le message de l’Église était devenu « incompréhensible » pour le plus grand nombre, compte tenu de la « révolution anthropologique » que le monde traversait, qu’il fallait accorder aux femmes le statut de « diacre », qu’il fallait revisiter la « sexualité des prêtres », envisager de « bénir » les couples homosexuels…

Est-ce une illusion ou peut-on imaginer qu’un jour, nous connaitrons une Église centrée sur son message évangélique d’amour et de fraternité, qui cesserait de s’activer en coulisses pour compromettre les droits et libertés que nous voulons installer pour tous et toutes ?

Martine Cerf

 

 

 

De la Loi et de son interprétation

À propos de la dissolution du Soulèvement de la Terre

La dissolution est à la mode semble-t-il…

Est-ce un abus du pouvoir exécutif ou les circonstances présentes justifient-elles les récentes décisions gouvernementales ?

Ces mesures sont-elles juridiquement fondées ?

Difficile de répondre en quelques lignes dans ce billet d’humeur !

Rappelons que l’article L.212.1 du Code de la Sécurité intérieure énumère les motifs justifiant la dissolution d’une association ou groupement de fait. On y trouve évidemment le terrorisme, les atteintes à la sûreté de l’État, les incitations à la haine et la discrimination… mais aussi les provocations « à des agissements violents à l’encontre des personnes OU des biens » (c’est moi qui souligne).

Pour CIVITAS et l’incitation à la haine, les avis sont très largement favorables à la dissolution.

Pour le Soulèvement de la Terre, c’est autre chose ! Les écologistes et leurs alliés sont évidemment hostiles à la dissolution, position partagée par une grande partie du monde médiatique.

Le gouvernement justifie la dissolution (décret du 21 juin 2023) par de nombreux exemples de d’appels à des « actions de sabotages et dégradations matérielles » (chez le cimentier Lafarge par exemple), donc d’atteintes à des biens ; mais aussi des « modes opératoires directement inspirés de ceux des Blacks Blocks » qui s’en prennent aux membres des forces de l’ordre.

Le Conseil d’État en référé estime qu’il n’y a pas d’éléments suffisants pour affirmer que « le collectif cautionne d’une quelconque façon des agissements violents envers des personnes ».

Et surtout, que « les actions promues par le Soulèvement de la Terre ayant conduit à des atteintes à des biens […] ont été en nombre limité ». Il a donc suspendu la mesure de dissolution.

Certains s’en réjouissent : Le Monde titre en Une : « Un camouflet pour Darmanin ».

On peut s’interroger, avec d’éminents juristes comme Noelle Lenoir (ancien membre du Conseil constitutionnel) et Jean-Éric Schoettl (Conseiller d’État honoraire, ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel) sur cette décision et surtout s’inquiéter de son effet potentiel, la légitimation de la violence, en nombre limité et pour des objectifs considérés comme louables par ses auteurs.

La décision « au fond » du Conseil d’État, cet automne, aura une importance essentielle.

Michel Seelig

 

 

Un tapis rouge de billets de banque pour le pape au Portugal

Le pape est attendu au Portugal pour les JMJ que l’Etat a accepté de financer. Pour dénoncer cela, alors que le pays est laïque et que les Portugais doivent affronter une forte inflation, l’artiste Artur Bordalo a conçu une installation qu’il a appelée « Marche de la honte ». Des billets de banque géants rouges mènent à l’autel où le pape doit officier. Il a publié cette photo et l’information sur son compte Instagram.

Protocole signé par le ministre de l’Éducation avec le secrétariat général à l’enseignement catholique : des associations laïques dont EGALE déposent un recours en Conseil d’Etat

Le 17 mais 2023, l’ancien ministre de l’Éducation, Pap N’Diaye signait un protocole d’accord relatif à la mixité sociale et scolaire avec le secrétariat général à l’enseignement catholique (SGEC).

Six organisations laïques : la Fédération des Délégués Départementaux de l’Éducation Nationale (FDDEN), le Comité Laïcité République (CLR), l’Association ÉGALE, le Grand Orient de France, l’Union des familles laïques (UFAL) et l’Association Unité Laïque. ont introduit un recours contre ce protocole auprès du Conseil d’État.
Les raisons invoquées sont les dispositions constitutionnelles et législatives relatives aux rapports entre l’État et les établissements d’enseignement privés sous contrat, définis par la loi Debré de 1959 qui exclut l’établissement d’un contrat avec l’État par quelque réseau que ce soit, confessionnel ou non. C’est avec chaque établissement que la loi prévoit ce type d’accord, en fonction des besoins de l’Éducation nationale. La reconnaissance par l’État d’un réseau d’enseignement privé et concurrent de l’école publique serait un affaiblissement supplémentaire de l’École gratuite et laïque de la République.

Lire le communiqué

La Cour Suprême statue une nouvelle fois en faveur de la religion (2)

Les épisodes s’enchaînent très rapidement dans le feuilleton des décisions pro-religion de la Cour Suprême.

Le 28 juin, par six voix contre trois, les juges ont donné raison à un concepteur graphique du Colorado qui invoquait ses convictions religieuses pour refuser de créer des sites pour des mariages LGBT.

La Cour a ainsi fait prévaloir la « liberté religieuse », en s’abritant derrière le Premier Amendement qui la garantit, au détriment des lois condamnant la discrimination. Cette décision limite de fait la capacité des états à imposer ce cadre légal.

Le président Biden s’est dit inquiet que cette décision puisse favoriser les pratiques discriminatoires.

Le juge conservateur Neil Gorsuch a justifié le vote en expliquant par analogie qu’il serait absurde d’imposer à un réalisateur muslman de tourner un film sioniste ou a un athée de de peindre une fresque célébrant la foi évangélique.

Source: Gay Rights vs. free Speech – New York Times – June 30, 2023

Le Conseil d’Etat conforte les valeurs universelles du sport

Saisi par une double requête provenant de l’association de hijabeuses et de la Ligue des droits de l’Homme (la si mal nommée aujourd’hui), le Conseil d’Etat devait se prononcer sur l’interdiction faite par la FFF (Fédération Française de Football) du port de signes religieux ou politiques par les joueurs au cours des compétitions officielles.

Cette obligation de neutralité était contestée par des joueuses souhaitant conserver leur hijab pendant les matches. Le rapporteur public, Thierry Tuot, avait déposé un rapport rappelant que les joueurs et joueuses n’étaient que des usagers, donc ne devaient pas être soumis à l’obligation de neutralité qui s’impose aux salariés de la Fédération, passant sous silence les statuts et le règlement de la Fédération, pourtant clairement rédigés et dûment acceptés en Assemblée générale comme il se doit.

C’est donc sur le fond et sur la base d’arguments juridiques irréprochables que le Conseil d’État s’est prononcé et non sur les considérations idéologiques du rapporteur.

Cette décision donne un coup d’arrêt aux agissements des mouvements islamistes qui tentent d’imposer leurs règles religieuses aux structures existantes et ainsi les imposer à tous. Une fois de plus on a pu constater l’aveuglement naïf ou délibéré de ceux qui encouragent ainsi le port du voile dont on sait que certains en font une obligation pour les femmes musulmanes. Le sport permet à tous de se retrouver, pour partager des moments intenses ensemble, loin des querelles de tribus ou d’identités, dans une liberté partagée par tous.

Il faut saluer la ténacité des responsables de la FFF et de la ministre des sports, pour préserver cette dimension essentielle du sport.

Martine Cerf

Voir le communiqué d’associations laïques dont EGALE

Voir l’avis du Conseil d’Etat

La Cour Suprême statue une nouvelle fois en faveur de la religion

Le 27 juin 2023, par une décision unanime, la Cour Suprême des Etats-Unis a donné raison à un employé de l’US Postal Service, Gerald Groff, chrétien évangélique, qui refusait de travailler pendant le « Sabbat », redéfinissant de fait la place donnée à la religion dans le domaine du travail.

Cette décision instaure un nouveau cadre auquel les entreprises devront se conformer. Il leur sera fait obligation désormais de s’adapter aux demandes de leurs employés en matière de religion. S’ils souhaitent refuser de telles requêtes, les employeurs devront prouver qu’elles entravent de façon conséquente la bonne marche de l’entreprise.

C’est un nouveau signe de l’extension du rôle de la religion dans la vie publique envoyé par la Cour Suprême.

Mr. Groff était représenté par le First Liberty Institute, une organisation qui se présente comme un défenseur de la liberté religieuse.

L’organisation American Atheists, qui défend la laïcité, s’est inquiétée de cette nouvelle décision confirmant la tendance actuelle.

 

Source: Supreme Court Sides With Postal Carrier Who Refused to Work on Sabbath – New York Times – 29 June 2023

La propagande islamiste prospère sur les renoncements du gouvernement

On sait depuis longtemps que la propagande islamiste est d’autant mieux accueillie qu’elle s’exerce sur un terreau de frustrations sociales. Elle fait son beurre de toutes les humiliations réelles ou supposées comme « l’islamophobie systémique » qui n’a aucun fondement sérieux mais qui trouve toujours des défenseurs zélés.

Depuis plusieurs mois, ses manifestations visibles sont en augmentation  à l’école. D’abord, c’est la hausse continue des signalements d’atteintes à la laïcité : de 636 au 1er trimestre 2022, on est passé à 1436 au 4e trimestre de la même année, puis 1069 au 1er trimestre 2023. Avril et mai totalisant 1063 signalements, on s’achemine vers une confirmation de cette hausse avec les chiffres à venir pour juin et juillet 2023. Une circulaire ministérielle a bien demandé de renforcer le respect de la laïcité en octobre dernier, mais comme dans le même temps, le ministre affaiblissait le Conseil des Sages qui soutenait les enseignants dans cet effort de pédagogie et de fermeté, le signal envoyé aux extrémistes est surtout celui de l’indécision.

Le port des abayas en classe, interdit par la loi de 2004 qui proscrit « le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse », dont le CFCM voudrait nous faire croire qu’il n’a rien à voir avec l’islam, alors que ce sont les étendards de l’islam radical, est également en constante augmentation.

Et enfin, les prières organisées dans des établissements primaires. Qui peut croire que des enfants de 8 à 10 ans ont spontanément souhaité organiser de tels événements ? Il y a bien évidemment derrière eux et pour les convaincre d’agir ainsi, des adultes militants qui les utilisent sans scrupule. Il est impossible de ne pas voir dans tous ces indicateurs cohérents, le résultat d’une action construite et organisée dont l’islam radical est expert.

Face à cela, le ministre hésite, ne demande pas l’application de la loi, se tourne vers le Conseil d’État. On se croirait revenu au temps des premiers foulards à Creil , arborés par des élèves qui se déclaraient elles-même « folles d’Allah ». Le gouvernement tombe dans les mêmes errements qu’en 1989, ce qui donne les mêmes résultats : désarmer les acteurs de terrain que sont les enseignants et directeurs d’établissement et voir se multiplier les conflits sans arriver à les résoudre. La faiblesse encourage les extrémistes. Il n’y a qu’un choix possible pour la République et ses représentants : faire respecter le principe de laïcité qui garantit à chacun et chacune sa liberté de conscience et de religion, défendre l’émancipation de tous par les savoirs enseignés à l’école . C’est avec pédagogie, mais avec fermeté que la République doit continuer d’affirmer ses valeurs, sous peine de les voir se dissoudre petit à petit sous les coups de boutoir de ces extrémistes hostiles à la démocratie.

Martine Cerf

Quand des religions se réclament abusivement du Parlement

Prévenus par un de nos adhérents, nous avons découvert avec stupeur une invitation adressée aux Parlementaires européens pour se joindre le 6 juin à une « prière œcuménique pour la paix et l’unité chrétienne au Parlement européen ». L’événement, organisé par la COMECE, (conférence épiscopale des évêques européens) et la CEC (Conférence des églises d’Europe), avec le concours d’un député polonais : Jan Olbrycht, dans une salle du Parlement. Pire, le poster annonçant l’évènement portait, en plus de l’en-tête des organisateurs, le logo du Parlement européen, laissant croire volontairement que celui-ci était également puissance invitante.

EGALE a aussitôt alerté les services de la Présidente, ainsi que tous les eurodéputés français, la présidente du groupe S&D (socialiste) pour leur demander de réagir. Le Réseau Laïque Européen a fait de même en en sensibilisant le vice président Othmar Karas, en charge du dialogue Art. 17 et les députés belges, Europa Laïca a écrit aux députés espagnols.

Très rapidement, le poster incriminé a disparu du site de la COMECE et la présidente du groupe S&D,  Iratxe GARCÍA-PEREZ nous a informés qu’elle avait déposé une plainte auprès de la présidente qui serait débattue au sein de la conférence des présidents du 8 juin.

Le Vice-President Othmar Karas, a également répondu au Réseau Laïque Européen qu’il avait demandé le retrait du logo du Parlement, abusivement utilisé en la circonstance.

On ne peut que constater les efforts constants de mouvements religieux peu scrupuleux de la réalité, de tenter d’appuyer leurs actions propres en se revendiquant abusivement d’un parrainage politique qui ne leur a pas été octroyé et qui ne doit pas l’être, les institutions politiques se devant d’être neutres. Ceci justifie la vigilance des associations laïques au sein de l’Union européenne.

Martine Cerf

Lire l’article paru à ce sujet sur le site du Réseau Laïque Européen

L’Oklahoma relance la polémique sur le financement public des écoles confessionnelles aux Etats-Unis

Les autorités éducatives de l’Oklahoma, état dirigé par les Républicains, ont décidé d’octroyer le statut de « Charter School » à un établissement religieux. En l’occurrence, il s’agit d’une école catholique en ligne : l’Ecole virtuelle catholique St. Isidore de Séville.

Aux Etats-Unis, les Charter Schools étaient jusqu’à maintenant exclusivement des établissements publics liés par contrat à l’état et financés par lui.

C’est la première fois qu’une école religieuse pourrait ainsi être entièrement financée sur fonds publics, autrement dit par les contribuables.

Le Gouverneur républicain Kevin Stitt a salué cette « courageuse décision ».

La décision des autorités scolaires de l’Oklahoma signale le départ d’une nouvelle bataille juridique entre les élus républicains, souvent des conservateurs chrétiens, et leurs adversaires démocrates avec l’école pour terrain privilégié.

La Cour Suprême, à majorité conservatrice, a plusieurs fois statué récemment en faveur de dispositions favorisant les établissements religieux, estimant que leur exclusion des financements publics violait le Premier Amendement qui protège la liberté de religion.

A peine la décision avait-elle été annoncée que l’association “Americans United for Separation of Church and State” a indiqué qu’elle déposerait un recours en justice pour en contester la validité, estimant que c’était là un cas évident de violation de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat.

Source : “Oklahoma Approves First Religious Charter School in the U.S.” – New York Times – 5 juin 2023

Egale demande à Pap Ndiaye de préserver l’Ecole des « fureurs du monde »

Dans une lettre adressée au Ministre de l’Education, Pap Ndiaye, Egale demande de faire en sorte que l’école demeure un sanctuaire à l’abri des discours militants.

Cette initiative fait suite à l’intervention de membres de l’association OUTrans dans une classe de quatrième de l’Ecole alsacienne. Les parents d’élèves concernés avaient très vivement réagi aux propos militants tenus en classe sous couvert de lutte anti-discrimination et s’en étaient plaints à la Direction de l’établissement. (nouvelle relayée par le Figaro du 16 mai 2023).

Voir le texte de la lettre d’Egale

 

Crèche de Noël: le maire de Béziers récidive

Dans une lettre ouverte, la Libre Pensée vient d’alerter le préfet de l’Hérault  sur un arrêté pris le 10 mai 2023 par le conseil municipal de Béziers contrevenant à l’article 28 de la loi de 1905:

« Alors que Robert Ménard a été condamné récemment par la cour d’appel de Toulouse suite au recours de la
Libre Pensée de Béziers pour avoir installé une crèche de la nativité dans l’enceinte de la mairie, voilà que
le même maire de Béziers vient, ce 10 mai, d’adopter un arrêté dont l’article 1 dispose : « la crèche de Noel
sera installée chaque année au mois de décembre au sein de la cour d’honneur de la Mairie, dans le cadre
des festivités de fin d’année organisée par la Commune. »

Voir texte intégral de la lettre de la Libre Pensée et le texte de l’arrêté municipal 

Une prière œcuménique organisée au Parlement européen !

La COMECE ( Commission des Épiscopats de l’Union européenne) et la CEC (Conférence des Eglises européennes (protestantes)) organisent, avec le soutien du député Jan Olbrycht, démocrate chrétien polonais, un  « petit déjeuner de prière œcuménique » le 6 juin 2023. L’ennui est que cette manifestation tout à fait légitime en elle-même, a lieu dans les locaux même du Parlement européen. Plus grave, elle est annoncée sur une affiche à en-tête du Parlement, ce qui pourrait laisser croire que le parlement est puissance invitante, ce qui ne semble pas être le cas.

EGALE a aussitôt réagi auprès de la présidence du Parlement et auprès des députés français en rappelant que les institutions européennes se devaient d’être neutres et il nous faut constater que depuis lors, l’affiche a disparu. A ce jour, nous n’avons de réponse de personne, aussi est-il difficile de savoir si notre réaction est à l’origine de cette surprenante disparition…

Il reste que ce genre de manifestation aurait plus sa place dans un centre paroissial ou dans une église, et il n’en manque pas à Bruxelles, plutôt qu’au Parlement, dont la fonction est de débattre de questions politiques au nom des citoyens.

Martine Cerf

CEDH: Prosélytisme et protection des données

Un arrêt intéressant a été rendu aujourd’hui par la CEDH (Association Témoins de Jéhovah contre Finlande, (voir texte complet)

Dans leurs activités de démarchage en porte-à-porte (ou « évangélisation »), l’obligation faite aux Témoins de Jéhovah de respecter la loi sur la protection des données ne viole pas l’article 9 de la Convention (droit à la liberté de conscience, de pensée et de religion).

Notamment, les autorités finlandaises ont le droit d’exiger que les Témoins de Jéhovah obtiennent le consentement des personnes démarchées avant de collecter des informations les concernant, dans le but de protéger leur droit à la vie privée (article 8).

La CEDH rejoint la Cour de Justice de l’UE, qui avait déjà décidé dans ce sens.

Un Etat peut donc exiger d’une communauté religieuse qu’elle respecte la loi sur les données personnelles, comme tout autre organisme…

Israël: Servantes écarlates contre ultra-orthodoxes

Le quotidien Le Monde du 5 mai 2023 se fait l’écho des manifestations qui avaient réuni la veille des milliers de manifestants dans les grandes villes d’Israël pour dénoncer l’emprise des religieux sur le nouveau gouvernement..

Devant le tribunal de Tel-Aviv, des militantes habillées en « servantes écarlates » (en référence au roman de Margaret Atwood) s’étaient réunies pour protester contre l’emprise grandissantes des tribunaux rabbiniques dans les affaires de justice.

Les ultra-orthodoxes qui contrôlent ces tribunaux pourraient voir leurs pouvoirs étendus par un projet de loi qui vise à leur donner compétence dans tous les domaines de la vie civile. Ainsi ces instances d’une justice parallèle pourraient arbitrer en matière de droit du travail, conflits commerciaux ou accidents de la route, comme elles le font déjà dans les affaires de divorce. Le journal détaille le cas d’une divorcée contrainte de faire appel devant la Cour suprême du pays, seule capable de s’opposer aux décisions des tribunaux religieux. Ceux-ci avaient mis en cause sa judéïté et lui refusaient le divorce.

Son avocate, Susan Weiss, directrice du Centre pour la justice pour les femmes (CWJ) qui milite pour mieux séparer la religion et l’Etat s’inquiète de cette dérive dans un pays de plus en plus divisé sur la question essentielle des limites du pouvoir religieux.

JP Gross

 

Selon l’avocat général de la Cour de justice de l’UE, une entité publique peut interdire le port de signes convictionnels dans certaines conditions

Bruxelles, 04/05/2023 (Agence Europe)

Dans des conclusions rendues jeudi 4 mai à la Cour de justice de l’UE (affaire C-148/22), l’avocat général Anthony Collins estime qu’une entité publique peut interdire le port de tout signe visible de convictions politiques, religieuses ou philosophiques sur le lieu de travail, à condition que cette règle s’applique à tous.

En effet, la commune belge d’Ans a interdit à l’une de ses employées de porter le voile islamique sur son lieu de travail. Estimant que cela portait atteinte à sa liberté de religion, cette dernière a saisi le tribunal du travail de Liège. Entre-temps, la commune a modifié son règlement pour imposer une stricte neutralité à ses agents.

La juridiction belge s’est alors demandée si une telle règle respecte la directive ‘anti-discrimination’ en matière d’emploi, dans la mesure où elle interdit le port de signes convictionnels ostentatoires aussi aux employés qui ne sont pas en contact avec le public.

Si la directive s’applique bien au cas de la commune d’Ans, M. Collins considère qu’une telle interdiction ne constitue pas une discrimination directe fondée sur la religion ou les convictions dès lors qu’elle s’applique de manière générale et indifférenciée.

Il souligne toutefois que, dans les faits, le règlement pourrait toucher plus certaines catégories de personnes que d’autres. Néanmoins, pour lui, une différence de traitement peut ne pas être considérée comme une discrimination indirecte, si elle est « objectivement justifiée par un objectif légitime et si les moyens mis en œuvre pour réaliser ce dernier [sont] appropriés et nécessaires ». Dans l’absolu, note-t-il, la volonté de mener une politique de neutralité au sein d’une entité publique est susceptible d’être jugée légitime.

M. Collins précise néanmoins qu’il revient au tribunal de Liège de trancher sur le bien-fondé du règlement d’Ans. Selon lui, le tribunal doit, d’une part, tenir compte de l’absence d’obligation de neutralité exclusive des agents communaux en Belgique et, d’autre part, évaluer si le choix de la commune se base sur des éléments factuels.

Lire les conclusions : https://aeur.eu/f/6pg  (Hélène Seynaeve)

L’inquiétante réforme du CSL voulue par Pap N’Diaye

 Le magazine Marianne a publié un entretien avec Jean-Eric Schoettl qui vient de démissionner du Conseil des Sages de la Laïcité

En voici un bref compte-rendu:

Le 11 avril 2023, le Ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse de France, Pap Ndiaye, a annoncé la nomination de cinq nouveaux membres au CSL et promulgué un arrêté modifiant le fonctionnement de ce conseil, créé par Jean-Michel Blanquer pour promouvoir une vision universaliste de la laïcité, inséparable de la tradition républicaine.

Ces nominations ont provoqué la démission du constitutionaliste Jean-Eric Schoettl.

Parmi les nombreuses interrogations que suscite cette réforme, l’une porte en particulier sur la nomination du politologue Alain Policar dont les prises de position en faveur d’une « laïcité à l’anglo-saxonne » posent question avec pour exemple cette formule : « tolérer le port d’un foulard ne veut pas dire l’approuver. »

Il convient de rappeler qu’Alain Policar estime que la politique d’indifférence à la couleur a échoué et qu’il faut désormais mettre en avant les identités raciales parce que la race a des effets discriminants sur les individus. Il dénonce « le fonctionnement intrinsèquement discriminatoire de nos institutions » (autrement dit le « racisme systémique ») et une « République fétichisée, inattentive à la persistance des discriminations. » Des opinions qui trouvent un large écho dans le monde universitaire : une enquête récente de l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (Injep), organisme qui dépend du ministère de l’Education nationale, présente la laïcité comme une question « imposée de l’extérieur », qui « fait peser un risque de stigmatisation et de discrimination sur les musulman-e-s, et révèle des inégalités sociales et ethnoraciales plus larges au sein de la société française ».

Sarah El Haïry, secrétaire d’État à la jeunesse et au service national universel, a répondu justement que de tels propos « inversent ce que représente la laïcité : une valeur vouée à protéger ceux qui croient et ceux qui ne croient pas, qui permet de lutter contre les discriminations liées à la couleur de peau, à l’orientation sexuelle ou au sexe… Le fait que ce rapport mette en avant des discours de victimisation, présage de discriminations futures liées à une confession qui est celle de l’islam, est totalement contre-productif et même extrêmement dangereux ».

La sœur de Samuel Paty a dénoncé la nomination d’Alain Policar et le constitutionnaliste Jean-Eric Schoettl a annoncé sa démission du CSL estimant qu’il lui serait désormais difficile de poursuivre sa mission de préciser la position de l’institution scolaire en matière de laïcité et d’enseignement des faits religieux.

Jean-Eric Schoettl craint que le CSL ne devienne un simple lieu de débats entre membres défendant des visions de la laïcité distinctes, voire opposées. Pour lui, ajouter la lutte contre les discriminations à la sauvegarde de la laïcité, c’est soit « commettre un pléonasme » soit « briser son ressort universaliste (…) par l’obsession de la race et du sexe, par la division de la société entre dominants et dominés ; par la dénonciation du racisme et du sexisme systémiques ; par l’exaltation des identités et sensibilités minoritaires ; par le procès en esclavagisme, machisme et destruction de la planète fait à la nation (réduite à la figure du bourgeois blanc, mâle et hétérosexuel) ; par la déconstruction/réécriture de l’Histoire sous prétexte de rendre justice aux groupes opprimés et d’obtenir de la société expiation et réparation. » Il rappelle que « le principe de laïcité n’a pas été inventé pour empêcher les petites musulmanes de porter un voile à l’école et que les convictions religieuses des élèves ne leur donnent pas le droit de s’opposer à un enseignement. »

Le CSL devra désormais demander la permission du ministre ou de son cabinet, ou attendre d’être saisi par les recteurs.

Un collectif dénonce les « absurdités scientifiques » du Planning familial

 

Dans une tribune publiée dans le magazine Le Point daté du 16 avril 2023, un collectif d’intellectuels et de médecins, dont Élisabeth Badinter et Jean-François Mattei, dénoncent les absurdités scientifiques du Planning familial:

 » C’est avec le plus grand sérieux que le Planning familial, organisme d’éducation populaire, nous assène des absurdités scientifiques. D’abord il y a eu cette campagne d’affichage : deux hommes enlacés, le ventre de l’un d’eux présentant une étrange rotondité. Et au-dessus cette légende : « Au Planning, on sait que des hommes aussi peuvent être enceints. » Qu’importe l’impossibilité biologique. Ensuite, il y a eu le lexique trans du Planning familial , « lexique rangé dans l’optique d’un apprentissage progressif ». Petit florilège.

« Sexe : Construit social basé sur des observations moyennes des différences biologiques entre les genres. Il est communément admis scientifiquement que le sexe est un spectre. Peut également désigner l’appareil génital.

Assignation à la naissance : À la naissance, les médecins décident, selon des normes de longueur du pénis/clitoris, si l’individu est un garçon ou une fille.

Changer de sexe : Les caractéristiques sexuelles de personnes, qu’elles soient cis ou trans, ne sont pas binaires et peuvent changer tout au long de leur vie ».

Nous serions heureux de connaître la « science » qui admet que chez l’Homo sapiens le sexe est un spectre. Il y a probablement confusion avec les crépidules ou autres animaux changeant naturellement de sexe au cours de leur vie. Nous serions également heureux de connaître la longueur critique de l’organe sexuel permettant de différencier un garçon d’une fille.

Mâle et femelle, des injures bien connues

Si vous n’avez pas bien compris, après quelques termes en novlangue tels que « Cis-passing, Stealth, Out, Dicklit, Femmis/Ladyck ou Morinom », le Planning nous présente gracieusement une liste de « Termes à ne pas utiliser » parmi lesquels viennent en premier lieu « Mâle/femelle » et « Masculin/féminin ». Des injures bien connues… C’est à partir de ce dogme antiscientifique, quasi-sectaire, de l’intersectionnalité – mot « savant » dont se pare l’idéologie woke – que le Planning se targue « d’éduquer » les enfants de la maternelle au lycée. Pour « Parler Lgbtphobie avec des collégien.nes » ajoutant prudemment « … en la présence d’un.e professionnel.le de l’établissement lors des séances avec l’animateur.rice du Planning familial » et invitant enseignants et élèves à « consulter le lexique trans » susmentionné ! L’écriture inclusive, cette écriture que l’on ne peut pas lire, étant bien sûr de rigueur !

Nos enfants, nos adolescents sont en danger. L’adolescence est un séisme physiologique, morphologique et psychologique. Dans cette période critique, l’adolescent est fragilisé, en proie au doute. Il recherche des appuis auprès de ses pairs mais aussi auprès de sources diverses, malheureusement pas forcément fiables ou bien intentionnées. C’est cette fragilité qu’exploitent les réseaux (si peu) sociaux où les contre-vérités foisonnent. Avec des résultats désastreux.

Le fourvoiement du Planning familial

Il n’est qu’à voir les résultats de la récente enquête Ifop menée pour les Fondations Jean-Jaurès et Reboot. On y apprend, par exemple, que 16 % des jeunes de 11 à 24 ans interrogés croient que la Terre est plate, proportion qui passe à 29 % chez les habitués de TikTok. C’est aussi par ce biais que sont véhiculés les messages outranciers incitant enfants et adolescents à changer de sexe. D’où l’effarante explosion des demandes de transition chez les jeunes, les filles surtout, que les pays occidentaux connaissent depuis quelques années. Certains pays, d’abord libéraux, désormais effrayés par l’ampleur du phénomène, font marche arrière et posent des jalons. La France ne semble pas encore s’émouvoir de ce nouveau scandale sanitaire.

Comment peut-on laisser un organisme tel que le Planning familial se fourvoyer dans une politique qui est à l’opposé de sa vocation originelle ? Où sont les luttes ayant permis la loi Neuwirth et la loi Veil ? Qu’est devenu le Planning qui a aidé de nombreuses jeunes filles et de nombreuses femmes (osons le terme) à accéder à la contraception et à l’avortement ? Depuis 2018 et sa conversion à l’intersectionnalité, ce n’est plus une dérive mais un naufrage. Le Planning est devenu le refuge de militants transactivistes. À ce scandale social s’ajoute un scandale financier. Car le Planning est un organisme financé par l’État et les diverses collectivités à hauteur de 2,8 millions d’euros par an. C’est-à-dire financé par le contribuable. À l’heure où il est nécessaire de contrôler des dépenses publiques surabondantes, il est urgent de conditionner les subventions du Planning familial au respect strict de ses orientations et finalités originelles.

Le Planning familial est l’une des trois associations ayant attaqué l’État en justice pour le contraindre à respecter la loi concernant l’éducation à la sexualité à l’école. Ces associations semblent ignorer que depuis de nombreuses années l’éducation à la santé et à la sexualité est inscrite aux programmes scolaires des différents niveaux. Il apparaît, en revanche, que le Planning familial s’est disqualifié et ne devrait plus être autorisé à intervenir auprès des écoliers, des collégiens et des lycéens. Tout du moins tant que l’organisme ne pourra pas garantir la refonte que nous préconisons, et la scientificité rigoureuse de ses propos, les formations du Planning familial constituent un danger pour la santé publique.

La diffusion subventionnée de telles contre-vérités scientifiques auprès d’adolescents en souffrance, en attente d’aide, est un véritable scandale. Il est urgent que des élus responsables et les ministères concernés se saisissent de ce problème de société. D’où notre cri d’alarme. »

Signataires :

Claudio Rubiliani – physiologiste de la reproduction, docteur d’État et ancien inspecteur de l’Éducation nationale

Céline Masson, professeur des universités en psychopathologie clinique

Caroline Eliacheff, pédopsychiatre

Élisabeth Badinter, philosophe

Jean-François Braunstein, professeur émérite de philosophie à la Sorbonne

Nathalie Heinich, sociologue

Xavier-Laurent Salvador, maître de conférences HDR, président du LAIC

Pierre Vermeren, historien et président du conseil scientifique du LAIC

Pierre-André Taguieff, philosophe et politiste, CNRS

Jean Szlamowicz, linguiste et professeur des universités

Claude Habib, professeur émérite de littérature

Marie-jo Bonnet, historienne, féministe, écrivaine

Nicole Athea, gynécologue endocrinologue

Gérard Rabinovitch, philosophe, essayiste

Leonardo Orlando, docteur en science politique

Jean-Pierre Winter, psychanalyste, essayiste

Béatrice Guilbault Finet, enseignant chercheur

Caroline Valentin, avocat

Israël Nisand, professeur émérite de gynécologie obstétrique

François Richard, professeur émérite à l’université Paris Cité, psychanalyste membre formateur de la Société psychanalytique de Paris

Patrick De Neuter, professeur émérite de l’université de Louvain

Marianne Baudin, professeur émérite de psychopathologie

Nicole FargesPlanning familial, trans, genre, , psychologue, psychanalyste

Christian Godin, philosophe

Louise L. Lambrichs, écrivain

Nadia Geerts, militante laïque et auteur belge

Stanislas Korczynski, assistant spécialiste en psychiatrie au CPN Nancy

Catherine Jongen, thérapeute de couple et sexothérapeute

Caroline Calba, professeur agrégé

Robert Naeije, médecin, ancien professeur des universités

Maurice Berger, pédopsychiatre, ex-professeur associé de psychopathologie de l’enfant

Fadila Maaroufi, directrice de l’Observatoire des fondamentalismes à Bruxelles

Hala Oukili, journaliste

Paul Denis, neuropsychiatre, membre de la Société psychanalytique de Paris

Véronique Segonne, psychanalyste, ancienne attachée des hôpitaux de l’AP-HP

Michaël Saada, psychiatre, psychothérapeute

Jean-Marie Lacroix, professeur des universités (microbiologiste)

Monette Vacquin, psychanalyste

Nora Markman, psychanalyste-psychologue clinicienne

Sonia Timsit, psychiatre et psychanalyste.

Anne-Laure Boch, neurochirurgien

Beryl Koener, pédopsychiatre, MD PhD

Isabelle Denys, gynécologue médical, praticien hospitalier hôpital de Valenciennes

Michel Bruno, psychologue-psychanalyste

Laurent Le Vaguerèse, psychiatre-psychanalyste

Celine Pina, journaliste

Guillaume Gillet, psychologue clinicien, psychothérapeute

Jacqueline Schaeffer, membre titulaire formateur honoraire de la SPP (Société psychanalytique de Paris)

Fabienne Ankaoua, psychanalyste-dramaturge

Dominique Hof Mouzin, psychanalyste

Jean-Daniel Lalau, PU-PH au CHU d’Amiens (endocrinologie-nutrition)

Marie-Laure Léandri, psychanalyste membre titulaire de la SPP

Annie Sugier, présidente de la Ligue du droit international des femmes

Anne Paulsen, pédiatre endocrinologue

Yana Grinshpun, maître de conférences en sciences du langage

Georges Lecoq, psychologue

Anne Verheggen-Lecoq, psychologue

Houria Abdelouahed, psychanalyste

Geneviève Bourdellon, psychiatre, psychanalyste, membre formateur de la SPP

Assaf Gérard Fitoussi, psychologue médical et psychanalyste

Olivier Halimi, psychologue, psychanalyste. Membre de la Société psychanalytique de Paris

Rhadija Lamrani Tissot, psychanalyste

Caroline Calba, professeur certifié et agrégé d’anglais.

Christian Mosbah, psychiatre, psychanalyste

Monique Lauret, psychiatre, psychanalyste. Membre de la SPF

Anne Santagostini, psychiatre et psychanalyste

Catherine Jongen, thérapeute de couple et sexothérapeute

Sophie Audugé, déléguée générale et porte-parole SOS Éducation

Kérel Proust, psychologue

Michel Tibayrenc, généticien, directeur de recherche émérite institut de recherche pour le développement

Irène Nigolian, psychiatre, psychanalyste

Anna Cognet, psychologue clinicienne

Laetitia Petit MCF-HDR Aix-Marseille université

Dany-Robert Dufour, philosophe

Marie-Pierre Sicard Devillard, psychanalyste – SPF

Frédéric Jongen, philosophe, thérapeute de couples et sexothérapeute

Dominique A. Crestinu, gynécologue

J-Y Chagnon, psychologue et professeur des universités

Joseph Ciccolini, professeur de pharmacocinétique

Patrice Lévy, psychologue clinicien

Jean Marie Brohm, professeur émérite des universités

Brice Couturier, journaliste

Brigitte Letombe, gynécologue médicale

Georges Lecoq, psychologue

Ghada Hatem-Gantzer, praticien hospitalier médecin-chef de la Maison des Femmes

François Roudaut, professeur des universités

Gilbert Abergel, Comité Laïcité République

Mikhaïl Kostylev, journaliste

Emmanuelle Hénin

Renée Fregosi, philosophe et politologue

Gilles J. Guglielmi, professeur de droit public

Pierre-Henri Tavoillot, philosophe

André Tira, professeur de sciences économiques émérite

Michel Fichant, professeur émérite, Sorbonne Université

Albert Dojan, professeur d’anthropologie, université de Lille

Mireille Quivy, universitaire

Michel Messu, sociologue, professeur honoraire des universités

Alain Silvestre, médecin

Catherine Louveau, sociologue, professeure émérite

Guylain Chevrier, formateur et enseignant à l’université. Ancien travailleur social

Frank Muller, professeur des universités émérite

Catherine Louveau, sociologue, professeure émérite

François Vazeille, directeur de recherche émérite

Dominique Triaire, professeur émérite, université de Montpellier

Jean-François Mattei, médecin, anc. ministre de la Santé

Anne-Marie Le Pourhiet, professeur émérite de droit public

François Rastier, linguiste, directeur de recherche, CNRS

Vincent Tournier, maître de conférences de science politique

Michèle Tribalat, démographe

Aurélien Marq, haut fonctionnaire

Jean-Pierre Sakoun, Unité Laïque

Michèle Vianès, présidente de Regards de Femmes

Pascale Belot Fourcade, psychiatre

Sophie Dechêne, psychiatre infanto-juvénile

Luis Fernando Macias Garcia, professeur de sciences sociales et de philosophie

Ypomoni – collectif de parents d’ados en questionnement de genre

Liliane Kandel, sociologue et essayiste féministe

Sylvie Zucca, psychiatre

Didier Sicard, médecin, ancien chef de service de médecine interne

Gilles Falavigna, auteur

Patrick Miller, psychiatre et psychanalyste

Laurent Jolissaint, physicien, PhD

 

 

Une nouvelle directive européenne pour l’égalité des salaires femmes/hommes

Le Conseil européen et le Parlement européen viennent d’adopter une nouvelle directive pour lutter contre la discrimination salariale et contribuer à combler l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes dans l’Union européenne.
Une fois la directive transposée dans notre droit national (nous avons trois ans pour cela), les entreprises françaises seront tenues de partager des informations sur le montant des rémunérations versées aux femmes et aux hommes à travail égal, et de prendre des mesures si l’écart de rémunération dépasse 5 %.
Si ce n’est pas le cas, la nouvelle directive prévoit l’indemnisation des victimes de discrimination salariale, et des amendes pour les employeurs qui enfreignent les règles.
Cette directive vise à réduire l’écart des rémunérations entre hommes et femmes qui demeure de 13% en moyenne dans l’Union européenne, avec les conséquences que l’on connait sur la paupérisation des ménages monoparentaux et des femmes retraitées (l’écart était de 30% en 2018 sur les retraites).
Autre progrès : ce sera désormais à l’employeur de prouver qu’il n’a pas enfreint les règles de l’UE en matière d’égalité salariale et de transparence des rémunérations.

Pour la première fois, la discrimination intersectionnelle (la combinaison de plusieurs formes d’inégalité ou de désavantage, comme le sexe et l’appartenance ethnique ou la sexualité) est incluse dans le champ d’application des nouvelles règles, comme la prise en compte des besoins des travailleurs handicapés.

M.C

 

EGALE a participé à un colloque sur les relations entre les religions et l’Etat à l’Université de Varsovie

L’Université de Varsovie (Département du droit religieux et d’administration) et la Chaire de Droit confessionnel de l’Académie chrétienne de théologie de Varsovie ont organisé avec le Congrès polonais de la Laïcité une conférence le 15 avril dernier à Varsovie : L’Etat actuel des relations religieuses et de la laïcité d’Etat en Pologne dans le contexte international. (voir programme conférence)

Cette conférence réunissait outre Egale, des représentants d’universités et d’associations laïques et confessionnelles belges, français et polonais.

Le contexte historique et le processus de sécularisation en cours en Pologne ont été soulignés, avec toutefois la forte prégnance de l’église catholique dans la gestion des affaires publiques de l’Etat.

L’architecture juridique qui sous-tend la laïcité en France et en Belgique a été rappelée avec ses enjeux actuels. Egale a mis l’accent sur la laïcité dans le contexte de l’Union européenne en mettant en exergue les champs d’actions et de débat dans ce cadre spécifique.

D.B

Des interrogations sur le Conseil des Sages

On le savait, le ministre de l’Éducation nationale, Pap Ndiaye, n’est pas un fervent défenseur de la laïcité. Il dispose au ministère d’un Conseil des Sages qui avait largement démontré sa capacité à expliquer et enseigner ce principe de laïcité. Depuis sa création en 2018, il avait fourni aux enseignants des outils pour assumer leur pédagogie sur un sujet qui rencontre des oppositions fortes dans certaines classes. Le Conseil s’est attaché à montrer que ce principe républicain vise à la liberté de chacun par l’émancipation de tous. De nombreuses publications en attestent : La laïcité à l’école, Agir contre le racisme et l’antisémitisme, Coffret du Guide républicain, Liberté d’expression neutralité et laïcité dans le champ des activités physiques et sportives…Il avait largement participé à la formation des enseignants sur le sujet.

Manifestement ce n’est pas cela que le ministre attend du Conseil des sages. Il a raccourci d’un an la durée du mandat des membres actuels, une façon sans doute de les faire partir plus vite et a fait entrer d’autres personnalités : Gwenaële Calvès et Thomas Hochmann, deux professeurs de droit public, Christine Darnault, professeure agrégée de lettres et inspectrice d’académie, de Jacques Fredj, directeur du Mémorial de la Shoah, et enfin du sociologue et politiste Alain Policar, très controversé car dénonçant à la fois une « laïcité de combat » qui serait selon lui, en guerre contre les religions, et les revendications identitaires auxquelles il ne souscrit pas. Christophe Capuano, historien remplace Jean-Eric Shoettl, démissionnaire.

Le ministre a également alourdi sa tutelle sur cette instance qui ne doit plus prendre d’initiatives, mais attendre d’être sollicitée par lui-même ou par les recteurs d’académies. Ses productions seront destinées au seul ministre qui en acceptera ou non la publication. Cette reprise en main qui illustre la « voie moyenne » recherchée par le ministre, faite à la fois de volonté d’inclusion de tous et de profil bas sera-t-elle plus efficace pour restaurer parmi les élèves et les enseignants cette appropriation des valeurs républicaines, ce sentiment d’appartenance à une société commune dont nous avons cruellement besoin ou sera-t-elle balayée par la violence des identitarismes à l’œuvre ? Pour l’instant, aucune méthode n’a été appliquée clairement par des politiques sans ambiguités et c’est bien de ces indécisions constantes accompagnées du renoncement à enseigner les savoirs que l’école souffre aujourd’hui.

Martine Cerf

 

L’Union européenne oblige l’Église espagnole à payer ses impôts

Le gouvernement espagnol a conclu avec l’Église catholique un accord par lequel celle-ci devra désormais payer l’impôt foncier sur ses immeubles de rapport, les taxes sur les installations et travaux, ainsi que l’impôt sur les contributions spéciales. Ces exemptions sont présentées comme un geste de renonciation généreux de la part de l’Église alors qu’en réalité, il s’agit d’appliquer un arrêt de la Cour de justice européenne. L’association laïque Europa Laïca, membre du Réseau Laïque européen dénonce cette mascarade et réitère, dans un communiqué, sa demande d’abrogation des accords entre l’État et l’Église qui octroient à cette dernière des privilèges financiers inacceptables et maintiennent l’enseignement religieux obligatoire à l’école.

Il reste à espérer que la loi française autorisant désormais les associations cultuelles à gérer des immeubles de rapport ne conduira pas aux mêmes dérives en France, ce qui serait une amplification  inacceptable des subventions indirectes octroyées aux cultes, malgré la séparation des Églises et de l’État.

Martine Cerf

Lettre ouverte au CIO

Egale a fait parvenir un courrier au CIO pour soutenir l’initiative de la Ligue du Droit International des Femmes

Cliquer sur les extraits pour lire l’intégralité des textes:

La lettre d’Egale:

Monsieur le Président,

Nous attirons votre attention sur la nécessité de protéger les athlètes iraniennes des pressions et intimidations que leur gouvernement exerce sur elles afin qu’elles adoptent en compétition, contre leur gré, une tenue islamique qui contredit le principe de neutralité exigé par la charte olympique. Ce faisant, ce gouvernement exerce un apartheid sexuel insupportable. (…)

 

La lettre ouverte de la LDIF:

Monsieur le président

Depuis de nombreuses années nous attirons votre attention sur les interférences du pouvoir politico-religieux de la République Islamique d’Iran dans le domaine sportif et du non-respect des principe éthiques fondamentaux universels dans une société fondée sur l’apartheid sexuel. (…)

 

 

Le colloque du CLR de soutien aux femmes iraniennes et afghanes menacé et reporté

Communiqué du Comité Laïcité République5 avril 2023

Le Comité Laïcité République a décidé de reporter à une date ultérieure le colloque de « Soutien aux femmes iraniennes et afghanes » initialement prévu pour se tenir à Nantes le 15 avril prochain.

De nombreuses menaces incitant à la violence ont été proférées sur les réseaux sociaux, dont la diffusion de notre affiche annonçant l’événement biffée d’un couteau, avec des appels à organiser des contre-manifestations en raison de la présence de Madame Stern, militante féministe, critique de l’idéologie transgenre. Cela a conduit les organisateurs à ajourner cet événement par souci de préserver la sécurité des orateurs, de l’ensemble des participants, et éviter au Château de subir d’éventuelles dégradations. Le Comité Laïcité République a déposé une plainte et informé le Préfet de ces menaces.

Défenseur acharné, depuis sa création, de la liberté d’expression, le Comité Laïcité République refuse de participer à une censure quelles qu’en soient les raisons, et surtout pas sous la menace de groupuscules violents qui excellent dans l’injure, et n’argumentent jamais.

Ce colloque sera organisé dans les meilleurs délais, à Paris avec la participation de tous les intervenants pressentis, dont Madame Marguerite Stern.

Le Comité Laïcité République Nantes Pays de la Loire poursuivra sa mission d’animation de la vie citoyenne nantaise comme il le fait depuis de nombreuses années.

Comité Laïcité République,
le 5 avril 2023.

La plaque du square Samuel Paty vandalisée

COMMUNIQUÉ COMMUN : MÉMOIRE DE SAMUEL PATY, LA HAINE EST TENACE, NOUS NE CÉDERONS PAS

 

En février, nous lancions l’alerte après avoir constaté que la plaque du Square Samuel Paty dans le Vème arrondissement de Paris avait été vandalisée !

La Mairie du Vème et la Mairie de Paris ont fait le nécessaire et une nouvelle plaque a été installée.

Celle-ci vient d’être à nouveau vandalisée !

La Mairie du Vème et la Mairie de Paris ont été informées.

La Mairie du Vème a déjà exprimé son indignation.

 Samuel Paty  a rempli admirablement sa mission d’enseignant.

Nous ne pouvons admettre que ce  héros de la liberté d’expression, perde son nom après avoir perdu la vie.

 Sa mémoire doit être honorée, en particulier dans ce square, face à la Sorbonne où l’hommage de la Nation lui fut justement rendu.

 Aucune offense posthume à Samuel Paty, victime du terrorisme islamiste, ne peut être tolérée et banalisée.

 Nous ne céderons pas.                                             

  Paris, le 17 mars 2023

 

Associations signataires :

Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme

Ligue du Droit International des Femmes

Libres Mariannes

Réseau Social Laïque

Unité Laïque

Les CitadElles

Association Marianne Lehman Zaoui

Comité Laïcité République

Regards de Femmes

Association des Libres Penseurs de France

Union des Familles Laïques

EGALE

Café laïque de Bruxelles

Le Campagnonnage Laïque

#Reseau 1905

Observatoire de la laïcité de Saint-Denis

Réseau féministe “Ruptures”

Comité Soudan

Patronage Laïque

Vigilance Collèges Lycées

PEREC

Vigilance Travail Social

Vigilance Universités

Contact Collectif Contre le Terrorisme : mpctasso@aol.com 0666264223

La laïcité est un rempart pour la démocratie

Des centaines de milliers d’Israéliens manifestent depuis des semaines et crient leur attachement inconditionnel à leur démocratie. Le gouvernement actuel, issu de l’alliance de l’extrême droite et de religieux fondamentalistes, projette de restreindre le pouvoir de la Cour suprême en donnant à la Knesset, le Parlement israélien, la possibilité d’annuler un de ses arrêt par une loi. Autrement dit, de soumettre le droit constitutionnel à la loi tout court. Ce serait la fin de l’État de droit, le dynamitage du cadre dessiné par les fondateurs : un état juif dans lequel tous les citoyens jouissent des mêmes droits, quelles que soient leurs origines, leurs croyances ou convictions. Déjà ce même gouvernement avait soutenu les exactions perpétrées à Hawara contre les Palestiniens par des colons, sur le même modèle que les pogroms contre les Juifs d’Europe.

Les dirigeants religieux, quand ils ont des ambitions politiques, ne défendent pas la démocratie, mais seulement leur rigorisme moral et leur volonté d’exclure tous ceux qui ne partagent pas leur foi. Les exemples sont nombreux : l’Église catholique combattant la République naissante en France de 1789 à 1905, l’Église polonaise encourageant la démocratie illibérale en place aujourd’hui, les mouvements évangéliques derrière Trump, ou de façon plus évidente, les mollahs en Iran…

Car c’est bien du modèle iranien dont les fondamentalistes juifs rêvent pour Israël. Derrière l’abolition de la démocratie se profilent les discriminations pour les non juifs et tout l’arsenal de l’apartheid sexuel qui enferme les femmes.

Il apparait comme une évidence que la laïcité, avec la séparation des religions et de l’État, constitue un rempart contre les exactions de ces religieux fondamentalistes.

Ce qu’il faudra à Israël, pour se sauver de ces fous de Dieu, c’est bien une démocratie qui instaure la séparation des religions et de l’Etat et qui fixe dans une constitution écrite, ses valeurs et son cadre légal.

Martine Cerf

N.B Sous la pression des citoyens, le gouvernement israélien vient de suspendre ce projet mais n’y a pas explicitement renoncé.

Colloque : Sport et Laïcité – Mise en œuvre des valeurs universalistes du sport

Les vidéos du colloque 2023:

 

Introduction de Françoise Laborde, présidente de Egale

 

Gilbert Abergel, président du CLR: Des principes à leur mise en œuvre pratique, avec quels résultats ?

 

Table ronde 1 : Les mesures prises par les fédérations et les clubs sportifs

Table ronde 2 : Les mesures prises par les politiques

Conclusion de Françoise Laborde

Lettre de Soutien à Florence Bergeaud-Blackler

En défense de l’anthropologue Florence Bergeaud-Blackler 

Depuis la parution de son livre « Le Frérisme et ses réseaux. L’enquête », publié en janvier 2023, notre collègue anthropologue Florence Bergeaud-Blackler est la cible d’une cabale par l’entremise d’articles de presse, de calomnies sur les réseaux sociaux, de pressions sur son éditeur et son employeur, et de menace de mort. Elle subit désormais le sort des rares chercheurs et scientifiques d’Europe qui exposent sans fard le prosélytisme des Frères musulmans au sein de l’Union Européenne. Ces derniers et leurs alliés utiles n’aiment pas ce qui attire la lumière sur leurs affaires et apprécient peu le rayonnement dont bénéficie l’ouvrage.

Chercheuse intègre et courageuse, Florence Bergeaud-Blackler se consacre depuis plus de trente ans à l’élucidation des normativités islamiques en Europe dont elle est devenue l’une des meilleures spécialistes. Un travail qui l’a conduite à réaliser cette enquête approfondie, documentée et sourcée sur un sujet sensible et peu investigué : le frérisme et son écosystème en Europe. Son statut de chercheur, fonctionnaire du CNRS lui assure une totale indépendance et liberté de recherche. Mais elle est insuffisamment soutenue par les laboratoires de sciences humaines et sociales qui évitent d’aborder le frérisme lequel peut y déployer tranquillement ses recherches et sa vision du monde– ce que l’anthropologue appelle « islamisation de la connaissance »-. Malgré ces difficultés, elle a su analyser les origines, l’organisation, la systémique, les acteurs et les sources de financement du frérisme en Europe, venant notamment d’une Union européenne. Celle-ci abonde par dizaines de millions d’euros les ONG fréristes et leurs nombreux paravents, détournant les fonds des études sur le racisme, l’islam et sur l’islamisme en Europe vers l’étude de la théorie captieuse de l’islamophobie.

Notre collègue est injuriée publiquement par ceux qui n’ont manifestement pas lu ou pas compris l’ouvrage, et qui l’associent urbi et orbi à un texte « islamophobe » l’amalgamant à la littérature antisémite jusqu’à même comparer son auteur à Drumont (!). Ces outrances appartiennent notamment aux méthodes des compagnons de route et des idéologues des Frères musulmans. Elles visent l’occultation des faits en dressant une barrière destinée à anéantir la réflexion et le débat que cet ouvrage entend précisément faire émerger. Cette technique ancienne tente de criminaliser l’auteur, son livre et tous ceux qui les approchent. Dénoncer, diffamer et insulter un auteur en place publique, l’accuser des pires maux a pour objectif de l’isoler politiquement, intellectuellement et socialement, et de sidérer tout candidat au martyre qui aurait l’intention de poursuivre dans la même veine, de discuter et de critiquer « Le frérisme et ses réseaux », de débattre et de controverser, bref de reconnaître l’utilité de l’ouvrage.

La réaction normale et attendue d’une société démocratique est de défendre ses chercheurs contre toute menace et d’assurer les conditions de possibilité du débat scientifique.  Nous chercheurs et universitaires appelons nos tutelles, l’Université, le CNRS et les centres de recherche à apporter, comme nous le faisons ici, tout leur soutien à Florence Bergeaud-Blackler.

 

POUR SIGNER MERCI DE REMPLIR LE FORMULAIRE

L’ONU valide le concept de l’islamophobie

Ce concept plus que douteux, est utilisé, à la fois pour dénoncer les critiques s’appliquant aux dogmes et pratiques de l’islam (littéralement, il signifie peur irraisonnée de l’islam) ou pour fustiger le racisme qui vise les musulmans. Il est instrumentalisé en particulier comme injure par ceux qui veulent réduire au silence les militants laïques ou ceux et celles qui défendent l’égalité entre les femmes et les hommes. L’ONU vient de le reconnaître, malgré la faiblesse de son fondement. Mieux, encore, sur proposition du Pakistan, il lance une journée internationale de lutte contre l’islamophobie…

Ce faisant, l’ONU apporte un soutien fort aux islamistes qui veulent limiter la liberté d’expression en interdisant toute critique de leur religion ou de ses pratiques. Il semble oublier que sa propre Déclaration Universelle des Droits de l’Homme proclame la liberté d’expression dans son article 19.

On peut redouter qu’au Conseil de l’Europe comme dans l’Union européenne, certains soient tentés de lui emboiter le pas.

Martine Cerf

Voir l’analyse de Razika Adanini, publiée dans Marianne.

Nos instances

1 – LES MEMBRES DU BUREAU

Présidente : Françoise LABORDE, ancienne sénatrice de Haute Garonne

Prix national de la Laïcité 2012, décerné par le Comité Laïcité République pour son action en tant que parlementaire-pour la proposition de loi dont l’objet est d’apporter une réponse législative au problème complexe auquel était confronté l’équipe de la crèche Baby Loup, celui d’un vide juridique au niveau national concernant la définition des conditions de garde des enfants les plus jeunes. Comment transcrire dans le droit les solutions aux problématiques d’intérêt général qui se posent sur le terrain.

A reçu le Prix national de la Laïcité 2012 

 

 

Vice-Président : Stéphane ARTANO, Sénateur de Saint-Pierre-et-Miquelon

Membre de la commission des affaires sociales et Président de la délégation sénatoriale aux outre-mer

 

 

 

 

 

Vice-Président : Bernard FERRAND

Vice président de l’agglomération de Rodez chargé de l’enseignement supérieur, ancien membre du conseil économique et social, ancien conseiller régional de Midi-Pyrénées, universitaire.

«À l’heure où la laïcité est en France mise en danger par des faiseurs d’opinion sans scrupule ; à l’heure où la coexistence pacifique entre les composantes nationales, européennes et internationales se fragilisent, il est urgent d’avoir un lieu de dialogue et de propositions consacré aux enjeux de la laïcité.

Tant d’un point de vue professionnel – j’ai été chargé de mission Laïcité de l’Université d’Évry- que dans mes engagements associatifs, j’ai toujours agi pour faciliter le vivre ensemble et l’intégration dans une communauté nationale unifiée. ÉGALE donne à ceux qui y adhérent une occasion supplémentaire de renforcer son idéal laïque.»

 

Secrétaire Générale : Martine CERF     secretairegene@egale.eu

Co directrice du Dictionnaire de la laïcité (Armand Colin, 2011, réédition 2016). Co auteur de Ma liberté, c’est la laïcité, (Armand Colin, Nouvelle édition octobre 2015)
Après des études de mathématiques, j’ai travaillé dans le monde du marketing et des médias où j’ai occupé des fonctions de direction d’équipe et de direction générale, en France et en Belgique.

Au cours d’une deuxième carrière entamée vers la quarantaine, j’ai créé une société de formation, après une formation complémentaire à la négociation aux États-Unis.

C’est assez tard que j’ai pris conscience que la laïcité que je croyais définitivement établie n’était pas encore consolidée en France. Lorsque vers les années 2000, j’ai réalisé ce que cela impliquait de menaces sur nos libertés, j’ai participé avec Gérard Delfau et les autres fondateurs à la création d’ÉGALE.

Ce combat pour la laïcité et l’égalité, je le mène pour que jamais personne ne puisse imposer à l’un de mes enfants et à ceux de leur génération ce qu’ils doivent croire et comment ils doivent penser.

 

Secrétaire Général Adjoint : Jean-Claude BOUAL

Ingénieur des Travaux publics de l’État en retraite. Ancien secrétaire général de la Fédération CGT de l’Équipement et de l’Environnement CGT de 1975 à1991. Membre de la Commission exécutive de la CGT de 1978 à 1992.

Chargé de mission sur les services publics de l’Europe et l’Europe sociale au ministère de l’Équipement, puis de l’Écologie de 1991 à 2010.
Spécialiste des services publics en Europe et des institutions européennes.
Pourquoi la laïcité ?
C’est mon activité professionnelle, les négociations en 1999/2000 sur les directives de « non-discrimination », ainsi que les débats et les travaux des deux Conventions qui ont élaboré l’une la Charte des droits fondamentaux de l’UE et l’autre le projet de Traité constitutionnel, qui ont attiré mon attention sur les questions de laïcité en Europe comme principe de non discrimination et de vivre ensemble.

 

Trésorier : Gérard MEYDIOT      tresorier@egale.eu

Retraité de l’Aviation civile, ancien syndicaliste et très impliqué dans le monde associatif (culture, sport, loisirs), conseiller municipal d’une ville d’environ 5000 habitants pendant près de 30 ans, j’ai mesuré souvent les défauts d’application de la laïcité chez les élus des petites communes. Non par provocation ou volonté délibérée, mais très souvent par méconnaissance.

Soutenir le combat d’ÉGALE me parait une évidence, d’autant plus dans le contexte actuel.

 

 

Trésorier adjoint: Jean-Marc ISRAEL

Toute ma carrière a eu lieu à la Banque de France et à la Banque centrale européenne à Francfort où j’ai travaillé pendant 21 ans. J’ai beaucoup voyagé en Europe et à travers le monde pour animer ou participer à de nombreux groupes de travail, comités et pour des rencontres bilatérales.
Ces voyages m’ont ouvert aux différentes cultures et aux échanges avec des êtres humains aux langues, croyances, modes de pensée et aspirations diverses. J’ai ainsi renforcé ma conviction que le dialogue ouvert, l’écoute de l’autre, l’égalité en droit, l’équité et la laïcité sont des valeurs nécessaires au vivre ensemble. Ces valeurs sont trop souvent incomprises ou détournées de leur essence. Les tensions accrues, les conflits ouverts mettent à mal les progrès réalisés. Promouvoir ces valeurs dans un esprit d’ouverture et de solidarité est plus que jamais indispensable et m’a conduit vers EGALE.

 

2 – LES ADMINISTRATEURS

Responsabilité juridique : Anne SALZER

Avocate et engagée, j’ai milité 12 années au sein d’une association antiraciste dont j’ai été la secrétaire générale. L’affaire Baby-Loup a été déterminante pour comprendre tant sur un plan juridique que sur un plan sociétal l’avenir de notre laïcité en France et en Europe à l’aune de textes et jurisprudences diverses.

J’ai participé à différents travaux scientifiques avec des universitaires et des chercheurs sur ce thème ainsi qu’au sein d’organismes politiques et professionnels (notamment RH) pour plaider et former sur la laïcité française au sens de la loi de 1905 et ses normes consécutives.

 

Responsabilité juridique: Danièle DEVILLERS

Par ma formation en droit public et par ma profession de magistrat administratif, j’ai la conviction que les droits individuels doivent s’exercer dans le respect des lois et de la Constitution, fondements de la démocratie. La loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat instaure la laïcité et garantit la liberté de conscience et de culte ; elle donne malheureusement lieu à des interprétations contraires et à des accommodements que notre association doit s’attacher à combattre. Elle connaît aussi des dérogations que l’histoire explique mais qui ne sont plus nécessairement justifiées au 21e siècle. Le risque est grand, dans une société où la légitimité tend à se substituer à la légalité, et  alors que l’islam est en expansion, que son exclusion des quatre cultes bénéficiaires du Concordat en Alsace-Moselle et les privilèges réservés au seul culte catholique en Guyane ne suscitent des polémiques sur le thème de l’injustice et de l’inégalité. Agir pour mettre un terme à ces dérogations me semble ainsi une action salutaire. Je suis disposée à œuvrer avec EGALE en ce sens.

 

Enseignement: Annick HENRIOT

Enseignante puis inspectrice de l’Education nationale dans le 1er degré (maternelle et élémentaire) j’ai, tout au long de ma carrière été confrontée à des questionnements en rapport avec la laïcité ainsi qu’avec l’égalité filles – garçons. Problématiques, qui au cours des années, n’ont fait que s’intensifier et me conduisent, aujourd’hui retraitée, à m’engager auprès d’EGALE.

 

 

 

Délégué à l’Outre-Mer et relations avec les partis politiques : Michel FOUILLET

Administrateur civil hors classe honoraire, j’ai exercé dans divers domaines : douaniers, financiers, ressources humaines, anciens combattants, simplification administrative en métropole et outre-mer. Militant syndical, je suis également engagé au Parti Socialiste au sein duquel je milite tout particulièrement pour la promotion de la laïcité. Très tôt, dans ma prime jeunesse, à Narbonne, j’ai pris conscience de la laïcité par le biais de la confrontation entre le patronage laïque et le patronage catholique. Bien plus tard, tout au début de ma carrière professionnelle, alors que je prêtais serment comme douanier au tribunal de grande instance de Metz, j’ai été véritablement choqué par la présence d’un crucifix derrière le magistrat auquel je m’adressais. C’est ainsi que j’ai pris connaissance du régime particulier des cultes d’Alsace et de Moselle.

Dans les années 70, à la Guadeloupe, je défendais mon administration au tribunal. La justice y était rendue « au nom du peuple français » alors qu’un crucifix trônait dans le prétoire de manière ostentatoire, pour ne pas dire attentatoire à la République pourtant constitutionnellement laïque. Certes, ce signe distinctif d’une religion a désormais disparu de ces lieux de justice, mais ces deux épisodes m’ont fait prendre conscience que la laïcité ne va pas de soi. Aux niveaux international, national et local, la laïcité est toujours en danger. Ce bien si précieux, nous devons le faire vivre, le défendre et le promouvoir.

L’association ÉGALE, en ce domaine, éveille les consciences et participe à cette promotion de ce trésor que constitue la laïcité.

 

Délégué aux collectivités territoriales : Michel SEELIG

Ma formation d’historien m’a presque naturellement conduit à la politique, avec des mandats départements et nationaux et des fonctions électives locales. J’ai eu la chance par ailleurs de connaître plusieurs « vies professionnelles » intellectuellement enrichissantes : consultant, cadre supérieur, chef d’entreprise… Je viens de quitter ma dernière activité salariée (directeur des relations institutionnelles d’un grand groupe de services aux collectivités) …

J’ai également un lien privilégié avec l’enseignement et la recherche. Longtemps enseignant associé à l’Université, je suis actuellement Président de l’Institut Universitaire de Technologie de Metz. J’ai très tôt milité dans les grandes « Ligues républicaines » (Ligue de l’Enseignement et LDH) et présidé le Cercle Condorcet de Moselle (qui se nomme Cercle Jean Macé)

Né en Moselle, je réside toujours à Metz, j’ai été très tôt confronté au régime dérogatoire des cultes dans les départements Rhin et de la Moselle. Le retour au 1er plan de l’actualité de ce dossier du Concordat et du régime confessionnel de l’école publique m’a conduit à adhérer à ÉGALE et à y accepter une responsabilité.

 

Conseiller de la Présidente pour les Affaires européennes : Alain VIVIEN

Député de Seine-et-Marne (1973-1991), Secrétaire d’État aux Affaires étrangères (1991-1992), conseiller d’État en service extraordinaire (1993-1997).

La laïcité est à mes yeux un des piliers de toute démocratie réelle. Elle a un caractère universel. Qu’elle soit reconnue constitutionnellement ne la rend pas moins nécessaire à l’ensemble des États adhérents à la Déclaration universelle des droits de l’homme, et plus particulièrement encore à ceux qui participent à l’Union Européenne et à ses institutions.

 

Déléguée aux Affaires européennes : Mireille RAUNET

Française de l’étranger pour avoir vécu plus de 30 ans en Afrique (Nord, Ouest, Centre, Est), Conseiller honoraire de l’Assemblée des Français de l’étranger et co-auteur avec Alain Vivien du QSJ « Les Français de l’étranger ». (2007). Membre du Conseil Économique et Social et environnemental (en 2001, 2007) et rapporteure d’une étude sur l’exode des compétences des africains francophones vers la France et le co-développement. Expert auprès de l’OCDE en matière de migrations internationales. Auditeur de l’IHEDN (Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale) (2003/2004), j’appartiens aujourd’hui au Comité Afrique de l’IHEDN

Je me suis engagée dans la Commission Europe pour participer avec une équipe à la défense et au respect de l’Article 17 du Traité de fonctionnement de l’UE. J’aime l’action d’ÉGALE dans la dénonciation neutre et sans apriori de toutes les formes de non-respect de la laïcité.

 

Marc HORWITZ

Journaliste depuis une cinquantaine d’année, spécialiste de santé publique, j’ai eu l’occasion d’aborder la problématique « laïcité » à de nombreuses reprises au cours de vie professionnelle. Ce fut notamment le cas quand j’ai abordé les problèmes du traitement de la douleur et de la fin de vie dans la série de 4 émissions « Voyage au bout de vie » diffusée sur TF1 en octobre 1986. J’ai également été un défenseur de la laïcité au sein du PRG (parti radical de gauche), puis du mouvement « Les Radicaux de gauche ».

Membre fondateur d’ÉGALE, je suis avec Gérard Delfau et Martine Cerf à l’origine de l’idée du « Dictionnaire de la laïcité » dont les deux éditions ont été publiées chez Armand Colin.

 

coordinatrice d’ÉGALE en Ille et Villaine: Françoise LE MER

Professeure puis Proviseure adjointe de l’enseignement public en Bretagne, ma région a su longtemps préserver un certain équilibre entre religion et respect des valeurs républicaines. Aujourd’hui cet équilibre est mis à mal et la laïcité attaquée frontalement ou par le biais « d’accommodements dits raisonnables ».

Mon engagement à ÉGALE est pour moi une évidence .

ÉGALE fait partie du Comité Laïcité 35, collectif d’associations, qui explique, défend la laïcité dans les quartiers, l’espace public, l’école, l’université et en dénonce toutes les atteintes.

 

Coordinateur d’EGALE dans le Morbihan: Yves LE BIHAN

Les années de vie professionnelle en Europe et en Moyen-Orient m’ont donné la certitude que nous avions un trésor qu’il ne fallait pas perdre».

Mon mandat de conseiller municipal m’a fait voir que la laïcité pour un certain nombre n’était pas une évidence. Combien nous envient la Loi de 1905 et plus récemment la loi du 15 mars 2004 sur les signes religieux dans les écoles publiques.

Consacrer de l’énergie à ce qu’elles soient vivantes, universelles est une évidence. ÉGALE me donne la possibilité de mettre mes connaissances à la concrétisation, à l’élaboration et à la diffusion de nos principes.

 

Administrateur du site : Jean-Pierre GROSS  

Pendant toute ma carrière de professeur agrégé d’anglais dans l’enseignement public, je me suis efforcé de transmettre les valeurs essentielles qui permettent  de vivre ensemble et de s’épanouir, au premier rang desquelles figure la laïcité, garante de paix et de liberté.

La lutte contre la désinformation, le fanatisme et l’obscurantisme est permanente et toujours recommencée.

 

 

 

3 –  Les Coordinateurs d’ÉGALE en Région.

Bretagne :

29- Pierre Bleuzen

35- Françoise Le Mer

56- Yves Le Bihan, Anne Gourvenec

Grand Est :

57- : Michel Seelig

Île de France :

75- : Jean-Claude Boual – Michel Fouillet

91- : Gérard Meydiot

92- : Martine Cerf

Guadeloupe :

José Ludger

Martinique :

Arlette Montalin

Nouvelle Aquitaine :

17- : Jean-Pierre Catala

Occitanie :

12- : Bernard Ferrand

31- : Françoise Laborde

Pays de La Loire :

18- : Ali Nemiche

Provence-Alpes-Côte d’Azur :

84- : Jean-Pierre Fraysse

Réunion

Aurore Lagardère

Saint Pierre et Miquelon

Stéphane Artano

Pour les contacter : contact@egale.eu

La France en miettes : Régionalismes, l’autre séparatisme

Maires agressés, émeutes contre la République, mises à l’honneur d’auteurs et de symboles collaborationnistes ou antisémites ; l’ethno-régionalisme est un séparatisme qui grandit dans le silence médiatique. Il est temps d’en parler !
Montées des particularismes régionaux et des revendications indépendantistes, émeutes devant les préfectures, menaces envers les fonctionnaires, agressions contre les élus, diffusions de pamphlets sécessionnistes, de propos ethnicistes, de thèses complotistes

lire plus…

Concordat et Discordance

Benjamin Morel (juriste, maître de conférences à l’Université Paris II Panthéon-
Assas) vient de publier un important ouvrage : La France en miettes –
Régionalismes, l’autre séparatisme (Cerf, février 2023)
La lecture d’une revue savante vient conforter son analyse.
Dans le numéro de janvier de la revue DIVERSITÉ (éditée par l’Institut français
de l’éducation à l’École Normale Supérieure de Lyon), un éminent responsable
académique, référent laïcité de l’Académie de Strasbourg, défend ouvertement
des positions identitaires.
Il déclare ainsi : « Le statut scolaire local dans l’académie de Strasbourg, adossé
au statut concordataire du territoire, est original et hérité d’une histoire
complexe et singulière. Interrogeant le principe de laïcité à l’école, il reste
méconnu et suscite des points de crispation – notamment autour de
l’enseignement religieux qui fait débat. Mais le particularisme local, en ce qui
concerne le rapport au religieux, comporte également des avantages défendus et
valorisés par beaucoup d’acteurs locaux, dans la mesure où il est constitutif de
l’identité régionale, vécu le plus souvent comme parfaitement compatible avec
la République et favorable à un dialogue interreligieux porteur de sens. » …
Notre inspecteur d’Académie oublie au passage les décisions du Conseil
constitutionnel et la rapide érosion de la fréquentation de l’enseignement
religieux dans les écoles publiques alsaciennes. Des faits sans importance,
puisque Concordat et statut scolaire sont d’après lui « constitutifs » de l’identité
alsacienne !
Michel Seelig

En Iran, on empoisonne des écolières pour faire fermer les écoles !

Le mépris que les doctrines religieuses peuvent vouer aux femmes ne connaît aucune limite. Il s’apparente à de la haine qui conduit tout droit au meurtre.

Après avoir décrété que leur destin naturel et conduisait à être un objet sexuel au service de leur mal est un outil de reproduction enfermée à la maison, des religieux extrémistes iraniens n’hésitent pas à attenter à leur vie pour les contraindre à accepter cet ordre moral. De nombreux cas d’empoisonnement d’écolières par des gaz toxiques jetés dans les écoles sont révélés actuellement par les médias. Le phénomène aurait commencé à Qom et s’étend à d’autres localités. Des universités sont également touchées et les autorités publiques font plutôt la sourde oreille.

Puisqu’ils ne peuvent faire fermer les écoles de filles ni interdire à celles-ci de s’instruire, ces extrémistes ont choisi une autre stratégie : provoquer une psychose qui les retiendrait chez elles et les empêcheraient d’étudier. Et lorsque les mères manifestent pour réclamer la sécurité de leurs filles, elles sont arrêtées par la police locale, évidemment complice. « Non seulement nos enfants ne sont pas protégés, mais nous sommes criminalisées pour oser défendre leur droit de vivre », déplore l’une d’entre elles[1].

Nous devons le faire savoir haut et fort et empêcher par tous les moyens à notre disposition que ces fanatiques religieux puissent arriver à leurs fins. L’instruction est la clé de la libération des femmes, mais également celle de la libération des peuples de la tutelle de dictateurs qui instrumentalisent des croyances et des dogmes pour mieux asservir. Elle n’est parfois pas suffisante, mais elle reste indispensable pour résister à cette oppression.

Martine Cerf

 

[1] cité par le Figaro, le 1er mars 2023

Iran : que se passe-t-il dans les écoles de filles ?

LIGUE DU DROIT INTERNATIONAL DES FEMMES

        Association créée par Simone de Beauvoir

                                    Associations cosignataires :

Association des Libres Penseurs de France, Femme Azadi, Femmes Santé Climat, Iris Iran Farkhondeh, universitaire franco-iranienne, référente Iran pour le Comité Laïcité et République, Les CitadElles, Libres Mariannes, Mouvement pour la Paix et Contre le Terrorisme, Regards de Femmes, Réseau Féministe « Ruptures », Tribune Azadi Iran Laïque.

                                                                                                                                            Paris, le 2 mars 2023

                                   COMMUNIQUE

                 Iran : que se passe-t-il dans les écoles de filles ?

Les Mollahs iraniens ne reculent devant aucune indignité : ils s’attaqueraient maintenant aux écolières.

Les médias font état d’informations qui circulent depuis un certain temps en Iran, relatant la diffusion de gaz ou produits toxiques dans plusieurs écoles de filles. Plusieurs centaines d’élèves, voire même plus d’un millier d’entre elles, auraient été affectées par des malaises graves et l’une, âgée de 11 ans serait décédée. Son père, chauffeur d’une personnalité religieuse, refuserait de confirmer la cause du décès.

Ces attaques seraient liées à la participation des collégiennes en grand nombre aux manifestations contre le régime islamique, et à la volonté des courants religieux de limiter l’accès des filles à l’éducation.

Rappelons que la Commission de la Condition des Femmes s’ouvre dans quelques jours à New-York, que la Commission des Droits Humains siège actuellement à Genève.

Il est essentiel que ces instances s’emparent de la question, et que le Rapporteur spécial sur la situation des droits humains en République islamique d’Iran, Javaid Rehman, fasse enfin toute la lumière sur l’ensemble des brutalités hors-normes infligées à la population iranienne et notamment aux femmes et aux filles.

                             6 Place Saint-Germain des Prés, 75006 Paris, site www.ldif.asso.fr;

Réveil difficile pour TikTok

La Commission européenne et le Conseil de l’Europe ont interdit à leurs employés l’utilisation du réseau social TikTok en raison des risques que représente le contrôle des autorités chinoises pour la confidentialité des données.

Le 23 février 2023, un courrier électronique a été envoyé à tous les services: « Afin de protéger les données de la Commission et d’améliorer la cybersécurité, le Conseil d’Administration de la Commission européenne adécidé de suspendre l’utilisation de l’applicationTikTok sur ses appareils et ceux de ses employés. »

TikTok  a récemment connu le même sort aux Etats-Unis au niveau des services fédérauxet régionaux. Le Canada a pris les mêmes dispositions.

La Chine dénonce une mesure protectionniste et des critiques se sont fait entendre aussi en Occident concernant la protection des données sur les réseaux sociaux basés aux Etats-Unis comme Meta.

C’est la fin du Conseil français du culte musulman (CFCM)

Le Président de la République, Emmanuel Macron, l’a annoncé lors d’une réunion avec les membres du Forum de l’islam de France (Forif). Tout en reconnaissant que du travail avait été accompli avec le CFCM, le président a déclaré, selon l’hebdomadaire Marianne, mettre fin au CFCM et à son activité, « de manière très claire ».

Aussi bien la création puis la disparition du CFCM, par décision de l’exécutif français, apportent la démonstration que cet organisme avait été créé en contradiction avec le principe de laïcité qui exclut toute intervention de L’État dans l’organisation d’un culte, donc dans la création d’un organisme représentatif d’un culte.

M.C

 

Laïcité et neutralité dans le sport

(Synthèse du café laïque du 6 Février 2023)

Le sport en général est considéré comme un domaine de loisir, plaisir, bien-être, détente mais aussi pour certains de compétition. Mais justement c’est aussi un domaine où le respect des autres qu’ils soient partenaires ou adversaires est fondamental. Même, certains sports ont des combats ce n’est pas la « guerre » !

On dit souvent : « je fais du sport » : c’est-à-dire bouger, courir, faire du foot, du basket ou autre avec les copains ou les amis, du volley sur plage, toutes ces activités non encadrées. Dans ces conditions, vous pouvez faire à votre convenance, avoir la tenue qui vous plaît, adopter les règles qui vous plaisent, cela reste une activité totalement personnelle. C’est ce que j’appelle du sport « libre ».

Mais si vous êtes inscrit et licencié dans un club, vous avez décidé de pratiquer un sport bien défini ; dans ce cas vous êtes lié par tout un environnement cadré, règlementé et précis. Un club sportif a un objectif défini: la pratique d’un sport très  précisément.  Lorsque vous signez tous les ans votre licence sportive vous vous engagez à suivre les règlements du club, de la fédération nationale et même du code du sport. Mais qui lit tout ce qui est écrit sur la licence qu’il vient de signer ?

La quasi-totalité des fédérations sportives françaises ont délégation du ministère des sports pour leur activité, mais justement elles sont dans l’obligation de se conformer, entre autres, au code du sport et en aucun cas ne doivent intervenir des questions de race, de politique, de philosophie et de religion : la neutralité doit être totale. Cela a été confirmé à maintes reprises.

L’article 50.2 de la charte olympique : Aucune sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale n’est autorisée dans un lieu, site ou autre emplacement olympique

La Loi du 24/08/2021 –art 63 à 67 relatifs au sport : conforte les principes républicains en modifiant le code du sport (délégation, principes de neutralité, principes républicains)

Dans un club, vous pratiquez un sport bien précis : mais pas n’importe quoi et pas n’importe comment. Ce n’est plus du sport « libre ». Cette activité est régie par ses propres règlements : ceux du club, ceux de la fédération nationale qui sont eux-mêmes soumis aux règlements internationaux.  Si vous ne respectez pas ces règlements, vous vous excluez.

Les règlements concernent :

– la pratique : les techniques de base, les lieux (dimensions, aménagements, etc.) et les accessoires (buts, filets, etc.)

– la tenue : définie très précisément, souvent pour des raisons techniques et de sécurité

– les rituels propres à chaque pratique (présentation, saluts…)

– le règlement sportif : durée, lieux, compétition, arbitrage…

– le règlement général de chaque fédération sportive concernant le respect des autres, l’interdiction des discriminations de toutes sortes, du racisme, l’obligation de neutralité.

Le respect de tous ces règlements incombe évidemment aux enseignants qui suivent les élèves à chaque entrainement. Le respect des règlements fait partie de la pratique sportive, c’est aussi une école de la vie en société. L’entrainement ne doit pas être considéré comme moins « restrictif » que la compétition, car en fait le but de l’entrainement en club c’est la compétition. Vous devez avoir la même pratique, la même tenue et les mêmes rituels, sinon à quoi sert l’entrainement ?

Les dirigeants de clubs ont aussi leur responsabilité dans ce domaine, ils doivent veiller à ce que leur club soit conforme aux engagements pris avec la fédération qui leur délègue la pratique sur le terrain de l’activité sportive.

Dans tous les sports, lors des compétitions, le pouvoir des arbitres est capital. Ils ont reçus une formation spécifique. Ils peuvent interdire ou exclure un compétiteur qui ne respecte pas les règlements. Ils sont seuls juges sur le terrain et à l’instant précis. Malheureusement ils doivent « rendre des comptes » à la fédération, ce qui parfois peut nuire à leur objectivité !

Mais depuis plusieurs années on constate de plus en plus de dérives par rapport à tous ces règlements.

  • modifications des règles : publicité, utilisation de locaux…
  • modifications des tenues : raisons religieuses (burkini, hijab…)
  • modifications de la pratique et des rituels (refus de saluts, pas serrer la main, refus de compétition avec une personne de couleur différente, refus d’une femme arbitre…).

Toutes les dérives n’ont pas la même origine. Parfois les clubs « ferment les yeux » sur certains manquements pour avoir plus d’adhérents ; les fédérations également qui reçoivent leurs subventions nationales en fonction de leur importance. Certaines directions de clubs, voire de fédérations peuvent être infiltrées par des individus qui ont des visées religieuses, racistes ou politiques, et qui pour parvenir à leurs fins autorisent les dérives nécessaires.

Certaines fédérations ont mis en place des actions de terrain ; par exemples des signalements sur le site fédéral, un renforcement des règlements, une surveillance renforcée des clubs. Mais actuellement les résultats de ces mesures ne sont pas très diffusés et restent souvent au sein de chaque fédération.

Tout est dans l’article 50.2 de la charte olympique, il suffit de la respecter !

Un problème actuel commence à apparaitre concernant les personnes « transgenres ». Certaines se revendiquent ni homme, ni femme. Si ces personnes font du sport en club, dans quelle catégorie les classer lors des compétitions ? Actuellement, pour les compétitions à haut niveau il existe un test biologique pour les femmes pour éviter que des hommes ne concourent dans cette catégorie (ce qui s’est déjà vu). Mais la prise d’hormones à hautes doses peut modifier le résultat du test. Un homme devenant femme pourrait à terme (également déjà vu) concourir avec les femmes, bien qu’il possède toujours la puissance physique d’un homme. Devrons-nous arriver à faire concourir hommes et femmes ensembles ? Allons-nous vers la disparition du sport au féminin ?

Gérard MEYDIOT, responsable du groupe sport EGALE

 

Le Parlement européen se mobilise pour la défense de la démocratie libérale

Le 24 janvier 2023, le Vice Président du Parlement européen, Othmar Karas, invitait les organisations philosophiques et laïques et les organisations confessionnelles à venir dialoguer sur la question de la démocratie libérale. EGALE y était représentée par Martine Cerf.

Dans leurs propos introductifs, Othmar Karas et Margaritis Schinas, Vice Président de la Commission, ont insisté sur le danger que faisaient courir à la démocratie, les courants illibéraux qui s’appuient sur les franges les plus conservatrices des religions. Ils nous ont clairement appelé à soutenir activement la démocratie. Il faut rappeler que le Parlement européen travaille activement au renforcement de la démocratie dans l’Union. On peut en voir pour preuve, au delà des déclarations de principe, la volonté exprimée par sa présidente, Roberta Metsola, de mettre en place les recommandations des citoyens pour renforcer le rôle du Parlement et la participation de panels citoyens au processus de décision législatif.

Nous avons rappelé qu’en France, c’est lorsque la séparation entre les Églises et l’État a été effective, que la République et la démocratie ont pu s’installer durablement et que nous étions fermement attachés à défendre la démocratie et son socle de droits fondamentaux.

L’envoyé spécial de la Commission pour la liberté de religion et de conviction était présent et en répondant à notre question directe sur la façon dont il défendrait les athées et toutes les personnes sans religion, également discriminées et pourchassées, en plus des fidèles des religions minoritaires, nous avons obtenu de sa part l’assurance ferme qu’il ne concevait pas sa mission comme limitée à la défense des seules religions. C’était le maximum que nous puissions obtenir, n’ayant pas été entendus sur notre demande de revoir la dénomination de son poste pour y introduire la liberté de conscience, au delà de la seule liberté religieuse. Voir notre communiqué co signé par l’AEPL).

Martine Cerf

Danger sur la liberté d’expression !

Le conseil scientifique de la Dilcrah[1] vient d’être dissous à la suite d’une polémique sur la question de la transidentité. On savait qu’une frange d’activistes transgenres refuse à l’Observatoire de la Petite Sirène, le droit d’alerter sur des pratiques médicales sur les enfants diagnostiqués « dysphoriques de genre », au motif que ses membres seraient « transphobes ». Ceux-ci sont confrontés à une avalanche d’invectives sans fondement, accompagnées parfois de violence, comme celle qui s’est manifestée contre le café laïque de Bruxelles.

Pourtant, jamais le livre de Caroline Eliacheff et Céline Masson[2], toutes deux membres de cet observatoire ne formule le moindre propos transphobe. On l’accuse pourtant de cela, avec une volonté étrange de déformer son contenu. De quoi est-il question dans ce livre ? En particulier de s’interroger sur le bien-fondé d’opérations ou traitements précoces chez des enfants déclarant ne pas se reconnaître dans leur sexe biologique. Avec beaucoup de finesse, les auteures dénoncent les ravages provoqués par un changement de genre entamé trop tôt, avec les risques d’erreur que cela comporte, alors même que la personnalité de l’individu est en construction. Ne devons-nous pas ce minimum de prudence à nos enfants ?

Autre abcès de fixation : les thérapies de soutien avec des psychologues ou des psychanalystes, sont qualifiées de « thérapies de conversion », lesquelles sont interdites par la loi. En quoi une thérapie d’accompagnement d’une personne qui s’interroge sur sa véritable identité pour l’aider à résoudre ce dilemme de la façon qui lui convient au mieux, est-elle comparable aux « thérapies » et autres exorcismes qui s’en prennent aux homosexuels ou à ceux qui veulent changer de genre pour les « remettre dans le droit chemin » de l’hétérosexualité ?

Mais le fait est là et ceux qui opèrent cette confusion veulent aussi interdire y compris par la violence toute prise de parole qui les contredirait. Et c’est de cela que le conseil scientifique de la Dilcrah est mort : de cette intrusion d’un militantisme censeur à l’université comme dans la recherche, qui remplace le débat d’idées argumenté par l’imposition de théories présentées comme les seules qu’on a le droit de formuler. L’Inquisition en son temps ne procédait pas autrement.

C’est bien la liberté d’expression et le débat d’idées qui sont menacés et c’est pour cela qu’il est hors de question pour nous laïques, de céder à la violence des censeurs.

Martine Cerf

 

  1. Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti LGBT
  2. La fabrique de l’enfant transgenre, Caroline Eliacheff et Céline Masson, Editions de l’Observatoire.

 

Circulaire relative au plan laïcité dans les écoles et les établissements scolaires

https://www.education.gouv.fr/bo/22/Hebdo42/MENG2232014C.htm

Cette circulaire parue au Bulletin Officiel de l’Education nationale n°42 du 10 novembre 2022 pointe la « montée des phénomènes d’atteinte à la laïcité ».

Elle n’est pas une strate supplémentaire mais s’inscrit dans la continuité de la loi du 15 mars 2004 ainsi que du travail précédemment engagé dont le vademecum de la laïcité.

Elle s’articule autour de 4 axes et a pour objet de « renforcer le suivi et l’accompagnement méthodologiques, juridiques, et humains des situations sensibles … », elle est complétée de 5 fiches sur ce qu’il convient de faire en cas de menaces ou d’atteinte à la laïcité. Si celles-ci n’apportent pas de réponses clefs en main à des situations souvent complexes elles rappellent les obligations des élèves, et la nécessité de dialogue avec les élèves et leurs familles même en cas de sanction.

On peut souhaiter que ces documents, au-delà d’une lecture personnelle, fassent l’objet d’une réflexion collective au sein des équipes et soient intégrés aux actions de formation des personnels.

Annick Henriot

Les fiches accompagnant la circulaire:

  1. Répondre aux atteintes à la laïcité et aux valeurs de la République commises sur les réseaux sociaux
  2. Infractions à la loi de 2021 confortant le respect des principes de la République
  3. Procédure disciplinaire applicable aux élèves en cas d’atteinte à la laïcité et aux valeurs de la République
  4. Reflexes en cas de menaces sur un personnel ou de mise en cause d’un personnel
  5. Accompagner la conduite de l’action des chefs d’établissement en cas de port de tenue manifestant ostensiblement une appartenance religieuse

 

Le Réseau Laïque Européen salue l’appel du Parlement européen en faveur de la liberté de pensée

Le Réseau Laïque Européen salue l’engagement clair du Parlement européen en faveur de l’universalité du droit à la liberté de pensée, de conscience, de religion et de conviction, suivant en cela certaines de nos revendications.

PERSÉCUTION CROISSANTE DES NON-RELIGIEUX

Dans son rapport adopté le 18 janvier, le Parlement a souligné que « la liberté de pensée, de conscience, de religion ou de conviction est un droit fondamental de tout être humain et s’applique à toutes les personnes de manière égale », et a mis l’accent sur « les persécutions croissantes » dont sont victimes des personnes et « organisations non religieuses, laïques et humanistes, y compris des incitations à la violence, des actes de haine et des assassinats. »

Trop souvent, la religion est instrumentalisée « pour prôner l’intolérance ou saper les droits de l’homme, tels que les droits des personnes LGBTIQ+ et les droits des femmes, notamment la santé et les droits en matière de sexualité et de procréation (SDSP), ainsi que les droits des enfants à la liberté de pensée, de conscience et de religion ».

En outre, le Réseau Laïque Européen salue la dénonciation des « attaques perpétrées contre d’innombrables personnes et organisations de la société civile pour avoir pacifiquement remis en question, critiqué ou caricaturé des convictions religieuses », et le rappel que « l’expression d’opinions critiques sur la religion est une expression légitime de la liberté de pensée ou de création artistique ».

LE PE DEVRAIT APPELER À ABOLIR LES LOIS SUR LE « BLASPHÈME »

Nous déplorons néanmoins que n’y figure pas l’exigence, pour les Etats membres, d’abolir les lois incriminant la critique des religions. Il aurait également été bienvenu d’appeler explicitement l’Union à agir pour obtenir l’abolition des lois incriminant l’ « apostasie » et le « blasphème » dans des pays tiers.

Par ailleurs, le Réseau Laïque Européen souscrit à la recommandation faite à l’Envoyé spécial de l’Union européenne pour la promotion de la liberté de religion ou de conviction d’ « accorder une attention particulière à l’utilisation abusive des lois sur le blasphème et à la situation des personnes non croyantes en danger ».

LA LAÏCITÉ, GARANTE DES DROITS HUMAINS

Le Réseau Laïque Européen rappelle l’importance de la laïcité et de la séparation de la religion et de l’État, ainsi que des espaces laïcs, pour la pleine mise en œuvre de la liberté de pensée, de conscience, et de religion et de tous les autres droits fondamentaux.

Liberté d’enseignement et « islamophobie »

Le New York Times du 8 janvier 2023 se fait l’écho d’un incident qui n’est pas sans rappeler le souvenir de Samuel Paty, la violence en moins.

Erika López Prater, professeur vacataire de la Hamline University à Saint-Paul dans le Minnesota, s’est retrouvée bien involontairement au centre d’une controverse qu’elle avait pourtant cherché à éviter et avec elle, les responsables de l’université qui l’employaient.

Elle avait été embauchée dans cet établissement relativement modeste pour enseigner un « cours d’histoire mondiale de l’art » et à ce titre, elle avait choisi de montrer des représentations du Bouddha et du prophète Mahomet à ses étudiants, parmi lesquels figuraient un certain nombre de musulmans pratiquants.

Elle avait pris soin de les prévenir au préalable et leur avait demandé de lui faire part d’éventuelles remarques. Aucune ne lui parvint. Elle réitéra sa mise en garde au début du cours, proposant à ceux qui pourraient en être choqués de quitter la salle, puis, elle leur présenta une miniature persane du XIVe siècle, représentant l’archange Gabriel révélant la parole de Dieu à Mahomet.

Malheureusement, en dépit de ses précautions, une étudiante partit immédiatement se plaindre à la direction, expliquant qu’elle s’était sentie agressée dans sa foi par l’image en question et exigeant que des mesures soient prises contre l’enseignante.

C’est ce qui se produisit puisque le contrat de celle-ci ne fut pas renouvelé au motif que l’incident était clairement un cas d’islamophobie. Dans un message adressé à tout le campus, la Rectrice de l’université, Fayneese S. Miller, expliqua que le respect dû aux étudiants musulmans devrait nécessairement prendre le pas sur la liberté pédagogique.

Un intervenant musulman expliqua que ce qui s’était passé équivalait à expliquer « qu’Hitler était quelqu’un de bien. »

Les associations de défense de la liberté d’expression, comme PEN America, montèrent aussitôt au créneau, soutenues par de nombreux universitaires, elles firent circuler une pétition pour défendre l’enseignante limogée. La communauté musulmane connut elle-même de vifs débats en son sein.

Le New York Times souligne le fait que les débats sur la liberté d’enseigner sont fréquents sur les campus américains, mais qu’ils sont amplifiés dans des établissements modestes qui peinent à recruter et qui s’efforcent d’attirer des candidats issus de milieux peu habitués à fréquenter l’enseignement supérieur.

Le journal constate néanmoins une contestation grandissante des étudiants les plus militants comme des législateurs conservateurs vis-à-vis des enseignants.

Il est intéressant de constater que le grand quotidien américain, qui critique régulièrement la laïcité à la française, semble prendre progressivement conscience des problmes soulevés par ce genre d’incident.

JP Gross

Traité sur l’intolérance – Richard Malka

« Il y a un islam des lumières et un islam des ténèbres dont le principal ennemi est l’islam des lumières. Il y a un islam des philosophes et un islam des prédicateurs, un islam de la réflexion et un islam de limita- tion, un islam des mutazilites et un
islam des salafistes.» Une méditation puissante, pour que chacun sache, comprenne,
échange et s’exprime.

Le droit d’emmerder Dieu – Richard Malka

« C’est à nous, et à nous seuls, qu’il revient de réfléchir, d’analyser et de prendre des risques pour rester libres. Libres de nous engager et d’être ce que nous voulons. C’est à nous, et à personne d’autre, qu’il revient de trouver les mots, de les prononcer, de les écrire avec force, pour couvrir le son des couteaux sous nos gorges.
À nous de rire, de dessiner, d’aimer, de jouir de nos libertés, de vivre la tête haute, face à des fanatiques qui voudraient nous imposer leur monde de névroses et de frustration – en coproduction avec des universitaires gavés de communautarisme anglo-saxon et des intellectuels qui sont les héritiers de ceux qui ont soutenu parmi les pires dictateurs du XXe siècle, de Staline à Pol Pot. » lire plus…

2023 sera l’année des combats pour la liberté

2022 s’achève alors que sont engagés des combats de femmes pour leur vie et leur liberté. Femme, vie, liberté, le mot d’ordre initié par des femmes kurdes reste celui de la révolte iranienne qui se renforce jour après jour malgré la répression sans pitié de leurs dirigeants, religieux corrompus pour la plupart.

Liberté aussi pour les femmes afghanes qui ne peuvent plus sortir, s’instruire ou seulement vivre comme des êtres humains et que les talibans veulent réduire à l’état d’objets sexuels voués au plaisir des hommes et à la reproduction.

À toutes ces femmes et aux hommes qui manifestent avec elles, nous apportons notre soutien inconditionnel. Pour eux, nous ne devrons jamais baisser les bras dans notre pays ni en Europe et continuer de militer pour l’élargissement et la consolidation de nos libertés. Car certaines sont en grand danger :

Liberté des femmes à pratiquer des IVG, dont on a vu aux États-Unis qu’elle pouvait rapidement être remise en question par les partisans de l’application stricte d’un ordre moral religieux. Il nous faudra renforcer ce droit en France et en Europe.

Liberté du choix de sa fin de vie, alors que les mêmes tenants de cet ordre moral s’y opposent.

Liberté d’expression aussi, alors que la pratique du dialogue cède trop souvent le pas aux échanges d’invectives et aux menaces. Le discours woke qui ne conçoit la société qu’en termes de domination et ignore le dialogue d’égal à égal ne saurait engendrer que ressentiment frustration et violence.

La pratique du débat implique d’être disponible aux idées de l’autre, le différent. Elle implique de savoir argumenter pour défendre sa pensée et non de réciter un discours stéréotypé qui, seul, incarnerait « le bien ». Cela implique de sortir de la contemplation de soi et des revendications identitaires, du rejet permanent de toute responsabilité sur l’autre, pour envisager sa place dans une société plus solidaire, qui a même osé la fraternité comme projet.

Nous ne devons pas céder à ceux qui pratiquent la menace pour intimider et réduire au silence ceux avec qui ils sont en désaccord. Il ne se passe pas une semaine sans qu’on découvre une annulation de conférence ou la destruction de locaux comme récemment, le café laïque de Bruxelles, au motif que les conférencières défendraient des thèses racistes ou transphobes. Allégations qui sont évidemment fausses pour tous ceux qui se sont donné le mal de lire leurs écrits. Mais leurs agresseurs restent sur leurs théories fumeuses, simplistes et non étayées qu’ils veulent imposer par la violence. C’est pourquoi nous apportons notre soutien inconditionnel à Caroline Eliacheff et Céline Masson empêchées de s’exprimer à Lille, Paris et Bruxelles, qui posent dans leur livre[1] une question de santé publique majeure, ce qui est le devoir légitime de tous les professionnels de santé.

Nous apportons aussi notre soutien total aux enseignants en butte à l’intolérance et que l’on n’hésite pas à mettre en accusation pour un mot différent du dogme en vigueur et appelons leur hiérarchie à plus de courage pour résister à leur côté. Nous exprimons également notre solidarité avec la professeure de danse de Sciences Po, Valérie P., qui a donné sa démission parce qu’on voulait l’empêcher de parler « d’hommes et de femmes ».

La laïcité est née en réaction aux excès de l’Église catholique qui rêvait à cette époque d’asservir le peuple à ses dogmes et à sa morale. Aujourd’hui encore, nous sommes confrontés d’une part à des conservateurs religieux qui sont dans la même démarche et d’autre part, à ceux qui prônent des prêt-à-penser politiques tout aussi dogmatiques.

La laïcité, toujours, défend la liberté de conscience, la liberté d’élaborer ses convictions en toute liberté, ou de choisir ses croyances. Elle n’impose aucune pensée particulière et s’appuie sur les valeurs contenues dans la devise républicaine. C’est pourquoi les laïques aujourd’hui ne doivent rien lâcher vis-à-vis des nouveaux dictateurs de la pensée.

Nous, en France, femmes et hommes libres, nous le devons aussi à tous ceux qui dans le monde, mettent leur vie en danger pour conquérir leur liberté.

Martine Cerf

[1] La fabrique de l’enfant-transgenre, Caroline Eliacheff et Céline Masson, Éditions de l’Observatoire

LAÏCITÉ : HISTOIRE D’UN MOT

En France, la laïcité est l’objet de vifs débats dans lesquels différentes conceptions s’opposent. Mais le concept et le mot sont souvent confondus. Ainsi, dans des discours partisans, on cherche parfois à convaincre en se référant à l’histoire du mot laïcité, ou à son étymologie. Mais quelle est cette histoire et permet-elle de fonder la légitimité d’un concept ? Ce livre montre qu’au contraire, un fait sémantique doit s’apprécier dans le contexte historique, pragmatique et linguistique dans lequel il se produit. lire plus…

Comment Pap Ndiaye veut réformer l’école

Dans une tribune publiée par Le Monde le 22 décembre 2022, le ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse, Pap Ndiaye, établit un constat sans complaisance de la situation de l’école. Il est rare qu’un ministre de l’éducation admette que le niveau baisse, même si les résultats des évaluations internationales laissent peu de doutes en la matière.

M.Ndiaye situe la rupture en particulier au moment du passage en sixième.

Il souligne également les graves difficultés rencontrées par les collèges et les lycées professionnels, la crise du recrutement dans l’enseignement, la fuite des classes moyennes et supérieures vers le privé et le creusement des inégalités sociales, et enfin, l’augmentation du nombre des atteintes à la laïcité, tout cela sur fond de défiance grandissante envers l’institution. Autant dire que le bilan est assez accablant.

Pour remédier à la situation, le ministre propose un certain nombre de pistes.

Il a déjà annoncé une augmentation du budget de l’éducation nationale et une revalorisation des carrières avec en contrepartie, une redéfinition des missions de l’enseignant, ce qu’il appelle un « nouveau pacte » L’idée étant de permettre le remplacement de collègues absents pour maladie ou examen, de se former hors du temps de travail, et de mieux « accompagner les élèves ». Autant dire que cette remise en cause du statut actuel sera âprement contestée par les syndicats et ne sera pas forcément perçue comme une amélioration des conditions de travail.

Ce qui passera sans doute mieux est le projet de laisser plus de place à l’initiative et de ne plus imposer systématiquement des décisions venues d’en haut, la question de l’autonomie, même relative, des établissements va sans doute resurgir à cette occasion.

Quant à prendre en compte les inégalités sociales, augmenter le nombre de filles dans les classes scientifiques ou protéger la laïcité, personne ne contestera ces louables intentions mais elles restent souvent un vœu pieu. On attend donc « l’éventail d’actions » annoncé par M. Ndiaye, ainsi que des compléments d’information sur son projet de « mettre à contribution » l’enseignement privé sous contrat en matière d’affectations scolaires afin d’encourager la mixité sociale.

Malgré tout, il est important de souligner la position sans équivoque du ministre qui promet de sanctionner toute atteinte à la laïcité et réitère l’engagement de l’institution à former et soutenir les enseignants.

En tant qu’ancien enseignant, j’ai pu constater que la rémunération insuffisante n’était pas la seule explication du manque d’attractivité de l’enseignement. Je regrette que rien ne soit dit sur les effectifs en classe qui dépassent régulièrement la trentaine d’élèves et rendent les conditions d’enseignement extrêmement difficiles. Les autres tabous concernent les procédures d’orientation, d’appel, et de sanctions, bref tout ce qui fait que les parents des classes moyennes s’estiment justifiés à déserter les établissements publics pour « protéger leurs enfants ». Aussi longtemps que ces questions ne seront pas abordées frontalement et honnêtement tant par le ministère que par les syndicats, la crise de l’éducation à la française risque de se prolonger.

Jean-Pierre Gross
Professeur agrégé

EGALE et l’AEPL contestent l’appellation de l’envoyé de la Commission européenne pour « la liberté de religion ou de croyance »

La Commission européenne  a désigné un nouvel envoyé spécial pour « la liberté de religion ou de croyance », (freedom of religion or belief), M. Frans Van Daele, ancien ambassadeur de Belgique aux États-Unis.

Cette mission avait été initiée en 2016 pour venir en aide aux chrétiens persécutés dans de nombreux pays et la formulation retenue excluait explicitement les personnes ne professant aucune religion. Quand on sait les dangers que peuvent courir les athées et les apostats dans ces mêmes pays (il ne faut pas oublier que l’Égypte voulait les condamner à mort), il était incompréhensible que le premier envoyé spécial n’évoque jamais leur existence, se contentant d’encourager le dialogue interreligieux.

Dans l’esprit de bon nombre de responsables européens, « freedom of religion or belief » , que nous traduisons littéralement par « liberté de religion ou de croyance » englobe ceux qui n’ont pas de religion. Nous ne partageons pas ce point de vue. Pour nous les mots ont un sens et nous soutenons que les convictions philosophiques ne sont pas des croyances. L’expérience nous donne raison, car partant de l’actuelle formulation, nous constatons qu’une fois dans l’action, on oublie les athées, agnostiques et indifférents aux religions, même quand on prétend se préoccuper d’eux. Monsieur Margaritis Schinas, Vice Président de la Commission européenne, nous a affirmé que la lettre de mission du nouvel envoyé précisait ses attributions en ce sens et nous espérons que c’est le cas, mais nous considérons que le risque est grand de retomber dans les anciennes habitudes.

Nous avions demandé et continuons de demander que cet envoyé spécial soit mandaté pour le respect de « la liberté, de pensée, de conscience et de religion », comme cela est écrit dans la Charte des Droits fondamentaux de l’UE.

EGALE et l’AEPL ont publié un  communiqué  pour demander ce changement de titre et nous espérons que les députés européens sauront appuyer notre demande quand ils seront amenés à se prononcer sur la nomination de l’envoyé spécial.

Martine Cerf

Pour Sarah El Haïry, la défense de la laïcité est l’affaire de tous

interviewée sur Europe 1, le 13 décembre 2022, Sarah El Haïry, secrétaire d’État chargée de la Jeunesse et du Service national universel, est revenue sur son intervention dans une classe de lycée peu de temps après l’assassinat de Samuel Paty.

A ces jeunes en quête d’identité qui l’avait interpelée sur le blasphème, l’action de la police ou la laïcité, elle avait souhaité rappeler qu’ils étaient avant tout français et ce qu’il devait à la France en matière de santé, d’éducation, de protection sociale. Elle a répété qu’il fallait aller à leur rencontre et défendre ces « digues » et réveiller cette « capacité à s’émerveiller pour ses valeurs ». Elle a insisté sur le fait qu’ « être binational, ce n’est pas être schizophrène », c’est-à-dire qu’on peut être français sans nier son héritage culturel et familial.

Interrogée sur le port de l’abaya dans les établissements scolaires, elle a souligné qu’il s’agissait là du résultat d’une campagne de l’islam radical, en particulier sur les réseaux sociaux : « Il s’agit de l’offensive d’une idéologie et d’une atteinte à la laïcité »

Elle a néanmoins reconnu que le nombre d’incidents répertoriés ne correspondaient sans doute pas à la réalité en raison d’une autocensure d’enseignants qui cherchent à éviter les incidents.

Pour elle, les parents, les associations et le débat politique doivent prendre une part active à ce combat pour préserver la laïcité qui ne doit pas être considérée comme un acquis.

La fabrique de l’enfant transgenre

Aux États-Unis, mais aussi en Europe, les demandes de changement de sexe chez les enfants et surtout les adolescents augmentent depuis plusieurs années. Les psychanalystes Caroline Eliacheff et Céline Masson alertent sur les dérives du « transgenrisme » chez les mineurs.

Le poids de la culture LGBTQI et l’influence des réseaux sociaux ont donné une visibilité nouvelle à la « dysphorie de genre », ou sentiment d’être né dans le « mauvais corps ». Émancipation progressiste ou phénomène d’embrigadement idéologique ? lire plus…

Les enseignants face à l’expression du fait religieux à l’école et aux atteintes à la laïcité

L’étude porte sur un échantillon de 1009 enseignants, du public comme du privé.

Les principaux résultats montrent que 52% des enseignants s’autocensurent dans leurs enseignements pour éviter les conflits en classe, alors qu’ils n’étaient que 43% en 2020. Chez les plus jeunes, (moins de 40 ans), le phénomène atteint les 60%. En REP, il culmine à 65%. Il est également plus important en lycée, qu’au collège ou à l’école, dans le public que dans le privé.

Les contestations d’enseignements pour des raisons religieuses se multiplient, à propos de la mixité filles-garçons, de cours sur la sexualité, l’histoire, la laïcité, l’enseignement moral et civique…

Sont aussi en augmentation les demandes de menus religieux à la cantine, les demandes de regroupement des enfants de même religion ou les pressions exercées sur d’autres élèves pour qu’ils respectent des préceptes religieux. 15% des enseignants ont été confrontés à des chantages exercés sur les jeunes filles ayant retiré leur voile à l’école.

Ce qui est plus préoccupant pour l’avenir est la forte majorité de jeunes enseignants qui se déclarent favorables à un assouplissement des règles de laïcité, notamment en ce qui concerne le service de repas correspondants aux différents préceptes religieux (repas hallal ou casher …) ou le port de tenues religieuses.

51% des enseignants approuvent la politique actuelle du Ministre sur les questions de laïcité et ils ont 68% parmi les moins de 30 ans. Un peu paradoxalement, 77% des enseignants considèrent que le ministère de l’Éducation nationale n’a pas tiré les enseignements de l’assassinat de Samuel Paty dans sa façon de gérer les faits relevés.

Lire le rapport complet

Margaritis Schinas, Vice-President de la Commission européenne recevait les représentants des associations philosophiques et non-confessionnelles

Margaritis Schinas, Vice-Président de la Commission européenne, chargé de la promotion du mode de vie européen avait invité les organisations philosophiques et non confessionnelles pour échanger sur les conséquences de la crise ukrainienne dans les domaines des valeurs, de l’énergie, de l’immigration, le 2 décembre 2022. Le Premier vice Président du Parlement, Othmar Karas assistait également à cette réunion. Écouter leurs interventions

Martine Cerf accompagnée de Mireille Raunet représentaient ÉGALE et ont apporté une contribution en plusieurs points repris dans une note consultable ici

Les associations présentes ont également insisté, à l’initiative d’ÉGALE, sur le fait que le prochain envoyé spécial pour « La liberté de religion et de convictions » devait intervenir également pour demander que les athées et agnostiques ne fasse l’objet d’aucune discrimination en raison de leur non appartenance à une religion. Pour cela, nous avions demandé que le nom même de cet envoyé reprenne le libellé de la Charte des Droits fondamentaux de l’UE, à savoir « la liberté de pensée, de conscience et de religion ».  Les envoyés spéciaux précédents ne s’étaient guère préoccupés des discriminations graves à l’encontre des athées et étaient restés centrés sur le dialogue interreligieux uniquement. L’annonce faite ce jour de la nomination du Belge Frans van Daele à ce poste ne comporte nullement de modification au titre de cet envoyé spécial.

Nous verrons si cette demande réapparait et peut-être est votée lors des débats au Parlement qui doit valider la nomination de M. van Daele, plusieurs députés ayant été sensibilisé à cette question.

Martine Cerf

Des femmes-arbitres au Qatar

Dans la liste officielle de la FIFA des arbitres pour la coupe du monde de football au Qatar, trois femmes ont été retenues : une Française, une Japonaise et une Rwandaise. Bravo la FIFA !

Des femmes pour arbitrer des matchs joués par des hommes, et en plus au Qatar ! Elles seront évidemment en tenue officielle d’arbitre (short et tête nue). La FIFA est restée fidèle aux principes d’éthique, d’égalité et de neutralité du sport.

Mais ces trois arbitres femmes vont-elles réellement arbitrer au moins chacune un match ? Des pressions « locales » ne vont-elles pas être exercées afin qu’elles ne puissent officier ? Ne va-t-on pas trouver des excuses pour ne pas les faire intervenir ?

La FIFA doit tenir jusqu’au bout de sa démarche et leur confier l’arbitrage au minimum d’un match.

A surveiller attentivement !

Gérard MEYDIOT

Devant la recrudescence du port de tenues religieuses ostensibles à l’école, des autorités religieuses réagissent

Les medias et le ministère de l’Éducation nationale ont rendu publiques les informations concernant la recrudescence des incidents liés au port de tenues religieuses ostensibles à l’école. On sait que ces incidents sont encouragés par une propagande islamiste active sur les réseaux sociaux et que le phénomène a dégénéré, notamment à Nanterre, sous la forme de manifestation devant le lycée.

Il est intéressant de noter que le 3 octobre dernier, le Conseil des Mosquées du Rhône (CMR) a réagi à ce qu’il qualifie de « comportements provocateurs et irresponsables » d’une « frange très minoritaire de la jeunesse française musulmane ». Le CMR faisait notamment appel aux familles pour éviter « une aggravation de la situation ». Voir le communiqué du CMR

La Grande mosquée de Paris s’est également exprimée dans un communiqué publié le 21 octobre et a rappelé que la « loi interdisant le port de signes religieux ostensibles à l’école doit être, ni plus, ni moins, respectée par tous ». Ce communiqué rappelle qu’il faut mettre en œuvre « une pédagogie renforcée et positive sur la laïcité ». Il rappelle également ce que beaucoup de jeunes semblent ignorer : « qu’il n’existe pas de tenue religieuse définie et obligatoire en islam ».

Voir le Communiqué de la GMP 

UN MOMENT CRUCIAL

Ce n’est pas la lutte finale !

Ce ne sont pas non plus des faits anecdotiques !

Mais les événements de ces derniers jours nous montrent que le combat pour la laïcité (sans adjectif Monsieur le ministre de l’Éducation nationale !) n’est jamais totalement gagné.

Au cours d’un débat avec Monsieur Pap Ndiaye, un lycéen s’écrie : « Plus vous allez continuer (avec la laïcité), plus il y aura des morts » (L’Opinion 14/10/2022)

À Nanterre, à Clermont-Ferrand, des groupes de lycéens manifestent pour la LIBERTÉ… de cacher son corps et ses cheveux à l’École de la République.

La LIBERTÉ de refuser une vérité scientifiquement prouvée s’affirme dans la Société (2ème vague du baromètre “Science et Société” Une étude Ipsos pour l’Institut Sapiens) : Un Français sur deux estime que ce n’est pas parce qu’un scientifique spécialisé sur un sujet lui démontre un fait scientifique que c’est vrai !

Le retour gagnant de l’obscurantisme en France ?

Le moment est venu de se ressaisir, de réaffirmer nos valeurs, sans céder évidemment à l’instrumentalisation raciste développée à l’Extrême-Droite. Car il n’y a pas que de mauvaises nouvelles : le Parlement européen s’oppose enfin au financement de campagnes pro-hijab par l’Union Européenne.

Michel Seelig

Le Parlement européen interdit à la Commission de financer des campagnes faisant la promotion du hidjab

Aujourd’hui, 19 octobre, le parlement européen en discussion sur le budget vient de voter un amendement présenté par le député français François Xavier Bellamy, interdisant à la Commission de financer toute campagne faisant la promotion du hidjab. Il l’a annoncé sur Twitter. C’était d’autant plus important que la Commissaire européenne à l’égalité, Helena Dalli, ignorait les mises en garde du gouvernement français contre l’attribution de fonds publics à des associations proches des frères musulmans. C’était ainsi qu’une campagne faisant la promotion du hidjab avait été financée par l’UE en novembre 2021.

La Cour de Justice Européenne accepte l’interdiction de signes religieux en entreprise

La Cour de Justice de l’Union européenne a jugé qu’interdire le port visible de signes religieux, philosophiques ou spirituels ne constituait pas une discrimination directe, si elle est appliquée de manière générale et indifférenciée à tous les travailleurs. Saisie par une femme musulmane qui estimait que le refus de l’engager pour un stage dans un organisme de gestion de logements sociaux constituait une discrimination à son égard, la Cour de justice de l’Union européenne en a jugé autrement le jeudi 13 octobre. L’organisme avait signalé que la neutralité était demandée à tous les salariés

La Cour  relève que la volonté de neutralité doit être justifiée par un besoin véritable et qu’elle ne saurait peser plus lourdement sur certaines personnes, ce dont la justice belge doit s’assurer;

Voir l’arrêt

Hommage à Samuel Paty à Paris

Dimanche 16 octobre 2022, des associations, des élus, des sympahisants se sont rassemblés au saqure associations  pour rendre hommage à l’enseignat assassiné à l’occasion du deuxième anniversaire de sa mort.

Ont successivement pris la parole:

Edouard CIVEL, 1er adjoint à la Maire du 5e arrondissement

Martine CERF – EGALE

Bernard RAVET, ancien responsable d’établissement, membre de la Licra

Caroline YADAN, députée de la 3è circonscription de Paris

Béa BENABBES, professeur de l’enseignement secondaire – VCL

Floriane GOUGET, étudiante, – Dernier Espoir

Texte d’un universitaire tunisien lu par Iris Iran FARKHONDEH de VU

Voici en version pdf :

 

Samuel Paty commémoré à Rennes

Hommage à Samuel Paty – « Deux ans après, ne jamais oublier »

En ce dimanche matin, nous étions une petite trentaine au pied de l’arbre de la laïcité à Rennes, à l´invitation de notre association « Laïcité 35 », pour rendre hommage à Samuel Paty, assassiné par un terroriste islamiste parce qu’il enseignait la liberté de conscience et la liberté d’expression.

Rassemblement organisé à la hâte, mais avec la certitude de son impérieuse utilité.

Merci aux élus présents, aux absents excusés qui ont eu le souci de soutenir cet événement.

Le combat pour la République et la laïcité continue.

Plus que jamais.

Rejoignez-nous !

 

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Le discours prononcé par Françoise Le Mer, Laïcité 35 et membre d’Egale, à Rennes dimanche 16 octobre 2022

Chers amis,

​Bonjour à tous et à toutes,

Voilà deux ans.

Voilà deux ans que Samuel Paty a été sauvagement assassiné par décapitation.

« Ne jamais oublier »

C’est sous l’auspice de ces mots que nous avons voulu nous rassembler, nous réunir.

Le 16 octobre 2020, Samuel Paty, enseignant d’histoire géographie, s’est vu ôté la vie par un terroriste islamiste à Conflant Saint Honorine. La raison : avoir montré des caricatures de Mahomet dans le cadre d’un cours d’éducation morale et civique.

Victime de l’islamisme, il avait à cœur de former ses élèves à l’esprit critique, à la liberté de conscience et à la liberté d’expression.

Samuel Paty n’était pas un provocateur.

Au contraire, la mission qu’il exerçait s’inscrivait parfaitement dans le cadre des programmes de l’Éducation nationale et de la loi. Contre la calomnie, contre certaines petites lâchetés, contre un abandon de son administration et contre des soutiens discrets, rappelons que Samuel Paty exerçait sa mission avec professionnalisme, intégrité et dévouement.

Pour ces raisons, il mérite la reconnaissance de la patrie.

« J’ai décapité un chien de l’enfer ».

C’est ce qu’a écrit le terroriste islamiste qui a tué Samuel Paty, après son crime.

Ces mots suintant la haine et la violence, nous rappellent que, si nous ne voulons pas oublier, nous ne pourrons pas non plus pardonner.

« Être toujours debout »

Nous serons de tous les combats pour lutter pied à pied contre l’islamisme, contre les atteintes portées à la laïcité, contre tous les stratagèmes qui visent à rompre le pacte républicain, contre tous les méfaits qui aspirent à fragiliser le beau projet qu’incarne notre devise « Liberté Égalité Fraternité ».

Nous ne pouvons pas renoncer, car renoncer c’est abdiquer face à l’ignominie, c’est accepter que triomphent la haine et l’obscurantisme, c’est consentir à ce que notre monde commun se défasse.

En commémorant  Samuel Paty, nous souhaitons rendre hommage à tous les enseignants, à ces passeurs de savoir, à ces agents du service public qui font tenir la République, dans des conditions parfois dégradées et à l’appui d’une administration parfois pusillanime, qui se dévouent pour que leurs élèves cultivent la plus haute des ambitions. Parce qu’ils représentent des phares qui illuminent le chemin des générations futures, nous ne pouvons les abandonner et nous ne pouvons nous résigner à l’idée qu’ils paient de leur vie d’être des hussards noirs de la République.

Car, oui la République se trouve être attaquée, et dans cette offensive dont elle fait l’objet, l’école en est la première victime. Elle l’était déjà lorsque des enfants de l’école juive Ozar Hatorah de Toulouse étaient tués une balle dans la tête en 2012, par le terroriste Mohammed Merah. Dix ans avant, l’ouvrage Les Territoires Perdus de la République tirait déjà la sonnette d’alarme. Puis, il y a eu l’attentat contre Charlie Hebdo, journal connu pour ses dessins satiriques ; caricatures que Samuel Paty utilisait pour enseigner l’esprit critique…

Les événements dramatiques se succèdent, le sang coule et les larmes avec.

Le temps file, et la vie reprend son cours.

Mais le temps ne nous volera pas les tristes souvenirs et ces vies enlevées.

Le temps ne nous empêchera pas de nous rappeler la solitude dans laquelle Samuel Paty a dû se retrouver lorsque la pression se faisait oppressante contre lui. Nous savons dorénavant que le jour où il a été assassiné, les policiers retrouvèrent un marteau dans son sac… Preuve en est qu’il sentait la menace imminente.

En réalité, votre présence aujourd’hui ici en ce dimanche matin, et les multiples rassemblements organisés à travers la France doivent nous réchauffer le cœur et nous insuffler une dose d’espoir et d’optimisme.

Nous ne nous habituerons jamais à l’horreur.

Nous ne nous résignerons jamais sinon le terrorisme islamiste l’emportera.

C’est pour cela que Samuel Paty n’est pas mort pour rien. Mais nous aurions pu éviter sa mort.

Les enseignants ne sont pas des martyrs, et la société toute entière doit faire bloc autour de ceux qui ont le courage de ne pas céder aux pressions, faire bloc autour de ceux qui ont à cœur de ne pas reculer d’un iota dans la défense de nos valeurs fondamentales (et particulièrement la liberté de conscience, l’universalisme, la laïcité, la liberté d’expression, l’égalité femme/homme).

Ces valeurs constituent un joyau inestimable qui permet à chacun et chacune de se libérer de toutes les injonctions traditionnalistes, et de toutes les prisons communautaires.

Ces principes sont un chemin pour que chacun et chacune puisse s’émanciper et choisir sa propre destinée.

Contre la haine qui provoque la mort, opposons leur la force de nos principes qui rendent notre monde vivable et fraternel.

Ces principes ne sont pas obsolètes, ne sont pas démodés, ne sont pas d’un autre âge.

Ils sont de la plus grande actualité car ils font de nous une grande nation dans laquelle ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous oppose.

Mes derniers mots ne seront pas les miens, mais ceux d’une femme qui m’inspire et me montre souvent la voie. Hier, j’ai lu ces mots de Tania de Montaigne et je souhaite vous en faire part : « un professeur a été massacré pour avoir considéré qu’on vit mieux l’esprit grand ouvert et que, quand on éteint les Lumières, il ne reste que la nuit et les ombres, que la loi du plus fort, que ses yeux pour pleurer.

Samuel Paty ne reviendra pas ».

Je vous remercie.

SOUTENIR L’ÉMANCIPATION DES ÉLÈVES COUTE QUE COUTE

Dimanche 16 octobre, des associations laïques avaient appelé à rendre hommage à Samuel Paty. Au-delà d’un simple hommage, cette manifestation se voulait tournée vers l’avenir et c’est bien ainsi qu’à EGALE, nous concevons ces cérémonies : elles nous inscrivent dans un engagement de longue date qui dicte les actions futures.

Comme Samuel Paty, nous ne renoncerons pas à la pédagogie nécessaire pour que les élèves, les futurs citoyens, apprennent à se décentrer de ce qu’ils sont et croient, pour découvrir ce qu’ils ne connaissent pas. Pour qu’ils se nourrissent de ces savoirs et puissent ensuite décider par eux-mêmes, sans soumission à quelque dogme que ce soit.

Nous combattrons l’autocensure de certains enseignants qui ont renoncé à aborder en classe les sujets qui pourraient susciter des polémiques et qui pourtant figurent dans les programmes. On peut comprendre leur peur, mais on ne peut accepter qu’elle ait pour conséquence de donner la victoire aux islamistes qui cherchent à imposer leur morale par la terreur et la censure.

Enfin, nous attendons que toutes les académies soient promptes à venir en aide aux enseignants en difficulté ou menacés et que soit définitivement abolie cette règle du « pas de vagues » qui consiste à toujours donner raison à celui qui crie le plus fort, en l’occurrence des élèves et parents d’élèves qui relaient la propagande islamiste. N’oublions pas qu’on a contraint Samuel Paty à faire des excuses à une élève qui n’était même pas présente à son cours !

Nous demandons à nos enseignants d’assumer leur rôle de hussards, ce que beaucoup font avec courage et fierté. Encore faut-il se rassembler derrière eux et à leurs côtés pour leur en donner les moyens.

Martine Cerf

Après l’affaire de la fillette voilée, un « contrôle politique » des images de l’UE

En février 2020, l’image d’une fillette voilée avait été utilisée sur Twitter par la Direction générale de l’éducation et de la culture (DG EAC), dirigée par la Chypriote Themis Christophidou services de la Commission européenne dans le cadre d’une campagne de promotion du programme européen Erasmus+. Cette diffusion avait suscité de vives critiques et le tweet avait dû être retiré. Les responsables avaient alors évoqué « une erreur administrative. »

La Commission avait diffusé des visuels de voile islamique auparavant. À chaque fois, la France réagit en demandant leur retrait. De nombreux pays en Europe subventionnent le culte et la notion de laïcité n’est pas la même qu’en France en particulier dans un cadre scolaire.

La présidente de la Commision européenne Ursula von der Leyen vient d’annoncer que son cabinet exercerait désormais un « contrôle politique » sur la publication des visuels de l’institution.

AVEC LES FEMMES ET LES HOMMES D’IRAN CONTRE LA DICTATURE DES MOLLAHS QUI TUE

Collectif laïque national

En Iran, vendredi 16 septembre 2022, la jeune Mahsa Amini, 22 ans, a trouvé la mort après son
arrestation par la « police des mœurs » pour avoir « mal porté » son voile. Les obligations
vestimentaires, véritable apartheid sexuel imposé aux femmes par la dictature théocratique de ce
pays, lui ont coûté la vie (…)

Communiqué complet: https://egale.eu/wp-content/uploads/2022/10/Avec-les-femmes.pdf

L’Université de Lille rend hommage à Samuel Paty

Un Hommage à Samuel Paty qui va se dérouler les 5-6-7 octobre sur le site de Tourcoing de l’ IUT de l’Université de Lille :

A cette occasion sera inauguré un amphithéâtre sera nommé  « Samuel Paty » et deux peintures murales seront inaugurées ainsi qu’une plaque commémorative. L’objectif est de sensibiliser les étudiants actuels et à venir aux convictions et au sort tragique du professeur.

Cette initiative a été lancée et  concrétisée par des personnels administratifs et enseignants de l’IUT qui regroupe les différents IUT des ex-Lille1-Lille 2-Lille 3 et votée et financée par le CA de l’IUT de l’Université de Lille.

Le président de l’Université de Lille, Régis Bordet, et le directeur de l’IUT, Denis Pomorski, prendront la parole le mercredi 5 octobre lors de l’inauguration.

Vous  trouverez tout le dossier et une invitation en suivant le lien:

Dossier Samuel Paty/ Lille

ACTUALITÉ(S) TOXIQUE(S)

La guerre en Ukraine, les menaces nucléaires de Poutine, les succès des droites radicales (chacun utilisera les épithètes qui lui sembleront les plus pertinentes) en Europe, les putschs et re-putschs en Afrique (avec la montée d’un ressentiment envers la France), les menaces et (actions réelles) sur les droits des femmes en Amérique et en Europe, la brutalité de la répression en Iran… les craintes que l’on peut avoir sur l’évolution de la situation économique… mais aussi politique, notamment de la France…

Le vieux frileux que je suis ajouterait volontiers le retour du froid alors que nous sommes invités à la « sobriété énergétique » …

Toutes ces nouvelles (et j’en oublie) plus ou moins alarmantes se succèdent à un rythme effréné sur nos écrans …

Et pourtant, tout cela semble bien secondaire pour certains (et surtout certaines) pour qui la lutte contre le mâle blanc hétérosexuel, par nature prédateur et violent, reste la priorité des priorités…

Pour ma part, j’ai retenu une autre nouvelle qui m’a paru particulièrement toxique. The New York Post nous apprend que neuf associations d’étudiants en droit de l’Université publique de Berkeley en Californie ont décidé de bannir tout intervenant ayant soutenu Israël ce qui revient à interdire de parole la quasi-totalité des étudiants ou professeurs juifs de l’université y compris le doyen. De nombreuses critiques ont dénoncé cette initiative la comparant à la création d’une zone d’exclusion des Juifs, de fait « Jewish-free » ou « judenrein » comme on disait sous l’Allemagne nazie.

Décidément le progrès est en marche.

Michel Seelig

 

La jeunesse iranienne se rebelle contre l’obscurantisme du pouvoir

Après la mort la jeune Mahsa Amini assassinée par la police des mœurs pour avoir laissé apparaître des mèches de cheveux hors de son voile, les femmes iraniennes sont révoltées et descendent dans la rue tous les jours. Depuis le 16 septembre, elles manifestent leur rejet d’une politique qui dure puis 40 ans et qui les brime, les humilie, les tue en toute impunité. Elles brûlent leur voile, se coupent les cheveux et demandent la fin de ce régime.

Elles ne sont pas seules, de jeunes hommes manifestent avec elles et résistent violemment à la police.

L’équipe de football iranienne, avant un match a caché son maillot avec l’emblème de la République islamique et l’un d’entre eux, Sardar Azmoun a déclaré sur les réseaux sociaux : « je n’ai pas peur d’être évincé. Honte à vous d’avoir si facilement tué le peuple et vive les femmes d’Iran »

La journaliste Masih Alinejad publie des vidéos et des informations sur twitter (@AlinejadMasih)

C’est tout un peuple qui réclame la liberté de conscience et une véritable démocratie avec le slogan « Femme, Vie, Liberté ». «Les gens manifestent aujourd’hui contre la crise économique, le chômage des jeunes, l’absence de liberté individuelle et collective», explique Azedeh Kian, professeur de sociologie à l’Université Paris-8. (Le Figaro)

La théocratie iranienne reste arc-boutée sur l’obligation d’appliquer la charia selon leur interprétation stricte et n’hésite pas à répliquer par des arrestations (1200 à ce jour), des brutalités qui ont provoqué la mort de 60 personnes environ selon l’agence Fars.

Nous apportons tout notre soutien aux Iraniennes et aux Iraniens en révolte.

Martine Cerf

Agir dans l’école, maintenant !

Comme le rappelait Iannis Roder, professeur d’histoire géographie et directeur de l’observatoire de l’éducation de la fondation Jean-Jaurès : « l’école républicaine prend les élèves comme ils sont et va essayer de les dégager des déterminismes qui sont les leurs, soit économique et sociaux mais aussi culturels et religieux », pour « essayer d’ouvrir, de faire comprendre ce qui se joue, le sens des choses ».[1]

Des signes inquiétants sont donnés quant à l’intensification de la propagande incitant les élèves à résister à l’enseignement laïque. Selon les medias, les services de l’État ont alerté fin août sur la multiplication des messages sur les réseaux sociaux qui constituent une « stratégie d’entrisme salafo-frériste », qui encouragent les jeunes à porter des vêtements islamiques ou encore à prier dans les horaires de classe. Ces messages incitent les jeunes garçons à porter des qamis et les filles, des abayas, dans le but de « contourner l’interdiction faite aux élèves de porter le voile à l’école », ou encore à aller prier dans les toilettes ou les salles de classes vides pendant les pauses, ou à quitter l’établissement pour respecter les horaires de prière.

Par voie de conséquence, les signalements d’atteinte à la laïcité sont en augmentation et on attend l’annonce des mesures par le ministre de l’Éducation, début octobre.

Nous aimerions entendre que la réserve citoyenne va enfin être utilisée pour prêter main forte aux enseignants. Car ils sont prêts, ces citoyens bénévoles qui ne renoncent pas à porter le message de la laïcité pour assurer l’émancipation de tous, ils ne demandent qu’à intervenir et se plaignent tous de demandes trop rares. A l’heure où l’on manque d’enseignants, alors qu’on ne sait plus comment en recruter pour assurer les cours, qu’attend-on pour utiliser cette réserve citoyenne qu’on a trop longtemps laissé en jachère ? Pas pour remplacer les enseignants manquants, bien sûr, mais pour épauler ceux qui continuent de faire leur métier malgré les difficultés qu’ils rencontrent.

Martine Cerf

[1] Entretien sur la matinale de France inter, le 8 septembre 2022

EGALE a traduit un rapport sur l’entrisme des frères musulmans en Europe

Une fondation autrichienne, « Austrian Fund for the Documentation of Religiously Motivated Political Extremism » a publié en 2021 un rapport sur l’action des frères musulmans en Europe. Signé par deux spécialistes dont nous saluons le travail remarquable : le Dr Lorenzo  Vidino de l’université George Washington aux États Unis et Sergio Altuna, analyste de l’Institut royal Elcano de Madrid, ce rapport n’était disponible qu’en anglais et en allemand. Nous venons de le traduire en français.

Lire le rapport.

La Hongrie n’est plus une démocratie

Le Parlement européen vient d’affirmer clairement qu’après des années d’exercice du pouvoir par le régime de Viktor Orban, la Hongrie n’est plus une démocratie, mais un « régime hybride d’autocratie électorale », où des droits et principes fondamentaux sont menacés.

Le Réseau Laïque Européen a toujours mis en garde contre les risques que des dirigeants nationalistes et l’extrême droite font peser sur la démocratie et les droits fondamentaux. Nous avons alerté sur les dérives liberticides du gouvernement hongrois à de nombreuses reprises. (…)

Communiqué du réseau laïque européen: https://laicite-secularism.eu/parlement-europeen-la-hongrie-nest-plus-une-democratie/

Le texte voté au Parlement européen:https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/TA-9-2022-0324_FR.html

L’évêque de la Réunion doit respecter la loi !

Dimanche 18 septembre 2022, lors de la traditionnelle messe de La Salette, l’évêque de La
Réunion, Mgr Gilbert Aubry a précisé son opposition au projet de modifier l’autorisation d’une
fin de vie abrégeant les souffrances des malades et a rappelé son hostilité au mariage pour
tous.
Le débat sur l’autorisation de recourir à l’euthanasie a de nouveau été mis sur la place publique
depuis la publication le 13 septembre dernier de l’avis du Comité national consultatif d’éthique
qui estime qu’il existe « une voie » vers une aide active à mourir, « sous certaines conditions ». Un
projet de loi devrait être débattu dans le courant de l’année 2023 devant le Parlement.
Tous les citoyens, toutes les institutions et associations ont le droit légitime de participer au
débat public et l’évêque de La Réunion a bien le droit de donner son avis.
Il n’en est pas de même en ce qui concerne le mariage pour tous. Dans un lieu de culte et
dans son homélie pour les fidèles, l’évêque précise que « L’humanité est corrompue. Dans le
domaine de la famille on fait n’importe quoi. Qu’est-ce que cela veut dire le mariage pour tous?
Une aberration !… Ne perdons pas de vue que ce qui est légal n’est pas forcément moral ».
Même si l’évêque se garde bien de condamner directement les personnes mariées et de même
sexe, on peut estimer qu’elles peuvent se sentir provoquées, attaquées et discriminées.
L’association EGALE compatit et se range résolument à leurs côtés. À travers elles, ÉGALE
apporte son soutien indéfectible à la communauté LGBTQIA+.
De plus et surtout, rappelons que le mariage pour tous relève de la loi n°2013-404 du 17 mai
2013.Une fois promulguée, la loi de la République s’impose à tous, y compris à Mgr
Aubry qui, en la circonstance contrevient directement aux dispositions de l’article 35
de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État, lequel
dispose que « Si un discours prononcé ou un écrit affiché ou distribué publiquement dans les
lieux où s’exerce le culte contient une provocation directe à résister à l’exécution des lois ou
aux actes légaux de l’autorité publique ou s’il tend à soulever ou à armer une partie des
citoyens contre les autres, le ministre du culte qui s’en rend coupable est puni de cinq ans
d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende, sans préjudice des peines de la complicité
dans le cas où la provocation est suivie d’une sédition, révolte ou guerre civile ».
Face à cette provocation d’un haut dignitaire de l’Église catholique, ÉGALE demande au
ministre de l’Intérieur et des Outre-Mer et au préfet de la Réunion de rappeler fermement et
publiquement à Mgr Aubry ses devoirs de citoyen en matière de respect de la loi.
Par ailleurs, l’évêque de La Réunion est commandeur de la Légion d’Honneur. ÉGALE
demande également au Grand chancelier de l’Ordre National de la Légion d’Honneur de
rappeler publiquement à Monseigneur Aubry ses devoirs éthiques.

Communiqué Egale

APPEL AU RASSEMBLEMENT LE 16 OCTOBRE 2022

Pour défendre la laïcité

Deux ans déjà ! le 16 octobre 2020, Samuel Paty tombait sous le couteau d’un islamiste qui ne le connaissait même pas. Tout récemment, Salman Rushdie frôlait la mort sous les coups d’un autre de ces assassins qui exécutent au nom d’Allah. Il y eut Charlie… Tous ceux et toutes celles qui se montrent libres de leur parole ou de leur plume courent le risque d’être menacés de mort et d’être assassinés.

Samuel Paty fut un enseignant digne de sa fonction : il voulait éduquer sans préjugés, armer les élèves hors de toutes contraintes confessionnelles. Il les voulait libres et émancipés par leur liberté de conscience, leur liberté de pensée et d’expression. Il croyait au devoir sacré de l’enseignant de transmettre ces valeurs fondamentales héritées des Lumières et préservées par la laïcité.

Il nous incombe de lui rendre hommage et de continuer son œuvre de transmission de nos libertés et de la laïcité.

N’oublions pas cet enseignant libre et plein de courage et l’exemple qu’il nous a donné.

Pour Samuel Paty retrouvons-nous le 16 octobre à 14 h au Square qui porte son nom, Place Paul Painlevé, 75005 Paris

Ne laissons pas sa mémoire s’éteindre dans la solitude qu’il a connue alors qu’il était accusé par des islamistes et assassiné par l’un d’eux. Pour lui et pour tous ceux et toutes celles qui aujourd’hui veulent enseigner la liberté et la laïcité, nous demandons au Ministère de l’Education nationale de s’engager résolument à soutenir et protéger tous les enseignants qui seraient menacés pour avoir fait leur métier en conscience.

Montrons notre détermination à poursuivre son œuvre et à défendre la laïcité : l’islamisme ne passera pas !

Rassemblement proposé à l’initiative des Associations : Comité laïcité République CLR, Dhimmi Watch (Observatoire International de la Dhimmitude), EGALE, Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme MPCT.

Autres associations signataires de l’Appel : Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme BNVCA, Ligue de Droit International des Femmes LDIF, Vigilance Collèges Lycées VCL …

Egale au Forum des Associations

EGALE est allée à la rencontre des citoyens du 15e arrondissement de Paris.

L’association était présente au forum des associations organisé par la mairie du 15e arrondissement où se situe notre siège social.

Nous avons pu discuter avec de nombreuses personnes et plusieurs se sont déclarées intéressées par nos activités.

Il est à la fois important de développer la notoriété d’EGALE, mais aussi de recruter de nouveaux adhérents et bénévoles pour assurer sa bonne marche.

Une démocratie référendaire?

Le peuple chilien vient de rejeter très largement le projet de constitution laborieusement élaboré par une Assemblée constituante élue à cet effet…

Coup dur pour le président de Gauche au pouvoir depuis mars 2022. Grande désillusion aussi pour de nombreux responsables de la Gauche française, notamment de la France Insoumise qui voyaient cette procédure comme une préfiguration d’une démarche pour la VIe République qu’ils appellent de leurs vœux.

La consultation directe du peuple a eu longtemps mauvaise presse à Gauche, des plébiscites de Napoléon III, aux referendums gaulliens…

Depuis lors, la consultation qui a pu servir à conforter un pouvoir personnel est devenue bien souvent l’occasion pour l’électeur de manifester son mécontentement en ne votant pas, de fait, pour ou contre le texte proposé, mais pour et surtout contre celui qui pose la question.

Le récent exemple chilien peut conduire à d’autres questionnements.

  • Est-il pertinent de soumettre au vote populaire direct des propositions « progressistes » mais dont on sait qu’elles ne font pas du tout consensus ? On a souvent dit qu’un referendum sur l’abolition de la peine de mort dans la France de 1981 n’aurait pas obtenu un résultat positif… au risque de geler le dossier pour longtemps.
  • Est-il pertinent de soumettre au vote populaire des textes fourre-tout comme le projet de constitution chilien… ou le traité établissant une constitution pour l’Europe en 2005 en France ? À l’évidence, l’électeur y trouvera toujours au moins une mesure qu’il considère contraire à ses valeurs ou ses intérêts. – Je ne peux pas évidemment le prouver, mais je suis persuadé qu’un referendum sur le paquet complet des propositions formulées par la Convention citoyenne sur le climat n’aurait pas obtenu un vote majoritaire !

Je reste donc attaché à la démocratie représentative malgré tous ses défauts. J’estime aussi que la constitution doit fixer le plus précisément possible le fonctionnement des principaux rouages de l’État, les mécanismes qui régentent leurs relations. Elle doit aussi clairement avancer quelques principes fondamentaux … Liberté, Égalité, Fraternité ou des valeurs essentielles comme la laïcité. Mais il n’est pas opportun d’y introduire de nombreuses dispositions qui relèvent de l’ordre législatif ordinaire !

Michel Seelig

Une rentrée avec un ordre du jour copieux.

Comme tous les ans, nous assistons à une avalanche de déclarations, de prises de position, les partis et les politiques cherchant à marquer les esprits. Sans nous attarder aux manœuvres politiciennes qui, finalement, concernent assez peu les citoyens, nous préférons revenir sur les événements laïques majeurs de l’été et sur leurs enseignements.

D’abord, la tentative d’assassinat de Salman Rushdie qui nous rappelle que les fanatiques radicalisés de l’islam sont toujours aussi meurtriers et prêts à tuer pour faire taire les voix libres. Au delà de l’indignation que nous manifestons et le soutien que nous apportons à Salman Rushdie, il est important de lutter de toutes les façons possibles contre la propagation mortifère de cette idéologie. N’oublions pas qu’elle infecte des familles entières, qu’elle entre dans nos écoles dès la maternelle, et qu’elle sévit à l’université. Elle rencontre, on le sait bien, la complicité de partis qui se disent de gauche, et défendent pied à pied les intérêts des islamistes. Ces politiques là, par ignorance ou sinistre calcul électoral, ont renoncé à tous les idéaux qui caractérisaient l’appartenance de gauche, comme l’égalité, l’émancipation ou la défense des travailleurs les plus démunis.

Dans cette pseudo gauche, la France insoumise a touché cet été le fond de l’abjection en attaquant auprès du Conseil constitutionnel un projet de loi voté au Parlement visant à interdire l’expression de sites terroristes en ligne. (ce projet étant d’ailleurs la traduction d’une directive européenne). Les députés LFI y ont vu une atteinte à la liberté d’expression des terroristes et ses députés tous ont signé le recours auprès du Conseil constitutionnel. Les familles de toutes leurs victimes apprécieront…

Et puis, nous avons connu le 12 août, une mauvaise surprise avec la publication d’une vidéo de la Commision européenne pour la journée internationale de la jeunesse, dont un plan montre des jeunes souriants et portant un T shirt du FEMYSO, une fédération d’associations proche de la mouvance des frères musulmans…Ceux-là même qui avaient conçu la campagne de promotion du hidjab signée par le Conseil de l’Europe et l’Union européenne en novembre 2021. Le gouvernement français a réagi vertement, EGALE aussi. Nous avons là un vrai chantier pour leur faire comprendre que ceux qui prétendent « défendre les droits des musulmans « , sont bien souvent les pompiers pyromanes fréristes qui inventent « le racisme systémique » dont les musulmans seraient l’objet et promeuvent l’idée qu’une « bonne musulmane » est forcément voilée..

Nous continuerons, comme par le passé, à combattre ces mouvements obscurantistes et à porter la parole de la laïcité, de la liberté de conscience de tous, des droits humains et de l’émancipation par l’instruction, Nous continuerons de nous exprimer en France et en Europe. Et chaque fois qu’on nous le demandera, nous serons présents pour épauler les enseignants dans les classes.

Martine Cerf

Lire le communiqué du Conseil constitutionnel

Expulsion confirmée pour l’imam Iquioussen

Le Conseil d’État a donné mardi 30 août son feu vert à l’expulsion de l’imam Hassan Iquioussen décidée par Gérald Darmanin. Une source proche du dossier a indiqué à l’Agence France-Presse que l’imam était en fuite, sans doute en Belgique, et avait été inscrit au fichier des personnes recherchées.

Dans un tweet, le ministre de l’Intérieur a estimé que cette décision est « une grande victoire pour la République ». « Il sera expulsé du territoire national. Dès son interpellation, il sera placé en centre de rétention administratif », a indiqué Gérald Darmanin en début de soirée.

Le 5 août, le tribunal administratif de Paris avait suspendu en référé l’expulsion vers le Maroc de cet imam réputé proche des Frères musulmans, jugeant qu’elle porterait une « atteinte disproportionnée » à sa « vie privée et familiale », mais le ministère de l’Intérieur avait fait appel de cette décision.

Le Conseil d’Etat valide l’expulsion de M. Iquioussen qui tient et propage notamment des propos antisémites et contraires à l’égalité entre les femmes et les hommes. C’est une grande victoire pour la République. Il sera expulsé du territoire national.

Le juge des référés du Conseil d’État estime que « ses propos antisémites, tenus depuis plusieurs années lors de nombreuses conférences largement diffusées, ainsi que son discours sur l’infériorité de la femme et sa soumission à l’homme constituent des actes de provocation explicite et délibérée à la discrimination ou à la haine justifiant la décision d’expulsion. Il considère par ailleurs que cette décision ne porte pas une atteinte grave et manifestement illégale à la vie privée et familiale de M. Iquioussen », explique la plus haute juridiction administrative française dans son communiqué.

La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) avait refusé de suspendre l’expulsion début août, expliquant qu’elle n’accordait des mesures provisoires de suspension « qu’à titre exceptionnel », lorsque le requérant était exposé « à un risque réel de dommages irréparables ».

Le prédicateur de 58 ans, dont la chaîne YouTube est suivie par 178.000 abonnés, est devenu un « délinquant » dès lors « qu’il s’est soustrait à un arrêt d’expulsion », a souligné le préfet, qui a saisi le parquet de Valenciennes.

Gérald Darmanin avait annoncé le 28 juillet l’expulsion du prédicateur, qui est selon lui fiché S (pour sûreté de l’État) par la DGSI « depuis dix-huit mois », avant que le tribunal administratif de Paris ne suspende cette procédure, estimant qu’elle porterait une « atteinte disproportionnée » à sa vie privée.

Une décision infirmée mardi par le Conseil d’État, qui a estimé que son « discours antisémite », « réitéré (…) après ses excuses de 2004 », et son « discours systématique sur l’infériorité de la femme », constituaient « des actes de provocation (…) à la haine ».

Le 1er août, le Maroc avait délivré un « laissez-passer consulaire » afin de permettre son expulsion par la France. Mais mercredi, une source proche du dossier a indiqué que ce laissez-passer avait été suspendu.

Adapté du Point (30 et 31/08/2022)

https://www.lepoint.fr/tiny/1-2487815

Qui peut prétendre que la guerre scolaire a disparu ?

L’idée de démantèlement du service public est en germe, depuis 1971, dans l’esprit d’éminents responsables politiques. En avril 1971 sous le ministère d’Olivier Guichard en poste à l’Éducation depuis 1969. Olivier Giscard d’Estaing, le frère du futur Président de la République, se fait le rapporteur de la loi du 1er juin 1971 dite « Pompidou ». Cette dernière propose la pérennisation du contrat simple, ce qui revient en fait à verrouiller la loi Debré. Dans ce type de contrat, les enseignants payés par l’État sont cependant personnels de droit privé. Olivier Giscard d’Estaing avait déjà énoncé cette proposition, dans un livre publié la même année : « Education et civilisation ». explicitement sous-titré « Pour une révolution libérale de l’enseignement ». Des thèses reprises et développées ultérieurement par le Club de l’Horloge et l’Union RPR-UMP pour la France dans son programme électoral de février 1993.

Analyse confirmée dans un colloque du Sénat le 4 février 2005, où le docteur en droit Jean Pierre Delannoy confirme: « le rapporteur de l’Assemblée nationale Monsieur Olivier Giscard d’Estaing, part du constat : si l’enseignement privé est, en France, largement confessionnel, c’est pure contingence historique. Par conséquent l’enjeu du débat sur l’enseignement privé est le développement d’une conception libérale de l’enseignement, ouvrant la voie à l’établissement de la concurrence entre privé et public: enjeu important, certes, mais où la considération religieuse est inexistante. »

Nicole Fontaine, en 1971, ne disait pas autre chose : «… On s’aperçoit que la liberté de l’enseignement change de fondement. De religieux, il devient idéologique. » Système âprement défendu, par l’Eglise catholique pour préserver une prétendue visibilité sociale.

Ce sous-titre du livre d’Olivier Giscard d’Estaing, « Pour une révolution libérale de l’enseignement », annonce son dessein qui consiste à appliquer à l’enseignement les thèses générales du libéralisme. « Ces propositions – écrit-il – sont inspirés par les principes de gestion d’organisation développés par l’auteur dans La décentralisation des pouvoirs dans l’entreprise. » Il poursuit : « Le premier changement vise à remettre en cause le rôle de l’État et son monopole de fait. Il faut réaffirmer l’importance de la famille, des religions, des régions, des professions, et leur donner la possibilité d’accompagner pas à pas, au niveau de l’établissement, tout le déroulement de l’éducation et de l’enseignement. L’État définit les normes minimales, offre son contrôle et se substitue aux insuffisances. »

En avril 1971, devant l’Assemblée nationale, Olivier Giscard d’Estaing prévoit « une prolifération des établissements privés » et appelle de ses vœux la « concurrence » « entre public et privé ». Depuis lors on cherche à discréditer le public pour promouvoir le privé sans chercher à identifier l’origine sociale, souvent choisie, de ses élèves ni les distorsions de traitement dont il bénéficie au nom de sa « liberté ».

En juillet 1972 Olivier Guichard cède sa place au Ministère de l’Éducation nationale à Joseph Fontanet poste qu’il occupe jusqu’au 27 mai 1974, René Haby prendra sa suite du 29 mai 1974 au 5 avril 1978. Christian Beullac devient ministre de l’Éducation nationale le 5 avril 1978 jusqu’à l’arrivée d’Alain Savary le 22 mai 1981 pour mettre en œuvre le « Grand Service Unifié Laïque de l’Éducation Nationale » – SPULEN– 90e des 110 propositions de François Mitterrand pour contrer la logique de privatisation en marche depuis 1970. Ce projet est abandonné après la manifestation du 24 juin 1984 qui réclamait , à cor et à cris, « la liberté de l’enseignement », financée par la puissance publique aux dépens de la mixité sociale.

Au-delà des changements de personnes Rue de Grenelle, une même politique continue à se mettre en place depuis 1984 où la puissance publique finance sa propre concurrence et où une omerta politique conforte une collusion d’intérêts entre libéraux et cléricaux pour séparer l’École de l’État et abandonner au profit de réseaux communautaires l’égalité en éducation entre citoyens, projet des bâtisseurs de l’École laïque.

Aujourd’hui encore, il s’agit d’organiser la mise en concurrence des établissements scolaires dans une optique de transfert, au gré des législatures, vers le privé et de concession de service public voire de marchandisation de l’École ?

La question du dualisme scolaire a progressivement quitté le champ religieux pour devenir un enjeu hautement politique clairement défini comme tel.

Qui osera, en cette période de budget contraint, évaluer les surcoûts dispendieux du dualisme scolaire qui obère les finances publiques et pénalise l’ensemble de la population scolaire ?

Qui peut encore prétendre que la guerre scolaire a disparu ?

Continuons résolument à conduire le débat sur les missions du service publique laïque de l’Éducation.

Eddy Khaldi

14 juillet 2022

Intervention laïque à la réunion sur la réponse humanitaire de l’UE à la guerre en Ukraine.

Ce 12 juillet, le Parlement européen représenté par M. Othmar Karas, premier Vice- président chargé de la mise en œuvre de l’article 17 organisait une réunion sur le thème de la réponse humanitaire à la guerre en Ukraine. Les associations religieuses et laïques étaient réunies ensemble et ont pu exprimer ce qu’elles avaient fait pour accueillir les réfugiés et fournir de l’aide humanitaires à ceux qui se battent dans leur pays.

Il faut noter l’intervention de Véronique de Keyser, président du Centre d’Action Laïque belge, membre du Réseau laïque européen qui a tenu à signaler la difficulté pour les nombreuses victimes de viols (y compris des enfants en bas âge), de bénéficier de soins appropriés et en particulier d’obtenir une IVG en cas de grossesse. (Il faut rappeler que l’IVG est interdite en Pologne et qu’elles doivent donc aller ailleurs en Europe, ce qu’elles ne sont pas toujours en état de faire).

Elle a vigoureusement dénoncé les récentes et récurrentes prises de position de l’Église catholique romaine qui persiste à refuser de reconnaître ce droit fondamental des femmes à disposer de leur corps, y compris dans des situations aussi dramatiques. Lire son intervention

Nous attendons les réponses de la Commission quant aux mesures prises pour résoudre cette question brûlante.

En Pologne, une militante pour le droit à l’avortement risque trois ans d’emprisonnement

#iamjustyna

Justyna Wydrzyńska, une des fondatrices du collectif polonais Abortion Dream Team (ADT), est poursuivie en justice, et encourt trois ans de prison, simplement pour avoir fourni des médicaments abortifs.

En 2020, alors que des mesures de confinement strictes sont mises en œuvre, rendant les déplacements difficiles, Anna, une femme enceinte de douze semaines, victime d’un mari violent et tyrannique, est dans l’impossibilité de se rendre à l’étranger. Elle contacte alors le collectif Abortion Dream Team, qui assiste les femmes ayant besoin d’un avortement en les aidant à voyager à l’étranger ou en leur expliquant comment obtenir des pilules abortives.

Comme le temps presse et que les livraisons provenant de l’étranger sont ralenties, Justyna Wydrzyńska décide d’envoyer elle-même des pilules abortives à Anna.

Pour avoir aidé une femme en détresse, Justyna Wydrzyńska est poursuivie en justice. En Pologne, le parquet est sous le contrôle du ministre de la Justice, un politicien ultra-conservateur et autoritaire.

Accusée d’aide à la pratique d’un avortement, illégal dans quasiment tous les cas, Justyna Wydrzyńska encourt trois ans d’emprisonnement.

Le gouvernement ultra-conservateur cherche à faire un exemple en s’en prenant à une militante. Une condamnation aurait aussi pour effet d’intimider toutes les femmes cherchant de l’aide à l’avortement.

 

LES VRAIES GENS

Ou a-t-on raison parce que l’on est malheureux ?

[Propos « élitiste »]

Lors des consultations électorales de ces dernières années, on aurait assisté à la révolte [le vote protestataire] des vraies gens [Le Pen parle des « petites gens »] contre l’Establishment : les politiques, les communicants, certains favorisés de la fortune, également les dirigeants syndicaux, en fait tous les gens connus, … mais aussi tous ceux qui prétendent posséder savoir et connaissance, les « intellectuels » (assimilés volontiers aujourd’hui aux « bobos » parisiens), bref, les « élites ». Échappent à ce discrédit certains artistes « populaires » ou les vedettes du foot, ceux qui disposent d’un « vrai talent » ! Ceux dont le revenu fait rêver mais n’est jamais contesté !

Or, nombreux parmi ces « élites », en particulier dans les médias, sont ceux qui ont favorisé un tel mouvement. On a assisté depuis plusieurs années à des débauches de démagogie et de populisme « culturel », dans le but principal de flatter ceux qui constituent désormais le marché de la « culture ».

Il est ainsi de bon ton, pour ne prendre que quelques exemples,  de brocarder les films dits d’auteur, pour ne saluer que le cinéma « populaire », puisque seule l’audience a toujours et partout raison. Les vraies gens ne se trompent jamais et ils doivent donc décider déjà en amont de la production « culturelle » : ainsi, à Star Académy, vont-ils choisir [ou avoir l’illusion de choisir], avant même qu’ils aient appris à « chanter », les futures vedettes des ondes.

Coluche disait, au deuxième degré : «Ce n’est pas parce que l’on n’a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule» ! Cette formule a été prise au pied de la lettre et amplifiée : si je n’ai rien à dire, on doit impérativement me demander mon avis !  C’est ainsi que dans presque toute la presse, audiovisuelle mais aussi écrite, on ne conçoit plus de traiter un dossier « de société » sans micro-trottoir ; un reportage sans le « témoignage » du voisin qui n’a rien vu mais qui, comme les vraies gens, doit absolument pouvoir le dire avec conviction et émotion…

D’ailleurs, il n’y a plus de reportage, mais des « sujets illustrés ».

Et cela dans tous les domaines : lors d’un mouvement social, on illustrera à la radio le sujet au journal de 7 h par l’avis d’un salarié éventuellement syndicaliste ; le même sujet sera illustré par deux phrases d’un représentant de la direction à 7 h 30 ; on pourra même changer encore d’illustration à 8 h, avec la réaction d’un usager … Et, à chaque fois ou presque, le journaliste ajoutera son petit commentaire personnel. Bravo les vraies gens qui pourront ainsi se faire un avis sur le sujet !

Alors, bien entendu, il y a des politiciens et des chefs d’entreprise corrompus et qui ne pensent qu’à leur intérêt personnel. Bien sûr, il y a tant de « spécialistes », d’experts », de « consultants » qui se trompent, énoncent des banalités et, parfois même, dupent délibérément leur auditoire. Il est non moins évident que les « vraies gens » ont de réels et fort légitimes motifs de révolte (il serait trop long ici de développer cet aspect).

Ces constats ne suffisent pas, à mes yeux, pour exonérer tous les beaux esprits qui flattent ce qu’il y a de plus vulgaire. Je crois qu’on assiste à une nouvelle et grave « trahison des clercs », qui ne cherchent pas à faire œuvre éducative, à diffuser et faire comprendre les valeurs, en particulier culturelles de notre civilisation, à miser sur l’intelligence et la raison, mais plutôt à « surfer » sur les vagues de l’émotion. Et non par masochisme, mais par intérêt.

Au XIXe siècle, les vraies gens (du moins ceux qui savaient lire) lisaient sans doute davantage les feuilletons à « quatre sous » que Flaubert, Baudelaire, voire Hugo. Mais je ne crois pas que les médias de l’époque leur aient constamment répété que ce sont elles, ces vraies gens qui avaient raison ! Il est vrai que, lorsque l’on écoute ou lit certains journalistes, on peut déplorer que leur niveau culturel, leurs connaissances générales, leur capacité à raisonner « rationnellement », ne dépassent guère ceux de la moyenne de toutes ces braves vraies gens.

Michel Seelig

Propos d’humeur rédigé au lendemain du 21 avril 2002 …

Renouvelé au lendemain d’un sondage publié par le Figaro le 6 août 2010

Republié en décembre 2018

Les libertés qui découlent de la démocratie laïque doivent être défendues

Un article de Stephan Evans, directeur général de la National Secular Society (Royaume Uni)  publié le 8 juillet sur le site de la NSS.

Le recul des droits reproductifs en Amérique montre la nécessité de la laïcité, affirme Stephen Evans.

« L’histoire n’est pas un récit linéaire de progrès. Des droits peuvent être gagnés et retirés ; les gains ne sont jamais complets ou incontestés ». Ces mots de l’historien américain Eric Foner trouveront certainement un écho chez des millions de femmes aux États-Unis, qui ont perdu leur droit constitutionnel à l’avortement après que la Cour suprême a annulé l’arrêt Roe v Wade.

Cette décision signifie que chaque État pourra désormais légaliser ou interdire l’avortement. Treize États ont adopté des « trigger laws », ce qui signifie que l’avortement sera rapidement interdit dans la plupart des cas. Tout porte à croire que les nouvelles interdictions de l’avortement dans de nombreux États seront plus restrictives que celles de l’ère pré-Roe.

En Amérique et ailleurs dans le monde, l’opposition à l’autonomie reproductive des femmes est largement motivée par la théologie chrétienne – l’idée religieuse que toute vie humaine est créée à l’image de Dieu et commence dès la conception. Les interdictions et les restrictions sévères de l’accès des femmes à l’avortement sont la consécration de ce point de vue théologique dans la loi.

Les militants conservateurs chrétiens peuvent se réjouir de leur récente victoire à la Cour suprême, mais les interdictions de l’avortement ne contribuent guère à réduire le nombre d’avortements. Les restrictions sévères de l’accès à l’avortement obligent les femmes à rechercher des avortements dangereux – qui peuvent avoir des conséquences fatales – ou à mener une grossesse à terme contre leur gré. Dans les deux cas, les perspectives sont vraiment effrayantes.

Lors de son audition de confirmation en 1993 pour entrer à la Cour suprême, la regrettée Ruth Bader Ginsburg a déclaré à la commission judiciaire du Sénat : « La décision de porter ou non un enfant est essentielle à la vie d’une femme, à son bien-être et à sa dignité. C’est une décision qu’elle doit prendre elle-même. Lorsque le gouvernement contrôle cette décision pour elle, elle est traitée comme un être humain moins adulte et responsable de ses propres choix. »

La criminalisation de l’avortement alimente également la stigmatisation des femmes et des filles. Il n’est pas surprenant que les femmes qui se voient refuser un avortement soient plus susceptibles de souffrir d’anxiété et de perdre leur estime de soi. Les pionniers du contrôle des naissances au début du XIXe siècle ont également reconnu le rôle de la liberté de reproduction dans la libération des femmes de la pauvreté écrasante. Il en va de même aujourd’hui.

Ces conséquences concrètes de l’interdiction de l’avortement montrent ce que signifie réellement la laïcité dans la vie quotidienne des gens ordinaires. L’affaiblissement de la laïcité américaine va frapper durement les femmes, en particulier les plus vulnérables.

Mais comme l’explique Katherine Stewart dans un article du Guardian, le démantèlement du mur de séparation entre l’Église et l’État aux États-Unis fait partie d’un programme nationaliste chrétien à long terme visant à imposer une certaine vision morale et religieuse à l’ensemble de la population. Des millions de dollars ont été investis dans la captation des tribunaux et la promotion d’une interprétation déformée de la « liberté de religion » qui implique de privilégier l’idéologie religieuse des nationalistes chrétiens aux dépens de tous les autres citoyens.

Une question évidente est de savoir si cela pourrait se produire ici.

S’exprimant au Parlement à la suite de la décision américaine annulant le droit à l’avortement, le vice-premier ministre Dominic Raab a déclaré que le droit à l’avortement au Royaume-Uni était « réglé ».

Évidemment, ce n’est pas parce qu’un ministre du gouvernement dit quelque chose que c’est le cas. D’ailleurs, les juges de la Cour suprême qui ont renversé le jugement Roe v Wade ont fait des déclarations similaires lors de leurs audiences de confirmation. Mais le Royaume-Uni n’est pas les États-Unis, et la perspective laïque de la Grande-Bretagne signifie que le terrain est beaucoup moins fertile pour la droite chrétienne.

À bien des égards, les droits en matière de procréation vont dans une direction positive. L’avortement a été dépénalisé en Irlande du Nord en 2019. L’avortement médical précoce à domicile a récemment été rendu plus libéralisé. Et le gouvernement écossais s’est engagé à légiférer sur des zones tampons autour des cliniques d’avortement afin que les femmes puissent accéder aux services sans harcèlement ni intimidation.

Mais tout cela reste contesté. Quelques parlementaires chrétiens semblent souhaiter que l’arrêt de la Cour suprême ouvre le débat. Les groupes américains de la droite chrétienne ont dépensé au moins 280 millions de dollars pour financer des campagnes contre les droits des femmes et des personnes LGBT sur les cinq continents, y compris en Europe. En Pologne, où l’Église et l’État ne cessent de se rapprocher, une militante [Justyna Wydrzyńska] risque trois ans de prison pour avoir envoyé des pilules abortives à une femme enceinte de douze semaines et victime de violences domestiques pendant un huis clos. La semaine dernière, Open Democracy a révélé qu’un groupe britannique anti-avortement, qui souhaite imiter la réaction américaine contre les droits reproductifs, a placé plus d’une douzaine de stagiaires dans les bureaux des députés depuis 2010.

Il n’y a pas de place pour la complaisance.

Une autre brique du mur de séparation qui s’effrite en Amérique est tombée récemment : l’arrêt Kennedy v. Bremerton School District de la Cour suprême, qui ouvre la voie à la prière et à la promotion de la religion dans les écoles publiques. Comme le dit l’opinion dissidente de la juge Sonia Sotomayor, cette décision engage les États-Unis « sur une voie périlleuse en forçant les États à s’enchevêtrer avec la religion ».

Sur cette question, le Royaume-Uni est en tête des mauvaises pratiques. Les écoles confessionnelles financées par l’État et les lois exigeant que toutes les écoles organisent des actes liés au culte signifient que la liberté de religion ou de croyance des parents et des élèves est régulièrement mise à mal. Le jour même où le gouvernement britannique accueillait une importante conférence ministérielle sur la promotion de la liberté de religion ou de conviction, la Haute Cour de Belfast a jugé que l’application de ces lois en Irlande du Nord était contraire aux droits de l’homme. Le Comité des droits de l’enfant des Nations unies a demandé à plusieurs reprises au Royaume-Uni d’abroger les dispositions légales relatives au culte obligatoire.

Ces transgressions persistent, non pas en raison d’un fort soutien de l’opinion publique, mais en raison de l’inertie politique et d’un manque de volonté de faire passer les intérêts des élèves avant ceux des Eglises.

Et il n’y a pas que dans l’éducation que le fait de privilégier la religion fait échouer les réformes nécessaires pour protéger la liberté de religion ou de croyance ou respecter la conscience personnelle.

Comme pour le droit à l’avortement, l’opposition au droit de choisir une mort assistée est largement motivée par des points de vue liés à la sainteté de la vie. La doctrine religieuse est rarement présentée comme une justification des positions anti-choix, mais elle se cache souvent sous l’apparence.

Pourtant, la sécularisation croissante de la population britannique nous désensibilise presque à la nécessité de la laïcité. Une telle complaisance risque de faire reculer des acquis durement gagnés en matière d’égalité et de droits de l’homme.

Malgré l’irréligiosité et l’indifférence religieuse croissantes, la religion reste une force politique. Les groupes de pression chrétiens conservateurs britanniques sont bien financés et actifs sur un large éventail de questions politiques. Le statut établi de l’Église d’Angleterre lui confère une influence considérable sur l’élaboration des politiques, qui s’étend non seulement au changement de politique, mais aussi à la défense du statu quo.

La leçon à tirer de l’Amérique est qu’il ne faut rien prendre pour acquis. L’érosion de la séparation de l’Église et de l’État est sur le point de causer des ravages dans la vie des Américains ordinaires. La laïcité a un rôle important à jouer en soulignant les droits humains et en veillant à ce qu’ils soient appliqués équitablement. Les citoyens britanniques qui apprécient les choix et les libertés qui découlent d’une société laïque doivent être prêts à la défendre.

Stephen Evans

Les « préoccupations de l’Église catholique »

Communiqué de Presse du Réseau laïque européen

Lors d’une réunion avec la Présidente du Parlement européen, le président de la COMECE a « exprimé les préoccupations de l’Église catholique quant à la manière dont la question de l’avortement est traitée au niveau de l’UE », et a déclaré que « tenter d’introduire un prétendu droit à l’avortement dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne mettrait gravement en danger le droit à l’objection de conscience »…

English version

LE RÉSEAU LAÏQUE EUROPÉEN DÉNONCE LA GRAVE ATTEINTE AUX DROITS DES FEMMES AUX ETATS-UNIS

Le Réseau laïque européen dénonce vigoureusement la décision de la Cour Suprême des États-Unis annulant la jurisprudence Roe c. Wade, mettant fin au droit fédéral à l’avortement. Dès l’annonce de cette décision scandaleuse, plusieurs Etats fédérés ont pris des mesures visant à interdire totalement ou à fortement restreindre l’IVG.

Cette décision est une atteinte grave aux droits des femmes à disposer de leur corps et au principe de non-discrimination à leur égard. Il s’agit d’une régression sans précédent, alors que le droit à l’IVG a été reconnu en droit international et qu’il a été adopté dans plusieurs pays ces dernières années (Irlande, Argentine,…).

Outre l’IVG, la Cour Suprême menace d’autres droits reconnus par la Constitution, notamment l’accès à la contraception et le mariage de personnes du même sexe. Les Etats pourraient également être autorisés à réintroduire des « lois anti-sodomie ».

Depuis de nombreuses années, le mouvement laïque alerte sur les menaces graves aux droits fondamentaux causées par la montée du conservatisme et du fondamentalisme religieux. La décision de la Cour Suprême des Etats-Unis est le résultat d’une stratégie systématique d’entrisme dans les institutions judiciaires par des organisations fondamentalistes chrétiennes militantes, aidées par des politiciens autoritaires.

Ce phénomène n’est pas limité aux Etats-Unis. Ces organisations sont bien implantées en Europe. Elles y ont déjà obtenu des résultats, en utilisant le même procédé. En Pologne, l’accès à l’IVG a été drastiquement réduit par la Cour constitutionnelle dominée par des juges nommés irrégulièrement par le gouvernement national-conservateur, sous la pression d’organisations fondamentalistes et de la hiérarchie catholique.

Les fondamentalistes imposent leur idéologie rétrograde à la société en contournant les autorités démocratiquement élues, car ils savent que les citoyennes et les citoyens s’y opposent massivement.

Face à ces menaces, il est urgent de se mobiliser pour que le droit à l’IVG soit effectivement garanti dans l’Union européenne. Il découle de ses principes fondateurs, comme l’égalité entre hommes et femmes.

Lien source: https://laicite-secularism.eu/european-secularist-network-condemns-serious-breach-of-womens-rights-in-the-us/

Défendre les droits de femmes et les droits humains

La Cour suprême des États Unis a décidé de supprimer la garantie fédérale du droit à l’avortement, en renvoyant cette décision à chaque État. Le Missouri, l’Arkansas et l’Oklahoma se sont empressés de l’interdire (et d’autres suivront) pendant que vingt-deux États (surtout sur la côte Ouest et dans le Nord-Est) le réaffirmaient sans équivoque. Après cinquante ans de liberté, les américaines sont renvoyées à l’humiliante situation de laisser à d’autres le droit de disposer de leur corps. Nous voyons avec horreur se profiler le cauchemar d’une société dominée par des croyances inhumaines, évoquée dans le roman de Margaret Atwood, La Servante écarlate .

C’est un plein succès pour les activistes évangéliques qui infléchissent les décisions politiques à coups de millions de dollars. On voit la limite de la séparation des Églises et de l’État américaine, conçue pour protéger les religions de l’influence de l’État. Ce dernier leur laisse le champ libre pour imposer aux autres ce que leur croyance leur dicte. Et on sait qu’ils comptent aussi s’attaquer à la contraception et au mariage des couples homosexuels. Ils ne s’arrêteront pas là, car ce sont tous les Droits humains qu’ils veulent détricoter, parce qu’au fond, la liberté et l’égalité les indispose.

Il serait illusoire de croire que ce mouvement ne pourrait pas toucher l’Europe. car il s’y emploie déjà depuis longtemps, comme on pouvait le constater à la lecture du rapport de 2018 « Restaurer l’ordre naturel » de l’EPF (European Parliamentary Forum) que nous avons publié ici même et qu’il est temps de relire pour se rafraîchir la mémoire. Cette mouvance conservatrice chrétienne est largement financée par quelques milliardaires, bénéficie d’une organisation mondiale très structurée, est soutenue par le Vatican. Celui-ci n’a-t-il pas publié récemment par la voix de son lobby officiel à Bruxelles, la COMECE, un communiqué affirmant que le droit à l’avortement n’était pas un droit fondamental et qu’il pouvait donc être interdit par certains États membres ? Si le Parlement européen d’aujourd’hui ne l’a pas suivi et a affirmé qu’il s’agissait bien d’un droit fondamental, qu’en serait-il si un nouveau Parlement comportait une majorité de députés issus de l’extrême droite conservatrice ? Nos droits fondamentaux sont fragiles et nous avons tout lieu de leur apporter un soin constant.

Nous devons nous réjouir de la décision du groupe LREM à l’Assemblée nationale, sous l’impulsion de sa présidente, Aurore Bergé, de déposer une proposition de loi visant à inscrire le droit à l’avortement dans la Constitution française. Cette proposition de loi a toutes les chances de passer à l’Assemblée, mais devra aussi être adoptée au Sénat dont le conservatisme actuel pourrait s’exprimer par un rejet.

Il faut pourtant, résolument, tout mettre en œuvre pour faire barrage à ces opposants aux libertés et aux droits humains.

Martine Cerf

NOUS REFUSONS L’INGÉRENCE DU QATAR DANS LA VIE PRIVÉE DES PERSONNES

COMMUNIQUÉ

NOUS REFUSONS L’INGÉRENCE DU QATAR DANS LA VIE PRIVÉE DES PERSONNES.

La Coupe du Monde de football aura lieu au Qatar en novembre-décembre 2022. Ce pays vient de rappeler qu’aucun visiteur étranger ne pourra avoir de relations sexuelles hors mariage, ce qui est puni de sept ans de prison dans ce pays. La FIFA a également prévenu qu’il n’y aurait aucune exception à l’application de cette loi.

Les conséquences seront que toutes les personnes vivant en couple mais non mariées ne pourront disposer d’une chambre d’hôtel commune. Nous refusons cette ingérence dans la vie privée des personnes qui est inacceptable pour nous.

Si telle est la loi de certains pays, il faut définitivement renoncer à organiser des compétitions sportives chez eux !

ÉGALE se félicite de ce que les équipes féminines joueront en Australie et en NouvelleZélande en 2023 car on aurait pu redouter que le Qatar, généreux financier, oblige toutes les équipes à jouer voilées.

Nous demandons à la FIFA et aux télévisions détentrices des droits de diffusion de revoir les conditions de déroulement de la coupe du monde de football au Qatar afin que les règlements liberticides ne s’appliquent ni aux équipes ni aux visiteurs étrangers.

Nous demandons à la FIFA de cesser de vendre nos libertés fondamentales.
23 juin 2022

Contact : Martine Cerf : secretairegene@egale.eu

 

Notre communiqué version PDF

Le New York Times s’inquiète des décisions de la Cour Suprême favorisant les groupes religieux

Dans son édition du 22 juin, le New York Times s’interroge sur l’orientation « pro-religion » de la Cour Suprême des Etats-Unis et en particulier de six de ses membres nommés par des présidents républicains sur un total de neuf juges.

Sa dernière décision retoquant l’interdiction édictée par l’état du Maine d’utiliser l’argent public pour financer l’enseignement religieux est le dernier exemple en date d’une série de jugements qui a vu l’institution arbitrer en faveur d’organisations religieuses dans 85% des cas depuis 2005, année où le conservateur John Roberts a été placée à sa tête.

Un tel état de fait ne s’était pas produit depuis 70 ans d’après le quotidien qui observe que la montée de la droite religieuse dans le pays a incité le Parti républicain à faire de la « liberté religieuse » une priorité.

Dans le cas du Maine, la législation permettait aux habitants des zones rurales d’utiliser des fonds publics pour inscrire leurs enfants dans une école privée à condition qu’elle ne soit pas administrée par un seul groupe religieux (« non-sectarian »). Des familles qui souhaitaient envoyer leurs enfants dans des écoles chrétiennes avaient déposé un recours dont l’argument principal était que cette disposition violait leur droit de pratiquer leur religion. La Cour Suprême leur a donc donné raison invoquant un cas de « discrimination contre la religion ».

Les trois juges minoritaires nommés par des présidents démocrates ont contesté le bien-fondé de cette décision, soulignant le fait que la Cour continuait son œuvre de « démantèlement du mur qui séparait l’Eglise et l’Etat pour la construction duquel les rédacteurs de la Constitution s’étaient battu. »

Récemment, durant les pics de pandémie, la Cour a débouté des plaignants qui contestaient l’obligation de vaccination mais a arbitré en faveur de la levée des restrictions imposées à la pratique religieuse.

Le New York Times en conclut qu’il faut s’attendre à ce que la Cour Suprême permette ainsi à la religion d’occuper une place de plus en plus importante dans la vie publique.

 

Source : A Pro-Religion Court / Ian Prasad Philbrick/ The New York Times / June 22, 2022

https://www.nytimes.com/2022/06/22/briefing/supreme-court-religion.html

Le Conseil d’État confirme l’interdiction du port du burkini dans les piscines de Grenoble

Saisi par le préfet de l’Isère dans le cadre de la nouvelle procédure de déféré laïcité, le Conseil d’État a tranché : il a annulé la décision de la municipalité de Grenoble qui modifiait la règle commune pour satisfaire des revendications religieuses. Le maire de Grenoble, Eric Piolle, continuait de défendre son règlement en prétendant qu’il n’était pas conçu pour défendre le port du burkini, mais pour permettre à toutes les femmes de se baigner, vêtues comme elles l’auraient décidé.

Selon le site du Conseil d’État : « Le juge des référés du tribunal administratif de Grenoble avait prononcé la suspension du nouveau règlement des piscines de la ville de Grenoble qui autorise le port du « burkini ». Saisi d’un appel de la commune, le juge des référés du Conseil d’État confirme cette suspension : il estime que la dérogation très ciblée apportée, pour satisfaire une revendication religieuse, aux règles de droit commun de port de tenues de bain près du corps édictées pour des motifs d’hygiène et de sécurité, est de nature à affecter le bon fonctionnement du service public et l’égalité de traitement des usagers dans des conditions portant atteinte au principe de neutralité des services publics. »

Espérons que ce jugement fera jurisprudence et obligera les communes de Rennes et Surgères à revenir sur l’autorisation du burkini dans les piscines municipales. Il était aberrant de voir sacrifier l’intérêt général, c’est à dire la préservation de l’hygiène, de la sécurité et la neutralité des services publics, à une demande religieuse fondée sur l’enfermement des femmes dans des pratiques archaïques et discriminatoires.

On peut légitimement s’interroger sur l’influence qu’exerce le mouvement l’Alliance citoyenne sur ces municipalités, au point qu’elles n’hésitent pas à sacrifier l’intérêt général au bénéfice de ces activistes. Car il faut le dire clairement, on ne saurit admettre que la puissance publique puisse encourager de quelque manière que ce soit, des mouvements qui ne rêvent que d’enfermer à nouveau les femmes dans des règles de soumission d’un autre âge.

Martine Cerf

Lire les informations du Conseil d’État 

Lire  le jugement

WOKISME… VOUS AVEZ DIT WOKISME ?

Le terme est fort controversé : phénomène purement américain ou menace réelle en France ; défense légitime des minorités ou dictature des minorités ?

Toujours est-il que la presse nous apprend que dans certaines écoles françaises la Fête des pères de ce 19 juin (et la Fête des mères précédemment) a été remplacée par une formulation plus « inclusive » … la « Fête des gens qu’on aime », cela à la demande pressante de familles homoparentales.

Si certains hésitent encore sur la signification du mot WOKISME, ils trouveront ici une parfaite illustration : gommer, effacer de la vie sociale, mais plus généralement de l’histoire, des arts et de la littérature, voire de la langue, tout ce qui pourrait choquer telle ou telle minorité … ce qui pourrait inclure le « blasphème » ou toute caricature ou critique d’un mouvement religieux.

Aux États-Unis, des professeurs d’université ont perdu leur chaire pour avoir prononcé devant des étudiants le « mot en N »… ce mot que l’on a gommé du titre d’un des plus célèbres roman d’Agatha Christie : Les dix petits N.

En France, la situation n’est pas encore comparable, mais nous en prenons peut-être le chemin !

Michel Seelig

DROIT À L’AVORTEMENT : LE PARLEMENT CONDAMNE LES RÉGRESSIONS

Le Réseau laïque européen se félicite de l’adoption de la résolution « sur les menaces contre le droit à l’avortement dans le monde : l’éventuelle remise en cause du droit à l’avortement aux États-Unis par la Cour suprême » par le Parlement européen, le 9 juin 2022.

 

DES RECULS DES DROITS DES FEMMES

Une large majorité de députés y « condamne fermement le recul des droits des femmes ainsi que de la santé et des droits sexuels et génésiques qui a lieu dans le monde entier, y compris aux États-Unis et dans certains États membres de l’Union », et rappelle fort à propos « que la santé et les droits sexuels et génésiques sont des droits fondamentaux qu’il convient de protéger et de renforcer et qu’ils ne peuvent en aucun cas être affaiblis ou retirés ».

Les députés européens demandent aux « États membres de dépénaliser l’avortement et de supprimer et combattre les obstacles à l’avortement sûr et légal ainsi qu’à l’accès aux soins de santé et aux services en matière de sexualité et de procréation ».

USAGES ABUSIFS DE LA « CLAUSE DE CONSCIENCE »…

Le Parlement condamne également l’usage abusif de la «clause de conscience» par des médecins ou des établissements entiers, ce qui entraîne le refus de soins d’avortement pour des raisons religieuses ou de conscience et menace la vie et les droits des femmes. Cette « clause est aussi souvent invoquée dans des situations où un retard de prise en charge pourrait mettre en danger la vie ou la santé de la patiente. »

…ET INVOCATION PARTIALE DU DROIT INTERNATIONAL

En effet, contrairement à ce qu’affirme la COMECE, le droit à l’avortement est un droit fondamental reconnu en droit international. Nous avons déjà répondu à une déclaration des représentants des épiscopats européens à ce sujet.

À nouveau, la COMECE choisit délibérément d’ignorer ces développements qui ont abouti à la reconnaissance des droits sexuels et reproductifs en droit international. En outre, sur la question de l’objection de conscience, la COMECE invoque le droit international de manière sélective. L’objection de conscience n’est reconnue en droit international que dans le domaine du service militaire – comme dans l’affaire citée par la COMECE elle-même. Il n’a jamais été reconnu dans aucun autre cas. Au contraire, dans deux affaires récentes, la Cour européenne des droits de l’Homme a jugé qu’un Etat pouvait refuser que deux personnes refusant de réaliser des IVG ne soient employées comme sages-femmes.

POUR UNE EUROPE LAÏQUE

Le réseau laïque européen réaffirme son engagement pour une Europe laïque, où la politique est séparée de la religion, où les règles de droit ne sont pas inspirées par une doctrine religieuse, mais visent à la réalisation effective des droits fondamentaux de toutes et tous.

 

Laïcité, communautarisme…Alsacitude

Un des éléments du débat des législatives porte sur le communautarisme.

La France Insoumise milite pour la suppression de la loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République, dite contre le séparatisme (ce qui n’est pas l’avis de certains des partis ayant rejoint la NUPES).

La majorité présidentielle estime en revanche que le séparatisme communautaire d’inspiration islamiste constitue un des dangers majeurs que connaît la République.

Lors de ce débat, à distance, on a pu entendre des arguments surprenants !

Ainsi, un tract diffusé par ENSEMBLE affirme que « Mélenchon au pouvoir, c’est une attaque inédite à notre modèle français de la laïcité. C’est l’encouragement des communautarismes aux dépens de l’universalisme républicain. » Mais le tract ajoute que « C’est la remise en cause du concordat en Alsace-Moselle et du statut particulier des Outre-Mer » !

Doit-on en conclure qu’il y aurait des communautarismes légitimes, et d’autres non ? Comment expliquer ce qui apparaît comme une énorme contradiction ?

L’explication réside peut-être dans la vision que portent de nombreux responsables politiques sur certains territoires, tout particulièrement sur l’Alsace.

Un exemple édifiant. Le 3 juin dernier, Bruno Le Maire, en campagne à Colmar, déclare que ce territoire « obéit à des logiques différentes du reste de la France en termes de culture, de déplacements de la population et d’attractivité économique, On voit bien que Reims est tournée vers Paris, et l’Alsace vers l’Allemagne et la Suisse. Il faut ouvrir la réflexion » et donc revoir le découpage des régions.

À l’évidence, depuis des lustres, nos dirigeants n’ont jamais cessé de caresser l’Alsace dans le sens du poil

Mais où est la laïcité dans tout cela ?

Michel Seelig

Liberté, Egalité, Fraternité

Ce livre rassemble trois grands entretiens menés par l’hebdo Le 1 avec trois brillantes intellectuelles. « La liberté a deux ennemis : les circonstances extraordinaires et le salut public », nous dit Mona Ozouf. « L’égalité est un but, un chemin, une bataille », complète Michelle Perrot. « Ce sont les inégalités qui menacent la fraternité », conclut Cynthia Fleury. Une lecture vivifiante, revisitant la devise républicaine « Liberté, Égalité, Fraternité » qui orne officiellement nos édifices publics depuis le 14 juillet 1880. Cynthia Fleury est professeure titulaire de la chaire Humanités et santé au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), elle est également psychanalyste et membre du Comité consultatif national d’éthique (CCNE).
Mona Ozouf est spécialiste de la Révolution française et de l’école publique. Michelle Perrot est professeure émérite d’histoire contemporaine à l’université Paris-Diderot.

lire plus…

La Haute Garonne installe son conseil de la laïcité

Lundi dernier, le Conseil départemental de la Haute-Garonne installait son conseil départemental de la laïcité et des valeurs de la République.
Ravi et honoré de faire partie de ce conseil dans notre beau département ! Merci au Président Georges Méric et au Vice-président Vincent Gibert pour leur confiance.
Depuis maintenant de nombreuses années, le Conseil Départemental de la Haute-Garonne est le département de France le plus engagé sur cette question républicaine primordiale. Pas seulement dans les mots mais surtout dans les actes !
Depuis de nombreuses années, je salue, avec d’autres, ses politiques publiques audacieuses qui contribuent à renforcer le pacte social citoyen et la connaissance et le partage du principe de laïcité.
Depuis de nombreuses années enfin, par la voie de son président, le département conserve une ligne universaliste laïque et républicaine que je partage pleinement.
Nous allons donc pouvoir l’accompagner, avec d’autres experts et personnalités, dans la poursuite de ses actions, à destination des Haut-Garonnais, en remplissant notre rôle au sein de ce Conseil.
Fatiha Boudjahlat, Bruce Alary, Séraphin Alava, Laurent Bégou, Frédérique de la Morena, Mathieu Sieye, MathSanopoulos Touzeil-Divina, Kamyar Majdfar, Brigitte Ségard, Gilles Kepel, Patrick Weil, Pierre Rosanvallon, Michel Wieviorka, Abdennour Bidar, Gérard Noiriel, Iannis Roder.
Pierre Juston

Le Conseil d’Etat protègera-t-il les femmes musulmanes des pressions communautaristes ?

Le ministère de l’Intérieur a utilisé la toute nouvelle procédure de « déféré-laïcité » qui permet à un préfet d’intervenir pour demander la suspension de l’exécution d’un acte d’une collectivité qui porterait gravement atteinte aux principes de laïcité et de neutralité des services publics. L’utilisation de cette procédure lui avait également été demandée par le cercle Ferdinand Buisson de Nice, membre du Collectif laïque national et représenté par son avocat. Lire la  lettre de  l’avocat

Cette procédure a conduit le tribunal administratif à suspendre l’autorisation du burkini dans les piscines de la ville de Grenoble.

Le tribunal a estimé que « Si les usagers du service public peuvent exprimer librement, dans les limites fixées par la loi, leur appartenance religieuse, les dispositions de l’article 1er de la Constitution interdisent à quiconque de se prévaloir de ses croyances pour s’affranchir des règles communes organisant et assurant le bon fonctionnement des services publics ». Il ne s’est pas rendu à l’argument soutenu par la représentante du  ministère, Madame Pascale Léglise : « Une fois que le burkini ne sera pas interdit, il deviendra une ardente obligation, alors que c’est une frange très minoritaire qui le revendique ». 

Pourtant il s’agit bien là aussi de protéger les femmes musulmanes des pressions communautaires qui pèsent sur elles pour qu’elles se conforment aux pratiques d’un islam rigoriste qui cherche à leur imposer ses règles dans tous les actes de la vie quotidienne. Le Conseil d’Etat, saisi par la ville de Grenoble adoptera-t-il la même point de vue que le tribunal administratif ? Nous espérons qu’il saura limiter les exigences de mouvements radicaux pour préserver la liberté du plus grand nombre.

Lire la tribune : Burkini le Droit et la démocratie libérale publiée dans le Figaro.

Martine Cerf

Essentialisme

Au vu des sondages et des résultats de l’élection présidentielle, certains déçus du scrutin envisageaient, sans rire, sur les réseaux sociaux, de retirer le droit de vote aux « seniors » retraités.

L’idée avait déjà été émise dès 2016 par le site d’extrême-droite Boulevard Voltaire qui estimait qu’« il faudrait peut-être supprimer le droit de vote aux retraités, qui ont le privilège d’être protégés et de ne pas subir directement les conséquences économiques de leurs votes ».

Plus récemment, Le syndicat CGT de la Caisse nationale d’assurance maladie évoquait sur Twitter (dans un tweet effacé depuis) la possibilité d’exclure les retraités de tout débat concernant le droit du travail et les salariés en général…

Dans un précédent billet, je parlais des éventuels votes communautaires, catholique ou musulman, et m’interrogeais sur la consistance d’un vote laïque !

Peut-être dois-je me résigner à parler d’un vote vieux !

Pour être précis, faut-il me qualifier de laïque vieux ? (old school pour parler le langage actuel).

Ce qui est certain, c’est que je suis un vieux militant laïque… et je le revendique !

Michel Seelig

Les candidats de la majorité présidentielle s’engagent à respecter l’égalité et la laïcité

Une charte en 12 points a été soumise à la signature de tous les candidats ayant reçu l’investiture d’un des mouvements de la majorité présidentielle. En plus des engagements éthiques pour un comportement exemplaire et celui de défendre le programme présidentiel sous l’étiquette « Ensemble ! », les candidats s’engagent à respecter l’égalité et la laïcité dans l’article 9 de cette charte : « les candidats s’engagent à mettre en place des politiques ambitieuses en matière d’inclusion, de lutte contre les discriminations et inégalités entre les femmes et les hommes.[…] Par ailleurs les candidats s’engagent à défendre la laïcité dans le strict cadre de la loi du 9 décembre 1905 et de la jurisprudence administrative établie. À cet égard, aucune religion ou conviction ne pourra être ni privilégiée, ni discriminée. »

 

Dérives communautaristes à Grenoble

COMMUNIQUE DE PRESSE du COLLECTIF LAÏQUE NATIONAL

Le maire de Grenoble, après avoir soutenu publiquement un collectif de militantes proches de l’islam politique prônant le port du hidjab dans le sport, souhaite faire approuver, le 16 mai prochain, un projet de modification du règlement des piscines municipales pour y permettre le port du « burkini »…

Lire le communiqué intégral

La Liberté de Pensée, de Conscience et de Religion réaffirmée par le Parlement européen

Le Parlement européen vient de voter une résolution sur la persécution des minorités fondées sur les convictions ou la religion, dans laquelle il réaffirme que le respect de « la liberté de pensée, de conscience et de religion » est un droit fondamental que l’Union européenne se doit de faire respecter à l’intérieur comme dans son approche avec les États tiers.

 

Un vote laïque ?

Les instituts de sondage se sont penchés sur le « vote musulman » ou le « vote catholique ». Les commentateurs politiques, les nombreux « experts » qui squattent les plateaux de télé ont glosé sur d’éventuels votes communautaires.

Je n’ai pas eu connaissance d’études sur le vote de la « communauté laïque » À l’évidence, parce qu’une telle communauté n’existe pas. Loin de moi la tentation d’essentialiser des groupes de citoyens selon leurs croyances ou convictions. Je m’interroge sur ce qui peut orienter le vote d’un militant laïque, votre serviteur par exemple.

Il n’est évidemment pas tenté de donner son suffrage à l’Extrême-Droite, à ceux qui ont constamment le mot laïcité à la bouche tout en se réclamant en permanence des « racines chrétiennes » de la France.

Il partage l’objectif de cette Gauche qui veut abolir les régimes particuliers des cultes d’Alsace et Moselle, de Guyane et des Collectivités d’Outre-Mer, mais s’inquiète d’une forme de complaisance avec les menées communautaristes, notamment celles animées par l’islamisme politique. La constitution d’une coalition électorale de gauche rassemblant des partis ayant des points de vue pour le moins divergents sur ces questions ne clarifie pas le panorama.

Il est tout autant dubitatif face à l’offre politique incarnée par le président de la République qui vient d’être réélu : refus de l’application de la loi de 1905 sur tout le territoire, « tentation concordataire » d’organisation par l’État du culte musulman, mais aussi refus du communautarisme, de l’islamisme politique incompatible avec la République.

Il y a bien d’autres sujets qui peuvent orienter le vote de ce militant laïque : les débats institutionnels, les politiques européennes, les orientations économiques et sociales… et les personnalités des candidats dans sa circonscription.

Il ne me revient évidemment pas de donner une consigne de vote, mais, militant laïque et républicain, j’ose affirmer que l’abstention serait un choix trop facile !

Michel Seelig

« Monsieur Éric Piolle, le voile ne peut pas être une liberté pour les femmes »

Lettre ouverte à Monsieur Éric Piolle, maire de Grenoble par Razika Adnani  

Publié dans Marianne le 30/03/2022 et sur le site de Razika Adnani

Razika Adnani, philosophe, islamologue et membre du Conseil d’orientation de la fondation de l’islam de France, explique à Éric Piolle, maire de Grenoble, pourquoi le voile et le burkini s’opposent à la liberté des musulmanes.

Monsieur le Maire, je vous écris car vous multipliez les interventions dans lesquelles vous défendez le port du voile et notamment sa version maillot de bain : le burkini. Le 17 février 2022, sur votre compte Twitter, vous avez annoncé que la majorité que vous conduisez s’était engagée dans un processus de réflexion et de formation concernant le burkini et le rapport au corps. Dans votre déclaration il y a quelque chose de très juste : le voile et sa version maillot de bain, le burkini, ne sont pas un simple vêtement, mais un discours sur le corps de la femme qui est à l’origine de la condition dramatique des femmes dans les sociétés musulmanes.

Le voile a été imposé aux femmes pour rendre absent du regard de l’homme leur corps considéré comme une « awra », terme arabe signifiant ce qui ne doit pas être dévoilé, car il renvoie à la sexualité. L’histoire de la femme musulmane est marquée par ce regard porté sur son corps. Les musulmans sont allés jusqu’à considérer que la voix de la femme était une « awra » et lui ont imposé le silence et par conséquent l’absence et l’ignorance. Ils ont décidé que ses yeux étaient également une awra et ils l’ont obligée à regarder le monde à travers des grilles. Ses mains, ses pieds, ses cheveux étaient pour eux des « awra » et ils l’ont alors enfermée à la maison. Un système de claustration en vigueur aujourd’hui encore dans le monde musulman où l’espace public en tant que lieu de loisir est interdit aux femmes qui n’ont le droit de l’utiliser que comme un lieu de passage. Mais le discours du voile n’a pas été plus clément à l’égard de l’homme. Pour imposer le voile aux femmes, il a lui aussi été réduit à un corps. On lui a dit qu’il ne savait pas maîtriser ses instincts devant la vue d’une mèche de cheveux de la femme ou d’une partie de sa jambe.

« On permet aux hommes de montrer leur chevelure, leur cou, leurs jambes et leur bras, ce qu’on interdit aux femmes pour la simple raison qu’elles sont des femmes. »

Monsieur le Maire, étant donné que vous défendez le port du voile, avec quel regard et quel propos allez-vous mener ces discussions autour du corps et du voile ? Allez-vous cautionner l’argument selon lequel les hommes sont incapables de maîtriser leur instinct sexuel et que les femmes doivent donc dissimuler leur corps pour se protéger contre leurs agressions ? Ou celui qui prétend que certaines femmes ne veulent pas montrer leur corps parce qu’elles sont pudiques ? Ce sont les arguments que le discours religieux a toujours utilisés et je n’en vois pas d’autres, concernant le corps, qu’un défenseur du burkini pourrait avancer. Ainsi, dans les piscines de Grenoble, on aurait des femmes qui seraient pudiques et d’autres impudiques.

Des femmes qu’il faut respecter, ce sont les pudiques, et d’autres qui mériteraient d’être harcelées, agressées voire violées, ce sont les impudiques. C’est l’objectif même de l’instauration du voile dans l’antiquité et c’est celui que le Coran a repris dans le verset 59 de la sourate 33, les Coalisés, recommandant aux femmes musulmanes une certaine tenue : « Ainsi elles seront vite reconnues et on ne leur nuira pas. » La mairie de Grenoble assumera-t-elle sa responsabilité à l’égard de la violence que les femmes subiront au sein des piscines de Grenoble, par des hommes qui considéreront qu’elles le méritent car impudiques, qui croiront qu’ils n’ont aucune responsabilité sur leurs actes, car ce sont elles qui ont suscité leur désir en dévoilant leur corps ?

Monsieur le Maire, pour défendre votre position, vous utilisez la laïcité qui garantit la liberté religieuse. Cependant, contrairement à ce que vous avancez, la loi 1905 ne permet pas de porter n’importe quel vêtement et n’importe quel signe religieux. Dans son article 1, elle met des restrictions dans l’intérêt de l’ordre public. Il en est de même pour la Convention européenne des droits de l’homme (article 9). Parmi ces restrictions qui font partie de l’ordre public, il y a le principe de l’égalité qui fait partie de la devise de la République inscrite dans l’article 2 de la Constitution. Or, le voile est la pratique discriminatoire la plus spectaculaire des femmes et les hommes, s’exerçant au nom de la religion dans l’espace public. Il suffit de se rappeler qu’il est imposé aux femmes et non aux hommes. Autrement dit, on permet aux hommes de montrer leur chevelure, leur cou, leurs jambes et leur bras, ce qu’on interdit aux femmes pour la simple raison qu’elles sont des femmes.

« Le voile ne peut pas être une liberté pour les femmes. Dans toute son histoire, il leur a été imposé comme signe de leur infériorité et pour leur rappeler que leur féminité posait problème. »

Le voile discrimine les femmes non-voilées dites non-pudiques qui « aiment la nudité », expression qui revient souvent dans le discours religieux, et femmes voilées dites pudiques. Il ne suffit donc pas qu’il se présente comme une pratique religieuse pour que la République l’accepte, sauf si elle renonce à son devoir de garantir l’égalité de tous les citoyens dans l’espace public. Cependant, le voile est-il réellement un signe religieux comme vous l’affirmez ? Une chose est sûre, la dissimulation de la chevelure de la femme, fonction principale du voile de sorte qu’une femme qui ne dissimule pas sa chevelure n’est pas considérée comme voilée, n’est évoquée dans aucun verset coranique. On en déduit que le voile n’est pas une prescription coranique.

Beaucoup de musulmans de confession ou de culture affirment aujourd’hui que le voile n’est pas une prescription coranique ni islamique étant donné qu’il existait bien avant l’avènement de l’islam. La question du voile divise même au sein des dignitaires religieux de la grande mosquée d’al-Azhar. Ainsi, en tant que Maire, quand vous affirmez sur toutes les chaines de télévision et les ondes de radio que le voile est un signe religieux qui fait partie de l’exercice du culte, vous prenez part au débat théologique islamique au sujet du port du voile mais aussi vous tranchez en faveur des conservateurs et des islamistes adeptes du port du voile, et surtout vous entravez les efforts de combien de femmes et d’hommes dans le monde musulman qui veulent en finir avec cette pratique déshumanisante pour la femme et également pour l’homme.

Monsieur le Maire, vous avez pris votre décision de défendre le port du voile parce que certaines femmes vous disent que leur voilement résulte d’un libre choix et qu’il est pour elles un moyen pour se libérer. Cependant, les femmes en France ont toujours été libres d’aller à la plage et à la piscine et c’est le voile qui en a empêché certaines. De ce fait, c’est le voile qui entrave la liberté des femmes et non le contraire. Si vous le permettez dans les piscines de Grenoble, ce sont celles qui ne se voilent pas qui ne seront plus libres d’y aller de peur d’être considérées comme impudiques. Ainsi les femmes voilées entravent leur liberté et celle des autres. Non seulement d’aller à la piscine, mais aussi de profiter du soleil et du vent et de sortir dans la rue sans se retourner pour être sûre que le foulard couvre bien leurs cheveux.

Le voile ne peut pas être une liberté pour les femmes. Dans toute son histoire, il leur a été imposé comme signe de leur infériorité et pour leur rappeler que leur féminité posait problème. Beaucoup ont perdu leur vie pour avoir refusé de se soumettre à cette pratique et des milliers de femmes dans le monde continuent d’être assassinées, défigurées, emprisonnées car elles veulent être libres, refusent d’être inférieures et n’acceptent pas d’être réduites à un corps. Le discours religieux ne dit jamais aux femmes « vous êtes libres de porter ou pas le voile » mais « vous êtes obligées de le porter parce que vous avez un corps de femme et c’est Dieu qui vous l’ordonne ». Certes, il y a celles qui le portent et qui le défendent. Quand elles ne sont pas dans le militantisme, car les femmes ne sont pas épargnées par l’islamisme et le fondamentalisme, elles sont profondément conditionnées par le concept de la « awra » et habitées par la peur d’être considérées comme désobéissantes à Dieu. La morale islamique est fondée sur le principe de l’obéissance qui est à l’opposé de celui de la liberté.

Bien à vous,

Razika Adnani

Construire une société laïque, maintenant

Après la réélection du président Macron, à présent que le danger d’une extrême droite élue aux plus hautes fonctions de l’État est écarté, nous devons nous focaliser sur la construction d’une société authentiquement laïque, celle que nous défendons et dont nous affirmons les valeurs.

Être laïque, c’est prôner la liberté de conscience pour tous. Cette liberté de penser et de conscience est à la base de toutes les autres libertés, car c’est elle qui permet à chacun de forger ses idées et ses convictions pour ensuite agir en conséquence. Encore faut-il avoir appris à exercer son sens critique, à ne pas accepter sans analyse des dogmes ou des vérités assénées par d’autres. Il revient à l’école de dispenser les savoirs nécessaires et la pratique de cette liberté. Encore faut-il qu’on ne confonde pas liberté de conscience et liberté religieuse, en oubliant ceux qui professent des convictions philosophiques et ne se reconnaissent pas d’appartenance religieuse. Encore faut-il que l’État lui-même, les autorités locales et leurs représentants respectent rigoureusement la neutralité qui leur incombe en raison de la séparation des Églises et de l’État. Encore faut-il que tous les responsables politiques s’abstiennent de subventionner directement ou indirectement des cultes par des fonds publics. Encore faut-il que la loi de séparation des Églises et de L’État s’applique réellement sur tout le territoire.

Être laïque, c’est aussi défendre l’égalité de tous, sans que les croyances ou les convictions ne puissent introduire la moindre différence de droit, de statut, de considération. C’est l’affaire du droit, mais aussi de la responsabilité de chaque citoyen. Là encore, la fonction de l’école est incontournable pour assurer l’égalité des chances pour tous, mais elle ne peut le faire seule. Si la société reste clivée par des inégalités grandissantes, si la ghettoïsation reste effective dans l’habitat comme dans les esprits, on restera dans des divisions contraires à l’idéal laïque. Être laïque c’est soutenir l’universalisme et la construction d’une société commune, à l’opposé des clivages identitaires.

Être laïque, c’est défendre la fraternité avec le projet que tous puissent bénéficier de cette émancipation qui affranchit des dogmes et préserve la liberté de leur pensée, de conscience et de religion. C’est la mise en pratique d’une société solidaire où chacun est reconnu et respecté, de l’autorité publique comme de ses concitoyens.

« Une utopie » diront certains. Pourtant c’est cela que nous défendons et c’est à la poursuite de cet objectif que nous sommes attelés avec plus de détermination que jamais.

Martine Cerf

 

FACE AU PÉRIL, PRENONS NOS RESPONSABILITÉS!

Tous mouvements confondus, l’extrême droite n’a jamais été aussi forte que maintenant. Si nous n’y prenons pas garde, sa représentante, Marine Le Pen, peut accéder à la magistrature suprême de la France dimanche prochain.

En instrumentalisant la laïcité, elle a fait illusion alors que son but, tout au contraire de ce principe, est de mettre au ban des millions de nos concitoyens en insécurité permanente en raison de leurs origines ou de leurs différences ethniques et religieuses.

Au premier tour de cette élection, chacune et chacun d’entre nous s’est dispersé en votant légitimement selon ses convictions. Désormais, c’est à une autre urgence que nous devons faire face.

Face à cette réelle menace, notre association ÉGALE, Égalité, Laïcité, Europe appelle sans ambiguïté au rassemblement de tous les citoyens sincères, républicains, laïques, humanistes écologistes et européens.

Pour faire barrage à Marine Le Pen, nous devons utiliser le bulletin Emmanuel Macron. Ainsi, nous ne donnons pas mandat au président-candidat. Au contraire, nous lui demandons une grande clarté dans la pratique des principes de la République, en particulier celui de la laïcité. Le « en même temps » ne doit pas avoir cours en ce domaine.

Pour celles et ceux qui seraient tentés par l’abstention ou le vote blanc, nous leur disons que, face au péril, prenons nos responsabilités : le dimanche 24 avril, nous avons le devoir, nous avons le pouvoir de sauver la République.

En juin prochain, pour les élections législatives, nous aurons alors la possibilité de voter en faveur d’une politique selon nos convictions.

Dimanche 24 Avril prochain, pour que vive la République, pour que vive la laïcité, faisons barrage à Marine Le Pen et mettons le bulletin Emmanuel Macron dans l’urne.

Télécharger le communiqué

Participation à une manifestation de l’association Le Choix pour choisir sa fin de vie

ÉGALE était représentée à la manifestation du 2 avril 2022 pour le libre choix de sa fin de vie. Nous continuons à demander au gouvernement et aux parlementaires de légiférer de façon à sortir de cette situation antidémocratique. Alors que 94% des citoyens se déclarent favorables à la possibilité de choisir l’euthanasie lorsque les souffrances physiques et morales endurées sont trop importantes, ce débat est bloqué depuis des années au prétexte que les unités de soins palliatifs et la loi existantes répondraient parfaitement à cette demande.

Il n’en est rien et il est temps que le gouvernement à venir reprenne ce débat pour le trancher dans le sens de la demande des citoyens. En Europe, la Belgique, Le Luxembourg, les Pays-Bas, l’Espagne ont déjà légiféré en ce sens et le recul sur ce qui se passe dans ces pays montre qu’il n’y a pas d’abus quand le cadre éthique est clairement défini et contrôlé.Il nous faut maintenant sortir de l’interdiction de nature religieuse d’attenter à la vie pour envisager la question avec la raison et l’humanité qui s’imposent.

Lire la prise de parole de Martine Cerf

La vidéo de la manifestation

Constitué pour indemniser les victimes d’abus sexuels dans l’Église, le fonds Selam est-il un « cathoton » ?

Le rapport de la commission indépendante (CIASE) dirigée par Jean-Marc Sauvé qui avait mis à jour l’ampleur des abus sexuels perpétrés à l’encontre de mineurs dans l’Église, avait également préconisé quelques règles à suivre pour l’indemnisation des victimes. Dans sa recommandation 33, on pouvait lire à propos du financement de ces indemnités qu’il fallait : « écarter les pistes d’un appel aux dons des fidèles et d’une socialisation du financement. » Les ressources devaient être trouvées uniquement dans le patrimoine de l’Église et des coupables.

Ce fonds, dénommé fonds de solidarité et de lutte contre les agressions sexuelles sur mineur (Selam), créé à cette fin, dispose d’un site où on peut lire dans la rubrique : qui peut contribuer au fonds ?

« Le fonds est financé par des personnes morales et physiques […] les diocèses seront des contributeurs essentiels et non exclusifs. La possibilité de soutenir le fonds par des dons et bien entendu ouverts à toute personne morale qui en a la capacité. Des évêques (en activité et émérites), des laïcs, des clercs ont déjà fait des dons personnels.
À leur suite, les fidèles laïcs, prêtres et religieux, et toutes les personnes qui souhaitent soutenir l’action du fonds de dotation peuvent lui verser une contribution. »

Ce fonds qui a ainsi pris l’allure d’un « Cathoton » avait réuni 20 millions d’euros à fin janvier 2022.

On peut constater que par cet appel à la générosité des donateurs, l’Église a trouvé le moyen d’échapper à sa responsabilité qui est d’indemniser uniquement sur son patrimoine et celui des coupables, les victimes des agissements de certains de ses membres et de son silence.

Pire encore, par le système de défiscalisation des dons, c’est l’État qui participera à cette indemnisation. Or l’État, ce sont les contribuables, et en partie les victimes elles-mêmes, qui participeront indirectement à leur propre indemnisation.

Le sénateur des Hauts-de-Seine Pierre Ouzoulias avait déposé en février une question écrite au ministre de l’économie dans laquelle il demandait : «s’il est moralement acceptable que l’État, par des libéralités fiscales, participe au financement de mesures de réparation destinées à des victimes d’actes commis uniquement au sein de l’Église catholique. Si le seul objet du fonds Selam est de les indemniser, il se demande alors s’il ne serait pas plus conforme à la recommandation de la Ciase, acceptée par la conférence des évêques de France, que les apports des particuliers soient exclus des sources possibles d’abondement de ce fonds. »

On attend toujours la réponse…

Martine Cerf

 

A l’Île-Bouchard, le projet de lotissement destiné aux chrétiens est abandonné

Le clos Saint-Gabriel, un projet de construction d’un hameau de 17 maisons destiné aux chrétiens initié par l’agence immobilière Monasphère s’est vu refuser le permis de construire. La mairie a jugé que la sécurité incendie du projet était insuffisante et a donc retoqué le projet. Monasphère a renoncé à ce projet, au moins pour le moment.

Damien Thomas et Charles Wattebled, co-fondateurs de « Monasphère » interviewés sur Radio Notre Dame le 9 juin 2021, déclaraient que de nombreuses familles étaient demandeuses de regroupement autour de lieux de spiritualité qui leur garantisse un voisinage fraternel.: « ces pôles spirituels sont appelé à être des oasis pour de nombreux chrétiens qui peinent à trouver le soutien de leur foi ». Le sanctuaire Marial & Angélique de l’Ile Bouchard avait donc été identifié comme un de ces lieux de spiritualité.

Un collectif d’opposition s’était constitué, qui ne voyait dans ce projet d’installation « la mainmise de la communauté de l’Emmanuel » sur la commune.

Ces tentatives de vie en vase clos entre semblables restent toujours un sujet de préoccupation, car si chacun est libre de ses options religieuses, celles-ci ne devraient pas conduire les familles à s’isoler du reste de la société dans des communautés qui ne se fréquentent pas,

Notre bilan de l’action laïque du quinquennat du président Macron

Ce quinquennat avait mal commencé pour la laïcité. Des déclarations et des comportements complaisants pour les responsables de l’église catholique, des accusations étranges de radicalité en direction des laïques, des références aux « mâles blancs »… nous avions toutes les raisons de nous inquiéter.
Ces dernières années, depuis le discours des Mureaux d’octobre 2020, nous avons assisté à un revirement qui montrait que la laïcité était à nouveau considérée comme un principe consubstantiel de la République qui garantissait nos libertés et l’égalité de tous.
De nombreuses mesures de formation visant à renforcer la connaissance de la laïcité par ceux qui sont chargés de l’appliquer : fonctionnaires, agents hospitaliers, enseignants, responsables associatifs agissant en délégation de service public… ont été mises en chantier. Des référents laïcité ont été nommés dans les différentes administrations concernées. Le comité interministériel de la laïcité a formulé dès sa première réunion en juillet 2021, 17 mesures qui sont en cours d’exécution…

Nous avons salué la mise en place de ces mesures malgré le temps perdu que nous regrettons toujours. Nous restons attentifs aux résultats effectifs qu’elles auront sur le respect de l’application de la laïcité en France. Mais nous restons sans illusions, seules, elles ne suffiront pas à faire reculer le repli communautariste.
il nous a paru important cependant, pour clarifier la réflexion en cette période préélectorale, de mettre au clair le bilan de l’action laïque des deux gouvernements qui se sont succédés sous la présidence d’Emmanuel Macron. Bonne lecture !
Martine Cerf

L’Union européenne réagit à la fermeture des collèges et lycées de filles par les Talibans

Alors qu’ils avaient autorisé les filles à revenir dans leurs collèges et lycées, les talibans ont fait volte face au bout de quelques heures et renvoyé les élèves chez elles. Certaines ont courageusement manifesté leur désaccord par des manifestations retransmises sur les réseaux sociaux.

La condition des femmes afghanes qui subissent une multitude de contraintes et de menaces ne cesse de se détériorer.

Voir les videos sur le site de NEGAR

Selon l’AFP reprise par le Temps « La France, l’Italie, la Norvège, les États-Unis, le Canada et la Grande-Bretagne, ainsi que le Haut représentant de l’UE, ont prévenu que ce choix aurait des «conséquences bien au-delà de son préjudice pour les filles afghanes», et pourrait nuire à l’ambition de l’Afghanistan «de devenir un membre respecté de la communauté des nations».

Lire l’article du Temps :

Patrick Pelloux remet au gouvernement un rapport sur la prévention de la radicalisation à l’hôpital.

Le titre exact du rapport remis au ministre des solidarités et de la santé est « Rapport sur la prévention et la lutte contre la radicalisation des agents exerçant au sein des établissements de santé ». Ce rapport de 69 pages détaille 19 recommandations pour remédier au fléau de la radicalisation dans les établissements de santé qui conduit à des actions prosélytes auprès de publics vulnérables, des refus de soins ou des difficultés d’accès aux soins (en particulier pour les IVG), d’appels à l’antisémitisme…

Le rapport recense « des signalements peu nombreux, mais en augmentation » dans 3 situations toutes traitées dans le rapport : le processus de radicalisation, le prosélytisme et les atteintes à la laïcité alors que la loi « impose à l’ensemble des agents exerçant dans un service public la neutralité et le respect de la laïcité ».

Lire le rapport

Selon la Cour de cassation, le port d’un signe d’appartenance religieuse est incompatible avec la robe d’avocat

Le 24 juin 2019, le conseil de l’ordre d’un barreau avait modifié son règlement intérieur en ajoutant l’alinéa suivant : « L’avocat ne peut porter avec la robe ni décoration, ni signe manifestant ostensiblement une appartenance ou une opinion religieuse, philosophique, communautaire ou politique. ».
Cette délibération avait été contestée par une élève-avocate et son maître de stage, lui-même avocat.

Le 9 juillet 2020, la cour d’appel a déclaré le recours de l’élève-avocate irrecevable, celle-ci n’étant pas encore avocate et n’ayant donc pas
qualité à agir et avait rejeté la demande de son maître de stage de voir annuler cette délibération du conseil de l’ordre.

Un pourvoi en cassation a donné le même résultat ce 2 mars 2022. Voir la note d’information de la Cour de cassation.

Femmes voilées dans le sport : une offensive concertée ?

Catherine Louveau, sociologue, Professeure émérite des Universités et Annie Sugier, Présidente de la Ligue du Droit International des femmes cosignent ce dossier publié sur le site de l’observatoire du décolonialisme.

Quels que soient ses formes, ses pratiques et ses lieux de développement, le sport est encensé pour ses vertus et ses « valeurs » : éducatif, socialisant, porteur de fraternité et de paix, il est aussi décrit comme une « grande famille », un monde de référence où l’on est « tous égaux » (métaphore de la ligne de départ).

Lire l’article

AIDE UKRAINE

Le Réseau Laïque Européen dont EGALE est membre, appelle à soutenir l’aide humanitaire apportée aux civils ukrainiens. Pour cela, nous vous communiquons des liens vers des structures sûres et actives sur le terrain, ainsi que les coordonnées de deux ONG polonaises qui accueillent actuellement les réfugiés ukrainiens en Pologne.

Une des organisations les plus importantes et les plus anciennes en Pologne (1992), présente en Ukraine depuis 2014. Polish Humanitarian Action (PAH) est une ONG internationale basée à Varsovie qui apporte du secours aux civils victimes de conflits armés, d’urgences humanitaires et de catastrophes naturelles dans plus de 40 pays dans le monde.

Une organisation plus petite mais très active. Elle a jusque-là aidé les réfugiés entrant en Pologne par la frontière biélorusse, pour fuir les persécutions gouvernementales. A présent, elle aide massivement les réfugiés ukrainiens.

N.B Pour mémoire, 100 Zlotys (PLN) = 20,43 €

Solidarité avec l’Ukraine et le peuple ukrainien

Le dictateur Poutine a massivement attaqué l’Ukraine pour l’asservir et l’annexer comme il l’a fait avec la Crimée. Cet homme qui n’a cessé de bafouer les droits humains, d’asséner des mensonges pour justifier ses décisions, dirige en autocrate un pays auquel il fait miroiter l’espoir illusoire de retrouver la « grande Russie » tsariste. Ce genre de projet mégalomaniaque n’a jamais engendré que guerres et misère pour les peuples. Il faut rappeler que la carte de cette grande Russie du passé englobait l’Ukraine mais aussi la Finlande, les États baltes, une partie de la Pologne (dont Varsovie), tous états membres de l’Union européenne. On peut comprendre les craintes qu’ils affichent depuis de nombreuses années, de voir leur encombrant voisin avoir envie de s’inviter chez eux. Il est de fait légitime de se demander si les projets mégalomaniaques de Poutine s’arrêtent réellement à l’Ukraine.

Aujourd’hui, les Ukrainiens ont choisi de vivre librement, en démocratie, avec des élections libres et non truquées. Le président Zelensky vient de signer une demande d’adhésion à l’UE, c’est ce qu’il annonce sur sa page Facebook. Cette liberté de choix d’un peuple est assurément insupportable au tyran Poutine.

Les Ukrainiens font preuve d’un énorme courage pour défendre leur pays, leur vie et leurs valeurs. Nous les soutenons sans réserve et appelons chacun à leur porter secours par tous les moyens possibles.

Martine Cerf

Laïcité, un principe

La laïcité ne se résume pas à la loi française de Séparation des Églises et de l’État de 1905, par ailleurs mal connue et souvent instrumentalisée. Trouver une juste place pour les religions dans la société préoccupe l’autorité politique depuis l’Antiquité. Éric Anceau revient ici aux sources de ce questionnement en France, mais aussi dans le monde. Il décrit le rôle de la construction de l’État en confrontation parfois avec les pouvoirs religieux dont la papauté, l’influence des guerres de religion, l’intense réflexion des Lumières et de la Révolution. Il examine l’élaboration et le contenu des lois laïques des débuts de la Troisième République, en particulier de la loi de 1905, l’apaisement relatif qui s’en est suivi, les nouveaux questionnements posés par l’islam depuis trente ans.   Les exceptions à la généralité française ici expliquées, à commencer par le régime de l’Alsace-Moselle, de même que le panorama international qu’il propose font de cet ouvrage la première synthèse mondiale sur le principe de laïcité à travers les siècles.

CONCORDAT OU LAÏCITÉ, IL FAUT CHOISIR

Par Michel Seelig.

Cet article n’a pas pour objet de rappeler une fois de plus l’histoire du régime concordataire en Alsace et Moselle, ni son application précise aujourd’hui.

Il souhaite répondre clairement à la question : la laïcité et le Concordat sont-ils compatibles ?

Il convient alors de vérifier si la défense de l’idéal laïque peut, d’un point de vue rationnel, s’accorder avec la défense du régime particulier des cultes en vigueur en Moselle et en Alsace, notamment le Concordat.  En d’autres termes, le régime concordataire ne serait-il qu’une forme de la laïcité ? Lire la suite

L’actualité qui fâche : le sport et l’école.

Il est décidément difficile pour un gouvernement de la République laïque de parler d’une seule voix quand il s’agit de traiter des demandes religieuses. On a vu ce gouvernement se mobiliser comme aucun autre pour faire respecter les principes républicains par des associations peu soucieuses de le faire, mais une voix discordante s’est manifestée : celle d’Élisabeth Moreno, ministre de l’Égalité, qui semble tout ignorer de l’activisme des frères musulmans dans le sport. Ceux-ci travaillent à faire accepter toute manifestation religieuse ostensible de l’islam, sur les terrains et les salles de sport, pour mieux isoler nos concitoyens musulmans du reste de la population. La banalisation du port du voile est un élément majeur de cette stratégie. Il a suffi d’une manifestation de « hidjabeuses », dont beaucoup militent dans des associations proches des frères musulmans, pour que notre ministre, animée de la volonté louable de n’exclure personne, fasse exactement le choix qu’attendaient lesdits frères. Pourtant des textes de loi comme les règlements intérieurs sont clairs sur le sujet : le sport est un lieu de neutralité pour l’intégration de tous. Voir le communiqué de la LDIF et celui ce Unité laique

Nous conseillons à la ministre de s’inquiéter plus des agissements de ceux qui répandent ces idées liberticides, plutôt que de chercher à les satisfaire.

Et puis c’est la nomination annoncée de Mark Sherringham à la présidence du conseil supérieur des programmes par le ministre de l’Éducation nationale. S’il n’est évidemment pas dans notre propos de critiquer des options religieuses qu’il est libre de choisir, nous nous inquiétons de l’intention de ce nouveau président de « réintroduire explicitement le christianisme dans le débat éducatif[1] ». Ces propos que ne renieraient pas les dirigeants de « la manif pour tous », représentants français d’un large mouvement européen qui ambitionne de « restaurer l’ordre naturel » (remettant en cause les Droits de l’homme), nous inquiètent forcément. S’il existe des écoles privées dont le caractère propre justifie cette prise en compte du christianisme dans leur projet pédagogique, il ne peut en être de même à l’école publique et laïque. Le seul projet acceptable est celui d’instruire les élèves et de leur transmettre réellement les savoirs et la culture qui leur permettront de mener une vie d’adultes émancipés de l’ignorance et des dogmes.

Cette nomination est-elle une « décision anti-laïque », comme le dénonce le syndicat Sud éducation ? La suite nous le dira. Pour notre part, sans faire un procès d’intention à Mark Sherringham, nous ne pouvons considérer que sa nomination est une bonne nouvelle pour l’école publique.

Martine Cerf

  1. Déclaration au magazine Familles chrétiennes, 2009

 

IVG : les évêques ne peuvent ignorer le droit international

A la suite de la déclaration d’Emmanuel Macron demandant que l’IVG soit inscrite comme un droit fondamental dans le droit européen, les évêques européens, par l’intermédiaire de l’organisation qui les représente à Bruxelles, la COMECE, réitère son opposition totale à cette proposition. C’est ignorer les progrès du droit international et le Réseau Laïque Européen rétablit la réalité.

IVG : les évêques ne peuvent ignorer le droit international 

Soutien total à Ophélie Meunier et Amine Elbahi.

Après la diffusion sur M6 d’une enquête de « Zone interdite » sur l’islamisme, la présentatrice, Ophélie Meunier et le juriste Amine Elbahi qui témoignait de ce qu’il voyait à Roubaix, ont reçu des menaces de mort et ont dû être placés sous surveillance policière.

Encore une fois, les islamistes montrent qu’ils sont prêts à tout pour qu’on ne dénonce jamais leurs agissements. Leur méthode terroriste au sens propre du terme, (qui vise à semer la terreur) est à l’œuvre. Il n’y a qu’une réponse possible : leur tenir tête et défendre nos libertés.

Ces mouvements préfèrent agir dans l’ombre ? Mettons de la lumière sur leurs activités, faisons circuler l’information.

Ils avancent masqués en se faisant passer pour des défenseurs des droits de l’homme ? Démasquons-les et révélons au grand jour ce qu’est leur objectif réel.

Ils prétendent qu’enfermer les femmes sous un linceul les libère ? Soutenons et aidons celles qui se rebellent contre cette pratique et revendiquent leur liberté.

Ils veulent enfermer les enfants dans l’ignorance et leur enseigner exclusivement des préceptes et des pratiques religieuses ? Obligeons-les à donner à ces enfants les savoirs et l’entraînement au sens critique qui peuvent faire d’eux des êtres humains émancipés et maîtres de leurs décisions.

Ils veulent réduire au silence les journalistes qui font leur travail d’information et les lanceurs d’alerte ? Diffusons l’information, alertons notre entourage, apportons-leur notre soutien.

C’est ce que nous faisons aujourd’hui, sans réserve.

Martine Cerf

Voir ou revoir l’enquête de Zone interdite :

La liberté de conscience en Europe

Colloque du 31 janvier 2022 en Webinaire. Voir le programme.

Pour voir les vidéos, cliquer sur les titres ci-dessous

Introduction par Gérard Larcher, président du Sénat

 

Table ronde 1 : La notion de Liberté de conscience, son apparition, le droit qui la concerne, son instrumentalisation

     Introduction Martine Cerf, secrétaire générale d’ÉGALE

     Dominique Avon, historien, directeur d’études à l’EPHE.

     Juliette Grange, philosophe, professeur à l’Université François Rabelais de Tours

     Mireille Raunet, déléguée aux affaires européennes, ÉGALE

     Anne Salzer, avocate

     Animation :  Bernard Ferrand, vice-président d’ÉGALE

 

Table ronde 2 : La Liberté de conscience dans des États membres de l’UE (Réseau Laïque Européen)

     Véronique de Keyser, présidente du CAL, Belgique

     Giulio Ercolessi, Italia laïca, Italie

     Bożena Przyłuska, présidente du Kongres Świeckości (Congres of Laicity), Pologne

     Pablo Toral, Europa Laïca, Espagne

     Animation : Yves Durand, vice-président des PEP

     Conclusion : Françoise Laborde, présidente d’ÉGALE